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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 13 mai 2022 10 minActualité / polémiqueEurope & internationalEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesCulture, médias & sport

Déclaration du Président Emmanuel Macron et du Président argentin Alberto Fernández

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Emmanuel MacronFait
    « Nous devons répondre collectivement aux conséquences de cette guerre, en particulier sur les marchés agricoles, avec le risque d'une crise alimentaire majeure, spécialement au Moyen-Orient et en Afrique. »
  • 4:00Emmanuel MacronFait
    « Nous célébrerons dans quinze jours la Semaine de l'Amérique latine. »
  • 5:00Alberto FernándezFait
    « Cela ne se répercute pas seulement sur les pays en conflit. C'est une action militaire européenne, mais elle s'est répercutée sur le monde entier, y compris en Amérique latine. »
  • 5:30Alberto FernándezFait
    « Nous ne pouvons pas continuer à menacer la sécurité alimentaire ou énergétique. »
  • 6:30Alberto FernándezFait
    « La dernière chose dont on a besoin, c'est d'une récession à cause de la hausse des intérêts dans le monde central. »
  • 7:00Alberto FernándezFait
    « La France et l'Argentine ont une très longue histoire d'union. »
  • 7:30Alberto FernándezFait
    « Nous avons de forts liens culturels. Le président Macron est un admirateur de Borges. »
  • 8:00Alberto FernándezFait
    « Nous portons une attention particulière au multilatéralisme. Nous le promouvons et nous respectons la décision du Conseil de sécurité. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour Mesdames et Messieurs. Monsieur le Président, cher Alberto, merci beaucoup d'être là aujourd'hui, à nouveau, à Paris. Je suis heureux de retrouver un ami et un acteur important de la scène internationale dans un contexte si troublé.

En effet, au moment où nous sommes confrontés au retour de la guerre sur le continent européen, je suis très heureux de pouvoir vous recevoir à nouveau à Paris. Vous incarnez et vous défendez une amitié historique entre les peuples argentin et français, une amitié fondée sur un attachement profond entre nous, nos cultures, mais aussi les droits humains et les valeurs démocratiques qui sont les nôtres et que nous partageons. C'est en ayant à l'esprit cet engagement commun en faveur des principes fondamentaux de nos démocraties que nous aborderons la situation tragique en Ukraine et les conséquences globales de l'invasion russe.

Je tiens à vous remercier pour le soutien de l'Argentine dans les enceintes internationales afin de dénoncer cette agression. Outre les questions énergétiques, nous devons répondre collectivement aux conséquences de cette guerre, en particulier sur les marchés agricoles, avec le risque d'une crise alimentaire majeure, spécialement au Moyen-Orient et en Afrique. Nous avons, à cet égard lancé l'initiative FARM qui a été endossée par l'Union européenne et soutenue par l'Union africaine, sur laquelle nous aurons l'occasion d'échanger.

Je pense que la coopération entre nos deux pays et entre deux membres importants du G20, est très structurante pour les prochains mois. Sur le plan bilatéral, après l'accord conclu avec le Fonds monétaire international, que je tiens ici à saluer et pour lequel je tiens à vous féliciter, nous avons une formidable occasion de construire ensemble de nouveaux projets dans les secteurs de la défense, des minerais critiques, de la transition énergétique, des énergies propres, mais aussi dans les domaines éducatif et culturel, avec pour objectif de resserrer les liens entre nos pays, et je veux ici vous dire que la France sera évidemment au rendez-vous, comme nous l'avons évoqué à chaque fois. La présidence française du Conseil de l'Union européenne coïncidant avec votre présidence de la Communauté des États Latino-Américains et Caraïbes, nous avons aussi l'occasion de porter ensemble l'ambition toujours plus étroite d'une relation forte entre nos deux continents.

Cette action commune inclut une mobilisation forte en faveur de l'urgence climatique et de la préservation de la biodiversité, un point essentiel dans la structuration de nos échanges commerciaux, et vous connaissez mon engagement sur les questions environnementales dont dépend l'avenir de nos futures générations. À ce titre, il sera également essentiel de donner une nouvelle impulsion à la mobilité des étudiants, des artistes, des chercheurs, des entrepreneurs, des femmes et des hommes qui sont les artisans de la relation entre nos deux continents. Nous célébrerons dans quinze jours la Semaine de l'Amérique latine et, parmi les pays mis à l'honneur par des centaines d'événements prévus dans toute la France, l'Argentine aura une place toute particulière.

Je pense notamment à un ami commun, qui est présent d'ailleurs ici à l'Élysée, le sculpteur Pablo Reinoso, qui expose au château de Chambord, ce qui est pour nous une fierté et un honneur. Voilà ce que je voulais dire ce matin en vous accueillant, Monsieur le Président, cher ami. Avant de terminer, j'ai une pensée émue pour la famille et les proches de Lwana Bichet, une jeune étudiante française originaire d'Angoulême, passionnée par l'Argentine, décédée dans un accident tragique il y a quelques jours à Buenos Aires.

Je veux ici dire à toute sa famille et ses amis, qu'en célébrant l'amitié entre nos deux pays nous pensons aussi à elle et nous continuerons la mobilisation pour que la vérité soit faite sur ces circonstances, mais surtout redire notre solidarité. Merci, Monsieur le Président, cher Alberto, d'être là aujourd'hui à Paris. Merci beaucoup, cher Président.

C'est un grand bonheur d'être à nouveau en France, parmi vous. Nous avons fait un déplacement très court dans le but de transmettre à l'Europe nos inquiétudes en Amérique latine concernant la situation en Ukraine. Comme vous le savez, cela ne se répercute pas seulement sur les pays en conflit.

C'est une action militaire européenne, mais elle s'est répercutée sur le monde entier, y compris en Amérique latine. Je tenais à parler avec vous, on sait bien que je deviens très proche du président Macron. Je l'admire profondément.

Je suis sûr que je parle avec un dirigeant européen qui saura transmettre le regard et les inquiétudes du président de la CELAC, c'est-à-dire moi-même. J'ai aussi à transmettre les inquiétudes du continent. Je suis convaincu, comme je l'ai dit au président Sanchez et au chancelier Scholz, que nous ne pouvons pas continuer à menacer la sécurité alimentaire ou énergétique.

C'est pour ça que je voudrais voir ce que je peux trouver avec le président Macron. Nous partageons une vision humanitaire de la politique et une vision globale de la société, je voudrais voir si nous pouvons faire quelque chose ensemble pour mettre fin à l'attaque russe, pour restaurer la paix en Ukraine et la paix dans le monde. Je suis convaincu que le monde, de nos jours, a besoin de plus de protéines et d'aliments et non de plus de roquettes.

Je suis convaincu qu'après tous les dégâts de la pandémie, l'économie doit produire à nouveau, doit se redresser, intégrer les sociétés, et la dernière chose dont on a besoin, c'est d'une récession à cause de la hausse des intérêts dans le monde central. Le monde ne peut pas tolérer plus de morts, la paix est notre urgence. Je tenais à parler à mon ami, le président de la France, pour lui dire que nous sommes disponibles pour voir ce qu'on peut faire, depuis l'Amérique latine, afin que le monde retrouve la paix.

La France et l'Argentine ont une très longue histoire d'union. Nous avons de nombreuses entreprises françaises avec des investisseurs en Argentine et de nouvelles entreprises. Nous avons de forts liens culturels.

Le président Macron est un admirateur de Borges, et je salue cela. Aujourd'hui, j'ai avec moi une aquarelle d'Antonio Seguí, un peintre de la province de Córdoba qui a vécu longtemps en France et qui était célèbre pour son style, et je joue encore de la guitare avec la guitare que m'a offerte le président Macron. Je suis très heureux de revoir le président.

Il y a quelques jours, on a parlé de cela avec Lula, nous saluons votre victoire aux élections parce que votre victoire électorale a apporté de la tranquillité et a rassuré le monde, et on salue cela. Comme toujours, je vous le redis, nous sommes prêts à travailler encore davantage, convaincus qu'il faut créer un monde plus égalitaire. La pandémie a approfondi les inégalités et les déséquilibres économiques et il faut restaurer un modèle qui intègre et qui n'exclut pas.

La culture qui laisse des personnes pour compte, doit être dépassée. Il faut une culture qui comprend tous et toutes. Nous portons une attention particulière au multilatéralisme.

Nous le promouvons et nous respectons la décision du Conseil de sécurité qui a donné comme mission au Secrétaire général des Nations unies de faire arrêter les conflits en Ukraine, et nous voudrions en faire partie. C'est ma deuxième ou troisième visite, et j'espère te voir à Buenos Aires bientôt, cher Président. J'espère que je pourrai aussi te rendre cette affection et cet accueil chaleureux.

Merci beaucoup à toutes et tous. Merci beaucoup.