Le discours intégral d'Emmanuel Macron sur l'implantation de 238 nouvelles brigades de gendarmerie
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Écoutez, c'est qu'il y avait des besoins qui émergeaient, des consultations qui ont été faites. C'est un travail qui vraiment a été très minutieux et conduit par le préfet avec l'ensemble des maires, avec les présidentes et présidents d'associations des maires et des maires ruraux, dont je salue l'engagement au quotidien. Et donc c'est en fonction des besoins. Vous avez déjà, vous l'avez vu sur la carte, beaucoup de brigades de gendarmerie. Mais il apparaissait que parfois l'élongation de leur zone d'intervention, que l'évolution de la délinquance, que les réductions des dernières décennies avaient fait naître des besoins supplémentaires. Et donc c'est comme ça qu'on a aménagé les choses.
Et ensuite, là où il y avait la possibilité d'avoir des projets immobiliers de manière simple, on a privilégié des brigades fixes. Là où c'était plus difficile, on a mis en place ce qu'on appelle des brigades mobiles. C'est donc que l'État est là, n'oublie pas des territoires qui peuvent se sentir déconnectés, délaissés ? C'est d'abord qu'il y a partout ce sentiment qu'il faut être délaissé parce que les choses bougent, qu'il y a beaucoup de changements, que tout ça crée de l'inquiétude. Ensuite, il y a une délinquance qui est là, qui a évolué dans ses formes ces dernières années.
Et on a surtout vu que l'éloignement et la concentration des forces qui avaient été longtemps la doctrine, c'est qu'elle avait produit des résultats face à certaines formes de délinquance. D'abord, ne prévenez pas celle-ci dans toute zone rurale. C'est d'ailleurs pareil pour les forces de police qu'on a remises dans les quartiers ces dernières années. Je vous rappelle, on fait 238 brigades de gendarmerie, mais on a mis des centaines de policiers nouveaux dans les grandes métropoles. À Marseille, on en a mis 300.
Et je veux le dire ici aussi parce que c'est un complément et nos magistrats étaient à nos côtés, on a augmenté de 50% le budget de la justice en mettant aussi plusieurs centaines de magistrats et de greffiers sur le terrain. C'est un tout. Donc il fallait assumer le fait qu'il faut beaucoup plus de moyens pour traiter l'évolution de la délinquance, qu'il s'agisse des violences intrafamiliales. On connaît une très grande hausse parce que la parole s'est libérée et c'est un phénomène très important et heureux pour notre société, même si on parle de cette situation terrible. Mais maintenant, on dénonce, on en parle et on le règle.
Et qui est le sujet des stupéfiants qui a pris beaucoup d'ampleur.
Est-ce qu'on peut voir dans cette annonce aussi une forme de réponse aux émeutes ? Vous parliez de l'ordre, l'ordre, l'ordre, le 24 juillet. Est-ce que cette annonce est liée aussi à ce qui s'est passé ?
C'est une annonce, vous savez, on pourra revenir et on y reviendra dans les semaines qui viennent sur les émeutes. Elles ont été conçues avant, c'est le principe de ces brigades, donc elles se déploient après. Elles contribueront à y répondre. Vous savez, ces émeutes sont intervenues. Je dirais que la première réponse, elle a été donnée claire et fort par nos forces de sécurité et notre justice. Ça s'est stoppé en quelques jours parce que vous avez eu 45 000 forces de sécurité intérieure, ce qui était inédit sur le terrain. Vous avez eu des milliers d'interpellations, 4 000, et que vous avez eu plus de 1 000 comparations immédiates. Donc la République a été forte.
C'est pour ça que ça s'est arrêté. Ensuite, il faut en effet consolider la réponse régalienne dans la durée. Ces brigades y contribuent. Mais c'est derrière un problème qui est beaucoup plus compliqué. Tout le monde l'a dit, les gens qui se sont penchés sur ces émeutes, c'est des gens très jeunes. C'est le problème de l'autorité à l'école. Ce qu'on fait que la rentrée va dans ce sens. C'est le problème de la restauration de l'autorité parentale. C'est le problème de la discipline qu'on doit avoir par rapport aux réseaux sociaux. Donc la réponse, elle est aussi multifactorielle. Elle s'installera dans la durée. Merci beaucoup. Merci, ce sera tout.
Est-ce que là, on forme en fait de prise de conscience qu'effectivement, il y a un lien entre la police, les gendarmes et la population qui a pu être un peu rompu ?
Je pense que d'abord, nos forces de sécurité intérieure, quand vous avez des phénomènes comme les émeutes, comme les phénomènes de drogue, quand elles se font de l'intervention, c'est très difficile de faire de la proximité du quotidien. Or, elles ont été ces dernières années à cause du terrorisme, à cause des grandes manifestations avec des éléments violents, à cause justement de ces évolutions de la société soumises à très fortes pressions. Par contre, ce qui est clair, et j'ai eu cette conviction dès 2017, c'est qu'on doit remettre de la présence sur le terrain. Et pour moi, d'ailleurs, j'ai rarement opposé ces Frances.
C'est-à-dire que nos quartiers les plus urbains ont souvent des défis très comparables avec la France la plus rurale. Ils ont besoin de plus de relations aux services, au public et à l'Etat, de remettre, étant consolidés, nos écoles, de remettre de la santé. Nos déserts médicaux sont autant dans la France très rurale que dans les quartiers politiques de la ville. Et de remettre de la sécurité du quotidien, de remettre des maisons France Service, on en a créé 2600. Et donc cet investissement qu'on a fait ces dernières années est en train de se consolider. Et pour moi, ces nouvelles brigades s'inscrivent dans cette logique. Merci beaucoup. Merci, ce sera tout. Merci, merci.
...et singulièrement aussi des zones de force du Rassemblement national. Est-ce qu'implanter des nouvelles brigades, montrer que les gendarmes sont là, est une réponse et un antidote peut-être pour le Rassemblement national ?
Je pense que c'est surtout une réponse à l'insécurité, au phénomène qu'il y a. Et c'est comme ça que je regarde les choses. Et après, je ne vous fais pas ici de commentaires politiques, mais quand à chaque fois que parfois nos compatriotes ont le sentiment que l'efficacité n'est pas au rendez-vous, que la République n'est pas assez présente, il peut se prendre dans les extrêmes. Mais c'est d'abord un moyen objectif, parce que ça s'est fait aussi avec un très gros travail de la gendarmerie qui a regardé l'évolution de la délinquance ces dernières années, son évolution à venir. Ce sont des besoins. C'est donc un critère d'objectivité, de dialogue très local qui s'est fait. Merci.
Merci.
Emmanuel Macron