Discours de François Ruffin à Lyon - 25 avril 2026
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Alors comme dans tout entretien, il nous faut un jury. Et quoi de mieux, messieurs, dames, qu'un jury composé de celles et de ceux qui bossent,
qui s'engagent, et surtout recevoir comme il se doit.
Premier entretien d'embauche que je fais avec de la crème solaire.
Donc j'ai vu votre annonce là. République cherche président CDD 5 ans, loger, nourri, blanchi, à auto-déternité. Je me suis dit, je m'en donnais satisfaction, peut-être que vous allez vouloir changer de profil. Vous avez bien reçu mon CV, ma lettre de motivation.
Bah écoutez, tout est bon, là j'ai des papiers.
Que disiez-vous si vous êtes élue ? Madame la DRH, nous ayons recueilli en moins de quart jour pour cet entretien d'embauche. Nous ne soyons pas entre 1500 et 2000, nous ne soyons pas 2000. Nous sommes, d'après la machine, 2254. 100, bravo et merci, force, nous sommes la force. Le pari du peuple en entier n'est pas à moitié. Le pari que nous faisons aujourd'hui, c'est le pari du peuple. Un peuple à ciel ouvert, à découvert, au grand jour. Un peuple contre les négociations de salons, contre les manœuvres d'appareils, contre les congrès arrangés. Lui d'avance. Instinct comme on reprend son destin en main.
Mais je vous le dis, ça n'est pas seulement le pari du peuple pour aller à l'élection, c'est le pari du peuple pour après l'élection. Ce n'est pas seulement le pari pour gagner, c'est le pari pour derrière faire gagner les Français. Qu'est-ce qui va se passer ? Qu'est-ce qui va se passer même si dans un an, je suis alésé ? Même si on a des copains, des copines, antiracistes, féministes, écologistes, tous les histes sympas de la planète, qui occupent les ministères, qui occupent l'Assemblée. Même si on a ça, qu'est-ce qui va se passer ? Il va se passer qu'il y aura en face de nous le MEDEF qui viendra dire « je crois que ça ne va pas être possible ».
Il y aura en face le Sénat qui viendra dire « je crois que ça ne va pas être possible ». Il y aura la Commission européenne qui viendra dire « je crois que ça ne va pas être possible ». Il y aura l'Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne, tous ils viendront dire « je ne crois que ça ne va pas être possible ». Et la seule chose qui rendra les choses possibles, c'est vous, c'est nous, parce que ça partira aussi d'en bas, jamais à moitié.
Eh bien, avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais me présenter. Donc moi, je suis Céline, je suis enfirmière, ça va faire 11 ans cette année. J'ai fait 4 ans d'EHPAD avant de me diriger vers un service de soins hospitaliers. Donc je suis arrivée dans un hôpital peu avant le Covid. Et c'est cette période qui m'a aussi orientée vers le syndicalisme. Donc là, je vais poser une question un petit peu cash. C'est qu'on a votre CV sous les yeux et ça ne répond pas vraiment aux critères.
Ah bon ?
Vous n'avez pas fait Sciences Po.
C'est vrai, c'est vrai.
Vous n'avez pas fait l'ENA.
C'est vrai.
Donc est-ce que vous êtes sûr d'avoir bien lu l'offre d'emploi ? Et il y a un gros manque aussi, c'est que vous n'avez pas de casier judiciaire.
C'est vrai, c'est vrai, Madame la DRH. Je le conseille, je n'ai pas fait Sciences Po, je n'ai pas fait l'ENA, je n'ai pas appartenu au Young American Leaders, ni au groupe Bilderberg, ni à la French American Foundation. Je n'ai pas non plus au-dessus de valise de Kadhafi. Je ne suis pas banquier d'affaires. Et même, je vais vous faire une autre confession, Madame la DRH. Je crois que je ne suis pas né pour ça. Je ne me destinais pas à ça. Et pourtant, je voudrais vous souligner dans mon CV, avec ces lacunes, quelques points qui peuvent intéresser votre grande entreprise.
La première chose, c'est que ça fait 25 ans, 25 ans que j'écoute les Français, 25 ans que je prends des notes dans mes cahiers. Et je crois que celui d'avant, celui de maintenant, lui, il s'est enfermé dans son palais, à l'Elysée, et ça a rendu le pays malheureux. Et jamais je ne m'isolerai. C'est mon premier point, Madame la DRH. La deuxième chose, je ne suis pas un Mozart de la finance. Mais, petit entrepreneur, pendant plus de 20 ans, j'ai, dans mon journal local, je l'ai géré comme il fallait, et nous n'avons pas eu une seule année de déficit. Je pense que ça compte pour le pays aujourd'hui.
Enfin, Madame la DRH, dans mon coin, dans la Somme, dans une circonscription où, à chaque fois, à l'élection nationale qui se déroule un mois avant, qu'il s'agisse de l'élection présidentielle ou de l'élection européenne, qu'il y ait la figure de Marine Le Pen ou celle de Jordan Bardella, Et là, à chaque fois, le Rassemblement national arrive très en tête chez moi. Et pourtant, trois fois, nous avons vaincu le Rassemblement national. 2017, 2022, 2024, nous n'avons pas fui le combat. Nous n'avons pas été nous réfugier dans des circos taillés pour la gauche et qui iraient de soi.
Et je pense que, vu le chemin qu'il y a à faire pour l'an prochain, il vous faut un homme convaincu qu'il n'y a pas de fatalité, nous pouvons l'emporter. Enfin, Madame la DRH, j'ouvrirai et vous lire une citation. Une citation d'un président de la République, peut-être que je laisserai deviner lequel. Exiger des dirigeants du pays qui sortent de l'ENA ou du Polytechnique est une attitude réactionnaire qui correspond exactement à l'attitude de l'ancien régime exigeant des officiers un certain nombre de quartiers de noblesse. Alors, c'est pour qui ça ? C'est pas Macron. Non, c'est pas De Gaulle, c'est pas Giscard, il vous en reste quelques-uns. C'est pas Chirac.
Non, vous l'avez pas, vous l'avez pas, c'était Georges Pompidou. Eh oui, on est ici pour citer Georges Pompidou. Qui ajoutait, la République doit être celle des politiques au sens vrai du terme. Ceux pour qui les problèmes humains l'emportent sur tous les autres. Ceux qui ont de ces problèmes une connaissance concrète, n'est du contact avec les hommes, non d'une analyse abstraite. C'est en fréquentant les hommes, leurs difficultés, leurs souffrances, leurs désirs et leurs besoins immédiats, qu'on sera en capable de gouverner, c'est-à-dire effectivement d'assurer à un peuple le maximum de bonheur. Alors, vous êtes en train d'applaudir Georges Pompidou.
Mais, madame la DRH, ça correspond assez bien à l'idée que je me fais de la politique. Avoir une connaissance concrète des hommes et des femmes de ce pays et tout faire, le mot des espaces interdits, pour assurer leur bonheur au maximum de nos possibilités.
Donc là, vous nous citez Georges Pompidou. Est-ce que vous avez d'autres références, des modèles, des personnes qui vous ont inspiré au cours de votre parcours ?
A vrai dire, j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de modèles, d'écrivains, d'artistes, d'hommes politiques. Mon panthéon est très rempli et chaque fois que j'ai eu un modèle, vous savez, il y a toujours un risque en soi de s'avachir, de se décourager, d'être ablatu. Il y a mille raisons à ça. Et quand vous avez des figures qui vous portent, elles vous tirent vers le haut, elles vous aident à vous redresser. Et oui, j'ai dans mon panthéon plein de figures. Puisque nous sommes à Lyon, Lyon, capitale de la résistance, Lyon, ville de Jean Moulin, j'aimerais évoquer une référence. Un ami, mon héros, c'est lui qui m'appelait Ami et je vous assure que pour moi c'est mieux qu'une Légion d'honneur.
Maurice Criégelle Val-Rimon, l'un des trois grands dirigeants de la résistance armée et qui s'est retrouvé en prison, ici, avec devant lui, Klaus Barbie. À un moment où j'avais 30 ans, il en avait 90, je lui ai dit, toi, à 30 ans, t'es le chef de la résistance armée. Moi, à 30 ans, et puis, où est-ce qu'on va ? Il n'y a rien qui va, et tout ça. Il me dit, ne te décourage pas. Imagine, nous sommes le 6 février 1934. Les fascistes sont au bord de prendre l'Assemblée. Tout paraît perdu. Et pourtant, 6 jours plus tard, c'est la première manifestation, le 12 février 1934, avec deux cortèges, un cortège CGT, un cortège CGTU, un cortège socialiste, un cortège communiste.
Les deux se rejoignent, place de la nation, au cri de « unité, unité, unité ». Et il me dit, c'est le début du Front populaire, et là où le fascisme va étaler son ombre sur toute l'Europe, sur l'Allemagne, sur l'Espagne, sur l'Italie, nous, nous ouvrons une page de lumière. Mais dit, ça, c'est rien. En 1943, je suis en prison, donc ici, à la prison Saint-Paul, à Lyon. Nous sommes neufs dans la toute petite cellule, Serge Rabanel, Raymond Obrac. La cellule est tellement entroite que quand il y en a un qui veut se retourner, il faut que tous les autres le fassent aussi. Il me dit, mais si j'avais dit à ce moment-là, dans deux ans, la France sera libérée.
Dans deux ans, même pas ça, dans un an et quelques mois, Paris se sera libérée lui-même. Si j'avais dit à ce moment-là, nous allons installer un vaste plan de sécurité sociale avec la sécurité, les retraites, les copains m'auraient dit, en sortant de prison, on t'envoie à l'hôpital psychiatrique. Et pourtant, c'est ce qui s'est passé. Et donc, dans les jours de découragement, je vous conseille, madame la DRH et vous-même, d'avoir toujours le petit rire, l'optimisme de la volonté, le petit rire de Maurice Riesgel-Valrimont. Vous savez, ils se poudrent, ils se maquillent, ils mettent la cravate, mais nous n'oublions pas.
Nous n'oublions pas que le Front National a été fondé par deux anciens SS. Et comme dit mon camarade Coco Sébastien Jumel, quand il en croise un, il leur dit, nos aînés, à nous, ils étaient dans les camps derrière les barbelés, pendant que les vôtres étaient en haut des milliers à Rador à les surveiller. Nous n'oublions pas.
Dans votre lettre de motivation, vous insistez sur le travail. Et votre programme commence par un cahier de campagne sur les travailleurs et les travailleuses essentielles. Alors, aujourd'hui, moi, je vous demande, monsieur Ruffin, c'est quoi cette obsession pour le travail ?
Nous sommes travaillistes. Nous considérons que tout est travail. Et vous savez, si on peut être réunis aujourd'hui, c'est parce qu'il y a eu du travail, beaucoup de travail, beaucoup de travail salarié et bénévole, du travail effectué par notre chef des opérations, Julien, mais aussi par Arthur, par Clara, par Marie-Aude, Claire, Gézabel, Frédéric, Laurence, et même ici, l'infirmerie, tenue par Jérôme et bénévole, merci à eux toutes et à eux tous.
Comme je l'ai dit au début, je suis en charnière.
Non, non, quand je bois un verre d'eau comme ça, madame la DRH, c'est du travail.
Ok.
C'est du travail. C'est pour qu'on ait de l'eau qui coule du robinet, pour qu'on ait un verre qui soit tenu, c'est du travail. Toute la société repose sur du travail, la société et du travail mis en commun. Et oui, nous sommes travaillistes parce que nous pensons que quand on considère le travail non plus comme un atout, mais comme un coût, comme un coût à diminuer, comme un coût à écraser, écrasant les travailleurs eux-mêmes, en vérité, c'est le socle de la société qu'on ruine. J'ai une citation d'un économiste américain, d'un ultra-libéral, Gary Becker, qui a reçu le prix Nobel d'économie.
Il écrit ceci, « Le droit du travail et la protection de l'environnement sont devenus excessifs dans la plupart des pays développés. Le libre-échange va réprimer certains de ces excès en obligeant chacun à rester concurrentiel face aux importations des pays en voie de développement. » C'est écrit en 1994, c'est-à-dire au moment où chez nous c'est le traité de Maastricht, au moment où on signe les accords du GATT en 1994, et au moment où aux États-Unis c'est l'accord de libre-échange nord-américain. Et eux savent, eux savent à quoi sert tout ça, et ils lient les deux.
Ils lient le droit du travail et la protection de l'environnement, et ils savent que la mécanique qu'ils mettent en place, et une mécanique, non pas comme ils l'ont vendue, qui va apporter paix et prospérité, mais une mécanique qui va permettre de battre en brèche le droit du travail et la protection de l'environnement. Et ça va marcher. Ça va marcher avec la menace, le chantage permanent aux délocalisations, avec, comme le disait Henri Krasuki, leader de la CGT, la peur qui change de camp, et avec quelles conséquences ? Un, les salaires qui sont gelés. Deux, la sous-traitance qui est de la maltraitance.
Je vous le dis parce qu'ici, l'université Lyon 2, jusqu'à maintenant, les femmes de ménage sont encore employées par l'université. Qui veut les faire passer en sous-traitance ? Il y a une pétition qui circule. Il y a peut-être une lutte qui va s'engager, et je vous invite évidemment très fortement à la rejoindre. Troisièmement, ce sont la multiplication des CDD, de l'intérim, des stages, des CDD de chantier, des CDI intérimaires, et dernièrement des auto-entrepreneurs. Enfin, ce sont les cadences qui se sont accélérées, le travail qui s'est intensifié.
Je veux dire, quand je décris tout ça, Madame la DRH, que ce n'est pas l'effet du hasard, d'une fatalité, mais que ça a bel été voulu, que ça a été organisé. Et que ça rapporte. Pourquoi on le fait ? Parce que ça rapporte. Parce que quand on décrit ça pour le travail, qu'est-ce qu'on décrit de l'autre côté ? C'est évidemment les 500 fortunes françaises, qui ont vu leur part dans le PIB passer de 6% il y a 30 ans, à 20% à l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, et aujourd'hui à plus de 40%. C'est un article des échos, oui, les échos de mon ami Bernard Arnault. Je considère qu'il y a deux journaux anticapitalistes dans le pays, enfin marxistes plus exactement.
Il y a les échos et l'humanité, parce que quand il y a les dividendes qui tombent, tous les deux le mettent en une, même si c'est pour des raisons opposées. Mais dans les échos, il y avait un papier à propos des rachats d'actions, parce que comme on a eu des records, des records, de records, de records, de records, de dividendes, maintenant on a une autre mode, c'est le record, de records, de records, de rachats d'actions. Et il y avait cette phrase que j'ai retenue, toute simple, « Le dividende est roi ». Tout était dit, tout était dit en quatre mots, voilà qui règne sur la société, le dividende est roi.
C'est le gavage pour les uns, le rationnement pour les autres, tout ça fait du mal, tout ça fait du mal aux salariés, mais tout ça fait du mal à la société, tout ça fait du mal à la démocratie, tout ça fait du mal pour l'avenir, et évidemment, comment affronter les défis de demain sur la base d'un travail qui est dévalorisé, sur un travail qui n'est pas respecté. Nous sommes le parti du travail. Voilà, madame Nerach.
Donc, moi, je vais vous poser une dernière question. Je suis infirmière, comme je l'ai dit au début, et les soignants, on est fiers de notre métier, des valeurs que nous portons, mais au quotidien, je vois des collègues qui sont cassés, qui sont usés, qui partent en burn-out, en arrêt maladie. En ce moment, les arrêts maladie, ça fait la une. Et parfois, qui démissionnent pour se réorienter. Il y a beaucoup de luttes en ce moment dans la santé, dans le social. Je pense notamment aux collègues de L-SAN, un petit peu partout en France. Mais c'est aussi pareil pour les auxiliaires, les assistantes maternelles, les femmes de ménage. Qu'est-ce que vous proposez contre ça ?
Madame la DRH, il y a plus de 100 000 inaptitudes chaque année. 100 000 personnes qui sont broyées physiquement ou psychiquement par le travail. C'est la poussière d'humains qu'on met sous le tapis, comme si ça ne comptait pas. Instituons un principe simple, broyeur-payeur. Que l'entreprise qui produit du burn-out, derrière, elle paye, alors qu'aujourd'hui, ça ne les coûte rien, pas un centime. Comme dirait un ministre, tu casses, tu répares, tu payes. Tu casses, tu répares, tu payes. Pourquoi ce qui est vrai pour un carreau ne serait pas pour des hommes et des femmes qu'on brise par un mal-travail ? J'ai cette citation de Cornelius Castoriadis, un philosophe, un philosophe qui dit ceci.
Parce qu'il me semble que le burn-out est en vérité la maladie de l'époque. Il y a eu une multiplication par 7 en une dizaine d'années. Et quand on dit burn-out, ça veut dire consumption. C'est à la fois, et ça correspond au temps qu'on vit. La consumption. On sent bien qu'on est comme consumé de l'intérieur, en même temps que la planète est elle-même consumée. Castoriadis dit ceci. Cette attitude-là, faire toujours de son mieux sans en attendre de profits matériels, n'a pas de place dans l'échafaudage imaginaire du capitalisme. D'où le vide moral actuel.
Sur ce plan, le capitalisme vit en épuisant les réserves anthropologiques constituées pendant les millénaires précédents, de même qu'il vit en épuisant les ressources naturelles. Il me semble que ça correspond à ce que peuvent vivre vos collègues. J'étais à Poitiers ce mercredi pour une grève dans un EHPAD. On en a plus d'un mois de grève à l'EHPAD des Feuillants. Où, quand on interroge les femmes, elles expliquent qu'elles font prendre la douche aux personnes âgées en 12 minutes, qu'elles courent, que l'ascenseur est en panne, et qu'elles se privent. Évidemment, elles ne partiront pas en vacances. Évidemment. Mais quand elles vont au supermarché, elles ne prennent que les marques éco.
Et, souvent, elles sautent des repas. À qui appartient l'EHPAD des Feuillants ? L'EHPAD des Feuillants appartient à Vivaltovie. Vivaltovie, avec derrière la BNP Paribas, avec Arkea Capital, avec Abu Dhabi Investissement. Est-ce que vous croyez que ces gens, est-ce que vous croyez que ces gens, eux, partiront en vacances ? Est-ce que vous croyez qu'ils prennent les marques éco au supermarché ? Est-ce que vous croyez qu'ils sautent des repas ? Eh bien, voilà. C'est pas sûr. Voilà où on en est, et voilà pourquoi, pour les auxiliaires de vie, pour les assistantes maternelles, pour les femmes de ménage, pour les AESH, nous ferons les statures des travailleurs essentiels.
Je les nomme elles, parce que le combat pour elles n'a plus leur sens. Pourquoi elles sont écrasées ? Pourquoi elles sont fragilisées ? Et je vois Louisa dans la foule. Pourquoi ? Parce que ce sont des femmes populaires, souvent d'origine immigrée. Ça veut dire que le combat que nous mènerons sur ces métiers-là, sur ces métiers du lien, sur ces travailleuses essentielles, c'est à la fois un combat féministe, social, antiraciste, et j'accouterais écologique, parce qu'ils annoncent la société qu'on veut, la société qu'on veut, c'est une société avec moins de biens et plus de liens.
Je suis Dorian Durban, technicien de maintenance dans la sidérurgie, qui est une industrie lourde. On a actuellement beaucoup d'incertitudes sur l'avenir de notre site. On est soumis à énormément de concurrence internationale, avec de très gros enjeux comme la transition écologique et la souveraineté industrielle. On nous parle très régulièrement de réindustrialisation, mais sur le terrain, on voit surtout des fermetures, des délocalisations ou des incertitudes. Concrètement, vous faites quoi pour sauver des industries telles que la nôtre ?
Bonjour, monsieur. D'abord, je crois que le président de la République est venu pas loin de chez vous cette semaine. J'ai vu enfiler un casque dans une usine, non ? Tout à fait,
sur le site de la mine des Chassières. Je voudrais vous dire que c'est très mauvais signe.
C'est très mauvais signe. Chaque fois qu'Emmanuel Macron enfile un casque d'ouvrier, chaque fois qu'il parle de réindustrialisation, ce sont des centaines d'usines qui ferment derrière. Et on en est où ? On en est à ce que, pour la première fois dans l'histoire de notre pays, la part de l'industrie dans le PIB soit passée sous les 10%. On est à la hauteur de la Grèce. Et je vous le dis aussi, ce n'est pas une fatalité, ça n'est pas subi, c'est un choix de nos dirigeants. C'est un choix de nos ministres et de nos patrons depuis 40 ans.
C'est le choix de considérer que l'industrie, c'est le passé, c'est dépassé, que ça pue, que ça pollue et qu'il fallait s'en débarrasser et ils s'en sont débarrassés. C'est un choix qui s'est fait contre les ouvriers. C'est un choix qui s'est fait contre les salariés. Mais c'est un choix qui s'est fait contre les Français. Quand est-ce que nous avons voté pour l'entrée de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce ? Quand ? Vous êtes mou, là ? Quand est-ce que nous avons voté pour l'entrée de la Chine en l'Organisation mondiale du commerce ? Quand est-ce que nous avons voté pour que l'agriculture entre dans la grande machine à déménager le monde avec les accords du GATT ?
Quand est-ce que nous avons voté pour le Mercosur ? Quand est-ce que vous avez voté dernièrement pour des accords avec l'Inde, avec le Vietnam, avec l'Indonésie ? Quand est-ce que vous nous avez voté pour les élargissements européens ? Voilà le mal majeur. Et évidemment, nous, Président, nous faisons quoi ? La première chose que nous faisons, parce qu'il n'y a pas de grand pays sans une industrie, nous avons besoin d'une base productive. La première chose, c'est qu'on se protège.
Taxes aux frontières, barrières douanières, quotas d'importation, pas sur tous les produits, mais sur 100 produits identifiés, sur les produits que nous estimons stratégiques, l'armement, les médicaments, les aliments, l'acier, évidemment, et tout ce qui est les produits pour l'environnement. Là-dessus, oui, nous établissons des barrières douanières. Et d'emblée, en France, tout de suite, nous faisons le By French Act. La commande publique, les régions, les ministères, les pompiers, les hôpitaux qui commandent français. C'est la première chose. La deuxième chose, nous mobilisons l'épargne nationale. Nous avons beaucoup d'argent dans notre pays. 2 000 milliards d'assurance-vie.
Pas besoin d'aller faire la dose du ventre devant les fonds d'investissement américains. Mobilisons le capital national. Troisième chose, l'industrie renaîtra, non pas, comme le fait l'État, par les gros et par en haut, par les firmes, mais par en bas, par les petits, par les territoires, par les PME. Je vous donne cette statistique que vous connaissez peut-être. Quand on donne 1 million d'euros à une PME, elle crée en moyenne 13 emplois. Quand on donne 1 million d'euros à une firme, elle crée 0,6 emplois. On est dans un rapport de 1 à 20. Enfin, dernier point, nous sortirons l'électricité du marché.
Parce qu'évidemment, c'est une instabilité, c'est une instabilité qui est créée pour les gens, pour les commerçants, pour les artisans, mais pour l'industrie aussi.
On nous dit qu'il faut décarboner l'industrie. C'est très bien, mais est-ce que cela veut dire qu'on va perdre nos emplois ?
Il y a un truc qui m'énerve là-dedans, si vous permettez, par contre vous du tout, je ne me permettrai pas à ce moment-ci de notre entretien. Non, boche ! Non, mais vous avez des financiers, vous avez des ministres, vous avez des patrons qui, pendant 40 ans, avec complicité, ont délocalisé ou laissé délocaliser, et un coup, c'est de la faute des salariés, c'est de la faute des syndicats, parce que vous comprenez, les salaires sont trop chers et puis vous avez des retraites et puis vous avez de la sécurité sociale. Regardez les bons travailleurs roumains ou chinois et maintenant, on change de bouc émissaire, maintenant c'est les écolos. Mais qui dirige ce pays depuis 40 ans ?
Ce ne sont pas les écologistes, ce ne sont pas les communistes, ce ne sont pas les debouts, ce sont... C'est un pouvoir aux mains des financiers. Mais regardons la vérité en face. Aujourd'hui, je vous le dis, je vous le dis depuis une ville écologiste à Lyon, mais écologie n'est pas un mot aimé dans le pays. Et écologie populaire apparaît plutôt comme un eximor qu'autre chose, comme une contradiction. Comment nous pouvons rétablir le lien entre écologie et populaire par un chemin qui ne va pas vous surprendre, le travail ? Oui, mon obsession, le travail.
Si on dit aux gens, écoutez, il va falloir changer les jolgesments, ces 5 millions de passoires thermiques à isoler, mais ça, c'est du travail. Si on leur dit, ben oui, il va falloir changer les déplacements, mais ça veut dire mettre les marchandises sur les rails, et ça, c'est du travail. Si on leur dit, on veut un atelier de réparation, d'électronique, de mécanique, d'informatique, par quartier ou par canton, et bien ça, c'est du travail.
Si on dit aux gens que pour eux, pour leurs enfants, notre société, notre société, oui, avec de l'écologie, avec de l'écologie populaire, ça sera du travail, du travail respecté, du travail respecté avec statut et revenus, avec horaire, avec salaire, avec carrière, qui permet de s'asseoir dans la vie, de prendre un crédit. Si on leur dit ça aux gens, et bien vous verrez qu'ils seront pour notre écologie, pour notre écologie populaire. Ils seront pour notre écologie populaire aussi parce que leur travail aura un sens. C'est peut-être le pire que nous avons aujourd'hui. C'est un espèce de vide.
Vous savez, c'est une phrase d'Antoine de Saint-Exupéry que je lisais sur les assiettes en porcelaine chez mes grands-parents, qui disait « S'aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre. C'est regarder ensemble dans la même direction. » Et bien, il me semble que ce qui est vrai pour un couple, s'il n'a pas de projet de partir en vacances, d'avoir des enfants, de s'acheter une maison, je ne sais rien, et bien, il se bouffe le nez, il y a de la jalousie, il y a du ressentiment qu'on est né. Et bien, c'est pareil pour un pays.
Quand un pays n'a pas d'horizon commun, là, nous en avons un d'horizon commun, nous avons un gigantesque défi à relever, un défi gigantesque pour les Français et pour toute l'humanité, le défi climatique. Faisons France ensemble.
J'ai sous les yeux un autre CV d'un autre parti qui, lui aussi, dit défendre les ouvriers. Et la preuve, ça fonctionne. Plein de collègues votent pour lui. Le CV d'un certain Jordan. Donc, la question est simple. Pourquoi vous plutôt que lui ?
D'abord, vous dire que le Rassemblement National, c'est une espèce de fusée à trois étages. Il y a eu un premier étage qui a été installé par Le Pen, père, contre les immigrés, racistes ouvertement, et, je dirais, c'est intégré, ça fait partie de l'ADN, il n'y a plus trop à insister tous les matins. Mais le deuxième étage a été posé par Marine Le Pen lorsqu'elle essaie d'installer à Hénin-Beaumont et qu'elle a fait sinon de l'anticapitalisme, du moins de l'antifinance, et que des matins, honnêtement, quand on ouvrait la radio et qu'il y avait Florian Philippot, on se demandait si c'était un mec de gauche qui était invité. Et oui, ils ont installé ce deuxième étage.
Et là, ils installent le troisième étage. Le troisième étage, c'est quoi ? C'est les dirigeants du MEDEF, c'est le CAC 40, c'est les financiers, c'est l'élite. Et pour ça, ils ont, vous l'avez dit, un nouveau visage. Un nouveau visage, un apparat chic. Lui, il arrive, le repas est servi. Il n'a plus qu'à mettre les pieds sous la table, ils ont fait le boulot. J'ai aussi regardé son CV. Bon. Ouais, expérience professionnelle n'a jamais travaillé. Bon. Ah si, il y a une ligne. Assistant parlementaire au Parlement européen, un emploi fictif, un emploi fictif qui a coûté quelques milliers d'euros, emploi fictif. Je le dis, Jordan, si tu regardes, fais-moi un procès, emploi fictif. Emploi fictif.
Tu as même, tu as même trafiqué ton agenda pour que la justice ne le voit pas, emploi fictif. Alors, quand ils ne dînent pas avec le MEDEF, ils déjeunent avec les fonds d'investissement américains. C'est bien parce qu'au RN, ils se répartissent les rôles. Marine Le Pen, c'est les banques russes et Jordan Bardella, c'est les fonds d'investissement américains. Et enfin, j'ai acheté le numéro de Paris Match, là. Il fraye avec la Jet Set européenne, Maria Colerolina de Bourbon des Deux Siciles, Duchesse de Calabre et de Palerme, descendante de Louis XIV, on vous dirait, tout ça, elle n'y peut rien.
Une aristo-multimillionnaire vivant à Monaco, famille fraudeur du fisc, dans les Paradise Papers, avec des holdings au Seychelles qui échappent à l'impôt. Allez, racontez ça quand même à vos collègues. Et on comprend, enfin, on s'étonne moins qu'à l'Assemblée, sur le retour de l'ISF, ils votent quoi ? Ils votent ? Sur la fin des holdings dans les paradis fiscaux, ils votent quoi ? Ils votent ? Sur la taxation des plus-values, ils votent quoi ? Ils votent ? Et ils proposent quoi ? Si, si, ils proposent, ils proposent, parce que c'est plus dangereux. Attention, ils proposent. Rien pour nous.
Mais ils proposent de faire du Macron après Macron, de faire du Macron en plus gros, et il y aura encore plus de cadeaux, encore plus de cadeaux qui seraient faits aux firmes dans notre pays. Alors, je dis aux salariés, aux ouvriers de mon coin, d'ici, des nains, de chez vous, du pays, je leur dis, je sais que votre colère est grande, je sais que vous avez envoyé, envie d'envoyer tout boulé. Je sais que vous avez envie de renverser la table, mais la table, bardez-oeil, il s'y goiffe. Il s'y goiffe avec les dirigeants qui vous écrasent, il s'y goiffe avec des couverts en argent, il s'y goiffe avec de la porcelaine et du caviar. Le système a choisi son poulain.
Bardez-la, vous voulez que ça change, c'est nous, président, voilà ce que j'irai dire aux ouvriers, chez vous.
C'est Isa, je voulais d'abord vous remercier parce que je suis ravie d'être avec vous et de voir tous vos sourires. J'ai bientôt 63 ans. Je suis actuellement à la recherche d'un emploi sans diplôme, sans formation, ni voiture, le permis je l'ai, mais une voiture ça coûte de l'argent et de l'argent, ben j'en ai pas. J'ai travaillé 30 séquences salariées, j'ai élevé mes trois enfants toutes seules, mon fils avait six mois quand je me suis retrouvée à la rue. Exclus du monde du travail, je suis bénévole depuis 1988 et je peux vous assurer que je ne chôme pas pour autant. J'arpente en bus, en tram, à pied, pour accompagner ceux que le travail laisse sur le bord de la route.
Les chômeurs, les précaires, les invisibles, c'est mon quotidien, pas mon programme électoral. J'étais longtemps allocataire du RSA. Quelques semaines, pardon, mon quotidien, pas mon programme électoral. J'étais longtemps allocataire au RSA et depuis quelques semaines, je vais survivre avec mon indévité de conseillère municipale à Mulhouse. Dans le groupe Mulhouse en commun, ce soir, je suis à Lyon parce que la pauvreté, ce n'est pas une fatalité. Ce n'est pas un choix de vie, c'est un choix politique. Je ne souhaite à personne de vivre ma précarité. Je ne vis pas, je survis comme mes voisins, mes voisines de palier et on aspire juste à pouvoir vivre de notre travail.
Alors, ma question est celle-là. Que fais-tu pour que les largués du travail, les oubliés du boulot, ce que l'économie a rendu inutile ? J'ai été facturière, postière, femme de ménage, restauratrice. Mon dernier contrat, livreuse, cassière et pour finir, à la sécurité sociale pour faire plein de jolies choses. Je me permets de vous dire qu'il faut bien manger et bien vous nourrir. Plein de jolies choses à la sécurité sociale alimentaire. Je vous laisse aller chercher. Comme ça, on pourra bien dire que je vais bien parler alimentation parce que c'est très important. Maintenant, je voulais poser une autre question qui me paraît aussi très importante. Nous sommes 68 millions de Français.
Nous sommes environ 24 millions de Français qui tenons encore debout dans l'emploi. Nous sommes 17 millions à peu près de retraités. Et nous sommes 27 millions de gens qui sont malades, sans emploi, sans être rémunérés, mais surtout beaucoup de bénévoles. Donc, j'en reviens à moi. Je suis bénévole en Alsace. J'aimerais savoir que va devenir le pouvoir d'achat, l'essence, le logement, l'alimentation pour la France qui décroche. D'abord,
Isabelle, je voudrais vous remercier pour votre travail, travail salarié ou travail bénévole. Ma conviction profonde est qu'aujourd'hui, si le pays tient encore, s'il tient encore debout, ce n'est pas par le haut, ce n'est pas par l'Elysée, ce n'est pas par l'Assemblée, ce n'est pas par en bas le travail salarié ou des bénévoles et que la dernière chose qui peut craquer, qui risque de craquer, et ce serait à ce moment-là une immense catastrophe pour notre pays parce que c'est ce qui tient la culture, c'est ce qui tient le sport jusque dans les plus peu territoires, c'est le monde associatif.
Merci. Merci beaucoup.
Vous avez prononcé un mot, Isabelle, qui me touche, c'est le mot inutile. Et j'en ai vu tellement, vous savez, des gens qui se font virer de leur usine et qui se retrouvent chez eux et qui se sentent inutiles au monde. Il y a pire que le port de monnaie, il y a aussi ce sentiment d'inutilité. Il nous faut faire un pari humaniste. C'est que derrière chaque porte, en chaque homme, en chaque femme, il y a des compétences, il y a du savoir-faire. Il y a des choses que moi, je ne sais pas faire, que vous, vous ne savez pas faire. Cuisiner, bricoler, conduire, s'occuper des enfants, s'occuper des personnes âgées.
Or, dans notre pays, il y a des tas de besoins, des tas de besoins que le marché ne remplit pas, que le marché ne va pas remplir. Donc Isabelle, pour toutes ces tâches-là, nous avons besoin de vous et nous avons besoin de tous vos collègues. Je suis à Lyon. La dernière fois que je suis passé, je visitais un territoire zéro chômeur longue durée. Qui permet à des gens qui, eux aussi, se ressentent inutiles au monde, de s'occuper des personnes âgées, de faire de l'élagage, d'offrir des fleurs, de construire des bancs, de faire de la menuiserie. Et donc, d'être à nouveau utile, pleinement utile à la société. Emmanuel Macron avait promis d'élargir le territoire zéro chômeur.
À la place, il les a rétrécis. Enfin, ce que vous décrivez là, c'est un immense gâchis. Il y a un immense gâchis productif dans notre pays. Il y a le gâchis des 100 000 inaptes dont je parlais, mais il y a le gâchis des jeunes qui ont fait rentrer dans l'emploi par les CDD, les stages, l'intérim et qui n'en peuvent plus, qu'on décourage. Il y a le gâchis des anciens qu'on exclut avant la retraite. Il y a les gâchis des femmes au moment de leur grossesse ou après avec la pénalité maternelle. Et il y a le gâchis sur les étrangers.
Et quand on voit Abou Sangaré qui a dû attendre longtemps, longtemps, fort longtemps pour des papiers et que pendant tout ce temps-là, même aujourd'hui, pour l'instant, il n'est pas autorisé à tourner, à aller tourner en Italie, à aller tourner en Europe comme on le réclame, voire aux Etats-Unis, à Hollywood, c'est un immense gâchis. C'est un immense gâchis pour la France. Nous devons mettre fin à ce gâchis.
Merci, merci. Je me permets de continuer. Est-ce qu'il n'y a que le travail dans la vie, M. Ruffin ? Est-ce qu'il ne faut pas juste moins travailler, souffler, respirer, profiter un petit peu ?
Non à travailler plus, oui à travailler tous.
Merci.
L'histoire du mouvement ouvrier, c'est à la fois une histoire de la fierté du travail, de gagner sa vie en travaillant et du droit au repos. C'est le congé maternité, c'est le dimanche chômé, c'est le samedi à l'anglaise, ce sont les premiers congés payés, ce sont les 40 heures, c'est le 1er mai. Cette année, je nous attaque le 1er mai, l'an dernier, c'était le 8 mai. Et évidemment, leur but c'est quoi ? C'est que tous les temps de nos vies, le dimanche, tous soient repris par la consommation et par la production. Et nous, nous ne voyons pas que dans l'homme et dans la femme, que des producteurs et des consommateurs, nous voyons l'humain d'abord de la naissance à la mort.
Merci beaucoup. J'ai encore une petite demande parce que je suis gourmande.
Oui, vous en avez beaucoup.
On vous aime bien. Ah bon ? Vous êtes très sympathiques. C'est déjà un premier point. C'est un bon début. Oui. Mais vous vous sentez d'être à l'Elysée, pardon, le bouton nucléaire, discuter avec M. Trump et M. Poutine.
Isabelle, je n'ai aucun doute. Je n'ai aucun doute parce que je sais pour qui je me bats avec clarté. Je n'ai pas été membre des Young American Libers. Je ne suis pas membre du groupe Bilderbergs. Je n'ai pas reçu de l'argent des banques russes. Je viens défendre une chose et une seule chose, les intérêts de la France et des Français. Je ne suis pas là pour défendre les intérêts américains. Je ne suis pas là pour défendre les intérêts chinois. Je ne suis pas là pour défendre les intérêts russes. Je ne suis pas là pour défendre les intérêts allemands non plus. Je suis là pour défendre les intérêts français.
les intérêts français qui le plus souvent se conjuguent avec les intérêts de nos voisins européens les intérêts français qui le plus souvent se conjuguent avec nos voisins lointains qui comme nous aspirent à la prospérité et à la paix mais je suis là pour défendre les intérêts de la France, les intérêts des français enfin vous savez, il y a une ligne dans mon CV, peut-être que vous ne l'avez pas vue mais j'ai eu à affronter pendant des années la première fortune de France et le premier flic de France je n'ai pas plié, nous n'avons pas lâché et je suis habitué au conflit, y compris quand je ne suis pas plus fort et là je me sentirai fort parce que ce sera nous présidents, nous serons ensemble pour les affronter et pour faire résonner la France dans le monde entier
Bonjour à toutes et à tous, je m'appelle Marouane Martelli je suis pizzaïolo, j'ai rendu une pizzeria depuis 6 ans avant ça j'habitais à Lyon, ici juste derrière sur les pentes de la Croix-Rousse Monsieur Ruffin, mon métier c'est à 80% du temps de faire des pizzas et le reste du temps, gérer les stocks, gérer les salariés et beaucoup de papier j'ai vu dans votre CV que vous étiez entrepreneur dans ma boîte, tout le monde est au SMIC on aimerait les payer plus, les salariés mais ce n'est pas possible car les cotisations sociales augmentent trop brutalement on a bien eu la prime Macron qui nous a bien aidé qui nous a permis de payer plus mais aujourd'hui elle est elle aussi fiscalisée ma question est simple, comment allez-vous nous libérer de ça ?
vous l'avez dit Monsieur Marouane, moi aussi j'ai été petit patron je sais ce que c'est les contrôles d'Ursaf d'embaucher un salarié, parfois aussi malheureusement de le licencier et quand je dis patron, pour moi ça ne veut rien dire c'est comme poisson, à l'intérieur il y a les requins et il y a les sardines et le problème c'est que vous êtes traité pareil que LVMH dans votre pizzeria en vérité ce n'est même pas vrai, vous n'êtes pas traité pareil que LVMH puisque eux parviennent à obtenir plus d'aide que vous et à payer moins d'impôts donc la première chose qu'on fera c'est de rétablir l'égalité rétablir l'égalité entre les firmes et vous mais je comprends votre souci et il nous faut l'affronter en effet, comme pour vous, quand parfois on veut augmenter un salarié de 100 euros et bien il faut en donner 400 c'est un souci c'est un souci c'est un souci quand on reçoit 100 euros parce qu'on a travaillé on en garde 54 quand on reçoit 100 euros parce qu'on est un actionnaire on en gagne, on en garde 70 quand on reçoit 100 euros parce qu'on hérite on en garde 94 donc là, il y a un souci on fait quoi ?
on fait quoi pour tout ça ? est-ce qu'on considère que les grands patrimoines, les grandes fortunes doivent échapper à payer pour la protection sociale ?
elles doivent payer elles doivent être mises à contribution pour la sécurité sociale pour la famille immédiatement, vous savez qu'on fera le SMIC à 1700 euros vous savez qu'on fera l'indexation pour tous les salaires sur l'inflation mais en urgence je propose qu'en urgence à notre arrivée au pouvoir en urgence oui, quand on arrive vous avez parlé de prime Macron ça n'est pas la prime Macron c'est la prime gilet jaune oui c'est la prime gilet jaune ce sont les gilets jaunes qui sont allés chercher 10 milliards d'euros que d'habitude ils donnent à ses amis là, ça a été pour les gens pour les plus modestes de notre pays immédiatement quand nous arrivons nous rendons obligatoire une prime de 1000 euros par salarié l'Etat fera sa part pas de cotisation pas de fiscalité sur ces 1000 euros les patrons feront leur part ils verseront les 1000 euros et les ouvriers feront leur part c'est un minimum le 1000 euros si leur boutique se porte bien qu'ils se bagarrent et ils obtiendront plus de 1000 euros pour partir en vacances pendant l'été c'est une mesure d'urgence ça colle mat mais ça ne résout pas le problème et dès la rentrée dès septembre 2027 qu'est-ce qu'il nous faudra faire ?
il nous faudra faire des états généraux de la fiscalité et de la protection sociale il nous faudra faire des états généraux avec les salariés avec les retraités avec les syndicats avec les artisans avec les commerçants avec les étudiants avec un strapontin pour Bernard Arnault et bien sûr un siège aussi pour votre pizzeria il faudra que soit mis en discussion ce qui est la base de la nation comment on se finance comment on finance nos services publics comment on finance notre école comment on finance nos hôpitaux comment on finance nos retraites comment on finance notre sécurité sociale aujourd'hui on est dans un moment où les gens ne comprennent plus rien à leur fiche de paye ne comprennent plus rien à la feuille d'impôt le temps est venu d'une grande remise à plat mais elle ne se fera pas par un homme tout seul à l'ésée ou par 577 députés à l'assemblée elle doit se faire avec nous avec vous elle doit se faire par des états généraux de la fiscalité
Monsieur Ruffin merci pour votre réponse je voulais réagir à l'une des interventions qu'on a eues au début celle de Nancy qui va perdre son job avec le développement de l'intelligence artificielle qu'en pensez-vous ?
La technologie est politique tout se passe comme si on faisait semblant que la technologie c'était juste des ingénieurs qui avaient pensé ça et que ça arrivait naturellement dans la société et dans les sociétés la technologie est profondément politique et à partir du moment où elle est politique il nous faut de la démocratie il nous faut faire passer toutes les technologies par le biais de la démocratie dans la société c'est l'assemblée ce sont des états généraux c'est ce que vous voulez et dans les sociétés il faut qu'il y ait une discussion entre les syndicats et le patron quand une nouvelle technologie arrive là j'ai discuté avec des gens chez Auchan pareil grand plan IA mené par Bompard à la direction zéro discussion avec les syndicats zéro discussion avec les salariés et vous savez quand on dit ça c'est intéressant parce que en fin de compte ce qui se passait hier pour les ouvriers pour les techniciens pour les usines aujourd'hui ça se passe pour les informaticiens pour les juristes pour les designers qui souvent maintenant dans les usines dans les bureaux sont les premiers qui sont dégagés Marx dans le Capital quand il observe l'arrivée des machines il note ceci il faut du temps et de l'expérience avant que les ouvriers ayant appris à distinguer entre la machine et son emploi capitaliste dirigent leurs attaques non contre le moyen matériel de production mais contre le mode social d'exploitation ce que vient dire Marx c'est que le souci c'est la machine mais c'est surtout dans quelle main se trouve la machine est-ce que la machine se trouve dans la main du travail et des travailleurs ou est-ce qu'elle se trouve dans la main du Capital pour faire des profits et aujourd'hui évidemment elle se trouve dans la main du Capital donc il nous faut la faire passer l'IA la commande vocale chez les caristes tout ça doit passer par le filtre de la démocratie la démocratie à l'Assemblée la démocratie dans les sociétés
une question très importante mon métier c'est l'alimentaire évidemment je pense aux agriculteurs et les agriculteurs disent qu'ils ne peuvent plus vivre de leur travail qu'ils ne gagnent plus leur vie qu'est-ce que vous prévoyez pour ces travailleurs-là
en fait on a des fauves du Capital on a des fauves du Capital qui dévorent le travail qui dévorent la démocratie qui dévorent la planète et qui bien sûr dévorent l'agriculture aussi quand on laisse faire le marché quand on laisse faire le marché on disait hier que c'était le renard libre dans la poulier avec des poules libres aujourd'hui aujourd'hui c'est un fauve qu'est-ce qu'il faut faire il faut reposer des règles des règles pour les agriculteurs des règles qui ont existé pendant des décennies dans notre pays pendant des décennies en Europe qui ont fait notre prospérité qui ont fait la prospérité des agriculteurs la première chose c'est quoi c'est des prix planchers la garantie qu'ils soient payés correctement ça a existé jusque dans les années 2000 la garantie de coefficient multiplicateur il y avait cette règle jusqu'en 1986 quand un culot de patate était acheté 50 centimes aux paysans il ne pouvait pas être vendu plus d'un euro 50 en supermarché c'était à la fois une protection pour les consommateurs et pour les producteurs il nous faut rétablir des règles et je vous le dis c'est le grand débat pour l'année qui vient le grand débat pour l'année qui vient c'est quelle est la place du marché est-ce que tout est laissé au marché puis de temps en temps on fait un chèque pour colmater marché de l'électricité marché du logement marché du travail marché de l'essence ou bien est-ce qu'on rétablit des règles est-ce qu'on rétablit de la régulation qu'est-ce qu'on fait sortir du marché est-ce qu'il est normal que les personnes âgées est-ce qu'il est normal que les enfants dans les crèches soient livrés au marché on le met hors marché et où est-ce qu'on a un marché mais un marché qui est encadré un marché qui est régulé ça doit être notre grand débat pour cette année
si vous êtes embauché comme président de la république quelles seront vos prétentions salariales
je l'ai déjà dit ça fait un peu de bruit je ne reviens pas dessus je suis un député au SMIC je resterai un président au SMIC je pense que c'est de l'argent de poche j'ai jamais vu Emmanuel Macron s'arrêter sur une aire d'autoroute et faire le plein de sa voiture à 2,25 euros donc
François Ruffin on veut vous remercier pour cet échange et pour votre information la procédure de recrutement elle va durer une bonne année
je savais que tout ne serait pas fini ce soir
vous aurez la réponse en avril prochain c'est le premier entretien d'embauche aujourd'hui on sert de premier filtre mais vous savez qu'il y en aura d'autres derrière
oui oui mais je suis prêt à aller faire des entropiens d'embauche j'en fais un la semaine prochaine à Vesoul Vesoul en force je suis prêt je suis prêt à en faire cet été dans les campings je suis prêt à en faire en tongs sur les plages mais surtout je suis prêt à ce que ça soit de nous président évidemment je viens vous êtes le peuple recruteur mais je viens en recruteur de peuple aussi en espérant ici recueillir des animateurs de réseau de quoi nourrir les métiers debout de quoi participer à la levée de fond de quoi animer notre centre d'appel bref je viens aussi ici moi pour recruter un peu madame la DRH il y a encore un an et un peu de chemin les amis il va falloir de la force pour animer l'espérance
il y a beaucoup d'engouement et est-ce que vous avez quelque chose d'autre à ajouter ?
j'ai écrit un petit truc qui est peut-être un peu long enfin j'ai écrit un petit truc madame la DRH nous présidents nous présidents ce n'est pas le nouveau monde contre le vieux monde nous présidents ce n'est pas la nouvelle France contre la vieille France c'est la France la France tout court la France en entier et personne qu'on laisse tomber personne sur le bas côté nous présidents ce n'est pas vivre ensemble les uns à côté des autres en statique non nous présidents c'est faire ensemble nous présidents c'est une nation qui se retrousse les manches mais pas pour les marchés pas pour la compétitivité pas pour les salariés une nation qui se retrousse les manches pour nous pour notre pays pour nos enfants une nation qui se retrousse les manches parce que nous avons des défis à affronter le défi productif le défi démographique évidemment le plus gigantesque des défis pour les français et pour l'humanité le défi climatique nous présidents c'est une république où les hirondelles font le printemps où nos gosses peuvent les contempler dans le ciel et alors quand elles volent bas devinez l'orage qui approche nous présidents c'est une république qui ronde avec le tout importable avec le tout jetable et qui installe des ateliers de réparation de mécanique, d'électronique dans tous les quartiers dans tous les cantons nous présidents c'est cuisiner, jardiner, réparer qui entrent à l'école et au collège ce sont des jeunes qui avant de s'orienter touchent à tout à l'électricité et à la comptabilité à la mécanique et à l'électronique à la plomberie et à la boulangerie une année pour choisir son métier et non le subir et que ce métier devienne une fierté qu'il bombe le torse oui, je suis chauffagiste nous présidents c'est la garden party du 14 juillet à l'Elysée avec le métallo et le médecin avec le boucher et le musicien avec la puéricultrice et l'écrivain nous présidents c'est cette évidence l'intelligence des mains nous présidents nous tournerons la page de l'ancien régime parce que oui la France vit sous l'ancien régime l'ancien régime d'un président roi retranché dans son palais l'Elysée comme Nouveau-Versaille d'où les décisions tombent comme la foutre sur l'Assemblée sur les syndicats sur les Français d'où on nomme ses copains à la Cour des Comptes au Conseil constitutionnel où on verrouille le pouvoir comme la Cour du Roi Soleil oui la France vit encore le règne des privilèges des privilèges fiscaux pour des milliardaires qui payent moins d'impôts que leurs secrétaires des privilèges d'exilés de milliards qui fuient l'école l'hôpital dans des holdings en Irlande ou à Jersey nous Président nous Président nous tournerons la page de cet ancien régime où le dividend des rois où règnent les financiers mais l'expression convient pas on va pas tourner la page c'est pas une page qui se tourne comme ça comme si on était au coin du feu assis dans un fauteuil avec un livre d'histoire non c'est un combat c'est un combat qu'il nous faudra mener parce que les seigneurs les maîtres de l'argent les maîtres du sol et du sous-sol les maîtres de numérique et de l'informatique ils vont pas cesser faire c'est un combat que nous devons mener que nous devons gagner toujours dans les urnes oui mais dans la rue aussi nous Président c'est la démocratie enfin prise au sérieux démocratie pouvoir au peuple et non pouvoir sans le peuple ou pouvoir contre le peuple je me souviens de ce gilet jaune sur lequel il était écrit qui avait inscrit sur son chasuble faire l'amour une fois tous les 5 ans ça n'est pas une vie sexuelle voter une fois tous les 5 ans ça n'est pas une vie démocratique nous Président c'est le pari du peuple un peuple qui reprend le pouvoir avec des états généraux avec des cahiers de doléances avec des assemblées populaires et avec ce nouvel outil entre ses mains le RIC le référendum d'initiative citoyenne nous Président ce n'est pas un programme pondu dans eau depuis Paris et qu'on plaque sur le pays parce que ce n'est pas vrai ce n'est pas vrai ce n'est pas vrai qu'un pays qu'une société on la change depuis l'Elysée et l'Assemblée seulement avec des lois et des décrets une société se transforme d'en bas par le bas par la base elle se transforme par les entrepreneurs par les syndicats par les élus locaux par les associations par tous les hommes et les femmes de bonne volonté alors il nous faut non pas un état qui fait tout et qui fait mal mais un état qui accompagne un état qui soutient pour que mille initiatives fleurissent pour qu'elles s'épanouissent non pas un état prométhée qui invente une nouvelle société mais un état sage femme qui aide la société à accoucher de ce que dans son ventre elle porte déjà de meilleur nous Président c'est le droit au beau le droit au beau pour tous le droit au beau partout durant la grande dépression le Président Roosevelt aux Etats-Unis dans les années 30 savait affirmer qu'un pays se redresse pas seulement par des grands travaux et par des barrages hydrauliques mais qu'un pays se redresse aussi par son âme et il avait envoyé du Nebraska à l'Oyawa dans tous les USA des écrivains des musiciens des chanteurs des auteurs nous Président nous ferons de l'art qui sortent des musées des théâtres des ciné ce seront des concerts de clavecins devant les supermarchés des scénettes de Molière sur les aires d'autoroutes les faillances de Sèvres à la cantine des usines au coeur de la nuit nazie au coeur de la nuit nazie le poète et résistant René Char écrivait dans nos ténèbres il n'y a pas une place pour la beauté toute la place est pour la beauté nous Président c'est une république qui remplace la concurrence par l'entraide la mondialisation par la protection c'est une république où les liens priment sur les biens où l'on défend l'humain d'abord de la naissance à la mort nous Président c'est une république qui protège les enfants qui les protège des écrans et des violents qui voient dans nos gamins non une nuisance à exclure des wagons de train mais dans leurs cris dans leurs rires notre avenir nous Président c'est la ZE l'aide sociale à l'enfance ce scandale national cette honte de la république c'est la ZE qui est bousculée transversée transformée bouleversée nous Président c'est une république qui offre à tout enfant non l'enfer des foyers mais une famille une famille d'accueil une famille de repli et d'appui une famille pas juste avec un toit et un couvert mais avec de la tendresse avec de l'affection avec de l'amour l'amour qui est le plus grand des besoins le plus grand des besoins humains et encore davantage pour nos gamins de l'amour nous Président c'est une république qui a chose nous Président c'est une république qui assure cette chose simple quelle que soit notre origine notre religion notre couleur de peau nous sommes toutes et tous égaux toutes et tous égaux devant l'éducation devant la santé devant la justice et devant la police nous Président c'est le racisme non pas encouragé à longueur de journée sur les chaînes de télé mais combattu combattu du sommet de l'état jusqu'au moindre clocher nous Président c'est CNews qui est fermé nous Président c'est cette aspiration qui est née avec la grande révolution que nous avons inscrite au fronton de nos mairies liberté égalité fraternité liberté égalité fraternité notre idéal jamais rogné mais qu'il faut toujours se battre pour en faire une réalité nous Président c'est Gisèle Halimi qui entre au Panthéon Gisèle Halimi oui l'avocate des femmes l'avocate de la lutte contre le viol l'avocate du droit à l'avortement mais aussi aussi l'avocate des indépendantistes algériens l'avocate de la décolonisation l'avocate de la cause palestinienne nous Président c'est une France qui dérange pas une France qui se range c'est une France qui ne se tait pas quand tombent les bombes à Gaza c'est une France qui prend des sanctions contre les crimes de guerre contre les génocidaires c'est une France qui pose ce principe simple une vie vaut une vie les larmes d'une mère palestinienne valent les larmes d'une mère israélienne valent les larmes d'une mère ukrainienne d'une mère sudanaise d'une mère congolaise nous Président c'est une France qui dit non non à l'Empire non à Donald Trump et à ses sbires c'est le nom de Jacques Chirac à la guerre en Irak nous Président ce n'est pas une France qui s'isole et qui s'enferme le climat les pandémies internet la mafia bien sûr nous allons pas régler ça en franco-français derrière une ligne Maginot mais nous Président nous n'attendrons pas non plus qu'on se mette d'accord 27 autour de la table nous n'attendrons pas les G7 et les G20 l'histoire n'avance pas comme ça quand elle avance elle avance parce qu'un pays ose et entraîne nous Président nous serons ce pays qui ose et qui entraîne nous Président c'est une fierté ou plutôt des fiertés cumulées des fiertés renouvelées la fierté de qui on est la fierté de qui on aime la fierté de sa ville fierté de sa région fierté de ses origines fierté de son métier et fierté nationale fierté de notre langue de nos paysages de notre patrimoine de notre histoire de notre histoire avec ses zones d'ondres et ses pages de lumière nous Président c'est la fierté retrouver la fierté d'être français chers amis chers camarades chers amis chers camarades est-ce que vous voulez ce pays là il nous reste 351 jours oui je vis avec à l'esprit un compte à rebours il nous reste 351 jours pour déjouer les pronostics 351 jours pour inverser les statistiques 351 jours 351 jours pour faire aimer nos idées aujourd'hui une force née nous avons 351 jours pour qu'elle s'élargisse comme un fleuve 351 jours pour renverser une fatalité et si on fait ça si on fait ça à la fin c'est nous qu'on va c'est nous qu'on va c'est nous qu'on va c'est nous qu'on va
François Ruffin