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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 13 juin 2025 9 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergie

Frappes israéliennes en Iran : le prix de l'essence va augmenter d'"une dizaine de centimes d'euros" en "fin de semaine prochaine", estime un expert

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29InvitéFait
    « Des tensions dans les approvisionnements, non. »
  • 0:33InvitéPromesse
    « Une augmentation des prix, c'est assez probable. »
  • 0:53InvitéChiffre
    « Vers la fin de la semaine prochaine, nous devrions payer notre essence une dizaine de centimes de plus. »
  • 1:15PrésentateurFait
    « Si les frappes intenses, telles que promis par Israël, venaient à toucher les installations pétrolières iraniennes. »
  • 1:20InvitéPromesse
    « L'Iran ne pèse pas si lourd que cela sur le marché mondial. »
  • 1:31InvitéChiffre
    « L'Iran en produit 3,5 et comme ils en consomment beaucoup, leurs exportations ces temps derniers étaient de l'ordre de 1,4 à 1,7 millions de barils par jour. »
  • 1:53InvitéFait
    « Ça n'est pas énorme. »
  • 2:28InvitéFait
    « La raison principale est qu'il faut s'attendre à ce qu'il y ait des réactions iraniennes. »
  • 3:11InvitéChiffre
    « Par le détroit d'Hormuz, passe 20 millions de barils jour de pétrole à peu près. »
  • 3:28InvitéFait
    « Presque un tiers des flux mondiaux. »
  • 3:34InvitéFait
    « Il y a des métalliers qui passent. Toutes les exportations de gaz naturel liquéfié du Qatar passent par le détroit d'Hormuz. »
  • 3:51InvitéFait
    « Il faut toujours se méfier des réactions d'un ennemi blessé. »
  • 4:23InvitéFait
    « Le financement des forces armées en Iran. »
  • 4:47PrésentateurPromesse
    « Les prix grimpent en flèche depuis ce matin, ont grimpé en flèche. »
  • 4:51PrésentateurFait
    « Est-ce que ça risque encore de s'aggraver ? Avec quelles répercussions ? Vous commenciez à l'évoquer sur les prix à la pompe. »
  • 5:01PrésentateurPromesse
    « En France, on est évidemment à 15 jours des premiers grands départs en vacances d'été, et ça va beaucoup compter. »
  • 5:11InvitéFait
    « Nul ne sait, très franchement, ce qui va se passer dans les 4-5 jours à venir. »
  • 5:28InvitéPromesse
    « Évidemment, les cours du pétrole sont d'une extrême fébrilité. »
  • 5:37InvitéChiffre
    « On a pris, donc, aux alentours de 12% de hausse, une dizaine de dollars le baril. »
  • 5:50InvitéPromesse
    « C'est la hausse la plus forte que l'on ait connue. Elle est plus forte même que la hausse que l'on avait connue au lendemain de l'invasion de l'Ukraine. »
  • 6:01InvitéChiffre
    « 75 dollars le baril, objectivement, qui ne sont pas historiquement les plus élevés. »
  • 6:24PrésentateurPromesse
    « Ce que les prévisionnistes commencent d'ailleurs à envisager. »
  • 6:32InvitéFait
    « 130 dollars, ça me paraît quand même totalement excessif dans la mesure où nous étions juste avant ces événements. »
  • 6:47InvitéPromesse
    « Le marché mondial était excédentaire et nous étions un certain nombre à penser que l'on terminerait l'année aux alentours de 60 dollars le baril. »
  • 6:57InvitéFait
    « Pour l'instant, pour l'instant. »
  • 7:27InvitéPromesse
    « Et leur intérêt n'est pas que le pétrole remonte au-delà de 100 dollars le baril. »

Temps de parole

  • Invité78 %
  • Présentateur22 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

Philippe Chalmin, bonjour. Vous enseignez à la fac d'économie de Dauphine. Vous êtes président de Cyclope, institut spécialiste des matières premières. Et vous êtes un expert des hydrocarbures. Or, en Iran, depuis les attaques israéliennes dans la nuit, la population s'inquiète sur place. Les Iraniens redoutent une pénurie d'essence. Alors, en France aussi, faut-il s'attendre à des tensions dans les approvisionnements ?

0:26
Invité

Des tensions dans les approvisionnements, non. Bon, une augmentation des prix, c'est assez probable, puisque grossièrement, le prix du baril est passé de 65 à 75 dollars à peu près. Et en général, on estime qu'un dollar le baril se traduit, en tenant compte de tous les facteurs de change et autres, aux alentours de un centime le litre à la pompe. Donc, ça veut dire que vers la fin de la semaine prochaine, nous devrions payer notre essence une dizaine de centimes de plus.

1:01
Présentateur

On va revenir au prix tout à l'heure. Mais si les frappes intenses, telles que promis par Israël, venaient à toucher les installations pétrolières iraniennes, parce qu'il faut préciser que l'Iran, c'est l'un des dix plus grands producteurs de pétrole au monde, c'est une possibilité.

1:15
Invité

Oui, mais l'Iran ne pèse pas si lourd que cela sur le marché mondial. Vous avez raison de dire que l'Iran, ce sont effectivement les quatrièmes réserves mondiales de pétrole, 10% à peu près des réserves mondiales de pétrole. Mais un pays sur une production mondiale qui est de l'ordre de 102 ou 103 millions de barils par jour, c'est ainsi qu'on mesure, L'Iran en produit 3,5 et comme ils en consomment beaucoup, leurs exportations ces temps derniers étaient de l'ordre de 1,4 à 1,7 millions de barils par jour. Donc ça n'est pas énorme.

L'essentiel de leurs exportations part sur la Chine et c'est d'ailleurs la Chine qui est au fond pratiquement le principal bailleur de fonds du régime iranien à l'heure actuelle.

2:06
Présentateur

Alors nous voilà rassurés en tous les cas pour la France et ses importations éventuellement iraniennes. Mais l'Iran est certain producteur, mais c'est aussi une voie de passage pour les hydrocarbures et notamment pour le pétrole venant des pays du Golfe avec un point hautement stratégique, le détroit d'Hormuz. Et là, l'Iran peut éventuellement bloquer ce passage ?

2:28
Invité

La raison principale pour laquelle les marchés ont autant réagi ces trois derniers jours, car en fait la hausse avait commencé même avant les attaques israéliennes, la raison principale est qu'il faut s'attendre à ce qu'il y ait des réactions iraniennes. Il y a peu de chances que l'Iran s'attaque aux installations pétrolières des pays du sud du Golfe, mais par contre, effectivement, il peut sans trop de problèmes et de difficultés, sinon bloquer, au moins gêner de manière importante, la circulation dans le détroit d'Hormuz. Or, par le détroit d'Hormuz, passe 20 millions de barils jour de pétrole à peu près. C'est-à-dire vraiment 20%, dit-on, des flux mondiaux ? Absolument.

Et puis, même 20% de la production mondiale, mais en réalité, presque un tiers des flux mondiaux, donc du pétrole qui est vraiment exporté. Et puis, il faut tenir compte aussi du fait que par le détroit d'Hormuz, il y a des métalliers qui passent. Toutes les exportations de gaz naturel liquéfié du Qatar passent par le détroit d'Hormuz. Mais, de ce point de vue-là, j'ai quand même quelques doutes. Il faut toujours se méfier des réactions d'un ennemi blessé. Mais, j'imagine qu'avant de se livrer à ce qui serait un geste ultime, le blocage d'Hormuz, l'Iran en demanderait l'avis à la Chine, qui est, je le rappelle, acheteur des trois quarts des exportations de pétrole iraniens.

Et ce sont les rentrées pétrolières qui assurent le budget et le financement des forces armées en Iran. Donc, il me semble que la Chine ne verrait pas d'un très bon oeil un blocage d'Hormuz, dont elle serait aussi directement victime, à la fois pour les exportations de pétrole de gaz naturel, mais aussi pour le trafic des portes-conteneurs, etc., dans la région du Golfe.

4:43
Présentateur

Donc, indirectement, la Chine qui protège ce détroit d'Hormuz. Alors, vous le disiez, les prix grimpent en flèche depuis ce matin, ont grimpé en flèche. Est-ce que ça risque encore de s'aggraver ? Avec quelles répercussions ? Vous commenciez à l'évoquer sur les prix à la pompe. En France, on est évidemment à 15 jours des premiers grands départs en vacances d'été, et ça va beaucoup compter.

5:08
Invité

Oui, nul ne sait, très franchement, ce qui va se passer dans les 4-5 jours à venir. Les frappes israéliennes se poursuivent, la réaction iranienne viendra, de quelle forme ? On ne le sait. Et pour l'instant, dans cette incertitude, évidemment, les cours du pétrole sont d'une extrême fébrilité. On a pris, donc, aux alentours de 12% de hausse, une dizaine de dollars le baril.

5:41
Présentateur

On n'avait pas vu ça depuis plusieurs années, au moins depuis la crise du Covid. Ce bon en une journée.

5:47
Invité

C'est la hausse la plus forte que l'on ait connue. Elle est plus forte même que la hausse que l'on avait connue au lendemain de l'invasion de l'Ukraine. Et donc, on se retrouve à des niveaux, 75 dollars le baril, objectivement, qui ne sont pas historiquement les plus élevés. Je vous rappelle qu'en juillet 2008, le baril de pétrole avait atteint son record à 147 dollars et qu'on est monté à 130 dollars à certains moments un petit peu plus tard.

6:21
Présentateur

Ce que les prévisionnistes commencent d'ailleurs à envisager. Alors, peut-être que les boussoles s'affolent un peu, mais on en parle déjà de ces 130 dollars.

6:29
Invité

Non, 130 dollars, ça me paraît quand même totalement excessif dans la mesure où nous étions juste avant ces événements, nous étions plutôt sur un train baissier. Le marché mondial était excédentaire et nous étions un certain nombre à penser que l'on terminerait l'année aux alentours de 60 dollars le baril. 75 dollars le baril.

6:53
Présentateur

Là, il faut dire adieu aux 60 dollars.

6:57
Invité

Pour l'instant, pour l'instant. Nul ne sait exactement, mais l'impact direct sur le marché mondial, il se limite grossièrement aux 1,5 million de barils jour exportés par l'Iran et exportés, comme je vous le disais, pour l'essentiel sur la Chine. Les pays de l'OPEP, l'Arabie Saoudite en particulier, ont 3 ou 4 millions de barils jour de capacité disponible qu'ils peuvent remettre sur le marché. Et leur intérêt n'est pas que le pétrole remonte au-delà de 100 dollars le baril.

7:33
Présentateur

Et pourtant, le pétrole n'est pas le seul enjeu. Il y a aussi le gaz naturel liquéfié, le GNL, qui passe lui aussi par le détroit d'Ormouz. Là aussi, il y a des risques ?

7:42
Invité

Oui, ça c'est le même problème que pour Ormouz. Nous avons le deuxième ou le troisième producteur mondial de gaz naturel liquéfié, qui est le Qatar. Et il est clair que si les daniers ne peuvent plus sortir, autant on peut contourner Ormouz, et il commence à y avoir d'ailleurs des terminaux pour le pétrole à l'extérieur du détroit d'Ormouz, autant pour le gaz naturel liquéfié, là il n'y a pas de solution. Et ça voudrait dire que sur les trois grands producteurs exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié, États-Unis, Australie, Qatar, il y en a un qui se trouverait empêché. Là, ça pourrait, de manière assez considérable, tirer les prix vers le haut.

Mais je le répète, blocage d'Ormouz, c'est vraiment l'hypothèse catastrophe qui me semble-t-il aujourd'hui, avec toutes les précautions que l'on peut prendre, qui ne me semblent pas totalement réalistes.

8:38
Présentateur

Les précautions de l'économiste, Philippe Chalmin, invité Éco de France Info. Merci à vous.