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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 5 juillet 2022 8 minComplaisantFond programmatiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Revalorisation du point d'indice des fonctionnaires : "Le plus compliqué, ce sera pour les villes moyennes"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:48OuverteRéponse directe

    Vous, dans votre commune, vous avez déjà discuté de cette mesure ?

  • 1:28OuverteRéponse partielle

    Et 3,5%, c'est le bon montant selon vous ?

  • 2:43OuverteÉludée

    Cette hausse du point d'indice des fonctionnaires, ça représente 2,3 milliards pour les collectivités locales. Vous attendez une aide de quel ordre de l'État ?

  • 3:36OuverteRéponse directe

    Dans votre commune, par exemple, est-ce que vous avez déjà évalué combien ça va vous coûter ? Comment vous allez la financer ?

  • 4:30FerméeRéponse directe

    Vous reportez des investissements, mais pour le moment, vous ne renoncez à rien. C'est ça ?

  • 5:01FerméeRéponse directe

    Pas question d'essayer d'avoir des ressources supplémentaires et d'augmenter les impôts, ça c'est quelque chose que vous n'envisagez pas pour financer ça ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:23PrésentateurFait
    « l'exécutif a décidé de revaloriser le point d'indice de 3,5% au 1er juillet. »
  • 0:51Invité politiqueFait
    « c'est une mesure d'ailleurs que nous attendions et à laquelle d'ailleurs les employeurs territoriaux sont globalement favorables. »
  • 1:06Invité politiqueFait
    « Elles étaient nécessaires vraiment pour nos agents territoriaux. »
  • 1:10Invité politiqueFait
    « Nous avons à la fois beaucoup d'agents territoriaux qui sont rémunérés avec des salaires bas, entre le SMIC et SMIC plus 20%. »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « Bon, écoutez, ça aurait pu être 3, ça aurait pu être 4. »
  • 1:33Invité politiqueChiffre
    « Mais enfin, en tout cas, c'est en tout cas un geste important, même si, il faut le souligner, il est inférieur à l'inflation annoncée. »
  • 3:52Invité politiqueChiffre
    « dans une ville comme la mienne, cette augmentation du point d'indice, d'ici la fin de l'année, c'est plus de 300 000 euros qui n'ont pas été prévus au budget. »
  • 3:55Invité politiqueChiffre
    « 300 000 euros, c'est à peu près 10% de notre capacité à financer des investissements. »
  • 4:00Invité politiqueChiffre
    « Et l'année prochaine, ça sera deux fois plus. »
  • 5:32Invité politiqueFait
    « C'est le plus compliqué, en réalité, ce sont surtout pour les villes moyennes, parce que les villes moyennes n'ont pas les ressources qu'ont les très grandes villes, notamment les ressources économiques. »

Temps de parole

  • Philippe Laurent73 %
  • Présentateur27 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Il est 6h20, à l'heure où le gouvernement sonne la mobilisation générale pour le pouvoir d'achat, première réunion aujourd'hui avec les ministres concernés. Les collectivités locales entrent dans le concret, les mairies ont sorti leur calculatrice, elles doivent ajuster leur budget pour augmenter le salaire des fonctionnaires, puisque l'exécutif a décidé de revaloriser le point d'indice de 3,5% au 1er juillet. Certaines communes ont déjà commencé à en discuter en conseil municipal ces jours-ci, Paris par exemple va le faire à partir d'aujourd'hui, les autres le feront à la fin de l'été. Bonjour Philippe Laurent. Bonjour Mathilde Munoz.

Vous êtes le maire UDI de Sceaux dans les Hauts-de-Seine, également vice-président de l'Association des maires de France et président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale. Vous, dans votre commune, vous avez déjà discuté de cette mesure ?

0:51
Philippe Laurent

Oui, bien sûr, c'est une mesure d'ailleurs que nous attendions et à laquelle d'ailleurs les employeurs territoriaux sont globalement favorables. Et évidemment, ça entraîne des dépenses supplémentaires, des charges supplémentaires. Elles étaient nécessaires vraiment pour nos agents territoriaux. Nous avons à la fois beaucoup d'agents territoriaux qui sont rémunérés avec des salaires bas, entre le SMIC et SMIC plus 20%. Ce sont les agents dans les écoles, les crèches, la voirie, etc. Et nous les connaissons bien et nous savons bien quelles sont leurs difficultés. Donc, il était nécessaire de faire ce geste important.

1:28
Présentateur

Et 3,5%, c'est le bon montant selon vous ?

1:30
Philippe Laurent

Bon, écoutez, ça aurait pu être 3, ça aurait pu être 4. Mais enfin, en tout cas, c'est en tout cas un geste important, même si, il faut le souligner, il est inférieur à l'inflation annoncée. Et donc, par conséquent, je pense que ça n'est pas terminé. Donc, cette dépense supplémentaire, encore une fois nécessaire, vient s'ajouter à d'autres charges supplémentaires. Je pense notamment au prix d'énergie, au prix des repas aussi, qui sont livrés par les prestataires aux collectivités territoriales pour la pause méridienne, les cantines scolaires.

Et donc, tout ceci fait beaucoup et c'est la raison pour laquelle, en même temps que nous avons dit que nous étions favorables à cette augmentation, nous avons dit qu'il fallait engager sans tarder des discussions et des négociations avec le gouvernement pour l'équilibre financier des collectivités, notamment des communes, avec l'idée que, finalement, l'inflation va permettre à l'État de récupérer des recettes supplémentaires, puisque, par exemple, par la TVA. Et donc, qu'il conviendrait que ces recettes supplémentaires puissent être partagées équitablement entre l'État, bien sûr, et puis les collectivités territoriales, qui assurent le service public du quotidien.

2:43
Présentateur

Concrètement, cette hausse du point d'indice des fonctionnaires, ça représente, d'après les calculs de l'exécutif, 2,3 milliards pour les collectivités locales. Vous attendez une aide de quel ordre de l'État ? Vous aimeriez quoi ?

2:54
Philippe Laurent

Alors, je dirais, je ne pourrais pas parler d'aide ou de compensation. Ce n'est pas l'esprit dans lequel nous sommes.

L'esprit dans lequel nous sommes, c'est une discussion sérieuse, avec tous les chiffres sur la table, avec à la fois la situation actuelle et la situation future, avec cet ensemble de charges supplémentaires, avec aussi l'idée que nous devons impérativement, là aussi, pour des questions économiques et des questions de relance, puisque la relance doit continuer et nous devons préserver nos capacités d'investissement, je dirais que nous, nous souhaitons avoir cette discussion, là, au mois de juillet, parce qu'avant la loi de finances de 2023, nous souhaitons avoir cette discussion avec le gouvernement.

C'est vraiment très, très important, parce que ce qui est en jeu, ce sont les investissements et c'est le service public.

3:36
Présentateur

Et concrètement, dans votre commune, par exemple, est-ce que vous avez déjà évalué combien ça va vous coûter, cette revalorisation du point d'indice ? Et comment vous allez la financer, justement ? Est-ce que vous allez renoncer à des investissements ?

3:46
Philippe Laurent

Alors, dans une ville comme la mienne, cette augmentation du point d'indice, d'ici la fin de l'année, c'est plus de 300 000 euros qui n'ont pas été prévus au budget. 300 000 euros, c'est à peu près 10% de notre capacité à financer des investissements. C'est beaucoup. Et l'année prochaine, ça sera deux fois plus. Et donc, par conséquent, ce qui va se passer cette année, on ne peut pas ajuster autrement, puisque nous sommes déjà au milieu de l'année, les budgets ont été votés il y a plusieurs mois, et donc, très concrètement, ça se passera certainement par une diminution de ce qu'on appelle notre capacité d'autofinancement. Ça veut dire donc une réflexion sur le décalage des investissements.

S'il n'y a pas, encore une fois, cette négociation, cet accompagnement sur des recettes nouvelles avec le gouvernement.

4:30
Présentateur

Donc, vous reportez des investissements, mais pour le moment, vous ne renoncez à rien. C'est ça ?

4:34
Philippe Laurent

Oui, non, on ne renonce à rien, parce que vous savez, les investissements, ça se prépare bien en avance, et donc les dossiers sont prêts, etc. On peut les décaler, on peut décaler certains, mais les dossiers étant prêts, les subventions ont été acceptées, ont été recueillies, et vous savez, c'est très compliqué de gérer tout ça. Il faut que les subventions soient dépensées dans un certain délai, sinon elles tombent, enfin bref. Donc, c'est vraiment une...

5:01
Présentateur

Et pas question d'essayer d'avoir des ressources supplémentaires et d'augmenter les impôts, ça c'est quelque chose que vous n'envisagez pas pour financer ça ?

5:06
Philippe Laurent

Ah, probablement, dans certaines communes, ça sera le cas, bien sûr. Alors, vous savez, il ne nous reste plus qu'un impôt, c'est l'impôt foncier. Donc, dans certaines communes, elles seront amenées, en effet, à ajuster la taxe foncière, mais ça ne sera pas cette année, c'est plus possible, c'est trop tard, donc ça sera en 2023.

5:22
Présentateur

Et d'ailleurs, est-ce que c'est compliqué pour l'ensemble des communes ? Est-ce que le nombre de fonctionnaires est proportionnel à la taille ? Est-ce que c'est plus compliqué pour les petites, les grosses ?

5:29
Philippe Laurent

Oui, pour les communes, non, c'est à peu près proportionnel. C'est le plus compliqué, en réalité, ce sont surtout pour les villes moyennes, parce que les villes moyennes n'ont pas les ressources qu'ont les très grandes villes, notamment les ressources économiques, et les toutes petites communes ont très peu de services à gérer. Par contre, les villes moyennes, à partir de 5 000, même un peu avant, enfin disons 3-4 000 jusqu'à 100 000 habitants, là, c'est là où l'équation est la plus difficile, moins de ressources, et toujours un niveau de service public à assurer pour le quotidien des habitants.

6:01
Présentateur

Philippe Laurent, il y a une nouvelle ministre déléguée aux collectivités territoriales depuis hier, Caroline Cailleux, la maire de Beauvais. Elle faisait partie de vos soutiens d'ailleurs à l'automne dernier pour la présidence de l'AMF, présidence qui a finalement été remportée par David Lysnard. Du coup, est-ce que c'est plutôt une bonne nouvelle pour vous ? Est-ce que vous avez de bonnes relations ? Vous l'avez déjà appelée pour gérer peut-être ce dossier ?

6:21
Philippe Laurent

Oui, c'est une bonne nouvelle. Non, je lui ai envoyé un message. Vous n'avez pas attaqué dans le dur tout de suite. Je lui ai envoyé un message, et je lui ai dit qu'évidemment, nous étions à sa disposition pour engager cette discussion, avec elle bien sûr, aussi avec le ministre de la fonction publique, c'est ce que nous avons déjà fait. D'ailleurs, nous avons discuté avec le ministre de la fonction publique, et d'ailleurs le ministre précédent, donc Christophe Béchut, nous avons discuté avant l'annonce de la revalorisation la semaine dernière, et naturellement, nous souhaitons engager cette discussion aussi avec les ministres de Bercy.

Parce que c'est aussi là que ça va se passer, mais en tout cas, en ce qui me concerne, moi j'ai plein de confiance en Caroline Cailleux pour porter ce message fort des collectifs du territoire royal. Elle est présidente d'une association d'élus, elle connaît ça parfaitement, naturellement, et je pense que nous pouvons bien travailler ensemble.

7:09
Présentateur

Une dernière question, Philippe Laurent, par rapport à ce nouveau gouvernement, comment se positionne votre parti, l'UDI ? En soutien, en opposition, en verra au cas par cas ?

7:18
Philippe Laurent

Oui, on verra au cas par cas. L'UDI incarne une famille politique très ancienne dans notre pays, la famille politique du centre de la démocratie chrétienne, et donc nous avons, en effet, bon, nous n'avons malheureusement pas pu préserver notre groupe à l'Assemblée nationale, donc nous avons quelques députés, mais nous avons beaucoup, beaucoup d'élus locaux, et notre action et nos positions seront aussi fonction de la qualité de la relation qui existera entre le gouvernement et les collectivités locales dans l'avenir.

7:52
Présentateur

Merci, Philippe Laurent, maire de Sceaux et président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale, également vice-président de l'Association des maires de France. Vous étiez l'invité du 5-7.

Revalorisation du point d'indice des fonctionnaires : "Le plus compliqué, ce sera pour les villes moyennes" — Philippe Laurent · Pourquijevote