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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 19 janvier 2020 26 min

Climat social, réforme des retraites, PMA pour toutes... Le "8h30 franceinfo" de François-Xavier Bellamy

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Bonjour à tous et bienvenue dans le 8h30 France Info en direct à la radio et à la télé. On est avec Jean-Jérôme Bertoluz, bonjour. Bonjour Aurélien. Chef du service politique de France Info et notre invité ce matin c'est François-Xavier Bellamy, président de la délégation LR au Parlement européen. Bonjour à vous. Bonjour. On va d'abord revenir, si vous le voulez bien, sur les tensions de ces dernières heures dans la société française. Le restaurant La Rotonde, brasserie près de Montparnasse, prisé d'Emmanuel Macron, victime d'un incendie a priori criminel, le siège de la CFDT envahi avant-hier. Emmanuel et Brigitte Macron un peu bousculés au théâtre des Bouffes du Nord cet évendredi soir.

Le climat social est explosif, insurrectionnel en ce moment. Qui en est le responsable selon vous ?

0:48
François-Xavier Bellamy

Alors la première chose à dire c'est que ces actes sont absolument inacceptables. Le débat démocratique consiste à faire valoir ses arguments et parfois à s'opposer et l'opposition au gouvernement est tout à fait légitime. Elle est même nécessaire pour faire vivre et respirer la démocratie. Mais jamais cette opposition ne doit se transformer en acte de violence. Et ce qui se joue, je crois ici, c'est quelque chose de la vie même de notre démocratie. La politique est un miracle très fragile et on devrait toujours s'en souvenir. Parce qu'elle consiste à faire en sorte que nos désaccords deviennent une occasion de dialogue et non pas la perspective d'une confrontation violente.

Or ça n'est jamais gagné d'avance, ça n'est jamais acquis d'avance. Donc je crois que nous devons tous être très responsables. Il est nécessaire encore une fois de pouvoir faire vivre le débat démocratique. Mais jamais, jamais on ne devrait s'en prendre à des élus. Jamais on ne devrait menacer des élus. Jamais on ne devrait pouvoir exercer une forme de pression aussi directe sur, par exemple, le président de la République. Et bien sûr, ça va sans dire, jamais on ne devrait faire subir à des restaurateurs qui travaillent et qui créent de l'emploi et qui créent de la valeur et qui se donnent de la peine.

On ne devrait jamais leur faire subir une quelconque mesure de rétorsion pour des réformes dans lesquelles ils ne sont pour rien.

2:03
Invité

François-Xavier Bénamie, donc votre condamnation est très claire ce matin. On l'entend. Qui est à l'origine, on va dire, de cette dérive ? Ce sont des minorités radicales ou quand même, c'est l'expression d'une colère sociale ?

2:18
François-Xavier Bellamy

Je crois que ces phénomènes restent minoritaires, heureusement d'ailleurs. Sinon, nous n'en serions pas là aujourd'hui. Il faut cependant, je crois, toucher du doigt deux choses. Et c'est aussi un symptôme d'un mal qu'il faut comprendre. Le premier, c'est la crispation très profonde de la société française. J'observe qu'Emmanuel Macron avait été élu sur la promesse de la fin des clivages. A titre personnel, je n'ai jamais cru que la fin des clivages serait un bien pour la démocratie. Parce que justement, la démocratie suppose de faire vivre le clivage. C'est normal qu'il y ait un clivage politique.

Et si le clivage ne s'exprime pas sur le terrain politique, dans la vie des institutions, alors il déborde des institutions et il s'exprime dans la rue, il s'exprime dans les relations personnelles. Et on le voit revenir d'une manière bien plus violente. Et je crois qu'il est tout à fait nécessaire que, dans notre responsabilité politique comme élu, nous laissions exister ce clivage. Et il est nécessaire, je crois, que le gouvernement, qu'Emmanuel Macron, laisse exister une opposition démocratique, un dialogue démocratique. La fin des clivages ne peut pas être une perspective.

Et l'idée de remplacer le clivage gauche-droite par un bloc populiste contre un bloc progressiste, cette idée-là, elle ne peut que contribuer à la crispation et à l'attention de la société. Et puis la deuxième chose, c'est qu'on parle aujourd'hui de ces menaces parce qu'elles touchent des élus, elles touchent le président de la République, par exemple, et c'est, encore une fois, inacceptable. Mais on le voit aussi, cette montée de la violence, elle touche tous les Français aujourd'hui. Et moi, je voudrais revenir brièvement sur les chiffres de la délinquance qui ont été publiés récemment. Ils n'ont pas suscité autant d'émotions. Il leur est fallu pourtant.

Parce que la délinquance explose dans notre pays. Ces chiffres n'ont jamais été aussi mauvais. Et ils montrent le retour dramatique de la violence à l'intérieur d'une société qui frappe les Français comme personne dans leur vie de tous les jours. Ce sont des vols, ce sont des violences, ce sont des agressions sexuelles, ce sont des viols, ce sont des crimes. Toutes ces statistiques ont augmenté. Lorsque l'État ne parvient plus à faire face à sa mission de sécurité, lorsque, et c'est Alain Bauer qui est criminologue qui le constatait, lorsque cette délinquance prospère dans une forme d'impunité...

4:20
Invité

de tension sociale, éventuellement de tension de minorité, mais vous, vous dites, en fait, c'est la violence au quotidien qui s'impose en France, effectivement aux Français.

4:31
François-Xavier Bellamy

Je ne peux pas ne pas faire le lien avec ce constat qui est fait, encore une fois, par la statistique la plus officielle. Ce constat que la délinquance, c'est-à-dire la violence, semble prospérer, progresser en tous les cas dans la société. Il faut se souvenir que le premier devoir de l'État, c'est de garantir la sécurité, c'est de garantir la paix. Et je crois que nous devons absolument, collectivement, trouver les moyens.

Le gouvernement doit aussi répondre sur ce terrain-là pour protéger, non pas seulement, encore une fois, nos élus, nos institutions, et c'est très important, je viens de le dire, mais pour protéger aussi tous les Français de cette délinquance qui prospère dans ce que, encore une fois, Alain Bauer appelait ce sentiment d'impunité produit par une réponse pénale qui, parfois, n'est pas à la hauteur.

5:10
Présentateur

Pour revenir au climat agité, au climat social agité de ces dernières heures, ça a suscité beaucoup de réactions, et notamment celle de Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national. Pour elle, ça montre tout simplement la tension qui existe dans le pays.

5:24
Invité

Ces agissements doivent être condamnés, mais surtout, ils sont inquiétants parce qu'ils révèlent une montée en tension. Et c'est une montée en tension permanente, ininterrompue, depuis maintenant plus d'un an et demi. Il faut bien dire que le gouvernement, par son comportement, a contribué, au fur et à mesure du temps, à cette montée en tension.

5:47
Présentateur

Vous êtes d'accord avec ce que dit Marine Le Pen ? La tension n'est jamais retombée dans le pays depuis cette crise des Gilets jaunes ?

5:53
François-Xavier Bellamy

La tension n'est jamais retombée. Mon désaccord avec Marine Le Pen serait que je ne crois pas qu'on puisse lier cela à l'action du gouvernement. Je veux dire par là que jamais on ne peut excuser, jamais on ne peut expliquer des réactions de violence à l'endroit des élus, à l'endroit des institutions. Jamais on ne peut corréler les erreurs du gouvernement, et il en a fait beaucoup, et je serai le premier à les dénoncer quand il en fait.

6:17
Présentateur

Expliquer, c'est forcément excuser, selon vous ?

6:20
François-Xavier Bellamy

En tous les cas, on ne devrait jamais expliquer que le gouvernement est responsable d'actions comme celles qu'on a vues se dérouler récemment. Le gouvernement n'est pas responsable du fait qu'on ait incendié la rotonde. L'incendie de la rotonde, avec ce qui l'impliquait de risques dramatiques potentiellement pour des personnes, cet incendie, il n'est explicable que par l'acte de violence irresponsable dont se sont rendus ceux qui l'ont produit.

6:45
Invité

Ce conflit social qui dure maintenant depuis plusieurs semaines, qui empoisonne par exemple la vie des franciliens, et sûrement la vie des franciliens les plus modestes, ce débat sur les retraites qui dure maintenant depuis plus de deux ans, il faut que ça cesse, il faut tourner la page.

7:05
François-Xavier Bellamy

Bien sûr, et de ce point de vue-là, pour le coup, le gouvernement est responsable. Il y a une responsabilité très grande du gouvernement dans la durée de ce conflit social, dans la confusion, et c'est vrai pour le coup, dans l'incertitude anxiogène que les Français éprouvent sur le débat des retraites, on ne comprend rien, il faut bien dire les choses comme elles sont à ce que veut faire le gouvernement. C'est une espèce de valse hésitation qui a créé beaucoup d'incertitudes, et derrière l'incertitude, sur un sujet aussi majeur que les retraites, il y a évidemment beaucoup d'inquiétudes.

Il faut bien sûr que cette page soit tournée, et il faut qu'elle le soit par une réforme enfin claire, un cap enfin donné, pour pouvoir faire en sorte que le débat démocratique puisse jouer son rôle normalement.

7:41
Présentateur

Et on va continuer d'en parler dans un instant, d'abord à 8h40, on fait un nouveau point complet sur l'info de ce dimanche matin avec Edouard Marguier.

7:48
Invité

Suspension de la grève contre la réforme des retraites à la RATP, l'UNSA l'annonce pour demain, les grévistes doivent reprendre des forces, dit l'UNSA RATP, mais prévient déjà qu'une nouvelle journée de grève aura lieu vendredi. La contre-attaque de Tahabou Afs, après sa mise en cause dans la soirée mouvementée d'Emmanuel Macron dans un théâtre parisien, le journaliste militant avait signalé la présence du président. La juge d'instruction le place sous le statut de témoin assisté. Le militant porte plainte de son côté pour faux et usage de faux par des personnes dépositaires de l'autorité publique.

Après le sondage défavorable pour la République en marche avant les municipales à Paris, la porte-parole de LREM, Aurore Berger, voit sur France Info surtout la conséquence de la désunion. Benjamin Gribault arrive troisième, derrière Anne Hidalgo première et Rachida Dati la candidate LR deuxième, Cédric Villani candidat d'ici dans LREM et quatrième. Ne dites plus votre Altesse au Prince Harry et à son épouse Mégane, ils renoncent à leur titre d'Altesse royale et cesseront de recevoir des fonds publics, une décision qui met fin à la crise chez les Windsor. En revanche, ils conservent leur titre de duc et duchesse de Sussex. France Info, et tout est plus clair.

8:55
Présentateur

François-Xavier Bellamy, invité du 8h30 France Info ce dimanche. Cette grève contre la réforme des retraites, elle dure depuis plus de six semaines maintenant. Les grévistes demandent toujours le retrait complet du texte. Écoutez ce que répondait Edouard Philippe, le Premier ministre à l'issue du séminaire gouvernemental la semaine dernière.

9:12
Invité

Certains de ceux qui sont inquiets ou qui s'opposent à ce projet ont choisi de manifester ou de faire grève. Je voudrais dire un mot sur le sujet en indiquant, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, que la grève à la RATP et la grève à la SNCF me paraissaient sans issue et qu'elles n'avaient que trop duré.

9:35
Présentateur

Une grève pour rien, dit Edouard Philippe en quelque sorte. Est-ce que le gouvernement peut simplement se contenter que finalement ça passe ?

9:42
François-Xavier Bellamy

La question c'est qu'est-ce qui passe ? Encore une fois, le gouvernement est attendu non pas pour commenter la durée de la grève, mais pour tenter d'y mettre fin par une réforme enfin claire. Et c'est vrai que je crois pouvoir dire qu'après, non pas seulement six semaines, mais après deux ans et demi de discussion sur les retraites, commencer avec le travail de Jean-Paul Delevoye, et puis la publication d'un rapport, et puis l'ouverture de discussions, et puis l'organisation de ce grand débat sur les retraites qui n'a finalement pas complètement eu lieu, on a vu arriver l'âge pivot, l'âge pivot semble avoir été retiré provisoirement pour être remplacé par un âge d'équilibre.

À quoi est-ce que tout cela nous conduit ? Je crois que beaucoup de Français ne peuvent pas le dire aujourd'hui. Et les questions qui sont posées au gouvernement sont simples. Je reprends les mots du député Gilles Carès, qui est un très grand spécialiste des questions de finances publiques, et qui cette semaine s'exprimait dans les questions au gouvernement, en demandant est-ce que cette réforme va être plus simple ? La réponse est non, elle est d'une complexité très grande. Par ailleurs, on voit bien que les régimes spéciaux ne disparaissent que pour être remplacés par des régimes particuliers qui se multiplient tous les jours. Est-ce que donc ce régime est plus universel ? Non.

Est-ce qu'il est plus juste ? Je ne le crois pas non plus. Il y a évidemment une augmentation des inégalités paradoxalement produites par la suppression de cette diversité de régimes qui en fait accompagnait la diversité des carrières. Je suis enseignant. Je pense que pour beaucoup d'enseignants, il y a une vraie inquiétude aujourd'hui sur la question du montant des pensions. On nous parle d'une revalorisation, mais sera-t-elle vraiment à la hauteur de la promesse ?

11:08
Présentateur

Le gouvernement dit qu'on va expliquer au fil de l'eau, au fil de cette réforme, on va améliorer, on va expliquer. Il faut les croire sur parole. C'est ce que nous dit le gouvernement. Est-ce qu'on peut entendre ça ?

11:15
François-Xavier Bellamy

Ce qui est incroyable, c'est qu'on a l'impression d'avoir affaire à une sorte d'anti-manuel de la réforme. C'est-à-dire qu'il aurait fallu expliquer avant, pour que les choses soient claires, avant que le débat puisse avoir lieu sur une base vraiment saine, et qu'ensuite, on mette en œuvre une réforme. On ne peut pas mettre en œuvre une réforme en disant qu'on va l'expliquer après coup. On ne peut pas mettre en œuvre une réforme en expliquant que le simulateur

11:36
Invité

qui permettra de savoir ce qu'elle produira arrivera après. On cherche la réforme qui aurait été, en quelque sorte, une réforme exemplaire, du moins pour les Français. Là, quand même, est-ce que l'horizon ne s'éclaircit pas ? Au moins, en termes de calendrier, la réforme sera en Conseil des ministres. Donc, vendredi prochain, elle sera ensuite largement débattue au Parlement. Donc, on en voit le bout, en quelque sorte, d'ailleurs. L'UNSA RATP a annoncé la suspension de la grève des lundis.

12:06
François-Xavier Bellamy

On en voit le bout, et heureusement, un peu à l'usure, d'ailleurs, comme le montrait le reportage qu'on vient d'entendre. Mais il y a aussi une dernière question, c'est-à-dire, quel est l'aboutissement de toute cette agitation, de toute cette tension ? Quel est le résultat ? Le résultat, c'est est-ce que cette réforme va permettre de pérenniser le système de retraite ? Est-ce que cette réforme va permettre de faire faire à l'État les économies nécessaires pour pouvoir se réinvestir ? Pour vous, non. La sécurité, tout à l'heure, dans le régalien. Ça n'est pas la der-der-der, en quelque sorte. Ça n'est pas pour moi, c'est objectif.

12:34
Invité

Non, mais votre sentiment, votre point de vue.

12:35
François-Xavier Bellamy

Le gouvernement lui-même le dit, cette réforme va coûter de l'argent, et non pas en épargner. Alors, je crois que nous sommes, aujourd'hui, devant un vrai défi collectif, qui est d'assurer la pérennité de notre système de retraite, c'est-à-dire aussi la confiance que les Français peuvent avoir dans leur système de retraite. Nous sommes devant une réforme aberrante, qui a créé une crispation comme jamais, qui a entraîné l'une des grèves les plus longues de notre histoire, qui a paralysé notre économie pendant des semaines, et qui, systématiquement, simultanément, va coûter plus d'argent qu'auparavant.

13:02
Présentateur

Il y a le risque d'une victoire à la pyrus, aussi ?

13:04
François-Xavier Bellamy

Tout ça pour ça. En tous les cas, c'est une victoire à la pyrus, peut-être, pour la France, parce que le gouvernement gagne, peut-être, sur la forme, en pouvant faire passer une retraite, mais c'est la France qui y perd.

13:14
Présentateur

Allez, je propose qu'on passe à un autre sujet. Le projet de loi sur la bioéthique, qui sera examiné après-demain au Sénat, en attendant les opposants à l'ouverture de cette PMA pour toutes, les femmes se donnent rendez-vous aujourd'hui à Paris, à partir de 13h. Est-ce que vous serez dans cette manifestation, François-Xavier Bellamy ?

13:31
François-Xavier Bellamy

Oui, j'y serai, de nouveau, parce que je crois qu'il est nécessaire de prendre part à ce débat. C'est un débat fondamental, et effectivement, nous sommes dans un moment clé, puisque le Sénat va commencer l'examen de ce texte de loi. Je me permets de dire, parce que c'est un sujet important, que ce n'est pas seulement la question de la PMA qui est en jeu, c'est une question fondamentale, c'est une grande transformation de notre rapport à la médecine.

La question qui nous est posée, c'est la question de savoir si nous voulons que la médecine ne serve plus seulement à réparer nos corps, à les soigner quand nous sommes malades, mais d'une certaine manière à les augmenter, et à combler nos désirs lorsque la condition humaine ne peut pas nous offrir ce que nous espérons.

14:08
Invité

Ce que vous aviez dit d'ailleurs, quand vous aviez employé ce terme, assez frappant, il y a quelques mois, de malédiction, la PMA est notre malédiction, c'est ce que vous voulez dire ?

14:18
François-Xavier Bellamy

Je n'avais pas, pour être plus précis, je n'avais pas dit que la PMA serait notre malédiction, mais que nous entrions dans une logique nouvelle, qui effectivement, et je maintiens ce terme, sera notre malédiction. Pourquoi ? Parce que c'est au fond du malheur que nous nous préparons pour l'avenir. Et pourquoi ? Au fond, nous le voyons très bien, nous sommes dans une situation, dans un moment de bifurcation. Et on le voit avec la question écologique, avec la crise écologique, qui est aussi, d'une certaine manière, une forme de malédiction.

C'est-à-dire que nous avons fait notre malheur, parce que nous avons tenté de mettre en œuvre une technique que nous avons crue toute puissante, pour satisfaire tous nos désirs. Et c'était la promesse d'un bonheur que nous espérions. Et finalement, nous nous rendons compte que nous avons déséquilibré des équilibres écologiques qui sont d'une très grande complexité, et que nous n'arrivons pas à réparer aujourd'hui. Eh bien, il en va un peu de même dans le rapport à l'humain.

Et je crois qu'au moment où nous avons redécouvert qu'il était nécessaire de nous fixer des limites dans notre rapport à la nature, de respecter les limites qu'elles nous fixent, je crois que nous ferions une grande erreur si nous voulions continuer de mener ce combat contre les grands équilibres qui nous précèdent sur le terrain de nos propres corps.

15:24
Invité

Ces limites, vous les voyez absolument partout, vous étiez contre le droit à l'avortement, contre le mariage pour tous. On ne va peut-être pas élargir à l'infini. Mais justement, est-ce que vous n'avez pas élargi à l'infini les positions très conservatrices en matière culturelle, en matière familiale de LR, ce qui explique d'ailleurs votre score aux européennes ?

15:48
François-Xavier Bellamy

Alors, il y a beaucoup de questions dans votre question. Je me suis opposé au mariage pour tous précisément parce que je croyais que c'était le début d'une logique qui nous conduirait à l'élargissement de la PMA. Souvenez-vous, à l'époque, tout le monde nous disait non, non, ne vous inquiétez pas, la PMA pour toutes les femmes n'est pas à l'ordre du jour. Et qui conduira demain à l'ouverture à la GPA. Et je crois qu'au lieu de l'hypocrisie actuelle qui consiste à dire non, non, la PMA, oui, mais la GPA, non, on ferait mieux de regarder la globalité de la logique devant laquelle nous sommes placés.

La question qui est posée, et c'est un vrai débat fondamental et qui mérite d'être ouverte, voulons-nous, encore une fois, que la technique vienne satisfaire tous nos désirs, qui sont légitimes et respectables, je ne le conteste pas, ou bien voulons-nous reconnaître que la condition humaine nous précède avec des limites qui méritent d'être respectées. En fait, les enfants nés par PMA, ils existent déjà. Vous me renvoyez le mot de conservatisme. J'observe que c'est une préoccupation qui est partagée sur tout le champ politique et notamment par beaucoup de gens qui, écologistes, sont animés par la même inquiétude.

Cette semaine, un texte a été publié par José Bové, par Michel Rivasi, qui sont des écologistes convaincus, engagés et qui disent nous ne pouvons pas à la fois considérer qu'il est nécessaire de restreindre le champ d'application du génie génétique, de la technique, des modifications génétiques, de la technique médicale sur le vivant et simultanément le libérer quand il s'agit de la condition humaine.

17:04
Invité

Tout le monde dans la rue contre, effectivement, la PMA, qu'il y en a eu, par exemple, contre le mariage pour tous. Pourquoi vous n'arrivez pas à mobiliser ?

17:12
François-Xavier Bellamy

Pour deux raisons. D'abord, parce que c'est un débat qui est technique et c'est vrai que beaucoup de Français regardent la question de loin parce qu'elle leur paraît lointaine et pourtant elle nous concerne tous. Puis la deuxième raison, c'est que, je reviens à la question que vous venez de me poser, nous sommes devant une forme de culpabilisation systématique de tous ceux qui osent dire leur opposition à une telle réforme. Et nous sommes systématiquement rangés du côté du passé, du côté des ringards. Moi, je veux vous dire que j'assume ma position.

17:34
Invité

Ce n'était pas le sens de ma question. Conservatis, ça ne veut pas dire ringard.

17:37
François-Xavier Bellamy

Mais ça veut dire, effectivement, conserver en l'état. Je crois qu'on devrait pouvoir assumer la nécessité, effectivement, de préserver et de transmettre de grands équilibres qui nous précèdent. Je pense que c'est même notre avenir qui l'impose. Et je crois que ceux qui défileront aujourd'hui défilent pour pouvoir parler de notre avenir et pour pouvoir préserver cet avenir commun de notre humanité que nous avons besoin de défendre ensemble.

17:58
Présentateur

8h50 sur France Info. On fait un nouveau point complet sur l'actualité de ce dimanche avec Édouard Margui. Ensuite, on parlera des élections municipales.

18:06
Invité

Le journaliste militant Tabouhaf se porte plainte pour faux et usage de faux par des personnes dépositaires de l'autorité publique. Après sa garde à vue, suite à la soirée mouvementée d'Emmanuel Macron dans un théâtre parisien, le militant est placé sous le statut de témoin assisté. Il avait signalé la présence du président dans la salle. L'UNSA suspend sa grève contre la réforme des retraites à partir de demain. Ça commence à être dur financièrement, reconnaît sur France Info un conducteur de la RATP, membre de l'UNSA, son syndicat qui annonce une nouvelle journée d'action pour vendredi. Des centaines de blessés dans des manifestations de colère à Beyrouth, au Liban.

Près de 400 personnes selon un nouveau bilan des secouristes. Après des affrontements avec les forces de l'ordre, la colère populaire ne cesse de prendre de l'ampleur en raison notamment de la crise politique. L'avenir de la Libye va peut-être se jouer à Berlin. Aujourd'hui, les dirigeants impliqués dans le conflit se retrouvent pour tenter de relancer le processus de paix. C'est une étape importante pour consolider le cessez-le-feu, vient de déclarer le président turc Erdogan. Toutes les équipes de Ligue 1 se qualifient pour les huitièmes de finale de la Coupe de France de football.

Sauf une, le FC Nantes qui a affronté une autre équipe de l'élite, Lyon, qui a fini par s'imposer 4-3 après avoir mené 4 buts à 1.

19:15
Présentateur

François-Xavier Bellamy, président de la délégation LR au Parlement européen, notre invité ce matin, bientôt les municipales dans moins de deux mois. Quelle est votre ambition pour ce scrutin ?

19:30
François-Xavier Bellamy

Il me semble que cette élection doit être l'occasion de commencer à reconstruire une famille politique. Vous avez évoqué le score de l'élection européenne qui était effectivement très décevant, très rude. Je crois que ce score est d'abord lié à la crise de la vie démocratique, ou en tous les cas des appareils politiques traditionnels. Et pourtant, ils sont nécessaires. On parlait tout à l'heure de la manière dont le clivage politique s'organise. J'espère que cette élection sera l'occasion de commencer à reconstruire justement une alternative.

20:00
Invité

À Paris, Rachida Dati pourrait créer la surprise. Ce matin, un sondage IFOP pour le JDD la met en deuxième position. Elle est maintenant bien accrochée derrière Anne Hidalgo, et largement devant les deux candidats de La République En Marche. C'est une agréable surprise. Et elle pourrait effectivement concrétiser cette surprise au soir du premier tour ?

20:21
François-Xavier Bellamy

Je le crois. En tous les cas, je crois que c'est le moment de vérité aussi pour notre classe politique. D'une certaine manière, on voit très bien que dans la création d'En Marche, il y a eu quelque chose qui était peut-être très éphémère, en tous les cas qui n'avait pas beaucoup de racines sur le terrain. Et aujourd'hui, c'est dans la rencontre avec la démocratie locale, peut-être à des familles politiques qui sont plus enracinées, qui ont plus d'expérience de l'action locale, vers eux que les Français pourront se tourner peut-être. En tous les cas, c'est un moment important pour notre vie démocratique, je le crois.

20:57
Présentateur

Quel est le plus grand danger lors de ces municipales pour les Républicains ? Est-ce que c'est justement l'union des droites, ou c'est les autres élus qui sont plutôt attirés justement par la majorité de La République En Marche ?

21:07
François-Xavier Bellamy

Le danger pour les Républicains, ce serait d'être illisible et de ne pas avoir une parole claire. Aujourd'hui, le vrai défi pour nous n'est pas d'abord de se...

21:18
Présentateur

Vous trouvez que la parole est claire là, du coup, parce qu'il y a des camps très différents, il y a des choix très différents qui sont faits localement par des responsables, les Républicains ?

21:24
François-Xavier Bellamy

Non, il y a une commission d'investiture qui a travaillé de manière très efficace sous la conduite d'Éric Ciotti pour que dans chacun des territoires, dans chacune des villes, nous ayons les meilleurs candidats possibles. Il me semble que le plus important, encore une fois, c'est d'abord, et ça va prendre du temps, parce que c'est un travail de longue haleine que notre famille politique retrouve, encore une fois, une parole claire et convaincante et qu'elle puisse...

21:44
Invité

Mais ça ne vous gêne pas, quand même, quand vous parliez de la CNI, vous parliez d'Éric Ciotti, que la Commission nationale d'investiture de LR apporte son soutien à Carl Olive, à Poissy, qui a quitté LR, qui est résolument, on va dire, maintenant, derrière le Président de la République. C'est le cas aussi pour Jean-Jacques Guillet à Saint-Cloud. On pourrait multiplier les exemples de ces élus qui ont quitté LR, clairement, en direction de la République en marche, et vous leur apportez votre soutien. Est-ce qu'il n'y a pas un risque de confusion ?

22:15
François-Xavier Bellamy

Je ne connais pas toutes les situations individuelles.

22:17
Invité

Non, mais je vous en ai cité quelques-unes, et vous le voyez bien, ça a suscité, effectivement, un débat au sein même de votre parti, entre, effectivement, Guillaume Larivé et d'autres, qui ont dit, attention, attention, là, on ouvre trop la porte à ceux qui soutiennent Emmanuel Macron.

22:32
François-Xavier Bellamy

On est dans un moment d'une très grande complexité, parce que le paysage politique est extrêmement fragmenté, mais je fais une différence très claire pour ma part, et notamment, par exemple, en m'appuyant sur l'expérience de l'élection européenne, entre des candidats qui, effectivement, ne sont peut-être plus, aujourd'hui, adhérents chez les Républicains, mais qui ont soutenu les Républicains. Par exemple, au moment de l'élection européenne, je pense à Jean-Luc Moudinck à Toulouse, par exemple, Jean-Luc Moudinck nous avait apporté clairement son soutien.

A l'époque, il était soumis à une pression très forte de la République En Marche, qui expliquait que s'il soutenait notre liste, il aurait un candidat face à lui. Il avait fait ce choix courageux. Aujourd'hui, il a le soutien des Républicains. Je crois que c'est normal.

23:11
Invité

Mais il est toujours Républicain. Et il est toujours Républicain.

23:14
François-Xavier Bellamy

Même si, effectivement, il présente une liste qui est une liste ouverte, et je crois que ce n'est pas non plus une difficulté que, localement, les candidats construisent.

23:23
Invité

Vous allez vous investir dans ces municipales, et je souviens, effectivement, François-Xavier Benhamy, que vous étiez même excusé pour le score de LR aux Européennes. Est-ce que, maintenant, vous souhaitez vous réinvestir dans le champ national ? Est-ce que, encore une fois, vous allez participer à ces municipales, participer à des meetings de candidats LR, ou pas du tout ?

23:46
François-Xavier Bellamy

Moi, je ne me suis pas excusé. J'ai, effectivement, pris ma responsabilité. J'ai demandé pardon pour ce score à tous les militants qui nous avaient suivis, parce que, je crois que, quand on est tête de liste, on assume une responsabilité. Mais je ne me suis pas du tout désinvesti. J'assume pleinement ma responsabilité de président de la délégation LR au Parlement européen. Peut-être, d'ailleurs, on aurait pu parler des sujets européens qui sont fondamentaux, en effet. Et aujourd'hui, on travaille pour représenter notre famille politique dans cette institution fondamentale.

J'assume aussi ma place dans les instances du mouvement, puisque cette fonction me donne l'occasion de participer à la vie de notre famille politique.

24:25
Présentateur

Justement, votre avis sur la présidentielle de 2022 ? Il y a Ségolène Royal et Marine Le Pen qui ont déjà fait acte plus ou moins de candidatures cette semaine. À droite, il faut que ce soit qui ?

24:34
François-Xavier Bellamy

On n'en est pas du tout au moment des personnes. Je crois que le plus important, c'est le projet. Le plus important, c'est la ligne politique qui sera défendue. Et c'est là-dessus qu'il faut travailler. Christian Jacob a lancé des ateliers pour faire réfléchir notre mouvement, pour le remettre au contact de la société civile. Je crois que c'est une très bonne initiative. Et d'ailleurs, je vais y contribuer précisément. La semaine prochaine, nous avons le premier de ces ateliers sur la place de la France dans le monde.

24:57
Invité

Mais il faudrait quand même que si François Baroin est intéressé, on va dire, pour reprendre ce terme, il faudrait quand même qu'il se déclare en 2020.

25:04
François-Xavier Bellamy

Chacun doit prendre ses responsabilités. Mais encore une fois, je crois que notre vie politique, elle souffre aussi d'un excès de personnalisation. Le plus important, ce ne sont pas d'abord les personnes, les candidats. Le plus important, ce sont les idées, les visions, les projets. Et je crois que c'est sur ce terrain-là que nous sommes attendus aujourd'hui.

25:17
Présentateur

Et on a bien compris. Merci à vous, François-Xavier Bellamy, député européen, président de la délégation LR au Parlement européen, invité du 8h30 France Info. Je vous souhaite un très bon dimanche sur France Info.

25:28
Invité

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