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interviewPS - Parti socialiste· 16 janvier 2023 26 min

Vœux du Premier secrétaire à la presse

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Olivier Faure

Bon, chers amis, d'abord tous mes voeux pour cette nouvelle année, pour vous-même, pour vos familles, pour vos proches et puis aussi pour votre profession. La liberté de la presse est un de nos biens communs et nous devons la défendre, évidemment, avec la plus belle des énergies. Vous le savez, vous êtes concerné au premier chef, mais en 2022, un nouveau record a été battu. 533 journalistes qui sont en détention, 57 qui ont payé de leur vie le droit d'informer, 65 qui sont otages et 49 qui sont portés disparus.

La guerre en Ukraine a été aussi apporté son lot supplémentaire de drames et je pense évidemment à votre collègue Frédéric Leclerc-Rimoff, tué par un éclat d'obus ou à un moment où il couvrait une opération d'évacuation des civils. Je pense aussi à ce qui se passe au Mali et à votre collègue Olivier Dubois, qui est toujours en détention et auquel nous pensons, pris dans les geôles des islamistes radicaux qui continuent de faire de lui leur proie et leur otage. Ces réalités que vous couvrez, que la presse couvrent, donnent évidemment une tonalité particulièrement sombre. Nous sommes à un moment charnière dans l'histoire du monde où finalement on ne sait pas de quel côté tombera la pièce.

Il y a des peuples qui se lèvent partout à travers le monde et il y a face à eux des autocrates qui les répriment dans le sang. Notre devoir et notre avenir se jouent donc aux côtés de ces peuples en lutte. Je réaffirme au nom des socialistes notre soutien plein et entier aux Ukrainiens qui se battent pour recouvrir leur liberté, mais qui se battent au-delà de tout cela pour défendre les valeurs qui sont celles que l'Europe entière défend, celles de la démocratie. Je renouvelle aussi pratiquement un an jour pour jour après la reconnaissance du génocide ouïgour à notre initiative.

Je renouvelle aussi notre soutien plein et entier à ces hommes, ces femmes qui souffrent d'une répression atroce dans des conditions qui sont celles d'un génocide et qui se battent courageusement. Je veux saluer aussi le combat des iraniennes et des iraniens et les pendaisons auxquelles nous assistons jour après jour de ces femmes, de ces hommes qui ont simplement demandé à vivre libres doivent nous interpeller toutes et tous. Je souhaite à cet égard que la France prenne des positions qui soient des positions courageuses, que nous ayons à affirmer dans les prochains jours la parole de la France qui doit être entendue.

Il n'est pas imaginable de laisser ce crime se dérouler dans l'indifférence la plus absolue. Il n'est pas normal que ce soit uniquement les journalistes qui relaient ces messages de douleur de ces familles qui voient leurs filles, leurs fils exécutés pour la seule et bonne raison qu'ils aient voulu enfin pouvoir disposer librement de leur vie et de leur corps. Je pense aussi à nos frères arméniens de la République d'Artsac qui vivent un blocus effroyable en plein hiver et qui font face à la volonté de puissance d'un dictateur allié avec Erdogan et qui rêvent de rétablir l'Empire ottoman.

Je pense enfin, même s'il n'y a pas à cette heure d'invasion, à nos amis taïwanais auxquels je réitère notre soutien. Je connais la doctrine française depuis longtemps, celle d'une seule Chine, mais je sais aussi qu'il existe deux États, deux gouvernances, dont l'une est démocratique. Et nous devons, évidemment, appartenir notre soutien le plus clair à nos amis taïwanais. Nous sommes donc alors des grands dérèglements. Ces grands dérèglements, vous les connaissez, je viens d'en parler, ils sont géopolitiques. Ils sont, par voie de conséquence, aussi énergétiques. Ils sont climatiques, sanitaires, sociaux, économiques et même démocratiques.

Quand je dis démocratiques, je pense évidemment à la montée en puissance de l'extrême droite à travers le monde. Extrême droite qui conquiert parfois le pouvoir par les urnes, mais qui n'entend pas le rendre de la même façon. C'était le Capitole, c'est maintenant le Brésil. Et l'on voit bien que partout à travers le monde, le repli sur soi est une tendance qui doit nous inquiéter. D'Israël à l'Italie, de l'Italie à la Pologne, de la Pologne à la Hongrie. Eh bien, partout, nous voyons ce qui est à l'œuvre. Et notre devoir de socialiste, c'est évidemment de conjurer ce qui peut-être nous pend au nez et le faire avec la plus entière détermination.

Au fond, je n'ai jamais eu autant le sentiment qu'aujourd'hui que ce que nous défendons, le socialisme écologique était la réponse, était la solution aux grands maux dont nous souffrons. Et jamais été aussi convaincu que la crise que nous vivons, les crises que nous vivons, sont la conséquence d'un libéralisme débridé. Ce sont aujourd'hui les prédateurs de l'homme et de la nature qui nous imposent l'ultralibéralisme. Et nous devons, à notre tour, leur imposer une autre vision du monde.

C'est la raison pour laquelle je souhaite que le Congrès des socialistes devienne un signe d'espoir pour ces millions de Françaises et de Français qui souffrent ou qui craignent d'avoir à souffrir les prochaines années. Nous avons eu un débat long de plusieurs mois. Le débat stratégique a été tranché. Seuls 20% des militants ont souhaité sortir du rassemblement incarné par la nouvelle Union populaire, écologique et sociale. Et c'est désormais dans le cadre de ce rassemblement de la gauche et des écologistes que le PS doit s'affirmer. Alors, la grande question, c'est comment le PS et la gauche peuvent-ils désormais retrouver la confiance des Français ?

Nous avons conclu une alliance qui n'a pas été décisive, que nous n'avons pas gagnée. Et cette absence de victoire, cet échec, nous oblige. Alors, comment est-ce que nous pouvons retrouver cette confiance ? Eh bien, notre conviction ici, et je parle au nom de la direction, de celles et ceux qui, aujourd'hui, dirigent le Parti socialiste, eh bien, c'est d'être d'abord utile aux Françaises et aux Français, en les défendant à un moment où les réformes se cumulent et font système. L'assurance chômage, elle a été l'objet, finalement, d'assez peu de papiers, parce que la bataille culturelle, depuis longtemps, menée contre le pseudo-assistanat, a porté en partie ses fruits.

Mais, vous le savez, les chiffres sont désormais connus, avec les deux premières réformes de l'assurance chômage, et avant même la troisième, qui va limiter la durée d'indemnisation, c'est moins 16% d'indemnité, en moyenne, pour les chômeurs, et jusqu'à moins 50%. Cette dégradation des droits des salariés, c'est aussi ce compte personnel de formation, qui, désormais, impose un reste à charge à un moment où, au contraire, il aurait fallu encourager la formation. On sait bien que le retour à l'emploi dépend essentiellement de trois facteurs. L'attractivité des métiers, la mobilité et la formation.

Et c'est ce moment-là que le gouvernement a choisi pour faire exactement l'inverse et restreindre les droits à la formation. Et puis, bien sûr, je vais parler de la réforme des retraites. Cette réforme des retraites, chacun l'a bien compris, elle n'est pas faite pour toucher à celles et ceux qui ont eu des diplômes, qui ont fait des études supérieures, donc celles et ceux qui ont été à Bac plus 5, ceux qui sortent des grandes écoles, que ceux-là se rassurent. Il ne leur sera rien demandé. Mais alors, l'équation, elle est simple.

Si on ne demande rien à ceux qui ont eu les carrières les plus florissantes, qui ont gagné le plus d'argent, qui ont eu les métiers les moins pénibles et qu'on veut faire 17 milliards d'économies, sur qui les réalise-t-on ? On les réalise sur tous les autres, précisément sur celles et ceux qui ont commencé à travailler tôt, ceux qui ont eu les carrières les plus pénibles, ceux qui ont l'espérance de vie la plus courte. Qui peut comprendre que les seuls qui soient amenés à dépasser les 43 annuités soient précisément les gens qui ont commencé à travailler tôt et aux carrières les plus pénibles ? Qui peut le comprendre ? Ils sont dans les usines.

Ils sont caristes, aides-soignantes, aides-à-domicile, éboueurs. Ils sont, en bref, ces Français de la seconde ligne, ces premiers de corvée qui ont été tellement loués, y compris par le chef de l'Etat. Eh bien, je le dis ce matin, je veux que le Parti socialiste redevienne le Parti du travail, du premier salaire à la retraite, le Parti des couches populaires et des classes moyennes, des quartiers et des territoires périphériques, de cette diagonale que l'on dit du vide, mais qui est en réalité pleine de la souffrance de ceux qui ont été progressivement abandonnés à leur sort. Les droites parlent de la valeur travail, mais nous, nous parlons de donner une valeur au travail.

D'abord, les salaires, faire en sorte que le travail paye, qu'il permette une vie digne, qu'il permette de lutter contre cette inflation galopante, des conditions de travail qui permettent à la France de ne plus être tristement recordman d'Europe des accidents du travail mortels. Vous le savez, si la tendance se poursuit, d'ici la fin de cette décennie, ce sont 8 000 femmes et hommes qui mourront au travail encore. Protéger le travail, lui rendre sa valeur, c'est aussi prôner l'égalité salariale, faire en sorte que les femmes et les hommes à travail égal aient un salaire égal. Et vous auriez là une partie de la réponse, notamment sur les retraites.

L'une des raisons pour lesquelles le régime est déficitaire, c'est que les femmes gagnent trop peu et cotisent donc trop peu. Défendre le travail, c'est aussi refuser l'ubérisation, refuser ce retour au tâche-fronage, refuser ce retour un siècle en arrière, avant tous les droits que nous avons conquis à l'assurance maladie, aux retraites, à l'assurance chômage, aux accidents du travail. Et je dois le dire, il y a aujourd'hui un homme en Europe qui se bat, il s'appelle Nicolas Schmitt, il est commissaire socialiste européen, au travail. Il propose ce que l'on appelle la présomption de salariats pour toutes celles et ceux qui sont aujourd'hui les otages de plateformes.

Eh bien, la directive qu'il cherche à introduire dans le droit européen est aujourd'hui battue en brèche par notamment un pays, et ce pays, c'est le nôtre, et ce gouvernement, c'est celui d'Emmanuel Macron. Défendre le travail, c'est aussi défendre l'assurance chômage, j'en ai déjà parlé, je n'y reviens pas.

Défendre le travail, c'est aussi défendre ce que nous appelons la co-détermination à la française, faire en sorte que dans les entreprises, il n'y ait pas que le capital qui parle pour tous, mais qu'il y ait à parité dans les conseils d'administration représentantes et représentants du travail et du capital, faire en sorte que, dans l'équilibre naturel qui doit exister dans une entreprise, nous puissions retrouver la voie des salariés, parce que la stratégie des entreprises en changerait durablement, parce que la variable d'ajustement, ce ne serait pas simplement le salarié, mais ce serait aussi l'actionnaire, ce serait aussi la façon dont on conçoit l'activité.

Défendre le travail, c'est aussi défendre une fiscalité juste, défendre une fiscalité où celles et ceux qui vivent de leurs dividendes ne sont pas moins imposés que ceux qui vivent de leur travail, ce qui est désormais le cas avec la flat tax. Et évidemment, protéger le travail, c'est aussi défendre le droit européen pour celles et ceux qui ont contribué à créer la richesse dans notre pays. La retraite, c'est la possibilité pour des millions de Français de profiter enfin de la vie. La vie enfin, disait François Mitterrand. Alors, bien sûr, je ne le sais bien pas pour tous, il y a des gens qui sont heureux au travail et qui veulent continuer longtemps.

Il y a des journalistes qui, je ne veux viser personne, mais qui étaient déjà là pour le débat entre Giscard et Mitterrand et qui sont toujours éditorialistes à la télévision et qui n'ont pas forcément envie de s'arrêter. On peut les comprendre. Il y a des femmes et des hommes politiques qui aussi, après avoir exercé de grandes fonctions, ne sont toujours pas prêts à prendre leur retraite. On peut le comprendre, ça n'était peut-être pas si pénible. Mais il y a aussi des millions de femmes et d'hommes pour qui, eh bien, le travail a été des années à subir, à se lever le matin aux aurores, à attraper un train, à prendre une voiture pour aller bosser.

Une vie où le week-end a servi essentiellement à reconstituer sa force de travail pour recommencer la semaine. Et pour tout cela, je le dis avec gravité, chaque année supplémentaire est une année de trop. Et pour toutes celles et ceux qui arriveront à l'âge de la retraite en étant passés par le chômage diminué, le RSA, ce ne sera pas autre chose qu'une année d'humiliation de plus. La retraite, c'est le moment des projets pour soi, des projets pour les autres, sa famille, bien sûr, mais aussi pour la vie citoyenne. Combien coûterait le remplacement de ces dizaines de milliers de bénévoles qui font tourner nos associations, s'engagent dans nos collectivités locales ?

Ce n'est pas la peine de se plaindre en permanence année après année du retrait civique si c'est pour ne jamais entendre le message que nous adressent les Françaises et les Français sur les ronds-points ou ailleurs. Nous sommes dans cette bataille qui commence face à deux visions du monde qui s'opposent. Pour Emmanuel Macron, pour son gouvernement, pour Éric Ciotti qui partage avec lui le vœu de cette réforme, les salariés sont la variable d'ajustement du système. Pour nous, le système, il doit d'abord chercher à s'ajuster aux besoins de la protection des Françaises et des Français.

80 milliards d'évasion fiscale tous les ans, 140 milliards pour le quoi qu'il en coûte, 160 milliards d'aide aux entreprises chaque année, 174 milliards d'euros de profits sans aucune idée lumineuse ou gain de productivité pour le CAC 40 dans l'année écoulée, juste liés à des crises dont ils ont bénéficié. Un gouvernement qui ne touche ni à la flat tax, ne remet pas l'ISF, ne revient pas sur les allégements de cotisations, supprime de nouveaux impôts comme la CVAE pour 8 milliards, ne taxe pas les super profits alors que notre proposition aurait permis, permettra peut-être, si le 9 février, une majorité se dégage, de rapporter à minima 20 milliards d'euros.

Et là, pour 12 milliards d'euros par an, pendant quelques années, on va faire travailler deux années de plus les Françaises et les Français. Ces réponses, les réponses, elles existent. L'argent, il existe. Il n'est pas magique, mais il existe. et la seule chose qui manque aujourd'hui, c'est la volonté de justice. Le rapport d'Oxfam, qui date de ce matin, il est édifiant. Il montre que les deux dernières années ont vu une accélération des inégalités. Depuis 2020, tenez-vous bien, les 1 % les plus riches ont capté près des 2 tiers des richesses créées, contre 1 tiers pour les 99 restants.

C'est plus que sur la dernière période, la dernière décennie, où les 1 % les plus riches n'avaient alors, pardon du peu, capté que 54 % de la richesse produite. La France n'est pas épargnée par la dynamique. Les 10 premiers milliardaires français ont engrangé 189 milliards d'euros depuis 2 ans. L'équivalent de 2 ans de factures de gaz, d'électricité et d'essence pour l'ensemble des ménages français, alors même que les Français font face à une crise de la vie chère. 4 Français sur 10 nous disent déjà devoir se restreindre sur leur alimentation à cause et près. Tout en haut de l'échelle, Bernard Arnault est désormais l'homme le plus riche au monde.

Il possède plus que près de 20 millions de Françaises et de Français. Et le gouvernement continue de faire payer la facture de la crise au plus modeste, alors que, les chiffres sont d'Oxfam, pour avoir un ordre d'idée, une taxe de 2% sur la fortune des milliardaires français, une taxe de 2% sur la fortune des milliardaires français, soit 42 personnes qui ne sont pas à priori dans le besoin, suffiraient à financer les 12 milliards d'euros annuels du déficit envisagé pour les retraites à échéance à la fin de cette décennie. Voilà. Il y a des choix à faire, il y a des choix à opérer.

Il n'est pas vrai que nous sommes devant une forme de fatalité, comme nous l'explique le gouvernement à longueur de tribunes. Il y a des moments où dans la vie, être un homme ou une femme d'État, c'est faire les choix qui sont les choix qui permettent au plus grand nombre de vivre mieux. Où est le courage quand il s'agit en fait de faire payer ceux qui n'ont personne pour les défendre dans les conseils d'administration, qui ne sont pas là avec des lobbyistes, qui ne sont pas là à faire le siège de l'Élysée ? Il est où le courage quand on n'arrive même pas à s'affronter à 42 milliardaires ? Où il est le courage quand on fait toujours payer les mêmes ?

Le courage, c'est celui de ces femmes et ces hommes qui vont perdre une journée de salaire jeudi prochain, qui seront dans la rue, qui vont défendre leurs droits et nous serons à leur côté. J'ajoute que nous sommes là dans une forme de déni démocratique. D'abord, la procédure envisagée. Jamais, entendez-moi, jamais aucun gouvernement réformant les retraites n'était passé par un PLFSS. Jamais. Les raisons, elles sont connues. La Constitution les autorise en 50 jours à bâcler un débat et si le débat n'est pas achevé, à passer par ordonnance. Qui peut accepter que sur un débat qui va être en réalité une rupture du contrat social passée avec les Français ?

Qui peut admettre que cette procédure soit envisagée ? Qui peut admettre qu'au bout de 20 jours, entre le dépôt du texte à l'Assemblée ? Je parle bien du dépôt et non pas du débat. Entre le dépôt du texte à l'Assemblée et sa conclusion, au bout de 20 jours, on puisse passer directement au Sénat sans même passer par un vote. Quel que soit le nombre d'articles qui auraient été examinés, qui peut l'admettre ? Qui peut admettre que tout se passe ensuite dans une commission mixte paritaire, loin des regards ? Personne ne devrait l'admettre. Pas plus que ne devrait admettre ce discours qui est de dire qu'Emmanuel Macron se serait fait élire sur la réforme des retêtes à 65 ans. C'est faux.

Il a fait 28 % au premier tour. Il en a fait 58 secondes. Faites vos calculs. Nous étions plus nombreux au second tour à venir faire barrage à Marine Le Pen que deux gens n'étaient venus au premier tour pour adhérer à son projet. C'est une évidence. Lui-même l'avait reconnu quand il cherchait nos voix en expliquant que, bien sûr, il comprenait que le vote pour lui au deuxième tour ne valait pas adhésion à son projet. Comme les Français sont prudents, ils sont venus lui rappeler. Ensuite, au moment des élections législatives, ils ne lui ont pas accordé de majorité absolue. Et maintenant, il faudrait nous faire croire que tout cela, en fait, découle d'un vœu démocratique. Il veut aller vite.

Pourquoi ? Parce qu'il sait que l'opinion lui est largement hostile. Ce projet est minoritaire. Ce projet, eh bien, il devrait, en réalité, faire l'objet d'un référendum. Et nous appelons à notre tour à ce que se tienne un grand débat conclu par un référendum qui permette aux Françaises et aux Français de se prononcer sur cette réforme, leur permettre de dire ce qu'ils veulent. Et nous aurons, dans les prochaines semaines, à leur expliquer, jour après jour, quelles sont les autres solutions possibles. Et ils devront arbitrer entre ces choix. Fabien Roussel a proposé que nous déposions ensemble une motion référendaire.

Nous nous joignons à cette initiative et nous verrons à ce moment-là quels sont ceux qui ont peur du peuple français et celles et ceux et celles et ceux qui sont prêts à se plier à son verdict. Dès demain, je serai en meeting avec l'ensemble des forces de gauche et partout en France, partout en France, l'ensemble de nos députés, de nos élus, seront à leur tour en meeting et se déploieront partout pour expliquer cette réforme. Nous mettrons en place ce que Jérôme Guedj, qui est devant moi, appelle des ateliers de lecture pour expliquer mot à mot, article par article, ce qu'est cette réforme, qui en sont les bénéficiaires et qui en sont les victimes.

Nous passerons les prochaines semaines dans la rue, dans les salles de meeting, dans les salles de réunion, dans les cafés, partout où nous pouvons nous expliquer. Nous ne lâcherons rien. Nous serons aux avant-postes, en première ligne, au premier rang, et c'est ce que je demande à tous les socialistes. Ce débat-là, il est fondamental et nous ne nous laisserons pas intimider par la brutalité avec laquelle le gouvernement envisage ce débat. Je sais bien que c'est là-dessus qu'il compte pour démobiliser, appeler à la résignation. Eh bien, nous appelons à la résistance. L'unité du pays à laquelle le président nous a appelés dans ses voeux du 1er janvier, elle va se faire.

Oui, elle va se faire, cette unité. Elle va se faire, mais contre le projet porté par le président de la République. Parce qu'on ne peut pas souhaiter une bonne année aux Françaises et aux Français en les privant dans la même seconde de deux années à la retraite en bonne santé. Voilà l'essentiel de ce que je voulais vous dire en introduction ce matin avant de répondre à vos questions avec l'ensemble de mes camarades. Mais vous l'aurez compris, je sais pour qui et pourquoi nous nous battons. C'est un parti socialiste à l'offensive qui est devant vous avec cette nouvelle génération qui a conquis ses premiers galons sur les territoires ou à l'Assemblée au mois de juin dernier.

Et c'est par notre détermination que nous voulons contribuer à faire de 2023 une belle et heureuse année pour les Françaises et les Français. Bonne année à toutes et à tous. Merci. Pas obligé. Si vous considérez que tout a été dit, on s'en va. Une question qui vient de m'être glissée par un Jérôme Guège. Ce matin, l'ancien président de la République française