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interviewFrançois Ruffin (sur YouTube)· 5 mars 2024 30 minAutoproduit

« C'est meilleur quand c'est bon ! » (avec Emmanuelle Jary)

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

On est avec Emmanuel Jarry dans ma cuisine et c'est un grand moment de stress pour moi. Emmanuel Jarry c'est c'est meilleur quand c'est bon et ici tu peux interroger mes enfants mais c'est rarement bon.

0:09
Présentateur

Déjà j'ai un super thé, je n'y attendais pas, je pensais avoir un sachet pas terrible mais en fait t'as des super thé.

0:14
Invité

Ah ouais c'est l'un des rares trucs où on peut choisir. Sinon si tu ouvres mon frigo, tu verras il y a assez peu le choix. Tu veux faire le test ? Allez je vais le voir. Ça va être la 14.

0:24
Présentateur

Moi je suis très tolérante. Ah oui ! En fait il est vide.

0:30
Invité

C'est le vendredi matin avant d'aller faire les courses, j'ai chargé un bloc quand tu dois récupérer les gamins avec un sac de chaque côté des zélo. Ah si tu ne l'as pas fait exprès ? Ah bon j'ai pas fait exprès. Mais pourquoi tu sais vite quand tu es en place, tu ne manges pas ? Parce que je suis à Paris. Je vends à Paris. Là je suis le vendredi, je vends à Paris.

0:49
Présentateur

Très bien, pas de gastronome.

0:51
Invité

Gastronome, critique culinaire. Donc ici il y a eu un risotto une fois. J'ai appris à faire les pâtes à la carbonara avec marmite au poivre. Je suis à peu près aussi stressé que quand je suis passé sur TF1.

1:05
Présentateur

Moi je suis stressé parce que je regarde ta cuisine et là je vois le décor en vrai. Alors comment on devient critique gastronomique ? Par la volonté pour le coup. Parce que moi j'ai fait 10 ans d'anthropologie de la cuisine. Donc ça ne mène pas du tout à ce genre de boulot. Pendant que j'étais, je vous souviens très bien, je faisais ma thèse, un doctorat sur la trufficulture dans le Carcy. J'étais à la Sorgone pour lire, étudier, etc. Et j'avais ma gamelle. Et le midi j'allais manger dans les rues et je sentais toutes les odeurs de restaurant. Et je me disais merde, je ne suis pas du bon côté, tu vois, je monte dans la rue avec ma gamelle.

Pendant que je faisais mes études sur la truffe, j'ai appelé des magazines et j'aurais proposé des articles sur la truffe que je connaissais hyper bien. Et j'ai travaillé pour Guamillo. A l'époque, il y avait un magazine qui s'appelait Cuisine et Terroir. C'était vraiment des magazines lifestyle, art de vivre en français. Et voilà, petit à petit, j'ai commencé. Donc que dans le truc à étoiles ? A l'époque, oui, j'étais obsédée par les étoilés. Mais vraiment, en fait, quand j'ai eu mon bac, mon père m'a dit si tu as une mention, je t'offre un étoilé. Et j'en entendais parler depuis... Parce que dans ma famille, on aimait ça, mais on n'y allait pas forcément beaucoup.

On n'y était jamais allé, donc mon père, j'ai eu une mention, il m'a invité dans un 3 étoiles Michelin, dans la Dombe, où j'habitais, à Bonnard, un petit village. J'ai choisi celui-là parce que j'en entendais parler depuis toujours. Et j'ai été fasciné, non pas tant par ce que j'ai mangé que par le rituel de service, l'argenterie, le cristal et tout. Je ne savais pas que ça existait. Et je me suis dit, tiens, c'est dingue que les humains soient capables de mettre les aliments dans un... De mettre tout ça en œuvre autour de la table. Et pourquoi on fait ça ? Et qu'est-ce que ça veut dire ? Et donc, j'ai commencé des études d'anthropologie parce que je ne savais pas comment procéder.

Et surtout, j'avais lu Lévi-Strauss en terminale. Et ta thèse, tu l'as fait sur un étoilé ? Non, j'ai fait une maîtrise à l'époque. Ce n'était pas une maîtrise, c'était maîtrise, dog, doctorat. Donc maîtrise sur un étoilé. C'était maîtrise, DEA. DEA, pardon, dog, c'était avant. Maîtrise, DEA. Donc ça, c'était sur des étoilés. Et ensuite, doctorat sur la truffe. Que j'ai passé le ton. Parce que du coup, les magazines m'ont répondu positivement. Et je suis parti dans la presse écrire. Et je trouvais ça plus rigolo. Tu as mal tourné, alors. Oui, j'ai mal tourné. C'est ce que m'a dit récemment un gars qui est un anthropologue.

Je lui dis, mais maintenant, vous êtes devenu youtubeuse, quel horreur. Finalement, on est des égaux. Moi aussi, j'étais pas patron de presse.

3:12
Invité

Oui, c'est vrai. C'est passé du passé. Je ne suis plus patron de presse. Mais donc, tu as lancé aussi ta propre revue. Dans laquelle tu es. Oui, là, on est en merda. Mais liberté, égalité, bien manger. C'est le titre de cette fois-ci. Mais c'est meilleur quand c'est bon. Tu as mis c'est meilleur quand c'est bon en vidéo. Et ensuite, là, tu le déclines en revue. En revue.

3:30
Présentateur

Alors, en fait, je suis devenu journaliste vraiment avec le couteau entre les dents. Parce que toi qui as travaillé, j'étais pigiste, donc c'était super galère. Et un jour, en 2016, j'ai dit à Mathieu Pansard qui me filme, qui était réalisateur pour la télé, tout ça. Tu vas me filmer au restaurant et je vais dire ce que je pense. Et pourquoi j'ai fait ça ? C'est parce qu'en fait, il y avait un restaurant que j'adorais. Et tout le monde me le refusait. Et ça me gonflait en fait.

3:52
Invité

C'est quel resto alors ?

3:54
Présentateur

Eh bien, c'était un restaurant qui a fait un carton, qui a fait carton en vue. C'était chez Erwan, abordonné dans les Yvelines. Et pourquoi on me le refusait ? C'est parce qu'en fait, il était dans aucun magazine. Et surtout, il n'y avait pas d'attaché de presse. Et le système, il est super pourri. En fait, dans la presse, c'est qu'il n'y a pas de fric pour payer les restaurants. Donc, les attachés de presse t'invitent, puis après, tu fais un papier. Et quand je venais dans des endroits comme ça, faire des reportages partout en France, à Amiens ou ailleurs, il faisait des superbes restaurants. Et il me disait, comment on fait pour un article ?

Il me disait, il faut 2000 balles dans une attachée de presse. Tu les as pas ? Bah, t'auras jamais l'article. Et un jour, ça m'a énervé. Et je me suis dit, non, on va faire ces vidéos en plus de la presse pour bouffer, les vidéos pour faire ce que je pense qu'il faut faire et comme j'en dis. Et donc, on a fait ça de 2016 à 2019. Et en 2019, gros carton avec cette vidéo de 40 millions de vues. Tu as fait le ton restaurant préféré ? Non, je te le trouvais génial. Je trouvais que le mec, il y avait un truc à raconter. Mais c'est vrai qu'au niveau de la bouffe, il n'y avait rien de particulier à dire. Mais le gars, il avait une personnalité. Et puis après, il y a eu le Covid.

Donc là, les restaurants ont fermé. On s'est mis à faire des recettes dans notre cuisine. Ça a été un énorme carton. Et à la fin, il y a une marque qui est venue me chercher, une radio qui est venue me chercher. Puis on a créé la société. Puis fin 2021, j'ai dit, j'arrête la presse. Mathieu a arrêté. Il a été intermittent du spectacle. Et en 2022, on s'est dit, tiens, quand même, dans les vidéos, on dit un peu ce qu'on pense. Les gens, ils me disent, on m'interviewait, tu vois, dans l'Huma. C'est comme ça qu'on a été en connexion. On me disait, pour qui vous aimeriez voir à l'Élysée ? J'ai dit François Riffin. C'est comme ça.

Je ne suis pas sûr que ça allait améliorer la gastronomie des palais. Non, mais parce que bon, je suivais tes trucs et tout. Et donc, les gens sont persuadés. Parce que comme je donne mon avis dans les vidéos sur la façon dont il faut manger, etc. Les gens pensent que je fais de la politique. Alors, pas du tout, je ne m'intéresse à peine à la politique. Je n'en fais pas, mais je dis ce que je pense. Et donc, en 2022, j'ai dit, mais maintenant que j'ai cette aura-là avec les vidéos, 2 millions d'abonnés, tout ça, peut-être qu'on pourrait sortir à une revue. Et là, je pourrais enfin dire tout ce que je veux, tout ce que je pense.

Mais pourquoi te lancer dans un truc qui produit des emmerdements en série ?

5:50
Invité

Ah oui, je te confirme. Parce qu'une vidéo, c'est simple. Tu en parles, là, Sylvain va le mettre sur les réseaux sociaux. Tu n'as pas de logistique à faire. Oui, c'est vrai. Ça, c'est du monde à coordonner, des papiers à recevoir. C'est du truc à envoyer chez les marchands de presse qui trouvent qu'ils en ont trop sur les bras. C'est de la qu'ils doivent faire.

6:09
Présentateur

Parce que je suis vieille, je suis née en 73 et que je suis née avec ça et que j'aime écrire. Je comprends. Que j'aime lire beaucoup et que voilà. On termine celui-ci, c'est le quatrième. Donc, notre pari réussit de au moins une année, un trimestriel. On en a fait quatre. Là, on en change le cinquième. On croise les doigts pour que ça continue. Mais écoute, je peux te donner des chiffres. On est à 35 000 ventes. Et on m'a dit, franchement, aujourd'hui, dans la presse, c'est bien. Oui, c'est bien. Moi, je ne me rends pas du tout. Je ne connais rien. Est-ce que, d'après toi, il y a une cuisine de droite, une cuisine de gauche ? Comment tu vois ? Là, liberté, égalité, bien manger.

Qu'est-ce que c'est que le bien manger ? Comment on y arrive ? Et surtout, la question importante, peut-on bien nourrir tout le monde ? Bon, d'ailleurs, on est venu poser la question à Richard Ramos. Ça, je pense que les politiques ne vont pas répondre de la même manière s'ils sont de droite ou de gauche. La façon de manger, on a parlé de la gauche canadière. Je ne sais pas. Enfin, tu vois, il y a peut-être des produits qui sont identifiés à une classe sociale.

7:00
Invité

Je vais faire les confinances, tiens. J'ai été la gauche canadière, et même la gauche champagne canadière. Pourquoi ? Parce que, quand on bossait à Fakir, on n'était pas payé. Et moi, j'ai fait bénévole pendant des années là-dedans. Et donc, du coup, j'avais un copain qui était un ultra-libéral bielorousse, qui m'avait aidé à lancer le journal, tu vois, et qui venait étudiant et puis ensuite de Bielorussier, qui nous ramenait des boîtes de canadière, mais qui nous revenait à 3,50 euros, mais du vrai canadière. Et j'avais un copain dans le sud de la Picardie, dans l'Aisne. Il y a un petit coin champagne.

Et donc, il bossait là-bas, et il nous ramenait du champagne sur les étiquettes, qu'on avait à 8 euros la bouteille. Et donc, on faisait des trucs... C'est formidable, non ? Des trucs, caviar, champagne, tu penses à moins de 10 euros, tu vois.

7:44
Présentateur

C'est bien, mais c'est vrai que c'est assez bon, tout ça. Non, je pense qu'il y a vraiment une cuisine en fonction de tes revenus, plutôt qu'en fonction de tes idées politiques, je pense. Moi, je... Non, je pense que tout le monde peut manger de la viande, et tout le monde devrait manger du caviar.

7:56
Invité

Les caviar font tous. Tu connais pas cette marionnette, je pense ? Non. C'est La Fleur, c'est une marionnette Picard, et qui héritait de la Révolution française, et qui a pour but de mettre les coups de pied au cul des bourgeois, tu vois, en gros, quoi. D'accord. Et j'avais un copain, enfin, une connaissance, qui faisait un La Fleur, en vrai, qui passait sa vie avec La Fleur, et qui avait, lors, quand on a lancé le journal, qui le lançait au nom de Couscous, Ficel Picard, même combat, tu vois. Donc, est-ce que, par exemple, le Couscous, est-ce que c'est un mode de réconciliation des Français avec les immigrations ? Ah ouais, je pense.

8:31
Présentateur

On a fêté plusieurs choses pour ce magazine, et notamment, on a des abonnés à vie. On a des gens qui, pour nous soutenir, se sont abonnés à vie, et donc, on a fait un repas avec eux, dans un restaurant de Couscous. Donc, c'est Nordine, la bière, à mi-chemin, dans le 14e, et lui, il fait des couscous à la saucisse de morteau. Alors, il a reçu quelques menaces de mort, on m'a t'inclé parfois, enfin, tu vois, c'est... Mais en même temps, je trouve ça génial. Le moulage de mort de qui, du coup ? Bah, de certains musulmans qu'on peut s'y porter. Je pense qu'on mélange du cochon, la saucisse de morteau, c'est du porc, avec d'un couscous. Et lui, bon, il est naturalisé français.

Précemment, on a fait une vidéo où il explique pourquoi le couscous royal, il n'existait pas au Maghreb. Donc, tu vois, c'est comment on se réapproprie un plat. Alors là, moi, je suis anti-morteau, pour ça, je pense qu'on peut se réapproprier la réappropriation culturelle. Quand elle fait de mal à personne, il n'y a pas de problème pour moi. Et là, on se réapproprie un plat, c'est le couscous royal. À un moment donné, les Tunisiens, les Algériens, les Marocains, quand ils sont venus en France, ils ont adapté leur couscous. Donc, au Maroc, tu ne verras jamais des merguez avec des boulettes de viande et puis de la nuit au tube à du méchoui. En France, on fait comme ça.

Et parfois, quand je filme ces couscous-là, on me dit, mais ce n'est pas le vrai couscous. Alors, la vérité en cuisine, ça, c'est génial. C'est-à-dire, qu'est-ce que c'est que la vérité ? Et puis, je me rends compte que c'est assez fort parce que ça défend des identités. Mais en France, le couscous royal, c'est le couscous français. Il n'existe pas en Maroc, donc c'est génial. Alors, la saucisse de Mortaux, c'est quand même un peu une provocation, tu vois. Mais lui, il peut le faire. Moi, je ne me permettrais jamais de faire un couscous, d'abord, peut-être pas de faire un film à un couscous, parce que je ne suis pas très forte, mais de mélanger du porc avec du couscous.

Mais lui, il est Tunisien, il peut le faire, quoi. Tu sais, quand je disais que j'ai fait de l'ethnologie, et en fait, j'avais entendu Lévi-Strauss qui disait, il était philosophe à l'origine, qu'après, il est devenu ethnologue. Et qu'est-ce qui lui avait fait de s'intéresser à l'ethnologie ? C'était de voir les différentes cultures, les différents peuples, comment ils vivent, et de se dire, a priori, il n'y a pas de raison de penser que ces gens, qui ne parlent pas comme toi, qui ne pensent pas comme toi, qui ne mangent pas comme toi, sont plus cons ou inférieurs à toi. C'est qu'ils ont d'autres présupposés, tu vois, d'autres choses qui les guident.

J'ai voulu essayer de comprendre pourquoi les gens mangeaient différemment, pourquoi nous, on est traité de froggy par les Anglais, et pourquoi quand tu vas à Borneo, on mange du serpent et ça ne dégoûte pas, et c'est même comme ça, tu vois, qu'on accueille les gens. Donc moi, je pense que la cuisine, c'est quelque chose qui t'ouvre à l'autre. Pendant les vacances de Noël, j'ai passé mes vacances à Marrakech avec des musulmans. Donc je n'ai pas bu de vin, c'est la première fois que je faisais le 31 décembre sans vin. Je me suis dit, waouh, ça va être bizarre, tu vois, chez moi, on boit du bon bourgogne, et ça comme ça, et puis je me suis dit, non, fais comme eux.

Et puis au début, je ne comprenais pas forcément toute leur façon d'être, et puis on est devenus super copains, et là, c'est eux qui viennent chez moi ce week-end, et je vais cuisiner, tu vois, pour eux, et je vais mettre du soda sur la table, parce que c'est comme ça, en fait, qu'ils aiment manger, et en fait, on s'est rapprochés, justement, en se comprenant. Ils m'imitaient en disant, c'est formidable, je me suis de merde, ils me voient comme une bourgeois, ils me voient en vacances que je parle comme ça, tu vois. La cuisine, franchement, enfin, en tout cas, pas la cuisine, de comprendre les autres, c'est une façon de les aimer, ou en tout cas de ne pas les dé...

à Saïwan, le racisme, vraiment. Mais c'est un des moyens les plus difficiles, parce que, franchement, la cuisine de ton enfant, c'est celle que tu aimes. Moi, je suis allé au Vietnam, on m'a servi du chien, je l'ai mangé, mais ça m'a dégoûté, parce que j'ai... comme des gens qui ne peuvent pas manger de lapin, ou tout ça.

11:36
Invité

Je pensais aux banquets républicains, et de trouverait-ce que même la Révolution française, qui rêvait de faire un banquet à un million de personnes, enfin, une espèce de fête de la Défédération, où tout le monde serait autour de la bouffe, mais aussi où tout le monde serait autour de la même bouffe.

11:50
Présentateur

Tu sais, à la cour de Versailles, en fait, la nourriture était posée au milieu de la table, et le roi avait accès à tous les plats. Le service à la française, c'était une façon vraiment de disposer, je ne sais pas si tu connais un peu ça, tu vois, au milieu de la table, de façon très organisée. Par le plus élevé, tu vois. Si tu étais proche du roi, tu avais accès à tous les plats, et la table était très longue, et si tu étais loin, tu ne pouvais prendre qu'un plat, parce qu'il y avait des choses auxquelles tu n'avais pas accès. Et de cette manière-là, avec l'étiquette, le roi montrait une certaine hiérarchie.

Donc, l'idée de tout le monde à la même table et qui mange la même chose, oui, c'est une bonne idée, on n'est plus 8 ans.

12:25
Invité

J'ai lu que, dans les pays anglo-saxons, par exemple, la nourriture était quelque chose de l'ordre du privé, tandis qu'en France, notamment par la création des restaurants, c'était quelque chose qui était beaucoup plus de l'ordre du public.

12:38
Présentateur

Tu vois, par exemple, en Italie, il y a quelque chose qui m'avait fasciné, c'est que nous, on juge la réputation gastronomique d'une ville en fonction du nombre de grands restaurants qui s'y trouvent, notamment, par exemple, la ville de Lyon, alors qu'en Italie, c'est en fonction du nombre de familles qui cuisinent bien. Et par exemple, quelqu'un de Slow Food m'avait dit que dans la ville de Naples, la ville de Naples était réputée pour être très gastronomique, enfin, une ville de réputation gastronomique parce qu'il y avait énormément de familles qui cuisinaient bien. Sauf qu'en fait, les gens n'y ont pas accès.

Donc, c'est par l'espèce de bouche à oreille, on dit « Ah, on a très bien mangé chez Madzella, on a très bien mangé chez... » Je trouve ça fascinant parce que c'est ça, c'est dans la sphère privée que se passe la gastronomie, alors que chez nous, c'est le restaurant. Comment il naît, le restaurant ? Parce qu'en fait, les nobles se sont tirés et leurs cuisiniers se sont retrouvés sur le boulot et ils ont ouvert des restaurants. Soit ils se faisaient couper la tête, soit ils se sont barrés.

Je schématrise à mort, il y a toute une histoire du restaurant en France, mais vraiment, après la Révolution française, c'est ça, les cuisiniers des grandes familles se sont installés à leur compte parce qu'ils n'avaient plus de boulot. Le mot « restaurant », tu sais, ça venait des bouillons de restaurants, des bouillons qu'on servait et qui restauraient les corps.

13:40
Invité

On vit un moment de dépression dans notre pays. Si tu regardes dans les sondages, après le Covid, on est passé de 10 à 20 % des jeunes qui sont en dépression. Et en fait, ce n'est pas redescendu après. Et ça se sent. Oui, complètement. Je pense que dans ce contexte-là, on a un devoir de joie. Tu sais, c'est un auteur qui écrivait « Journal d'un Allemand, Stéphane Hafner, qui était dans l'Allemagne des années 30 et qui dit que le nazisme s'est installé moins par la volonté de quelques fous que parce que des millions d'Allemands sont tombés dans la dépression. Ils ont été abattus, ils ont baissé les bras et tout ça.

Qu'est-ce que tu penses que la cuisine, la gastronomie, elle peut faire aujourd'hui pour la joie des Français ?

14:18
Présentateur

Je pense beaucoup. Si j'en crois les retours que j'ai des gens qui nous suivent, tu vois, tu m'apportes une réponse, on me dit souvent « Pourquoi mes vidéos sont tant regardées ? » Alors, j'ai été témoigné de gens qui me disent « J'adore regarder mes vidéos parce qu'après, je suis moins déprimé. » Mais j'ai vraiment eu des personnes qui m'ont dit que ça leur avait permis de sortir même un peu de la dépression. Tu vois, c'est même un peu impressionnant quand tu reçois des courriers, des courriers papiers ou alors des commentaires en privé parce qu'un jour, une dame me dit « Je suis chez moi. Ça n'allait pas du tout. En plus, je vais aller à un enterrement.

» Et vraiment, je suis au fond de la dépression. J'ai regardé deux de vos vidéos et j'ai l'impression que ça va me permettre de repartir. Donc, la gastronomie, c'est même visuellement, si tu ne manges pas, il y a plein de gens qui regardent nos vidéos à l'étranger. On est suivis dans 70 pays par des francophones, beaucoup, enfin, même des Français de l'étranger. Et donc, d'abord, ils me disent « Ça me fait aimer à nouveau la France. » Alors ça, ça me fait super plaisir parce que vous nous montrez que la France est belle et qu'il y a plein de gens super et tout ça. Et deuxièmement, ça m'apporte une espèce de baume au cœur.

Même si vous montrez une ficelle picarde et que je ne pourrais pas la manger, je salive par procuration. Tu vois, c'est une espèce de shoot de plaisir. En fait, tu vois, moi, quand j'étais plus jeune et que j'avais les moins de déprime, j'allais au marché. Alors, c'est de voir les produits, de voir les gens qui les vendent, les gens qui t'en parlent. Tu vois, il y a un truc de l'humain, de l'immédiateté, du contact. Puis après, tu crottes dans une pomme puis c'est bon, puis ça te fait repartir. Il y a ça, moi, je trouve, dans la gastronomie, dans la cuisine, dans le fait de manger. En plus, on est tous obligés de manger parce que c'est un besoin vital.

Mais si tu rajoutes une petite note esthétique à ça, mais croquer dans une bonne pomme, ça peut être esthétique, tu vois. Donc, les gens qui nous écoutent, si vous êtes déprimés, allez sur les marchés. Non, mais vraiment, je ne critique pas le supermarché parce que ça permet. J'en parlais récemment avec un collègue qui me disait on va faire dans un prochain numéro des recettes avec du fromage. Et je lui disais, waouh, mais tu sais, cuisiner un Saint-Mort de Touraine à 10 balles le fromage. Ah, c'est cher quand même, le tronçon. Et il me disait, en fait, c'est moins cher que la viande si ça devient le plat principal. Donc là, il y a un truc qui s'est passé dans ma tête. Ah oui, c'est pas con.

Et ensuite, il me dit, si tu vas dans les supermarchés, maintenant, il y a des marques, je ne vais pas les citer, qui vendent des AOP fromagères et un peu moins chères que chez les petits commerçants. Moi, je reconnais qu'aujourd'hui, j'ai les moyens, je vais chez les petits commerçants, ma fromagère, on reste deux heures, on fume des clopes, pour discuter, c'est le bonheur. Mais si on n'a pas les moyens, on va au supermarché, on peut quand même, il n'y a pas ce plaisir d'échange, mais on peut quand même acheter des bons produits. Est-ce que tu aurais une mesure

16:43
Invité

pour dire de développer la joie culinaire dans le pays ?

16:49
Présentateur

Là, tu vois, on a parlé de la sécurité sociale alimentaire qui se met en place pour l'instant de façon associative dans le certain niveau. Là, ce qu'on essaye d'apporter avec la sécurité sociale alimentaire, c'est le bien manger, manger à sa faim. Mais peut-être qu'on pourrait rajouter, je ne sais pas de quelle manière, des bons produits à des gens qui ne les goûtent jamais.

17:10
Invité

Macron, il commande ses assiettes pour l'Elysée à la faïencerie de sel. Moi, je ne suis pas contre qu'on ait une belle faïencerie dans le pays. C'est comment on peut faire que chacun, un jour, dans sa vie, mange dans ces assiettes-là. Et je me demande, je dis une bêtise, attention, mais s'il ne devrait pas y avoir un droit à l'étoiler. Tu vois ? Non, mais il a raison. Qu'un jour, dans sa vie, comme, tu sais, on est pour nous, on est pour baisser les plafonds, remonter les planchers. Par exemple, sur les voyages en avion, on dit, il faut que les gens voyagent au moins en avion. Mais en revanche, tout le monde doit avoir le droit à un voyage.

Là, est-ce que, par exemple, il n'y a pas les étoilés ? Bon, il y en a qui vont y aller moins, mais il y en a, d'ailleurs, un droit à vivre cette expérience-là, un jour, dans sa vie.

17:53
Présentateur

Et ça a existé. Quand j'avais 20 ans, la semaine du goût, qui existe encore, mais maintenant, je ne sais pas ce que c'est devenu, pendant une semaine, les restaurants étoilés faisaient pour les étudiants des menus, on va dire, l'équivalent d'aujourd'hui à 20 euros. Et tu allais manger, je l'ai fait, tu allais manger dans un étoilé, tu avais tout le service, tout ce décorum, la cuisine d'Inde pour 20 banans. Et je ne sais pas pourquoi ils ont arrêté de faire ça. Alors, il y avait certains restaurants consacraient 10 tables à ça, puis d'autres, un, mais il y avait ce truc-là, c'était génial. Et je suis d'accord avec toi que chacun ait sa petite homme de gloire gastronomique.

Je crois que, tu vois, le luxe, c'est pas mal, si jamais... Non, maintenant... Tu vois, je suis venu, il va changer, il va changer, ça le fait marrer dans la caméra. Mais bien sûr, le luxe, c'est bien, on a tous envie, mais c'est bien quand c'est partagé.

18:39
Invité

Voilà, mais quand c'est pas tout le temps pour les mêmes.

18:42
Présentateur

Sur l'autoroute, on est allé filmer un gars qui, c'est le dernier restaurant indépendant sur une arme d'autoroute. Et le gars, il sert des repas à 15 balles, entrez plat-dessert avec des cassoulet de dingue, des maghètes canards. Tu vois, à 15 balles. Alors, sur l'autoroute, c'est vrai que tu manges plutôt 3 euros puis tu vies de son sandwich parce que c'est vraiment immonde. Moi, je disais dans ma vidéo, venez manger dans ce restaurant d'autoroute parce que tu manges pour 15 balles, tu vois, un truc extraordinaire. Nous, ce qu'on essaie, c'est de découvrir, d'être un peu, de découvrir et de dire aux gens voilà, ça existe.

Il y a une ère d'autoroute, l'ère des poulet de bresse, je suis de la roisse, où ils servent des poulet de bresse sur l'autoroute avec des pommes de terre sautées ou des frites. Et donc, les gens, ils peuvent manger peut-être un peu plus cher que le truc dégueulasse mais très accessible du poulet de bresse, c'est génial. Et comme les poulet de bresse, ils ont du mal à écouler leur stock, eux, ils leur achètent les trucs et puis tout le monde est content. Donc, il y a quand même des initiatives mais je dirais que c'est aux politiques comme toi de les trouver.

19:37
Invité

Ce que je dis dans l'entretien, c'est que sur la sécurité sociale de l'alimentation, par exemple, je trouve que c'est une très bonne idée mais même si on arrivait donc qu'on avait le pouvoir demain, moi, je ne peux pas la mettre en place. Non. Je ne peux pas la mettre en place si jamais le pays, on n'est pas profondément convaincu. Quand Ambroise Croisa fait la sécurité sociale en 1945, c'est parce qu'il y a déjà des mutuelles, des fédérations de travailleurs, des caisses de solidarité dans la visite qui fait que ce n'est pas seulement une idée, c'est déjà du concret qui vient généraliser.

Et donc, si jamais on veut demain une sécurité sociale de l'alimentation, il est évident qu'il faut qu'il y ait une multiplication des expériences dans des départements, des villes et ainsi de suite.

20:11
Présentateur

Et c'est ce que tu dis là et je suis tout à fait d'accord avec toi et d'ailleurs c'est bien, il y a au moins, je ne sais pas, il y a peut-être 5-6 villes ça se met en place, on va essayer d'en parler le plus possible et ce que dit Richard Ramos qui fait une interview croisée et je trouve très important, c'est que bien manger c'est aussi choisir. Et il dit il n'y a pas de raison que les gens qui n'ont pas de fric ne choisissent pas.

Moi j'ai distribué plusieurs fois la soupe populaire quand j'étais jeune et ça m'avait frappé parce que tu donnes une soupe, une boîte de sardines, un audio et puis à l'époque tu disais j'aime pas le sardine sauf que quand t'as la faim tu ne poses pas ça mais en même temps, merde, pourquoi les gens qui n'ont pas de fric c'est qu'il y a des magasins associatifs et les gens doivent aller là. Non, il faut mettre en place quelque chose où les gens ont le droit d'aller choisir les bénéficiaires de cette sécurité sociale alimentaire de choisir où est-ce qu'ils s'aliment enfin tu vois où ils ont envie d'acheter leur beauf quoi. Tu as décidé de m'interroger

21:03
Invité

pour le dernier numéro de C'est meilleur quand c'est bon et je suis dit que moi et mes pratiques culinaires qu'est-ce que je vais pouvoir raconter ? Déjà, j'ai commencé par faire un amoeu

21:13
Présentateur

j'ai commencé par avouer et bien franchement je trouve que tu as déculpabilisé les gens alors l'aveu on le dit on ne dit pas en fait François il dit moi j'essaye de bien nourrir mes enfants les légumes et tout mais quand même au restaurant je demande plutôt des frites que de la salade on est tous comme ça et en fait pourquoi j'ai voulu t'interroger parce que je me disais bon Ramos il parle souvent de la cuisine mais toi comme je m'intéresse à tes idées et tout je me suis dit tiens j'ai jamais entendu François se prononcer là-dessus donc j'aimerais bien savoir ce qu'il en pense

21:43
Invité

et donc c'est marrant parce que le papier qui a été prévu quand même avant le conflit agricole c'était il y a 3 mois et le papier s'intitule pour une exception agriculturelle

21:54
Présentateur

on ne pourra pas dire que j'ai non mais nous on a halluciné parce que quand la crise agricole a commencé on a envoyé sous presse le lendemain et je me suis dit merde dans 2 mois on sera complètement razzmine puis en fait non parce qu'il y a encore des il y a le sujet dans le cancer j'ai essayé de prendre le problème

22:07
Invité

par les 2 goûts un goût que je connais très bien qui est le goût agriculteur comment on fait pour changer ça comment on leur offre un cap comment on leur offre une vision mais faire cet entretien m'obliger parce que je travaille quand même m'obliger à progresser sur qu'est-ce qui se passe du côté du consommateur du foyer du ménage de l'individu quoi et quels sont les points de bocage comment ça se fait que moi je bouffe mal alors comment ça se fait que les gens bouffent mal

22:33
Présentateur

non mais ce qui est important c'est que toi tu bouffes mal peut-être parce que tu t'en fous et ça c'est pas grave mais moi ce qui me pose problème c'est les gens qui bouffent mal parce qu'ils n'ont pas le choix

22:41
Invité

j'identifiais plusieurs obstacles il y en a qui est évident c'est le prix donc c'est un tiers des français qui aujourd'hui se privent à peu près sur tout sur leurs activités sur leurs soins dentaires sur bon leur santé sur bon et sur la bouffe aussi ouais et d'ailleurs j'ai découvert ça en faisant mes recherches en gros cuisiner chez soi revient à peu près au même prix que d'acheter des produits dans la maison bah si je l'ai mis dans le papier d'ailleurs non tu l'as pas dit comme ça ah non non ça a été coupé surtout t'as les fruits et légumes une calorie dans les fruits et légumes coûte 4 fois plus cher que dans des produits sucrés et salés 7 fois plus cher que dans les pâtes quoi bon donc c'est quand même tu dis tu comprends que les gens qui n'ont pas les moyens se tournent pas vers les fruits et légumes aussi pour des raisons de fric d'accord ça c'est la première raison elle est la plus évidente et elle pèse mais il y a d'autres raisons derrière moi il y a le temps c'est que bien manger tu dis je vais au marché je fais mes cours je discute avec tout le monde attends mais moi je rentre ici je suis désolé mais je pense qu'il y a plein de gens qui sont comme moi qui ont une vie où le temps le temps le temps c'est le gros problème en fait moi je pense qu'il faudra un ministère du temps pas seulement du temps mais un ministère du temps comment on ralentit autant l'argent c'est déjà pas simple mais on peut peut-être trouver une discussion le temps il faut il faut je pense que les gens sont malheureux par le temps par le temps qui est pressé par courir tout le temps par faire plusieurs choses en même temps troisième raison pour moi je pense qu'il y a des raisons d'éducation j'ai pas été éduqué à ça et c'est une raison majeure et qui peut être résolue j'ai pas été éduqué à ça parce que je pense que on était d'abord parce que je suis un homme tu vois mais aussi finalement l'école mixte elle s'est faite en éliminant les savoirs qui étaient des savoirs déconsidérés féminins la couture la cuisine tout ça alors que peut-être qu'on aurait dû faire une école mixte où on considérait ces savoirs là et on se disait bah on veut des gens des hommes et des femmes qui soient complets et qui sachent à la fois lire, écrire, compter des savoirs intellectuels mais qui aussi des savoirs manuels moi je suis un être complètement incomplet je sens que je suis une moitié d'homme et ça tu vois j'ai vu qu'il y avait des pays européens moi je suis pour un bac cuisine ah ouais je suis pour une épreuve cuisine au bac pour tout le monde ah oui pas un bac cuisine une épreuve ah mais non moi je suis pour un ouais moi je suis un peu spécialisé non non mais je suis pour un épreuve cuisine au bac tout à fait tu vois et pour tout le monde et que ben au cours de ta scolarité bah tu apprends à reconnaître les aliments éventuellement à les cultiver un peu enfin tu vois et que peut-être tu peux faire des maths autour de ça tu peux faire du français autour de ça ça existe c'est ce qui est dit là en fait

25:18
Présentateur

c'est Ramos qui disait ça peut être un support pour les mathématiques lire recettes les trucs et tout ça j'ai fait il y a une fille qui s'appelle Camille Lavreau une journaliste qui fait l'école comestible je suis allé parler aux enfants dans des écoles et pour expliquer aux enfants qu'est-ce que notamment des enfants qui sont dans les logements sociaux et tu vois dans des rep ou des ZEP et il y avait dans la classe des enfants qui vivaient à l'hôtel avec leurs parents donc bah ils achètent que des produits tout près il n'y a pas de cuisine et donc on leur a fait goûter des légumes on les a fait plusieurs légumes et elle m'a dit les retours 15 jours après c'était dingue où ils ont dit à leurs parents c'était fou parce qu'on a vu je ne sais plus des petits pois ils avaient toujours vu en boîte on leur avait apporté une branche de petits pois tu vois puis même il y a une fascination c'est beau les végétaux aussi donc je pense que sensibiliser les enfants c'est plus qu'on ne le pense ça pourrait donner ensuite quelque chose enfin des bons résultats pour leur vie d'adulte quoi plutôt que de culpabiliser les parents en leur disant bah disons les éduqués

26:14
Invité

c'est ça et puis mal manger tu vois quand même quand je dis mal manger que je mange mal il y a quelque chose qui est déjà de l'ordre de la morale parce qu'il y a le bien et il y a le mal il y a Satan et il y a les saints tu vois bah c'est pour ça

26:27
Présentateur

que je le dis j'étais liberté égalité bien manger je suis arrivé en te le disant moi j'avais voulu mettre satiété parce que je trouve que déjà manger à sa faim c'est important toi tu trouves que c'est pas très joli mais bien manger on est déjà en train de dire bon alors tu te nourris bien t'as pris 5 fruits et légumes par jour tu manges pas trop de viande attention pas de viande rouge t'as bien consommé français enfin tu vois il faut consommer français

26:48
Invité

tout ça avec c'est le dernier roussac que je mettais qui est l'imaginaire parce que aujourd'hui t'as 2 milliards d'euros qui sont déversés par l'industrie agroalimentaire en publicité et qui fait te dire qu'est-ce que c'est que tu as mangé quoi de toute façon tous ceux qui font des recherches pour demander comment on peut aider les gens à mieux manger la dose tout ça ça nous peut être hyper cher je crois que c'est 8% du PIB à cause des maladies de tu vois du diabète et ainsi de suite je crois qu'au niveau mondial c'est 10% du PIB

27:20
Présentateur

alors toi tu parles de ça par exemple l'obésité t'as parlé aussi du traitement des eaux tu vois je sais pas si tu connais Jacques Capla qui est un ethnologue agronome qui me disait il y a des distorsions de concurrence qui sont super intéressantes donc par exemple il m'avait dit c'est entre 1000 c'était il y a une dizaine d'années entre 1000 et 2000 euros par hectare le coût de retraitement des eaux tu vois du fait de la pollution de l'agriculture conventionnelle il disait si on reversait 1000 à 2000 euros par hectare au jour de la bio le bio serait moins cher que les légumes en discount donc déjà on mangerait tous bien pour pas cher mais il y a un autre truc qui est super important et ça c'est des choix politiques qu'on fait c'est que si t'as quelqu'un qui travaille parce que le bio est quand même gourmand en main d'oeuvre pour 1 euro de salaire t'as 1 euro de charge sociale enfin de contribution sociale si tu achètes pour 1 euro de tracteur on te reverse 50 centimes de subvention donc les gars ils ont tout intérêt si tu veux acheter à se mécaniser plutôt que à faire bosser des mecs et à développer le bio or le bio ils ont besoin de main d'oeuvre et l'agriculture conventionnelle donc on passe les cotisations sociales non donc si tu veux oui non mais si tu veux tu vois tu fais des choix les gars ils sont mécanisés depuis 50 ans parce qu'ils étaient aidés à ça on les a poussés à ça ça semble que j'ai dit toujours moi

28:35
Invité

que ce qu'ont fait nos grands-parents en matière de mécanisation et tout ça moi je ne le conteste pas parce que quand tu sors de l'après-guerre et que t'es dépendant des américains pour te nourrir et bien en une génération on retrouve notre souveraineté alimentaire maintenant la question c'est depuis qu'on l'a retrouvé qu'est-ce qu'on fait permettre à tous les français de manger bien manger voilà comment conclut ça oui voilà le journal est en kiosque avec le journal dont je ne suis plus rédact chef ni directeur ni rien mais il y a quand même Fakir est aussi en kiosque et puis voilà et puis lisez et puis tu es sur internet et t'es drôle quoi on essaye moi j'ai regardé tes vidéos mais c'est pas en me disant que je vais aller passer dans les restaurants ou t'es allé c'est juste parce qu'il y a une espèce de franc-parler de liberté de ton de machin comme ça qui fait que ça libère aussi oui oui peut-être c'est la contusion bon puis allez j'espère qu'à la fin tous nos palais vont y gagner voilà voilà

« C'est meilleur quand c'est bon ! » (avec Emmanuelle Jary) · Pourquijevote