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interviewJordan Bardella· 14 octobre 2025 8 min

Retrouvez mon intervention à l'Assemblée nationale

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Jordan Bardella

Merci beaucoup, Marine. Mes chers amis, Marine l'a rappelé, l'objectif des macronistes n'est plus tellement de gouverner que de durer, que de tenir. Nous devons, je crois, être les porte-voix de tous ces Français qui regardent absolument de la vie politique française depuis maintenant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Ce gouvernement est des Républicains qui ne voulaient pas participer au gouvernement, qui en sont partis parce qu'ils n'avaient pas suffisamment de fauteuils, puis finalement qui reviennent par la grande porte. Je crois qu'on peut dire au moment où on se parle que M.

Rotaillot a expulsé plus de gens de LR que de migrants clandestins depuis qu'il est ministre de l'Intérieur. Et tout cela évidemment aux grandes dames des millions de Français qui, pendant ce temps-là, n'arrivent plus à boucler les fins de mois, subissent l'insécurité et les conséquences d'une politique migratoire qui est devenue totalement hors de contrôle. Marine a raison de rappeler que nous avons très vite, très tôt, avec beaucoup de certitude, fait le choix de déposer une motion de censure. Nous considérons que la crédibilité de l'ensemble des personnes qui dirigent notre pays depuis 7 ans, LR compris, est totalement nulle.

N'oubliez pas de rappeler autour de vous que les promesses qui ont été faites sur la réforme des retraites, s'agissant de l'assouplissement du texte qui a été voté par Mme Borne, ont déjà été faites par M. Bayrou, par l'intermédiaire d'un conclave, et que cette réforme qui apparaissait absolument primordiale il y a encore quelques mois pour les macronistes, voire quelques années, au prix d'une guerre sociale contre les Français et dans les rues, devient soudainement secondaire lorsqu'il s'agit de défendre sa place, lorsqu'il s'agit de défendre son fauteuil et lorsqu'il s'agit d'empêcher les Français de revoter et de retourner aux urnes.

Face à cette situation absolument burlesque, grotesque, nous nous faisons le choix de la cohérence. Nous l'avons dit depuis plusieurs semaines, il ne peut y avoir de stabilité sans retourner devant les Français, sans à minima une dissolution de l'Assemblée nationale.

L'ambition que nous portons tous ensemble ici avec Marine, avec nos alliés de l'UDR, c'est de donner une majorité à la France, de donner une majorité à la France pour retrouver de la sérénité, de la stabilité dans la vie démocratique, mais surtout une majorité pour remettre le pays sur le chemin de l'ordre, pour remettre le pays sur le chemin de la prospérité et pour mettre en œuvre des mesures de bon sens, des mesures de redressement national qui sont partagées aujourd'hui non seulement par nos électeurs, mais aussi par des gens qui sont navrés du spectacle à gauche, qui sont navrés du spectacle à droite, et à qui nous avons vocation encore plus dans cette période à tendre la main et à rassembler.

Nous ne sommes pas dupes de cette opération de chaise musicale qui a eu lieu il y a quelques jours. Le paquebot est en train de couler, la maison est en train de s'effondrer, et M. Lecornu repeint les murs. Il n'y aura donc aucun infléchissement dans la politique qui est conduite. Nous le savons par avance, et nous sommes prêts à retourner devant les Français. Préparez-vous, mes chers amis, parce que la dissolution peut intervenir dans quelques jours, dans quelques heures maintenant, et vous devez évidemment vous y préparer.

Notre objectif n'est pas dans ces conditions de demeurer dans l'opposition, mais si nous partons aux élections, c'est pour gagner, c'est pour obtenir une majorité absolue, si la majorité doit être relative, nous irons chercher des alliés pour faire en sorte que les quelques mois qui nous séparent de l'élection présidentielle soient évidemment des mois où nous puissions soulager les souffrances des Français et engager des mesures en faveur du redressement de notre pays.

J'aimerais avoir un mot tout de même pour notre ami Pierre-Henri Carbonel, qui nous rejoint par l'intermédiaire de l'UDR, qui a remporté avec le soutien de l'UDR et du Rassemblement national une élection législative partielle décisive contre la gauche dans le Tarn-et-Garonne dimanche soir, dans ce contexte où une journaliste a réussi à arracher du bout des lèvres à M. Rotaillot qu'il ne fallait pas donner une voix à la gauche, mais il a fallu batailler pour obtenir de la part du président des LR un appel à ne pas voter pour le candidat de gauche, l'occasion de rappeler que nous sommes la force de rassemblement de tous les patriotes.

Je vais évidemment laisser la parole à Éric, mais lorsque, il y a un an, le président de la République a annoncé une dissolution, nous avons fait le choix responsable, je crois, de tendre la main aux patriotes et de tendre la main au président des Républicains, Éric Ciotti, qui a accepté avec beaucoup de courage, beaucoup de sincérité, de rompre ce mur invisible, ce mur idéologique qui a été bâti par la gauche pendant de très nombreuses années et qui tenait à l'écart des patriotes de droite avec les représentants du camp national.

Aujourd'hui, et dans le contexte actuel, cette alliance n'est pas possible, dans la mesure où le président des Républicains a choisi d'épouser l'intégralité des combats d'Emmanuel Macron et de se fondre dans le macronisme au point de se tenir dans un conseil des ministres entre Mme Borne et M. Valls chaque mercredi. Mais il y a encore des patriotes au-delà du Rassemblement national. Et évidemment, aux côtés de nos alliés, notre objectif, c'est d'aller les convaincre, d'aller les chercher, de leur tendre la main et de leur expliquer que le pire ennemi qui est devant nous, c'est peut-être pas cet impasse institutionnel, que le temps qui passe, que l'horloge qui tourne.

Et nous sommes évidemment nous prêts à tendre la main. Nous serons toujours prêts à accueillir en notre sein des gens qui viennent d'autres formations politiques sur la base d'un projet clair, sur la base de l'amour de notre pays, sur la base de la défense de notre patrie. Et nous allons évidemment continuer à le faire parce que, encore une fois, nous savons que notre arrivée au pouvoir est possible et que tout ce qui est mis en œuvre, Marine l'a rappelé, n'a qu'un seul objectif de la part de nos adversaires, c'est d'empêcher le Rassemblement national d'arriver au pouvoir.

Or, empêcher un parti politique d'accéder aux responsabilités, ça ne fait pas un projet politique sérieux pour les Français. Donc, nous allons continuer à nous battre. Nous appelons évidemment ce matin l'ensemble des députés courageux qui ne veulent pas se fondre dans le macronisme à voter ces motions de censure, d'où qu'elles viennent, quel qu'en soit le dépositaire. Et je crois que ce qui va se passer dans quelques heures, d'abord cet après-midi, après le discours de politique générale du Premier ministre et évidemment dès le vote de la motion de censure, c'est un moment de vérité. Voilà. Depuis quelques jours, nous entendons un certain nombre de bruits.

Nous entendons les dirigeants du Parti socialiste dans les cuisines de Matignon chercher à se vendre, à se faire acheter par M. Macron. En réalité, tous ceux qui ne voteront pas la censure dans quelques jours seront l'assurance-vie d'Emmanuel Macron. Parce que tout ce qui est mis en œuvre depuis maintenant plusieurs jours dans les cuisines de Matignon et dans la coulisse n'a qu'un seul objectif, c'est de permettre aux macronistes de se maintenir au pouvoir alors qu'ils ont perdu les élections. Donc, c'est un moment de vérité. Ce moment de vérité, nous, nous allons l'affronter avec beaucoup de cohérence et beaucoup de responsabilité. Nous censurerons évidemment le gouvernement de M.

Lecornu parce qu'en censureront le gouvernement de M. Lecornu, nous seulement nous protégeons les Français de la politique d'Emmanuel Macron, mais nous nous rapprochons d'un chemin qui est celui de la dissolution qui a vocation à permettre à la France de retrouver de la stabilité, de la sérénité et d'affronter les grands défis qui sont les siens dans le temps qui vient. Je vous remercie, mes chers amis. Soyez prêts. Et je laisse la parole à notre allié Eric Ciotti qui courageusement tente de contribuer à sa manière et à sa façon à cette dynamique de rassemblement dans laquelle nous sommes engagés.