Paris va lancer la production de drones en Ukraine|LCI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:00OuverteRéponse directe
Ce partenariat de production de drones en Ukraine est-il surprenant ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Pourquoi ne pas produire ces drones en France ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Quels sont les avantages économiques de cette production en Ukraine ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Comment évaluez-vous l'efficacité des drones dans ce conflit ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Sébastien LecornuFait
« ces drones seront destinés aux Ukrainiens mais aussi aux armées françaises »
- 5:30Samantha de BenderFait
« des drones qui sont fabriqués en Ukraine, qui seront utilisés par les Ukrainiens pour aller peut-être frapper d'autres types en profondeur dans la Russie, ce seront des drones ukrainiens, ce ne seront pas des drones français »
- 6:00Samantha de BenderChiffre
« le coût de production qui est beaucoup plus important en France qu'en Ukraine »
- 7:30Vincent CruséChiffre
« plus de 4 millions et demi de drones sans doute utilisés en 2025 par l'Ukraine »
- 8:00Général Jean-Paul PerrucheChiffre
« on estime maintenant que c'est vers 75 % des pertes qui sont dues au drone »
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Cette annonce qui a été faite sur notre antenne hier soir, c'est un partenariat inédit. Les entreprises françaises vont produire des drones sur le sol ukrainien. annonce de Sébastien le Cornu euh sur notre antenne, je le disais hier soir, ces drones seront destinés aux Ukrainiens mais aussi aux armées françaises.
Écoutez, le ministre des armées, il était l'invité de Margo Hadad hier soir. On va se lancer dans un partenariat complètement inédit euh où une grande entreprise produisant des voitures françaises, je donne pas le nom parce que c'est à elle de l'annoncer, mais va s'allier avec une PME de défense française et sur lequel nous allons armer des lignes de production euh en Ukraine pour être capable de produire des drones non seulement pour les Ukrainiens, mais également nous allons aussi en faire bénéficier nos propres armées françaises pour avoir en permanence un entraînement tactique opératif qui colle à la réalité de cette ligne de front, y compris en matière de guerre électronique, en matière de distance, en matière de mission téléopérée, en matière d'imagerie. Autant de sujets évidemment qui sont très précieux.
Une annonce formalisée par la France, par l'Ukraine également et qui provoque, on va le voir, la fierté des Ukrainiens. L'Ukraine qui a tant besoin d'armement et de drone. Drone qui a profondément transformé aussi cette guerre.
La correspondance de notre envoyé spécial à Odessa, de Gwendoline de Bonau. Écoutez, pour les Ukrainiens, ce genre de partenariat est extrêmement important. D'abord parce que cela répond à un besoin, celui d'avoir plus de lignes de production en Ukraine.
On ne sait pas précisément quel type d'appareils euh seront fabriqués par les entreprises françaises, mais on sait que le besoin de drone sur la ligne de front est immense. À titre d'exemple, certaines unités consomment jusqu'à 100 petits drones camicas par jour. Euh par ailleurs, les Ukrainiens disposent d'un savoir-faire qui est inégalé en Europe, à la fois euh sur la fabrication de drones, mais aussi sur leur utilisation dans des conditions réelles euh de combat.
Ce qui peut permettre euh et bien à la France d'avoir une compréhension rapide de ce qui marche ou de ce qui ne marche pas au niveau stratégique et c'est important aussi. Cela permet à l'Ukraine de renforcer ses alliances avec les pays européens à l'heure où les États-Unis de Donald Trump ne sont plus vus ici comme un partenaire fiable. L'industrie française alliée aux compétences ukrainiennes, c'est un partenariat gagnant gagnant.
Voilà ce que dit Rostem Oomerov, le ministre de la défense ukrainien. Il précise par ailleurs que d'autres projets sont à l'étude avec la France comme la production de systèmes de défense aérienne. Les besoins inégalés de l'Ukraine avec ces avec ces drones pour en parler mes invités.
Vincent Cruet, bonjour. Bonjour Marie. Merci d'être là.
Expert en renseignement et écrivain. Auteur, on le rappelle, de le chevalier de Jérusalem aux éditions Robert Lafond. Samantha de Bender merci d'être là.
Également chercheuse à la Royal Institute of International Affairs, ancien officier politique à l'OTAN et général Jean-Paul Perruche, général de corps d'armée, ancien directeur général de l'état-major militaire de l'Union européenne. Je m'adresse d'abord à vous euh souligner l'importance de ces drones qui ont aussi considérablement transformé cette guerre euh cette guerre précisément entre l'Ukraine et la Russie. ce besoin inégalé, le souligner notre notre envoyé spécial aujourd'hui de l'Ukraine, de ces outils.
Oui, bien sûr, bien sûr. Euh le les drones sont devenus euh ce qu'on qualifie dans l'armée d'engin principal de combat maintenant hein au 20e siècle, c'était le char qu'on appelait comme ça. Mais maintenant avec l'apparition des drones et et les dégâts que ces drones peuvent causer sur l'adversaire, puisqu'on estime maintenant que c'est vers 75 % des pertes qui sont dues au drone, on voit l'importance que ces drones ont pris.
Question un peu naïve, pardonnez-moi, le militaire que vous êtes, vous anticipiez la force et finalement ce bouleversement aussi dans la pratique de la guerre. Et ben écoutez, je dirais insuffisamment en tout cas pour la période que j'ai connue moi dans dans l'active et j'ai travaillé au bureau étude de l'étatmajor de l'armée de terre à une époque on parlait déjà des drones. C'était à la fin des années 80, vous voyez.
Mais euh le contexte de l'époque euh était loin de la haute intensité. Euh on ne remettait pas en cause les modes d'action entre militaires pour gérer des crises, même si elles étaient plus ou moins importantes, si vous voulez. Donc je pense qu'on a on a pris du retard dans les drones à un moment où des pays qui avaient l'habitude d'être en pointe comme les États-Unis ou ou d'autres pays comme la Chine peut-être allaiit de l'avant déjà.
Vous voyez donc on a pris effectivement un retard au départ retard que évidemment on est en train d'essayer de combler à marche forcée depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine et la révélation que avec les drones on fait quand même tellement plus de choses qu'on ne pouvait l'imaginer avant et on le voit régulièrement sur nos antennes notamment grâce à nos envoyés spéciaux sur sur le terrain. Samantha cette ligne, le ministre qui hier soir sur notre antenne prend soin de préciser qu'il n'y a pas besoin en plus de demander à des citoyens français d'aller travailler sur une chaîne de production ukrainienne. Vous a-t-elle surprise d'ailleurs parce que ces chaînes, ces drones, ces nouveaux drones vont être fabriqués en collaboration avec une entreprise automobile française dont le ministre n'a pas voulu révéler le nom à 7h.
Mais ils auraient pu être fabriqués en France aussi. Oui, ils auraient pu être fabriqués en France. Alors, il y a tout un tas de facteurs.
D'abord, il y a le coût de production qui est beaucoup plus important en France qu'en Ukraine. On y revient aussi. Et puis et puis aussi, il y a il y a il y a le facteur politique si vous voulez.
C'est-à-dire que des drones qui sont fabriqués en Ukraine, qui seront utilisés par les Ukrainiens pour aller peut-être frapper d'autres types en profondeur dans la Russie, ce seront des drones ukrainiens, ce ne seront pas des drones français. Donc, ce sera aussi un un moyen de de mettre si vous voulez un un petit parfeu entre la France et la Russie. si ces drones sont sont utilisées pour des opérations comme on a vu ces derniers jours.
Donc c'est c'est un c'est un très point positif point très positif pour l'Ukraine. C'est clair que les sociétés françaises qui vont être impliquées dans cette fabrication vont sans doute voir et bien la la en tout cas le fabricant automobilier qui sera impliqué. Je pense que ces actions vont vont bien monter la semaine prochaine quand on aura le nom.
Après, c'est sûr que pour l'emploi en France, c'est c'est un petit peu dommage d'avoir cette production en Ukraine. Mais le côté positif, c'est que ça va aussi permettre à l'armée française d'avoir accès à des drones qui seront beaucoup moins chers. Donc ça va réduire le le coût parce que la France manque cruellement de drone.
Il y a quand même des chiffres intéressants, c'est que les euh un autre fabricant de drone français qui s'appelle monsieur Henry Sédou qui est le PDG de Parotte qui est un fabricant de drones qui utilise beaucoup ses drones en Ukraine a dit il y a quelques mois que les Ukrainiens fabriquent par semaine ce que la France a prévu d'acheter jusqu'en 2030. Oui. Donc un réel déséquilibre donc déséquilibre est énorme et donc ça va euh vraiment permettre à la France à d'aider l'Ukraine mais aussi de s'équiper en attendant que la production euh franco-française soit euh bah rattrape son retard.
à la hauteur Vincent Crusé plus de 4 millions et demi de drones sans doute utilisés en 2025 par l'Ukraine. Ce sont ses sont ces besoins. Vous vous croyez au partenariat gagnant gagnant vous l'expert en renseignement, on voit à quel point l'Ukraine s'est développé sur ces technologies.
Non, absolument mais Samantha a tout à fait raison. Ce sera autant profitable à la France qu'à l'Ukraine, peut-être même plus hein. Ça va être une question de transfert de technologie.
Il faut saluer l'engagement du ministre de Sébastien Lecnu dans dans le domaine. Et pour rappeler euh le la difficulté pour les entreprises ukrainiennes d'installer des unités de production en France, il faut rappeler que les agréments de défense sont très loin à obtenir. Euh et puis euh 90 à 80, on avait promis une simplification, une très compliqué.
C'est très compliqué. 90 à 95 % de leur production de toute manière doit être utilisé sur le champ de bataille ukrainien. Donc c'est c'est compliqué pour eux. néanmoins plus tard pour exporter, ils auront besoin de éventuellement donc de construire en en France ou ou dans l'Union européenne.
Et pour compléter cette pour compléter ce dossier et ce projet, il y a un autre projet qui est il y a un fond d'investissement franco-rainien qui s'est monté qui a été monté par l'homme d'affaires Arnaud d'Acier qui s'appelle Dronifka. Il s'occupe là de la formation de pilotes français et ukrainiens qui ont donc les commandes en main. Voilà, un un tron commun de un tranc commun de de de formation en s'appuyant notamment sur l'expérience des pilotes français qui œuvrent en Ukraine à l'heure actuelle auprès des services spéciaux ukrainiens, soit Gour, soit SBO.
H général quand quand on évoquait il y a encore peu de mois notamment suite à la déclaration d'Emmanuel Macron, son allocution de cette menace russe de ce besoin de se réarmer du réarmement à la française. Il était question à un moment donné dans le débat public de transformer des lignes de production. On parlait peut-être machine à laver qui produirait pas du jour au lendemain absolument d'une certaine logistique.
On en est quand même encore très loin. Là on parle de production partenariat avec entreprise française en Ukraine. Oui, absolument.
Alors, je pense que l'aspect l'aspect coût efficacité est très important comme il faut aller vite comme vous le disiez. Et euh effectivement la première remarque sur les sur les drones, c'est que ce sont des produits high-tech mais qui ne sont pas chers. H et ça normalement euh dans enfin moi j'ai été habitué à ce que à chaque fois qu'on faisait de l'innovation et qu'on on acquérait des nouvelles technologies, c'était un renforcement du coût.
Là c'est c'est le contraire parce que avec des moyens finalement on parle des drones FPV là first personal View qui sont les drones Kamikaz on arrive à détruire des produits enfin des chars ou d'autres systèmes qui coûtent plusieurs dizaines de millions d'euros avec des engins qui eux coûtent entre 300 et et et 3000 € en gros 300 et 3000 donc on voit on voit si vous voulez l'avantage de ce système là et et ce système là bénéficie aussi de l'émulation qu'il y a dans le secteur civil parce que au départ c'était plutôt les drones civils qui ont tiré au point de vue technologique les les drones militaires et maintenant on a récupéré tout ce qui se fait dans les start-ups civils aussi pour les adapter et les transférer avec le besoin militaire si vous voulez. Donc tout ça fait que euh bah les drones c'est vraiment un produit essentiel qu'on peut produire en quantité justement parce qu'ils sont pas quand on voit quand on voit les besoins ou les chiffres Samantha de projection annoncé notamment par les crèes je le disais à Vincent plus de 4 millions et demi pour la seule année 2025 parce que c'est facile à produire c'est facile aussi à battre c'est ça aussi qu'on voit sur 10000 par jour sur le sur le terrain Oui. Il y a il y a même en Ukraine un phénomène absolument étonnant, c'est qu'il y a des drones qui sont imprimés avec des imprimantes 3D.
Donc c'est là c'est là où on en est. Et donc on parlait le général parlait du coup si on se retourne sur l'opération euh toile d'araignée. Donc cette grande opération des drones ukrainiens qui avaient été acheminé dans des camions pour pour détruire des avions russes.
Le coût estimé de l'opération est environ certains très très conservateurs, c'est 70000 dollars jusqu'à environ 1 million pour détruire 7 milliards enfin une de l'équipement d'une valeur de 7 milliards de dollars. Donc vous voyez le le la capacité destructrice d'un drone par rapport à son coût si vous voulez. Et on a vu la dernière opération Vincent d'un mot euh de ces derniers jours, des Ukrainiens montés depuis de nombreux mois.
C'est ça a été oui incroyable. Incroyable avec vraissemblement des FPV qui ont été augmentés avec de l'intelligence artificielle certainement. Il faut il faut bien se rendre compte de l'inventivité des ingénieurs ukrainiens à la matière qui jour après jour toutes les 24 heur font des retours d'expérience sur les attaques et modifient leurs produits en permanence. hein, on est on est on est en H24 en temps réel et c'est absolument exceptionnel.
Le seul problème, c'est que ça modifie terriblement aussi le visage de la guerre et la vulnérabilité des des fantassins était épouvantablement engagé.
Sébastien Lecornu