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interviewFrance Inter — Le téléphone sonne· 16 décembre 2024 38 min

Bayrou à Matignon : qui perd, qui gagne ?

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

3 jours de matignon, je vous accorde que ce n'est pas beaucoup, mais il est arrivé quand même vendredi dans les conditions que l'on sait. Un président à qui vraisemblablement on a un peu forcé la main. Le Premier ministre qui reste, maire de Pau, et qui va répondre tout seul devant le Parlement aux questions au Premier ministre, faute de gouvernement. Est-ce qu'on peut dire déjà qu'il y a une sorte de patte François Bayrou, un style qu'il entend en tout cas imprimé ? Est-ce qu'il a surtout des clés le nouveau Premier ministre que Michel Barnier n'avait pas et qui lui éviteront la censure dans les 3 mois ? Parce que lui aussi, il a, devinez quoi, un budget sur le feu.

Alors est-ce qu'il bénéficie aussi du précédent ? Les parlementaires ne vont pas censurer le gouvernement tous les 4 matins, à moins qu'eux, me direz-vous. Les premières sorties de Matignon ont été assez sereines. On n'a entendu que Marine Le Pen et Olivier Faure, l'une qui attend de voir, l'autre qui est sur sa fin, voilà ce qu'on a dit. LR et Renaissance, non, rien dit eux. Une fois qu'on en est là, ça ne nous promet pas un gouvernement pour Noël, un gouvernement de personnalité, en tout cas c'est ce qu'a dit le Premier ministre, des personnalités d'expérience. On va en parler, est-ce que ça veut dire débauchage au coup par coup ? Est-ce que c'est sale idée ?

Et puis surtout, on attend de voir les relations avec le Président. Il n'y aura aucun affrontement entre le Président et le Premier ministre. C'est ce qu'a dit François Bayrou dans la tribune dimanche hier. Mais de fait, est-ce que les conditions de l'arrivée de François Bayrou n'ont pas instauré déjà une sorte de rapport de force ? Qu'est-ce qu'on fait maintenant au fil des semaines ? Voilà où nous en sommes. François Bayrou peut-il réussir ? Là où Michel Barnier a échoué, c'est le téléphone sonne et soyez les bienvenus. Le téléphone sonne. 01 45 24 7000. Vous êtes le premier, Claude, et vous êtes le bienvenu. Bonsoir.

1:42
Auditeur

Oui, bonsoir. Merci de prendre ma remarque. Effectivement, je rebondis sur le gouvernement de personnalité. Parce que compte tenu de la difficulté de trouver un équilibre politique avec les différents partis dans la composition de ce gouvernement, j'imaginais pourquoi pas un gouvernement avec des personnalités de la société civile, on va dire presque incontournables dans chaque domaine, et ce serait un gouvernement pratiquement apolitique, entre guillemets, et qui pourrait discuter avec l'ensemble des partis. Parce que dès qu'on met un ministre d'un parti déterminé dans le gouvernement comme Barnier, comme le gouvernement de Barnier, on a vu les confrontations que cela génère.

2:24
Présentateur

Merci beaucoup, Claude, pour cette entrée en matière. Le gouvernement technique, décidément, ça revient toujours. C'est comme les hirondelles au printemps, mais on va y venir, parce que vous êtes très très nombreux, comme Claude, à nous poser la question. Pour discuter ensemble ce soir, il y a Anne-Charlène Bézina, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes constitutionnaliste, vous êtes maîtresse de conférence en droit public à l'Université de Rouen. Il y a Marcel Ouest-Fred, bonsoir. Bonsoir. Journaliste au service politique du Parisien, aujourd'hui en France, et Julien Nenni, bonsoir Julien. Bonsoir Fabienne. Au service politique de France Inter, Julien. Bien sûr, allons-y, Anne-Charlène Bézina.

C'est fou que, depuis qu'on parle politique, intensément au téléphone sonne, depuis qu'on prie la tentative de gouvernement, le premier, celui de Michel Barnier, à la fin, les auditeurs nous ramènent à ce fameux gouvernement technique. Est-ce que c'est pas... On a l'impression qu'on cherche la martingale, et qu'on a l'impression que c'est la solution à tout. Moi, je suis un peu sceptique, mais dites-moi ce que vous en pensez.

3:13
Invité

Alors, justement, je pense que si on imagine que c'est la solution miracle, on ne peut que courir vers une déception. Mais néanmoins, c'est quelque chose auquel il faut penser. Notamment parce qu'on croit que c'est une idée nouvelle, mais parce qu'en réalité, on l'a déjà plusieurs fois fait, notamment sous la Ve République. Et le premier gouvernement du général Le Gaulle, il appelait ça mon gouvernement de technicien. Donc, vous voyez, on n'est pas très loin du gouvernement technique.

Et je crois que dans les périodes politiques où l'Assemblée nationale est à ce point-là fracturée, l'idée d'aller chercher justement ce qu'on a dit des représentants dans chacun des ministères, qui soient un petit peu plus au fait professionnellement, peut t'aider. Néanmoins, moi, ce sur quoi je suis réservée, c'est que je ne sais pas s'il existe véritablement des gouvernements.

3:51
Présentateur

J'allais dire que tout est politique, en fait. Toute décision est politique. Donc, ça n'existe pas, en fait.

3:56
Invité

Surtout dans le moment qu'on est en train de vivre. C'est-à-dire qu'à mon avis, c'est la chance de François Bayrou d'essayer de trouver la voie de la gauche. C'est-à-dire qu'on a entendu un parti socialiste beaucoup moins hostile que ce qu'il n'a pu l'être pendant la période de l'été au gouvernement Barnier, capable de parler d'un accord de non-censure, capable de parler, déjà, avec ce Premier ministre. Donc, si ça n'est pas à ce moment-là que le parti socialiste choisit, justement, peut-être un accord positif vers ce nouveau gouvernement, peut-être même des ministres qui seraient présents, là, on risque de manquer une belle occasion.

4:30
Présentateur

On va revenir sur deux choses. D'abord, Marcel Ovest-Fred, moi, je voudrais bien avoir votre avis aussi sur ce fameux gouvernement technique. J'entends bien la tentation, en fait, de nos auditeurs, parce que ce qu'ils nous disent, c'est de toute façon, ils font n'importe quoi, donc autant discuter avec des gens qui savent de quoi ils parlent. Mais tout est politique. Je veux dire, par exemple, le budget sur lequel on va devoir revenir, il n'y a rien de plus politique qu'un budget, au final.

4:49
Invité

Le budget est l'opération la plus éminemment politique qui existe, puisqu'on a 60 milliards d'efforts à trouver et encore plus, puisque là, les prévisions de croissance vont être revues à la baisse. Où est-ce que vous les trouvez ? Vous ponctionnez les entreprises, les grandes entreprises, les petites, c'est politique. Vous allez sur les ménages, lesquels ? Les riches ? La classe moyenne ? Vous estimez que les travailleurs doivent être laissés de côté ? C'est politique. Les collectivités locales, elles sont responsables ? Elles ne sont pas responsables. Les grandes villes ? Les petites villes ?

Donc, en fait, c'est un moment politique et il est en plus d'autant plus politique que la survie du prochain gouvernement va dépendre de la capacité à naviguer au Parlement et notamment à l'Assemblée nationale entre les groupes politiques. C'est pour ça que François Bayrou commence par recevoir les groupes politiques, les chefs de groupes à l'Assemblée nationale. C'est ça le principal. Donc, ce qu'il faut en ce moment, c'est des profils politiques, voire des profils juridiques, parce qu'on rentre quand même beaucoup dans une sorte de no man's land juridique. Donc, il va falloir trouver des chemins politiques et juridiques.

5:53
Présentateur

Est-ce que, Julien Nenny, on voit, c'est la question que je posais tout à l'heure, et pour rebondir sur ce que dit Marcello, est-ce qu'on voit une patte Bayrou qui est en train de se dessiner ou pas ? Ou en tout cas, quelque chose qui se différencie de la méthode Barnier juste avant lui ?

6:06
François Bayrou

Alors, ce qui est certain, c'est que François Bayrou, c'est un poids lourd politique. Ça, c'est clair. Il a fait tout ce qu'on appelle le cursus honorum de l'homme politique. Vous me direz, Michel Barnier, c'était pareil. La différence, c'est que François Bayrou, c'est un patron de parti, qu'il n'est pas complètement affilié à Emmanuel Macron. C'est certes son allié depuis 2017. Et puis, la méthode est différente pour l'instant. Commencé par Marine Le Pen, c'est un premier signe. Il a décidé de faire ça par ordre décroissant du nombre de députés par groupe. C'est comme ça qu'il l'a dit, d'ailleurs. Il a été à l'Assemblée. Donc, il commence par Marine Le Pen.

On sait que les relations entre François Bayrou et le RN et singulièrement Marine Le Pen sont plutôt bonnes. Ce n'était pas évident sur le papier entre un centriste et une personnalité d'extrême droite. Il a toujours défendu la proportionnelle comme Marine Le Pen. Il l'a d'ailleurs défendue aussi au moment des réquisitions du parquet le mois dernier, en parlant de la justice contre Marine Le Pen. Bref, les deux s'entendent plutôt bien ou en tout cas se respectent. C'est une forme d'indulgence de Marine Le Pen. Et ça, ça peut faire la différence aussi par rapport à Michel Barnier.

7:05
Présentateur

On a parlé de la gauche, Marcello Vesfray, tout à l'heure. C'est Anne-Charlène Bézina qui a mis la gauche sur le tapis, si je puis dire. Effectivement, on a entendu sortir tous ceux qui ont parlé, d'ailleurs, c'était le RN et le PS, de manière beaucoup plus détendue. Est-ce qu'on dit ça comme ça ? Que précédemment ? Moi, j'ai deux questions là-dessus. Est-ce que c'est la première ? Est-ce que c'est d'abord parce que on sait aussi ce qu'on ne veut pas refaire ou en tout cas pas refaire tout de suite ? Donc, c'est bon. On a donné pour voir. On a montré aussi aux Français, nous, on sait déployer la censure si on le veut. Maintenant, on ne va pas le faire non plus tous les quatre matins.

Est-ce que c'est ça la raison ? Ou est-ce qu'il y a une ouverture, notamment à gauche, dans ce gouvernement, malgré ce que dit Olivier Faure pour l'instant ?

7:43
Invité

Alors, le PS a nettement changé de stratégie, en tout cas de positionnement. Il s'est passé quelque chose. Ce n'est pas un parti révolutionnaire. Donc, une censure, ça va, mais deux censures, ça commence à être une sorte de stratégie du chaos qui n'est pas la sienne. Le Parti Socialiste n'est pas un parti qui demande la destitution du chef de l'État. Ils n'ont pas, aussi d'ailleurs, pour des raisons purement pragmatiques, c'est qu'ils n'ont pas de candidats à ce stade. Donc, ils ne veulent pas... Ils ont besoin de temps, en fait. Ils ont besoin de temps. Donc, en fait, ils ne veulent pas célébrer les choses.

Et puis, par ailleurs, ils ont vu aussi que l'exercice du pouvoir permettait de faire des tremplins en termes de popularité. Bruno Retailleau est devenu une personnalité incontournable. À gauche, ce qui pose un problème à Laurent Wauquiez, pardon pour le lapsus, ce qui pose un problème, c'est-à-dire que quand vous êtes en exercice, vous pouvez aussi démontrer ce que vous êtes capable de faire. Et pour des socialistes qui sont encore à la remorque de LFI, de leur point de vue, ça peut être une occasion à saisir.

8:42
Présentateur

Quand vous vous imprimez, vous rentrez dans les sondages. Une fois que vous êtes rentrés dans les sondages, ça provoque une espèce d'effet boule de neige. Anne-Charlène Bézina, quand même, pour rester sur la gauche, on verra si on y reviendra avec nos auditeurs, c'est vrai qu'on a tous entendu des propos qui étaient finalement dire comme ça. Mais en même temps, ce qu'on voit de la gauche, c'est donc pas de soutien dont acte, pas de participation dont acte, mais pas de censure. Pardon, mais quoi alors ? C'est compliqué les trois à la fois, non ?

9:07
Invité

Alors, clairement, sous la Ve République, ce qu'est un accord de non-censure, moi je ne connais pas.

9:12
Présentateur

D'accord, vous la constitutionnaliste, vous ne savez pas ce que c'est.

9:14
Invité

On ne sait pas trop ce que ça signifie, d'autant qu'à mon sens, c'est associé à des termes assez dangereux qui consistent à se dire on n'utilisera pas d'article 49.3 et on n'utilisera pas d'article 49.2, c'est-à-dire en fait on n'utilise pas les armes de la Ve République. Donc ça, ça peut être à mon avis un peu tendancieux, mais moi j'ajoute quelque chose, c'est que le Président de la République a quand même dit qu'il entendait éloigner l'arme de la dissolution et que de ce fait-là on allait avoir un tempo beaucoup plus long. Ce qui à mon sens a au moins une vertu, c'est de désolidariser potentiellement le PS qui voudrait prendre des libertés avec son accord de nouveaux fronts populaires.

Et je crois que c'est l'heure de vérité parce que comme vous l'avez dit, finalement la stratégie qui consiste à se dire que les motions de censure seront déposées, qu'on en revient à l'instabilité politique de la 4ème République, eh bien ça n'est pas nécessairement déjà servir les Français et ça n'est pas ce que veulent profondément ce que veulent en tout cas les édiles du Parti Socialiste parce qu'il y a cette démonstration du parti de gouvernement qui est ici en jeu. Alors, pas de soutien, pas de participation, on a quand même un Olivier Faure qui dit pour le moment, on n'a pas eu vraiment d'écoute ni d'entente mais rien n'est exclu.

Je rappelle quand même que sur le projet de loi de finances, il y a beaucoup de députés socialistes qui ont voté des amendements avec le groupe Modem de François Bayrou. Donc, c'est l'un des, on va dire, des partis chevilles avec lesquels ils sont susceptibles de s'entendre le mieux. Plus de convergence entre les socialistes et le Modem qu'il n'y en avait avec les Renaissance. Exactement.

Donc, si ce n'est pas ce moment-là qui est saisi finalement par le Parti Socialiste pour se désolidariser et pour essayer de créer finalement ce contrat d'urgence des Français, cette alliance programmatique dont a parlé d'ailleurs Olivier Faure, moi je crois qu'on va louper un coche très important pour cet avenir finalement de la vie parlementaire. Voici Patrice

10:52
Présentateur

qui nous appelle de la Meuse. Bonsoir Patrice. Oui, bonsoir. On vous écoute.

10:56
Auditeur

Les citoyens sont en quête d'intégrité de la part des hommes politiques. François Bayrou est lui-même sous le coup d'une enquête. Est-ce qu'il peut arriver à un consensus politique en regard de la moralité exigée par les citoyens ? Je dois dire, je fais quand même une différence entre une personne qui est sous le coup d'une enquête qui pour l'instant est présomée innocente et puisque les mots ont un sens, une crapule par exemple comme Nicolas Sarkozy qui se permet de donner des leçons devant les caméras au lieu d'embourprer son visage de honte comme le disait le poète Léo Ferré.

11:26
Présentateur

Merci Patrice pour cette remarque. Alors, Julien Nenni sur les ennuis judiciaires, c'est l'allusion que fait Patrice. Il faut redire aux gens qui nous écoutent, c'est aussi l'histoire d'assistant parlementaire européen pour François Bayrou relaxé en première instance. Il y a juste un appel dont le deuxième procès

11:42
François Bayrou

n'a pas eu lieu. Voilà, la date n'a pas encore été fixée d'ailleurs par la justice. L'appel avait été annoncé au mois de février dernier au moment où François Bayrou avait été relaxé. Relaxé au bénéfice du doute pour dire les choses très clairement. Exactement. Il y a cette épée de Damoclès qui plane toujours au-dessus de François Bayrou et du Modem dans une affaire assez comparable d'ailleurs à celle qui frappe Marine Le Pen et le Rappel de Monde nationale. Sauf que les sommes sont quand même très très différentes. Ils n'étaient pas

12:04
Invité

députés européens, ça c'est important de le dire, ils n'étaient pas députés européens au moment où les choses se passent donc les peines

12:14
Présentateur

sauf qu'ils pouvaient légitimement ignorer ce qui se passait. D'ailleurs, il pourrait être tout à fait complet juridiquement sur cette question. Dans mes souvenirs qui sont lointains, les réquisitions parlaient de prison avec sursis et de trois ans d'inéligibilité. Est-ce que c'est ça ? Non, vous vous souvenez ça ?

12:29
Invité

Il me semble que l'inéligibilité n'est pas probante en tout cas pour François Bayrou ne serait-ce que là sur l'appel. Mais il faut rappeler en effet que cette question de l'inéligibilité elle est liée au mandat. Donc François Bayrou n'encourt pas la même peine que... 70 000 euros d'amende

12:43
Présentateur

et trois ans d'inéligibilité.

12:45
François Bayrou

Mais pour répondre à Patrice effectivement en termes de morale publique

12:48
Présentateur

à sortir d'un sursis.

12:49
François Bayrou

C'est ça. Pour répondre à Patrice en termes de morale publique de morale politique effectivement il y a cette menace qui plane toujours sur François Bayrou on ne sait pas quand le procès en appel aura lieu quand la sentence tombera ou non sur François Bayrou mais forcément ça jette une ombre peut-être sur le début de son bail à Matignon.

13:04
Présentateur

On a une question de Philippe sur WhatsApp et alors Philippe vous allez être le représentant il y a une question qui est en train d'arriver de Laurent à Messe-Dépêchez-vous d'arriver Laurent parce que c'est pas grave je la pose quand même on a Philippe qui dit pourquoi et comment est-ce possible que François Bayrou cumule son poste de maire de Pau et celui de premier ministre merci pour votre réponse nous dit Philippe il n'est pas tout seul on entendra donc Laurent dans un instant c'est la question du soir est-ce qu'il a le droit Charline Bézina ça c'est sûr il a le droit après est-ce qu'il devrait ?

13:31
Invité

Alors c'est l'article 23 de notre constitution qui donne la réponse oui il est possible de cumuler son mandat avec le mandat d'un exécutif local c'est arrivé d'ancien premier ministre de la 5ème république Alain Juppé le dernier Alain Juppé le dernier en effet pour une ville qui n'était pas petite non plus est-ce qu'il faut c'est vrai que on va dire le regard des français a changé là-dessus notamment depuis qu'on interdit ce cumul aux députés donc il y a une forme de paradoxe qui est préservé dans notre constitution avec le fait que les députés ne peuvent plus être maires alors que les ministres eux le peuvent on sait l'attachement j'ai envie de dire presque viscérale de François Bayrou à sa mairie donc ça risque d'être difficile pour lui de lui faire choisir mais c'est vrai qu'un mandat de premier ministre ça devrait l'occuper pas mal de temps vous allez pouvoir répondre

14:16
Présentateur

Marcel Ovest-Fred mais comme on a moitié mangé la question de Laurent je voudrais quand même l'accueillir sur l'antenne bonsoir Laurent Laurent si on n'entend plus Laurent ça va être un souci Laurent est-ce que vous êtes là ? tant qu'on a perdu Laurent Marcel Ovest-Fred elle a raison Anne-Charlene Bézina ah pardon Laurent est là on vous écoute Laurent soyez le bienvenu

14:38
Auditeur

oui bonjour bien des personnes qui deviennent président de région ou bien ministre qui passent leur temps dans le capital régional ou bien à Paris ce qu'ils peuvent faire c'est démissionner de leur mandat de maire mais rester informé en étant simple conseiller municipal et logiquement c'est le premier adjoint qui devient qui devient maire donc monsieur Bayrou pourrait très bien être informé de ce qui se passe à Pau en étant simple conseiller municipal et en se consacrant à temps plein ben vu les dossiers qu'il y a en tant que premier ministre maintenant l'attachement qu'ont les gens le cumul des mandats les privilèges il faut rationaliser un petit peu les choses si on regarde vraiment l'efficacité ben voilà il peut très bien ne se contenter que d'être adjoint et pas maire

15:30
Présentateur

merci Laurent merci beaucoup Marcel Westfret c'est ce qu'avait fait Edouard Philippe d'ailleurs

15:34
Invité

ça raconte deux choses la première c'est qu'il y a une telle instabilité politique que personne ne monte sur le bateau d'un gouvernement en se disant

15:42
Présentateur

c'est ça qu'il fait vous pensez il assure ses arrières en fait

15:44
Invité

ce n'est pas la seule raison parce qu'en fait le tournant pour moi il est dans le gouvernement précédent sous Barnier il y avait 5 ministres qui cumulaient avec leur poste de maire pourquoi parce que aussi on a le retour de personnalité d'expérience on appellerait ça le vieux monde souvenez-vous la promesse d'Emmanuel Macron c'était d'arriver avec la société civile des gens qui ne faisaient pas le cursus honorum dont il a été question tout à l'heure qui ne sont pas des professionnels de la politique et cette promesse-là elle est arrivée un peu à ses limites on a vu des gens qui ne savaient pas parler dans les médias qui étaient des gens de dossiers qui étaient des technos qui pensaient que 5 euros sur les appels en moins ça ne s'était pas grave etc.

donc on est revenu à l'idée que des gens qui croisent des concitoyens tous les matins ou qui ont des permanences finalement c'est pas mal et donc on a maintenant un premier ministre de 73 ans Michel Barnier avait 73 ans des gens qu'il a fait 20 ans député François Bayrou il a été 10 ans maire de Pau il n'a pas envie d'abandonner et même d'une certaine façon il le revendique parce que ce qu'il fait ce soir c'est pas d'avoir la mairie honteuse il le revendique

16:49
Présentateur

c'est le moins qu'on puisse dire puisque pour expliquer aux gens qui nous écoutent il y a une réunion interministérielle au sujet de Mayotte et lui il est en distanciel puisqu'il est à Pau le conseil municipal au même moment Julien Nenny mais en même temps il pourrait effectivement garder le conseil municipal mais lâcher la mairie et c'est ça qu'il se refuse à faire

17:07
François Bayrou

Oui il s'y refuse et je vais même aller encore plus loin il y a dans la même veine jeudi soir le même type de réunion à l'agglo puisqu'il est aussi président de l'agglo à Pau et il veut aussi rester président de l'agglo François Bayrou donc non seulement il le revendique mais j'allais dire il en fait presque un étendard oui je suis un élu local bien implanté dans ma ville de Pau et dans l'agglomération autour et ça nourrit entre guillemets mon action politique à Matignon d'ailleurs j'avais au téléphone tout à l'heure son premier adjoint qui s'occupe des finances à la mairie de Pau et qui lui aussi ne voit pas le problème entre guillemets il dit ça fait des années qu'on s'organise comme ça ça ne date pas d'hier que François Bayrou ait des activités nationales des responsabilités nationales on s'organise très bien il n'y a pas de raison que ça change

17:46
Présentateur

Est-ce que ça veut dire Anne-Charlène Bézina que là aussi c'est une manière d'imprimer sa personnalité finalement et de dire je suis un premier ministre atypique je revendique un premier ministre atypique ce qui est une manière à la fois de se démarquer du prédécesseur mais peut-être aussi de se démarquer du président de la République d'ailleurs je suis l'homme qui a un ancrage local vous êtes le président qui n'en a pas etc. c'est aussi dans sa narrative pour employer un très moche mot Je le crois profondément

18:13
Invité

en effet que c'est une patte en quelque sorte en tout cas c'est son style mais vraiment comme vous l'avez dit il était quand même déjà au commissariat au plan sans s'estimer qu'il y avait forcément un problème de cumul donc je crois que ça fait partie de son ADN ça fait partie de son cycle politique à lui je rappelle quand même pour une petite nuance c'est vrai qu'en effet il y a eu ce ce jeunisme pardonnez-moi ce moche mot là aussi mais en 2017 avec quand même une petite réserve il y avait quand même pas mal de barons et de poids lourds dans le tout premier gouvernement d'Emmanuel Macron Richard Ferrand François Bayrou Gérard Collomb qui l'accompagnait et François Bayrou d'ailleurs a sa propre conception de la moralisation de la vie politique à laquelle il est très attaché disons-le quand même puisque c'est vrai que ça faisait partie de son contrat avec Emmanuel Macron en 2017 il a apporté ses voix à partir du moment où ce projet-là était sur la table projet qui n'a pas pu voir le jour à cause de l'affaire Benalla mais c'est vrai que l'idée d'un non-cumul en tout cas des mandats dans le temps l'idée d'un renouvellement de la vie politique il n'y est absolument pas hostile l'idée d'une meilleure probité des gouvernants c'était aussi un de ses fers de lance donc je crois que l'idée d'un ancrage local n'est pas pour lui forcément synonyme d'une forme de corruption des élites à laquelle précisément il est attaché de lutter je pense qu'il a besoin de mettre en scène une forme de rupture avec Emmanuel Macron parce que sinon il n'arrivera pas à trouver une coalition qui soit plus stable et plus large que la précédente regardez quand même ce qui s'est passé aujourd'hui il y a 6 jours Emmanuel Macron reçoit oui c'était il y a 6 jours Emmanuel Macron reçoit tout le monde à l'Elysée les chefs de parti pour une réunion donc quelque chose de collectif autour d'une table et la seule chose la seule condition c'est qu'il dit je ne veux pas du RN et je ne veux pas de LFI et il dit il demande à François Bayrou de refaire la même chose demain François Bayrou dit non non moi je vais recevoir tout le monde en individuel et je commence par les proscrits je commence par le RN donc en fait il est vraiment en train d'imprimer une patte différente de le faire savoir parce qu'il a besoin de ne pas apparaître comme le copier-coller ou le lieutenant ou le premier héritier du macronisme

20:13
Présentateur

mais est-ce qu'on est dans des relations qui vont être compliquées qui vont être rugueuses qui vont être glaciales est-ce qu'il va le snobber le président de la république qu'est-ce qu'on imagine Julien Némy ?

20:25
François Bayrou

les conditions de la nomination de François Bayrou vendredi matin rocambolesque on en a beaucoup parlé déjà pose le décor si vous me permettez parce que forcément l'espèce de chantage qui a permis à François Bayrou d'accéder à Matignon alors que je le rappelle Emmanuel Macron voulait nommer Sébastien Lecornu vendredi matin et a pris 1h45 pour l'expliquer à François Bayrou en tête à tête à l'Elysée forcément ça pose un rapport de force qui aura des conséquences sur la suite et sur la relation au sein du couple exécutif et puis ensuite François Bayrou il faut bien que nos auditeurs comprennent que ça n'a jamais été un affilié il tient plus que tout à sa liberté c'est pas quelqu'un qui a le sens de la hiérarchie entre guillemets il respecte bien sûr la fonction du président de la république mais il a son autonomie propre c'est d'ailleurs c'était d'ailleurs l'un des arguments pour pousser sa candidature à Matignon on verra comment ça se passe entre les deux mais pour l'instant vous avez remarqué pendant son discours à Matignon pendant la passation de pouvoir à aucun moment il a remercié le président de la république à qui pourtant il doit tout

21:15
Présentateur

et puis on refait l'histoire un petit peu Marcel Ovest-Fred mais pour expliquer aux gens en 2016 Emmanuel Macron pour François Bayrou c'est le candidat banquier etc enfin c'est le diable en 2017 il y a le ralliement et c'est ce qui permet à Emmanuel Macron de gagner la présidentielle depuis il est l'allié qu'est-ce qu'il est aujourd'hui est-ce qu'il est un premier ministre de cohabitation est-ce qu'il est un premier ministre de je ne me souviens plus quel était le terme employé par Emmanuel Macron d'exigence oui il y a eu plusieurs néologimes de coexistence voilà de coexistence exigeante

21:44
Invité

très difficile à dire avec les deux X

21:45
Présentateur

exactement donc qu'est-ce qu'il est là il est en quoi vis-à-vis d'Emmanuel Macron

21:50
Invité

alors il a toujours eu cette relation ambivalente c'est-à-dire à la fois celui qui a permis à Emmanuel Macron d'avoir ce destin-là et en même temps quelqu'un qui a passé son temps à revendiquer des pas de côté tout en étant à l'Elysée très régulièrement mais sur les retraites ou autres les gilets jaunes à chaque fois il a avec beaucoup avec fracas parfois fait entendre sa différence je pense qu'il sera un premier ministre il a dit de complémentarité moi je vais dire de simili cohabitation parce que quand même mais pourquoi simili sérieusement regardez parce qu'il y a un point aujourd'hui je trouve qui est plus qu'anecdotique et qui relie les deux sujets dont on vient de parler il a choisi comme directeur de cabinet son ancien directeur général des services de peau normalement décidément directeur de cabinet très souvent c'est un haut fonctionnaire qui vient du trésor qui a fait tous les hauts postes de l'Etat pourquoi il nomme quelqu'un qui vient de peau et quelqu'un qui du coup n'est pas connecté à on va dire l'appareil d'Etat dans lequel la Macronie est très insérée donc c'est aussi une façon un il dit mes racines locales et deux il dit bah les pattes c'est moi et tout seul et vous ne m'imposerez rien là où Emmanuel Macron a imposé les directeurs de cabinet de tous les premiers ministres à l'exception de celui d'Edouard Philippe

23:02
Présentateur

est-ce qu'on dit Anne-Charlene Bézina que c'est le crépuscule d'Emmanuel Macron sérieusement là ce moment-là ce n'était pas forcément le cas avec le gouvernement précédent maintenant ça y est

23:09
Invité

alors précisément moi je vais apporter une petite nuance c'est que je me demande jusqu'à quel point tout cela aurait été possible avec un Emmanuel Macron qui n'aurait pas donné en quelque sorte une forme d'accord à cela parce que la coexistence exigeante elle existait déjà avec Michel Barnier précisément on avait débranché les fils c'est pas moi qui le dit c'est le secrétariat général de l'Elysée déjà depuis le mois de septembre pourquoi ?

parce que la donne elle est nouvelle la majorité relative à l'Assemblée nationale elle donne évidemment le coup de projecteur sur le Premier ministre c'est de lui qu'on attend la coalition le compromis les textes le budget la lutte finalement c'est la Ve République qui fait ça donc le Président de la République à mon sens il redevient Président de la République c'est-à-dire qu'il a son rôle d'unité de la nation à l'international de chapeauter aussi le mécanisme mais ça n'est pas à lui de se mêler de la politique quotidienne c'est vrai

23:54
Présentateur

sauf que c'est pas dans l'ADN d'Emmanuel Macron donc la question est de savoir s'il l'a intégré dans son nouvel ADN ou si ça lui fait mal tous les jours

24:01
Invité

moi je pense non seulement il l'a intégré mais qu'il y a intérêt aussi parce qu'il ne faut pas oublier que la donne à l'Assemblée nationale elle n'est pas simple elle signifie aussi qu'on est peut-être à l'aube d'une très grande instabilité donc l'instabilité elle joue en défaveur du Président de la République donc la seule chose l'intérêt qui est le sien c'est finalement de mettre la responsabilité sur l'article 20 de notre constitution le Premier ministre détermine et conduit la politique de la nation je crois que c'est vraiment dans ce moment-là qu'on va retrouver le Président de la République qu'on devrait avoir en fait depuis 58 c'est-à-dire quelqu'un qui est en soutien de son Premier ministre mais qui ne décide pas pour lui Il se fait violence Manuel Macron à votre avis Marcel Ovestre Considérablement et je pense que dès qu'il aura l'occasion de...

un interstice pour revenir il reviendra il essaiera de reposer dans cette réunion dont on parle enfin l'existence même il y a moins d'une semaine d'une réunion où il convie tous les partis pour essayer de trouver une majorité viable c'est une mission de Premier ministre ce n'est pas un Président de la République de le faire donc il a gouverné de façon très verticale pendant de nombreuses années c'était déjà très difficile avec Michel Barnier qu'il trouvait que ce Premier ministre-là prenait un peu trop ses aises François Bayrou c'est quelqu'un qui a un caractère qui est très soucieux de ses prérogatives c'est quelqu'un qui a un poids politique qui a beaucoup d'expérience et qui considère même que d'une certaine façon Emmanuel Macron lui a volé sa victoire historiquement considère que c'était lui le dépassement le nid droite ni gauche c'est lui que pendant des années il a travaillé la terre comme il le dit d'ailleurs dans Le Monde dans un article il a travaillé la terre et c'est tout à coup un agriculteur qui s'appelait Emmanuel Macron qui est venu et qui a récolté tout ça donc il considère que c'est juste un juste retour des choses de l'histoire et n'oubliez pas que par ailleurs il a des ambitions pour 2027 donc il a besoin de transformer son passage à Matignon en tremplin

25:55
Présentateur

voilà donc il n'y va pas comme Michel Barnier pour le bien de la France il y va pour essayer d'ouvrir une autre porte plus tard je vous vois tous plus ou moins d'accord avec ça il a toujours dit

26:05
Invité

il a toujours dit à chaque fois qu'il a été interrogé il n'a jamais fermé la porte il n'a jamais fermé la porte il a parlé de l'âge de Biden etc donc voilà

26:11
Présentateur

ça peut retourner contre lui l'âge de Biden on est en train de parler de ce nouveau gouvernement pas encore formé de ce à quoi il peut ressembler de ce qui peut se passer dans les jours et dans les semaines qui viennent nos téléphones sonnent avec Marcel Ovest-Fred qui est journaliste au service politique du Parisien aujourd'hui en France avec Anne-Charlène Bézina qui est constitutionnaliste avec Julien Néni qui est du service politique de France Inter bien sûr et avec vous Mathieu bonsoir Mathieu

26:34
Auditeur

oui bonsoir on vous écoute Mathieu oui j'avais une question assez simple est-ce que François Bayrou ne pourrait pas constituer son gouvernement en nommant ses ministres au pro-rata des dernières élections législatives

26:50
Présentateur

ce qui voudrait dire merci beaucoup Mathieu Anne-Charlène Bézina si on joue à ça il y a des ministres à Rennes et des ministres socialistes à l'intérieur d'un même gouvernement pour les coups à gauche en tout cas du nouveau front populaire disons-le plutôt comme ça

27:03
Invité

ce serait inédit ça serait inédit ça existait quand même dans notre histoire ce qu'on a appelé des gouvernements d'unité nationale je rappelle quand même que dans son allocution le président de la République a appelé à un gouvernement d'intérêt général dont personne ne sait vraiment ce que ça veut dire mais je crois que la stratégie du dépassement elle est plus que jamais réelle donc qu'on soit au pro-rata j'en suis pas convaincue notamment parce que le RN et le LFI ont fait savoir qu'ils n'entreraient jamais dans un gouvernement qui ne serait pas le leur ce qui est une forme d'interprétation historique de ce qu'on appelait le soutien sans participation la conquête du pouvoir l'exercice du pouvoir mais comme les socialistes ont dit qu'ils ne participent pas

27:37
Présentateur

à un gouvernement qui ne serait pas dirigé par la gauche

27:39
Invité

même le PS même si on voit que des débauchages individuels sont encore en cours en train d'essayer en tout cas d'élargir donc peut-être en tout cas que sur des remaniements il sera possible d'élargir un peu la base même si le pro-ratage y croit peu

27:53
Présentateur

et le RN alors Marcel Ovest-Fred on a vu effectivement Marine Le Pen sortir de son rendez-vous avec François Bayrou avec Jordan Bardella à côté d'elle plutôt soreine assez bienveillante on va dire est-ce qu'on se dit que le RN est parti pour être plus bienveillant avec François Bayrou qu'il ne l'a été avec Michel Barnier

28:10
Invité

il faut se méfier parce que miser sur la bienveillance du RN certains ont payé pour voir vous savez très bien qu'on peut être bienveillant avec vous au mois de septembre et ensuite vous faire tomber au mois de décembre donc la bienveillance manifestée dans la cour de Matignon aujourd'hui à l'égard de François Bayrou et c'est vrai que leurs liens sont assez bons entre François Bayrou qui a quand même apporté son parrainage en 2022 ça c'est 2022 à Marine Le Pen c'est quelque chose évidemment qui les rapproche vous avez rappelé aussi qu'il y a le parcours judiciaire de François Bayrou tout ça c'est des choses quand même qui parlent mais l'intérêt du RN en ce moment c'est ça qui va compter le RN a fait un virage populiste c'est ça qu'incarne cette censure ce week-end Jordan Bardella et Marine Le Pen étaient dans l'heure à un meeting ils sont à fond dans la dénonciation du système ils sont revenus à ce qu'était le RN d'avant donc la période du MPS etc on dénonce les élites etc donc dans ce contexte-là ça va pas être simple François Bayrou aurait tort d'escompter trop d'attendre trop de la part du Rassemblement National

29:14
Présentateur

la raison étant que si on se fie au sondage aujourd'hui le RN on s'est demandé beaucoup est-ce que le RN va payer la censure si on se fie au sondage Julien Nenny le RN ne paye pas la censure

29:26
François Bayrou

non c'est un sondage IFOP qui a beaucoup fait parler la semaine dernière qui montre que selon les configurations de premier tour est-ce que c'est Edouard Philippe est-ce que c'est Gabriel Attal qui est candidat 36 à 38% des électeurs c'est considérable voterait Marine Le Pen dès le premier tour c'est absolument considérable je ne suis pas certain que dans un sondage Marine Le Pen ait été aussi haut avant le premier tour alors attention les sondages deux ans à deux ans et demi avant une élection présidentielle si elle a lieu en 2027 il faut prendre tout ça avec des pincettes mais ça montre que pour l'instant tous ceux qui bien dénonçaient le choix de Marine Le Pen de censurer Michel Barnier et pensaient que ses électeurs allaient lui en vouloir pour l'instant ça ne se vérifie pas dans les sondages mais il faut prendre un peu de recul attendre des sondages aussi sur des échantillons plus larges dans les prochaines semaines les prochains mois pour se faire un avis définitif

30:08
Invité

et puis être capable pas seulement de voir sa cote monter mais d'être capable au second tour de faire 50% plus une voix c'est-à-dire qu'il faut être capable de séduire des gens qui veulent une France gouvernable et par exemple il y a eu une partielle dans les Ardennes il y a quelques semaines où le RN aurait dû gagner et au second tour ça ne s'est pas mobilisé donc il y a peut-être

30:31
Présentateur

il y a eu 30% c'est compliqué les Ardennes parce qu'il y a eu 30% de participation très compliqué sur les partiels

30:35
Invité

et les partiels réussissent très peu au RN mais il n'empêche que ce discours populiste rencontre un certain écho mais en revanche ça vient invalider une stratégie d'élargissement plus ambitieuse

30:48
Présentateur

on a des auditeurs on a des auditeurs qui se demandent si Emmanuel Macron avait nommé François Bayrou est-ce que les choses n'auraient pas été plus simples d'un point de vue politique que le naufrage born par exemple nous dit Thomas cet auditeur mais même y compris à la place de Michel Barnier moi je me demande si vous m'arrêterez si je me trompe Anne-Charlène Bézina je me demande si ce parlement tel qu'il est aujourd'hui n'était pas fait de toute façon pour expérimenter la censure quoi qu'il se passe et qu'on est entré dans une autre phase mais que le premier de toute façon ne pouvait pas quel que soit le premier ministre ne pouvait pas y couper et serait passé par la censure

31:24
Invité

Au vu du discours des oppositions c'est vrai qu'on a un peu ce sentiment c'est-à-dire qu'il fallait en quelque sorte un espèce d'élément très mortuaire l'idée de la motion de censure quand même elle est violente sous la 5ème République elle aboutit une seule fois avec une majorité qui se scinde donc ça prouve à quel point c'était un acte fort moi je vous rejoins j'ai le sentiment de toute façon que toutes les concessions qui ont été faites sur le budget prouvaient bien que ce gouvernement Barnier reculait pour mieux sauter est-ce qu'on aurait pu en tout cas embrayer un petit peu plus tôt sur la majorité relative c'est vrai qu'en 2022 on a quand même eu des gouvernements qui ont gouverné comme s'ils avaient une majorité plénipotentiaire donc oui moi je crois en tout cas que la voie de quelqu'un qui va essayer le compromis comme on aurait dû le faire depuis longtemps elle est nouvelle et elle peut être un petit peu plus porteuse il y a une autre question aussi c'est les effets de la censure sont-ils véritablement favorables au RN je pense qu'on les verra sur le long terme les effets de la censure pas défavorables mais attendons un petit peu aussi le budget je rappelle qu'on n'en a vraiment pas terminé avec ce budget janvier, février, mars peut-être avril et toutes ces questions-là en réalité elles vont coûter aux français la question d'un potentiel élargissement vers la gauche c'est tout ce que redoute Marine Le Pen si c'est vraiment amené à se faire sur le programme elle aura complètement perdu la donne donc moi je crois qu'il faut essayer de prendre un prisme un petit peu plus large et de se demander si cette recomposition parlementaire elle pourrait pas être un peu en défaveur justement de cette stratégie de la cravate qui a été abandonnée et qui pourtant semble être un peu j'ai l'impression que la raisonnabilité est devenue un petit peu le mot d'ordre que les français attendent de leur parlement abandonner la stratégie de la cravate vous pensez qu'on a abandonné on n'est pas en train

32:57
Présentateur

de jouer sur les deux tableaux là en fait je pense qu'en appuyant

32:59
Invité

sur le bouton de la censure on est quand même dans quelque chose qui est de l'ordre déjà avec une alliance avec les LFI quelque chose qui prouve qu'il y a un pas qui est passé vous parliez des personnalités Barnier, Bayrou est-ce qu'il fallait tester Bayrou avant Barnier est-ce qu'il fallait juste

33:13
Présentateur

censurer de toute façon pour acter

33:14
Invité

je pense que ce qui est nouveau là si on oublie la question des personnes c'est que dans la méthode on parle me semble-t-il d'abord un peu plus du contenu et ensuite des personnalités or dans la constitution rocambolesque du gouvernement Barnier on a d'abord parlé des personnes et ensuite et ensuite on a dit mais au fait pourquoi on est dans ce gouvernement pour faire quoi et ça a été trois mois où les vagues les turbulences ne venaient pas que de l'extérieur elles venaient beaucoup de l'intérieur de ce qu'on appelait le socle commun qui n'avait de commun finalement pas grand chose

33:44
Présentateur

Julien Nénier on a cette question de Daniel sur l'appli qui dit ceci ça sert à quoi un accord de non-censure contre un 49-3 si un groupe quel qu'il soit là il parle des insoumis ça peut être n'importe qui dépose 1000 amendements je trouve ça assez pertinent cette question

33:58
François Bayrou

il y a la stratégie de l'obstruction parlementaire qui a été largement utilisée par la France insoumise mais pas que au cours des dernières législatures l'intérêt de l'accord 49-3 c'est de forcer tout le monde à se mettre autour de la table c'est l'esprit du compromis dont on parlait il y a quelques instants avec nos invités ça oblige François Bayrou qui a le profil pour ça d'ailleurs il est capable de parler non seulement à l'extrême droite on l'a dit mais aussi à la gauche je vous rappelle qu'il avait choisi François Hollande plutôt que Nicolas Sarkozy en 2012 ça la gauche s'en souvient les socialistes notamment l'engagement de ne pas utiliser le 49-3 ça oblige tout le monde à se dire bon on ne va pas passer en force sur le budget ou sur une potentielle loi immigration par exemple qu'est-ce qu'on fait quel est le plus petit dénominateur commun qu'on est capable de trouver tous ensemble disons en gros des écolos jusqu'au LR pour se dire bon par exemple sur une loi agricole que les agriculteurs attendent depuis des années et des années maintenant par exemple sur une loi sur ce que l'Elysée appelle les objets de la vie quotidienne voilà sans trop rentrer dans les détails pour l'instant mais est-ce qu'il n'y aurait pas quelques textes comme ça où finalement on peut mettre les sujets qui fâchent de côté l'immigration et les prêtes par exemple les fameux irritants et puis au moins jusqu'à l'été prochain jusqu'à qu'une nouvelle dissolution soit constitutionnellement possible est-ce qu'on n'est pas est-ce qu'on n'est pas capable de faire preuve de raison et de se mettre d'accord pour faire un peu avancer

35:12
Invité

le pays qui est bloqué depuis un an mais cette idée qui monte très fort du 49-3 il faudrait ne plus avoir recours du 49-3 c'est une exigence d'une partie de la gauche si vous n'avez plus de 49-3 je pense pas à dire

35:22
Présentateur

le contraire ce matin d'ailleurs

35:22
Invité

alors voilà si vous n'avez plus de 49-3 notamment pour les textes budgétaires ça veut dire qu'on n'a pas de budget au moins au moins avant le mois d'avril est-ce que le pays a envie d'attendre de prendre le temps de faire 5 lectures bon j'exagère d'avoir des amendements votés par les uns et les autres de faire exploser la copie etc le 49-3 il a été beaucoup voué aux gémonies mais il a quand même un intérêt et c'est pour ça qu'il a été placé dans cette constitution est-ce que pardon Anne-Charlène Bézine oui un petit mot de défense de l'article 49 je pense qu'on en attendait pas moins de la constitutionnalisme mais clairement voilà se priver des armes quand on aura à mon avis bien plus de 1000 amendements c'est non seulement risqué mais en plus j'ai envie de dire mot d'ordre du parlement faites que cet article 49 alinéa 3 tombe en désuétude mais agissez justement de telle manière qu'on n'ait pas besoin de l'utiliser

36:08
Présentateur

est-ce que c'est le moment d'imaginer cette loi sur la proportionnelle alors si d'aventure il y a 3 ans devant ce gouvernement là est-ce que c'est le moment

36:17
Invité

de mettre ça sur le tapis un premier ministre qui est favorable historiquement il faut savoir quand même que le groupe centriste était un groupe proportionnaliste dans l'âme donc c'est le moment en tout cas de l'initiative est-ce qu'après c'est le bon moment pour la France sachant que si on se prive de l'article 49.3 qu'on n'a plus de dissolution plus de motion de censure j'ai l'impression que la proportionnelle pourrait tout faire voler en éclat et puis j'ajoute que le 49.3 la proportionnelle est quelque chose de très important pour la vie des partis mais est-ce que les socialistes pourront expliquer à leurs électeurs qu'ils se détachent du NFP à cause grâce au gain politique de la proportionnelle c'est incompréhensible s'ils obtiennent des choses sur les retraites ils pourront faire ce divorce sortir de la tranchée mais si c'est sur la proportionnelle ça paraît quand même une vie d'apparachique

36:58
Présentateur

La raison pour laquelle je posais la question c'est aussi que comme vous le disiez Julien si on enlève les irritants effectivement il faut que ces trois ans-là si c'est trois ans ou si c'est même quelques mois jusqu'à la prochaine due solution qui ne peut être faite que donc au début du mois de juillet il faut bien remplir l'agenda et est-ce que c'est pas le moment justement pour remplir de choses qui nécessitent et qui donnent un débat qui est un vrai débat démocratique parlementaire qui est un peu éloigné de la politique politicienne au fond finalement

37:26
François Bayrou

Oui vous avez un autre bon exemple comme ça de texte au parlement qui pourrait faire consensus c'est la loi de narcotrafic ça c'est un sujet qui intéresse beaucoup de français c'est pas seulement une histoire dans les grandes villes maintenant on sait que le trafic de drogue gangrène aussi les villes périphériques les villes rurales aussi beaucoup de politiques avec qui je m'entretenais ces derniers jours pensent vraiment que la loi de narcotrafic ça peut fédérer de la gauche à la droite une partie de l'extrême droite aussi ça ça pourrait faire partie des textes qui rassemblent pendant les six prochains mois qui pourraient être inscrits à l'agenda parlementaire c'est déjà le cas fin janvier d'ailleurs je crois au Sénat voilà sur quoi les parlementaires pourraient se mettre d'accord aujourd'hui

37:59
Présentateur

Voilà juste un urgent que je vous lis au moment où on se parle François Bayrou prod le cumul des mandats pour les ministres et pour les parlementaires c'est ce que c'est une alerte qui vient de peau et qui en dit long aussi sur ce premier ministre cohérent avec lui-même merci à tous merci à tous les trois vraiment merci à tous pour vos nombreux appels merci à tous les

Bayrou à Matignon : qui perd, qui gagne ? — François Bayrou · Pourquijevote