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Podcast / conversationFrance Culture — L'Esprit public (sur Site radio)· 22 mai 2022 59 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉducation & rechercheEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Élisabeth Borne nommée Première ministre / Que nous dit la composition du nouveau gouvernement ?

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 22 %Attaque 54 %Défensif 24 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:56OuverteRéponse directe

    Gérard Courtois, voulez-vous commencer ?

  • 5:19ComplaisanteRéponse directe

    Réli Philippetti voulait le souligner justement, je crois que c'était l'une de vos intentions.

  • 8:50OuverteRéponse directe

    Jean-Noël Jadnet, puisque vous avez été cité.

  • 14:22OuverteRéponse directe

    Martial Foucault.

  • 18:36OuverteRéponse directe

    Je voudrais qu'on aborde le deuxième aspect des nominations de ces derniers jours.

  • 30:19OuverteRéponse directe

    Aurélie Philippetti.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:30PrésentateurChiffre
    « 114 des ministres nommés vendredi, 15 avec Elisabeth Borne sur 28 faisaient partie de l'équipe Castex et trois d'entre eux, parmi les plus importants, gardent leurs attributions. »
  • 1:42PrésentateurFait
    « Bruno Le Maire à l'économie, Gérald Darmanin à l'intérieur et Éric Dupond-Moretti à la justice. »
  • 1:55PrésentateurFait
    « l'universitaire Pam Diaï, penseur de la condition noire aux Etats-Unis et en France, qu'Emmanuel Macron avait imposé à la direction du musée de l'histoire de l'immigration. »
  • 2:13PrésentateurFait
    « Je me sens plus cool que woke. »
  • 2:23PrésentateurFait
    « Elisabeth Borne défend le projet de réforme des retraites, mais assure que le départ à 65 ans n'est pas un totem. »
  • 3:10IntervenantChiffre
    « C'est évidemment un délai tout à fait inédit. En moyenne, ça se situe entre 8 et 12 jours. »
  • 3:26IntervenantFait
    « Et alors il y a deux exceptions, c'est Michel Rocard en 88 et Jean-Pierre Raffarin en 2002. »
  • 4:22IntervenantFait
    « Emmanuel Macron a retardé au maximum son entrée en campagne pour la présidentielle. »
  • 6:41IntervenantFait
    « la retraite à 65 ans, c'est le seul élément concret, et ce n'est pas le moindre, d'ailleurs. »
  • 6:53IntervenantFait
    « on parle de Pape Ndiaye, mais le programme d'Emmanuel Macron que j'ai relu, enfin, le projet, enfin, disons, l'embryon, enfin, ce qu'il a déclaré, disons, dans la campagne présidentielle, c'était grosso modo, c'était assez vague. »
  • 9:25IntervenantFait
    « Ce n'était que cela. »
  • 10:24IntervenantFait
    « Les présidents du Conseil, qui étaient pressentis par le Président de la République, avaient accoutumé d'aller en fiacre, puis ensuite en automobile avant 1914, voir les principales personnalités à qui elles demandaient éventuellement d'entrer dans le gouvernement. »
  • 10:36IntervenantFait
    « Et ça a été le cas de Hulot en 1917, c'est évidemment le cas de Pamdias, j'imagine que nous en parlerons. »
  • 10:50IntervenantFait
    « On a fait venir un socialiste, M. Milleron, dans le gouvernement, et on a repris le général de Galifay, qui était le sabreur de la commune. »
  • 38:24IntervenantFait
    « est-ce que c'est lui au nom de la vie démocratique qui va par exemple proposer une réforme sur l'introduction d'une modification du mode de scrutin »
  • 39:40IntervenantFait
    « on lui a confié ce poste de ministre de l'éducation nationale »
  • 40:11IntervenantFait
    « c'est ses orientations politiques où c'est supposé position non pas comme historien mais position au public »
  • 42:40PrésentateurFait
    « il dit je me sens plus cool que wok »
  • 43:30IntervenantFait
    « Jean-Luc Mélenchon saluer une décision sans réserve du président de la République »
  • 45:21IntervenantFait
    « c'est quand même annoncer la rémunération au mérite vouloir aller vers ça pour les enseignants »
  • 46:43IntervenantFait
    « mais ça ne suffit pas évidemment pour faire l'économie d'une réflexion »
  • 49:14IntervenantFait
    « il a été très très clair à cet égard parce qu'il sait comme historien qu'il ne faut pas être anachronique »
  • 49:20IntervenantFait
    « il y a du racisme dans l'État il n'y a pas de racisme d'État »
  • 51:53IntervenantFait
    « Pape Diaï était intervenu en disant que lui regrettait la suppression du mot race dans la constitution »

Temps de parole

  • Intervenant24 %
  • Intervenant 221 %
  • Intervenant 321 %
  • Intervenant 418 %
  • Présentateur15 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:16
Présentateur

Bonjour et bienvenue pour ce nouveau numéro de l'Esprit Public en direct jusqu'à midi avec l'ancienne ministre et professeure de lettres Aurélie Filippetti, le journaliste Gérard Courtois, le professeur à Sciences Po et directeur du Cévi-Pof Martial Foucault et l'historien et producteur de l'émission Concordance des Temps, Jean-Noël Jeannet. Au sommaire de nos débats, la nomination d'un nouveau gouvernement à trois semaines du premier tour des élections législatives. Pour son deuxième quinquennat, Emmanuel Macron avait promis de changer de méthode mais devait-il changer de gouvernement ?

Après tout, le seul de ses prédécesseurs réélu avec une majorité de députés sortants, Charles de Gaulle, en 1965, s'était contenté de changer de ministre des Finances, Michel Debray, à la place de Valéry Giscard d'Estaing, mais il avait reconduit Georges Pompidou à Matignon. Finalement, après trois semaines de consultation et d'hésitation, le président Macron a confié la direction du gouvernement et de la planification écologique à Elisabeth Borne. Première femme à occuper ce poste depuis Edith Cresson il y a 30 ans et la plupart des grands postes ministériels à des sortants.

114 des ministres nommés vendredi, 15 avec Elisabeth Borne sur 28 faisaient partie de l'équipe Castex et trois d'entre eux, parmi les plus importants, gardent leurs attributions. Bruno Le Maire à l'économie, Gérald Darmanin à l'intérieur et Éric Dupond-Moretti à la justice. Au milieu de ce qui ressemble à un gros remaniement, la nomination la plus inattendue et la plus commentée est celle du successeur de Jean-Michel Blanquer à l'éducation nationale, l'universitaire Pam Diaï, penseur de la condition noire aux Etats-Unis et en France, qu'Emmanuel Macron avait imposé à la direction du musée de l'histoire de l'immigration.

Est-il l'anti-blanquer, une incarnation de la culture woke, combattue par son prédécesseur ? Je partage la plupart de leurs causes, avait dit Pam Diaï au Monde, mais je n'approuve pas les discours moralisateurs ou sectaires de certains d'entre eux. Je me sens plus cool que woke. Dans une interview ce matin au journal du dimanche, Elisabeth Borne défend le projet de réforme des retraites, mais assure que le départ à 65 ans n'est pas un totem. A noter enfin que les membres du gouvernement sont soumis à partir de demain à une période de réserve avant les législatives, c'est-à-dire qu'ils ne doivent pas intervenir dans la campagne électorale, faire des déplacements ou même des annonces.

En clair, ils sont priés de se taire. Je vous propose un premier tour de table sur cette étrange et longue séquence qui a abouti à ce gouvernement borne. Gérard Courtois, voulez-vous commencer ?

2:58
Intervenant

Oui, c'est effectivement une étrange et longue séquence, puisque Emmanuel Macron a pris 22 jours pour nommer le Premier ministre, 26 pour nommer les membres du gouvernement. C'est évidemment un délai tout à fait inédit. En moyenne, ça se situe entre 8 et 12 jours. Et alors il y a deux exceptions, c'est Michel Rocard en 88 et Jean-Pierre Raffarin en 2002. C'était des sorties de cohabitation. Donc dès le lendemain ou le surlendemain, le Président de la République, Mitterrand dans le premier cas, Jacques Chirac dans le second, avait remercié le Premier ministre de Cohabitation battu pour nommer son successeur. Donc 8 à 12 jours, là 22 jours, 26 jours pour le gouvernement.

Alors, bon, on a beaucoup glosé sur les hésitations, les fausses pistes, les tergiversations, les consultations en tout genre, les rebuffades éventuelles qu'Emmanuel Macron aurait rencontrés pendant cette période. Moi, il me semble quand même que, quelles qu'aient été ces péripéties, cette course de lenteur est trop évidente et trop marquée pour ne pas être parfaitement délibéré. D'un point de vue tactique, c'est assez simple à décrypter, me semble-t-il, Emmanuel Macron a retardé au maximum son entrée en campagne pour la présidentielle. Et pendant des semaines et des mois, même, ses adversaires ont boxé dans le vide. Ça ne lui a pas si mal réussi que ça.

Et de la même manière, l'entrée en fonction du gouvernement, aussi tardive à trois semaines seulement du premier tour des législatives, a laissé ses adversaires un peu en apesanteur, sans punching ball, si je puis dire. Donc, au fond, Macron a neutralisé un droit de campagne, alors que la période entre la présidentielle et la législative était plus longue que d'habitude, deux semaines de plus. Et de la même manière qu'il a emprunté à Jean-Luc Mélenchon la planification économique, il aurait pu aussi... Écologique. Écologique, pardon. Il aurait pu aussi lui emprunter son totem, la tortue sagace. Très bien. Aurélie Filippetti. Oui, je suis tout à fait d'accord avec cette analyse.

C'est vrai que cette lenteur a totalement anesthésié le débat qui est pourtant nécessaire et indispensable de la campagne législative. On avait eu une campagne présidentielle sans réel débat de fond sur les différents éléments programmatiques pour les cinq ans à venir. On a eu, au fond, un débat qui s'est limité au débat entre les deux tours face à l'extrême droite pour le président sortant. Et donc, la campagne législative devait permettre d'avoir ce débat sur les grandes lignes de la politique qui va être menée dans les cinq ans à venir. Ce débat n'a pas eu lieu. Toujours, à l'heure qu'il est, ce débat n'a toujours pas eu lieu.

Et donc, on va passer encore du temps, puisque, évidemment, le système, c'est normal, c'est naturel. Maintenant, on va passer du temps à commenter les nominations, etc., ce nouveau gouvernement. Mais on ne parlera toujours pas du fond. Car je remarque une chose, c'est qu'on parle des personnes, on parle de ce qu'elles incarnent. Mais, au fond, si on regarde ce que ces personnes sont censées faire, à part, effectivement, la retraite à 65 ans, c'est le seul élément concret, et ce n'est pas le moindre, d'ailleurs, ce n'est pas le moindre, voilà.

Donc, je pense que la campagne législative va maintenant se concentrer sur ce point qui, à mon sens, est absolument essentiel et évidemment très injuste. Mais sinon, prenons l'exemple de l'éducation, on parle de Pape Ndiaye, mais le programme d'Emmanuel Macron que j'ai relu, enfin, le projet, enfin, disons, l'embryon, enfin, ce qu'il a déclaré, disons, dans la campagne présidentielle, c'était grosso modo, c'était assez vague, mais enfin, grosso modo, c'était rapprocher l'école de l'entreprise. Mais ce n'est certainement pas Pape Ndiaye, grand historien, grand intellectuel, venu du monde universitaire, et je m'en félicite personnellement, qui va appliquer ce programme-là.

C'est même tout le contraire. Il incarne exactement le contraire. Il incarne une grande tradition française, des universitaires brillants, comme Jean-Noël Jeannet, ici présent, des grands historiens. C'est le retour des historiens au gouvernement. Ça, c'est une bonne chose, mais ce n'est pas du tout ce qui a été annoncé, en tout cas, dans la campagne présidentielle. Donc, on a une anesthésie, tel le Boa, en fait, Emmanuel Macron concentre et sert, comme ça, le débat politique. Et donc, maintenant, ça va être le rôle des candidats, notamment de l'ANUP, de repolitiser cette campagne.

Parce qu'au fond, la conséquence de tout ça, et je pense que c'est un peu la ligne directrice d'Emmanuel Macron, finalement, depuis cinq ans, c'est d'essayer à la fois de dépolitiser le débat politique, de le concentrer sur des gens, sur des symboles, et puis, évidemment, de concentrer le pouvoir sur lui, dans une hyper-présidentialisation. Parce que, pour moi, ce que je dirais, en gros, sur le gouvernement, c'est que je trouve, au fond, c'est un gouvernement très peu politique.

8:37
Présentateur

On va commenter en détail le gouvernement et ses principales figures, et commenter les commentaires aussi, d'une certaine façon, qui ont accompagné la nomination, notamment du successeur de Jean-Michel Blanquer. Jean-Noël Jadnet, puisque vous avez été cité.

8:52
Intervenant

Je vous remercie de donner la parole, et comme toujours, c'est un peu l'historien que vous avez invité. Et forcément, je m'interroge sur ce moment spécifique, rare, intense, qu'est la formation d'un gouvernement, d'une république à l'autre. C'est un moment qui est séduisant pour l'historien, pour le citoyen aussi, et au fond, peut-être pour l'amateur de théâtre, pour l'amateur de romans. Il y a quelque chose toujours de romanesque. Et ce qui me frappe, c'est un certain nombre de constantes par rapport au passé, notamment du côté des réactions des médias et des commentateurs. Première réaction, ah, ce n'était que cela. Ce n'était que cela.

Et sous la Troisième République, très régulièrement, dans les cabarets, on reprenait l'ère fameuse de Mme Angot, vous savez, cette opérette de Charles Lecoq, 1873. Ce n'était pas la peine, assurément, de changer de gouvernement. La deuxième permanence que j'aperçois, c'est que les médias ont toujours une double attitude. Première, et quoi, ça ne va pas plus vite ? Et quoi ? Vous mettez du temps pour constituer un gouvernement ? Peut-être, dans certains cas, c'est justifié quand on veut réfléchir. Et en même temps, les médias ne sont pas absolument mécontents de pouvoir, et je suis leur lecteur attentif et plein de gratitude, de développer des bruits qui courent.

C'est un moment intéressant, de ce point de vue-là. Sous la Troisième, j'observe qu'il fallait du temps, parce que les présidents du Conseil, qui étaient pressentis par le Président de la République, avaient accoutumé d'aller en fiacre, puis ensuite en automobile avant 1914, voir les principales personnalités à qui elles demandaient éventuellement d'entrer dans le gouvernement. Les choses ont un peu changé, et tout n'est pas permanence. Le troisième aspect qui me frappe, c'est que le choix de personnalités frappantes, en chaque occurrence, a concentré l'attention publique, l'attention des journaux.

Et ça a été le cas de Hulot en 1917, c'est évidemment le cas de Pamdias, j'imagine que nous en parlerons. Déjà en 1899, le gouvernement de Valdez-Crousseau avait été observé, d'une façon tout à fait obsessionnelle par tout le monde, autour de deux idées. On a fait venir un socialiste, M. Milleron, dans le gouvernement, et on a repris le général de Galifay, qui était le sabreur de la commune. On n'a parlé que de ça pendant 15 jours. Et puis je voudrais enfin insister sur un quatrième aspect qui me paraît une permanence, et ça c'est très intéressant, c'est la part de hasard qui se concentre toujours à la fin de la composition des gouvernements.

Il y a un côté, on dit chaises musicales ou jeux de taquins. Vous savez, vous étiez joué Patrick quand tu étais enfant, ou jeux de taquins, on déplace un petit morceau pour en mettre un autre. Jusqu'au bout, jusqu'au bout, je ne sais pas si Aurélie Philippetti a eu cette expérience, moi dans une situation subalterne, je l'ai vécue, jusqu'au bout, les choses peuvent changer, parce que quelqu'un refuse, quelqu'un accepte, etc. Donc là, tout bouge, et puis tout à coup tout se fige. Et c'est assez spectaculaire, et là encore presque un peu théâtral. Alors je vois simplement, je termine là-dessus, deux différences majeures par rapport à la Troisième et la Quatrième République.

D'abord, très peu de discussion avec les partis, même s'il y a eu probablement des débats avec les différentes composantes de la majorité, mais enfin, ce n'est pas aussi important que c'était le cas pendant la République, sous la République parlementaire de la Troisième et de la Quatrième, et même parfois de la Cinquième. Et puis il y a une autre différence majeure, c'est qu'on ne s'est pas préoccupé, ça m'a frappé, beaucoup moins en tout cas, de la répartition géographique des personnalités que l'on a recrutées pour être au gouvernement. Ça, c'est vraiment très très nouveau, tout n'est pas permanent, tout n'est pas pareil. L'histoire a aussi beaucoup d'imagination.

Je vois que sous la Troisième et sous la Quatrième République, on se demandait qui va représenter le Sud, le Nord, la Bretagne, etc. Et c'était un des critères dans la détermination des gouvernements. Cela a, me semble-t-il, à peu près complètement disparu. C'est peut-être à rattacher un certain nombre de critiques à l'égard de ce gouvernement, sur sa distance par rapport au territoire, même si dans l'intitulé des portefeuilles, on en parlera peut-être tout à l'heure, il y a un effort au moins verbal pour réagir à cela.

12:44
Présentateur

Vous avez parfaitement raison. Réli Philippetti voulait le souligner justement, je crois que c'était l'une de vos intentions. Saut à une exception, puisqu'il a été nommé une personnalité issue des Outre-mer, ce qui n'était pas le cas dans les précédentes équipes gouvernementales. C'est le secrétariat d'État à la mer, par Mme Justine Bénin. C'est ça qui était une députée de Guadeloupe.

13:07
Intervenant

C'était une tradition auparavant, en fait, qui avait été abandonnée. On est revenu à une tradition ancienne. C'est vrai. Mme Michaud-Chevry. Oui, mais c'est ça. Il y a beaucoup d'autres. Auparavant, sous la Ve République, on nommait quelqu'un des Outre-mer pour être ministre des Outre-mer. Puis à un moment donné, ça a changé. Mais c'est vrai qu'il y a eu, y compris sous la Ve République, cher Jean-Noël, il y avait vraiment ce souci d'avoir une représentation la plus large possible de l'ensemble des territoires, des régions, etc., dans la composition des gouvernements. Et là, ça a été analysé d'ailleurs par les géographes du Grand Continent.

Il y a une concentration sur des gens qui sont nés à Paris ou dans l'agglomération parisienne et dans les grandes métropoles de Lyon. Donc c'est vraiment un gouvernement qui n'est pas à l'image du discours affiché, notamment d'entendre la France qui s'est révoltée pendant la crise des Gilets jaunes, par exemple.

14:06
Présentateur

On va regarder en détail la composition de ce gouvernement. D'abord sur la période, l'hésitation et le suspense. Je ne sais pas si ce sentiment de suspense ou d'impatience a animé beaucoup de Français, mais en tout cas une partie de la classe politico-médiatique. Martial Foucault.

14:24
Intervenant

Oui, peut-être que ça révèle entre les lignes ce changement de méthode qui a été annoncé par Emmanuel Macron. Prendre 22 jours et 4 jours de plus pour former un gouvernement, je dis ça avec un peu de malice, mais c'est peut-être ça une nouvelle méthode, prendre le temps. Je ne sais pas si c'est le totem de Jean-Luc Mélenchon de la Tortue Sagasse, mais ça révèle peut-être aussi d'autres éléments. La constitution d'un gouvernement est toujours une équation avec plusieurs inconnus. Et ça a été rappelé.

Je trouve que dans ce deuxième gouvernement, il y a une particularité qui est une critique classique, soit de nouvelles figures sont à la fois appelées, sont séduites, convaincues de faire partie d'un gouvernement, et puis on jugera que ces personnes sans expérience sont inexpérimentées, et ça provoquerait dès le départ un souci pour les débuts, les premiers pas d'un gouvernement, et puis à l'inverse, renommé comme c'est le cas dans ce gouvernement, beaucoup de ministres sortant avec des changements de périmètre ou de portefeuille, on considère qu'il n'y a pas véritablement de disruption.

Pour reprendre les mots d'Emmanuel Macron, moi je pense que le temps qui a été nécessaire oblige aussi, mais peut-être que Jean-Noël Jeannet pourra nous le rappeler, mais il y a une évolution aussi sur la question, je pense importante, de la probité des ministres du gouvernement.

On sait maintenant depuis plusieurs années qu'un travail important est fait pour s'assurer que quelques jours après la formation d'un gouvernement, l'un de ses membres ne serait pas confronté et soumis à une révélation qui pourrait se révéler catastrophique pour un début de gouvernement, donc ça je crois que, alors ça reste peu transparent par ailleurs, parce qu'on ne sait pas exactement les critères qui sont retenus pour faire ce travail. C'est la haute autorité pour la transparence de la vie publique qui se livre à ce travail ? Voilà, avec une profondeur d'analyse qui reste encore souvent mystérieuse.

Il y a un deuxième élément dans la formation de ce gouvernement qui peut justifier pour ce gouvernement, et ce deuxième mandat d'Emmanuel Macron, et ça a été évoqué à l'instant, ce sont ces équilibres, j'irais, impossibles, équilibres qui concernent certes les territoires, mais on rajoutera les équilibres politiques. Il y a un grand changement par rapport à 2017. On voit que les composantes de ce nouveau mouvement, ensemble, voient le modem très peu représenté, par exemple, dans le gouvernement. On a toujours à cette volonté d'aller chercher des membres.

Je regardais, on a beaucoup parlé du parallèle avec le gouvernement d'Édith Cresson, parce que première femme pour ce gouvernement d'Elisabeth Borne. Il y a un autre parallèle très intéressant avec le gouvernement d'Édith Cresson, c'est la deuxième fois, la première fois étant en 1992, que l'on a autant de ministres qui n'ont pas d'expérience d'élu. Dix membres du gouvernement n'ont pas d'expérience comme élu. Et ça traduit, finalement, on disait, est-ce que cette période a été très politique ? Aurélie Filippetti disait, il y a une forme de dépolitisation de cette période, voulue, disait-elle.

Absolument, et je crois que quand on regarde, on regarde le profil des ministres, oui, on peut s'interroger, prendre dix ministres dans un gouvernement composé de 28, sans expérience politique, ça nous révèle une orientation qui peut peut-être laisser entendre qu'Elisabeth Borne aura beaucoup de difficultés aussi à, j'allais dire, à mettre en mouvement cette équipe, dont les équilibres politiques vont être très complexes, parce que la situation politique est très polarisée, aujourd'hui, en France. Et donc, on aurait pu imaginer un gouvernement de combat politique avant les élections législatives, et puis, éventuellement, apporter des correctifs. Ce n'est pas le cas.

On peut même penser que peu de changements, quand je vois les 14 ministres qui sont engagés dans des élections législatives, peu d'entre eux auront, je dirais, de grosses fortunes électorales, parce qu'ils sont dans des circonscriptions qui leur sont, semble-t-il, plutôt acquises.

18:36
Présentateur

Je voudrais qu'on aborde le deuxième aspect des nominations de ces derniers jours, cette composition de gouvernement, où, finalement, on peut faire la remarque que les incarnations ne correspondent pas aux changements de cap qui ont été annoncés. Il y avait un changement de cap assez fort qui avait été promis par Emmanuel Macron dans la campagne électorale. la priorité absolue donnée au climat et à la transition écologique.

On la retrouve, cette préoccupation, dans l'architecture gouvernementale, ce qui avait été promis, c'est-à-dire avec une première ministre chargée de la planification écologique, un secrétariat à la planification écologique, dont la nomination a été annoncée, et puis deux ministres, Amélie de Montchalin et Agnès Pannier-Runacher, mais qui n'ont pas réellement d'expérience dans ce domaine, qui sont deux ministres sortantes, mais qui n'ont pas fait leur preuve.

En revanche, on a un changement de cap, si je puis dire, apparent dans l'incarnation, mais ça n'avait pas été annoncé, c'est le remplacement de Jean-Michel Blanquer par Pape Ndiaye, Gérard Courtois, sur les équilibres, les incarnations et ses nominations.

19:59
Intervenant

Alors, première remarque très globale, le contraste est totalement saisissant avec 2017. 2017, c'était de l'audace, encore de l'audace, aujourd'hui, c'est de la prudence, encore de la prudence.

Et quand on prend, quand on rappelle simplement qu'en 2017, Emmanuel Macron va chercher un premier ministre, Édouard Philippe, chez les Républicains, sans expérience, enfin, maire du Havre, mais non élu national, qu'il va, entre guillemets, attirer à lui, j'allais dire débaucher, ce serait excessif, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin pour prendre en charge la politique économique, qu'il attire également à lui Nicolas Hulot, la star de l'écologie, qu'il multiplie les arrivées de ministres venus de la société civile, quand on compare avec aujourd'hui, c'est évidemment l'inverse.

On a, alors, effectivement, il y a 10 ministres qui n'ont pas d'expérience élective, locale ou nationale, en revanche, en 2017, 4 ministres sur les 23 avaient une expérience gouvernementale, aujourd'hui, c'est 15 sur 28, si on y rajoute, Mme Colonna, aux affaires étrangères, qui avait été ministre sous Jacques Chirac. Donc, Emmanuel Macron, à l'évidence, a pris le minimum de risques, les deux critères, semble-t-il, c'est solidité, ou les trois critères, solidité, sérieux, loyauté. Et on le voit à travers, on l'a déjà dit, le maintien de M. Le Maire à l'économie, aux finances, et à la souveraineté numérique. Et numérique. Non, l'intérêt industriel. Industriel et numérique, je crois.

Bref, je crois que c'était en 2020, en décembre 2020, Emmanuel Macron avait réuni tous les députés de la majorité et leur avait dit, soyez fiers d'être des amateurs. On peut imaginer que demain, au Conseil des ministres, il pourra dire à son équipe gouvernementale, soyez fiers d'être des professionnels. Donc, à l'évidence, contrairement, vous le rappeliez, Patrick, à ce qu'il a déclaré le soir de sa réélection, une ère nouvelle qui ne sera pas la continuation du quinquennat précédent, on est dans une très grande, à mon sens, très grande continuité.

Les figures nouvelles, à l'exception de Papindia, et on en reparlera sûrement, les figures nouvelles sont de second rang sur des secrétariats d'État, mais les postes essentiels sont confiés à des gens qui ont déjà fait leurs armes ou leurs classes et leurs preuves dans le gouvernement précédent. Bon, ça a une certaine logique, compte tenu à la fois de la configuration politique de la future Assemblée, dans l'hypothèse où la majorité serait, remporterait les élections législatives, il n'empêche qu'elle aura devant elle, contre elle, une minorité, une opposition vraisemblablement très sérieusement renforcée à gauche et une opposition probablement aussi renforcée à l'extrême droite.

Donc, ça, c'est le premier motif de prendre quelques précautions pour former une équipe gouvernementale aguerrie et le deuxième motif, c'est que les perspectives à court et moyen terme, qu'elles soient économiques, climatiques, géopolitiques, etc., dessinent un avenir ou un horizon beaucoup plus sombre qu'il n'était il y a cinq ans. Donc, autant avoir, et c'est, me semble-t-il, la logique de ce gouvernement, une équipe à la fois aguerrie et prête à travailler tout de suite, à se mettre au travail tout de suite.

Je ne veux pas prolonger, mais il faudra dire un mot, je pense, sur la planification économique parce qu'on a entendu beaucoup de choses de la part des écologistes, sur l'absence de fibres écologiques, d'expérience et de compétences ou d'expertise des deux ministres, Amélie de Montchalin et Mme Pannier-Runacher, qui ont été désignées pour conduire cette affaire, ce dossier ou ce défi, relever ce défi.

On oublie quand même de dire, un, que la première ministre qui est en charge, formellement, ça a été dit sur le perron d'Elysée, elle n'est pas tout à fait à quelque expertise ou expérience en la matière, elle en a été ministre, elle a été au cabinet de Ségolène Royal précédemment sur ce sujet et que le secrétaire général chargé de la planification économique auprès de la première ministre, M. Péion, qui vient d'être désigné, est simplement l'ancien responsable de ce dossier à l'Elysée puis à Matignon.

Donc, en fait, c'est une équipe de quatre qui va être chargée de ce dossier, la première ministre, les deux ministres et le secrétaire général et voilà, moi j'ai l'impression que Emmanuel Macron a fait l'expérience de prendre une star de l'écologie il y a cinq ans, quinze mois plus tard, Nicolas Hulot lui a, j'allais dire claqué dans les pattes, en tout cas, donné sa démission parce qu'il estimait ne pas pouvoir aller aussi vite et aussi loin qu'il le souhaitait. Macron fait comme Clémenceau avec l'armée. l'écologie est une chose trop sérieuse pour être confiée aux écologistes. Avec beaucoup

25:50
Présentateur

de reproches à l'époque au sein de l'exécutif contre l'action ou l'inaction de Nicolas Hulot. Il y avait des reproches symétriques dans les deux camps. Aurélie Philippetti.

26:05
Intervenant

Sur l'écologie, je dirais le problème c'est que au fond quand on découpe une thématique et qu'on l'attribue à plusieurs personnes dans un gouvernement, on est à peu près certain que ça ne marchera pas. Ici, on a deux ministres dont les compétences ne sont absolument pas claires puisque l'une est chargée de la transition écologique et l'autre de la transition énergétique écologique et cohésion des territoires pour Amélie de Montchalin et pour Agnès Pannier c'est la transition énergétique. Ce qui veut dire qu'il va déjà y avoir une première source de conflit dans la rédaction des décrets d'attribution.

Ça c'est extrêmement important parce qu'une fois que les ministres sont nommés, il faut que chacun sache quelles sont les administrations qui vont être sous leur responsabilité. Ce qu'on pourra commenter

27:06
Présentateur

dans quelques jours mais pas encore maintenant.

27:09
Intervenant

On les commande beaucoup moins en général. Or c'est là que c'est le maire de la guerre.

27:13
Présentateur

C'est très important. D'autant plus qu'il n'y a pas de ministre des transports ni de ministre de la ville ni de ministre du tourisme. Il n'y a pas de ministre

27:19
Intervenant

du logement. C'est dans le périmètre de Madame de Montchalin semble-t-il. On n'en sait rien. On n'en sait rien. Il n'y a pas de ministre du logement ce qui est quand même un enjeu pour justement l'écologie tout à fait majeure les questions d'isolation d'étalement urbain etc. Et on a non seulement deux ministres mais on a une première ministre qui est donc chargée escalitée de la transition écologique et dont on vient d'apprendre qu'elle nomme un secrétaire général chargé de l'écologie. Ce qui veut dire effectivement et là je suis complètement en désaccord avec Gérard Courtois quand on a quatre personnes c'est encore pire que quand on en a deux c'est-à-dire qu'on est absolument c'est un nid

28:00
Présentateur

ce que Gérard Courtois considère comme un atout vous pensez que c'est un frein ?

28:02
Intervenant

Je suis certaine c'est un handicap majeur c'est-à-dire qu'au fond on va dispatcher il va y avoir énormément de conflits de territoire entre les personnes et c'est pas c'est pas une question de personnalité c'est vraiment structurel pourquoi ? Parce qu'un ministre on l'oublie trop souvent c'est chargé de gérer des administrations de piloter des administrations et donc

28:23
Présentateur

même s'ils s'entendent très bien tous les quatre

28:24
Intervenant

même s'ils s'entendent très bien et même si la première ministre est chargée de piloter l'ensemble ça veut dire qu'au fond quand il y a quatre personnes il y en a trois de trop c'est absolument certain je suis pas sûre que d'ailleurs cette distinction survive aux élections législatives c'est-à-dire je pense que très très vite on va se rendre compte qu'il va y avoir des problèmes et ou en tout cas c'est pas comme ça qu'on crée une véritable priorité gouvernementale d'action enfin comment dire vous voyez une urgence pour reprendre la pour filer la métaphore guerrière quand on part au combat il faut un général en chef il n'en faut pas dix parce que sinon ça ne marche pas juste d'un tout genre ça suppose un que madame Borne n'est pas capable d'imposer son autorité c'est elle qui en décidera alors les ministres ne seront que des et à l'inverse on a assez dit que les ministres de l'écologie perdaient leur arbitrage face à Bercy là au moins sur le papier en tout cas la première ministre est en capacité d'imposer des arbitrages à Bercy mais alors ça veut dire que les deux ministres ne seront là que en quelque sorte pour gérer les affaires courantes c'est que toutes les décisions se prendront à Matignon non je pense que toutes les décisions se prendront à l'Élysée Matignon a beaucoup de choses à gérer par ailleurs d'autres sujets et donc quand une politique est confiée exclusivement à Matignon c'est compliqué et c'est pour ça qu'il y a des ministres donc vraiment là dessus je suis absolument malheureusement certaine parce que je souhaiterais que l'écologie soit une véritable ligne d'action tout à fait urgente à la hauteur des enjeux

29:54
Présentateur

je vous promets de refaire le débat une fois que les les décrets d'attribution seront publiés et une fois qu'on aura l'ébauche d'un début de planification justement mais effectivement c'est une question clé pour ce début de quinquennat et de voir à quoi pourrait ressembler une planification écologique efficace et comment Emmanuel Macron et Elisabeth Borne peuvent réellement la mettre en oeuvre

30:19
Intervenant

pardon encore une petite chose mais on a un ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire Marc Fénaud dont on sait qu'il est un anti-écologiste farouche c'est à dire il est allé voter contre l'interdiction des glyphosates enfin bon il est vraiment alors lui il n'est pas du tout dans la ligne je dirais d'une véritable évolution de nos pratiques de production ou de consommation agricole

30:43
Présentateur

Jean-Noël Jadnet

30:43
Intervenant

sur ce point de façon un peu superficielle je dirais qu'il est curieux d'observer l'évolution de l'intitulé des portefeuilles au long de la 5ème république traditionnellement cela me paraissait assez simple un ministre était chargé d'un secteur de l'administration et voici qu'on mêle désormais dans les intitulés à cette à cette désignation une sorte d'évocation d'une finalité politique un peu vague quand je vois par exemple que monsieur Olivier Véran est chargé des relations avec le parlement rien de plus clair et de la vie démocratique j'espère que les autres ministres aussi s'occupent de la vie démocratique quand je vois que la ministre de la santé est ministre de la santé et de la prévention il me semble que la prévention fait partie de la défense et l'illustration de la santé des français

31:31
Présentateur

j'ai entendu des soignants se féliciter de cet intitulé

31:33
Intervenant

ça n'a pas de fin madame de Montchalin est ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires j'espère que d'autres ministres s'occupent de la cohésion des territoires et même la souveraineté industrielle et numérique de Bruno Le Maire soit oui très bien alors on peut dire que ça coûte un peu d'argent parce qu'on est obligé de refaire les papiers à lettres et de changer les plaques sur la façade des ministères ça ce n'est pas très important je trouve qu'il y a un petit inconvénient la question des ministres non élus ce n'est pas tellement nouveau en particulier dans les années 60 De Gaulle en avait fait quasiment un principe et je pense que plusieurs d'entre eux ont été assez dignes de ce qu'on leur avait demandé De Gaulle allait jusqu'à dire qu'on pouvait même être ministre quand on était battu je me rappelle que Couve de Mureville avait été battu dans le 7ème arrondissement parce que tous les couvents avaient voté contre ce protestant

32:23
Présentateur

ils avaient voté

32:24
Intervenant

pour le député des concierges oui mais il s'appelait Frédéric Dupont Edouard Frédéric Dupont oui oui parfaitement mais le sujet n'est pas celui-là le sujet est que De Gaulle a décidé de le renommer au Quai d'Orsay en négligeant souverainement l'élection on peut en discuter c'est autant au fond des gouvernements socialistes qu'on a peu pris de ministre extérieur je pense que peut-être François Hollande quelle que soit la pertinence des choix qu'il a pu faire Aurélie Filippetti aurait dû élargir la compétence des ministres de cette façon Jospin aussi mais enfin quand même il a pris comme ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine alors il y a eu la dernière question c'est savoir si ce ministère est plus à gauche je ne sais pas si vous souhaitez qu'on développe ce point maintenant

33:01
Présentateur

On va y venir dans un deuxième tour de table puisqu'on est aux intitulés la disparition apparemment définitive puisque maintenant c'est fini du ministère de la Défense au profit du ministère des Armées ça vous interpelle ? Oui parce que

33:15
Intervenant

sous la Troisième République on l'appelait ministère de la guerre je me rappelle il y avait une pièce de boulevard je ne sais pas c'était Marcel Achat on voit un homme politique rentrer à la maison chez lui et dire c'est la guerre alors toute la famille est absolument frappée inquiète et c'est horrible il voulait dire simplement qu'il avait le portefeuille de la guerre

33:31
Présentateur

Bon en tout cas maintenant c'est les armées simplement C'est plutôt mieux non ?

33:38
Intervenant

Martial Foucault sur l'architecture gouvernementale Et c'est vrai que sur le dernier point on a très peu de cas dans le monde de ministères de la paix on pourrait aussi réfléchir en ce sens sur les deux points que vous évoquiez équilibre incarnation moi ce qui me frappe dans la composition de ce gouvernement c'est aussi la confirmation qu'après cinq années d'un mandat et d'une législature la République en marche n'a au fond pas réussi à révéler à promouvoir des députés au sein de ce gouvernement et ça pour moi ça révèle deux choses intéressantes d'un point de vue politique tout d'abord que la République en marche est un parti politique qui définitivement ne fonctionne pas comme la plupart des partis politiques de la cinquième république et deuxièmement alors même si on a l'entrée du du chef de la République en marche Stanislas Guérini au gouvernement et la présidente de la commission vélo aussi il y a elle qui vivait absolument aux Outre-mer ça révèle quand même peut-être chez Emmanuel Macron le peu d'intérêt ou de considération ou d'importance qu'il accorde à la constitution de ce parti politique sur un temps plus long et je crois que d'une certaine manière lorsque des parlementaires ne sont pas promus alors il y a eu un remaniement avec quelques parlementaires qui d'ailleurs ont été nommés ministres je pense à Brigitte Bourguignon et qui ont été qui ont été reconduits ça traduit le fait qu'il y a quand même une vraie cassure d'une certaine manière entre la place accordée au parlement puisqu'on va discuter ensuite de méthode et quelle est la feuille de route attendons le discours de politique générale de la première ministre mais pour moi ça révèle quelque chose d'assez cassé depuis maintenant plusieurs années entre la place du parlement accordée dans la fabrique de la loi et effectivement l'agenda exécutif alors on peut dire évidemment Emmanuel Macron attend d'avoir une majorité pour présidentielle au parlement pour pouvoir mettre en place son programme mais comme il a été rappelé son programme aujourd'hui même dans cette pré-campagne législative n'est pas encore très très très clair et je rajouterai un point sur l'écologie parce que et les intitulés il y a un intitulé qui m'intéresse beaucoup et son évolution au fil des décennies c'est sur la question du territoire les années 60 on avait un ministre de l'aménagement du territoire et on pense tous les travaux de la data en ministre Guichard puis ensuite on a eu un ministère de l'égalité des territoires et puis aujourd'hui depuis 2017 un ministère de la cohésion des territoires et au fond c'est à se demander si on n'est pas en train d'inventer un ministère du déménagement territorial parce que au fil de ces intitulés on voit et c'est important effectivement les périmètres de l'administration publique de voir qu'on a tantôt les collectivités territoriales de l'intérieur qui reviennent au sein de la cohésion des territoires et qui provoquent des luttes assez fratricides entre ministères et puis sur les intitulés je rajoute c'est vrai que c'est au-delà du symbole c'est l'idée d'évoquer par l'intitulé du ministère évoquer une finalité et qui bien souvent va venir se heurter à d'une certaine manière à un vide sidéral sur un certain nombre de réalisations et moi je suis plutôt effectivement inquiet et je je remercie Jean-Noël Jadonné de l'avoir évoqué ministre de relations avec le parlement et de la vie démocratique enfin c'est c'est quand même une curiosité de ce choix sauf s'il est chargé

37:33
Présentateur

d'une manière ou d'une autre de la réforme des institutions la démocratie est aussi ailleurs

37:39
Intervenant

ça c'est le rôle le rôle d'un ou d'une première ministre qui doit la renaissance démocratique oui c'était le cas pour le pour François Béroux lorsque nommé garde des Sceaux et son premier projet de loi sur la confiance démocratique mais de la vie démocratique je pense qu'on peut imaginer d'ailleurs qu'on peut s'interroger est-ce que c'est vraiment le seul un seul ministre quid alors des autorités locales quid d'un certain nombre d'autres corps intermédiaires donc ça je trouve que c'est très surprenant sauf si effectivement Olivier Véran va peut-être proposer un renversement total est-ce que c'est lui au nom de la vie démocratique qui va par exemple proposer une réforme sur l'introduction d'une modification du mode de scrutin on a beaucoup parlé de de l'introduction alors d'une dose ou une totalité de proportionnelle pour les élections est-ce que c'est un ministre des relations avec le parlement qui est en charge cette question a priori non donc vous voyez c'est quand même très surprenant et cette évocation pour moi elle révèle aussi cette idée dont on a beaucoup parlé au cours de ces cinq années qu'est-ce qui relève et c'est l'éternel débat qu'est-ce qui relève de la communication politique et par communication politique ici j'entends quelque chose de très négatif très péjoratif au sens de marketing politique ou bien est-ce qu'on incarne ce ministère au regard de l'intitulé

39:03
Présentateur

Martial Foucault puisque vous avez la parole est-ce que vous voulez dire quelques mots de Pam Diaï qui est un ancien de vos collègues il a dirigé le département histoire de Sciences Po

39:13
Intervenant

oui collègue historien brillantissime à Sciences Po effectivement on a longtemps travaillé ensemble participé à un certain nombre d'instances à Sciences Po moi je dois dire que je suis très honoré de voir que Pam Diaï est été on lui a confié ce poste de ministre de l'éducation nationale parce que j'entends les critiques depuis 48 heures mais ce tombeau de critique me semble être extrêmement à la fois injuste profondément injuste parce qu'on ne sait pas ici si on distingue l'universitaire est-ce qu'on distingue l'universitaire noir parce que je crois que c'est un élément qui en creux est quand même tenté de certaines critiques et puis troisièmement il a dit lors de la passion de pouvoir qu'il était issu de la diversité absolument et puis troisièmement c'est ses orientations politiques où c'est supposé position non pas comme historien mais position au public parce que c'est quelqu'un qui effectivement a à coeur de corriger un certain nombre d'inégalités dans ce pays donc moi je dirais que ma réflexion sur Papendiaï je trouve que c'est quelqu'un qui sera à mon sens oui il se distinguera forcément de l'ancien ministre Blanquer et je rajoute un deuxième élément pour l'avoir vraiment côtoyé à Sciences Po c'est quelqu'un pour qui l'éducation nationale quand on parle d'un commun c'est quelque chose qui est vraiment chevillé au corps chez Papendiaï donc ne lui faisons pas le procès de vouloir introduire dans l'éducation nationale toutes ces dimensions de multiculturalisme de wokisme d'islamophobie en fait tout ça est profondément je trouve assez lâche laissons Papendiaï indiquer quelles sont ses intentions et puis ensuite on pourra juger sur ce périmètre de l'éducation nationale plutôt que de penser parce que cet historien je le rappelle brillant qui a travaillé sur effectivement la condition des noirs aux Etats-Unis au 19ème et au 20ème siècle serait dans le prolongement de ce ministère quelqu'un qui va introduire ces dimensions mais je pense qu'on se vraiment on se trompe complètement Jard Courtois bon un c'est le seul choix vraiment disruptif de ce gouvernement donc c'est un symbole Papendiaï l'a dit lui-même lors de sa possession de pouvoir symbole de la diversité et symbole d'autant plus marqué que au-delà de ce que vient de dire Martial Foucault il s'inscrit non pas aux antipodes mais en rupture avec son prédécesseur bon Jean-Michel Blanquer avait fait du combat contre guillemets l'islamophobie un combat politique je pense qu'il lui a valu sa disgrâce d'ailleurs auprès du président de la république à l'époque Papendiaï avait dit que cette notion d'islamophobie n'avait pas de n'avait pas de sens ou pas de contenu c'est un symbole c'était le wok pardon mais c'est le wokisme dont on parlait non la déclaration de

42:34
Présentateur

Papendiaï oui non j'ai fait j'ai repéré une déclaration dans le monde sur le wok où il dit je me sens plus cool que wok mais il y avait une déclaration je ne l'ai pas sous les yeux malheureusement mais sur l'islamo-gauchisme on disait que ça n'avait pas de consistance à l'université

42:50
Intervenant

islamo-gauchisme vous avez dit islamo-gauchisme pardon oui pardon c'est ça donc un c'est un symbole deux c'est un entre guillemets c'est un coup politique bon on le voit tout de suite nomination d'un homme qui se situe à gauche indéniablement et d'ailleurs Mélenchon n'a pas tardé à immédiatement saluer cette nomination avec quelques il l'a salué dans la première phrase pour la démonter évidemment il n'allait pas Mélenchon saluer il a salué

43:29
Présentateur

un grand intellectuel

43:30
Intervenant

Jean-Luc Mélenchon saluer une décision sans réserve du président de la République ça aurait été quand même surprenant bon et inversement c'est un chiffon rouge devant le Rassemblement National et M.

Zemmour qui d'ailleurs ont foncé dedans immédiatement de manière assez pavlovienne disons bon donc il y a là un signal envoyé à la gauche un excitant qui a fort bien marché vis-à-vis de l'extrême droite mais j'ajoute le troisième point c'est un risque à mon avis non négligeable de confier le paquebot éducation nationale alors c'est évidemment et il l'a dit d'ailleurs quand il a pris ses fonctions est un pur produit l'école républicaine etc et il a fait toute sa carrière dans ce monde-là enfin confier à un novice en politique qui n'a pas qui n'a pas davantage d'expérience me semble-t-il de l'administration de cet énorme paquebot éducation nationale en plus d'être une cible politique me paraît prendre alors pour le coup un vrai risque on va juger sur pièce mais l'expérience on rappelait tout à l'heure l'expérience Nicolas Hulot c'est très différent mais voilà il y a un symbole fort dans la pratique compte tenu des enjeux de ce secteur compte tenu du allez des ambivalences enfin en tout cas du flou des déclarations d'Emmanuel Macron ou des esquisses d'Emmanuel Macron sur ce sujet bon même de manière voilée c'est quand même annoncer la rémunération au mérite vouloir aller vers ça pour les enseignants vers l'autonomie des chefs d'établissement toute chose parfaitement urtiquante pour le monde enseignant comment est-ce que monsieur Ndiaye va se situer par rapport à ça bon vraie question

45:36
Présentateur

Jean-Noël Jadnet

45:37
Intervenant

oui moi je trouve assez heureux qu'on fasse appel des historiens pour s'occuper de la chose publique et après tout j'ai pensé à plusieurs personnages du point de vue de l'histoire de France à Victor Durby historien qui a fait un remarquable vous vous rappelez tous remarquable ministre de l'éducation nationale l'instruction publique on le disait à l'époque et plus sérieusement j'ai une pensée aussi pour deux grands Sénégalais puisque Pam Diaye est à moitié Sénégalais d'origine qui ont compté dans l'histoire de la république et je prouve qu'on devrait les évoquer je pense à Bles Diagne secrétaire d'état dans les années 30 l'aéroport et le lycée de Dakar s'appellent Bles Diagne et il y a une très belle statue de lui à Gorée et puis il y a Léopold Ségard-Singhor quatrième et cinquième république donc ce sont des personnages qui pourraient être évoqués mais c'est pas c'est évidemment pas l'essentiel sur la personnalité de Pam Diaye comme Martial je peux aller vite je le connais aussi par Sciences Po je l'ai eu souvent mon micro dans mon émission au comité de la revue l'histoire de rédaction je peux vraiment témoigner de sa probité de sa clarté d'esprit et de sa culture sur la longue durée ce qui me paraît toujours finalement un avantage mais ça ne suffit pas évidemment pour faire l'économie d'une réflexion qu'a esquissé Gérard sur ce qu'il incarne et sur ce que cette incarnation va vouloir dire dans la marche des affaires publiques on pourrait simplement effectivement se borner à noter à considérer la haine aux accents ignobles qui a surgit à l'extrême droite mais ça ne suffit pas finalement à le définir heureusement il faut donc s'interroger sur cette opposition binaire que toute la presse a développée Blanquer versus Pam Diaye et j'ai envie de plaider qu'elle est moins forte qu'on va s'apercevoir qu'elle est moins marquée qu'on ne le croit c'est très facile toujours Voltaire contre Rousseau Corneille contre Racine Danton contre Robespierre etc Clémenceau contre Poincaré mais c'est souvent un peu simple quelle est la grande dénonciation qu'on le croit c'est qu'il serait communautariste le grand mot est lancé et ce serait évidemment une chose insupportable parce que le communautarisme est hostile et le contraire de la doctrine universaliste de la république à laquelle il me semble que nous devons rester attachés comme à la prunelle de nos yeux mais je ne pense pas qu'il faille confondre la défense des minorités avec le refus de l'universalisme républicain je ne le crois pas je crois au contraire que la république doit se préoccuper de la manière dont les minorités souvent sont maltraitées accablées de différentes façons et que il est insupportable à des républicains naturellement au sens noble du mot républicain je ne parle pas de ceux qui l'ont emprunté pour définir un parti il est insupportable à des républicains qu'elles soient minorées qu'elles soient discriminées et c'est un combat par conséquent très valeureux qu'a mené du côté de la culture Pam Diaï dans des écrits qui sont remarquables sur les noirs aux Etats-Unis on l'a évoqué sur la condition noire en France et aussi sur une très belle exposition qui a eu lieu sous son autorité au musée d'Orsay modèle noir oui c'est vrai qu'il ne faut pas si on fige dans une différence les minorités de manière en quelque sorte historique ou ontologique alors là à mes yeux cela me paraît insupportable il n'y a pas une différence en tant que telle et c'est le risque du communautarisme mais je pense nous allons voir que Pam Diaï est trop historien pour vouloir plaquer sur le passé des frustrations et des indignations contemporaines autrement dit il ne sera pas le héros A.U.T.

ou S.

comme vous voudrez de la culture de refus la cancel culture la suppression des statuts il a été très très clair à cet égard parce qu'il sait comme historien qu'il ne faut pas être anachronique et par conséquent d'ailleurs il a dit il y a du racisme dans l'Etat il n'y a pas de racisme d'Etat ça me paraît une formule également très intéressante puisque maintenant évidemment tout le monde a fouillé ce qu'il a écrit ou ce qu'il a pu dire donc par conséquent moi j'aurais tendance à dire que les choses vont se clarifier mais évidemment il lui revient maintenant je le pense de faire un grand article de faire un discours où il précise tout ça et où il affirme le socle sur lequel il va construire son action je pense que ce socle encore une fois n'est pas tellement différent de celui de Jean Blanquer même si celui-ci avait porté évidemment loin de façon frappante la défense de la laïcité ce qui n'était d'ailleurs pas choquant autrement dit pour conclure je ne pense pas que Pamdiaye soit hostile à la laïcité ni à la république des lumières Aurélie Philippetti ça c'est absolument certain mais ce qui est quand même affligeant dans notre pays c'est que on soit obligé de prendre la défense de Pamdiaye comme vous venez de le faire Jean-Noël alors quel crime lui reproche-t-on ?

il a travaillé sur la condition noire aux Etats-Unis et en France il a travaillé sur les questions du racisme effectivement à aucun moment il a contesté cette notion de racisme d'Etat concernant la France

50:36
Présentateur

ah si

50:36
Intervenant

non il a contesté il conteste la notion il dit la France

50:40
Présentateur

il conteste la notion de racisme d'Etat ok d'accord

50:42
Intervenant

donc non non il conteste et on est obligé de le défendre a priori d'attaques venant de l'extrême droite qui sont des attaques racistes ça tombe sur lui comme par hasard parce que Pamdiaye est noir enfin en l'occurrence il est métis franco-sénégalais et parce qu'il a travaillé sur la condition noire mais enfin c'est inacceptable je remarque que par ailleurs il y a deux ministres au gouvernement Gérald Darmanin dont on n'a pas commenté la renomination qui est quand même accusé d'agression sexuelle on apprend ce matin que Damien Abad est accusé d'agression sexuelle et ça fait beaucoup moins scandale que quelqu'un qui a simplement travaillé comme chercheur comme intellectuel comme écrivain avec rigueur précision en travaillant sur le terrain donc en faisant un vrai travail d'universitaire qui a travaillé justement sur cette notion de racisme dans les sociétés américaines nord-américaines et françaises et là où il y a finalement une sorte d'ironie de l'histoire c'est finalement au moment de la suppression du mot race dans la constitution Pape Diaï était intervenu en disant que lui regrettait la suppression du mot race dans la constitution parce qu'il disait juste oui il avait raison et il disait justement c'est pas parce qu'on supprime enfin la constitution parlait de race pour justement dire que les discriminations raciales étaient inacceptables étaient contraires à la constitution et c'est pas en faisant disparaître le mot race qu'on fait disparaître le racisme et bien au contraire Léon Blum parlait de la race juive mais la race elle est toujours comme disait Sartre construite dans le regard du raciste en fait c'est ça et donc on ne fait pas disparaître le regard raciste parce qu'on fait disparaître le mot race et bien au contraire et en fait ce qui est en train de se passer avec cette honteuse polémique ces attaques honteuse et raciste contre lui c'est exactement la démonstration au fond de tout ce qu'il a écrit dans ses ouvrages et de tout ce qu'il a montré dans ses travaux de recherche j'ajoute juste on a évoqué c'est vraiment une précision on a évoqué la réaction de Mme Le Pen et de M.

Zemmour et on pourrait y rajouter celle de M. Ciotti qui n'était pas en reste dans ce registre là

52:57
Présentateur

oui oui tous à peu près tous l'ont traité d'indigéniste ce que de façon incontestable Pape Diaye n'est pas c'est la même bande de toute façon pas du tout je m'aperçois je parle des trois personnages je m'aperçois alors qu'il reste cinq minutes d'émission qu'à aucun moment depuis 11h on n'est pas exactement personne n'a parlé du choix d'Elisabeth Borne soit peut-être parce qu'il n'y a rien à en dire soit parce que les choses sont se sont banalisées Elisabeth Borne que tout le monde a présenté comme étant à la fois femme ce qui est incontestable de gauche parce qu'elle a croisé elle a travaillé pour un certain nombre de personnalités de gauche de Bertrand Delanoe à Ségolène Royal en passant par Lionel Jospin et Jack Lang et Techno parce que elle n'a jusqu'à présent pas été élue elle est candidate aujourd'hui dans le Calvados ce qui veut dire quelques mots sur l'emploi d'Elisabeth Borne

53:58
Intervenant

aucun risque sur le casting on l'a dit en dehors de Pat Ndiaye et aucun risque pour l'instant sur le projet et c'est ce qui moi Aurélie Philippetti le disait tout à l'heure on est dans le flou le plus total sur le fond du débat et de la politique qui va être conduite et ce ne sont ni ce ne sont pas les premières interventions de madame Borne soit à TF1 soit dans le journal du dimanche aujourd'hui qui nous éclaire le seul domaine intout qui peut préciser c'est les mesures sur le pouvoir d'achat pour le reste on est dans le flou complet et il faudra attendre effectivement le discours de politique générale de la première ministre c'est à dire fin juin au mieux après les législatives pour y voir plus clair Jean-Noël oui je suis très frappé d'une certaine paresse des médias qui répètent toujours qu'elle est techno techno vous en avez d'ailleurs fait ironie dans une émission que vous connaissez bien parce que c'est un peu paresseux techno elle a quand même été en politique elle a été en politique dans des cabinets ministériels elle a défendu ses ministères au parlement mais enfin ce n'est pas l'essentiel et sa prudence actuelle démontre qu'elle est politique bien sûr si on regarde les choses pour essayer de voir gauche droite au delà d'elle pour le gouvernement et qu'on prend comme critère principal la généalogie d'où on vient alors ce qui me frappe c'est qu'en dépit du fait que apparemment madame Vautrin n'a pas été prise et que c'est madame Borne qui est plus marquée à gauche c'est le moins qu'on puisse dire ce gouvernement est tout de même pèse plus à droite que son prédécesseur contrairement à ce qu'on pouvait attendre si vous pensez que les deux ministères régaliens les affaires étrangères et des armées non pas de la guerre sont confiées à des personnalités qui viennent de la droite que Darmanin reste à l'intérieur que le maire reste à Bercy je ne mets pas en cours de leur personnalité j'observe que la pondération générale du ministère va vers la droite même Véran qui vient de la gauche est rétrogradé donc Pam Dia et on en parlait tout à l'heure représente quelque chose d'autant plus important qu'il compense cela encore une fois on ne peut pas entièrement lire un gouvernement à partir des origines mais c'est tout de même des chacun c'est un sujet d'observation qui mérite toujours l'attention Martial Foucault oui non sur le choix de Mme Borde je crois que tout a été dit ce qui me semble peut-être important de souligner il y a deux questions la première c'est est-ce qu'elle sera dans la même dans le prolongement du mandat de Jean Castex c'est-à-dire plutôt un collaborateur d'Emmanuel Macron va-t-elle pouvoir s'affirmer avoir de l'autonomie dans l'initiative gouvernementale ou bien est-ce qu'elle ne sera qu'une passeuse d'un agenda présidentiel et puis deuxième question au fond cette première ministre va se révéler sur les premiers couacs du gouvernement les premières prises de parole qui mettraient en danger la feuille de route qu'elle déclara devant l'Assemblée nationale et au fond l'expérience politique que l'on attribue à Elisabeth Borne me semble-t-il aujourd'hui se vérifiera lorsque on a quand même des personnalités dans ce gouvernement même si ils viennent plutôt de la droite le même c'est pas compatible voilà exactement j'allais préciser le même voulant dire ici sont des personnes qui ont déjà exercé dans d'autres gouvernements donc qui connaissent les rouages à la fois de de la fonction mais aussi de l'administration et je crois que précisément l'attribution planification écologique et énergétique me semble je rejoins Aurélie Filippetti probablement un sujet de friction de tension qui naîtront dans les j'irai dans les dans les premiers mois et enfin je rajoute en termes d'opinion publique moi je suis frappé que cette nomination n'a fait quasiment aucun bruit c'est à dire que les français ne sont pas à la fois enthousiastes mais non plus inquiets c'est comme si il ne s'était rien passé et je crois que ça ça doit à la fois nous interroger et peut-être même nous inquiéter

58:06
Présentateur

et bien je maintiens ma promesse de tout à l'heure nous vérifierons si les planifications sont désynchronisées ou pas entre les différents ministres qui en ont la charge dans une prochaine émission merci à vous Aurélie Filippetti Gérard Courtois Martial Foucault et Jean-Noël Jeannet dont je signale la réédition en format poche aux éditions point de l'argent caché milieu d'affaires et pouvoir politique dans la France du 20ème siècle avec une postface inédite voilà ça paraît dans quelques jours

58:39
Intervenant

on retrouve la question de la transparence abondamment qui a été évoquée tout à l'heure

58:42
Présentateur

merci Jean-Noël cette émission a été préparée par Anne-Claire Bazin réalisée par Luc Jean-Rénaud avec la technique d'Alia je vous donne rendez-vous dimanche prochain à 11h dans un instant Caroline Brouet les invités de ces bonnes choses vont explorer les liens entre art et gastronomie c'est parti

58:58
Locuteur

c'est parti c'est parti