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interviewSUDRADIO· 4 juillet 2026 11 min

Meeting d’Édouard Philippe : Peut-il faire autre chose que du macronisme ?

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Dit en votre compagnie, amis auditeurs, 0826 300 300, est-ce qu'Edouard Philippe, alors qu'il fait une démonstration de force avec son meeting aujourd'hui à Paris, plus de 6000 personnes attendues, des rassemblements, on va dire, tactiques durant toute cette semaine, est-ce qu'il peut faire autre chose que du macronisme ? Edouard Philippe, on va se poser la question, notamment en compagnie ce matin de Lucas Planaver, journaliste au JDD. Bonjour Lucas. Bonjour à tous. Et Carole Guilherme, députée Modem des Hauts-de-Seine. Bonjour à tous. La première question, elle est celle-ci. Est-ce que oui, Edouard Philippe peut réussir sa démonstration de force cet après-midi ? Carole Guilherme ?

0:30
Carole Guillerm

Alors, on verra évidemment cela. Des soutiens ont été d'ores et déjà annoncés.

0:36
Présentateur

La porte-parole du gouvernement, notamment.

0:37
Carole Guillerm

La porte-parole du gouvernement, Mathieu Lefebvre également, qui est ministre. On verra évidemment la manière dont ce meeting se passe. On est quand même à quelques mois de l'échéance, donc il nous reste un peu de temps. On voit un certain nombre de candidatures s'exprimer aujourd'hui. Je tiens pour ma part, évidemment, à ce que ces candidatures puissent se rassembler à un moment d'ici à cet automne, de manière à ce que nous puissions, pour ce qui concerne le bloc central, partir grouper sur cette échéance importante.

1:07
Présentateur

Et rester groupir, notamment, pour essayer d'atteindre le deuxième tour. On y reviendra sur cette notion du rassemblement, parce qu'on voit à quel point, peut-être à droite, et même à gauche, Édouard Philippe, on va dire, incarne peut-être la personne derrière laquelle il serait un peu facile de se rassembler. Mais vous, Lucas Planavergne, est-ce que oui, Édouard Philippe va réussir sa démonstration de force, et plus largement ? Est-ce que oui, il peut faire autre chose du macronisme si vraiment il est élu ?

1:30
Invité

Alors d'abord, il faudra voir à quel point la jauge est remplie. On lisait dans la presse, sur les réseaux sociaux ces derniers temps, que Horizon voyait beaucoup de mails à ses adhérents, parce qu'il semblerait que le meeting n'était pas plein encore il y a quelques semaines, que la salle allait être reconfigurée pour justement masquer ses absences. Donc on verra s'il y aura foule. Après, est-ce qu'Édouard Philippe peut faire mieux que du macronisme ? Écoutez, je vais reprendre la phrase de quelqu'un qui a cette semaine tendu la main très ostensiblement à Édouard Philippe, qui est Laurent Wauquiez, et cette phrase, c'est « ce sera du macronisme sans Macron ».

On en discutait hors antenne avec Madame la députée, mais c'est vrai qu'il est difficile d'extraire Édouard Philippe de l'histoire de la Macronie. Il y a ce côté positif sur la crise du Covid, où il a montré, il a fait preuve de sincérité à l'égard des Français. On a souvent dit dans la presse que c'est un argument en sa faveur, qu'il a agi comme un homme d'État.

2:38
Présentateur

Et puis sa fameuse phrase « je ne sais pas, je ne peux pas tout vous dire », sa modestie face à la crise, c'est juste.

2:43
Invité

Par ailleurs, et là, je pense que certains des auditeurs de Sud Radio iront dans mon sens, mais il a quand même été très en avant dans la répression sur la crise des Gilets jaunes. Je pense que c'est quelque chose qui reste en tête des gens sur une contestation aussi forte. Et surtout, et là encore, on en discutait tout à l'heure avec Madame la députée, on en discutait il y a deux semaines déjà sur ce plateau, sur ma hantise, qu'est cette notion de la droite et le centre. Et en réalité, Édouard Philippe, c'est l'inverse, c'est le centre et la droite. Autant que vous dire que ça mérisse les poils encore un petit peu plus.

On voit bien qu'Édouard Philippe, sur des sujets comme l'immigration, comme la crise algérienne, se montre très nuancé, que c'est un homme de nuance, que ça, c'est quelque chose qui peut séduire un certain électorat. C'est quelque chose, à mon avis, qui peut en rebuter certains aussi, notamment à droite.

3:39
Présentateur

0,826, 300, 300, en plus d'être en compagnie de nos débatteurs, on se pose cette question, en effet, est-ce qu'Édouard Philippe, il pourra faire autre chose, si à un moment il est élu, s'il continue, non pas à prendre quelques points, parce que c'est plutôt l'inverse en ce moment, mais à être bien positionné dans les rangs des candidats à la présidentielle, est-ce qu'il va pouvoir faire autre chose que du macronisme ? On va en discuter avec vous, Richard, bonjour.

3:58
Invité

Oui, bonjour Maxime, bonjour à vos invités.

4:01
Présentateur

Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Est-ce qu'Édouard Philippe peut faire autre chose du macronisme ? Est-ce que vous considérez que c'est un homme qui a su marquer sa rupture et qui se présente aujourd'hui comme étant une sorte d'homme neuf en politique, en étant de droite, avec des ambitions qui, bien sûr, pourront redresser le pays, Richard ?

4:15
Invité

En fait, j'invite vos auditeurs à questionner l'IA, qui va donner le chiffre, en fait, du déficit amplifié par les baisses de charges et d'impôts, en particulier aux entreprises, plus aux plus riches propriétaires, sur la taxe d'habitation. C'est, ramené à 10 ans, c'est 500 milliards. Voilà, 500 milliards, donc il faut bien demander. Si on regarde sur le déficit de 2 000 milliards, bon, il a bien contribué en 3 ans. On rajoute 120 milliards sur le Covid, la gestion du Covid, qui pour moi était calamiteuse, parce que moi j'ai travaillé tous les jours pendant le Covid. Je bosse dans l'agroalimentaire, c'est normal, vous avez pu manger, il n'y a pas eu de baignerie.

Je pense que les gens qui étaient dans les hôpitaux, dans la police, dans les services, ont fait de même. Je pense que vous aussi à la radio. Donc le bâtiment, c'était complètement délirant. J'ai des amis qui sont artisans et ils n'ont jamais compris pourquoi on leur avait demandé d'arrêter de travailler. Et puis le dernier point, on va dire, il a peut-être fait des économies sur les dépenses publiques, et bien non, il a embauché sur les 3 ans, 5 000 fonctionnaires de plus.

5:24
Présentateur

Voilà le... Donc pour vous, on a bien compris que ça ne pouvait pas être un candidat crédible presque, Édouard Philippe Richard.

5:30
Invité

Je crois que là, si les gens réalisent que notre problème, il va être économique, qu'on va avoir des morts devant les hôpitaux, et aujourd'hui, la prise en charge aux urgences, elle est très dégradée, on voit bien que si on ne réalise pas ça, qu'en plus, on n'est pas dans la crise, puisque aujourd'hui, on n'a pas encore de contraintes sur l'endettement qu'on continue à faire de manière effrénée. Si on ne réalise pas que M. Édouard Philippe, qui a démarré socialiste, a fait une politique, je comprends votre invité, qui soit agacée, elle est plus droite que du centre, et l'habillage qu'il peut avoir avec des paroles, il ne faut pas que ça cache le bilan qui est le sien.

Et sans compter la répression aveugle qu'il y a eu sur les îles jaunes, qu'on n'a jamais vue auparavant, avec des tirs tendus,

6:19
Présentateur

Oui, forcément, quand on fait la liste et qu'on essaye de la faire rentrer dans un post-it, ça commence à faire quand même très long, Richard, vous avez raison, et merci de l'avoir dit ce matin, de bonheur et de bonne humeur, sur Sud Radio, au 0826 300 300.

Je me retourne quand même un tout petit peu vers vous aussi, Carole Guillerme, est-ce que c'est vrai qu'Édouard Philippe, en tant que député, vous avez vécu quand même les dix ans presque de Macronie, c'est vrai que les débuts d'Emmanuel Macron, les erreurs, notamment quand on se rappelle, on aurait aussi pu rajouter d'ailleurs la fermeture de Felsenheim, qui a fini d'être enterrinée par Édouard Philippe, est-ce qu'un tel bilan lui permet aujourd'hui, d'un point de vue politique, d'être crédible ?

6:53
Carole Guillerm

Alors, je reviens sur les propos de votre auditeur, Richard, qui a parfaitement raison de mettre l'accent, notamment sur la question de l'équilibre des finances publiques, qui à mon avis sera un des thèmes majeurs de cette campagne présidentielle. Pour ce qui concerne Édouard Philippe et la question que vous posez, il y a un bilan qui est là, la baisse du chômage, l'attractivité en matière économique, un soutien à nos entreprises qui a été prononcée lors des guerres, lors des crises, que ce soit lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, lors de la période du Covid. Donc, je nuancerai le propos en disant que tout n'est évidemment pas à jeter.

Ensuite, la candidature d'Édouard Philippe, il l'a dit lui-même, et j'imagine le réitérera lors de son meeting, il n'est pas le candidat macroniste par définition. Il y a un bilan qui est le nôtre au bout de dix ans d'exercice du pouvoir, mais il s'inscrit comme un détenant d'une ligne gaulliste, si j'ose dire, et entend incarner cela. La question qui nous sera posée, et qui m'est posée évidemment comme membre de la représentation nationale, est cette question du rassemblement qui œuvrera demain, je l'espère, à partir de 2027.

Parce que ma hantise, pour ce qui me concerne, n'est pas temps d'avoir une candidature, au contraire, j'espère évidemment à ce que nous ayons une candidature unique du centre et de la droite, mais ma hantise serait d'avoir un second tour, et c'est certains scénarios que l'on voit s'esquisser dans la presse aujourd'hui, LFI-RN.

8:30
Invité

Lucas Palenade-RN, en réaction, et ce sera le mot de la fin. Non, mais puisque j'ai parlé de tout ce que je vois de négatif dans la candidature d'Édore-Philippe, je vais nuancer, et je vais te dire ce qui est positif.

8:39
Présentateur

Ça c'est la beauté du personnage de Lucas, il y a comme ça tout d'un coup une ombre, tout d'un coup la rattrapée par un écran de soleil, et ça s'est subi par un édition de soleil. C'est beau à voir.

8:48
Invité

Je vais faire un peu du passif agressif, mais c'est vrai que, bon, il y a un point positif, c'est que s'il doit apparaître comme un candidat macroniste, certes, mais il y a toujours un candidat plus macroniste que lui, qui est Gabriel Attal, donc il pourra toujours se cacher derrière ça. Après, il a tout de même été Premier ministre, il y a ce documentaire « Édouard, mon pote de droite », dont j'invite les auditeurs à regarder, parce que c'est très intéressant, et on le voit notamment quand il est Premier ministre, et qu'il, pour citer sa phrase, doit prendre beaucoup de décisions en très peu de temps, et on voit tout de même sa capacité d'homme d'État.

Il est maire depuis un moment, donc il a cette stature-là également. Paradoxalement, avec ce qu'a dit notre auditeur, certes, il a contribué à l'état des finances publiques actuelles, mais il est aussi perçu dans l'opinion et chez les électeurs comme celui le plus à même de résoudre ces questions de finances publiques, puisque c'est lui qui fonde la majorité de son programme là-dessus. Je rejoins Madame la députée. Si le thème central de l'élection présidentielle sera les finances publiques, eh bien, il est sûr que ça avantagera Édouard Philippe. À l'inverse, si c'est des sujets plus sécuritaires, ça avantagera son opposant principal, que sera le Rassemblement national.

Et j'ajoute, juste pour terminer, que beaucoup, et j'en fais partie, pensent que depuis déjà plusieurs années, qu'Édouard Philippe est le candidat qui arrivera à rassembler l'ensemble des électeurs, y compris de gauche, derrière lui, pour battre le Rassemblement national.

10:18
Présentateur

Et je me souviens notamment d'une une du journal, l'opinion sur ce sujet, où plusieurs, on va dire, se tentaient à la confidence, et en effet, pronostiquaient déjà que beaucoup de voix de gauche seraient prêts à aller rejoindre Édouard Philippe en cas d'un rassemblement, un moment qui devait se faire pour éviter le fameux tour que vous redoutez, Madame la députée, à savoir le fameux LFIRN. Merci beaucoup, Carole Guillaume, d'avoir été avec nous ce matin, député Modem des Hauts-de-Seine. Et merci à vous, Lucas Plain-Lévin, journaliste au JDD. C'est samedi, vous filez à la rédaction, parce qu'apparemment, il y a un journal à construire. Alors, pas aujourd'hui, Maxime.

10:46
Invité

Oh ! Pas aujourd'hui ! Aujourd'hui, je filme préparer pour le match de ce soir. Ah, mais alors ça, ça c'est sublime. Je vais faire des tours de terrain, je mets mes crompons, et je m'en prie la... Évidemment, ça s'échauffe. Je m'échauffe. Finalement, ça s'échauffe.

10:56
Présentateur

Il y en a un autre qui s'échauffe avec ses couverts, son tablier, et ses quelques aliments devant lui. C'est le chef qui est avec nous, Frédéric Vardon. On le retrouve après deux petites semaines d'absence. Que voulez-vous, les problèmes techniques ? Les coulisses dans un instant du chef. A tout de suite.