Théorie du "grand remplacement", Éric Zemmour, pass sanitaire... Le "8h30 franceinfo" de Jordan Bardella
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France Info. Bonjour Jordan Barbello. Dans une semaine exactement, c'est vous qui présiderez le Rassemblement National à la place de Marine Le Pen, qui va vous laisser son fauteuil pour se consacrer à plein temps à l'élection présidentielle. Ça va changer quoi pour elle ?
La tradition de la Ve République veut que l'élection présidentielle soit la rencontre entre un homme ou une femme et le peuple français. Et c'est vrai que lorsque vous êtes le chef d'un parti politique, vous êtes le chef d'une famille politique, vous êtes dans une démarche qui est extrêmement partisane. Or l'idée de cette élection présidentielle est de rassembler plus largement tous ceux qui veulent défendre la nation française. Il y a des gens qui viennent de la droite, il y a des gens qui viennent de la gauche, pas seulement qui votent aujourd'hui pour le Rassemblement National.
Et pour cela Marine Le Pen sera une candidate détachée de la présidence du RN pour rassembler au-delà des partis politiques et au-delà du strict cadre partisan du Rassemblement National.
À chaque élection, c'est la même chose. Marine Le Pen quitte la présidence du parti, vous enlevez la flamme de vos affiches, le nom du parti également disparaît. C'est poussé jusqu'au bout de la logique de la dédiabolisation du RN ?
Non, ça s'appelle la Ve République. En réalité, les partis politiques s'effacent toujours dans le cadre des élections présidentielles. Les partis politiques, eux, se concentrent sur les élections législatives. Et ça va là être mon rôle que celui de préparer avec l'ensemble des militants, des cartes, des élus du RN, de ceux qui vont nous rejoindre, la majorité présidentielle.
Parce que si Marine Le Pen est élue, il faudra une majorité, une majorité de projets qui appliquera à l'Assemblée Nationale, au Parlement, son programme pendant cinq ans pour rétablir l'autorité dans le pays, pour stopper l'immigration, pour baisser la fiscalité, pour prendre toutes ces mesures de bon sens qui sont aujourd'hui attendues très largement par nos concitoyens.
Contrairement à ce que vous dites, les autres partis, les autres candidats des autres partis ne font pas forcément ça. Donc on parle de dédiabolisation dans le cas du RN ?
Citez-moi un seul parti politique ou un seul candidat qui, sur son bulletin de vote ou sa profession de foi, a le logo de son parti politique.
On parle des meetings, on parle des affiches de campagne de Marine Le Pen, on ne parle pas du bulletin de vote.
Mais oui, mais c'est très bien. Moi, je trouve que les partis politiques passent au second plan. Parce que lorsqu'on est candidat pour présider le pays, pour aspirer à la fonction suprême, on dépasse les clivages. Et il y a beaucoup d'électeurs qui, à droite comme à gauche, partagent aujourd'hui les analyses, le diagnostic et les solutions du RN. Et pour cela, Marine Le Pen prendra, je dirais, le large. Et sera le capitaine, pas seulement de notre famille politique, mais plus largement du camp national, de tous ceux qui veulent rétablir les protections de la nation et de tous ceux qui veulent remettre du bon sens dans la politique.
Vous avez surpris beaucoup de monde il y a quelques jours, Jordan Bardella, en reprenant à votre compte ce qu'on appelle la théorie du grand remplacement. C'est une théorie créée, en tout cas, couchée sur le papier par l'écrivain et militant d'extrême droite Renaud Camus, selon laquelle la population européenne serait peu à peu remplacée par les populations immigriques. Il y aurait même un plan derrière tout ça. C'est la première fois, à notre connaissance, que le RN ou l'ex-FN reprend à son compte cette théorie. Est-ce que vous avez fait exprès ? Est-ce que c'est une erreur ? Ou est-ce qu'il y a un effet Éric Zemmour ?
Non mais, monsieur, vous noterez quand même que le Front National hier et le Rassemblement National aujourd'hui n'a pas attendu 2021 pour parler d'immigration.
Ce n'est pas la même chose, le grand remplacement.
J'ai indiqué de manière très claire que, je n'aimais pas ce terme de grand emplacement parce qu'il n'était pas clair, mais que ce que j'ai dit et ce que pointait cette théorie me paraissait correspondre à la réalité. Vous savez, Auguste Comte disait « la démographie, c'est le destin ». Et la démographie, c'est, figurez-vous, la seule science exacte. Et on peut pousser un peu plus loin les chiffres. Moi, je me souviens de l'un de vos confrères, du moins le président de l'Institut de sondage, Jérôme Fourquet, qui a écrit un bouquin qui s'appelle « L'archipel français », dans lequel il explique qu'en 2019, 20% des nouveaux-nés en France avaient un prénom arabo-musulman.
C'est 1% dans les années 70. Je me souviens qu'il y a quelques années, en 2015, dans une interview qu'il a donnée aux Parisiens, le 1er février 2015, le préfet de la Seine-Saint-Denis, l'ancien préfet de la Seine-Saint-Denis, M. Gali, indiquait qu'il y avait 700 000 musulmans en Seine-Saint-Denis, c'est-à-dire la moitié de la population du département de la Seine-Saint-Denis.
Comment on calcule les musulmans ? Il n'y a pas de statistiques ethniques en France ?
Eh bien, vous demanderez au préfet de la Seine-Saint-Denis quand les chiffres nous sont... Mais ce n'est pas comment je fais. Ce sont des chiffres qui nous sont donnés par les institutions officielles de l'État. Et on peut même aller plus loin. Lorsque l'INSEE nous dit, l'INSEE, en 20 ans, entre 1999 et 2019, le nombre de naissances dont au moins un des deux parents est étranger a augmenté de 61%. De 50% pour des naissances dont les deux parents sont étrangers. Donc, je veux bien qu'on nie cela. Mais ce que j'ai dit correspondait à la réalité, à celle d'innombrables territoires aujourd'hui. Nos concitoyens ont le sentiment de ne plus être en France.
Jordan Bardella, la même étude que vous citez donne un autre chiffre. C'est celui des mariages mixtes. C'est-à-dire un parent français, un parent immigré. Le nombre de mariages mixtes, lui aussi, a fortement progressé en France. Vous, vous considérez qu'en fait, l'immigration augmente et que les gens ne sont jamais français. Qu'au bout d'une génération, quand on a acquis la nationalité française, on reste un immigré. Et que donc, petit à petit, on va être noyé sous le poids des vagues successives d'immigration. Ils ne seront jamais français.
Je peux vous dire, monsieur, qu'il y a beaucoup de territoires dans lesquels nos concitoyens, y compris les Français d'ailleurs issus de l'immigration, issus d'une première ou deuxième génération d'immigrés, ne reconnaissent plus la France. Et ne reconnaissent plus le pays dans lequel ils ont grandi. Qu'on soit extrêmement clair. Moi, je considère que la France doit toujours rester ouverte à l'égard de gens qui viennent pour travailler, pour aimer notre pays et pour participer de cette même communauté de destin qu'est la communauté nationale.
Mais en revanche, je l'ai dit et je l'assume, j'ai un problème avec les gens qui viennent dans notre pays pour le changer, pour en changer la coutume, pour en changer la culture, pour en changer la langue.
Mais est-ce que vous n'avez pas l'impression de parler de minorité, là ?
Mais je ne parle pas de minorité à partir du moment où la minorité...
Parce que quand vous reprenez la théorie du grand remplacement, c'est cette théorie que l'immigration est orchestrée, elle a une vision complotiste alors que ce n'est pas du tout le cas.
Mais madame, venez avec moi à Saint-Denis où j'ai grandi. Je connais bien Saint-Denis. Essayez de trouver, par exemple, une boucherie qui ne soit pas halale. Lorsque vous habitez à Saint-Denis, que vous ne souhaitez consommer de la viande qui n'est pas halale, vous rentrez dans un commerce de proximité, dans une boucherie qui n'est pas halale, vous en trouvez combien des boucheries qui ne soient pas halales à Saint-Denis ? Une, deux, maximum. Allez vous balader dans tous ces quartiers de Seine-Saint-Denis, là où j'ai grandi, à Drancy, à Bobigny. Encore une fois, on peut nier la réalité. Mais elle correspond à des faits.
Elle correspond à ce que ressentent aujourd'hui une grande partie de nos concitoyens qui ne reconnaissent plus le pays dans lequel ils ont grandi. Romain Garry disait « Je n'ai pas une goutte de sang français, mais la France coule dans mes veines. » Et moi, je ne demande rien d'autre aux gens qui arrivent dans notre pays que de nous ressembler. Que de considérer lorsqu'ils arrivent que, comme nous, la femme est l'égale de l'homme. Qu'on n'impose pas le voile à des fillettes de 5 ou 6 ans. Que lorsqu'on arrive en France, on en adopte la langue, on en adopte la culture. On participe de cette communauté nationale.
Et encore une fois, ce principe-là qui s'appelle l'assimilation, qui dit à des gens qui viennent de l'étranger « Ne venez pas comme vous êtes, mais devenez ce que nous sommes. »
Ça devrait être un principe de bon sens dans notre pays. Pour être parfaitement clair, ceux qui croient au grand emplacement disent deux choses. Dissent ce que vous venez de dire. Il y a des vagues qui ne s'assimilent plus en France. Et ils disent aussi... Mais vous nuez cela ? Attendez, je termine ma question si vous le permettez. Ils disent aussi qu'il y a des gens derrière qui tirent les ficelles. C'est volontairement qu'il y a aujourd'hui une volonté de remplacer les Européens par ces couches d'immigration. Est-ce que vous dites oui ? La première, on a compris oui. Mais est-ce que vous dites aussi oui à la deuxième partie ? Ce que Marine Le Pen s'est toujours refusé à dire.
Marine Le Pen, quand on l'a interrogé là-dessus, après l'attentat de Christ Search notamment, elle a dit... Pardon, je vais retrouver sa citation. Le concept de grand remplacement suppose un plan établi. Je ne participe pas à cette vision complotiste.
Il n'y a pas de logique complotiste. Il n'y a pas dix types qui sont autour de la table en se disant on va remplacer la population européenne. Mais il y a en revanche des gens, des puissants, des élites, des grands patrons qui considèrent effectivement que faire venir de l'immigration dans notre pays à des fins économiques, ça permet de faire peser à la baisse sur les salaires. Et ça permet probablement des embauches à bas coût que l'embauche de travailleurs français. Et c'est d'ailleurs ce que disait la gauche.
C'est d'ailleurs ce que disait Georges Marchais dans son grand discours de Montigny-les-Cormais, du Parti communiste, dans lequel il disait que la venue dans notre pays de milliers d'immigrés chaque année venait effectivement faire peser à la baisse sur les salaires. Donc oui, ce que j'ai dit correspond à une réalité. Il y a effectivement un basculement démographique. Vous n'êtes pas fait tirer les oreilles par Marine Le Pen. Mais monsieur, on peut dire que tout cela n'existe pas. On peut reprocher à Marine Le Pen et au Front National hier avant-hier de ne pas parler d'immigration. Ça fait 40 ans que nous disons cela.
On n'a pas attendu Éric Zemmour, on n'a pas attendu la contradiction des journalistes. Et je note une chose. Quand monsieur Mélenchon parle de créolisation, pour dire peu ou prou la même chose sur le fond, là il n'y a pas de problème. Il ne dit pas exactement la même chose du coup. Par contre, lorsqu'on dénonce ce basculement démographique pour s'en inquiéter, pour s'inquiéter du changement de peuple, de coutume dans notre pays, là je note que tout le monde s'indigne et que ça ne pose pas de problème. Mais ce que j'ai dit correspondait à une réalité. Et croyez-moi, elle correspond à ce que beaucoup de Français pensent dans notre pays.
A savoir qu'effectivement, notre identité est remise en cause dans beaucoup de territoires.
8h42, le filet info, Mélanie Delaunay. Et on vous retrouve dans un instant. Jordan Bardella.
La France, les Etats-Unis, l'ONU condamne le coup de force en Guinée-Conakry et réclame la libération immédiate d'Alpha Condé. Les putschistes annoncent avoir capturé le président réélu l'an dernier pour un troisième mandat. Ces membres des forces spéciales ont décrété un couvre-feu et convoqué les ministres ce matin. La Réunion se déconfine aujourd'hui, trois semaines après la rentrée scolaire sur l'île. Il n'y a plus de limites pour se déplacer la semaine. Le couvre-feu est décalé à 21h. En revanche, le week-end, les restrictions sont maintenues. 4 500 salariés de l'usine Toyota Donin dans le Nord entament leur troisième semaine de chômage technique.
Ils ne peuvent pas reprendre le travail à cause d'une pénurie de composants électroniques. Leur production en Asie est ralentie par l'épidémie de Covid. Une météorite a-t-elle traversé le ciel breton ? Il s'est illuminé pendant quelques secondes, un peu avant minuit, dans le Finistère, le Morbihan. Une boule lumineuse a notamment été vue au-dessus du barrage d'Arzal, un phénomène observé également sur la côte sud de l'Angleterre. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel.
Toujours avec Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement National, pour quelques jours encore. Ensuite, vous allez prendre la succession de Marine Le Pen. Éric Zemmour vient de lancer son site internet et se prépare à faire un tour de France pour officiellement faire la promotion de son livre. Mais tout le monde y voit malgré tout un point de départ à une candidature à la présidentielle. Est-ce qu'il vous fait peur, Éric Zemmour ?
Non, Éric Zemmour ne me fait pas peur. Que tout le monde se présente à l'élection présidentielle. Si Éric Zemmour souhaite se présenter à l'élection présidentielle, qu'il se présente à l'élection présidentielle. Moi, mon avis sur le sujet est que le camp de tous ceux qui défendent la nation doit se rassembler derrière la seule candidate qui est aujourd'hui en capacité de l'emporter au second tour, c'est-à-dire Marine Le Pen. Moi, je veux bien que l'on essaie de trouver...
Vous préférez qu'il ne se présente pas dans cette logique ?
Mais encore une fois, je n'ai pas préféré ou pas préféré. Je n'ai aucune influence sur la volonté ou non d'Éric Zemmour d'être candidat. Vous êtes tellement sûr d'être présent au second tour qu'ils le disent. Vous êtes tellement sûr d'être présent. Voilà, qu'on soit dans un débat serein. On a des points d'accord, on a des points de désaccord. C'est un journaliste talentueux. Maintenant, je dis juste que la candidature à l'élection présidentielle, la candidature à la fonction suprême, c'est quelque chose de sérieux. Voilà, parce que les Français, ils attendent de nous aujourd'hui un projet clair.
Ils attendent de nous de savoir ce qu'on propose pour le pouvoir d'achat, pour baisser les taxes sur l'essence. Mais je dis que si on est dans une démarche de candidature à l'élection présidentielle, il faut s'exprimer sur tout cela. Mais encore une fois, qu'ils se présentent. On peut discuter avec lui. On peut dialoguer avec lui.
Justement, est-ce qu'il y a une volonté de Marine Le Pen de le rencontrer pour essayer de l'en dissuader et de se présenter à la présidentielle ?
Mais il n'y a pas de volonté de Marine Le Pen. L'adversaire de Marine Le Pen, je ne dis pas l'ennemi parce que j'ai du respect pour la personne qu'il est, l'adversaire politique, c'est Emmanuel Macron. Marine Le Pen, elle souhaite être présidente de la République et donc être le successeur d'Emmanuel Macron. Donc elle débat avec Emmanuel Macron.
Est-ce que vous dites qu'Éric Zemmour fait partie de votre famille politique dans ce cas-là ?
Je dis que nous avons des points de convergence sur des diagnostics. Il met des mots M-O-T-S sur des mots M-A-U-X. Il décrit des phénomènes de société, mais comme le fait Nicolas Dupont-Aignan, comme le fait avec une certaine forme de malhonnêteté aujourd'hui Valérie Pécresse, qui arrive à reprendre quasiment mot pour mot ce que dit le Rassemblement national. Il n'y a qu'un seul malheur, c'est que ces gens-là, ils ont été au pouvoir.
On va en parler tout à l'heure.
Est-ce que ce qu'ils dénoncent en réalité aujourd'hui à droite, ils en sont les co-responsables puisqu'ils ont été aux responsabilités ?
Pourquoi vous ne réglez pas ça avec une primaire ? Tout le monde fait des primaires aujourd'hui. Les écologistes, hier sur ce plateau, débattaient à 5. Les Républicains... Des primaires avec des gens qui ne sont pas une primaire avec Éric Zemmour. Vous venez de me dire, on a des points d'accord et des points de désaccord.
On n'a pas à faire de primaire avec Éric Zemmour. On n'a pas à faire de primaire avec Nicolas Dupont-Aignan. Ils sont crédités tous les deux entre 2 et 5% d'intention de vote aujourd'hui.
Nicolas Dupont-Aignan, il est autour de 4 et 5%.
Éric Zemmour, il est à 8 dans le dernier sondage Ipsos. Il est à 8 dans un sondage Ipsos que vous avez sorti. Et l'honnêteté oblige quand même à dire, et vous devriez le dire, que c'est sur un échantillon de 400 personnes avec une certitude de vote, de participation à l'élection de 53%. Donc, soyons parfaitement clairs. Donnez les méthodes de sondage et je vous donnerai un avis dessus. Je dis juste que Marine Le Pen est créditée aujourd'hui à 45% au coude à coude avec les margères. Alors, pardon, les larges erreurs, vous aurez noté que dans le sondage... Pardon, Jordan Bardella. Si vous voulez, il y a des candidats qui sont aujourd'hui à 2, 4, 5%. Puisqu'on parle des méthodes des sondages.
Ce sont des gens qui peuvent exprimer des positions similaires aux nôtres, mais qu'ils se présentent à l'élection de 23. On n'a pas de difficulté avec cela. Je dis juste que nous souhaitons, nous, aujourd'hui, être dans une démarche de rassemblement. Donc, si ces gens-là veulent participer d'une dynamique pour permettre l'élection de la candidate qui est aujourd'hui la mieux placée, qu'ils se mettent derrière Marine Le Pen. Encore une fois, je ne dis rien d'autre que ce que disent des amis d'Éric Zemmour. Robert Ménard, qui est un ami d'Éric Zemmour...
Qui a lancé une invitation, justement, à Éric Zemmour et à Marine Le Pen. Vous avez raison, il est un ami d'Éric Zemmour. Éric Zemmour dit, moi, je veux bien y aller pour... Il est un ami d'Éric Zemmour. Puis-je poser une question, Jordan Bardella ? Puis-je poser une question ? Éric Zemmour a tenté, justement, une conciliation entre Éric Zemmour... Robert Ménard a tenté une conciliation entre Éric Zemmour et Marine Le Pen. Éric Zemmour dit oui, pourquoi pas un débat public... C'est très révélateur.
Pourquoi ? Robert Ménard, d'abord, il dit, moi, j'ai de l'amitié pour Éric, j'aime beaucoup Éric, mais sa candidature viendrait renforcer Emmanuel Macron et affaiblir le camp national. Donc, Robert Ménard, qui est plutôt proche de la ligne politique d'Éric Zemmour d'union des droites, même si je trouve ce terme un peu restrictif, il parrainera la candidature de Marine Le Pen et il appelle à se mettre derrière Marine Le Pen. C'est très révélateur parce que Marine Le Pen, elle a dit, moi, je veux bien discuter avec Éric Zemmour. Mais à huis clos, en cachette. Mais on va faire un débat. Enfin, je veux dire... Vous avez peur des idées ? Mais on n'a pas peur des idées.
C'est la démocratie, une campagne, on débat, on n'est pas d'accord, on voit les points de convergence.
On n'a pas peur de convergence, mais on n'est pas candidat pour jouer, pour faire du show à l'américaine, pour faire du show télé. Notre adversaire politique, on débat avec des adversaires. Mon adversaire à moi, c'est pas Éric Zemmour.
Vous avez peur que Marine Le Pen s'abîme dans cette campagne, c'est ça ?
Qu'elle s'abîme à devoir débattre. Vous n'allez pas faire le reproche, quand même, à quelqu'un qui est candidat pour la troisième élection présidentielle, qui a eu le parcours politique et personnel qu'elle a eu, qu'elle a peur de quoi que ce soit.
Jean-Marie Le Pen lui a donné le parti. Pardon ? Jean-Marie Le Pen lui a donné le parti.
Non, monsieur, Marine Le Pen, elle a été élue. Marine Le Pen, elle a eu une carrière politique qui a commencé très tôt, puisqu'elle a sauté sur une bombe quand elle avait 8 ans en qualité de fille de Le Pen. Elle a été très très tôt amenée à la politique. Dans l'attentat qui a touché le domicile familial. Pardon ? Dans l'attentat qui a touché le domicile familial, je précise. Elle a donné des combats, des engagements politiques. Elle a été candidate à l'élection présidentielle. Elle a été députée européen. Elle a surtout posé sur la table la quasi-totalité des sujets qui sont aujourd'hui discutés dans la vie politique. L'immigration, la sécurité, le patriotisme économique, la souveraineté.
Elle n'a jamais eu à faire une opposition en interne dans son camp.
C'est la première fois que ça a arrivé à ce niveau-là. C'est arrivé avec Florian Philippot. Il a dû partir faire ses valises.
Il a fait combien, monsieur Philippot, aux européennes ? 0,3%. Vous voyez, on peut discuter de la légitimité de Marine Le Pen. Mais la réalité, c'est qu'elle a été réélue en juillet dernier et investie par le Rassemblement national, candidate à l'élection présidentielle. Donc, moi, je veux bien qu'on dise tout ce qu'on veut. Je veux bien entendre tous les reproches qu'on veut. Mais mon adversaire, notre adversaire, l'adversaire de Marine Le Pen, ce n'est pas Éric Zemmour. On ne considérera jamais Éric comme un adversaire. Donc, il n'y aura pas de débat avec Éric Zemmour. On ne considérera jamais Nicolas Dupont-Aignan comme un adversaire. Donc, il n'y aura pas de primaire.
On a vu ce que ça a donné, les primaires, pardon. Pas de primaire, pas de débat. On a vu ce que ça a donné, les primaires, en 2017. Ça a fait lire François Hollande à gauche. En 2017. En 2012. Ça marche. Le candidat du Parti Socialiste existe le candidat des Républicains. À tel point aujourd'hui que même M. Bertrand, qui est celui qui est le mieux positionné dans les intentions de vote pour les Républicains, ne souhaite pas se rendre dans une primaire au risque peut-être d'avoir deux candidats à droite.
Juste sur Éric Zemmour, est-ce qu'il peut rester à la télé tous les soirs sans être candidat ? Est-ce qu'il peut continuer à s'exprimer tous les soirs sur CNews ?
Si Éric Zemmour souhaite être candidat à l'élection présidentielle, alors il faut qu'il en respecte les règles. Ou alors accorder, je veux dire, tous les matins sur France Info, une heure d'émission à Marine Le Pen. Enfin, je veux dire, il y a des règles, il faut qu'elles soient respectées pour tout le monde. Donc, si Éric Zemmour est candidat à l'élection présidentielle, il a le droit. Il peut l'annoncer en février et en attendant, il fait son tour de France, il sort son livre. Mais je note que s'il s'est mis en retrait du Figaro, c'est bien parce qu'il a une intention politique derrière.
8h51, le final fois avec Mélanie Delaunay. Et on vous retrouve dans un instant, Jordan Bardella, numéro 2, quasi numéro 1 du Rassemblement National.
Le télétravail plébiscité. S'il est encadré, 98% des salariés interrogés par la CGT dans une vaste enquête disent vouloir travailler à distance 1 à 2 jours par semaine. Mais ils veulent aussi que le droit à la déconnexion soit une réalité. Après des mois par écran interposé, retour dans les amphis. C'est une rentrée en présentiel à partir d'aujourd'hui pour les étudiants, rentrée universitaire masquée, mais sans passe sanitaire. C'est aujourd'hui la fin de l'ultimatum lancé par la CNIL. La commission informatique est liberté à une quarantaine de sites internet où il est plus facile d'accepter que de refuser les cookies, ces trackers publicitaires.
Les sanctions peuvent aller jusqu'à 2% du chiffre d'affaires. Les talibans affirment contrôler la région montagneuse du Panjshir en Afghanistan où la résistance s'est organisée. Les opposants assurent de leur côté qu'ils détiennent toujours des positions stratégiques et ils promettent de poursuivre le combat. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec Jordan Barbella, vice-président du Rassemblement National. Les députés de votre parti ont tous voté contre l'instauration du pass sanitaire en juillet dernier. Est-ce que vous le regrettez aujourd'hui ?
Pas du tout. Et si c'était à refaire, nous le referions. Pour une raison très simple, c'est qu'aujourd'hui, beaucoup de médecins, d'ailleurs, ce qui n'était pas le cas au mois de juillet, s'accordent à dire qu'il y a un consensus médical là-dessus, que le vaccin protège effectivement des formes graves du Covid-19, mais n'empêche pas la transmission. 50% de moins. Or, moi j'ai entendu Martin Blachet, qui est un grand épidémiologiste, indiquer que par conséquence, et la conséquence de cette analyse, ce sont donc les vaccinés qui transmettent le virus aux non-vaccinés dans des endroits clos, à des non-vaccinés qui ont été testés PCR négatif et qui ont donc pu rentrer avec un pass sanitaire.
Donc à quoi nous sert aujourd'hui le pass sanitaire ? Regardez le Danemark.
Là encore, c'est un peu plus compliqué, Jordan Bardella, parce que le vaccin diminue les cas d'infection. Quand on est vacciné, quand on est totalement vacciné, on a 10 fois moins de chances d'être infecté par le Covid.
Non, pas 10. Si. Non, pas 10. Pour être précis, pardon, le consensus qui, vous avez raison, a un peu évolué ces derniers mois. Deux fois moins de chances, si on est vacciné, de transmettre, d'attraper le virus. D'accord, donc on est passé de 10 à 2. Et dix fois moins de chances d'avoir une fin en 17 secondes. Pardon, mais vous citez Martin Blachet qui ne fait pas l'unanimité non plus. Non, mais de toute manière, venant de moi, n'importe qui, vous me direz, il ne fait pas l'unanimité. Non, pas du tout. Je peux terminer une phrase ? Ce sont les chiffres de l'OMS et du Conseil scientifique.
Merci. Donc tout le monde s'accorde au moins à dire que le vaccin, s'il protège des formes graves, on est d'accord là-dessus, n'empêche pas la transmission. Rélui de moitié. Des gens qui sont vaccinés, moi je suis vacciné, je défends la vaccination et notamment la vaccination des publics à risque, peuvent donc transmettre dans un restaurant des gens qui ont été testés PCR négatif. Donc voyez bien que l'intérêt de ce pass sanitaire, il est beaucoup plus mitigé que cela. Regardez le Danemark, le Danemark a vacciné 70% de sa population, avait ce qu'ils appellent le Corona Pass, c'est-à-dire l'équivalent du pass sanitaire.
Ils ont d'ailleurs vu un effondrement de la participation dans les restaurants, moins 25% de fréquentation des établissements de restauration. Et ils disent à partir de 70% de vaccination, le pass sanitaire n'a plus aucun intérêt dans la mesure où il n'empêche pas la transmission. Donc je pense qu'il faut continuer à vacciner les publics à risque. Encore quelques jours, 20% des plus de 80 ans n'avaient pas encore reçu de dose, mais que sur des publics un peu plus larges, il n'a pas d'intérêt. Et il pénalise aujourd'hui nos entreprises.
Il pénalise aujourd'hui nos restaurants qui ont vu, d'après une enquête du syndicat des indépendants, baisser jusqu'à 40% la fréquentation de leurs établissements.
Si vous étiez au pouvoir aujourd'hui, Jordan Bardella, il n'y aurait plus de pass sanitaire. Est-ce qu'il y aurait encore des gestes barrières ou des mesures particulières ?
Il y aurait bien sûr des gestes barrières. Ce que le gouvernement nous a, par exemple, dit qu'il était inutile de mettre en œuvre au début, c'est-à-dire le port du masque à l'intérieur. Il y aurait une politique volontariste pour aller convaincre les personnes qui ont des comorbidités, les 13 millions de personnes qui ont des comorbidités dans notre pays, dont une grande partie d'entre eux, une petite partie d'entre eux, soyons honnêtes, ne sont toujours pas vaccinés aujourd'hui parce qu'il y a des déserts médicaux, parce qu'il y a des lieux dans les campagnes, dans les villes moyennes, où on n'a pas accès à la médecine de la même manière qu'on y accède dans les grandes villes.
Alors on commence à le faire, circuler des bus pour aller sensibiliser. Regardez, l'Espagne l'a fait, l'Espagne a ciblé les personnes âgées, a ciblé les personnes qui ont des comorbidités. Je maîtriserai les frontières. Parce que vous voyez, pendant qu'on impose le pass sanitaire à des restaurants en terrasse, alors on nous explique qu'en terrasse, il n'y a aucun risque en extérieur, il n'y a aucun risque de transmettre ou de recevoir le Covid, mais on impose le pass sanitaire dans les terrasses. Et parallèlement à ça, dans les entreprises, il n'y a pas de pass sanitaire. Donc vous voyez bien que c'est incohérent, que ça n'a aucun sens, que c'est du n'importe quoi au possible.
Et parallèlement, lorsque vous arrivez d'un pays étranger à la frontière pour en avoir fait l'expérience cet été, vous n'avez aucun contrôle. Alors on sait que le variant Delta, on le sait pertinemment, n'est pas arrivé dans notre pays par l'opération du Saint-Esprit. Donc il faut maîtriser les points d'accès, il faut maîtriser les frontières, il faut généraliser les purificateurs d'air dans les classes. L'Allemagne a mis 200 millions d'euros dans les moyens publics pour généraliser les purificateurs d'air dans les classes et dans les écoles. Pourquoi ça n'est pas fait dans notre pays ? On laisse les collectivités démunies face à cela.
Donc il y a beaucoup de mesures de bon sens à prendre, mais je dis juste qu'il faut arrêter de gérer cette épidémie avec mensonge, incohérence et avec hystérie. On nous annonçait, Gabriel Attal nous annonçait mi-juillet pour août 140 000 contaminations hebdomadaires au mois d'août, on n'a même pas passé les 20 000. On nous parle déjà d'une cinquième vague alors qu'on est globalement dans une phase descendante aujourd'hui.
Jordan Bardella, est-ce que vous soutenez les antipasses qui défilent chaque semaine dans les rues en France ? Pourquoi, si vous les soutenez, vous ne manifestez pas avec eux ?
Les Français ont le droit de manifester. Je veux dire, nous, nous sommes des parlementaires. Moi, j'ai eu à prendre mes responsabilités le 8 juin au Parlement européen. Lorsqu'il a fallu voter pour ou contre le pass sanitaire. J'ai voté pour le pass sanitaire à l'entrée du pays, c'est-à-dire aux frontières, mais j'ai voté contre un pass sanitaire à l'intérieur du pays pour accéder au restaurant ou au lieu de culture parce que je considérais que c'était une mauvaise mesure qui n'avait aucune efficacité sanitaire. Et on voit que les débats aujourd'hui, en tout cas sur son efficacité, on commence à en revenir.
Les parlementaires du Rassemblement national, vous l'avez souligné, ils ont voté contre l'Assemblée nationale. Donc nous, on prend nos responsabilités parce que nous sommes des dirigeants politiques. Que certains Français souhaitent manifester dans les rues, ils ont le droit de le faire. Vous les soutenez, ceux qui manifestent ? Vous les appelez à être encore plus nombreux ? Aujourd'hui, je partage du moins les revendications de ceux qui s'inquiètent du recul des libertés dans notre pays. Parce qu'aucun autre gouvernement n'aura fait reculer les libertés et pas seulement à l'égard de la crise sanitaire que le gouvernement d'Emmanuel Macron.
On est dans un glissement autoritaire aujourd'hui avec le gouvernement. Et c'est vrai que les libertés publiques sont remises en cause de plus en plus et tous les démocrates devraient s'en inquiéter. Merci à vous.
Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement National. Président donc, ce sera dimanche prochain, c'est ça ? Tout à fait. À Fréjus. Merci à vous.
Jordan Bardella