Quelle place prennent les jardins dans nos villes et dans nos vies ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et ce soir, on va un peu jouer les candides en se demandant pourquoi il est opportun toujours de cultiver son jardin au sens propre. C'est en marge de la 23ème édition de l'opération Rendez-vous au jardin, lancée par le ministère de la Culture. Le ministère de la Culture, 2800 sites ouverts pour aller ce week-end redécouvrir la richesse et la diversité des parcs et jardins à travers la France. Cultiver son jardin, donc, si Voltaire y voyait avant tout une façon d'atteindre la liberté spirituelle, nous allons être ce soir un peu plus terre à terre, les pieds dans la glace pour interroger par exemple notre accès aux espaces verts en milieu urbain.
Et pour cela, on va s'appuyer sur une enquête de l'INSEE qui pointe à un accès inégal des Français aux espaces verts dans les grands centres urbains. Un habitant sur deux n'a pas accès à un espace vert public à moins de 5 minutes de marche à pied de son domicile. Alors, que vient-on chercher dans les jardins, les parcs qui nous offrent de l'apaisement, des loisirs, des légumes, des fruits au cœur des villes ? Et puis, nous essaierons aussi de comprendre tout ce qui fait tant de bien quand nous mettons les mains dans la terre. Un jardin pour nourrir l'esprit, un jardin pour nourrir tout court. Ce seront nos deux prismes ce soir, l'arrosoir d'une main, le téléphone de l'autre.
Appelez-nous et venez nous dire votre jardin, votre rapport au jardin 0145 24 7000. Le téléphone va sonner jusqu'à 20h.
Le téléphone sonne 0145 24 7000.
Avec une première auditrice, Pascaline nous appelle de Cherbourg. Bonsoir Pascaline.
Bonsoir, merci de prendre mon appel.
Avec plaisir. On vous écoute ?
Alors, oui, donc moi je suis d'origine, je suis une fille d'agriculteur, donc je n'ai pas du tout fait ce métier. Mais par contre, je me retrouve tout de suite quand je suis dans mon jardin, que je cultive, que j'enerme mes plantes. Je peux y rester plusieurs heures et ça me fait un bien fou, ça me vide la tête. Mais j'aimerais savoir si ça fait ça à tout le monde.
Une bonne question, merci beaucoup Pascaline. Et pour vous répondre ce soir, deux invités. Ophélie Damblay, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes pépiniériste, créatrice de contenu vidéaste avec notamment votre chaîne sur YouTube, Ophélie, ta mère nature. Vous êtes aussi l'autrice du livre Guérilla Green, ce guide de survie végétale en milieu urbain qui est paru aux éditions Stankys. Et puis avec nous, le jardinier de Versailles. C'est le titre d'ailleurs de votre dernier livre, je crois bien. Oh non, c'était le premier. Ah, c'est le premier.
Mais il y a fort longtemps.
Alors, il ne ressort pas, je pensais qu'il ressortait. Non, mais il ressort tout le temps. Bonsoir Alain Baraton. Bonsoir. Alors, je vais commencer par vous Alain, parce que je sais, à propos de ce témoignage de l'auditrice qui nous dit, ça me fait du bien d'aller dans les jardins. Je sais que vous, ça vous a fait du bien en passant par les arbres. Il faut nous raconter ça.
Je devrais revenir sur vos propos. Quand vous avez énuméré à quoi servait un jardin, ce que l'on pouvait y trouver, vous avez oublié d'y mentionner un mot important, la liberté. C'est jardiner, c'est tout simplement la liberté, la liberté de faire corps avec une plante, avec la nature, et puis de enfin pouvoir récolter ce que vous avez semé. Le jardinage, c'est une véritable école de patience, d'observation. Moi, je me rappelle, quand j'étais tout petit, il y avait, ça se fait peut-être encore d'ailleurs, il y avait à l'école des professeurs, des instituteurs, qui nous apprenaient à faire germer le haricot, vous vous rappelez peut-être, dans du coton. Oui.
On mettait le haricot, on mettait de l'eau, du coton, et on voyait cette graine donner vie à un végétal. Mais c'était merveilleux. Donc, le jardinage, c'est tout simplement l'apprentissage de la vie, ça nous vit de la tête, effectivement, parce que nous redevenons enfin ce que nous sommes vraiment.
Il y a des études concordantes qui montrent que le jardinage a un impact déstressant, voire antidépresseur. C'est quelque chose que vous vérifiez régulièrement chez ceux que vous croisez parmi les visiteurs du parc de Versailles ?
Bien sûr, je pourrais vous dire qu'il y a un comportement dans un jardin, dans un parc qui n'est pas du tout identique au comportement dans une ville. Prenez les citoyens, quels qu'ils soient, qui rentrent dans un jardin. Généralement, ils se mettent à marcher moins rapidement, à moins qu'ils viennent pour y faire du sport, bien évidemment. Ils sont souvent souriants, ils sont en groupe et ils prennent le temps de contempler.
Mais à propos du jardinage de la santé, des études fort sérieuses faites au Canada ont montré que dans les hôpitaux qui ont pour mission de soulager les personnes souffrant de troubles psychologiques, lorsque l'hôpital était situé au milieu d'un jardin, le taux de réussite ou de guérison était nettement supérieur quand il y avait un jardin plutôt que là où il n'y en avait pas. Donc effectivement, aller dans un jardin, regarder ce qui s'y passe, les enfants s'amusent, les personnes âgées peuvent méditer sur leur vie passée, les amoureux s'y retrouvent, on y fait du sport, on lit, on dort, c'est vraiment un espace de bien-être.
J'ai commencé avec vous Alain Baraton parce que je savais qu'il y avait chez vous un prisme de la méditation au jardin. Ce n'est pas tellement votre prisme, au fil et d'emblée, vous croyez moins aux vertus méditatives du jardin qu'à ces vertus collectives. C'est votre prisme à vous ça.
Oui, en tout cas, l'un n'empêche pas l'autre, mais c'est vrai que l'endroit où j'exerce mon métier d'agricultrice, il est au beau milieu du 9-3 à Saint-Ouen, dans une zone qui est très urbanisée, très minérale. Et donc de monter des fermes urbaines qui sont la plupart du temps collectives, c'est permettre aussi aux gens de se rassembler, de recréer du lien entre eux. Et donc c'est des espaces où moi j'ai la chance de rencontrer tout type de personnes, ça peut être des enfants comme des personnes âgées, des personnes exilées, des élèves décrocheurs. Et en fait, c'est aussi des lieux où on peut regagner en confiance en soi. Ce sont des lieux où on peut partager nos savoirs et savoir-faire.
On est aussi nombreux et nombreux à être fils et filles de paysans. Donc il y a tout ce savoir qu'on a à transmettre. Et donc c'est des lieux où on peut regagner une raison d'être en ville.
Parce qu'il faut expliquer peut-être un peu plus précisément, Ophélie Damblet, que vous accueillez du public dans vos pépinières, désormais à Saint-Ouen, près de Paris. Que viennent chercher vos jardiniers, qu'ils soient apprentis ou confirmés ?
Tout simplement de se reconnecter un petit peu à la nature et aussi au métier agricole, parce qu'on est assez éloigné de ça quand on est urbain. Donc c'est tout simplement voir à quoi ressemble un plan de tomate, tout simplement. C'est vrai qu'on achète souvent nos légumes sans trop savoir comment ils poussent. Et donc de se confronter comme ça à quoi ressemble un plan d'aubergine, de piment, etc. Ça remet le concret au centre et ça donne envie aux gens de remettre les mains dans la terre. Et aussi, pourquoi pas, de consommer mieux ensuite.
On va en parler longuement ce soir. Pascal Le nous appelle au Standard France Inter. Bonsoir Pascal. Vous êtes à Paris. On vous écoute.
Oui, je vous appelle à 18ème. Alors, on a une petite place dans notre quartier de la Goutte d'Or que des riverains ont invéli lors du Covid. C'était une place complètement minérale. Et lors du Covid, on a commencé à planter, à faire des bacs nous-mêmes avec des palettes, etc. Et de fil en aiguille, la mairie du 18ème s'est intéressée à notre jardin. Et depuis l'année dernière, on nous a apporté de la terre, on nous a fait des bordures. Et chacun, c'est pas un jardin, c'est devenu carrément un petit jardin, mais ça n'est pas fermé. C'est ouvert à tout le monde, c'est ouvert à tous les riverains. Et chacun peut venir planter, désherber, etc.
Mais notre gros, gros souci dans ce quartier, c'est que la nuit, notre jardin est dévasté par des killers et par des toxicos qui viennent se shooter. Et tous les matins, on est obligé de ramasser, de nettoyer ce qu'ils ont fait. La ville fait ce qu'elle peut. Mais si nous, on ne met pas la main à la terre, c'est le cas de le dire, c'est un vrai carnage. Donc on est vraiment malheureux parce qu'on peut être là, mais derrière.
On a un petit problème de liaison, mais on a bien compris vos propos, Pascal. Et effectivement, si les jardins sont souvent grillagés, c'est sûrement pour empêcher et éviter la situation que vous constatez chaque matin ou régulièrement le matin après une nuit dans le 18e, 19e arrondissement de Paris. Oui, Ophélie d'emblée, ce que dit cette auditrice, c'est que si on jardine seul, en fait, en revanche, le jardinage ouvre un réseau incroyable d'amis. Elle le raconte d'amis ou en tout cas de collègues de passage pour entretenir des jardins. Et ça, c'est votre prisme aussi.
Oui, tout à fait. Ce sont des lieux d'entraide aussi où on partage des savoirs, mais pas que. Ce sont des lieux d'hospitalité, de convivialité. Alors parfois, on se retrouve aussi confrontés à la réalité d'autres personnes qui sont parfois dans des situations de grande précarité. Et donc, c'est comment aussi on rend ses jardins ouverts à ces gens-là. Ce n'est pas forcément évident tous les jours, mais plus on responsabilise aussi le citoyen à lui dire, en fait, tu peux te réapproprier cet espace et en faire aussi un lieu qui t'est propre. En fait, c'est grâce à ça aussi qu'on fait perdurer des jardins.
Donc moi, je suis pour quand même qu'on continue de laisser ouverts ces espaces parce que finalement, moi, j'ai aussi plein d'exemples, par exemple, de personnes qui sont en situation, par exemple, un peu irrégulière ou alors de personnes sans domicile fixe qui viennent dans ces espaces pour jardiner. C'est des lieux aussi où, en fait, ils regagnent en confiance et ils se trouvent très, très investis parce qu'ils ont aussi du temps pour ça. Et en fait, finalement, ça crée des interactions qui n'étaient pas du tout prévues. Et il y a de très, très belles histoires aussi.
Le jardinage sacré du collectif. Alain Baraton, je vous ai souvent entendu dire, un jardin sans visiteur n'est plus un jardin.
Ça n'a aucun intérêt, aucun intérêt. Je vais rebondir, si vous le permettez, sur ce que je viens d'entendre. Ophélie nous disait qu'en Seine-Saint-Denis, là où elle œuvre tous les jours, il y a, au milieu de sa friche, quantité de jeunes qui viennent découvrir à quoi ressemble un pied de tomate. C'est très important. Et je crois que tant qu'il y aura des initiatives comme celles prodiguées par Ophélie, il y a encore peut-être de l'espérance. Comment voulez-vous qu'un gamin qui n'a jamais vu pousser une plante ait la moindre conscience du temps qu'il faut pour obtenir un fruit, le travail qu'il faut pour obtenir une récolte ?
Le simple fait d'ouvrir ce genre d'établissement, c'est tout simplement des écoles de plein air. C'est une école verte que vous venez, que vous avez créée. Aujourd'hui, à Versailles, nous recevions des jeunes gens, des gamins, des quartiers dits difficiles, qui venaient en autobus par milliers découvrir les jardins. Ils avaient des regards admiratifs. Ils étaient là, ils avaient du mal à comprendre comment, avec quelques fleurs, on est capable de transformer un paysage. Si demain, on est capable, dans des friches en pleine ville, de montrer à un petit qu'en faisant pousser des légumes, un, on se recontacte, on reconnecte avec la nature mieux.
On peut avoir un métier dans les mains, mais c'est merveilleux. Donc, effectivement, il y a des personnes qui vont endommager la nuit pour des activités coupables, des espaces verts, mais hier encore, ils allaient sous les ponts, on n'a pas pour autant fermé les ponts. Il faut laisser les jardins ouverts, simplement éduquer dès le jeune âge. Et si je peux rajouter, j'ai eu la chance de suivre un groupe d'élèves décrocheurs en collège. Et ça a été fou, le moment où ils ont récolté leur première courgette. Ils en ont fait une danse et un chant tellement ils étaient contents. Et cette histoire de confiance, elle est aussi très, très importante.
Justement, Héléna est psychologue en ligne. Bonsoir Héléna, vous êtes à Colmar.
Oui, bonsoir.
On vous écoute.
Oui, alors moi, je voulais parler de mon expérience. Il y a quelques années, en 2017, j'ai fait un burn-out assez costaud qui s'est suivi d'une dépression. Et j'ai eu l'opportunité de travailler, de donner un coup de main dans les jardins d'amis, voire un petit peu en maraîchage. Et ça m'a permis de reprendre goût à l'activité, reprendre goût à la vie, notamment. Et ça m'a fait tellement de bien que lorsque je suis retournée au travail, quelques mois plus tard, j'avais pour projet de pouvoir offrir ça à mes patients. Donc voilà, je travaillais en psychiatrie. Ce jardin n'existait pas. Les moyens ne sont pas toujours là.
Mais par contre, grâce aux dons, les associations que je connais ont donné des outils, des plantes, des graines. Et ça a été donc un projet collectif qui a été porté par le chef de service et par moi-même.
Merci beaucoup de ce témoignage. Le jardinage comme soutien psychologique. Le sentiment de fierté, on en parlait à Alain Baraton. Sa première tomate, son premier plan qui pousse. On s'en rappelle toute sa vie ?
Mais je vais même vous donner un exemple concret. J'ai la chance à Versailles d'avoir dans mon service, et depuis leur création, des travaux d'intérêt généraux. Vous savez, ce sont les peines prononcées par des tribunaux. Et en échange d'un travail pour la collectivité, je reçois des jeunes gens qui ont commis quelques délits. Un, je constate une adaptation au métier du jardin incroyable. Deux, le nombre de gamins que j'ai vus, qui étaient pourtant très désœuvrés, qui ont fait de mon métier leur métier. Et puis, ils se sont rendus compte que finalement, ils avaient une utilité. Le simple fait d'être capable de prendre une petite graine, de la mettre en terre et d'obtenir un résultat.
Ça leur redonne confiance en eux. Quantité de personnes dépressives, on l'a entendu il y a un instant, reprennent contact avec la vie, simplement en regardant un arbre, simplement en regardant un bosquet. Quand on voit un arbre, un arbre capable de vivre des centaines d'années, et de se dire que cet arbre a résisté à toutes les agressions sans bouger de place, c'est qu'il a peut-être un secret. C'est peut-être ça aussi le secret du jardinage, être capable de résister à toutes les agressions avec un maximum d'efficacité. C'est pas toujours simple, j'en conviens. On parle souvent du problème de renouvellement des générations dans le monde de l'agriculture.
Et en fait, d'ouvrir des espaces où on peut venir jardiner, c'est aussi susciter des vocations. Et pourquoi pas permettre à des personnes qui sont justement en situation de mal-être au travail, de burn-out, de pourquoi pas se reconvertir vers ces métiers. On en a grandement besoin aujourd'hui. Et donc, il faut aussi ces lieux passerelles, ces fermes urbaines, ces fermes pédagogiques, ces jardins partagés, pour permettre à ces gens de se former et pourquoi pas réinvestir le milieu agricole.
Et vous, c'est par les réseaux sociaux, au départ, que vous avez constitué une grande famille qui vous suit. Ils sont combien ? 400 000 aujourd'hui ? 500 000 ?
Si on réunit tout le monde, oui, ça doit faire à peu près ça dans les 500 000.
Ils vous suivent sur les réseaux sociaux. Vous avez voulu répondre aussi à un besoin de pédagogie, parce que mettre les mains dans la terre, quand on n'y connaît rien, on est voué à l'échec.
Ça peut faire peur. On a tous ce syndrome de la main verte, une grande légende urbaine que j'essaye de casser. Le fait de se foirer, ça fait partie du jeu. Donc déjà, moi, j'essaye de montrer aussi les moments où je n'arrive pas à faire pousser des choses. Voilà, il faut aussi un petit peu se détendre. Et c'est montrer à quel point c'est des joies d'enfants, en fait. Le jardinage, c'est s'émerveiller chaque jour. Et moi, je vous dis, ça fait 10 ans maintenant que je fais ce métier. Et je suis joyeuse comme une gamine de 4 ans quand je vois mes petits plans pousser.
Je le comprends, parce qu'on partage tous cette même joie et cette même fierté de voir pousser une première rose ou une tomate. Sur vos vidéos, la vocation pédagogique autour du jardinage, ça a pris une forme théâtrale chez vous, avec de l'humour. Il faut expliquer un petit peu ça.
Alors, ça ne vient pas de nulle part. J'ai une formation de comédienne, donc j'avais besoin de mettre en scène les choses.
Ça se voit quand on va rechercher. Vous faisiez notamment une chronique sur les plantes dont tout le monde se fout.
Oui, tout à fait.
C'était important parce que vous avez remis au goût du jour des plantes dites moches ou des plantes qu'on avait délaissées ?
Oui, les fameuses plantes mal aimées, celles qui poussent dans les interstices des trottoirs et autres friches industrielles. Donc, c'est a priori ces plantes qu'on délaisse. Finalement, quand on commence à les observer, à les reconnaître, on se rend compte qu'en fait, elles ont des vertus médicinales. Elles sont aussi le gîte et le couvert d'énormément d'insectes et autres animaux. Et en fait, on se rend compte qu'au pied de notre immeuble, on a tout un univers végétal incroyable.
Alain Baraton, ces plantes mal aimées, vous les avez aussi mises en exergue, notamment à France Inter.
Oui, j'ai fait du bon mieux. Je voudrais revenir sur vos propos quand vous dites qu'il faut mettre un terme à cette légende de la main verte, surtout pas, surtout pas. C'est le thème de ma chronique tous les semaines et dimanche à 7h40. Non, effectivement, j'essaie de réhabiliter celles qu'on a aimées. Je pense aux glaïeules. Je pense à toutes ces fleurs qui, autrefois, faisaient la fierté de nos grands-mamans et qui sont devenues un petit peu désuètes, démodées, en un mot, has-been. Et il est vrai que c'est triste de voir que des fleurs qui, hier encore, ornaient les jardins que nous avons aimées, eh bien, ne sont plus vraiment entretenues. Qui nous parle aujourd'hui des mieux-autistes ?
On n'en voit pratiquement plus les glaïeules. Il n'y a rien de plus moche qu'un glaïeule, objectivement. Mais c'est drôle, remettons des glaïeules. Et effectivement, prenons le temps, vous avez raison, quand on marche en ville, de s'arrêter, de voir qu'une petite fougère innocente est capable de soulever le goudron. Regardez le pissenlit, qui est capable, en plein milieu d'un trottoir, pourtant sacrément, j'allais dire, usagé, bétonné, eh bien, de pousser, de produire des fleurs, de produire des graines. Il est là, fier, et il vous provoque de par sa présence. Il faut bien sûr donc le laisser vivre. Donc, effectivement, j'ai bien aimé le changement des termes.
Autrefois, on parlait des mauvaises herbes. Ça y est, maintenant, on parle d'Adventis, qui pousse là où elle n'a pas d'herbes mauvaises. Voilà.
Et j'aime bien ce nouveau discours. Et vous, venez nous faire part de votre rapport au jardin, au jardinage. Nous sommes ensemble jusqu'à 20h. Louis est en ligne. Bonsoir, Louis. Oui, bonsoir. Vous nous appelez des Pyrénées-Orientales.
C'est ça. En fait, je suis vigneron retraité et je cultive mon potager depuis une trentaine d'années. Après que mon arrière-grand-père, que mon grand-père, que mon père les cultivait. Et au-delà de cultiver des légumes, j'ai le sentiment de cultiver la mémoire aussi. Parce qu'on l'oublie un peu trop, la mémoire, des fois. Et encore plus cette année, parce que j'ai un copain qui m'a offert quatre plantes de tomates qu'un vieux monsieur qui est décédé depuis longtemps, qui s'appelait Pitou, qui était un ouvrier agricole espagnol, avait donné à son père. Et depuis une cinquantaine d'années, le père de Gilbert, donc Gabriel et puis Gilbert, ont continué à ressemer ces tomates.
Donc j'étais très fier de pouvoir semer les tomates, de planter les tomates de Pitou.
De Pitou.
Pitou. Et son fils Narcisse en pleurait, quand je lui en ai parlé. Merci beaucoup. Parce que dans la dimension de la culture des jardins, potagers ou autres, il y a cette dimension de mémoire et de reproduire des gestes, comme le dit joliment Charles Aznavour dans sa chanson « Et moi, je reste là ».
Merci beaucoup de ce très beau témoignage, Louis, dans les Pyrénées-Orientales. Vous nous parliez de mémoire. Ophélie Damblay, vous aussi, dans votre pépinière, il me semble que vous entretenez ce patrimoine alimentaire à travers vos graines. Il y a un secteur qui permet que les graines rejoignent une banque de conservation.
Oui, tout à fait. Ça me touche beaucoup comme témoignage parce que je suis complètement d'accord sur le sujet de la mémoire. Moi, c'est ma grand-mère qui m'a donné envie de faire ce métier, si j'ai un peu de recul. Et aujourd'hui, c'est vrai que je m'attarde sur des semences anciennes, dites paysannes. Et j'ai eu la chance de travailler avec le conservatoire de semences de Vavilov. Donc, en fait, l'idée, c'est de remettre en culture ces graines puisqu'en fait, c'est des êtres vivants. Donc, il faut régulièrement les faire pousser pour qu'elles continuent aussi de pouvoir s'adapter à nos aires modernes qui sont de moins en moins faciles pour elles.
Donc, j'ai eu cette chance-là de participer quelque part à de la conservation de patrimoine alimentaire. Donc, ça, c'est très puissant. Et ensuite, pour revenir à cette histoire de mémoire, je dirais qu'aujourd'hui, malheureusement, nos jeunes générations, les générations futures, elles sont à la fois très intéressées par ces sujets, mais elles sont en perte de connaissances. Et donc, il y a un vrai enjeu à éduquer nos enfants sur ces sujets-là. Et notamment, pourquoi pas, avec un programme de jardinage à l'école ?
Eh bien, pourquoi pas ? Donc, on espère que le gouvernement vous entend pour mettre ça à l'école. Il y a cette urgence aussi, peut-être, que vous mettez en exergue à Saint-Ouen, dans votre pépinière, à produire soi-même et surtout, le plus sainement possible.
Oui, on voit en ce moment les scandales liés au PIFAS, au cadmium, etc. Je pense qu'on commence à tous et toutes être un petit peu angoissés à l'idée de manger. Et cette notion du bien manger, elle devrait être pour tout le monde. On a un tiers des gens aujourd'hui qui déclarent sauter des repas à cause aussi de les finances. Donc, on est vraiment dans une situation extrême. Et donc, reprendre du pouvoir en jardinant, juste en comprenant aussi comment ça fonctionne, c'est se sentir moins accablé par ces soucis-là. Et quand on le fait collectivement, qu'on s'organise, on se sent plus puissant aussi. À Paris, je crois qu'on a deux ou trois jours d'autonomie alimentaire.
C'est vraiment pas beaucoup si on coupe les frontières. Donc, c'est aussi ces enjeux-là.
Nous sommes très dépendants, effectivement, pour notre alimentation. Alain nous appelle. Bonsoir, Alain.
Bonsoir.
On vous écoute.
Oui, je voulais juste merci pour votre émission. C'est sympa de me laisser parler de mon expérience. Voilà, je voulais vous faire état de cette expérience. En fait, quand je suis arrivé en Cévennes, donc il y a 45 ans à peu près, j'ai attaqué un jardin comme ça sur ma maison que je venais d'acquérir. Et puis, au début, évidemment, production, production. Donc, je faisais... J'avais trois grands jardins et donc je me suis retrouvé avec des quantités énormes. énormes et petit à petit, je me suis orienté plutôt sur le jardin de curé, le jardin de charme et donc en mémoire de ma mère qui a doré les plantes. Donc, j'ai mis des rosiers anciens par dizaines.
J'ai repris les pivoines de ma mère que j'ai déplantées du nord et que j'ai remis ici. J'ai des centaines de pivoines et beaucoup, beaucoup de fleurs. Je récupère aussi dans les jardineries des plantes qu'on me donne pour rien et que je soigne et puis que je remets comme ça. J'ai creusé un bassin que ça a une folie. J'ai deux bassins avec maintenant plein d'animaux qui viennent et donc, j'ai un jardin de charme en fait en même temps et avec une petite serre ancienne que j'ai fabriquée. Donc, ce qui fait que beaucoup de gens viennent me voir surtout au printemps. Ils repartent avec des brassés de fleurs et j'offre des fleurs.
En fait, l'essentiel de mon truc au printemps c'est d'offrir des immenses brassées de pivoines et de roses aux gens que j'apprécie et voilà.
Quelle belle vocation et quelle belle initiative. Merci Alain dans les Cévennes. Vous aviez vu Trop Grand. Vous le disiez, vous allez vous rejoindre tout à l'heure Alain Baraton et Ophélie Damblay. Une simple friche suffit au départ pour expérimenter. Inutile de penser Trop Grand.
Oui, il faut produire pour ses besoins mais moi je voudrais revenir sur trois mots. On a parlé de la transmission important, on transmet un savoir, le sentiment également quand on crée un jardin, quand on récolte les tomates de pitou, on se rappellera tous les ans de pitou lors du déjeuner mais également le partage. Je ne connais pas personnellement de jardinier qu'il soit professionnel ou amateur qui jardine pour lui-même. Un jardinier par définition est quelqu'un qui travaille pour le voisin, pour la collectivité, pour l'autre et qui prend plaisir à partager. Quel intérêt y a-t-il à produire des légumes ou des fleurs pour ne pas les offrir ? Ça n'a aucun sens mais il est vrai.
Il est vrai que quand on passe devant une propriété quelle qu'elle soit, que l'on a de l'autre côté de la grille un homme ou une femme qui vous offre un bouquet de fleurs qu'il vient à peine de cueillir, je peux vous garantir qu'immédiatement on accepte les fleurs et on en part avec le sourire. Juste également une petite étude qui avait été menée au Japon, il a été prouvé que quand on croise une personne avec un bouquet de fleurs dans les mains on lui sourit c'est pratiquement obligatoire. En France aussi faites l'expérience prenez des fleurs et portez-les tout le monde vous sourit c'est le pouvoir des fleurs.
Le pouvoir des fleurs c'est une chanson il me semble aussi Laurent Woulzy non ? Peut-être. Peut-être bien. Ophélie Damblay vous faites il faut le rappeler partie du réseau AFOP cette association française de l'agriculture urbaine qui promeut les jardins partagés en Villeraie expliquez-nous comment fonctionnent les jardins partagés
Alors les jardins partagés c'est tout simplement des espaces où on peut venir jardiner de manière collective alors chaque jardin a un petit peu son propre système son organisation il y a parfois des parcelles attribuées individuellement par famille et d'autres zones où vraiment n'importe qui peut venir jardiner quand il veut nous à la FOP donc l'association d'agriculture urbaine française on s'occupe aussi de fermes pédagogiques de fermes productives donc il y a en fait tout type de format ça peut être aussi des associations des entreprises des citoyens qui se mettent à jardiner à cultiver nous on milite pour un droit à la terre pour toutes et tous y compris en milieu urbain et notre rêve ce serait qu'une ferme soit accessible à toutes et tous à moins de 15 minutes de la maison donc on n'y est pas encore mais on a déjà 4500 espaces de ce type qui existent aujourd'hui en France ce sont des lieux qu'on peut vraiment susciter des métiers des vocations
les municipalités qui disent qu'elles reverdissent un peu les centres-villes parce qu'aujourd'hui il y a besoin de créer du frais avec ces températures caniculaires elles ont l'air d'être de plus en plus sensibles aux arguments que vous avancez est-ce que vous leur donnez du crédit à ces mairies ?
Évidemment il y a un enthousiasme on a aussi des mairies qui sont engagées depuis des années sur ces questions et donc on a aussi déjà des exemples qui fonctionnent dans plein de villes aujourd'hui il y a un vrai enjeu à les pérenniser ces espaces souvent on est sur des baux assez précaires moi-même aujourd'hui voilà j'ai signé pour trois ans ce qui est déjà bien mais on parle quand même de nature et la nature elle met du temps à se réinstaller et aussi il y a une histoire d'ancrage local pour que les gens se sentent acteurs et actrices de ces espaces il faut leur laisser le temps aussi de s'investir et donc il y a tout un travail encore à faire pour que les municipalités comprennent que ces espaces doivent rester sur le long terme
C'est ce que vous dites quand vous réclamez un peu de souplesse pour les jardins partagés ça veut dire d'augmenter un petit peu plus la durée du bail une question Alain Baraton et je veux adresser aussi à la pépiniéris qui est en face de vous au filet d'emblée question sur quelques graines il y a des graines qu'on ne peut plus exploiter de vieilles graines qui avaient fait leur preuve je pense à des tomates ces graines elles n'ont pas le droit d'être vendues désormais ce fameux catalogue officiel
qui est une absurdité monumentale qui à l'origine avait pour objet de garantir la qualité des graines à quiconque les achetait entre temps les grands les grands grainetiers les grands semenciers mondiaux se sont emparés du sujet et effectivement on a transformé ce catalogue des graines en une sorte de monopole réservé à certains imaginez qu'aujourd'hui on est capable de vendre à des pays très pauvres comme en Afrique des graines tellement bien conçues qu'elles ne peuvent pas une fois qu'elles ont germé donner naissance à d'autres graines mais la graine est parfaite elle va donner le produit que l'on veut peut-être mais on ne peut pas souvent la réutiliser juste à titre d'anecdote quand vous achetez les graines aujourd'hui où il y a marqué les petites graines de flore les graines F1 pardonnez-moi pas formule F1 ça veut dire que cette graine ne pourra pas donner naissance à d'autres graines non il y a aujourd'hui un véritable scandale au niveau des graines au niveau de quelques autorisations souvenez-vous à ce micro il y a quelques années de longues années j'avais été mis en cause par le ministère de l'agriculture car j'avais osé promouvoir le purin d'ortie il était hors de question de promouvoir un produit qui n'a fait l'objet d'aucune autorisation de mise sur le marché l'eau non plus d'ailleurs à ce sujet n'a jamais été légalement autorisée non il faut aujourd'hui rendre les graines aux paysans tout simplement et quand on avait quelqu'un comme Pitou par exemple qui produisait ses graines depuis 50 ans expliquez-moi où est le danger à ce que demain vous puissiez utiliser les graines de cet homme et donc au fil d'emblée
ses graines elles se vendent sous le manteau j'imagine
alors il y a un formidable système qui s'appelle le troc qui nous permet à toutes et tous de troquer tout simplement nos graines et ça c'est en toute l'égalité donc ça c'est c'est une possibilité c'est plus difficile pour les maraîchers et maraîchères qui pour le coup elles doivent attester d'où viennent leurs graines
Jackie nous appelle bonsoir Jackie
oui bonsoir bonsoir François Inter vous êtes anim
je précise vous êtes anim
oui anim oui tout à fait oui il fait un temps superbe d'ailleurs on a de la chance parce qu'hier il a plu mais l'orage est passé donc
la pluie c'est bon c'est bon la pluie pour la terre
absolument je ne vais pas contredire Alain Baraton là-dessus et d'ailleurs je voudrais lui rendre hommage pour le travail et les paroles que j'ai entendues encore de sa part ce soir et je voudrais témoigner je n'ai pas de questions mais je voudrais témoigner je suis né en 1960 et j'ai vécu dans la cité des courtillères face au jardin d'Aubervilliers de 0 à 18 ans et j'ai eu un plaisir immense de pouvoir vivre avec ces jardins qui ont été amputés on a vu des manifestations il y a 4-5 ans justement ces jardins qu'on a amputés pour y construire enfin y mettre du béton et c'était un espace de vie extrêmement important dans une banlieue 93 à Pantin qui était extrêmement important pour tous les copains alors ce sont des jardins qui étaient régis par la commune qui les attribuait d'une manière sur liste d'attente et nous avions environ 500-600 jardins à l'époque et c'était un enchantement de pouvoir avec les copains de pouvoir aller dans des jardins alors que nous habitions dans une ville très dense au niveau du béton qui était très jeune même s'il y avait encore des moutons me disaient mes parents lorsqu'ils ont emménagé c'était en 1960 et l'importance de ces jardins s'est perpétuée de génération en génération où les enfants pouvaient vivre vraiment la nature parce que nous avions plein d'arbres fruitiers chaque jardin avait une cabane donc adolescents nous avons vécu des aventures dans ces cabanes il y avait le fort d'Aubervilliers qui était complètement abandonné à l'époque enfin presque et une diversité d'insectes et de fruits et de légumes on a appris les bases et ces jardins dans les villes sont indispensables véritablement pour transmettre et l'importance de ces jardins devraient être encore privilégiés accentués parce que ce sont véritablement des espaces de vie et d'apprentissage de la nature et nous en avons nous en avons
extrêmement besoin nous en avons évidemment besoin et c'est le travail que Ophélie Damblay c'est là que vous œuvrez inévitablement et vous remettez l'ouvrage le métier sur l'ouvrage pour chaque année reprendre vous connaissez très bien ces jardins de Pantin parce que votre pépinière aujourd'hui à Saint-Ouen elle était avant à Pantin ?
Elle était à Pantin j'étais très proche de ces jardins et je suis très touchée par ce témoignage parce qu'il y a eu des soucis avec les Jeux Olympiques qui ont grappillé des bouts de ces terres quand on sait que depuis les années 60 plus de 80% des jardins familiaux les jardins ouvriers ont disparu on se rend compte à quel point en fait la pression foncière la pression aussi consumériste de la ville à grignoter ces espaces qui sont si riches de vies d'apprentissage voilà ce qui a été dit auparavant et donc de militer pour réouvrir des nouveaux jardins ça me paraît essentiel
ça fera du bien à tout le monde Alain Baraton on va parler un petit peu d'histoire avec vous on a dit de vous que vous aviez contribué à dépoussiérer non seulement l'image de Versailles mais aussi l'image du rapport au jardin qu'est-ce qu'il a fallu dépoussiérer qu'est-ce qui était vieillot avant et qui semblait un peu
l'image du jardinier en tant que tel le jardinier il y a 40 ans était forcément un monsieur déjà d'un certain âge avec une barbe blanche un chapeau de paille parce que tout le monde sait qu'un jardinier met un chapeau de paille marquerait que Ophélie dans ce studio a un chapeau de paille une paire de bottes et bien sûr un tablier il y avait une vision caricaturale une caricature je crois que j'ai bien modestement contribué j'ai voulu faire en sorte qu'on redevienne fier d'être jardinier vous avez cité Voltaire au tout début de cette émission je pourrais rappeler que Voltaire disait jardinier est le plus noble des métiers il n'y a pas plus noble profession que celle de jardinier le jardinier c'est la femme c'est l'homme qui soigne les plantes qui contribue à mettre un petit peu de la nature en ville et de l'entretenir et puis on parle beaucoup de friche la friche en fait aujourd'hui c'est quand même un espace contrôlé qu'on le veuille ou non on laisse peut-être les plantes s'amuser ou se développer seul mais il y a quand même un professionnel qui est un petit peu en retrait et qui regarde ce qui se passe mais il est vrai que l'image du jardinier a nettement évolué quand on voit Ophélie par exemple elle me semble tout à fait moderne de ce temps alors que quand j'ai débuté dans la profession il y a maintenant 50 ans les gens connus dans le domaine du jardin je ne les citerai pas je ne veux pas porter atteinte à leur mémoire étaient des caricatures malheureusement compétentes mais caricaturales
Il y a toujours eu dans l'histoire de la France post-révolution de grands jardiniers
Oui la preuve c'est que si je vous demandais maintenant de me citer le nom de quelques jardiniers vous auriez bien du mal à les trouver aujourd'hui on va vous citer 50 cuisiniers sans aucune difficulté les couturés n'en parlons pas mais le jardinier est le seul peut-être qui exerce un métier qui est aussi une activité de retraite et beaucoup de personnes qui nous écoutent ou qui nous dirigent sont persuadées que vu qu'ils ont un jardin ils seraient capables d'être jardiniers ce n'est pas aussi simple mais il est vrai que quantité de très grands noms Jussieu le célèbre botaniste était jardiniers le nôtre à qui l'on doit à la française bien évidemment mais Truffaut qui n'est pas seulement pour moi c'est une marque c'est une marque mais ce fut un homme qui a permis par exemple en 14-18 de donner à manger aux poilus qui mourraient dans les tranchées non il y a eu de grands noms du jardinage mais malheureusement ils n'ont pas de gloire posthume et c'est injuste
et c'est injuste et ce sera le mot de la fin merci beaucoup à tous les deux d'être venus brillamment répondre aux questions des auditeurs de France Inter je renvoie d'abord au rendez-vous au jardin ce week-end de 1800 sites en France la liste des jardins et des parcs est sur le site du ministère de la culture je rappelle votre livre Ophélie Damblay Guérilla Green le guide de survie végétale en milieu urbain paru chez Stankis et puis Alain Baraton un livre toujours un livre sur le coude sur le dictionnaire amoureux des arbres qui est celui que j'aime le plus merci et puis