Lettre d’Emmanuel Macron au Cameroun : la France est-elle une fois de plus dans la contrition ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteÉludée
Emmanuel Macron est-il le président de la contrition ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Est-ce que on peut parler de devoir de mémoire ou est-ce que c'est uniquement de la repentance ?
- 6:00RelanceRéponse directe
Est-ce que ce devoir mémoriel n'instrumentalise pas l'histoire pour des objectifs politiques ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:15Michel d'OrientFait
« Emmanuel Macron a reconnu pour la première fois que la France avait mené une guerre au Cameroun contre les mouvements insurrectionnels avant et après l'indépendance de 1960. »
- 8:15Michel FayadFait
« Les premières traites ont été faites par les africains et ensuite par les musulmans. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Musique] 13h 14h Europein 13 merci d'avoir choisi Europein pour vous accompagner Europein 13h suite et fin avec vous Michel d'Orient et vos invités l'analyste politique et géopolitique Michel Fayade et le journaliste Elliot Maman. C'est un tournant historique dans la mémoire coloniale française. Emmanuel Macron a reconnu pour la première fois que la France avait mené une guerre au Cameroun contre les mouvements insurrectionnels avant et après l'indépendance de 1960. euh près de euh 8 ans 8 ans après que le président français ait parlé de crime contre l'humanité en ce qui concerne la colonisation de l'Algérie euh lors d'un séjour à Alger, on s'en souvient tous.
Emmanuel Macron est-il le président de la de la contrition ? Euh euh Elliot Maman ? Mais en tout cas, les les deux événements que vous venez de nous rappeler nous expliquent deux choses au sujet d'Emmanuel Macron.
D'abord que il sait très bien s'adapter à son auditoire. Ce n'était pas un hasard s'il avait décidé de prononcer ce mot-là lorsqu'il était en déplacement en Algérie puisque il sait très bien queles sont les attentes de son public à un moment donné et d'ailleurs l'inconsistance dans le sens le manque de cohérence entre des diverses déclarations, des divers propos d'Emmanuel Macron a tout de même régulièrement frappé les commentateurs politiques et il y a ensuite chez Emmanuel Macron très régulièrement une espèce de volonté anachronique dans son analyse de l'histoire puisqu'il revient très souvent à analyser ce qui a pu se passer au siècle dernier et même bien avant avec des valeurs qui sont correspondantes à celle d'aujourd'hui. Et c'est tout le problème avec la commande très répétée des divers gouvernements d'Emmanuel Macron de rapport sur la question coloniale qui ne sont pas toujours commandés auprès d'universitaires qui ne sont qui sont totalement indépendants de parti prix idéologique.
Et c'est entièrement légitime hein. très difficile de s'investir dans une histoire aussi émouvante, aussi importante d'un point de vue politique sans avoir nous-même une espèce de parti prix. Mais simplement, on ne peut pas nier que l'intégralité des historiens peuvent parfois entretenir des ambitions idéologiques normatives quant au travail qu'ils vont rendre.
Et en l'occurrence, il est tout de même surprenant de voir que François Fillon, lorsqu'il était premier ministre, éludait totalement toute question d'une présence française au Cameroun et qu'aujourd'hui, on a un rapport qui prend le parti prix à l'extrême inverse de ce qui a toujours été défendu par les gouvernements français. Et je trouve que cette espèce de grande bascule n'est pas très bien motivée par le gouvernement d'Emmanuel Macron et par Emmanuel Macron lui-même. C'est surtout ça qui frappe, qu'on nous amène un certain nombre de précisions factuelles.
Pourquoi pas ? Mais au moins, expliquez-nous pourquoi y a-t-il soudainement un changement de version aussi radical puisque on ne peut pas ne pas constater ce changement de version. Alors effectivement, vous le disiez, Emmanuel Macron a fait cette déclaration suite aux conclusions d'un rapport d'historien qui lui avait été remis en en janvier dernier.
Michel Fayad, est-ce que on peut parler de devoir de mémoire ou est-ce que bah c'est voilà c'est ça n'a aucun intérêt de faire ça aujourd'hui. Est-ce qu'on est uniquement dans la repentance ? Je crois que ça n'a aucun intérêt de faire ça aujourd'hui.
Et je dis ça en connaissant parfaitement l'Afrique. J'ai voyagé dans plein de pays africains et donc et encore récemment. Et donc je sais que c'est pas ce qui est attendu aujourd'hui en Afrique.
Il y a une grosse déception de la France mais de la France sous la présidence d'Emmanuel Macron. Donc il y a eu des erreurs qui ont été faites sous la présidence d'Emmanuel Macron. Il y a vous vous souvenez peut-être mais il y a eu une conférence de presse à l'époque entre Emmanuel Macron et le président Chissékedi, le président de la République démocratique du Congo où Emmanuel Macron s'est permis de lui donner des leçons à Kinshasa dans son propre pays et euh et cela avait été enfin le président Chissékedi avait considéré ça comme quoi comme si c'était enfin de manière inacceptable.
Et et le résultat c'est qu'aujourd'hui au lieu d'avoir la France qui qui faisant un accord entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, c'est Donald Trump qui le fait. Et euh par exemple sur l'Algérie, c'est c'est un sujet qui est très important. On parle des 130 132 ans d'occupation française, mais personne ne parle des 333 ans d'occupation ottomane quand les Ottomans violaient les Algériens, massacrent les Algériens.
Vous savez, Barberous, on dit que à la fin de la journée, les les certains historiens algériens racontent ça, que Barberous donc à la fin de la journée avait tellement de mal au bras parce qu'il avait coupé des têtes. Des têtes de qui ? Des têtes d'Algériens.
Donc euh faire de la repentance uniquement pour la France et pas euh exiger une repentance de la part de la Turquie par exemple pour ce qu'elle a fait en Algérie, c'est ça ça mène à quoi aujourd'hui ? La la l'Algérie et la Turquie ont d'excellents rapports alors que la Turquie n'a fait aucun devoir de repentance. Mais ce devoir mémoriel entamé par le le chef de l'État, que ce soit alors au Cameroun, c'est récent, mais en Algérie en 2017, il doit avoir un objectif dans la tête de notre président, peut-être euh apaiser certaines relations.
Or, on le voit avec l'Algérie, les relations n'ont jamais été tendues. Et pourtant, Emmanuel Macron n'a cessé de de de justement de de se repentir. a cessé de de faire des déclarations en ce sens vis-à-vis de la période coloniale franco-algérienne.
Moi, je pense que malheureusement c'est pour c'est une stratégie électorale. Il essaie de il considère que tous les Algériens de France sont des partisans du FLN en Algérie et donc ou donc en fait il apaise le les tensions intérieures et non pas les tensions diplomatiques. Absolument.
Absolument. Et il pense qu'au 2è tour des élections législatives, présidentielles, municipales l'année prochaine et bien euh c'est cet électorat algérien si jamais il lui a donné ce qu'il veut et bien il voterait pour lui. Mais c'est quand même considéré encore une fois que tous les Algériens sont d'accord avec le FLN.
C'est oublié que il y a beaucoup d'Algériens qui ont manifesté au moment, vous vous souvenez le au moment du Irak contre le FLN qui a également énormément d'Algériens en France qui sont des descendants d'Arquy et donc contre le régime. Et Yot Maman. Oui, et par ailleurs, c'est tout de même aussi réinjecter un conflit politique contemporain dans des questions qui devraient être confinées au livre d'histoire.
Il est totalement légitime de s'emparer de l'histoire dans l'espace public, mais chercher à l'instrumentaliser. On parle souvent d'instrumentalisation, mais là on est une. Des drames du passé pour tirer des conclusions sur ce qui se passe aujourd'hui semble tout de même extrêmement délicat quand l'ambition par ailleurs est d'apaiser les consciences. euh du moins, c'est l'ambition euh affichée et il est vrai que l'on est parfois surpris également par une espèce d'asymétrie dans nos considérations des diverses traites dans l'histoire.
Je pense qu'on est tous d'accord pour dire que les traites humaines sont euh abominables euh et qu'elles n'auraient jamais dû exister. En revanche, elles ont été pratiquées par absolument l'intégralité des aires géographiques, par la quasi-totalité des pays, par l'intégralité des aires civilisationnelles et les premières traites ont été faites par les africains et ensuite par les musulmans. Donc euh absolument et en revanche si il y a en effet une espèce de spécificité euh des démocraties libérales et bien souvent européennes, c'est d'avoir théorisé puis surtout appliqué l'abolition de la traite.
Et c'est quand même aussi sur ça que l'on pourrait parfois essayer de faire une espèce de devoir mémoriel, c'est-à-dire pourquoi la préservation de nos institutions libérales est importante ? Parce qu'elle a permis de mettre fin à tous ces mots, à toutes ces abominations sur lesquelles on cherche. On fait encore des recherches académiques aujourd'hui.
Et d'ailleurs, on parlait de guerre civile tout à l'heure. Je vous rappelle qu'il y a précisément eu il n'y a pas si longtemps, il y a à peine plus d'un siècle, une guerre civile entre le Sud et le Nord-Américain sur la question de l'abolition de l'esclavage, qu'il y a eu des conflits entre pays européens sur cette même questionlà. Et donc c'est peut-être aussi ça qu'il faudrait regarder, c'est comment sommes-nous parvenus à l'abolir.
Et puis la République ne reconnaît pas le génocide des choix si on veut remonter même à à l'histoire de France.