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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 juin 2022 25 min

IVG, rôle du RN à l'Assemblée, Ukraine candidate à l'UE... Le "8h30 franceinfo" de Philippe Ballard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour et bienvenue à tous dans le 8.30 politique de France Info, France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Bonjour Myriam Ancawa.

0:09
Invité

Bonjour Ercine Lebovich, bonjour à tous.

0:11
Présentateur

Notre invité vient d'être élu à l'Assemblée Nationale pour la première fois ancien journaliste, aujourd'hui député RN de l'Oise. Bonjour Philippe Ballard. Bonjour. Merci d'être l'invité du 8.30 France Info ce matin. Commençons peut-être par ce choc planétaire. La Cour suprême américaine décide de révoquer le droit à l'avortement. Donc le droit national à l'avortement aux Etats-Unis. Écoutons ensemble la réaction de Joe Biden.

0:37
Locuteur non identifié

C'est un jour triste pour la Cour et pour le pays. Aujourd'hui avec la révocation de l'arrêt Roe v. Wade, soyons clairs, la santé et la vie des femmes dans notre nation sont aujourd'hui menacées. Cette décision est le résultat d'un effort de longue haleine, de décennies d'efforts pour perturber l'équilibre de notre droit. C'est la réalisation d'une néologie extrême et d'une erreur tragique, une erreur tragique de la Cour suprême à mon sens.

1:07
Présentateur

Erreur tragique, un jour triste pour le pays. Est-ce que vous êtes choqué, Philippe Ballard, comme l'est le président américain, par cette décision de la Cour suprême ?

1:15
Philippe Ballard

Je pense que l'avortement aux Etats-Unis, c'est un peu comme les ventes d'armes. Ça clive énormément le pays, ça met le pays à feu et à sang, même parfois on n'a pas ce débat. Heureusement, en France, en Europe, d'un point de vue institutionnel, il y a une sorte de clarification entre l'État fédéral et ce qui est du ressort de chaque État. Après, quand il y a une situation de blocage, il y a quelque chose de très simple. Ça s'appelle le référendum. Parce que qu'est-ce qui s'est passé ? C'est la Cour suprême, donc des juges qui sont désignés, je dis bien désignés. On a la même chose en Europe, avec la Commission européenne, on a des commissaires qui sont désignés.

En France, on a même le Conseil constitutionnel désigné, qui peuvent prendre des décisions. Mais est-ce que le fait vous choque ou pas ?

1:52
Invité

Oui, personnellement vous condamnez, cette décision des juges ?

1:54
Philippe Ballard

Alors là, ça se passe aux Etats-Unis. Nous, on est souverainistes. Alors, les Etats-Unis règlent leurs problèmes. Vous ne voulez pas vous prononcer ? Non, mais moi, je peux vous parler de la France. Marine Le Pen était candidate à l'élection présidentielle qui vient de se dérouler. À aucun moment, ou alors j'ai manqué quelque chose, elle a remis en cause la loi Veil. On s'est juste opposé il y a quelques mois à l'allongement de 12 à 14 semaines.

2:18
Invité

Mais est-ce que pour vous, c'est un immense retour en arrière, cette décision ?

2:21
Philippe Ballard

Oui ou non ? Ça, ça concerne les Etats-Unis. Moi, je suis souverainiste. Moi, je n'aimerais pas qu'un congressman ou un sénateur américain vienne nous dire concernant le pouvoir d'achat, la sécurité en France. Vous avez un avis, vous êtes un élu. Oui, mais je suis élu, je porte-parole du Rassemblement national. C'est ça, notre question. Donc, j'ai l'avis du Rassemblement national de Marine Le Pen. Eh bien, nous avons en France une loi qui s'appelle la loi Veil qui porte le délai... On parle des Etats-Unis et vous refusez d'en parler. Mais je suis français. Très bien. Je suis des parlementaires français, mais on est souverainiste.

Par contre, on peut quand même, pour un dernier mot quand même, en France, ça permettrait peut-être d'aborder le problème des femmes qui recherchent des gynécologues. Dans le département, on ne peut plus prendre rendez-vous avec un gynécologue.

3:05
Invité

Restons un instant sur les Etats-Unis. C'est clairement la conséquence de la nomination des juges par Donald Trump. Est-ce que, quand on défend le droit des femmes, il faut combattre le trumpisme et Donald Trump ?

3:19
Philippe Ballard

Mais encore une fois, je suis parlementaire français, je suis porte-parole de la politique française, mais on est souverainiste, donc on ne va pas se mêler des affaires des groupes. Alors, peut-on faire confiance à Marine Le Pen ? Attendez, la position est claire. Enfin voilà, Marine Le Pen a été candidate. La loi Veil, on n'y touche pas. On a voté contre l'allongement de 12 à 14 semaines. Je crois que le vote a eu lieu au mois de février dernier. Nous avions voté contre. Voilà, notre position est très claire.

3:40
Présentateur

Donc, la position du RN, c'est l'IVG doit être autorisé, quoi qu'il arrive. C'est la position, oui, du parti. Pour que les femmes aient le choix ensuite. Que les choses soient claires, tout simplement.

3:51
Invité

Je vous pose la question, parce qu'il y a 5 ans, en 2017, un peu avant même, Marine Le Pen s'était prononcée pour le déremboursement des IVG qu'elle appelait de confort. Ça n'est plus sa position, mais sa nièce, Marion Maréchal Le Pen, elle, est clairement pour le déremboursement de l'IVG.

4:08
Philippe Ballard

Alors, il y a deux choses. Alors là, déjà, j'ai relu, évidemment, avant cette interview, parce que je pensais bien qu'on allait en parler, les déclarations de Marine Le Pen. Ça, c'est 2012. Voilà. Oui, il y a quelques années.

4:19
Invité

Elle en allait parler en 2016.

4:21
Philippe Ballard

C'est la première compagnie présidentielle. Elle a dit, moi, j'ai relu ses déclarations, effectivement. Ça a peut-être pu choquer. Voilà, on peut chacun revoir ses positions. Après, vous me parlez de Marion Maréchal. Mais enfin, Marion Maréchal, jusqu'à prof du contraire, elle n'est pas membre du Rassemblement National. Donc, je ne vais pas répondre là-dessus.

4:35
Invité

Il peut y avoir un effet domino. On sait que, déjà, l'avortement est remis en cause en Pologne. En Hongrie, également, l'accès est restreint. On imagine que, peut-être, il pourrait y avoir des mouvements en France. Il y a une proposition de loi qui va être mise sur la table par la NUPES, qui veut inscrire ce droit à l'avortement dans la Constitution. Vous pourriez la voter ?

4:58
Philippe Ballard

Je pense que la NUPES, ça va être un fleurilège pendant quelques temps, quelques années. Peut-être cinq ans, si on va au bout, s'il n'y a pas d'issolution. Il faudra en parler au sein du groupe. Voilà, tout simplement. Il y a une réflexion au sein des 89 députés Rassemblement National.

5:14
Invité

Qu'est-ce que, au fond, le Rassemblement National, fort de ces 89 députés, j'ai regardé, 56 hommes, 33 femmes, veulent faire pour faire avancer l'égalité hommes-femmes ?

5:24
Philippe Ballard

Ah ben, écoutez, on avait des propositions. Je vous renvoie à la présidentielle, au programme de Marine Le Pen pour la présidentielle. Je pense, par exemple, aux mères célibataires, enfin isolées. Il y avait une augmentation des allocations, parce que ces femmes-là vivent au quotidien des situations qui sont très dures, très délicates. C'était, comme on dit, une porte d'entrée pour aider les femmes. Vous savez, nous, on soutient Marine Le Pen. Voilà, on l'a soutenu pour sa présidentielle. Et notre icône, c'est Jeanne d'Arc. Donc, en matière de droits des femmes, je pense qu'on peut nous accuser de beaucoup de choses, mais nous sommes tous, sauf misogynes.

6:02
Invité

Alors, on est 48 heures après l'allocution présidentielle, et c'est toujours l'impasse parlementaire à l'Assemblée Nationale. Les oppositions ont toutes rejeté la main tendue d'Emmanuel Macron, le président, et pourtant, toujours optimistes. Écoutez-le, c'était à Bruxelles hier.

6:15
Auditeur

Je ne veux pas que cette présidence revienne au Rassemblement National. Tout simplement parce que là, on va avoir une crise.

6:25
Locuteur non identifié

On passe notre vie à bâtir des solutions avec des gens qui ont qui des intérêts, qui des sensibilités, qui ne sont pas les nôtres, pour bâtir des textes et des décisions. Pourquoi serions-nous incapables de le faire dans une Assemblée avec des femmes et des hommes, pour autant qu'ils ont des sensibilités différentes, mais s'inscrivent dans le champ républicain et de la volonté de gouverner, de faire avancer le pays. Donc, moi, je suis très confiant parce que je crois dans la bonne volonté des femmes et des hommes qui sont là pour représenter la nation. Et donc, je pense que les choses avanceront.

6:56
Invité

Voilà, le président de la République hier, à l'issue du Conseil européen de Bruxelles. Il a raison d'être optimiste, Emmanuel Macron.

7:03
Philippe Ballard

Alors, déjà, on remarque des différences. Vous avez passé un extrait qui n'était peut-être pas prévu, mais il y a Olivier Véran qui nous considère hors de l'arc républicain. Bon, Emmanuel Macron, tant mieux, parce qu'on sort, enfin, on sort, je ne sais pas si on en est sorti, de 5 ans de verticalité. C'était Jupiter au pouvoir. Il avait de très belles phrases. Moi, j'ai écouté son discours, son allocution télévisée. Il y a 2 jours, 3 jours, où il reprenait des mots. J'entends la volonté de changement. Je ne peux pas davantage ignorer les fractures, les inquiétudes des Français. Je me suis replongé un petit peu dans les archives au moment de la crise des Gilets jaunes.

C'était exactement les mêmes phrases, les mêmes mots, les mêmes intonations de voix. Et à l'arrivée, rien. Emmanuel Macron, c'est que de la com'. Alors, maintenant qu'il est minoritaire à l'Assemblée nationale, on espère qu'il va écouter enfin la voix du peuple français, parce que je pense qu'il y a une petite correction qui a été donnée quand même dimanche dernier. Et on incarnera une opposition, Marine Le Pen l'a dit, ferme et constructive.

7:56
Présentateur

Bien, Philippe Ballard, on va reprendre cette discussion ensemble juste après le fil info, puisqu'il est 9h moins 20. Voici Diane Ferchit.

8:01
Invité

L'inflation va encore augmenter en France. Selon l'INSEE, elle va atteindre 6,8% sur un an, au mois de septembre du jamais vu depuis 1985. Elle devrait ensuite rester à ce niveau jusqu'à la fin de l'année. La secrétaire d'État, Crisoula Zakharopoulou, se défend après des accusations de viol et violences gynécologiques. Trois de ses anciennes patientes ont déposé plainte. Des accusations inacceptables et révoltantes, dénonce la secrétaire d'État à la francophonie. Dans un communiqué envoyé par son avocat, elle assure soigner de façon consciencieuse et dévouée. Une erreur tragique qui met la santé et la vie des femmes en danger.

La réaction du président américain Joe Biden, après que la très conservatrice Cour suprême des États-Unis, a remis en cause le droit à l'avortement dans le pays. Dans la foulée de cette décision, plusieurs États ont immédiatement banni les interruptions volontaires de grossesse de leur sol. Plusieurs centaines de personnes se sont réunies hier devant la Cour suprême à Washington. Le quai d'Orsay dénonce un retour en arrière. Des scènes de l'IS à Montpellier après la victoire des Héroltais en finale de top 14 de rugby.

Ils se sont imposés 29 à 10 face à Castres, premier titre de champion de France, après deux échecs en finale des Montpellierains qui seront de retour ce soir dans leur ville pour partager le bouclier de Brénus avec leurs supporters. France Info.

9:17
Présentateur

C'est le député Rassemblement National de l'Oise, Philippe Ballard, qui est notre invité ce matin. Myriam Ancawa.

9:23
Invité

Alors, soyons concrets puisque vous dites que vous serez une opposition constructive et même sérieuse.

9:28
Philippe Ballard

Fermez aussi. Fermez constructive, il ne faut pas oublier les deux mots.

9:31
Invité

Prenons le premier texte qui arrive en urgence sur le pouvoir d'achat. 18 centimes de ristourne sur le litre d'essence, le chèque alimentaire, le triplement de la prime Macron, la hausse du point d'adise des fonctionnaires. Vous pourriez voter une ou plusieurs de ces mesures-là ou pas ?

9:46
Philippe Ballard

Alors, nous, il y a une seule question que les députés se poseront, c'est est-ce que ça va dans l'intérêt des Français ? Est-ce que ça va dans l'intérêt de la France ? Alors, après, on va reprendre un certain nombre de mesures. Écoutez-moi, vous rappelez que j'étais député de l'Oise, la deuxième circonscription, 2,39 euros affichés à la pompe. Alors, moins 18 centimes. Mais enfin, moi, les gens viennent me voir en me disant, moi, le 10 du mois, voilà, je dois arbitrer. Soit je fais le plein du réservoir, soit je fais le plein de mon frigo. Donc, on ne fait pas les 18 centimes ? On peut les faire, mais ce n'est pas suffisant.

Si on reprend les propositions de Marine Le Pen lors de la présidentielle, c'est-à-dire une TVA ramenée de 20 à 5,5 sur les produits énergétiques, pas forcément que le carburant, mais l'électricité, le gaz, le boule, etc. Donc, pour tout le monde pareil.

10:26
Présentateur

Pour tout le monde pareil, y compris pour les gens qui roulent en Porsche dans Paris.

10:29
Philippe Ballard

D'accord, ok. C'est l'exemple qu'on vous donne régulièrement. Mais c'est toujours l'argument qu'on nous donne. Moi, je me rappelle d'une interview, parce que vous rappeliez que j'avais été journaliste, que j'avais faite avec Anne Hidalgo, quand elle a fermé les voies sur Berge, et où elle nous disait, en fait, alors off, après l'émission, vous savez, à Paris, en fait, les deux tiers des habitants n'ont pas de voiture. Voilà. Alors, il y a sans doute, effectivement, des Parisiens qui ont des 4x4, qui peuvent rouler en Porsche, et ils bénéficieront. Il n'y en a pas qu'à Paris, vous le savez très bien. Dans les grandes villes, dans les grosses métropoles. Il y en a partout.

Après, il y a l'urgence. Il y a l'urgence. Voilà, en zone rurale, moi, dans ma maison, il faut avoir une, voire deux voitures. Est-ce qu'il faut faire 15, 20, 30, 40 km ? Mais vous mettez tout le monde sur le même plan. Les gens les moins fortunés, les gens les plus fortunés. Mais quand vous baissez la TVA, évidemment que c'est pour tout le monde. Donc, si on repense cette proposition, comme le panier TVA 0, pour 100 produits de première nécessité quand l'inflation est supérieure, d'un point au taux de croissance, on le fera en concertation avec, enfin, ça serait fait en concertation avec les associations de consommateurs.

Si c'est repris, évidemment, on va être cohérent avec le membre, évidemment qu'on vote la mesure. Et puis l'indexation...

11:26
Invité

Vous êtes attentif au compte public également, au Rassemblement National, Le Président, il a fixé une ligne rouge, c'est pas creuser la dette. Sur deux mesures, sur la TVA et sur le blocage des prix, vous coûtez des milliers.

11:35
Philippe Ballard

Alors, pardon, mais Emmanuel Macron qui dit, il faut pas creuser la dette, juste pour mémoire, son quinquennat, c'est 600 milliards de dettes supplémentaires, et faut pas nous faire le coût de la Covid, parce que ça a été chiffré par la Cour des comptes, les mesures Covid, c'est 180 milliards d'euros. Donc on continue à laisser filer ? Le reste, c'est de la mauvaise gestion. Non, dans le programme de Marine Le Pen, il y avait des économies en parallèle. Bien sûr qu'on laisse pas filer la dette. On aurait appliqué ces mesures d'économie. Et juste un mot, là, sur les indexations, y compris des retraites.

Ça va très bien, oui, sauf il faut se souvenir que c'est Emmanuel Macron qui avait arrêté d'indexer les pensions de retraite, quand même.

12:07
Présentateur

Mais restons sur ces exemples, très simples. Cette ristourne sur le prix de l'essence, la prix Macron, le chèque alimentaire. Vous le votez, ça, ou pas ? Le chèque alimentaire, c'est pour quand ? Donc vous ne le votez pas, vous votez contre ces mesures.

12:18
Philippe Ballard

Mais si ça va dans l'intérêt des Français, s'il est consistant, s'il s'adresse aux bonnes personnes... Mais vous les avez des mesures, alors vous votez pour ou contre ? Attendez, moi j'aurai un peu de précision. Quand on dit indexation, c'est indexation sur quoi ? Sur l'inflation ? Oui. Sur le taux de croissance ? Alors si c'est sur l'inflation, d'accord, c'est ce qu'on réclamait.

12:32
Invité

C'est sur l'inflation pour les pensions de retraite, c'est dans votre programme. C'est ce qu'on réclamait.

12:35
Philippe Ballard

C'est peut-être pas aussi clair que ça. Vous pensez que les Français... Si ça va dans l'intérêt des Français et de la France, voilà.

12:41
Présentateur

Les Français comprendraient de votre part, vous qui affirmez les défendre, que vous puissiez voter contre les aides financières. Non, je suis en train de vous dire si ça va dans le bon sens. Oui, mais c'est pas suffisant.

12:50
Philippe Ballard

Si, vous savez ce qu'il va se passer. Non, mais 18 centimes sur un litre à 2,39 euros, non, le compte n'y est pas. S'il n'y a que ça, c'est pas suffisant. Vous ne le votez pas, on est d'accord. Il faut rajouter autre chose. Il faut rajouter la TVA de 20 à 5,5%. Non, mais attendez, moi je vais vous dire, dans ma circonsception, ça les fait rire. On ne s'en rend pas compte. Parce que ça existe déjà depuis le 1er avril. Mais on ne s'en rend pas compte. Oui, voilà, c'est pas suffisant. Ça ne va pas dans l'intérieur des Français.

13:15
Invité

Marine Le Pen, depuis son élection, répète que la retraite à 65 ans est déjà enterrée. Ah bon ? Vraiment ? Qu'est-ce qui peut vous faire dire ça ?

13:25
Philippe Ballard

Je pense que ça va être très compliqué. Alors pour nous, je disais une opposition ferme et constructive, on peut être constructif quand on parle du pouvoir d'achat. S'il y a ce projet de loi retraite 65 ans, point barre à la ligne, Edouard Philippe, pour mémoire, qui fait partie de la majorité présidentielle, lui souhaiterait qu'on aille jusqu'à 67 ans. Ben c'est non.

13:42
Invité

Et le président, entre les deux tours, avait parlé de 64 ans. Aujourd'hui, on a l'impression que tout est ouvert.

13:47
Philippe Ballard

On ne sait pas très bien où on en est. Nous, voilà, Marine Le Pen défendait une proposition très claire. Si vous avez commencé à travailler entre 17 et 20 ans, vous partez à 60 ans. On ne touche pas à l'âge légal à 62 ans. Et quand on rentre sur le marché du travail à partir de 20 ans,

14:02
Invité

plus on fait des études, plus on peut partir à 62 ans.

14:06
Philippe Ballard

Mais pour l'avoir à taux plein, il faudra travailler un peu plus.

14:07
Invité

Le gouvernement ne peut plus, au regard de la situation actuelle, faire les 65 ans ou les 64 ans ?

14:14
Philippe Ballard

Il est empêché. Il faut juste que ce président, que ce gouvernement, Madame Borne, puisqu'on s'y perd un peu, a priori c'est elle qui va être reconduite dans ses fonctions, entende le message des Français. Enfin, dimanche dernier, c'est une défaite pour la majorité présidentielle. On ne peut pas appeler ça autrement. Elle est la femme de la situation. Donc écoutez les Français. Les Français sont très intelligents. Moi, je me souviens très bien, dans l'entre-deux-tours, ce que me disaient les gens. Ils me disaient, M. Ballard, on va voter pour Rassemblement National pour vous, vous allez bloquer, c'était le verbe employé, vous allez bloquer Emmanuel Macron.

Moi, je ne le revendais pas comme la France insoumise. Vous savez, Marine Le Pen va être première ministre. Tout le monde devrait rayonner. On ne pouvait pas, on est avec 208 candidats au deuxième tour. Mais ils nous disaient, bloquez, bloquez Emmanuel Macron. Donc oui, oui, la retraite à 65 ans, on va la bloquer.

14:54
Invité

Alors, Elisabeth Borne, justement, vous pensez qu'elle est la femme de la situation. Est-ce que vous lui demandez d'engager la confiance par un vote à l'Assemblée lors de sa déclaration de politique générale ?

15:04
Philippe Ballard

On avait demandé qu'elle ne soit pas reconduite, qu'elle émissionne. Il faut se souvenir qu'elle a été réélue avec 52% des suffrages, elle-même, que plusieurs ministres ont été battus. Elisabeth Borne, première ministre, menait la bataille au nom de la majorité présidentielle. C'est une défaite. Donc franchement, la reconduire à ce poste, ça donne le sentiment qu'Emmanuel Macron, encore une fois, qui a refusé cette démission, n'entend pas les Français. Encore une fois, il reste dans cette verticalité. Il faut qu'Emmanuel Macron... Il faut qu'elle engage la confiance, si c'est elle qui présente son programme à l'Assemblée. On en parlera en réunion de groupe, on verra ce que l'on fait.

Mais enfin, ça paraît complètement insensé. Je vous citais ces mots d'Emmanuel Macron, quand même, j'entends la volonté de changement. Et puis, il n'y a rien. Il n'y a rien. Il n'y a rien. C'est de la com'.

15:46
Invité

Avec 89 députés, vous êtes en droit de réclamer la présidence de la Commission des Finances, puisque le règlement prévoit qu'elle revient à un groupe d'opposition. Vous avez un candidat. Le vote, il aura lieu jeudi. Le problème, c'est que la NUP, forte de ses 131 députés, pousse son avantage. Et là, on écoute Valérie Rabault.

16:04
Auditeur

Je ne veux pas que cette présidence revienne au Rassemblement national. Tout simplement parce que là, on va avoir une crise économique majeure. On le voit, on a une inflation galopante. On a des prévisions de croissance qui sont quand même bien moindres que prévues. On voit que les taux d'intérêt remontent. Enfin bref, je ne vais pas vous faire le tableau ici. Et donc, il est important que politiquement, ce soit... Eh bien, aujourd'hui, c'est la gauche qui a 32%, quand on regarde en nombre de voix qui se sont exprimées par rapport aux députés qui ont été élus. Et donc, c'est à elle que doit revenir cette commission.

16:39
Philippe Ballard

Que vous lui répondez, Philippe Ballard. C'est incroyable. Elle est PS, elle est socialiste. C'est-à-dire, c'est comme elle est...

16:44
Invité

Avec le soutien de la NUP, elle a été élue.

16:46
Philippe Ballard

D'accord. Mais ce sont ces gens-là qui ont mis la France dans la faillite dans laquelle nous sommes. Et ils viennent nous donner des leçons d'économie. Mais, enfin, la situation ne serait pas aussi grave, mais ça serait risible. Pardon, mais ça serait risible. Tous nous ont vendu la mondialisation heureuse, qui ont mis la France, mais dans le fossé, chefs d'entreprise, salariés, agriculteurs. Et ce sont les mêmes qui nous donnent des leçons. Non, mais c'est risible. Nous, on soutient Jean-Philippe Tanguy, quand on voit son CV qui est impeccable, qui est une force de travail absolument incroyable. Moi, j'ai travaillé avec lui pour la campagne de Marine Le Pen.

Ça fera un très bon président de la commission des finances. Voilà, Jean-Philippe Tanguy sera le futur président.

17:20
Présentateur

Bien. Philippe Ballard, invité de France Info ce matin. On va se retrouver après le fil-info d'Yann Ferschit à 9h10.

17:27
Invité

Ce sont désormais les Etats américains qui décideront s'ils autorisent ou pas l'avortement. La Cour suprême révoque l'arrêt qui autorisait les Américaines à avorter au niveau fédéral. Il datait de 1973. Conséquence, plusieurs Etats ont immédiatement décidé de fermer leur clinique. C'est le cas au Missouri, au Dakota du Sud ou encore en Géorgie. Cette décision, une erreur tragique, dénonce le président américain Joe Biden. Le plafond d'utilisation du chèque restaurant repassera à 19 euros par jour à partir du 1er juillet. A décision du gouvernement, les chèques restaurant qui ne pourront plus être utilisés le week-end ni les jours fériés.

Leur plafond avait été augmenté à 38 euros par jour pour soutenir les restaurateurs pendant la crise du Covid. Au terme des plaidoiries de la défense au procès des attentats du 13 novembre, l'association Life for Paris estime sur France Info que le déroulé des audiences s'est fait de manière exemplaire. Hier, les avocats de Salab des Slams ont tenté d'éviter la réclusion à perpétuité incompressible aux seuls membres encore vivants des commandos. Le verdict est attendu mercredi. 12 départements placés ce matin en vigilance orange aux orages, des Ardennes au Puy-de-Dôme. Météo France prévoit quelques chutes de grêle et des vents pouvant atteindre 100 km par heure.

18:38
Présentateur

Ancien journaliste et tout nouveau député Rassemblement National de l'Oise, Philippe Ballard est l'invité de France Info ce matin, Myriam Ancawa.

18:45
Invité

Oui, l'Ukraine est officiellement candidate à l'entrée dans l'Union Européenne. Les 27 l'ont décidé hier à Bruxelles. Décision historique que vous saluez ?

18:54
Philippe Ballard

On y est opposé. Alors on soutient évidemment le peuple ukrainien. D'ailleurs, entre parenthèses, à un moment où les nations étaient montrées du doigt, étaient vilipondées, on nous vendait, j'en parlais, cette mondialisation heureuse, voir des gens qui défendent leur nation, voilà, ça remet peut-être aussi les choses en place. Il y a un agresseur à un agressé, c'est très clair.

19:12
Invité

Qui défendent leur nation, qui défendent aussi leur nation au nom des valeurs européennes, la liberté, la démocratie, qui veulent entrer. Et pourquoi vous vous y êtes opposé alors à ce statut de candidat ?

19:23
Philippe Ballard

Je vais reprendre le mot d'Emmanuel Macron, ça va peut-être vous étonner, mais il ne faut pas humilier la Russie. Après, il y a d'autres problèmes, et c'est soulevé d'ailleurs, on sait que c'est un pays malheureusement corrompu.

19:33
Présentateur

La Russie a déjà réagi en disant

19:34
Philippe Ballard

pas de soucis, c'est des affaires internes européennes. Oui, bon. Donc c'est un pays corrompu. Après, moi je veux bien,

19:42
Invité

mais là, c'est simplement un statut de candidat.

19:46
Philippe Ballard

Oui, ça va prendre 10, 15, 20 ans avant qu'il y ait des évolutions. Si l'Ukraine arrive à mettre fin à cette corruption, et puis pardon, mais il y a aussi une concurrence, parce que là, on parle aussi, vous savez, il y a les travailleurs détachés, le problème n'a toujours pas été réglé, malgré les promesses d'Emmanuel Macron. Et puis enfin, les conditions de production en Ukraine, si on nous met en compétition face à eux, parce que cette mondialisation, on revient toujours à ça. On nous a mis en compétition avec des pays qui n'ont pas les mêmes règles fiscales, sociales, environnementales.

Il est évident pour les chefs d'entreprise, les salariés, nos agriculteurs, ce n'est pas possible de lutter.

20:18
Invité

Mais on a fait un choix en Europe d'aider les Ukrainiens. On aide les Ukrainiens. Très bien, mais c'est très bien. Ça, ça vous va ?

20:23
Philippe Ballard

C'est très bien.

20:24
Invité

On leur livre des armes ?

20:25
Philippe Ballard

Alors là, il faut regarder, parce qu'il ne faut pas devenir co-béligérant aussi. Parce qu'on nous parle d'armes défensives, enfin une arme défensive, un canon César, ça peut se transformer en arme offensive. Co-béligérant, on ne l'est pas déjà, d'après vous ? Il faut faire attention, on est à la limite. C'est très clair. Il faut qu'on envoie de l'aide médicale, notamment de l'aide humanitaire, évidemment. Tout à fait. Oui, bien sûr, on soutient au Parlement européen. Oui, mais des armes, on en envoie énormément. Qui ont été votées. On est déjà dans une position. Attention de ne pas franchir une ligne rouge.

Il ne faut pas oublier quand même que face à nous, nous avons la Russie qui a l'arme nucléaire. Mais elle est où cette ligne rouge ? Elle est ténue, oui, tout à fait. Elle est ténue. Il ne faut pas, attention, ne pas aller trop loin, ne pas rentrer en confrontation, tout simplement avec la Russie.

21:08
Invité

Oui, François Hollande, il avait très bien dit

21:10
Philippe Ballard

que Poutine ne connaissait que le langage de la force. C'est l'Australie, le Canada, les Etats-Unis, ils sont quand même très loin de l'Europe, accessoirement.

21:16
Invité

Aujourd'hui, l'Europe, les Etats-Unis, le Royaume-Uni arment l'Ukraine. Voilà.

21:22
Présentateur

La menace nucléaire, elle est restée lettre morte, elle a disparu. On va s'éteindre.

21:27
Philippe Ballard

Si vous savez ce qui se passe dans la tête de Vladimir Poutine, vous êtes très fort. Non, mais je crois que dans les faits, il n'y a pas d'attaque nucléaire. Il n'y a pas d'escalade militaire. Il n'y a pas d'escalade militaire. Écoutez, la solution, elle ne pourra être que diplomatique. Voilà, c'est très clair. Elle ne pourra être que diplomatique. On se met autour de la table. Chacun fait des concessions. Les Russes, évidemment, feront des concessions. Mais est-ce que vous souhaitez la victoire de l'Ukraine ? Pour être bien clair.

21:50
Invité

La victoire. Qu'est-ce que ça veut dire la victoire ?

21:53
Philippe Ballard

Que ce pays garde son intégrité territoriale. C'est-à-dire que garde son intégrité territoriale. Pour l'instant, il y a à peu près 20% du territoire ukrainien qui est occupé par les forces russes. Il y a l'histoire du Donbass. On a laissé Minsk 2. Minsk 2. François Hollande, alors qu'il avait négocié, c'est une des rares choses qu'il a faites bien. On a mis la poussière sous le tapis. Et il ne s'est rien passé pendant 6, 7 ans, jusqu'au moment où le dossier s'est réveillé.

22:17
Invité

Marine Le Pen, elle avait approuvé l'annexion de la Crimée en 2017.

22:22
Philippe Ballard

La Crimée est peu près à 97% par des Russes. Il y a eu un référendum. Et vous dites pareil pour le Donbass aujourd'hui ? Le Donbass, je parlais de référendum quand on parlait de l'avortement. La Russie a le droit de s'y installer, voire de l'annexer. Pourquoi ne pas faire un référendum au Donbass et dans ses provinces ? Pro-Russes, on verra.

22:39
Invité

C'est un territoire ukrainien. C'est les Ukrainiens, l'ensemble du pays qui devraient se prononcer.

22:44
Philippe Ballard

Oui, mais je vous l'ai dit tout à l'heure, on est souverainiste. Donc on respecte la souveraineté des pays. Après, dans un pays, si une région, alors vous allez me dire, et la Corse, si on faisait un référendum en Corse ? Enfin, ce n'est pas tout à fait la même chose. Enfin, on en est loin. Myriam.

23:00
Invité

La crise sanitaire, le nombre de contaminations au Covid-19 a augmenté fortement, près de 80 000 cas hier. Il a doublé en une semaine. On parle peut-être d'une septième vague de Covid-19 en France. L'état d'urgence sanitaire s'arrête le 31 juillet. Il y a un projet de loi qui vise à le prolonger, qui va vous être soumis à vous, députés. Il y a des mesures de freinage, mais pas le pass sanitaire. Vous le voterez ?

23:25
Philippe Ballard

Le pass sanitaire ? Enfin, on vient de voir ce qui se fait passer au Parlement européen. Le pass sanitaire européen est prolongé jusqu'en 2023. Enfin, on retombe dans ces mesures complètement libertiques. On a la possibilité de le prolonger. Oui, mais enfin, voilà, on continue. Ce n'est pas une obligation. Il y a d'ailleurs, ce qui est assez intéressant, c'est qu'il y a des députés européens LR, enfin, qui siègent dans un groupe où siègent les LR, qui en France se prononcent contre, mais qui, au Parlement européen, votent pour. Voilà, je pense à Nadine Morano, par exemple, et d'autres. Donc, il faut avoir un peu de cohérence.

23:55
Invité

Donc, à ce stade, vous n'êtes pas sûr de voter ce texte ?

23:58
Philippe Ballard

On regardera ce qu'il y a dans le texte, mais enfin, vous savez qu'on a infantilisé les Français. Il y a eu des mesures liberticides de prise pendant des mois en France. Donc, si on est dans cette même veine, il y a peu de chances, effectivement, qu'on le signe.

24:11
Invité

Clairement, quelle est votre position ce matin ? Il n'y a pas d'immunité collective. Est-ce que vous appelez à la vaccination des plus fragiles ?

24:17
Philippe Ballard

95% des décès en France, ce sont des personnes qui avaient plus de 60 ans. Voilà, 95% plus de 60 ans. Donc, qu'on nous explique l'intérêt de vacciner des adolescents. On sait très bien que, ce n'est pas parce qu'on est vacciné qu'on ne transmet pas le vaccin. On demandait à Jean Castex, qui était vacciné. Il a réussi à attraper le virus, comme d'autres, d'ailleurs.

24:37
Présentateur

Un dernier mot, Philippe Ballard, sur une affaire qui n'a rien à voir avec ce dont on vient de parler. C'est cette fresque qui a été effacée d'un mur d'Avignon hier. Une fresque jugée antisémite. Vous avez sans doute vu cette image. Non, je n'ai pas vu. Jacques Attali en marionnettiste. Emmanuel Macron en Pinocchio. Ça fait toute une histoire. Est-ce que vous jugez cette fresque antisémite ? Vous n'avez pas vu cette image du tout ?

25:02
Philippe Ballard

Je suis désolé, je n'ai pas vu. Je vais la regarder, mais je vous donnerai mon avis après. Mais je ne l'ai pas vu. Moi, j'aime bien réagir sur des choses que j'ai vu. Je suis très étonné que vous ne l'ayez pas vue. Non, je suis désolé. J'ai regardé les réseaux sociaux attentivement ce matin.

25:13
Présentateur

J'ai dû passer à côté. Je suis désolé. Ça arrive à tout le monde. On va donc s'arrêter là. Merci beaucoup, Philippe Ballard, député Rassemblement National de l'Oise. Invité du 8.30 France Info ce matin.