COLÈRE DES AGRICULTEURS, MERCOSUR : MACRON, LA GRANDE HYPOCRISIE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'Europe est très bonne pour signer des traités comme ça. Elle est très mauvaise pour suivre le fonctionnement des traités. Très très mauvaise.
On essaie d'arrêter les colis Chines, on se rend compte que des colis peuvent venir chez nous comme ça sans payer le droit de douane, on se dit "Ah mince, faudrait les arrêter." Et ben là, c'est pareil. Le SMIC hongrois, il est à 600 € hein.
Donc euh et là, on va être concurrencé par des gens qui ont des SMIC encore plus faibles dans l'agriculture. Ils ont joué le jeu en fait, ils ont joué le jeu de la mondialisation. Ils se sont équipés, ils ont investi, ils ont baissé les coups et ils sont devenus plus pauvres.
Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'instant porché. Toutes les semaines, on entend tout et son contraire sur l'économie et pas que. Alors, on est là avec Thomas pour détricoter tout ça.
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Alors avec toi aujourd'hui au programme, les agriculteurs mettent la pression jusqu'à l'Union européenne contre le Mercossû en pleine crise agricole en France. Emmanuel Macron lutt-il vraiment contre cet accord ? C'est parti. [musique] Les agriculteurs français et européens se sont fait voir et entendre jusque devant les portes du Parlement européen à Bruxelles la semaine dernière en ligne de mire, l'accord UECur, cet accord de libre échange entre l'UE et l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et la Bolivie. 25 ans de négociation et face au blocage de l'Italie et de la France mais aussi de la mobilisation du monde agricole, les dirigeants ont annoncé un report de la signature initialement prévu samedi 20 décembre.
Ce report est seulement tactique pour sauver les meubles et désamorcer l'opposition croissante et partagée dans le monde agricole et la société civile, affirme la Confédération paysane qui demande un abandon définitif. Thomas, est-ce que tu peux nous faire un un petit rappel sur l'objectif là de ces de ce genre de traité de libre échange ? Il faut bien comprendre que l'Europe a une stratégie commerciale depuis euh 20 ans, depuis 2006, elle a mis en place une stratégie qui s'appelle euh Global Europe Competing in the World qui a pour but en fait de signer des traités de libre échange avec différents pays.
Alors, elle en a déjà signé une quarantaine. Vous voyez, les populations sont pas forcément au courant. Par exemple, en septembre, on a signé un accord de libre échange avec l'Indonésie.
Bon, personne n n'est vraiment au courant. Pendant la pandémie du Covid, on a signé un accord avec le Vietnam. Donc on signe des accords comme ça de libre échange et ces accords-là sont un peu particuliers parce que c'est des accords qui portent sur les droits de douanes.
C'estàdire que quand les marchandises passent la frontière, elles ont moins de droits de douanes à payer. Mais il y en avait déjà très peu quand même en Europe. Mais c'est surtout des accords qui portent sur les normes, ce qu'on appelle ce qui ce qui se passe derrière la frontière.
Et là, les normes de production, elles sont différentes sur l'agriculture. La façon dont vous dont vous élevez des beaux vins n'est pas la même avec ou sans antibiotiques. Les normes de production sur un un tas de choses.
Il y a des normes sociales, environnementales chez nous qu'il n'y a pas dans d'autres pays. Et le but de ces traités, c'est à terme d'harmoniser ces normes-là pour pouvoir exercer du commerce. Donc, il y a une question de choix individuel.
Qu'est-ce que l'on veut comme norme de protection chez nous ? Et et pourquoi on devrait y céder ? Et puis il y a aussi souvent avec ce genre de traité une forme de nivellement vers le bas des coûts.
Et après la dernière chose, il faut le dire aussi, c'est que au niveau environnement, c'est pas terrible quoi. Voilà. Bah pourquoi il faut s'y opposer du coup ?
Bah il faut s'y alors le mercur en lui-même, pourquoi il faut s'y opposer ? parce que là, il s'agit de d'un traité de libre échange avec des pays d'Amérique latine, l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay, le le Paraguay et et ce sont des pays en fait qui d'un point de vue notamment le Brésil et l'Argentine qui sur l'agriculture ont des coûts de production largement en dessous des nôtres. Alors, il le traité ne prévoit pas d'ouvrir tout le marché mais prévoit de l'ouvrir en petite quantité, ce qui va exercer une pression supplémentaire sur nos agriculteurs, notamment sur le poulet, sur les beaux vins, mais aussi euh sur le sucre.
Et et donc, est-ce qu'ils ont besoin de ça aujourd'hui ? Je veux dire, ils arrêtent pas de se plaindre, on est sur crise agricole sur crise agricole. Est-ce que la solution c'est de les soumettre encore à une concurrence supplémentaire ? concurrence qui existe déjà parce qu'on peut acheter des des produits de la viande d'Argentine, vous pouvez la manger on peut acheter plein de produits et eux reçoivent plein de produits chez nous.
Mais est-ce que ça sert à quelque chose d'augmenter la compétition ? Euh est-ce que aujourd'hui la question du libre échange est aussi je veux dire autant d'actualité qu'il y a 20 ans ? Je ne crois pas.
Vraiment, n'oublions jamais que ces ces traités ont pour but de favoriser les échanges. Les échanges entre l'Amérique latine et la et l'Europe ou la France ne se font pas avec des bateaux à voile. Voilà.
Et donc il y a des émissions de CO2 qui vont être ajoutées en plus. Donc la question elle est là, c'est qu'est-ce qu'est-ce qu'on risque de gagner ? Pas grand-chose.
Même les études des gens qui sont pour vous montrent que c'est des gains de 005 % du PIB à long terme. Qu'est-ce qu'on risque de gagner ? Pas grand-chose.
Est-ce que ça répond au problème que l'on a chez nous ou en Europe ? C'estàd souveraineté, innovation, inégalité, environnement ? Non.
Voilà. Est-ce que ça va augmenter la déréglementation climatique ? Oui.
Donc dans ces conditions, pourquoi le faire ? Emmanuel Macron se dit opposer à l'accord avec le Mercosour en l'état et c'est en l'état vraiment qui est important à retenir parce que la France pourrait céder si par exemple il y a des clauses miroir et les opposants à l'accord ou encore les paysans affirment que ça va pas du tout enlever le caractère désastreux du traité. Est-ce que tu partages leur point de vue ?
Bien sûr, ils ont raison parce qu'en fait ce type de traités, c'est ce qu'on appelle des living agreement. C'està dire c'est déjà c'est des traités qui ont été négociés pendant des années qui vont faire voilà ça fait 2000 pages à la fin et puis il y a toujours une possibilité de de renégocier constamment les normes. On le voit bien par exemple avec le cas du Canada.
Là on était sur un pays plutôt riche, une population plus faible. On avait un avantage très fort sur eux. Mais malgré tout dans l'agriculture ben les Canadiens négocient encore pour que on détricote une partie de nos normes et qu'on s'applique plutôt à à leurs normes.
Donc ça ça c'est c'est ça il faut vraiment l'avoir en tête. c'est que ça ça continue les négociations continuent. Maxime Combe qu'on connaît bien ici économiste et membre du collectif Stop CTA Mercossur avance qu'Emmanuel Macron et hypocrite sur son opposition au traité.
Emmanuel Macron au salon de l'agriculture en février dernier avait dit que l'accordio Mercossur était en mauvais texte et qu'il ferait tout pour le faire dérailler. Et il se trouve que depuis la rentrée, depuis le mois de septembre, depuis que le texte de l'accord euh est dans les tuyaux de la ratification euh européenne, la France dit désormais que finalement peut-être qu'avec la clause de sauvegarde qui a été mentionnée par la Commission européenne maintenant l'accord serait acceptable. il ne l'est toujours pas.
Et donc, il se trouve que la France ne mène pas bataille au niveau européen, ne mène pas de bataille auprès des autres capitales européennes pour rassembler euh une minorité de blocages, un nombre suffisant de d'États en Europe, au minimum 4, représentant 35 % de la population européenne, ce qui est possible pour que ensemble ils bloquent cet accord de libre échange dès la ratification prévue au sein du Conseil européen. C'est possible et la France ne le fait pas. Comment tu analyses toi la position ? et les actions d'Emmanuel Macron là sur le traité alors assez fluctuante en fait.
Bon initialement il était plutôt contre maintenant qu'il voit que la majorité de l'Europe est plutôt pour sauf la Hongrie et et et la Roumanie et l'Italie se se tâte. Voilà, l'Italie se tatte et donc il hésite. On a vu que quand il a été voir euh euh Loua, il a dit que finalement pourquoi pas euh mais que là la situation est telle au niveau de de l'agriculture française que euh il est il est plutôt contre mais je pense qu'il est embarrassé au sein de l'Europe vis-à-vis des Allemands comme d'habitude de se dire "Ah bah mince, si quand même tous les autres ils vont et que moi je me retrouve avec des pays d'Europe de l'Est, ça ça affaiblit la la place de la France dans le dispositif. qui préférait être avec l'Allemagne plutôt que d'assumer son idée et voilà de dire voilà moi je suis la France, je suis contre et ceux qui veulent venir avec moi viennent avec moi et on en discute.
Bah il est à se dire parce que l'Allemagne en fait ce qu'il faut comprendre dans les traités de libre échange c'est qu'il y a pas que des perdants il y a des gagnants. Il y a des pays qui vont plus gagner que d'autres il y a des filières qui vont plus gagner que d'autres. L'Allemagne est orientée à l'export.
Elle a BMW, Mercedes, des grandes marques automobiles. Elle se dit que là son industrie automobile va être gagnante. Ben c'est pour ça que les agriculteurs disent "On échange notre agriculture contre des voitures." Exactement, ils ont raison.
Elle est prêt à plus sacrifier son agriculture. Elle se dit "Elle va être gagnant et puis son modèle est sur l'export. euh l'Europe de l'Est, eux, ils se disent euh mince, on est un peu chez nous euh on est ceux qui avont les coûts de production les moins forts parce qu'on a le SMIC hongrois, il a à 600 €, hein.
Donc euh et là, on va être concurrencé par des gens qui ont des SMICS encore plus faibles euh l'Amérique latine, le Brésil, l'Argentine. Donc ils vont nous voler notre avantage comparatif de coût de production faible et nous on se dit que voilà on va être balayé comme on a déjà été en partie balié par la l'agriculture d'Europe de l'Est et allemande qui utilise beaucoup de main d'œuvre d'Europe de l'Est hein et on se dit qu'on va être encore plus balié donc chacun a des intérêts différents mais la question l'agriculture va être très clairement euh impactée et il faut rappeler une chose c'està-dire que l'Europe est très bonne pour signer des traités comme ça elle est très mauvaise pour suivre le fonctionnement des traités très très mauvaise. Je veux dire là on essaie d'arrêter les colis Chines, on se rend compte que des colis peuvent venir chez nous comme ça sans payer droit de douan mince, faudrait les arrêter.
Et ben là, c'est pareil. C'est-à-dire que sur le suivi euh de de des du respect des normes, du respect des règles que nous avons mis en place dans ce traité par des pays, tout le monde et le conseil analyse économique hein euh le dit dans un rapport euh l'Europe est très mauvaise. Donc on va se faire, on va dire "Oui, on va ça va être qu'une petite partie de la production euh qui va respecter un certain nombre de nos normes et cetera." Et en réalité à la fin bah on n' pas la capacité à vérifier et vous avez bah des biens produits différemment qui pénètrent les marchés comme le fait Shain, Chine ou ou comme l'ont fait d'autres.
Euh en joint avec les règles un peu fiscales comme l'a fait aussi Hubert quelque part. Euh est-ce qu'on peut remettre aujourd'hui en cause l'accord comme le fond là par exemple Emmanuel Macron sans remettre en cause le système libéral agricole aujourd'hui ? Je m'explique la FNSEA ou encore bah Emmanuel Macron sont pointés du doigt sur oui d'accord vous êtes opposé à l'accord tout en prêchant un modèle agricole exportateur et très productif.
C'est vrai en fait, on pourra pas tout avoir. Euh en fait, c'est un vrai débat d'idée. C'estàd qu'il y a ceux qui vous disent "On peut pas changer le le l'environnement, c'estàdire on pas changer la mondialisation.
À partir de ce moment-là, nous sommes perdants et donc comme comme nous sommes perdants, nous voulons être un peu moins perdants. Donc faut s'attaquer aux normes. C'est les normes, les conditions de travail, le coût du travail avec cette idée derrière.
Bon bah qu'il nous faudrait une main d'œuvre qui soit payée finalement comme comme l'Europe de l'Est ou comme le Brésil. Et puis il nous faut les mêmes normes que qu'un pays émergent. Et puis dans ce cas-là, on on travaillera à Armégal.
Ça c'est la première version, la version de la FNSEA, la version un peu de Macron, la version des libéraux, même la version du Front National. Et puis il y a l'autre version qui se dit bon euh sur la mondialisation, on va perdre. Moi je suis persuadé qu'on va perdre.
Je veux dire, on pourra jamais Ouais, on perd déjà. On a on a on a tout perdu. On perd déjà et si on va encore jouer ce jeu, il nous restera plus rien.
Euh donc à partir de ce moment-là, il faut se protéger. se protéger et faire de l'agriculture, lui donner une autre mission. La le but de l'agriculture française, c'est pas d'être plus compétitif que son voisin pour plus exporter de steak je ne sais où.
Aujourd'hui, ça va être ce que l'on a perdu, la souveraineté alimentaire et la souveraineté de qualité. Donc, il va falloir en fait resserrer le marché, le protéger. Mais comme on le protège, la condition contre la protection, c'est de dire bah justement on on monte en gamme sur la qualité, mais on monte en gamme pas par rapport à son voisin.
Mais on est nous on est mieux que le Brésil. Non, mais ça c'est pas le problème. On monte en gamme réellement.
Voilà, c'est-à-dire qu'on fait une une agriculture bio et cetera, enfin voilà et ainsi de suite. Et donc là, c'est la 2e euh la le 2e scénario. Et c'est ce scénario, moi, je trouve qui est le mieux parce que nous aurons une trace une meilleure traçabilité sur les aliments.
Nous aurons des aliments de meilleure qualité, ce qui enlèvera la défiance qu'il y a aujourd'hui vis-à-vis des agriculteurs, mais y compris des des des distributeurs en partie avec des cas que que qu'on a vu euh dont on a beaucoup discuté sur les produits utilisés, les produits chimiques et cetera. et et ensuite on assure des débouchés à nos agriculteurs sur sur le territoire national et on leur permet de refaire une meilleure marge parce que là ils ont joué le jeu en fait, ils ont joué le jeu de la mondialisation, ils se sont équipés, ils ont investi, ils ont baissé les coûts et ils sont devenus plus pauvres. Donc est-ce que c'est la bonne voie ?
Non. Est-ce que tu peux nous parler aussi du du CTA ? Est-ce que ça aurait été gagnant pour l'Europe, la France ?
Ben alors le CTA c'est le vraiment le traité de libre échange que les gens mettent en avant pour dire "Mais regardez ça fonctionne parce que il est passé il y a il y a il y a si il y a 6 ans hein, moi j'étais contre Maxime Combès et d'autres étaient contre euh également et aujourd'hui on voit quelques aspects positifs mais il faut faire très attention euh déjà l'accord n'est pas passé en entier, il y a un volet qui est passé les gains sont assez faibles. Le le champagne en a profité toujours la même chose hein. Le les les les produits d'appellation contrôlé, la fetta probablement en a profité parce que là vous avez le tampon, c'est génial, vous avez accès à un marché et c'est moins cher donc vous avez accès à une plus grande population donc superbe.
Mais encore une fois, je l'ai dit, il y a des négociations très fortes pour faire baisser les normes justement et ça continue. les gains n'ont pas été si élevés et les gains en terme d'environnement, l'impact environnemental est est très élevé puisque nous nous importons des sables bitumineux, des pétroes de bitumineux qui sont produit dans des conditions quand même assez assez polluantes. Nous avons augmenté les un petit peu les échanges, enfin faciliter les échanges.
Je suis pas sûr que tout ça soit soit très positif. Et là, on parlait encore une fois d'un pays développé comme nous, avec des différentiels certes, mais pas un pays émergent où là les coûts sont vraiment les différentiels de coûts sont vraiment très élevés. Mais est-ce que aujourd'hui on peut se dire que dans le monde dans lequel nous vivons, la mondialisation a été a été bénéfique pour nous ?
Elle a été bénéfique pour certains, d'accord, mais pour une grosse partie, elle a été négative. Et on peut pas dire dans des discours comme Macron le fait sur l'Europe en disant "Nous avons été les grands naïfs." On peut pas dire comme la la semaine dernière, on l'a dit sur Brent, "Oui, nous sommes les imbéciles du village planétaire" et se dire il faut encore poursuivre ce que nous avons fait il y a 20 ans.
Non, il faut changer, faut prendre un virage et et donc il faut arrêter ces traités de libre échange que l'on signe comme ça qui mettent un temps fou, qu'occupe des gens qui sont très technocratiques et et peu démocratiques parce que nous sommes pas au courant. Je suis pas sûr que ce soit la la bonne voie à prendre. et où il y a des gros perdants qui ça enfin ça tue littéralement euh des la mondialisation encore les traités de libre échange, enfin tout ce modèle-là et j'ai l'impression qu'on est on les fervant euh euh les amoureux de de la libéralisation du de la mondialisation et de ces traités euh parlent beaucoup des victoires de certains mais ne parlent pas des des pertes de beaucoup qui sont quand même très invisibilisées.
On a parlé des paysans mais il y a aussi beaucoup d'autres catégories mais surtout que les pertes sont vraiment meurtrières quoi. Ouais. Non mais surtout en fait il y a eu une écatombe sans vouloir faire la Non mais on a fait couvrir les marchés, on l' on les a ouvert à l'intérieur de l'Europe avec le marché le le marché unique le marché unique des rapports nous promettait 6 % de croissance hein à l'époque on les a jamais eu.
On a ouvert ensuite ce marché de nique une fois qu'il a été ouvert on l'a ouvert à la mondialisation en signant des traités à tout va alors que encore une fois la mondialisation existe. Voilà elle est déjà là elle est présente mais on veut la croître on veut la croîre comme si voilà faut faut faut vraiment elle est présente mais mais on veut la croîre. Quelle a été la conséquence de ça euh aujourd'hui ?
Est-ce que est-ce que est-ce que les gens gagnent mieux ? Est-ce que moi je pense que ça a compressé les salaires parce queon nous a toujours dit "Ah mais regardez la concurrence, regardez là, il produit c regardez il faut baisser les salaires." Je pense aussi que ça a joué beaucoup sur la concurrence fiscale, ce qui a ce qui ce qui justifie après les dotations qui sont beaucoup plus faibles sur les services publics.
Donc non, aujourd'hui la mondialisation et nous le voyons tous a augmenté très fortement les inégalités et elle n'a pas été positive. C'est pour ça que vous avez des parties antimmondialisation qui qui montent très qui qui montent très clairement et un sentiment plutôt de défiance vis-à-vis de la mondialisation qui monte très clairement dans la dans la population. Et dans les parties antimondialisation, on le rappelle, faut pas être marcher dans le leur du RN qui est quand même très libéral et même dans la crise agricole, on le voit, ils sont à tatillon sur ah qu'est-ce qu'on veut faire, qu'est-ce qu'on veut pas faire, c'est compliqué.
On l'a dit la dernière fois, enfin, il vise les normes en fait comme les libéraux. Ouais, tout à fait. Mais ce qu'on ce qu'on a là, on l'a dit la dernière fois, c'est que là où où le où le RN a pu être malin, c'est que à un moment euh les partis de gauche, pas tous, mais les partis de gauche de gouvernement euh ne refusaient de de prononcer le mot protectionniste et vraiment c'était dans le Parti socialiste, c'était impossible de dire ça.
On était tous la mondialisation, la mondialisation, l'Europe et cetera et donc fallait pas fallait pas dire le mot protectionniste. Et donc c'est ce qui explique que un certain nombre de bassins qui ont perdu leurs industries dans le nord de la France sont passés du parti communiste qui s'associait avec le PS parfois pour gagner les municipales au au RN. Ça ça a été la période, on va dire du RN un peu Filippo qui venait de chevinement mais qui s'est complètement refermé aujourd'hui.
Aujourd'hui le RN il est sur les normes. L'Europe il est sur les 3 %, il veut réduire les déficits. Alors que Le Pen il y a quelques années disait que c'était un viol démocratique, les les 3 % enfin ils ont complètement changé de logiciel.
Donc là, le le RN d'aujourd'hui, c'est c'est c'est oui, c'est c'est il est très proche. Je veux dire, le RN d'aujourd'hui, c'est la fusion très très claire avec le le néolibéralisme. Hm.
Et on rappelle que vouloir détruire les normes pour les agriculteurs, les premières victimes de la destruction des normes, ce seront les agriculteurs eux-mêmes parce que fin des normes est égal, on peut mettre des produits à tout va et les premières victimes d'une agriculture productiviste et chimique, ce sont les agriculteurs eux mêmes. Bien sûr, bah on on le voit très bien aujourd'hui. C'est le le revenu qu'il gagne, c'est euh même l'exposition au matièrement l'exposition voilà aux matières et la compétition qui qui est de plus en plus une compétition difficile.
H euh ces traités, il prévoient le recours à des tribunaux arbitraux en cas de litige avec un pays. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu ? Oui, en fait alors c'est ça aussi dans dans un monde où on vous parle tout le temps de simplification, ce type de traité prévoit en plus des juridictions nationales une juridiction extrationale qui serait les tribunaux arbitraux.
C'est-à-dire que vous avez investi dans un pays euh si vous changez les règles euh ben et que l'investisseur perd de l'argent, il peut se dire "Ah ben je vais aller attaquer le pays devant un tribunal supranational et euh l'État devra payer donc nous tous, on devra payer de l'argent à l'entreprise qui aura perdu de l'argent." Donc là, on voit bien que c'est encore un cadre qui permet aux entreprises d'être toutepuissante en fait en réalité. Je veux dire, c'est encore un affaissement finalement de la politique sur l'entreprise.
Donc l'entreprise s'installe là. Si demain il y a des normes qui sont contre parce que je sais pas, il y a un changement, on décide de resserrer des normes sur l'environnement pe dire "Ah bah mon environnement a changé, c'est plus le même qu'avant quand j'ai mis de l'argent, je suis fâché. Donc je porte plainte auprès de ce tribunal supranational qui regardera sur les bases d'un investissement.
Avant, elle pouvait porter plainte mais elle devait aller devant un juge administratif au niveau national et parfois le jug administratif pouvait leur donner raison hein mais il y avait là maintenant elles peuvent choisir ou peut-être même faire les deux. Donc euh voilà, on sent on sent on sent c'est pour ça que même là sur le CTA, les gens disent "Oui, on a mais attendons attendons la mondialisation, on en fait le bilan longtemps après. On l'a vu avec l'Europe, on l'a vu avec et je veux dire aujourd'hui tout le monde s'accorde pour dire on a été trop naïf, attendons." Tu vois, je comprends pas pourquoi on peut on se dit qu'on a était trop naïf et qu'on continue à faire ses traités à droite et à gauche dans tous les sens alors que en interne, nous avons énormément de problèmes à régler et ça ça devrait être ça l'urgence normalement.
Depuis plus de 8 ans, le média tient debout 8 années à défendre une information libre, indépendante, engagée et exigeante dans un paysage audiovisuel français de plus en plus aux mains des milliardaires. Et cette année encore, notre seul père Noël, c'est vous. Alors, soutenez le média.
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Emmanuel Macron