Renaud PFEFFER : Maire de Mornant, Président de la Copamo et Vice-Président à la région en charge de la sécurité
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Questions et réponses
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- 0:30OuverteRéponse directe
Est-ce que ça ne fait pas un peu beaucoup d'activité, tout ça, quand même ?
- 1:15OuverteRéponse directe
Comment est-ce que vous expliquez qu'on vous ait confié cette délégation de sécurité ?
- 2:20OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez que c'est juste et que c'est légitime d'interdire ce type de spectacle ?
- 3:08OuverteRéponse directe
Le rôle d'un élu, c'est de préserver une certaine neutralité, la laïcité, le vivre ensemble ?
- 3:57OuverteRéponse directe
Comment est-ce que, dans votre commune, vous avez ressenti l'expression des attentes ou de l'indignation de vos habitants ?
- 4:52OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il n'y a pas une forme de sentiment d'impuissance face à des choses qui se répètent ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:27Locuteur 1Fait
« La loi ne prévoyait pas explicitement que la région exerce la compétence de la sécurité. »
- 8:21Locuteur 1Fait
« Laurent Wauquiez a souhaité se saisir pleinement de ce sujet, en mettant des moyens importants pour protéger les Auvergnats et les Rôles d'Alpin. »
- 17:50Locuteur 1Fait
« Le ZAN, on a tout de suite compris que c'était une usine à gaz dans la mesure où c'est un truc créé dans un bureau à Paris. »
- 18:22Locuteur 1Fait
« Globalement, le ZAN, c'est une mesure, à mon avis, qui est anti-environnementale, anti-écologiste. »
- 18:56Locuteur 1Fait
« La première cause de pollution dans notre pays et pour la planète, ce sont les importations. »
- 25:15Locuteur 1Chiffre
« Il y avait des retraités qui économisaient jusqu'à 1500 euros par an sur leurs dépenses de complémentaires santé. »
- 28:37Locuteur 1Fait
« Depuis des années, je suis alerté par des parents d'enfants handicapés sur l'impossibilité qu'ils ont de scolariser leurs enfants quand bien même ils ont un droit qui leur a été notifié par une administration. »
- 31:15Locuteur 1Fait
« Vous faites attention à l'eau, ressources, à toutes les choses ? L'eau, la biodiversité qui est essentielle pour le maintien de notre agriculture. »
- 32:53Locuteur 1Fait
« Aujourd'hui, sur la construction, les bétons bas carbone, l'utilisation du bois, la sobriété aussi est un sujet essentiel. »
- 33:56Locuteur 1Fait
« Le plan annoncé par la région est un plan extrêmement ambitieux. »
- 33:56Locuteur 1Chiffre
« le plan annoncé par la région est un plan extrêmement ambitieux »
- 34:03Locuteur 1Fait
« on a l'obligation de travailler ensemble »
- 35:55Locuteur 1Fait
« On ne peut pas défendre la planète et l'environnement et s'opposer au Lyon-Turin »
- 36:14Locuteur 1Promesse
« il est impératif d'aller au bout de ce Lyon-Turin »
- 36:48Locuteur 1Fait
« c'est formidable 40 ans après Albertville »
- 37:19Locuteur 1Fait
« ce seront les premiers Jeux Olympiques durables »
- 38:10Locuteur 1Fait
« c'est que la démocratie c'est l'alternance »
- 38:45Locuteur 1Fait
« une droite de gouvernement qui est ferme sur l'essentiel le régalien »
- 40:16Locuteur 1Fait
« on a un stade on a des moyens on a une équipe »
- 41:15Locuteur 1Fait
« L'ensauvagement de la France la responsabilité des politiques et des juges »
Temps de parole
- Locuteur 166 %
- Présentateur32 %
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A Lyon, vous écoutez Lyon 1ère. Lyon 1ère. Lyon 1ère, l'invité politique du samedi, avec Lyon positif, Frédéric Duval. Bonjour à toutes et à toutes, je suis heureux de vous retrouver pour cette nouvelle émission d'invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère. On est avec vous, Renaud Pfeffer, vous êtes maire de Mornan, président de la COPAMO et aussi vice-président délégué à la sécurité au conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes. Bonjour, merci d'être avec nous. Bonjour. Alors, est-ce que ça ne fait pas un peu beaucoup d'activité, tout ça, quand même ? Si, c'est pas mal.
C'est un grand mandat. Après, c'est des mandats qui sont liés maire et président d'une communauté de communes. Quand on est maire, on est forcément membre d'une communauté de communes. Après, il faut un président. En l'espèce, c'est moi. Et puis, à côté, avant, j'étais au conseil départemental du Rhône. Et puis là, Laurent Wauquiez m'avait demandé de conduire la liste aux dernières élections régionales. J'ai accepté. Je pense, je ne savais pas que j'allais être vice-président. Et c'est avec plaisir que j'ai accepté cette nouvelle mission.
Alors, ce qui est intéressant aussi, on va évidemment découvrir aussi un petit peu votre commune. Parce qu'on parle beaucoup de vous. En ce moment, il y a une très grosse actualité sur la région, sur ces enjeux de sécurité. Puisque vous êtes vice-président délégué à la sécurité. Ce qui est un peu étonnant de prime abord, c'est que ce n'est pas naturellement ou normalement une compétence de la région. Comment est-ce que vous expliquez qu'on vous ait confié cette délégation ?
C'est vrai que la loi ne prévoyait pas explicitement que la région exerce la compétence de la sécurité. On imagine plutôt l'État ou les communes. Mais face à l'augmentation des violences, face à une société de plus en plus barbare, qu'est-ce qu'on fait ? On reste les bras croisés. En réalité, la sécurité, c'est la compétence de chacun d'entre nous. C'est la responsabilité de chacun d'entre nous. Qu'on soit chef de famille, président d'association, chef d'entreprise. En nous, une responsabilité, c'est dans notre pacte social, autour de la question de la sécurité.
Et Laurent Wauquiez a souhaité se saisir pleinement de ce sujet, en mettant des moyens importants pour protéger les Auvergnats et les Rôles d'Alpin.
On va en reparler évidemment tout au long de cette émission. Vous le savez, on commence aussi par une question d'actualité qui est un peu liée. Il faut dire que le contexte tel que vous l'évoquiez à l'instant, il est quand même difficile, délicat. Beaucoup de crises, de clivages, de tensions, de vivre ensemble, qui est très abîmée. Il y a deux ou trois jours, je crois, Grégory Doucet a de nouveau interdit un spectacle de Dieudonné. Est-ce que vous pensez que c'est juste et que c'est légitime d'interdire ce type de spectacle ?
Je pense que c'est une bonne décision. Finalement, Dieudonné, il était très drôle quand il y avait Elie et Dieudonné. Puis à un moment dans sa vie, moi je considère qu'il est parti en cacahuètes. Il a décidé de faire du militantisme avec une forme de radicalité et d'extrémisme qui est provocateur à la fois de haine entre les gens, mais surtout de violence. Je pense que c'est quelqu'un qui, dans son expression, n'est plus du tout un humoriste, mais c'est un militant de la haine.
D'accord, donc c'est légitime parce que, selon vous, le rôle d'un élu, c'est sans doute d'ailleurs ce que vous faites dans votre commune, de préserver une certaine neutralité, la laïcité, le vivre ensemble et les opinions des uns et des autres, c'est aussi ça votre rôle ?
Oui, et puis même si je pense que toutes les opinions doivent pouvoir s'exprimer, il n'y a aucune opinion qui doit être bannie du débat public. D'ailleurs, pour encore plus lutter contre une opinion contre laquelle on est, finalement il faut qu'elle puisse s'exprimer et puis apporter des arguments. Mais là, Dieudonné, c'est un peu différent, d'autant plus dans le contexte actuel, où finalement il ne fait que rajouter de la haine à la colère et de la violence à la misère.
Comment vous avez vécu ces moments qui ont été douloureux pour tous les Français, pour tous les citoyens, depuis l'assassinat de cet enseignant à Arras, trois ans après Samuel Paty ? Comment est-ce que, dans votre commune, vous avez ressenti l'expression, soit des attentes, soit de l'indignation de vos habitants et de vos administrés ?
Il y avait un double sentiment. D'abord un sentiment de solidarité, quelque chose aussi d'assez profond vis-à-vis de l'école de la République, vis-à-vis de la protection de nos enfants. L'idée qu'on a tous, c'est que nos établissements scolaires doivent être des sanctuaires, d'épanouissement, d'apprentissage, dans les valeurs de la République. Puis le deuxième sentiment, c'était vraiment un sentiment de ras-le-bol. Les gens disaient, mais à chaque fois, on fait des marches blanches, on fait des minutes de silence, on fait des commémorations, on fait des recueillements. Mais quand sont prises les décisions pour stopper cette folie qui vient s'attaquer à l'école de nos enfants ?
Est-ce que du coup, quand on est un responsable politique comme vous, est-ce qu'il n'y a pas un moment, et lu depuis un certain temps, une forme parfois de sentiment d'impuissance face à des choses qui se répètent ? On sait qu'un maire a les moyens limités par rapport à ces sujets, mais est-ce qu'on ne se sent pas un peu impuissant ? Et est-ce qu'il n'y a pas, quelque part, le politique qui se dit, oui, on ne peut pas tout régler ou on n'y arrivera jamais ? Chacun à notre place, on peut agir.
L'impuissance généralisée, où tout le monde se rejette, la responsabilité, la faute ou la compétence, ça ne marche pas. La réalité, c'est que chacun à notre niveau, dans toutes les cellules de la société, que ce soit dans la cellule familiale, à l'école, dans une mairie, dans une région ou au niveau de l'État, chacun porte un bout de responsabilité et doit porter des actions qui correspondent à ces responsabilités. Il n'y a pas d'impuissance collective. Au contraire, si on agit collectivement, on devient très très fort.
C'est ça un peu qui a suscité votre engagement et votre vocation. Comment est-ce qu'on devient un jour maire de Mornan, par exemple ? Qu'est-ce qui vous a amené à cet endroit et à passer de l'autre côté, si j'ose dire ?
Mornan, c'est le pays de mon enfance. Moi, je suis un petit gars du coin, j'allais à l'école, je faisais mes activités sportives et puis après, je me suis piqué pour la politique et j'ai eu envie de m'engager. Il y avait eu une opportunité de m'engager à Mornan. J'ai commencé comme adjoint au maire pour un premier mandat et puis mon prédécesseur, Yves Dutel, pour lequel j'avais énormément de respect, d'estime, parce que c'était un type incroyable, à la fois très simple, mais d'une honnêteté, d'une vision vraiment extraordinaire, m'a proposé de prendre sa suite et j'ai accepté avec plaisir.
Et depuis, vous avez continué et vous êtes réélu par vos administrés. On dit souvent que vous êtes hors de la métropole, pour ceux qui l'ignoraient. Tant mieux ! Oui, j'allais dire, j'ai l'impression que parfois, c'est quelque chose qui vous arrange. Vous avez un avis sur le modèle métropolitain aujourd'hui ?
La métropole, c'est un ovni, c'est un mastodonte, c'est un objet technocratique. Nous, nos communautés de communes, c'est le lien avec les communes, c'est la solidarité entre les communes, c'est des projets qu'on ne pourrait pas faire tout seul, mais c'est aussi des projets qu'on a envie de faire ensemble. Et c'est la différence de la métropole, qui est une collectivité à part entière, donc c'est un ovni au milieu de communes, membres de la métropole de Lyon.
Alors, on découvrira un peu mieux votre commune et ce que vous faites pour elle, dans la deuxième partie de notre émission. Je disais qu'il y a une actualité qui est importante au niveau du conseil régional, il y a eu une séance il y a quelques jours. Parmi les sujets qui ont été évoqués, il y a évidemment les questions de sécurité, notamment autour des lycées, vous en parliez, avec la mise en place de Portique. Je crois qu'il y a récemment aussi, vous avez inauguré un lycée avec la présence du ministre. Voilà. Et j'ai cru comprendre que vous étiez satisfait de ça et que Laurent Wauquiez et la région avaient été une des premières à mettre en place ces Portiques. C'était ça ?
Vous avez anticipé un petit peu ces sujets, du coup ?
En fait, Laurent Wauquiez, il est élu fin 2015 président de région et fin 2015, c'est au lendemain des attentats du Bataclan. Et on sent qu'à la fois le risque terroriste, il est majeur et on sent à la fois que les violences, elles montent dans la société, notamment aux abords des établissements scolaires, de plus en plus de trafic, de raquettes, de harcèlement, de violences. Et Laurent Wauquiez dit, nos lycées doivent être des sanctuaires, « Je vais faire un plan, un grand plan, qui a exigé 110 millions d'euros pour protéger nos lycées, à la fois avec des portiques, à la fois avec des barrières, à la fois avec de la vidéo, avec des contrôles d'accès par badge.
» L'idée n'étant pas de faire de nos lycées des prisons, mais au contraire, de protéger ceux qui sont à l'intérieur, les enseignants, les lycéens et nos agents de la région qui bossent dans les lycées.
Parmi les mesures qui ont été prises récemment et les pistes vers lesquelles la région a voulu aller, il y en a une qui fait un peu polémique, c'est celle de la reconnaissance faciale. Est-ce que vous pourriez nous dire un petit peu concrètement de quoi il s'agit ? Parce qu'on entend plein de choses, mais c'est toujours mieux de demander la vérité à l'élu. Et puis, pourquoi est-ce que vous pensez que c'est une bonne solution ?
La reconnaissance faciale, finalement, on l'utilise tous dans notre quotidien, sur nos smartphones, sur nos applications, même bancaires, dans les aéroports. La reconnaissance faciale, c'est utiliser l'image pour reconnaître quelqu'un. Et l'idée de Laurent Wauquiez, c'est de se dire, n'ayons pas peur des moyens technologiques, mais au contraire, encadrons-les dans le respect de nos libertés individuelles pour lutter contre un fléau déterminé, qui est la radicalisation, le terrorisme islamiste.
Qu'est-ce que vous répondez à votre opposition à la région qui dit que c'est liberticide, que c'est dangereux, qu'on va se retrouver comme dans un certain nombre de pays totalitaires, etc. ?
Ce sont les mêmes, en fait, qui critiquaient toutes nos politiques de sécurité, qui étaient hostiles à la mise en place de la sécurisation de nos lycées, qui aujourd'hui sont hostiles, non pas à la généralisation de la reconnaissance faciale, mais à l'expérimentation de la reconnaissance faciale, spécifiquement pour des individus qui sont fichés, répertoriés, comme étant un danger majeur pour la République et pour nos enfants.
Est-ce que vous avez pu en parler d'ailleurs un peu avec les personnels ? Je suppose que depuis 2015, vous commencez à avoir un peu de recul. Est-ce qu'il y a des expressions des différents personnels ? Est-ce qu'on a déjà des résultats ? Est-ce qu'on peut montrer que ça fonctionne ou pas ?
Bien évidemment. Au début, il y avait une forme de crainte et une hostilité qui étaient instrumentalisées politiquement à la sécurisation de nos lycées. Aujourd'hui, ce sont les proviseurs qui nous demandent, qui font appel à nous, dès qu'il y a une caméra qui est en panne, dès qu'il y a un portique qui ne marche plus, voire même qui nous demandent encore plus de sécurité pour nos établissements.
D'accord. Bon, écoutez, on parlera de toute façon de tout ça, et sans doute aussi de la vidéosurveillance, parce qu'au tout à l'heure, vous disiez que vous étiez d'accord avec Grégory Doucet sur un sujet, mais je sais qu'à un moment, il y avait eu beaucoup de polémiques, il était, je crois, hostile à un moment, lui, à tout ce qui était vidéosurveillance.
Oui, la vidéosurveillance, finalement, c'est un outil essentiel pour nos forces de l'ordre, c'est un outil de dissuasion, c'est un outil d'enquête, un outil de preuve pénale, soit pour inculper, soit pour disculper, d'ailleurs. Et puis, c'est un outil qui permet, au final, à la justice de statuer avec des preuves et donc de permettre la réparation pour les victimes. On ne pense jamais aux victimes quand on parle de délinquance.
Eh bien, on parlera de tous ces sujets et de votre commune dans une deuxième partie de notre émission. A tout de suite. La deuxième partie de notre émission, l'invité politique, le samedi de 11h à midi, toujours avec vous, Renaud Pfeffer. Je rappelle que vous êtes maire de Mornan, président de la Coupe Amo, vice-président délégué à la sécurité. On vient de parler de ces sujets il y a quelques instants.
Il y aura d'autres sujets d'actualité sur la région, mais j'ai envie qu'on parte un petit peu dans votre commune, parce qu'on dit souvent que le mandat de maire, c'est à la fois le mandat souvent préféré des élus et des citoyens, ce pour lequel ils ont le plus d'attachement, même si on le sait, c'est un mandat qui est aussi fortement abîmé. Moi, je suis très souvent avec des élus qui vivent beaucoup, et de plus en plus, d'incivilité, d'agression. Est-ce que vous avez l'impression aujourd'hui, vous qui êtes maire depuis un certain temps, que le statut, que la fonction, que l'autorité est un peu bafouée ?
Je pense que notre société, elle a un problème avec la notion d'autorité, et puis on est dans une société aussi de l'immédiateté, de la réaction épidermique, notamment par le biais des réseaux sociaux. C'est un mandat passionnant en maire, c'est un mandat où on est au plus proche du terrain, au plus proche des gens, notamment de ceux qui rencontrent des difficultés. C'est un mandat aussi où on arrive à aménager, à produire, à construire, à imaginer, à organiser des festivités, la culture, le sport, bref, c'est un mandat qui est plein, c'est un mandat passion. Et quand on a la passion d'être maire, je pense que rien ne peut l'enlever.
Et vous, au quotidien, vous ne vous êtes jamais senti dans des situations un petit peu difficiles ? On dit souvent, on le voit dans les années, je pensais à Chloé Morin, que j'ai entendu il n'y a pas longtemps, qui disait qu'on a l'impression qu'on est passé du statut un peu de citoyen avec des droits et des devoirs, à celui de consommateur, comme si on avait oublié un peu les devoirs. Est-ce que vous, vous le sentez aussi dans les demandes de vos administrés ?
Oui, on est dans une société de l'immédiateté et une société de la consommation presque à outrance, où finalement on considère que tout est consommable, qu'un service public est consommable. Et donc, même si jamais moi je ne me sens pas personnellement en danger, je sens qu'il y a, dès qu'on prend une décision, elle est contestée. Et on sent qu'il n'y a vraiment pas de l'animosité, mais que les gens ont des réactions épidermiques, d'autant plus en fait, depuis la crise Covid.
Oui, ça ne va pas arranger les choses. Alors, vous parlez de la proximité du quotidien, etc. Est-ce que vous pourriez un peu nous parler de votre commune, qui est un peu, alors pour le coup, une ville à la campagne, puisqu'autour c'est la campagne. Comment vous parleriez de Mornan à quelqu'un qui ne la connaît pas ?
Mornan, c'est un village, un village qui n'est pas loin de Lyon, qui a des services publics, qui a des commerces, qui a une vie associative, qui a des équipements. Bref, c'est une commune qui est privilégiée, qui a ses 6500 habitants, entre Saint-Etienne et Lyon. Et c'est avant tout, je pense, un mode de vie. Le mode de vie rural qu'on doit défendre, parce qu'il est simple en fait, c'est un mode de vie où les choses vont peut-être un petit peu moins vite qu'en ville, où les relations entre les gens sont beaucoup plus simples. Les notions de respect, de confiance, de franchise, sont des notions qui sont au cœur de notre quotidien. On se croise, on se reconnaît, on se dit bonjour.
Et puis à la fois, quand on se connaît et quand on est à la proximité, c'est des villages, des petites villes, dans lesquelles s'exerce pleinement la solidarité entre les gens. Et ça, c'est fabuleux.
Vous voyez, la ruralité, qu'est-ce que ça exprime pour vous, la ruralité ? Est-ce que c'est simplement, c'est quoi ? C'est la campagne, c'est la nature, c'est l'agriculture ? C'est quoi l'esprit de la ruralité ?
La ruralité, c'est un mode de vie. C'est un mode de vie, bien sûr, qui a l'agriculture, qui a nos paysages, qui a le fait qu'on ne soit pas dans le brouhaha ambiant de la ville. Mais je crois que c'est avant tout la ruralité, c'est une façon de vivre ensemble, une façon un peu plus simple, sans être rétrograde, finalement hyper moderne, parce que c'est l'envie, on vit ensemble et on a envie de faire des choses ensemble. Et ça, c'est la ruralité.
Alors du coup, est-ce que vous comprenez ? J'imagine qu'aujourd'hui, il y a comme une espèce d'envie d'un retour, soit aux sources, soit à la campagne. On voit bien dans les mouvements, on parlait tout à l'heure de la métropole, dans le retour, soit pour des raisons fonciers d'acquisition, ou d'envie, ou de retour au pays, entre guillemets. Est-ce que vous voyez et constatez l'arrivée de ces néo-ruraux, de ceux qui reviennent à la campagne, parfois d'ailleurs en provoquant des petites discussions, parce qu'ils s'attendent à trouver autre chose ? Est-ce que c'est un phénomène auquel vous êtes confronté aussi ?
Oui, alors, pour le coup, carrément, parce qu'il y a une très très forte pression foncière, nous on est vraiment à quelques encablures de Lyon et des grands pôles d'activité économique, donc on est très attractifs, parce qu'il y a une qualité de vie, un cadre de vie, la sécurité, des services. Et on voit soit des gens qui reviennent après avoir vécu à Mornan, soit des néo-ruraux. Moi, je considère qu'ils sont une plus-value, en fait, dans la vie de nos villages. Après, c'est vrai qu'il leur convient aussi de s'adapter. On ne peut pas exiger tous les services de plein centre-ville en n'étant pas en centre-ville et en ayant d'autres avantages que la ville n'a pas.
Ça veut dire qu'il y a des cloches, il y a des coques, il y a des tracteurs, il y a ce genre de choses. Oui, et puis il n'y a pas que ça. En fait, tout n'est pas à la porte-elle-maine immédiatement.
Je dis ça parce que souvent, c'est un peu le symbole. On voit parfois des procès un peu fous sur des problèmes de coques, de cloches,
de choses comme ça. Oui, ça arrive, ça existe. Après, ce n'est quand même pas une majorité de gens. Les gens, quand ils viennent vivre chez nous, souvent, ils sont très contents. Et le pire, ou le mieux, c'est qu'ils ne veulent pas partir.
Vous parlez de cette question qui est un vrai sujet. On serait à Lyon, on en parlerait. La problématique du foncé, du logement, de la capacité ou pas d'habiter à Lyon, on sait que c'est de plus en plus difficile d'emprunter, de construire, d'acheter, etc. Et il y a aussi, du coup, chez vous, sur un territoire un peu plus rural, une espèce de, peut-être apparente contradiction qui, en plus, a connu son actualité récemment avec les propos du président Wauquiez sur ce qu'on appelle le ZAN, le fameux zéro artificialisation nette. C'est-à-dire le fait, en fait, de dire que, puisqu'on est dans la sobriété, il faut moins consommer de terre.
Et en même temps, il y a beaucoup d'élus ruraux qui disent, bah oui, et Laurent Wauquiez qui dit, moi, je n'irai pas parce qu'il faut bien permettre à nos communes de se développer. Vous êtes à quel endroit, vous, du coup, sur ce sujet ?
Le ZAN, on a tout de suite compris que c'était une usine à gaz dans la mesure où c'est un truc créé dans un bureau à Paris. Enfin, c'est la technocratie dans toute sa splendeur, le ZAN. Déjà, quand vous avez des acronymes ZAN et qu'on vous les met dans la tête, il faut toujours se méfier. Vous avez des feux un peu aussi. Ouais, tous les acronymes comme ça, souvent, ça cache des choses un peu particulières. Parce qu'ils ont pensé dans leur bureau à la création de ces acronymes. Globalement, le ZAN, c'est une mesure, à mon avis, qui est anti-environnementale, anti-écologiste.
C'est une mesure, en fait, dogmatique, imposée de la même façon à tous les territoires, sans prendre en compte la spécificité de chacun de ces territoires. Vous prenez une ville de Lyon qui est déjà hyper artificialisée, vous allez pouvoir construire sur des friches alors qu'il y aurait peut-être besoin d'espace vert et vous allez empêcher des zones d'activité économique et des emplois de proximité de se créer en milieu périurbain ou en milieu rural tout en disant qu'il faut réindustrialiser le pays. Parce que la première cause de pollution dans notre pays et pour la planète, ce sont les importations.
si jamais on relocalise notre production, si on relocalise notre économie, finalement, on achètera moins des produits qui ont fait trois fois le tour de la planète avant de se retrouver dans nos qualis. Je trouve que c'est une forme de mépris que de dire à un moment, vous, les territoires ruraux, vous ne pouvez pas vous développer. Comment est-ce qu'on fait pour produire du logement pour nos jeunes ? Comment est-ce qu'on fait pour affronter l'immense défi du vieillissement et du nombre de seniors qu'on aura dans quelques années si on n'est pas capable de proposer des solutions de logement et puis pour l'économie des solutions d'industrie, des solutions d'emploi ?
Dans le choix qui est fait par Laurent Wauquiez, il y a aussi évidemment une dimension politique un peu de montrer aussi sa capacité à faire autrement et différemment même si a priori ce n'est pas si simple que ça de sortir de la loi mais j'ai l'impression qu'il continue à persister là-dessus. Ce n'est pas son sujet.
En fait, il y a une loi qui a été votée comme ça avec des grands principes qui sont d'ailleurs très ambitieux. Quand on commence à dire zéro artificialisation nette, on voit l'objectif. C'est zéro, c'est rien. Mais dans son application, c'est beaucoup plus difficile et Laurent Wauquiez quand la ZAN est arrivée a dit je vais jouer le jeu. On va essayer de le faire dans le cadre du schéma régional d'aménagement du territoire. Et il s'est rendu compte que les élus locaux étaient en incapacité totale de mettre en oeuvre cette loi. Et puis en plus, le gouvernement a menti. Le gouvernement avait dit que les projets d'intérêts nationaux ne viendront pas impacter le zéro artificialisation nette.
Moi, je ne suis pas du tout hostile au fait que le gouvernement ait prévu de créer 200 brigades de gendarmerie. Au contraire. Mais il faut bien consommer de l'espace. Et donc, ce sera pris sur la consommation des communes alors que ce sont des projets portés par l'État.
Donc, il y avait des contradictions. Alors, sur ces sujets divers, on y reviendra. C'est un peu technique, les ânes. Oui, mais en même temps, c'est important parce que les gens comprennent bien ce qu'on peut faire des terrains, pas des terrains, comment on les achète, comment on les achète pas, comment on les protège. On parlera un peu de ça.
Et puis nous, ce n'est pas au territoire agricole qu'il faut faire la leçon du zéro artificialisation nette. Nous, à Mornan, 85% de notre territoire est en espace naturelle agricole protégée. C'est-à-dire, où vous ne pouvez rien construire. Et ce n'est pas nouveau. Ça fait 15 ans.
Alors, quand on est maire de Mornan, président de la COPAMO, dans une petite commune mais en même temps avec un certain nombre de moyens, on s'attache à protéger son territoire. On met aussi en œuvre qu'est-ce qu'on essaye de faire ? De faire en sorte qu'il y ait tous les services, tous les commerces, la culture. On essaie d'avoir une offre la plus large possible. Je sais que vous êtes aussi très innovant sur certains sujets. On y reviendra. mais c'est quoi votre philosophie quand vous emmenez la commune depuis quelques années ? Vous l'emmenez où et vers quelle fin, entre guillemets ?
En fait, moi je considère qu'on a un petit rôle mais une grande responsabilité. Protéger le cadre et la qualité de vie. Ça passe par la sécurité, ça passe par l'urbanisme, ça passe par le soutien à la vie associative. Et puis, à l'échelle d'une petite commune, on peut essayer de faire des choses un peu innovantes, on peut essayer de rendre service, on peut essayer de créer des solidarités. Et puis, un des enjeux fondamentaux, c'est de lutter contre la fracture territoriale. Finalement, que les habitants de nos territoires ruraux n'aient pas le sentiment qu'eux, ils n'ont rien, alors qu'en ville, on a tout.
Et c'est pour ça que pendant des années, vous avez eu un vote rural qui s'est tourné vers les extrêmes, extrême gauche ou extrême droite, en fonction d'où on est dans le pays. Il se sentait délaissé, en fait. Oui, il y avait cette fracture. Et je crois que le rôle de l'élu local, et justement, la communauté de communes, c'est un super outil pour faire ça, c'est d'essayer d'apporter du service, notamment de la santé. C'est essentiel que tous nos territoires aient une offre de santé, d'apporter du transport, d'apporter de l'éducation, d'apporter de la culture, de faire que, finalement, on puisse s'épanouir, quel que soit notre âge ou notre condition sociale.
Et rester vivre, vraiment non. Sur les questions, d'ailleurs, de la santé, vous l'évoquiez, parce que beaucoup d'élus nous en parlent sur ces risques, et certains, c'est déjà avéré de déserts médicaux. Est-ce que vous êtes confronté aussi à ces problématiques ? Est-ce que c'est difficile ? On assiste même à faire une sorte de compétence, de concurrence entre les territoires pour garder les médecins, ce genre de choses. Est-ce que c'est aussi votre cas ?
Alors, sur la santé, nous, c'est un sujet dont on s'est occupé il y a déjà pas mal d'années. Donc, c'est vrai qu'on a une offre de santé qui est très forte sur notre territoire. Après, il faut faire attention parce que tout ça est bien fragile. Et puis, les déserts médicaux, on les imagine souvent à la campagne. La réalité, c'est qu'il y a des déserts médicaux en ville. Moi, je vois sur mon territoire, on travaille main dans la main avec les professionnels de santé. On a une communauté des professionnels de santé de notre territoire. On travaille tous ensemble et on va même aider les territoires voisins.
Donc, on n'est pas dans la concurrence, on est plutôt dans la solidarité pour essayer d'apporter une offre de soins immédiate pour nos administrés.
Est-ce que cette préoccupation pour la santé, c'est celle qui vous a fait être justement dans l'innovation ? Parce que dans l'actualité du Conseil Régional, il y a une annonce qui a été faite d'une mutuelle régionale. Mais, il me semble que vous étiez, je crois, le premier maire de France à avoir lancé une mutuelle communale. Donc, je suppose que ça a servi un peu de modèle. la philosophie derrière cette mutuelle communale à l'époque et maintenant cette mutuelle régionale.
Eh bien, la philosophie de tout ça, c'est finalement très simple. C'est, on est d'abord dans une crise du pouvoir d'achat où le coût de l'énergie, le coût des déplacements, enfin, le pouvoir d'achat de nos concitoyens. Donc, on se dit, en négociant, en étant plus nombreux, on est plus fort pour négocier. C'est vrai qu'il y a eu l'expérience mordantaise. Nous, il y avait des retraités qui économisaient jusqu'à 1500 euros par an sur leurs dépenses de complémentaires santé. Donc, d'abord, un, la question du pouvoir d'achat, plus on est nombreux, plus on est fort pour négocier. Et je trouve que l'initiative régionale est vraiment très intéressante.
Et en tout cas, avec ma commune, alors qu'on a cette mutuelle des mordantais, on va rentrer dans la mutuelle régionale. Le deuxième sujet, c'est un sujet autour de la santé. Trop nombreux sont nos administrés à renoncer à des soins. Je pense notamment aux jeunes qui renoncent à des soins pour des questions financières. La réalité, c'est qu'il faut leur apporter des contrats clés en main pour qu'ils puissent se soigner, prendre soin d'eux et veiller à ce qui est le plus important dans notre vie qui est la santé. Et puis, dernier sujet, c'est quand on parle de santé, finalement, c'est le meilleur moyen de parler de prévention santé et de comportement qu'il faut pour rester en bonne santé.
Ou des comportements actifs type le sport, type la culture. La santé, c'est quoi ? C'est le bien-être physique, c'est le bien-être mental, mais c'est aussi le bien-être social.
Bien. On reparlera aussi de certains sujets parce que je voulais vous lancer sur d'autres initiatives qui sont importantes, mais on le fera ça dans une troisième partie de l'émission sur l'innovation ou sur la manière dont vous, parfois, vous affranchissez un peu des règles. Notamment, je sais, sur les personnes en situation de handicap dans les écoles et comment est-ce que parfois on peut aller mobiliser les énergies pour le faire. On parle de tout ça dans une troisième partie de notre émission. A tout de suite. On se retrouve pour la troisième et dernière partie de notre émission L'Invité politique le samedi de 11h-Rabidi sur Lyon 1ère. Toujours avec vous, Renaud Pfeffer.
Je vous rappelle que vous êtes maire de Mornan, président de la COPAMO, vice-président délégué à la sécurité au conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes. On parlait de votre action de maire et ce qui m'intéressait dans le discours un peu parfois qu'on entend à droite pour faire simple, il y a un peu parfois aussi l'envie de transgresser, de dépasser certaines règles, certaines normes. Est-ce que c'est aussi ça de bousculer un peu quand ça ne va pas assez vite, quand on a l'impression qu'il y a une institution ? C'est un discours qu'on entend beaucoup. Je pense à David Lissnard que j'entends régulièrement parler de l'efficience des politiques publiques.
Je sais que vous avez un cas qui était intéressant sur la manière d'accueillir ou d'aider au mieux les familles avec des enfants en situation de handicap notamment.
Oui, alors c'est vrai que notre pays se meurt de toutes ces règles, de ces normes qui sont utiles. Mais attention de ne pas transformer toute politique publique ou toute initiative positive en parcours du combattant, en parcours du combattant administratif notamment. Aujourd'hui, tout est sclérosé à cause de cette folie normative et cette folie législative. Finalement, à chaque événement, dès que le soleil se lève, il y en a qui doivent se poser la question de quelles nouvelles règles ils peuvent créer pour emmerder les gens.
Qu'on ne peut pas forcément faire appliquer en plus.
Oui, et qui ne sont pas toujours adaptées. Elles sont d'ordre général alors que finalement les choses se règlent beaucoup dans la proximité. On parlait du handicap, c'est vraiment un sujet qui est important. On est dans une société aujourd'hui qui se veut inclusive. Et aujourd'hui, moi je ne comprends pas. Moi depuis des années, je suis alerté par des parents d'enfants handicapés sur l'impossibilité qu'ils ont de scolariser leurs enfants quand bien même ils ont un droit qui leur a été notifié par une administration qui leur dit vous avez droit à tenteurs d'accompagnement scolaire avec un AESH, accompagnement éducatif.
Depuis des années, moi j'alerte l'académie, le rectorat pour leur dire que ce n'est pas normal ces enfants ont un droit ils ne peuvent pas aller à l'école comme les autres normalement.
Et puis devant le fait que ça ne bougeait pas j'ai créé moi-même avec mes collègues maires du Pays-Mont-Nantais parce que COPAMO ça veut dire communauté de communes du Pays-Mont-Nantais on a créé les aidants scolaires H+, ce sont des agents de nos communes qui souvent travaillent dans les services périscolaires ou dans les services d'animation conformes à la question du handicap qui sont volontaires et qui vont accompagner ces enfants en classe qui vont accompagner aussi les équipes éducatives les enseignants pour permettre à tous les enfants et notamment les enfants en situation de handicap ou à besoin spécifique d'aller en classe comme n'importe quel autre enfant.
Je suppose que vous en parlez d'ailleurs de ces sujets avec votre collègue Sandrine Chex qu'on avait reçu qui est très engagée sur ces questions et qui fait de la région d'ailleurs une région assez en pointe sur ces sujets alors même que ce n'est pas forcément d'ailleurs bien sûr Sandrine Chex
nous a beaucoup soutenus dans notre démarche qui est une démarche à la fois pragmatique de terrain de proximité mais qui est aussi une démarche militante.
On parle souvent dans cette troisième partie de nouveau cette saison des enjeux liés à la transition énergétique climatique à toutes ces problématiques auxquelles on est confronté. Il semble assez difficile de ne pas comprendre qu'il se passe des choses. Est-ce que vous comprenez vous ou peut-être que vous en avez dans vos usagers administratifs des personnes qui seraient dans le déni climatique ? Est-ce que ça existe ?
Non, je ne crois pas qu'il y a tout et n'importe quoi qui se raconte sur la question des transitions et notamment sur la question climatique sur la question énergétique on est dans un débat où la radicalité finalement a pris le dessus alors qu'un peu macro et que chacun comme pour la sécurité finalement est responsable de l'avenir de la planète.
Alors vous justement à l'échelle d'une commune à l'échelon local on se dit c'est trop petit est-ce qu'on peut faire des choses ? Est-ce que vous avez attendu les écolos pour faire de l'écologie sur votre territoire ?
Ah ben non il faut voir les territoires ruraux des territoires agricoles des territoires protégés ça fait des années et des années Vous faites attention à l'eau, ressources à toutes les choses ?
L'eau, la biodiversité qui est essentielle pour le maintien de notre agriculture la maîtrise aussi de la faune et de la flore notamment on voit souvent les écolos s'opposer à la chasse mais les chasseurs ils viennent au contraire réguler les milieux naturels permettre à l'agriculture de se développer donc il y a je pense une écologie radicale une écologie d'extrême gauche une écologie une écologie punitive et face à cette écologie qui à mon avis n'aboutira à rien il faut mettre en place des mesures pragmatiques très dures parfois de protection de la planète et de notre écosystème
alors justement qu'est-ce que peut faire le maire d'une commune comme la vôtre en termes de transition vous parliez évidemment du coût de l'énergie quelles sont les mesures que vous avez prises depuis 10-12 ans pour anticiper ou faire face à ces transitions
déjà il faut que nos administrés se saisissent pleinement de cette question et qu'ils aient pas l'impression quand on leur parle d'écologie que soit c'est la catastrophe et l'apocalypse soit qu'on va encore les emmerder ce qui compte c'est apporter des solutions apporter des outils mettre en place un certain nombre de règles et de choix pour permettre la protection de l'environnement sur le tri des déchets sur la gestion de la ressource en eau sur la production locale d'énergie sur les circuits courts ça fait des années et des années qu'on travaille aujourd'hui sur la construction les bétons bas carbone l'utilisation du bois la sobriété aussi est un sujet essentiel on n'est pas toujours obligé d'en faire plus le réemploi aussi est quelque chose qu'on fait depuis de très nombreuses années
Alors sur les sujets qui ont un lien avec ces transitions il y a aussi évidemment les questions et les enjeux de la mobilité ça tombe bien avec la région il y a eu récemment un certain nombre d'annonces notamment sur le plan ferroviaire est-ce que et puis on parle aussi souvent de ce qu'on appelle le RER à la lyonnaise est-ce que vous qui êtes à la fois tout près mais pas si près que ça c'est un enjeu pour vous la mobilité et à l'échelle de la région est-ce que vous pensez que tout ce qui est en cours notamment avec le déploiement de ces 5 milliards et quelques pour le ferroviaire va permettre d'arranger des choses ou de les aménager
Oui je pense que on le sait les mobilités c'est un des enjeux numéro un dans les transitions la mobilité collective la mobilité active le plan annoncé par la région est un plan extrêmement ambitieux moi je remercie le président Laurent Wauquiez de poser les moyens sur la table pour augmenter et améliorer l'offre ferroviaire d'autre côté nous on travaille avec Citral Mobilité vous voyez donc ce sont les écologistes c'est Bruno Bernard le président de Citral et on travaille sur une nouvelle offre de transport et là on a on a été entendu on a été écouté même si jamais on verra le résultat mais on a le sentiment qu'on va pouvoir offrir une meilleure offre de déplacement collectif entre notre territoire et la métropole de Lyon et notamment les métros l'idée étant de se rapprocher des grandes infras de transports en commun ce que je reproche aujourd'hui à la métropole de Lyon c'est qu'elle a renoncé aux grandes infrastructures elle a renoncé au prolongement notamment du métro qui a ouvert la semaine dernière à Saint-Genis et qui avait ouvert à Oulin qui a ouvert à Saint-Genis la semaine dernière et qui doit se poursuivre jusqu'au 7 chemin qui est la porte d'entrée dans la métropole de Lyon
on dit souvent d'ailleurs que les relations je ne sais pas entre la métropole et la région ne sont pas toujours au beau fixe et que ça peut compliquer un certain nombre de discussions pour l'intérêt général vous ne le vivez pas comme ça forcément ou si c'est parfois un peu tendu quand même Non, après c'est sûr
qu'on ne partage pas toujours les mêmes orientations mais on a l'obligation de travailler ensemble les territoires doivent travailler ensemble les collectivités locales doivent travailler ensemble puis après il y a le moment des élections et puis là c'est le moment où on fait le bilan on fait les projets c'est le moment où on s'affronte et pour qu'il y ait une vérité démocratique qui sorte des urnes
Alors sur ces questions de transition climatique et écologique il y a deux sujets d'envergure régional qui sont parfois un peu au sujet de polémiques ou de discussions il y en a une qui est sans cesse réaffirmée notamment au niveau de la région me semble-t-il sur la nécessité de la poursuite du fameux Lyon-Turin est-ce que vous pensez que c'est une nécessité en termes de développement d'économie est-ce qu'on doit y aller ?
On ne peut pas défendre la planète et l'environnement et s'opposer au Lyon-Turin alors que vous avez des milliers de camions qui passent dans nos vallées qui polluent nos vallées et les habitants il y a eu des études sur la santé des habitants de ces vallées il est impératif d'aller au bout de ce Lyon-Turin le problème des écologistes ce n'est pas sur la défense de la planète c'est qu'ils sont décroissants c'est une écologie d'extrême gauche c'est une écologie décroissante et donc ils sont contre les infrastructures
même idée ou même sujet un peu polémique mais qui nous emmène vers 2030 avec la région PACA la région Auvergne-Rhône-Alpes a souhaité candidater pour recevoir les Jeux Olympiques d'hiver un certain nombre de personnes disent pareil que enneigement situation de la montagne tout ça c'est complètement une hérésie est-ce que vous pensez que c'est une bonne chose ?
c'est formidable 40 ans après Albertville tout ce travail réalisé de pouvoir encore défendre les valeurs du sport les valeurs de l'olympisme dans une grande manifestation internationale et puis la volonté c'est que ce n'est pas lié à une commune c'est une chaîne les Alpes françaises qui va porter une candidature entre deux régions et ce seront les premiers Jeux Olympiques durables avec une logique vraiment très forte de sobriété sobriété énergétique mais aussi sobriété économique dans le coût des investissements à réaliser pour accueillir cette compétition Je vois que Laurent Wauquiez
trouve toujours quand même grâce à vos yeux vous êtes plutôt assez prof de lui je le connais depuis très très longtemps on regarde un peu même si c'est très loin mais c'est l'occasion de parler avec vous un peu de politique on évoquait un certain nombre de figures de la droite on a l'impression qu'il n'y a jamais eu autant de personnes susceptibles de porter ou d'incarner cette famille politique moi j'évoquais David Lissnard récemment qui est moins connu que Laurent Wauquiez sans doute mais qui est le président de l'association des maires de France Laurent Wauquiez pour vous est-ce que c'est le bon candidat de votre famille politique ? ce que je suis sûr
ce dont je suis sûr pardon c'est que la démocratie c'est l'alternance et que demain il y aura forcément une alternance politique après dix années d'Emmanuel Macron est-ce qu'on veut que ce soit l'extrême gauche et les insoumis outranciers de Jean-Luc Mélenchon est-ce qu'on veut que ce soit le rabougrissement et le rassemblement national ou est-ce qu'on considère que l'alternance peut pas être dans autre chose et l'alternance elle peut s'incarner je pense par une droite de gouvernement un centre et une droite de gouvernement qui est ferme sur l'essentiel le régalien et puis qui est dynamique volontaire ambitieux innovant sur tout le reste et Laurent Wauquiez pour moi incarne cette alternance à Emmanuel Macron et je pense que même je pense que si c'est pas Laurent ce sera les extrêmes
c'était clair mais ça va mieux en le disant du coup je disais souvent à ce moment de l'émission que voilà demain c'est dimanche qu'est-ce que vous faites de votre dimanche est-ce qu'il y a un dimanche quand on est un homme politique comme ça au plus près du terrain tout le temps avec de nombreux mandats est-ce que vous arrivez à décrocher je sais que vous êtes un grand grand fan de foot vous avez beaucoup joué au foot vous jouez encore un petit peu on parle pas spécialement de l'OL est-ce que vous avez un avis sur ce qui se passe quand même aujourd'hui à l'OL
alors sur ce que je fais c'est le dimanche le dimanche c'est le terrain le dimanche c'est la vie associative c'est les manifestations sportives culturelles c'est vraiment un des jours de la semaine où on rencontre le plus de nos administrés donc on reprend les retours on sait ce qu'on a à faire dimanche demain c'est une journée un peu spéciale parce que je fête l'anniversaire de mes trois garçons donc ça va être exceptionnellement une journée quasiment totalement dédiée à ma famille parce que je vais accueillir une délégation roumaine il y aura aussi un spectacle culturel à Mornan à l'église de Mornan mais le dimanche habituellement c'est le boulot mais cette semaine c'est vraiment ma famille ça peut être un peu le foot du coup avec vos garçons est-ce que l'OL ?
l'OL je suis dépité on a un stade on a des moyens on a une équipe et on a le sentiment on a un passé
on a une histoire mais ça c'est perdu en route
oui mais je crois que l'OL va se ressaisir parce qu'il y a une âme dans ce club on a vu d'ailleurs le dernier match dimanche dernier face à Clermont-Ferrand même si à la fin du match il y a eu des sifflets pendant tout le match les supporters ont continué à encourager l'équipe et je crois moi je les appelle tous à continuer à encourager l'équipe on vit une mauvaise période mais le sport c'est tellement important pour notre ville de Lyon et l'OL c'est tellement emblématique qu'il faut vraiment qu'il faut vraiment que ça reparte
alors vous avez aussi peut-être parfois un peu le temps de lire je vous demande souvent un livre de chevet alors vous ne l'avez pas choisi au hasard qu'est-ce que vous et votre livre de chevet en ce moment
en ce moment j'ai organisé il y a une dizaine de jours une conférence débat avec l'ancien député ancien magistrat Georges Fenech et qui a écrit un livre passionnant qui s'appelle L'ensauvagement de la France la responsabilité des politiques et des juges c'est la première fois où je vois un ouvrage aussi cache aussi clair qui pointe à la fois la responsabilité Georges Fenech était à la fois un politique et à la fois un magistrat et il dit voilà moi dans mes deux fonctions je porte une part de responsabilité de ce qui se passe dans le pays aujourd'hui à la fois les politiques qui n'ont pas le courage de prendre des décisions et des juges parfois trop syndiqués trop idéologiques et du coup qui ne protègent pas de notre société
en tout cas de quoi nourrir votre délégation certainement et puis on se quitte souvent en musique aussi alors là vous avez fait un choix très classique mais très efficace ouais c'est quoi ? c'est One
de U2
qu'est-ce que ça vous évoque du coup ?
déjà je trouve que c'est très beau c'est universel c'est facile à chanter c'est facile à partager avec les amis puis c'est plein de souvenirs que moi j'ai avec mes copains j'ai une petite bande de copains on se faisait la tournée des concerts de U2 quand on était étudiant et on a l'intention de reprendre et de continuer il faut en profiter tant qu'ils sont là et c'est un groupe qui est éternel qui est incroyable
choix validé avec grand plaisir merci beaucoup d'avoir été présent à notre micro à nos FFR la semaine prochaine exceptionnellement c'est la Toussaint on n'aura pas d'émission mais on se retrouve dans 15 jours avec Philomène Récamier qui est la coprésidente du groupe écologiste à la mairie de Lyon voilà autre chose comme à chaque fois puisqu'ici on accueille tout le monde merci de votre attention bonne fin de week-end au revoir merci au revoir c'était l'invité politique du samedi sur Lyon Première en partenariat avec Lyon Positif la plateforme inspirante des acteurs engagés dans la transition du territoire retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et lyonpositif.fr écoutez votre radio Lyon Première en direct sur l'application Lyon Première lyonpremière.fr et bien sûr à Lyon sur 90.2 FM et en DAB+.
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