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interviewLe Média — Podcasts· 17 mars 2025 24 min

Macron en a marre de Bayrou : les coulisses d'un clash inévitable

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Bienvenue à toutes et à tous, vous regardez Les Indiscrets, votre rendez-vous hebdomadaire sur le média animé par Nils Vilqueux. Cette semaine, je vous présente l'émission à l'absence de notre collègue Théo. Et comme chaque semaine, nous décortiquons pour vous les aspects de la politique française, notamment grâce aux sources de Nils dans tous les partis et coalitions. Cette émission existe grâce à votre soutien, notre communauté engagée. Si vous souhaitez nous aider à continuer, vous pouvez nous soutenir en souscrivant à un abonnement ou en faisant un don mensualisé sur lemédiatv.fr slash soutien.

Et rejoignez-nous pour une information libre et véritablement d'intérêt public. Au sommaire, rien ne va plus entre Emmanuel Macron et François Bayrou. Entre le président et son premier ministre, les sujets de discorde s'accumulent. Défense, économie, prérogatives, le couple exécutif est-il au bord de la rupture ? Nils a enquêté. On parlera aussi de Sandrine Rousseau. Est-elle devenue accro aux influenceurs ? L'emblématique députée écolo, également présidente de la commission d'enquête sur les violences au cinéma, a participé à la web-télé politique de Magali Berda, puis à l'émission de l'influenceur Sam Zira.

En exclusivité, elle répond aux critiques qui lui sont faites après ce passage chez des personnalités plutôt controversées. Salut Nils. Salut Fabrice, salut à tous. Alors, le couple Macron-Bayrou au bord du divorce, il y aurait de l'eau dans le gaz entre le président et son premier ministre Nils ?

1:46
Emmanuel Macron

Oui, ça devait arriver. C'est vrai que les relations entre Macron et Bayrou sont en train de se corser. Alors, boosté par le lâchage de Trump en Ukraine et en Europe, Macron se consacre à fond à la crise internationale. C'est ce qu'il occupe à 200%. C'est ce que me confie l'un de ses proches pour le Média. Oui, mais voilà, le président s'occupe par effet ricochet aussi des affaires intérieures, ce qui agace fortement François Bayrou. Et d'ailleurs, un soutien du premier ministre me confie. Macron, c'est un peu le voisin bruyant qui occupe le hall de l'immeuble avec ses potes en permanence. Voilà donc des petits problèmes de copropriété entre l'Elysée et Matignon, la tête de l'exécutif.

C'est vrai que Macron enchaîne les réunions à l'Elysée depuis début mars sur l'Ukraine. Il a aussi lancé son offensive médiatique pour tenter de convertir les Français à l'économie de guerre. On en a largement parlé dans nos émissions, comme tu le sais, sur le Média. Et d'ailleurs, nouvelle réunion ce vendredi matin, au moment où nous enregistrons l'émission avec les chefs des industries de la défense. Le président les met sur le grill en leur demandant s'ils sont capables de fournir des armes en quantité, à quelle quantité, quelle quantité de munitions, d'équipements, à quel prix, à quel rythme, etc.

Et donc, il y a un peu ce nouveau cri de ralliement autour de la guerre qui est lancé par le chef de l'État aux Français. Regardez ici.

3:07
Locuteur 1

Pour bâtir cette économie en faveur de la paix et renforcer la défense dans un modèle européen, nous allons devoir dépenser plus d'argent public. Et donc, effectivement, ça imposera plus d'efforts.

3:18
Locuteur 10

Je ne sais pas ce que ça veut dire puiser dans l'épargne des Français, mais mobiliser l'épargne des Français pour effectivement pouvoir investir dans la défense est effectivement une piste intéressante à mettre sur la table.

3:31
Locuteur 9

Ça veut dire assumer le leadership du monde libre, puisque Trump a choisi une autre voie. Et ça veut dire, très concrètement, se mettre en mode économie de guerre.

3:39
Locuteur 2

Nous sommes dépendants parce qu'on n'a pas fait les choix stratégiques qui sont nécessaires et dont les Ukrainiens sont actuellement... Je ne dis pas que ce serait le cas dans trois ans, dans quatre ans, mais dans trois ans, dans quatre ans, ce sera peut-être tous morts.

3:50
Emmanuel Macron

Voilà, et ça coince déjà parce que le président mobilise les ministres de François Bayrou, le cornu à la défense. Bon, ça, c'est logique. Haddad, qui est l'un des proches de Macron aux affaires européennes. Mais il y a aussi Barreau aux affaires étrangères. Alors certes, il fait partie du Modem, mais il n'a pas vraiment d'affinité avec François Bayrou. Donc, Macron l'a recruté. Et puis, il y a Lombard aussi et Montchalin, qui sont pour la partie budget et économie, qui sont également mobilisés. Donc, ça fait du monde, surtout qu'on rappelle que la France reste en crise budgétaire. Donc, passer en économie de guerre, ça ne va pas de soi.

Je crois que c'est Thomas Porcher qui a dû en parler cette semaine dans le Média. Voilà, c'est quand même quelque chose d'assez tendu. Et François Bayrou en a conscience.

4:31
Présentateur

Et aussi, selon tes informations, Nils, il y a eu l'organisation d'une réunion qui a cristallisé les tensions.

4:36
Emmanuel Macron

Oui, alors, c'est Sébastien Lecornu, c'est notre ministre de la Défense, qui a tenté d'organiser une réunion sur les questions de défense et d'armement en solitaire, dans son ministère. Donc, c'est l'hôtel de Brienne, pour les néophytes, avec les présidents des groupes parlementaires, en présence de l'état-major des armées, mais sans François Bayrou. Alors, ça, ça n'a pas du tout plu au chef du gouvernement, qui, justement, est là pour cheffer, qui a piqué une crise en lisant l'information dimanche dernier dans la tribune du dimanche. Et il a appelé Sébastien Lecornu, donc son ministre, dans la foulée pour une petite mise au point qui a été faite lors d'un déjeuner à Matignon ce lundi.

Et donc, la réunion qui s'est tenue hier, jeudi, avec les chefs des groupes politiques à l'Assemblée, s'est faite au ministère de la Défense, mais avec François Bayrou, cette fois-ci. Et donc, l'un de ses soutiens, donc au Premier ministre, me dit, bah oui, c'est quand même le chef du gouvernement qui est responsable devant le Parlement, ce n'est pas le ministre de la Défense. Alors, évidemment, en arrière-plan, il y a une rivalité entre François Bayrou et Sébastien Lecornu. On rappelle que Lecornu, c'est un peu celui qui roule pour Emmanuel Macron au sein du gouvernement. Et d'ailleurs, ce n'est pas un hasard.

Le ministre de la Défense est célébré désormais pour sa rigueur et son sérieux par les éditocrates. Regardez un exemple avec Alba Ventura sur TF1.

5:55
Locuteur 3

Il est l'homme du moment, pas seulement parce que les questions de défense sont au cœur de l'actualité, aussi parce qu'il y a son tempérament. C'est un homme assez modéré, mesuré, discret. Il n'est pas forcément très charismatique au premier abord, mais il incarne une sorte de force tranquille.

6:10
Emmanuel Macron

Et bien, outre Alba Ventura, qui vante les mérites de Lecornu, notre ministre de la Défense a aussi reçu un compliment plus étonnant de Jean-Luc Mélenchon, lui-même. C'était hier sur France 2, dans l'événement, l'émission de Caroline Roux. Écoutez, le chef de la France Insoumise, ce n'est pas banal.

6:28
Locuteur 4

Je vais vous dire, le sentiment qu'il m'a donné, évidemment, c'est que lui, il y en a au moins dans ce gouvernement, s'intéresse à ce qu'il fait.

6:34
Emmanuel Macron

Voilà, alors c'est un peu le contraste et saisissant au moment où François Bayrou est lui raillé et moqué par une partie de la presse pour ses approximations, son manque d'aisance à l'oral, parfois un petit peu injustement, ce qui les bègue, quand même, rappelons-le. Mais c'est surtout pour son incroyable égo. On l'a vu raconter notamment n'importe quoi sur l'astronomie. C'était le 7 mars, lors d'une matinée organisée au Muséum national d'histoire naturelle sur les femmes en sciences. La séquence pépite a été dénichée par le Figaro. Regardez un extrait.

7:03
Locuteur 6

Un milliard, comme chacun sait ici, c'est 1 000 millions. Donc il y a entre 200 et 400 fois 1 000 millions de soleil dans le système solaire. Alors c'est assez facile pour se représenter ce que ça veut dire. Vous prenez un cube d'un mètre sur un mètre, vous le remplissez du sable le plus fin de la mer. Si je me trompe, vous me le direz. Vous le remplissez du sable le plus fin de la mer et chaque grain de sable est l'équivalent d'un soleil dans le système solaire.

7:34
Emmanuel Macron

Voilà, donc les têtes de bergers et bandes qui se retiennent de rire à gorge déployées, tout en le laissant évidemment se noyer dans ses erreurs, c'est quand même quelque chose. Alors j'en parlais avec un député du socle commun, on rappelle qu'il fait partie de la majorité qui soutient François Bayrou en principe. Si ça tombe, il ne parlait pas d'astronomie mais d'astrologie. Voilà, donc une nouvelle moquerie envers le Premier ministre et puis ça montre aussi les tensions qui existent au sein de ce groupe.

8:01
Présentateur

Mais pourquoi Bayrou s'intéresse subitement aux questions internationales ? Pourtant on sait qu'il n'a jamais montré de l'intérêt pour ce sujet.

8:09
Emmanuel Macron

Ah oui, c'est vrai, parce que François Bayrou, c'est vraiment le politique le plus chauvin qui soit en France, l'un des politiques les plus chauvins. Ce qui l'intéresse c'est sa mairie de Pau, sa région. Voilà, il continue d'ailleurs d'assister au conseil municipal de Pau, dont il est resté la ville, dont il est resté maire. Alors il y a deux raisons à mon avis au moins. Déjà les Français sont inquiets face au lâchage américain dont on parlait en introduction avec Trump et puis la menace russe quand même qui pèse sur l'Europe, sur les pays baltes.

Et donc preuve d'une préoccupation bien ancrée, il y a quand même 79% des Français sondés qui se disent inquiets face aux tensions internationales menaçant la sécurité européenne. C'est ce que révèle un sondage YouGov pour le HuffPost. Il y en a sûrement d'autres, mais c'est quand même un chiffre significatif. Ça fait plus du trois quarts des Français quand même. Et donc pour Bayrou, c'est quand même une manière d'occuper le terrain face à ses concurrents. On rappelle qu'il est obsédé comme les autres par 2027. Et oui, François Bayrou pense lui aussi à la présidentielle. Ça peut étonner, vu toutes les casseroles et les erreurs qu'il accumule devant le public.

Mais il est quand même sur les starting blocks. Alors, autre hypothèse aussi, selon moi, c'est peut-être un moyen de tenter de faire un peu oublier le scandale Bétarame qui lui colle comme le sparadrap du capitaine Haddock. On en a largement parlé sur le Média cette semaine. Et hier, le député LFI, Paul Vannier, a fait une descente au ministère de l'Éducation nationale pour faire un contrôle sur pièce et sur place dans le cadre de la commission d'enquête sur les violences à l'école, dont il est co-rapporteur. Écoutez-le.

9:41
Locuteur 5

Nous avons découvert qu'il n'existe pas, et c'est très étonnant, qu'il n'existe pas de dossier Bétarame. Il n'existe pas de dossier sur ces établissements dans lesquels des faits de violences systémiques documentés ont été par vos confrères révélés. Et nous avons compris que, concernant Bétarame, le ministère de l'Éducation nationale ne s'est saisi de cette question qu'à partir du premier article de Mediapart, le 5 février 2025, alors que beaucoup d'articles de la presse locale, de la presse nationale, du Monde du Point, par exemple, dès 2024, documentaient ces violences qui auraient dû conduire à une réaction des services du ministère de l'Éducation nationale.

10:18
Emmanuel Macron

Voilà, et donc le député LFI entend bien, comme ses collègues d'ailleurs de tous bords politiques, convoquer le premier ministre pour qu'il s'explique sur ses mensonges à Bétarame. Alors, Matignon est un petit peu cerné. Mercredi, l'entourage de Bayrou s'est dit favorable à une audition du premier ministre, mais met en garde contre une chasse à l'homme, je cite, menée par un tribunal. Et oui, Bayrou n'a pas vraiment le choix, contrairement à Macron qui bénéficie d'une immunité totale dans le cadre de la présidence de la République. Le premier ministre n'est pas couvert et va devoir se rendre devant la commission d'enquête.

Alors, j'en parlais avec des députés, des cadres, des partis politiques. Tout le monde me dit que ça va être quand même un moment hyper délicat pour lui, surtout qu'il est quand même accusé, soupçonné d'avoir menti et d'avoir omis des faits devant l'Assemblée sur ce sujet.

Alors, il y a un autre sujet qui fait que Bayrou et Macron sont en train de se friter, c'est que Bayrou voudrait se concentrer sur la situation nationale, sur le pays et notamment sur la fameuse réforme des retraites, parce qu'il ne vous aura pas échappé qu'il y a un conclave qui se déroule en ce moment entre les organisations patronales et les syndicats qui doit déterminer l'avenir de cette réforme qui est rejetée, rappelons-le, par les trois quarts des Français.

11:33
Présentateur

Et c'était d'ailleurs la condition des socialistes pour ne pas censurer le premier ministre.

11:37
Emmanuel Macron

Oui, c'est ça, c'était les conditions du deal. Et puis bon, l'EPS n'en parle plus beaucoup, sûrement parce qu'il sent que ça sent le roussi. Il ne veut pas perdre la face. Or, ce n'est pas un secret parce que Macron, lui aussi, cherche à torpiller le conclave. Et d'ailleurs, un de ses proches me disait, le président considère que ce n'est pas à la hauteur des enjeux du moment. Comprendre la guerre menace, la guerre est à nos portes. Donc, pourquoi parler de cette vulgaire réforme des retraites ? Et le message a été relayé par ses troupes cette semaine. Alors, on a eu Benjamin Haddad sur tous les fronts pour qualifier les débats sur la réforme des retraites de baroque.

Et on a eu, plus étonnant, le président du Conseil d'orientation des retraites, Gilbert Sette, qui parlait de débats dérisoires face aux risques de guerre. Alors, Gilbert Sette, c'est un proche d'Emmanuel Macron. Ceci expliquant cela, c'est tout de même bien pratique. Et c'est une petite musique qui monte depuis une semaine. Tu peux le dire. Écoutez, par exemple, Benjamin Haddad s'exprimer sur le sujet. Ce que je constate, c'est qu'on taxe plus souvent que nos voisins européens. On est le deuxième pays en Europe qui taxe le plus. Mais en revanche, on travaille moins en moyenne. C'est-à-dire qu'on a moins d'heures travaillées. Et on a un taux d'emploi qui est inférieur. Là, on a des leviers.

La question, ce n'est pas seulement est-ce qu'on taxe plus ou est-ce qu'on baisse les dépens. Mais qu'est-ce que vous dites aujourd'hui au sein du cas ? La question, c'est comment est-ce qu'on peut continuer de réformer, accélérer même le rythme de réforme de notre pays pour pouvoir créer des richesses et donc entraîner des recettes supplémentaires et faire en sorte de pouvoir financer ce dont nous avons besoin pour nous préparer, pour avoir une Europe qui est moins dépendante et notamment moins dépendante. Voilà, et donc c'est un message répercuté aux Français dans la presse régionale. Il faut briser les tabous, c'est ce qu'explique Benjamin Haddad dans La Voix du Nord ce vendredi.

Face aux défis que soulève la menace russe, l'agressivité commerciale américaine, notre ministre délégué à l'Europe assume de dire aux Français qu'il faudra travailler plus, mettre au pas l'assurance chômage, se concentrer sur le taux d'emploi et éventuellement introduire de la capitalisation dans les retraites et évidemment accélérer les réformes. Bref, une fois de plus, ça va être aux Français de payer et pas les Français les plus aisés. Et puis pour finir, il y a quand même une différence de tempérament entre Macron et Bayrou. Le Premier ministre, contrairement à notre président, ne se considère pas comme une tête brûlée.

C'est quelqu'un de prudent, de besogneux, c'est ce qu'affirme l'un de ses soutiens. Alors pour la prudence, c'est vrai. Pour la besogne, je ne suis pas sûr parce qu'il a quand même une réputation de dilettante. Et puis Bayrou est d'autant plus prudent que Macron n'a plus que deux ans de mandat, à peu près avant 2027. Et donc évidemment, il veut faire attention à son expression, à ce qu'il dit. Alors à l'Élysée, on n'est pas loin de traiter François Bayrou de lâche, tout en restant conscient qu'il faut le ménager, parce que Bayrou, à court et moyen terme, ça reste la clé de la survie politique d'Emmanuel Macron. S'il plonge, on plonge tous.

C'est ce que me confiait un proche du chef de l'État avant cette émission.

14:39
Présentateur

Autre sujet, on parle de Sandrine Rousseau qui est partout cette semaine, et notamment chez les influenceurs, ce qui lui vaut des critiques. Que se passe-t-il, Nils ?

14:48
Emmanuel Macron

Oui, alors elle est partout, effectivement, comme tu le disais, Sandrine Rousseau. La célèbre députée écolo a l'air de considérer que la présidence de la Commission sur les violences dans le cinéma et le monde de la culture ne lui suffit pas. Et là, voici, dans la nouvelle émission de la papesse de la téléréalité controversée, Magali Berda.

15:06
Présentateur

Aujourd'hui, je pars en immersion avec Sandrine Rousseau, députée de la 9e circonscription de Paris. Qu'est-ce qu'un député ? À quoi il sert ? Que va-t-il se passer aujourd'hui ? Quel est son quotidien ?

15:15
Emmanuel Macron

Avec des moments parfois un peu gênants, Berda tutoyant une députée de la République comme si c'était une copine, comme cette scène dans une voiture.

15:23
Présentateur

T'as perdu face à Yannick Jadot. Oui. Est-ce que tu aimerais devenir présidente de la République ? Alors là, tu vois, ça, c'est le moment hyper politique. Si je te dis oui, alors toute la gauche va être là. Ah, Sandrine Rousseau est candidate en 2027. Et si je te dis non, la gauche va dire, pourquoi ?

15:45
Emmanuel Macron

Voilà, on voit aussi les deux femmes participer au Nouvel An chinois dans la circo parisienne de Rousseau qui assure qu'elle est comme chez elle.

15:52
Locuteur 9

Bienvenue, on y va ! Tu habites avec tes électeurs ? J'habite au milieu de... Et quand ils te voient dans la rue comme ça, ils te reconnaissent ? Ah bah oui, oui, bien sûr, tout le temps.

16:02
Présentateur

Comme une famille ? Tout le temps. Mais au marché, les gens me demandent même des fois des... Ça va vous paraître bizarre, mais des hugs, des câlins, quoi. Ils me prennent dans les bras et me disent merci. C'est vrai ? Mais si, c'est ouf, ouais.

16:13
Emmanuel Macron

Alors qu'elle est quand même installée dans le Pas-de-Calais depuis plus de 20 ans. Mais bon, la députée écolo assume, notamment parce qu'elle a partagé la dramatique expérience du cyberharcèlement avec Magali Berda. C'est en tout cas la raison qu'elle avance à nos confrères de Hoff Investigation à qui elle a répondu, regardez.

16:30
Présentateur

Les gens qui suivent les influenceurs pour certains ne connaissent strictement rien à la politique à un point qui dépasse l'entendement. Et moi, je ne connais absolument rien des influenceurs. Il y a quelque chose à travailler de l'ordre de la rencontre indispensable entre ces deux mondes. Mais Sandrine Rousseau ne s'est pas arrêtée à cette émission en Nice.

16:48
Emmanuel Macron

Non, elle a remis le couvert, cette fois avec l'influenceur Sam Zira, qui interview quand même plutôt des starlets de second rang de la télé-réalité. Mais enfin, il a quand même reçu également Sébastien Chenu du RN ou encore Louis Boyard de LFI. Et là encore, un tutoiement de rigueur pour exagérer la proximité entre l'intervieweur et l'interviewee. Regardez la séquence.

Mais la question que j'ai, c'est, est-ce que tu peux comprendre que certains puissent voir des actions extrêmes qu'a pu avoir le rappeur Booba qu'on conduit sur une loi influenceur, etc., comme des écolos peuvent voir les actions d'un Paul Watson en faveur des baleines, qui pourtant va aller à l'encontre des règles et des lois internationales, mais va quand même tout faire pour les protéger ?

17:35
Présentateur

Les égogistes ne harcèlent pas. Enfin, tu vois, ne harcèlent pas. C'est-à-dire que les égogistes soutiennent Paul Watson.

17:46
Emmanuel Macron

Voilà. Alors, le problème, c'est que ce passage pourrait se retourner contre la députée médiatiquement parce qu'assez habilement, finalement, Zira l'interroge sur les casseroles judiciaires et le manque d'éthique de Magali Berda en général. Alors, il y a eu notamment de vilaines accusations de harcèlement contre elle quand elle était patronne de Shauna Evans, son ancienne entreprise. Travailler avec Magali Berda, c'est un enfer. Elle crie quotidiennement, insulte et rabaisse les collaborateurs. C'est ce que confier à Capital fin 2024, un ancien commercial l'ayant côtoyé et qui se souvient d'avoir vu des employés tomber en dépression et partir du jour au lendemain.

« Rémunération élevée, mais rythme de travail infernal », témoigne un autre ex-collaborateur de l'agence. Alors, ce n'est quand même pas terrible comme exemple d'intervieweuse pour la députée qui, elle, se targue dans son émission de bien traiter ses collaborateurs. Regardez. Mais il y a des situations qui conduisent aussi parfois à se rebeller et à ne pas accepter certaines choses. Est-ce que tu étais au courant qu'elle avait été accusée de protéger un de ses candidats d'agression sexuelle par d'autres candidates de sa propre agence ? Shona Evans ?

18:54
Locuteur 9

Non, ça, je ne savais pas.

18:55
Emmanuel Macron

On l'apprend, notamment dans un article de Libération. C'est une de ses candidates, Natania, qui disait « je lui répète que je ne coucherai pas avec lui, il se masturbe à côté de moi ». J'ai fini par lui tourner le dos, il s'est mis à se masturber à côté de moi. Ayant déjà subi un vieux par le passé, je me suis tétanisé, je n'ai rien dit, de peur que ça aille plus loin.

Et Libération m'a en exergue une conversation WhatsApp entre sa candidate, Natania, et Magali Berda, dans laquelle Magali Berda dit « ma chérie, le problème c'est que tu parles de branle sur les réseaux, ce n'est pas joli, tu n'as pas besoin d'aller employer des mots comme ça, je parle pour ton image, tu ne dois pas te rabaisser à ça. Montre des choses jolies sur tes réseaux, pour les marques, les partenariats et tout. »

19:35
Présentateur

C'est sorti quand ça ?

19:37
Emmanuel Macron

Ça, ça date de 2019.

19:39
Présentateur

Oui, ça je ne savais pas.

19:42
Emmanuel Macron

Voilà, et alors ce moment de gêne, finalement, dans l'émission de Zira, de la part de Sandrine Rousseau, a évidemment été repris sur X par le rappeur Booba, qui est en guerre contre Magali Berda. Alors sa plainte pour pratique commerciale trompeuse, qui avait été déposée en 2022 contre Shaona Evans, l'ancienne société de Magali Berda a été classée le 7 novembre 2024, mais ça n'empêche pas le rappeur de continuer à attaquer l'influenceuse. Voilà, donc regardez sur Twitter. Alors je ne vais pas relayer les insultes contre Berda et Sandrine Rousseau, certaines d'entre elles sont atroces, et elles sont même susceptibles de tomber sur le coup de la loi, donc ça n'a pas d'intérêt.

Mais j'ai quand même voulu comprendre pourquoi la députée écolo prenait le risque de se montrer dans ce genre d'émission, loin du monde politique classique, des médias classiques. Écoutez sa réponse pour le média.

20:33
Présentateur

C'est eux qui sont venus à moi, c'est-à-dire c'est eux qui m'ont invitée sur leur plateau. Et j'ai dit ok parce que c'est un monde auquel je parle peu d'une manière générale. Moi, l'interview avec Sam Zira, je n'ai pas trouvé que c'était une zone de confort extraordinaire pour moi. Donc il m'a posé des questions que jamais personne ne m'avait posées, je suis allée sur des terrains sur lesquels je n'étais jamais allée. Donc c'est des moments où on est obligé un peu de sortir d'une forme de train-train politique, je ne sais pas comment dire, de format politique pour aller sur des terrains qui ne sont pas les nôtres. Et en fait, ça montre un autre visage.

Les journalistes politiques traditionnels n'acceptent pas ma parole. Ils ne la supportent pas. Une partie d'entre eux, en tous les cas, ne la supportent pas. Et donc en fait, la question, c'est... Moi, je ne vais pas changer de parole parce que juste, il y a des personnes en face qui soit ne veulent pas la comprendre, soit qu'elles dérangent trop dans leur mode de vie ou je ne sais pas quoi. Et donc, à un moment, il faut que j'aille chercher aussi les personnes directement par d'autres médias.

21:44
Emmanuel Macron

Voilà, donc pour la députée Écolo, c'est la faute des médias traditionnels et des journalistes. C'est vrai, parfois, on ne peut pas le nier, elle est raillée sur les plateaux pour ses positions, parfois même par les journalistes.

21:55
Présentateur

Mais est-ce qu'elle ne risque pas sa réputation à s'afficher avec Berda ?

22:00
Emmanuel Macron

Oui, c'est vraiment un risque pour elle parce que c'est vrai que les pratiques de Magali Berda et sa manière de s'exprimer, mais pas seulement, toutes ces casseroles judiciaires dont on parlait, les affaires dans lesquelles elle trempe, sa manière même, ses incointances avec la Macronie, etc., ça risque quand même, effectivement, de lui porter préjudice à la députée Écolo. Alors que je lui ai quand même posé la question. Et évidemment, elle ramène ça au terrain féministe et elle mesure ses mots, écoutons-la.

22:28
Présentateur

Les violences faites aux femmes touchent toutes les femmes, quel que soit leur milieu, leurs opinions politiques, etc. Et en fait, moi, je défends les femmes face aux violences masculines. Et ça, je sais que c'est insupportable pour certains et certaines, mais en fait, vous n'allez pas trier dans les femmes, en fait. Il n'y a pas des femmes qui méritent d'être défendues et d'autres qui ne mériteraient pas d'être défendues. Les violences faites aux femmes sont condamnables, quelle que soit la cible sur laquelle elles s'abattent, en fait. Voilà, il n'y a pas de sujet là-dessus.

23:03
Emmanuel Macron

Voilà, donc pour Sandrine Rousseau, il n'y a pas des femmes qui méritent d'être défendues et d'autres pas. C'est une position qui peut s'entendre, prise du féminisme, mais quand même, quelle prise de risque pour une politicienne déjà si exposée.

23:17
Présentateur

Merci beaucoup, Nils, et merci à vous d'avoir regardé cette émission. Dites-nous ce que vous en avez pensé en commentaire si vous nous regardez par YouTube et via e-mail si vous nous regardez à la télévision. Partagez cette vidéo, mettez des petits pouces en haut et faites passer le message du canal 165 de la Freebox autour de vous. Et si vous le voulez bien entendu, sautez le pas, devenez sociétaire, abonné ou donateur du média en allant sur le site internet lemediatv.fr slash soutien. Restez connectés aux médias. Sous-titrage Société Radio-Canada