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InterviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 14 janvier 2026 23 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéJusticeNumériqueEurope & international

Vanessa Perrée : « Nous privilégions la piste du crime organisé sur l’assassinat d’Alain Orsoni »

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 5 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 54 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteÉludée

    Est-ce que déjà c'est un camouflet pour l'État ?

  • 1:24RelanceÉludée

    C'est un camouflet pour l'État ?

  • 1:39OuverteRéponse directe

    Pour qu'on comprenne bien, pourquoi vous êtes saisis ?

  • 2:19OuverteRéponse partielle

    Quels sont les premiers éléments dont vous disposez dans cette enquête ?

  • 3:55FerméeRéponse directe

    Il y a des témoins ?

  • 4:05OuverteRéponse partielle

    Est-ce que cet assassinat, il ne pose pas la question des moyens mis par l'État dans la lutte contre le crime organisé ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:02Invité politiqueFait
    « Alors nous, nous sommes saisis, on n'a pas été saisis. »
  • 1:49Invité politiqueFait
    « Alors on est saisis parce que c'est une des pistes, mais le parquet national antiterroriste, qui est à Paris également et avec lesquels j'ai des contacts, est en observation également sur ce sujet. »
  • 2:33Invité politiqueFait
    « Vous savez qu'on s'est saisis du chef de meurtre en bande organisée, d'association de malfaiteurs et de participation à une organisation criminelle. »
  • 5:47Invité politiqueChiffre
    « On est une équipe, pour le moment, de 34 personnes. Il y a 16 magistrats. Il y a 13 personnels de greffe. »
  • 5:59Invité politiqueFait
    « On a aussi des assistants spécialisés, c'est-à-dire des policiers, des inspecteurs des finances publiques qui vont nous aider en matière de saisie et confiscation. »
  • 11:06InvitéChiffre
    « 14 grands narcotrafiquants ont été interpellés aux Émirats Arabes Unis et extradés vers la France, selon les chiffres donnés par Gérald Darmanin, qui indique qu'il y en aurait une quinzaine à extrader. »
  • 11:20Invité politiqueChiffre
    « Alors je pense que c'est 17 même depuis un an. »
  • 14:26Invité politiqueChiffre
    « On évoque des chiffres de 6 milliards, plus de 6 milliards d'euros qui sont générés par le narcotrafic. »
  • 14:58Invité politiqueChiffre
    « les services de police et de gendarmerie et les magistrats ont saisi 1,6 milliard quasiment de... »
  • 18:06InvitéChiffre
    « Clairement, un contrat, je crois, 120 000 euros sur Snapchat. »
  • 18:50Invité politiqueFait
    « le procureur général de la Cour de cassation disait par exemple à l'audience de rentrée qu'effectivement il y avait des magistrats qui étaient sous protection, qui étaient menacés dans le cadre de narcotrafic. »
  • 19:36Invité politiqueFait
    « deux établissements qui sont pour le moment dédiés et d'autres qui vont être ouverts notamment dans le sud de la France. »
  • 20:02Invité politiqueFait
    « ce qu'on voit c'est que ça fonctionne quand même très bien puisqu'il y a moins de téléphones qui rentrent et de connexions avec l'extérieur ce qui était le but. »

Temps de parole

  • Invité politique80 %
  • Présentateur14 %
  • Invité6 %

2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Vanessa Perret. Merci beaucoup d'avoir accepté notre entretien. Vous êtes procureur national anti-criminalité organisée. Vous êtes donc à la tête du PNACO, ce nouveau parquet national anti-criminalité organisée mis en place il y a dix jours. C'est l'une des mesures phares de la loi contre le narcotrafic dont on vient de parler. On est ensemble pendant 20 minutes pour cet entretien avec la presse régionale, représentée par Fabrice Vesserre, dont du groupe EBRAS, les journaux de l'Est de la France. Bonjour Fabrice.

0:35
Invité

Bonjour Auriane, ravi de vous retrouver. Merci également Fabrice.

0:38
Présentateur

On va évidemment parler de ce PNACO, de ses missions, de ce qu'il faut en attendre. Mais d'abord, un mot puisque l'actualité, c'est que vous avez été saisie sur l'enquête, sur l'assassinat. D'Alain Orson, figure du nationalisme corse, abattue avant-hier d'une balle dans un cimetière, l'op des obsèques de sa mère. Le mode opératoire, le fait qu'il ait été abattu de cette manière, est-ce que déjà c'est un camouflet pour l'État ?

1:02
Invité politique

Alors nous, nous sommes saisis, on n'a pas été saisis. Le parquet national anticriminalité organisé s'est saisi effectivement de ces faits, au vu de la personnalité de la victime, en co-saisine avec le parquet de Marseille, la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, pour justement faire des investigations conjointes, pour permettre d'élucider cette affaire.

1:24
Présentateur

C'est un camouflet pour l'État ?

1:25
Invité politique

Alors un camouflet pour l'État, on est toujours à se dire qu'on ne souhaite pas que des gens soient assassinés de surcroît au funérail de leur mère. Les investigations vont avoir lieu et on va essayer de les résoudre.

1:39
Présentateur

Pour qu'on comprenne bien, pourquoi vous êtes saisis ? Est-ce que si vous êtes saisis, ça veut dire que vous écartez la piste politique relative au passé nationaliste d'Alain Orson, et que vous privilégiez la piste du grand banditisme ?

1:49
Invité politique

Alors on est saisis parce que c'est une des pistes, mais le parquet national antiterroriste, qui est à Paris également et avec lesquels j'ai des contacts, est en observation également sur ce sujet, en lien avec nous et avec le parquet de Marseille.

2:02
Présentateur

Ça veut dire qu'on est en saisi ultérieurement ?

2:03
Invité politique

Il est en observation, c'est-à-dire qu'il regarde si effectivement la piste aussi est une possibilité. Mais a priori, on est plutôt quand même sur le parquet national anticriminalité organisée avec la GIRS de Marseille, qui ne sont pas des structures qui traitent le terrorisme.

2:19
Présentateur

Quels sont les premiers éléments dont vous disposez dans cette enquête ? Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ce matin ?

2:23
Invité politique

Alors les premiers éléments dans cette enquête qui est en cours, je ne vais pas ici sur votre plateau les divulguer. Vous savez qu'on s'est saisis, vous savez qu'on s'est saisis du chef de meurtre en bande organisée, d'association de malfaiteurs et de participation à une organisation criminelle, qui est d'ailleurs une des mesures phares de la loi narcotrafic, qui avait été proposée par les sénateurs Blancs et Durin, puisque le sénateur Blanc me précède. Donc on s'est saisis de ces trois qualifications qui sont bien sûr en bande organisée, ce qui correspond à ce qu'on pense être l'équipe qui a pu faire ce type d'actes.

On a saisi les services de police judiciaire d'Ajaccio avec l'OCLOS, l'Office central de la Direction nationale de la police judiciaire de ces investigations. Et on a tout de suite déployé un magistrat du parquet national anticriminalité organisé, avec le parquet de Marseille aussi, sur place, sur les lieux, pour permettre de suivre de très près ces investigations. On va donc, là, on est au stade où les enquêteurs ont fait bien sûr des constatations pour expliciter la façon dont le tir a été réalisé, la façon dont ensuite les témoins peuvent être entendus, bien évidemment puisqu'il y en avait.

On est aussi en train de regarder quand sont arrivés les différents protagonistes et on va continuer les investigations avec l'autopsie qui est notamment prévue cet après-midi.

3:55
Présentateur

Il y a des témoins ?

3:56
Invité politique

Il y avait forcément des témoins parce qu'on était dans un cimetière et qu'il y avait des personnes qui étaient présentes.

4:01
Présentateur

Il y a des gens qui parlent parce que c'est aussi l'une des questions, c'est l'omerta, la difficulté à avoir des témoignages.

4:07
Invité politique

Il y a des auditions qui sont en cours par les enquêteurs.

4:11
Présentateur

Vous êtes co-saisine avec la GIRS. Comment ça se passe, justement, cette articulation entre le PNACO et la GIRS ?

4:17
Invité politique

Alors justement, c'est une mesure également phare de la loi narcotrafic qui est, à mon avis, très intéressante. Il y a une possibilité, au moins pendant l'enquête de flagrance et l'enquête préliminaire, d'être co-saisie avec les juridictions interrégionales spécialisées. C'est-à-dire qu'on fait ensemble les investigations et on peut se les partager. Par exemple, il y en a qui peuvent s'occuper des investigations sur place pendant que les autres peuvent, par exemple, être en lien avec l'international pour avoir des informations. Ça permet de partager le travail et d'essayer d'avoir un peu tout le spectre.

Ce sera très intéressant aussi, par exemple, dans les trafics de stupéfiants parce que là, c'est un meurtre en bande organisée qu'on a, et par exemple, pour le trafic de stupéfiants. Le parquet régional pourra traiter le trafic, par exemple, local, l'approvisionnement. Nous, on peut s'occuper, par exemple, du blanchiment, de toutes les investigations internationales. Donc l'idée, c'est la complémentarité d'avoir une force de frappe nationale avec le parquet national anticriminalité organisé qui coordonne et, justement, qui est en appui, en soutien des juridictions interrégionales spécialisées.

5:27
Présentateur

Est-ce que cet assassinat, il ne pose pas la question des moyens mis par l'État dans la lutte contre le crime organisé ? Est-ce qu'ils sont suffisants, notamment en Corse ?

5:35
Invité politique

Alors, les moyens mis par l'État dans la lutte contre la crime organisée, ils augmentent, notamment grâce à cette prise de conscience, à la loi narcotrafic. Le parquet national anticriminalité organisé a été créé. On est des magistrats en plus. On est une équipe, pour le moment, de 34 personnes. Il y a 16 magistrats. Il y a 13 personnels de greffe. On a aussi des assistants spécialisés, c'est-à-dire des policiers, des inspecteurs des finances publiques qui vont nous aider en matière de saisie et confiscation. On a un officier de liaison qui est gendarme.

Donc, en fait, l'idée, c'est justement d'avoir une équipe pluridisciplinaire et d'avoir des moyens supplémentaires qu'on a mis, qui sont en plus de celles des juridictions interrégionales spécialisées et des parquets locaux. C'est justement l'idée de la création de ce parquet. Et les moyens, on nous les donne aussi, puisque notamment la loi narcotrafic, mais il y a aussi un projet de loi en cours qui est porté par le gouvernement et notamment par le garde des Sceaux qui est là, va nous permettre d'avoir des outils, des moyens juridiques, légaux, pour permettre de mieux lutter. Alors, ça peut être… Il y a plusieurs dispositions.

C'est notamment des facilités d'utiliser des techniques spéciales d'enquête. C'est la possibilité de la co-saisine. C'est la possibilité de déléguer parfois des actes nous-mêmes aux parquets locaux. Le dossier coffre, pour permettre d'avoir des investigations qui soient davantage sécurisées. Donc, l'idée, justement, le gouvernement est en marche et on nous a donné des moyens supplémentaires pour lutter.

7:06
Présentateur

Et on va en parler plus généralement. Juste pour terminer sur la question corse, qui est une question particulière, est-ce que vous diriez qu'il y a une mafia en Corse aujourd'hui ?

7:13
Invité politique

En Corse, il y a des groupes criminels qui sont très organisés, très organisés, et c'est pour cette raison notamment qu'on s'est saisis. Mais vous ne parlez pas de mafia ? Je ne parle pas de mafia parce que c'est un terme qu'on n'utilise pas en France.

7:25
Invité

En Sicile, notamment d'ailleurs, certains de mes confrères ont titré sur la Sicile par rapport à ce qui s'est passé en Corse. On est sur quelque chose de comparable ?

7:32
Invité politique

Vous voulez dire sur le groupe criminel ? Oui, sur la mafia. On est sur un mode opératoire qui pose question, c'est évident, avec un groupe criminel organisé. Quand vous procédez à un assassinat d'une personne qui vient sur le territoire pour les obsèques de sa mère, c'est visiblement très organisé.

7:50
Présentateur

Non mais c'est ça, donc c'est un mode opératoire qui ressemble au mode opératoire de la mafia ou pas ?

7:53
Invité politique

C'est un mode opératoire qui peut être comparable. Mais vous partez sur cette piste ? Alors on part sur cette piste, je ne sais pas de quelle piste vous parlez, je pense que toutes les pistes sont ouvertes. Pour savoir justement, on en est au stade du début des investigations. Ça fait deux jours que ça s'est passé, donc on est sur toutes les pistes et justement on ne se ferme rien. Parce que je pense que c'est ça qui fait que l'on réussira.

8:14
Présentateur

Vous allez vous rendre en Corse ?

8:15
Invité politique

Pas en Corse, mais je vais à Marseille ce soir pour permettre justement d'évoquer notamment ce dossier avec le parquet de Marseille.

8:22
Présentateur

Alors justement, on va parler plus largement du PNACO. Puisque vous parlez de Marseille, certains avaient plaidé pour que ce PNACO soit installé à Marseille. Finalement, ça n'a pas été le cas. Vous êtes basée à Paris, pourquoi ?

8:32
Invité politique

Pourquoi on est basée à Paris ? Écoutez, c'est déjà un souhait politique, ce n'est pas moi qui l'ai choisi. À Paris, ça a du sens aussi. On a le parquet national antiterroriste qui est à Paris, on a le parquet national financier qui est à Paris. On a évidemment des interactions à faire et à avoir avec ces deux parquets pour le volet financier, pour le parquet national financier et pour le terrorisme avec le procureur national antiterroriste. Donc ça a du sens notamment en termes de continuité.

Et puis la juridiction, au départ, il y avait cette Junalco qui était une division du parquet de Paris qui se trouvait également à Paris et dont on a récupéré un stock de dossiers très conséquent puisqu'on a récupéré 170 dossiers qui venaient de Paris pour les prendre à notre compte puisqu'on a considéré qu'ils rentraient dans le portefeuille de la très grande complexité.

9:23
Présentateur

Donc c'est le nombre de dossiers dont vous occupez aujourd'hui, 170. Ce sont des dossiers de quel type ? Est-ce qu'Étienne Blanc, qu'on avait juste avant vous, le sénateur à l'origine de la loi de lutte contre le narcotrafic, il disait que ce serait bien que ce PNACO se concentre sur la lutte contre le narcotrafic et que les dossiers ne soient pas trop larges ? Est-ce que c'est le cas ?

9:40
Invité politique

Alors c'est vrai qu'au départ, la proposition sénatoriale portait sur le narcotrafic. Au cours des débats parlementaires, il a décidé d'étendre la capacité et les compétences de ce parquet national à d'autres infractions qui sont notamment le proxénétisme, les filières d'immigration clandestine, mais aussi les infractions financières qui vont évidemment avec le narcotrafic, notamment le blanchiment. Moi je pense que c'est une bonne chose qu'on ait un spectre très large parce qu'on se rend compte malheureusement qu'il y a des interactions aussi entre les différentes infractions et une porosité.

On a des narcotrafiquants qui vont investir à l'étranger, qui vont investir sur le territoire national. Ça a du sens d'être bien sûr, faire aussi les liens avec le blanchiment et justement voir ces deux volets. On a aussi des groupes criminels qui commettent d'autres infractions qui malheureusement sont multicartes avec du proxénétisme, du trafic d'armes, du blanchiment, je l'ai déjà dit. Donc pour moi ça a quand même du sens d'avoir un spectre d'infractions qui soit beaucoup plus large.

10:53
Invité

– Carice ? – Oui, dans ce registre-là, 14 grands narcotrafiquants ont été interpellés aux Émirats Arabes Unis et extradés vers la France, selon les chiffres donnés par Gérald Darmanin, qui indique qu'il y en aurait une quinzaine à extrader. On en est où de ces extraditions ? Et j'en viens à la deuxième question, sur avec quel pays collaborons-nous sur le sujet ?

11:16
Invité politique

– Alors je pense que c'est 17 même depuis un an. Les extraditions ont vraiment repris avec les Émirats Arabes Unis. Le ministre de la Justice, après sa nomination, s'est très rapidement rendu en janvier 2025 aux Émirats Arabes Unis pour reprendre les contacts. Il y avait eu un magistrat de liaison qui avait été nommé par son prédécesseur, Éric Dupond-Moretti, qui avait été mis à l'ambassade à Abu Dhabi, aux Émirats Arabes Unis. C'est un des pays avec lesquels on collabore et on doit collaborer. – Et ce n'est pas le seul. – Ce n'est pas le seul. Mais effectivement, on a beaucoup de narcotrafiquants qui se réfugient à Dubaï, qui investissent à Dubaï.

Donc on a des extraditions qui ont vraiment repris, des arrestations. Et on a même eu récemment la nouvelle que les autorités émiriennes, et c'est une très bonne nouvelle, ont gelé 82 appartements, dans le cadre d'un dossier d'ailleurs de Marseille, pour permettre justement de saisir et de confisquer ces biens. Donc on a vraiment une coopération qui s'est nettement améliorée. On a développé les liens. Moi, je l'ai beaucoup fait quand j'étais notamment directrice de l'agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués, puisque c'était vraiment ma compétence d'aller à l'étranger pour essayer de faire que les saisies internationales fonctionnent mieux.

Et je vois vraiment que la coopération s'améliore. Et bien sûr, il faut qu'on continue à ce qu'elle s'améliore, parce qu'on a bien sûr des investissements qui sont faits dans ce pays. Alors, évidemment, ce n'est pas le seul pays avec lequel on doit coopérer. On doit coopérer avec les voisins européens qui sont aussi touchés par le trafic de stupéfiants. Je parle de l'Espagne, je parle des Pays-Bas, je parle de la Belgique. Avec les pays du Maghreb aussi, où de la même façon, on a des investissements qui sont faits là-bas et des personnes qui s'y réfugient. Donc, important là aussi de s'appuyer, de coopérer, de s'appuyer notamment sur notre raison de la trafic de liaisons.

13:17
Présentateur

Elle est suffisante aujourd'hui, cette coopération européenne, internationale ?

13:19
Invité politique

Alors, européenne, ça marche bien. Les mandats d'arrêt européens, ça fonctionne. Avec l'Espagne, la coopération est très fluide. La Belgique, les Pays-Bas. On a notamment des mécanismes de coopération à Eurojust, qui est aux Pays-Bas, qui fonctionnent bien, avec des équipes communes d'enquête, avec des juges qui sont saisis et qui se parlent. Donc, ça, c'est quelque chose qui fonctionne très bien et qu'il faut qu'on continue, bien sûr, à développer. Et puis, avec les autres pays où il y a des investissements, où les gens se réfugient, on a des réseaux de magistrats de liaison qui sont là-bas à l'ambassade et qui, justement, sont là pour faire le lien. Et c'est très, très important pour nous.

Et moi, je serais très attentive à cette coopération internationale parce qu'il est évident que sans nos partenaires et européens et internationaux, on ne peut pas travailler.

14:02
Invité

Vous évoquiez l'Afrique du Nord avec l'Algérie où les relations diplomatiques sont compliquées entre Paris et Algérie.

14:08
Invité politique

On y travaille également.

14:09
Invité

Et ça fonctionne aujourd'hui ?

14:10
Invité politique

On y travaille. On a un magistral liaison qui est là-bas. Mais c'est compliqué.

14:16
Présentateur

Vous parliez des questions financières. C'est évidemment le nerf de la guerre. Aujourd'hui, le narcotrafic, il génère combien d'argent chaque année ?

14:25
Invité politique

Alors, on parle de... Vous connaissez les chiffres comme moi. On évoque des chiffres de 6 milliards, plus de 6 milliards d'euros qui sont générés par le narcotrafic. Il est évident que ça rapporte énormément d'argent. On essaye d'en saisir le maximum. Alors, tant à la fois le produit, bien évidemment, mais aussi, il faut se concentrer là-dessus, sur les flux financiers. Je vous parle de ce que je connais puisque j'étais directrice de la Grasque l'année dernière. les services de police et de gendarmerie et les magistrats ont saisi 1,6 milliard quasiment de... Alors, pas que dans le narcotrafic, mais c'est quelque chose qui est évidemment très scruté et on fait très attention.

Et moi, je souhaite vraiment avoir toujours ce double regard, à la fois s'occuper évidemment du trafic, de démanteler les réseaux, mais impérativement, il faut empêcher qu'on réinjecte de l'argent sale dans notre économie et qu'on saisisse au maximum l'argent qui est réinvesti. Est-ce que vous avez des objectifs chiffrés de saisie pour 2026 ? Alors, moi, je n'ai pas d'objectifs chiffrés, personne ne m'en a donné. En revanche, moi, je vais... On va regarder dans chaque dossier, on a mis des milléums de magistrats qui sont à la fois un magistrat qui est spécialisé en criminalité organisée et à la fois un magistrat qui est spécialisé en criminalité financière.

Donc, l'idée, c'est de regarder tous les dossiers et de reprendre même les dossiers qu'on a récupérés avec ce double regard de dire, voilà, est-ce qu'on a tiré le fil d'une société qui a investi qui a l'air d'être une coquille vide ? Comment on a pu réinvestir cet argent ? Où est passé cet argent ?

Donc, ça, c'est quelque chose vraiment que je souhaite mettre en place, d'avoir à chaque fois cette double approche à la fois criminalité organisée et financière pour permettre de lutter aussi contre cette réinjection dans notre économie d'argent sale qui sert à investir à l'étranger, qui sert à payer des personnes qui sont en séjour irrégulier et qui sont, par exemple, je ne sais pas, embauchées dans des entreprises qui, du coup, les payent en liquide, qui servent à acheter des montres de luxe, je l'ai vu notamment quand j'étais à La Grasse, des véhicules, réinvestir pour blanchir.

16:38
Présentateur

Vous n'avez pas d'objectif chiffré ? On sait que l'État mise beaucoup sur ce PNACO, c'est une des mesures phares de ce projet de loi. Est-ce qu'il vous a fixé des objectifs ? Est-ce que vous avez des objectifs dans d'autres matières généraux pour 2026 ou pas ? Quand vous voulez dire

16:54
Invité politique

l'État, vous parlez de qui ? Parce qu'en fait, comme vous le savez, il y a une séparation des pouvoirs qui est assez classique en France avec un pouvoir exécutif et une autorité judiciaire. Donc non, j'ai pas de... Après, le garde des Sceaux, bien évidemment, fait des circulaires, fait des circulaires de politique pénale et il est très attentif à ce que, un, on saisisse notamment l'argent et c'est une circulaire qui est faite à l'attention de tous les parquets et a fortiori, bien évidemment, du mien. Donc on a des objectifs de saisie, de faire attentif et d'être attentif dans les dossiers. On a des objectifs de coopération internationale.

On a des objectifs, par exemple aussi, on en parlera peut-être, de surveiller des personnes de manière très attentive dans les établissements pénitentiaires. Donc il y a quand même une politique globale, pénale, du garde des Sceaux de beaucoup insister évidemment sur ces sujets.

17:50
Invité

Justement, vous parlez des établissements pénitentiaires. Il y a cette affaire à Marseille, l'ex-directrice de la prison des Beaumet qui a été menacée par deux détenus à l'intérieur de l'établissement qui ont diffusé une offre d'emploi pour l'abattre. Clairement, un contrat, je crois, 120 000 euros sur Snapchat, je crois. Qu'est-ce que ça dit de l'univers carcéral ? Ce sont des gens qui sont identifiés, qui sont incarcérés et tout ça reste possible.

18:18
Invité politique

Alors je pense que dans votre question, il y a deux questions. Il y a d'abord les tendances qu'on voit de la criminalité organisée qui sont premièrement effectivement des menaces sur des magistrats, sur des surveillants pénitentiaires. On l'a vu dans un dossier qu'on a récupéré également, les menaces contre les établissements pénitentiaires qui au départ avaient été traités par le parquet national antiterroriste et qui avaient été récupérés par le parquet de Paris. On voit qu'effectivement qu'il y a des magistrats qui sont menacés.

Le procureur général de la Cour de cassation disait par exemple à l'audience de rentrée qu'effectivement il y avait des magistrats qui étaient sous protection, qui étaient menacés dans le cadre de narcotrafic. Donc ça, c'est la première tendance. Et puis ce que vous dites aussi, c'est la question aussi des personnes qui sont rémunérées pour des sommes parfois dérisoires, qui sont d'ailleurs recrutées sur des réseaux sociaux, sur Snapchat, sur TikTok et qui sont de plus en plus jeunes. Donc ça, c'est effectivement des grandes tendances de la criminalité organisée qui sont inquiétantes et sur lesquelles on doit absolument se projeter. c'est quelque chose qui est compliqué.

Les établissements pénitentiaires, notamment le garde des Sceaux a pris tout de suite cette mesure qui est de créer des quartiers de lutte contre la criminalité organisée qui sont des quartiers de haute sécurité avec deux établissements qui sont pour le moment dédiés et d'autres qui vont être ouverts notamment dans le sud de la France. C'est aussi pour permettre d'éviter que les personnes aient en détention des téléphones pour leur permettre justement d'essayer de recruter des personnes pour commettre des actes d'intimidation. C'est pour cette raison notamment qu'on l'a fait. Vous allez bien

19:56
Présentateur

en faire un premier bilan de ces quartiers de haute sécurité ou c'est trop tôt ?

19:59
Invité politique

Alors les quartiers de haute sécurité pour le moment ce qu'on voit c'est que ça fonctionne quand même très bien puisqu'il y a moins de téléphones qui rentrent et de connexions avec l'extérieur ce qui était le but. Après il faudra qu'on voit sur comment ça va fonctionner avec les autres qui vont être réalisés. En tous les cas ça participe au fait qu'on essaye d'éviter le type de fait épouvantable que vous citez c'est-à-dire d'avoir un contrat qui est fait depuis la prison par téléphone contre des personnes qui ne font que leur travail et ont absolument un droit à être protégées. Je crois qu'il faut qu'on soit implacable là-dessus.

On ne peut pas tolérer ce type de menace sur nos institutions et on ne peut pas tolérer non plus la corruption qui peut être aussi une des difficultés avec des téléphones qui rentrent en détention on ne sait pas trop comment. Ça peut être les familles mais pas seulement. Ça c'est quelque chose aussi sur lequel on va...

20:55
Présentateur

Est-ce qu'il faut aussi travailler sur les réseaux de l'intérieur ? Est-ce qu'il faut travailler sur la question des repentis ? Sur la question des indics ? Ça c'est des choses sur lesquelles vous allez travailler ?

21:03
Invité politique

Alors bien évidemment c'est aussi des outils qui sont très utiles et qui sont d'ailleurs dans la loi narcotrafique. Les repentis ça existe depuis 2004. Il y avait une loi qui était celle qui a créé les juridictions interrégionales spécialisées en 2004 qui prévoyait la possibilité d'utiliser et de faire des repentis comme ce qui se fait en Italie. Il y a eu un décret qui a été fait on a eu des repentis déjà vous avez eu des procès notamment médiatiques avec des repentis il faut encore développer ce système.

Il y a un décret d'application de la loi narcotrafique qui est en cours de rédaction et de finalisation au ministère de la justice et bien évidemment on utilisera aussi ces moyens puisqu'ils sont à notre disposition et que ça peut être intéressant.

21:45
Présentateur

Est-ce qu'aujourd'hui dans la question le narcotrafic c'est la principale menace sur notre sécurité selon vous ?

21:50
Invité politique

Le narcotrafic c'est une des menaces sur la sécurité des Français c'est une évidence et surtout ça gêne les Français dans leur quotidien quand vous habitez dans un immeuble et que sous votre immeuble vous avez quotidiennement des dealers qui viennent ça crée évidemment un trouble à l'ordre public ça crée et puis on a quand même une difficulté aussi de santé publique le narcotrafic c'est pas que la sécurité c'est la santé publique aussi des Français qui est mise à mal c'est des difficultés de coopération internationale c'est tout un pan de notre société plusieurs pans de notre société qui sont touchés et c'est ça qui est dramatique. Est-ce que vous ne dites pas

22:23
Présentateur

que vous attaquez une montagne avec un narcotrafic qui s'étend sur tout le territoire avec des narcotrafiquants qui ont un temps d'avance qui ont des moyens plus que vous peut-être ?

22:30
Invité politique

Alors nous on commence il y a une semaine donc je ne vais pas vous dire qu'on n'est pas allant et déterminé en tout cas on est prêt à lutter en lien avec les juridictions interrégionales.

22:42
Invité

Un dernier mot Fabrice. Oui il y a quelques semaines le narcotrafic en France a eu un nouveau visage c'est celui de Médic et Sassi à Marseille on évoquait Marseille tout à l'heure le frère du militant marseillais anti-narco qu'est-ce qu'on peut dire de cette enquête aujourd'hui ?

22:55
Invité politique

Alors cette enquête elle a été récupérée également par le Parquet national anticriminalité organisée elle avait été au départ traité par Marseille et puis par Paris et là on l'a récupérée et c'est un des dossiers bien sûr très importants et prioritaires dont on devra s'occuper.

23:09
Présentateur

Merci Vanessa Perri merci beaucoup.

23:11
Invité politique

Ah non je ne vais pas vous donner les informations sur ce dossier.

23:14
Présentateur

Merci d'avoir accepté notre invitation merci d'avoir accepté notre entretien. Fabrice merci d'avoir été là on se retrouve la semaine prochaine. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.