Macron relance le service militaire
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France Inter, le 18-20, Fabienne Sintès.
Ça fait un moment qu'Emmanuel Macron essaye de préparer les esprits. Vous avez un souvenir lointain des voeux aux armées, c'est normal, mais l'idée d'un retour d'une forme d'engagement était déjà là. Et puis l'allocution du 14 juillet, l'idée d'une transformation du service national universel était plus que dans l'air. Et comme s'il fallait au fond infuser dans la société cette idée d'un danger potentiel, une guerre jamais exclue, et que désormais nous ne pouvions plus, nous ne pouvions pas faire comme si rien ne pouvait nous arriver. Donc l'annonce d'un service militaire, volontaire, mais militaire, n'est pas vraiment une surprise.
Ce qui la plus était, c'est la sortie très commentée du chef d'état-major des armées la semaine précédente, parlant d'un pays qui doit retrouver sa force d'âme pour accepter de nous faire mal, pour protéger ce que l'on est, et accepter de perdre ses enfants. Ce qui nous intéresse ce soir, c'est votre idée à vous, de l'engagement, et c'est notre idée à tous, du pays et de la nation. On ne va pas sombrer dans la caricature de la chair à canon, parce que ce n'est pas du tout ça dont on parle, mais quelle est, dans ce pays, notre relation à l'armée, notre relation au danger, faut-il nous préparer à un danger ?
Je suis moi, de la génération, comme beaucoup d'entre vous peut-être, qui a eu 20 ans en 1989. Avec des amis, on a pris le bus, on est tous allés à Berlin faire la fête des deux côtés du mur, et on pensait qu'on avait gagné, que la démocratie désormais était contagieuse et inéluctable. La suite nous a prouvé à quel point nous nous sommes trompés. La génération qui a 20 ans aujourd'hui, c'est celle des guerres aux portes de l'Europe, c'est celle aussi, peut-être, d'un pays, l'Ukraine, qui a vu se lever sa population quand la Russie pensait l'écraser en trois jours. On va donc aussi nous interroger sur cette question. Est-ce qu'une opinion publique est une arme de dissuasion ?
Est-ce qu'il y a tout ça, au fond, derrière un service militaire volontaire ? C'est le téléphone son, mes amis, soyez les bienvenus. Le téléphone son, 01 45 24 7000. Allez, la première question, je la prends dans ma voix, elle nous arrive de WhatsApp, c'est celle de Thibaut, et elle dit ceci. Comment cette annonce peut-elle avoir un impact face à la menace si le président indique que les jeunes prêts à s'engager ne seraient pas appelés sur le front des affrontements potentiels ? Voilà ce que nous dit notre ami Thibaut, et qui nous apprend beaucoup de choses sur la manière dont les gens ont perçu l'annonce d'Emmanuel Macron.
Pour en discuter ensemble, jusqu'à 20h autour de la table, il y a Adélaïde Zulfi-Karpazik. Bonsoir. Bonsoir. C'est directrice générale du pôle société d'Ipsos BVA. Vous avez écrit avec Anne Muxel aux éditions de l'Aube, c'était en 2022, mais ça tient vraiment toujours, c'est le moins qu'on puisse dire, les Français sur le fil de l'engagement. Il y a Romain Miel-Carrèque, bonsoir. Bonsoir. C'est journaliste indépendant, spécialiste des questions de défense et chercheur à l'IPJ Paris-Dauphine. Et Jean-Michel Jacques est là également, bonsoir. Vous êtes député ensemble pour la République du Morbihan. Vous êtes le président de la Commission de la Défense Nationale et des Forces Armées.
Au fond, c'est à vous que je vais poser la question d'abord, Jean-Michel Jacques. Quand on voit la question de Thibaut qui dit, mais enfin, comment voulez-vous lutter contre la menace si on dit déjà aux jeunes qui vont s'engager que ce n'est pas pour le front qu'ils vont, ça donne quand même une idée de la manière dont ils reçoivent ce genre d'annonce. Il l'associe immédiatement à s'engager, c'est aller faire la guerre.
Oui, mais c'est une erreur parce que l'engagement n'est pas fait pour ça. L'engagement est fait pour améliorer la résilience de notre pays. Et d'ailleurs, il a différentes formes d'engagement. Il existe déjà des engagements très forts. Et je pense, par exemple, à nos pompiers volontaires, aux gens qui s'engagent dans la Croix-Rouge, qui sont volontaires pour faire des activités dans la protection civile, dans les protections communales aussi, dans les réserves communales de sécurité communale. En fait, l'engagement a multiple formes. Et ce n'est pas pour faire la guerre. Là, c'est pour renforcer, en tout cas, l'outil de défense qu'a notre nation, c'est-à-dire nos armées.
Ça veut dire quoi, améliorer la résilience ? Est-ce que quelqu'un peut m'aider à donner une définition ? Est-ce que vous pouvez nous définir, Romain Miel-Carré, ce que c'est qu'améliorer la résilience d'un pays aujourd'hui ?
C'est exactement ce que dit le chef d'état-major des armées la semaine dernière. C'est-à-dire que si le pays, la nation, encaisse des coups, il s'agit de pouvoir s'en relever le plus vite possible. Je voulais juste rebondir sur cette question de, est-ce que ça peut être dissuasif de mobiliser plus de gens en disant qu'on ne les enverra pas sur le front ?
Comment les mobiliser ? C'est d'avoir un discours qui mêle la nation et l'armée, en fait. Est-ce que ça parle à nos ennemis potentiels ?
Et c'est là où, justement, dans l'affrontement rhétorique entre la Russie et les démocraties européennes, on ne va pas viser le même adversaire. Les Russes visent massivement les opinions publiques européennes parce que c'est là qu'est le centre de décision. C'est là qu'il faut faire vaciller la détermination. Alors que les Européens, eux, vont viser les dirigeants russes. Ils ne vont pas chercher à faire peur à l'opinion russe qui, de toute façon, ne nous entend pas.
Mais les dirigeants, eux, ils savent très bien que si on commence à prendre l'habitude de former même assez simplement quelques dizaines de milliers, quelques centaines de milliers à l'échelle européenne de militaires, ça augmente d'autant les effectifs potentiels de ce qu'ils auront en phase 2 s'ils décidaient de passer à l'action.
C'est ça, résilience, peut-être. Ce que je comprends, moi, et vous allez nous aider, peut-être, Zulfi Karpasik, là-dessus, avec ce que vous savez des jeunes que vous avez pu interroger et que vous interrogez sûrement encore, et pour rebondir sur ce que dit Romain Miel-Karek, la manière dont la Russie nous attaque aujourd'hui, pas directement, si je puis dire, c'est la désinformation, c'est cette espèce de guerre hybride, c'est la guerre informationnelle, c'est tout ça. Et on se dit, au fond, qu'elle doit être là, notre résilience, c'est que peut-être que ces jeunes-là, c'est avant tout à ça qu'ils servent.
Quant à vous, ils parlent d'engagement, ils vous parlent de quel type d'engagement, en fait ? Est-ce qu'ils vous disent s'engager, comment s'engager à l'époque, et comment faisait son service obligatoire ? Est-ce qu'ils perçoivent aussi différentes formes
qui peuvent être celles que je viens de citer ? Alors, il y a deux éléments de réponse à votre question. La première, c'est qu'effectivement, les jeunes sont à l'avant-garde d'un mouvement de transformation de l'engagement qu'on observe depuis maintenant plusieurs années. Ce mouvement, c'est un rétrécissement un peu spatio-temporel, si je puis dire, de l'engagement. Avant, on s'engageait dans la durée, pour une cause d'une vie. Aujourd'hui, on s'engage sur une durée plus courte. Et on s'engageait pour une cause collective. Aujourd'hui, on s'engage plus pour quelque chose qui nous touche personnellement. Donc, il y a une transformation de l'engagement.
Il y a une transformation des formes de l'engagement. Et effectivement, dans ces formes de l'engagement qui sont de plus en plus individuelles, les jeunes, là aussi, sont à la pointe puisqu'ils vont être plus nombreux à s'engager, notamment via les réseaux sociaux. On peut discuter de est-ce que c'est vraiment un engagement ? Mais en tout cas, ils vont partager des avis, republier, alerter, etc. Donc, effectivement, j'ai envie de vous répondre, oui, les jeunes sont effectivement dans cette transformation de l'engagement et donc des formes aussi de riposte qu'on peut avoir à ce que vous évoquiez en parlant presque de propagande russe, entre guillemets.
Mais en même temps, ces mêmes jeunes nous disent qu'ils sont plutôt, ils adhèrent plutôt à l'idée d'un service militaire. Ils sont prêts, on a posé la question dans l'ouvrage que vous citiez avec Anne Muxel il y a maintenant deux ou trois ans. Très étonnamment, des pourcentages qui sont assez hauts. Exactement. Les jeunes, comme les Français et un tout petit peu moindres, nous disaient, oui, je suis prêt à m'engager pour défendre mon pays et je suis même prêt à m'engager pour mourir pour mon pays. Alors, on était à un Français sur deux, 40% à peu près des plus jeunes. Mais donc, c'est pas seulement, c'est aussi cet engagement tel qu'il existait à l'époque.
Et j'aimerais juste, pour terminer, je pense que cette juxtaposition des deux formes d'engagement un peu plus traditionnelles et un peu plus modernes, elle tient aussi au fait que cette génération, ces jeunes dont on parle, vous l'avez dit un peu en introduction, c'est la génération, effectivement, qui grandit avec la guerre aux portes de l'Europe, qui a grandi aussi avec le Bataclan. C'est des jeunes qui avaient 10 ans en 2015 et qui ont grandi avec cette idée qu'il faut protéger notre territoire.
C'est la question que j'allais vous poser, Jean-Michel Jacques. Est-ce que vous avez le sentiment qu'on est effectivement dans une génération qui a fait le deuil de la paix, en fait, contrairement à la nôtre, ou qui doit faire le deuil de la paix si elle doit le faire ? Est-ce que c'est ça aussi, au fond, le message qu'on envoie quand on réinstaure doucement un service militaire ? Est-ce que le message subliminal, en quelque sorte, c'est quelque chose qui dit qu'il faut de toute façon faire le deuil de la paix ?
Oui, mais en fait, il faut regarder tout simplement le monde qui nous entoure avec lucidité et de façon froide. Et si on l'analyse, et on le voit bien, que tout ce que l'on observe, nos services de renseignement, la réalité de l'actualité, on est dans un monde qui est déstabilisé sous le plan géostratégique, sur le plan sociétal aussi, d'ailleurs. Et ça, nos jeunes ne le ressentent. Et effectivement, c'est une génération qui a vécu dans le terrorisme à travers les événements du Bataclan, effectivement, et puis qui a connu aussi le Covid, la crise du Covid, qui est une forme aussi d'agression face à une nation, qui est sous forme sanitaire, mais ça reste une forme d'agression.
Et donc, c'est une génération qui se rend compte des dangers et qui ne veut pas se laisser juste subir, mais qui veut participer.
Il y a quelque chose qui me frappe, Romain Mielcarré, qu'on retournera au standard dans un tout petit instant juste après. Au fond, c'est le vocabulaire, en fait. J'ai l'impression que pendant très longtemps, on a sorti le mot guerre de notre vocabulaire et pour autant, il y en avait et même la France a été déployée. Il y a des soldats qui sont morts ces 10 et ces 20 dernières années. Il y en a même un certain nombre. On a parlé d'opérations extérieures, on a parlé de crises ici et là.
C'est comme si, depuis quelque temps, peut-être que le marqueur, c'est 2015, mais peut-être qu'il y en a un autre, peut-être que c'est beaucoup plus récent et c'est 2022, mais comme si, subitement, on remettait guerre dans notre vocabulaire.
Je suis forcément un peu biaisé parce que moi, j'ai fait toute ma carrière en travaillant sur ce sujet. donc ça a toujours été omniprésent dans mon quotidien. La République française est une république fondamentalement guerrière et militaire. Elle a systématiquement, au moins depuis la fin de la guerre froide, été engagée militairement dans toutes sortes de conflits et d'affrontements et juste pour rappeler quand même les chiffres, avant qu'on parle même de ce dont on est en train de parler aujourd'hui, les armées, c'est 200 000 personnes. Vous rajoutez à peu près 40 000 réservistes. l'industrie de l'armement, donc ceux qui fabriquent les armes, c'est encore plus de 200 000 personnes.
Donc juste les gens qui vivent de la guerre en permanence au quotidien en France, c'est un demi-million de personnes. Vous rajoutez tout l'écosystème autour, les familles, les villes, etc. Tout ça fait partie de notre quotidien. Mais effectivement, on n'en parlait pas, on ne regardait pas ces sujets-là pendant longtemps. Alors, quand il y a le Bataclan, on se met à en reparler un petit peu et puis ça redescend rapidement. 2022, tout d'un coup, tout le monde redécouvre ces réalités. Pendant un an à peu près où tout le monde est un peu inquiet et puis pareil, on reprend l'habitude.
Laissez-moi reprendre une activité.
Là, on en repart le séjour-ci. Je ne sais pas si dans un mois, on sera toujours aussi préoccupés par ces questions-là.
Retour aux standards, c'est Christophe qui nous y attend. Bonsoir Christophe. Merci, bonsoir. On vous écoute Christophe.
On entend en fait que l'armée ne servirait pas à faire la guerre, mais c'est quand même le but premier de l'armée, soit disant la défense. Il n'y a que des armées pour défendre et bizarrement, il y a des guerres. Et moi, ce que je voulais savoir, en fait, c'est le coût que ça pourrait représenter. On nous a parlé de 3 000 engagés volontaires. Est-ce que c'est réellement 3 000 ? Est-ce que ça pourrait être plus ? Combien ça pourrait coûter ? Et puis, il y a d'anciennes casernes qu'ont servie. Est-ce qu'elles sont encore en état ? Est-ce qu'elles pourraient rénover les bâtiments ? Pour quel coût ?
Merci beaucoup, Christophe, pour vos questions. On peut y répondre l'une après l'autre. D'abord, le coût ?
Alors, le coût, l'évaluation a été faite, en tout cas pour les premières années, sachant qu'on va commencer par 3 000 volontaires au début, mais ça irait dans les 2,3 milliards à peu près, de 2026 à 2030.
Après 10 000, 50 000, ça monte très haut.
Ça monte très vite. Voilà. Mais dans un premier temps, ce qui est tout à fait raisonnable pour un budget quand même de la nation, sachant que c'est le sujet le plus régalien, qui est quand même la défense d'un pays, parce qu'il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas de pays, il n'y a pas de nation, il n'y a même pas de modèle de société, s'il ne peut pas se protéger et s'il n'a pas de défense et d'armée.
Il a raison, notre auditeur, le service militaire n'existe plus depuis 1996, des casernes en ont fermé beaucoup, il y en a beaucoup qui sont partis aussi plus ou moins à l'abandon. Ça donne quand même une idée, et ça rejoint peut-être ce que vous disiez, Romain Miel-Carré, que ça donne une idée de où on avait laissé l'armée, en fait, et où il faut aller récupérer les morceaux, si je puis dire, ne serait-ce qu'effectivement pour accueillir, former, nourrir, enfin tout quoi.
Alors effectivement, c'est un ensemble, et puis d'avoir des conditions de vie qui soient suffisamment correctes pour que les gens ne soient pas démotivés au bout de quelques mois. Ça a été un chantier assez important de Florence Parly lorsqu'elle a été ministre des armées qui a relancé tout un tas d'investissements pour justement que le quotidien des militaires soit plus acceptable. et cette question des infrastructures, c'est aussi l'un des aspects qui fait qu'on ne parle pas et on ne parlera pas à moyen terme de mobiliser toute une génération parce que tout simplement, il n'y a nulle part où les ranger.
Donc pourquoi il y a une remontée en puissance qui va se faire progressivement au fil des années ? C'est aussi parce qu'il faut trouver des endroits où loger ces jeunes, retrouver aussi de l'encadrement parce qu'il va falloir pendant les dix mois où ils seront en train de servir qu'il y ait des sous-officiers, des officiers qui puissent les encadrer et tout ça, ça va demander une évolution de l'organisation et c'est pour ça aussi que le premier contingent ne fera que de 3 000 hommes et femmes.
Et femmes d'ailleurs. Adélique Zulfik-Karpazik, de ce que vous avez, vous, travaillé, de ce que vous voyez et même des derniers sondages d'ailleurs, est-ce que vous vous dites que ça va être facile 3 000 jeunes gens ou pas ? Ça semble plutôt facile. Alors, je... Il y a tout le monde qui fait oui avec la tête
autour de la tête. Ils sont tous hyper confiants. Non mais c'est vrai, c'est en lien avec ce que j'évoquais précédemment sur cet engagement et cette fibre patriotique. Je peux le dire comme ça qu'on observe, y compris chez les jeunes de manière générale chez les Français. Et quand on pose la question, on a fait un sondage en amont de l'annonce du président de la République mais on savait ce qui se tramait. Quand on demande aux Français s'ils adhèrent au principe en tout cas de la mise en œuvre d'un service militaire volontaire, ils sont 6 sur 10 à y être favorables. Les jeunes sont un peu plus partagés mais ils sont néanmoins chez les 18-24 ans 43% y être favorables.
Donc 43% des jeunes qui y est favorables, ça ne veut pas dire qu'eux-mêmes ont l'intention de le faire mais je pense que 3000 jeunes on les trouvera.
Il y a une adhésion de principe et globalement d'ailleurs quand vous prenez un petit peu de recul au-delà de la question du service militaire volontaire et quand on questionnait justement déjà au printemps dernier Ypsos Béa avait posé la question dans d'autres sondages au moment où on parlait de réarmer l'Europe toujours dans ce contexte-là, globalement les Français en général et les jeunes en particulier sont favorables au rétablissement du service militaire sous une forme ou d'une autre donc 3000 jeunes en plus j'ajoute dans ces autres enquêtes qu'on a pu réaliser qu'il y a une bonne image des armées en général chez les Français et chez les jeunes en particulier et on voit d'ailleurs que sur les questions de recrutement globalement il y a plutôt là aussi une bonne image des métiers de l'armée qui sont des métiers qui évoluent qui font appel à d'autres compétences l'IA etc
donc je pense qu'on trouvera 3000 jeunes. Alors c'est intéressant effectivement dans votre sondage celui qui est le plus récent comme vous dites puisqu'on savait exactement ce qu'il y avait dans l'air on voit bien que les 65 ans et plus sont très très élevés quand on leur demande s'ils sont favorables ou pas à un retour de service militaire même volontaire et nous aussi on en a au standard forcément et c'est votre cas Stéphane bonsoir Oui bonsoir On vous écoute
Merci de me recevoir Oui donc Stéphane moi j'ai 63 ans donc je ne suis pas du tout concerné par les propositions du président de Macron mais ma suggestion c'est de ne pas se limiter à ces jeunes qu'on pourrait former pour augmenter les effectifs de l'armée il faudrait faire appel à toutes sortes de compétences y compris des gens qui sont à la retraite comme moi pour aider si possible je ne sais pas sous quelle forme mais je pense qu'il y a un effort à faire et moi j'attends des propositions je suis prêt à y aller quoi je voudrais juste terminer par deux trucs qui sont bateaux mais on est toujours qui veut la paix et prépare la guerre n'est-ce pas tout le monde le connaît et puis il y a l'aphorisme de Winston Churchill qui disait un pays qui oublie son histoire et qu'on en a à la revivre j'aimerais bien que l'Europe ne revise pas ce qu'elle a vécu il y a 70 ans
Merci beaucoup pour votre intervention Stéphane ça vous a fait sourire Jean-Michel Jacques et je vous ai surtout vu faire il faut utiliser ces gens-là
Oui bien sûr et pour monsieur qui souhaite s'engager et bravo à lui déjà il y a plusieurs formes de réserve notre pays a bien besoin d'une réserve militaire donc qu'on a élargie lors de la dernière loi de programmation militaire on a permis d'élargir jusqu'à 72 ans pour les spécialistes style médecin ou chercheurs qui peuvent apporter beaucoup mais donc c'est pour vous dire que l'armée s'ouvre tout de même à toutes sortes de spécialités et à tout âge et au-delà de l'armée il y a des réserves citoyennes dans les communes différentes formes de réserves donc on peut trouver toujours une forme d'engagement pour son pays Moi j'aimerais savoir
on a les chiffres d'Adélaïde Zulfi Carfazic pour les jeunes on entend aussi un certain nombre qui sont moins jeunes j'aimerais savoir jusqu'à quel point nous dans ce pays désormais nous avons intégré le risque élevé de menaces ou pas vous disiez tout à l'heure Romain Mielcarré que ça monte et ça descend il y a un moment où effectivement on s'en rend compte parce que je ne sais pas il se passe quelque chose de particulier dans l'actualité peut-être qu'un moment de paix ratée ou de choses comme ça et puis on oublie et puis on y revient mais globalement aujourd'hui l'intégration du risque élevé sur une échelle de 1,10 il est où en fait à votre avis ?
je ne vais pas me lancer dans du pifomètre surtout à côté d'une professionnelle des sondages je trouve que l'élément qui montre bien la difficulté qu'on a à aborder ces questions-là c'est les polémiques qu'il y a eu autour du discours du général Mandon le chef d'état-major des armées la semaine dernière où quand il dit il y a une menace russe s'il y avait un engagement de haute intensité face à une invasion russe et bien nos militaires d'actifs on ne parle pas de gens qui seraient mobilisés on parle de gens qui sont déjà engagés il y aurait des morts et comment la société appréhende ça ce discours-là il a été dit par tous les chefs d'état-major des différentes armées et par le prédécesseur du général Mandon le général Burkhard depuis au moins 2022 avec les mêmes mots vous voulez dire
le mot sacrifier vos enfants parce que c'est ça aussi il n'y a pas eu cette formule précise là
mais le fond est le même alors que que certains soient interpellés par cette formule je l'entends que des gens notamment des élus qui travaillent sur ces questions en permanence soient interpellés alors que c'est le fond du débat depuis encore une fois au moins trois ans mais les militaires travaillent sur ces sujets-là depuis plus tôt que ça pour moi c'est quand même un indicateur qu'on a du mal à vraiment discuter de choses qu'on a sous les yeux
je vous ai vu réagir Adèle-Edoufi Carpazic vous allez pouvoir répondre et j'ai une petite mezzanine à ma question également ce serait de vous demander aussi est-ce que vous calculez ça on est quand même dans un moment de grosse défiance politique en ce moment en France et le sens de ma question c'est ça c'est Emmanuel Macron qui le demande c'est le président de la République on est dans ce moment de défiance est-ce que ça compte est-ce que ça modifie les chiffres est-ce qu'on passe au-delà ou est-ce que au contraire parce qu'on est dans ce moment-là on a des réponses qui sont totalement différentes de celles que nous aurions eues peut-être il y a trois ans ou dans trois ans vous pouvez d'abord répondre à ce que disait Romain à l'instant je vous en prie j'allais compléter
ce que disait Romain effectivement à propos de on a mesuré effectivement la réaction des français à ces déclarations et certes ils trouvent que les propos l'expression sacrifier nos enfants étaient exagérés pour 6 français sur 10 mais néanmoins 4 français sur 10 nous disent que il faut quand même entendre cette menace et que je reprends la formulation exact 41% des français pensent que c'est utile pour affirmer une posture de fermeté et préparer les esprits donc il y a quand même une compréhension des français de l'enjeu et donc ça ne fait rien de faire le point avec votre médezanine exactement
quand c'est Emmanuel Macron qui le demande en gros est-ce qu'on entend j'irai pas mourir pour Macron c'est ça que ça veut dire en fait non je ne crois pas
je n'ai pas l'impression parce qu'on voit justement les chiffres de l'adhésion au rétablissement du service militaire le fait que les gens nous disent c'est un peu exagéré dans le choix des propos ce qu'a dit le chef d'état-major mais néanmoins il faut s'y préparer donc peut-être qu'on aurait des taux d'adhésion encore plus élevés si ce n'était pas Emmanuel Macron mais globalement et d'ailleurs si on fait un petit un retour en arrière alors le contexte n'était pas exactement le même Emmanuel Macron n'avait pas la même popularité mais avant sa réélection il avait aussi une popularité relativement faible je dirais autour de 40% des français seulement qui avaient une bonne image de lui et il y a eu rappelons-nous l'élection présidentielle 2022 quasiment pas de campagne parce que c'était le début de la guerre en Ukraine et donc il y a eu un espèce d'effet bloc autour du chef d'état comme c'est souvent le cas quand il s'agit de questions internationales les français savent faire la part des choses Jean-Michel Jacques et puis retour au standard
oui pour l'expression nos enfants il faut bien prendre ce terme surtout la bouche d'un militaire nos enfants sacrifiés c'est nos enfants sacrifiés mais enfin vous voulez dire c'est des mots de militaires il parle pas des enfants il parle en fait de militaires et qui parfois peuvent avoir 40 ans 50 ans mais ça reste les enfants de France c'est les paroles marseillaises surtout exactement voilà
enfants de la patrie Jean est avec nous bonsoir Jean
oui bonsoir
on vous écoute Jean
17 ans Jean comment ?
17 ans c'est ça ?
oui c'est ça ok et j'ai fait en fait une préparation militaire marine donc à Lille et ça se déroulait en fait c'était un samedi sur deux un peu plus un peu moins et là on apprenait vraiment les bases de la marine nationale mais aussi de l'armée en général donc c'est à dire se déplacer les valeurs que nous inclut l'armée et on a pu aussi faire deux stages donc une au Sansub à Sisson donc c'est un camp militaire pour apprendre là on a eu la chance de pouvoir tirer de faire des parcours d'obstacles des courantations des marches de nuit où là on était vraiment dans une ambiance militaire de l'armée de terre puisque c'est un camp de l'armée de terre on était en treillis et on marchait au pas et aussi à Brest on a pu monter sur des navires on a pu visiter et voir plusieurs corps de la marine nationale
est-ce que ça veut dire Jean que le service tel qu'il vient d'être annoncé c'est exactement pour vous ou est-ce que vous êtes déjà de toute façon vous à un niveau supérieur et vous savez que vous allez entrer dans l'armée en fait
alors je pourrais le faire mais je suis quand même persuadé que je vais rentrer dans l'armée plus particulièrement la gendarmerie mais oui effectivement je pourrais le faire et j'aurais pu le faire si j'avais eu l'âge et je pourrais le faire encore s'il était né
Merci beaucoup Jean je signale avec la phrase chance de pouvoir tirer vous avez fait péter le groupe WhatsApp qui s'est mis à exploser comme un sympa de Noël merci beaucoup est-ce qu'au fond le genre qu'on entend d'Elaïd Zulfi Carpazic il est assez conforme à certains des jeunes gens que vous avez pu croiser au fil de vos sondages en fait ou est-ce que là aussi on est un peu dans un cran au-dessus
Oui il y a peut-être un cran au-dessus parce qu'effectivement il a passé le stade du déclaratif si je puis dire on voit effectivement que ça fait sens avec cette notion à la fois d'engagement pour la France parce que les notions de patrie et de nation qui sont les passéistes ne le sont pas en réalité
Il y a ces mots-là qui peuvent sembler désués la patrie, la nation etc. mais moi je voudrais savoir surtout pourquoi ils s'engagent parce qu'en vous lisant c'est plutôt intéressant le mot patrie le mot nation il arrive mais ce qui arrive surtout c'est le mot collectivité le mot liberté individuelle il y a des mots comme ça quand même qui arrivent et pas seulement donc le mot nation et patrie
Non et les mots nation et patrie n'arrivent pas en tant que tel mais en revanche c'est ce qu'il y a derrière cette nation de France et d'ailleurs on parlait tout à l'heure on parlait de la Marseillaise il y a un instant on avait questionné les Français et les jeunes sur quels étaient les symboles de la République auxquels ils étaient les plus attachés et devant la Marseillaise devant le drapeau devant tout autre symbole c'est d'abord la devise républicaine liberté, égalité, fraternité et parmi toutes les valeurs qui sont dans cette devise parmi les trois valeurs c'est la liberté qui suscite le plus fort attachement y compris chez les jeunes et donc si les jeunes effectivement témoignent de cet engagement qui reflète une certaine idée du patriotisme c'est parce qu'ils ont envie aussi de défendre ce qu'il y a derrière et la France c'est des libertés individuelles c'est la démocratie qu'on n'a pas dans certains pays Romain Mielcaraque Juste un mot sur l'enthousiasme peut-être un peu maladroit sur le rapport aux armes qui peut donner l'impression à beaucoup que les militaires ou les jeunes qui voudraient s'engager Moi j'ai entendu
un jeune garçon très réfléchi et j'entends bien
Peut être un peu tout feu tout flamme Moi j'ai servi pendant dix ans dans la réserve opérationnelle de l'armée terre donc j'ai fait de l'instruction au tir et donc on a des jeunes qui réagissent de plein de manières différentes qui parfois vont être très enthousiastes très excités apeurés face à l'objet ce qui est important c'est de bien avoir en tête que le rôle de l'encadrement et ce que fait l'encadrement lorsqu'il forme des jeunes c'est de bien expliquer que ce que l'on a entre les mains ce sont bien des armes que ce sont des objets des outils qui sont dangereux et que la première des choses à avoir en tête c'est sécurité responsabilité et globalement on a très vite des armes entre les mains mais on s'en sert de manière très responsable
Jean-Michel Jacques ce service et c'est ce qu'ont connu les personnes qui ont fait de la réserve ou qui ont fait leur service dans le passé c'est aussi un moment d'émancipation de découverte de soi-même aussi typiquement quand on utilise des armes il y a toutes ces émotions qui viennent d'être décrites et qu'on surpasse et donc c'est la découverte du collectif c'est la découverte de valeurs communes et après finalement le patriotisme arrive dans un second plan mais je crois que la motivation première de tous ces jeunes c'est l'envie de se découvrir et de découvrir d'autres personnes dans un milieu qui les sortent de leur quotidien et c'est ce qui fait que beaucoup s'engagent je pense beaucoup de jeunes vont vers ce genre d'activité parce que c'est l'âge où on a envie de tout ça
alors on est forcément aussi en train de faire peur à beaucoup de gens qui nous écoutent et beaucoup de nos auditeurs et c'est le cas de Catherine qui est avec nous bonsoir Catherine
oui bonsoir on vous écoute oui avant de poser ma question je voudrais quand même dire juste à votre invité avant qu'il parlait des jeunes qui veulent découvrir enfin la guerre c'est pas un cours d'aquarelle et on sait bien qu'il y a quand même beaucoup de traumatisés qui en reviennent ma question c'était on essaye de mobiliser des jeunes pour une éventuelle guerre ça y est c'est clair mais est-ce qu'on pourrait pas essayer je pense qu'il serait beaucoup plus investi de les mobiliser pour la paix
qu'est-ce qu'on répond on peut pas dire à Catherine Calator il vaut mieux mobiliser pour la paix que mobiliser pour la guerre
alors mais en fait déjà les jeunes on les prépare pas à la guerre quand on fait le service national c'est pas ça on les prépare à être dans le collectif et à se mobiliser pour défendre notre pays c'est pas pour aller faire la guerre c'est pour défendre notre pays et par ailleurs tous ces jeunes de toute façon souhaitent la paix aussi enfin tous les gens vous parlez aux militaires qui sont en activité ne cherchent pas la guerre ils cherchent à défendre leur pays donc c'est un prisme que madame a en se disant un militaire forcément c'est fait pour faire la guerre non c'est fait pour défendre la paix c'est comme d'ailleurs un policier c'est un gardien de la paix c'est pas quelqu'un qui va faire du mal à qui que ce soit et donc c'est un prisme qui est respectable mais qui je pense ne représente pas celui de l'ensemble de notre pays
ce qu'entend notre auditrice et ce qu'entendent beaucoup de gens qui nous envoient des messages là au standard c'est ils entendent une espèce de dramatisation des choses ça veut dire que est-ce qu'on n'a pas les bons mots c'est à vous que je vais poser la question Adèle Zulfi Carpazic est-ce que ça veut dire qu'on n'a pas et quand je dis on c'est aussi ceux des représentants de l'armée ceux du président de la république les mots ne sont pas les bons ou est-ce qu'au contraire il faut mettre les mots sur les choses
c'est difficile de répondre à cette question désolé c'est compliqué comme question j'allais dire mais en plus il y a une forme ce qui peut paraître antinomique parce que ce que dit l'auditrice et ce qu'on expliquait à l'instant les deux sont très corrélés on a à la fois des français qui sont majoritairement en adéquation avec le principe de retour d'un service militaire volontaire et en même temps une très large majorité de français qui nous disent qu'en aucun cas ils veulent qu'on envoie des troupes en Ukraine ça c'est certain donc effectivement il n'y a pas forcément une perception d'un service militaire comme étant parce qu'on va envoyer nos enfants à la guerre donc je voulais aussi le préciser parce que c'est important donc les deux peuvent coexister et effectivement sur le choix des mots quel qu'il soit il y a un effort de pédagogie effectivement expliquer à quoi sert ce service militaire qu'est-ce qu'on vise comme objectif c'est important
Il y a Alain qui nous pose cette question c'est peut-être pour vous Romain Miel-Carrèque qui nous dit depuis de nombreuses années les médias nous prévenaient que la prochaine guerre serait nucléaire ou ne serait pas et maintenant on recrute quasiment des fantassins mais comment est-ce qu'on peut expliquer ça comment répond Alain ?
Et bien il faut comprendre à quoi servent les différents outils qui composent finalement un système de défense c'est-à-dire qu'effectivement une arme nucléaire et un fantassin ça ne sert pas à faire la même chose l'arme nucléaire elle sert à s'assurer que les intérêts les centres vitaux de la nation ne puissent pas être menacés le scénario que tout le monde anticipe si la Russie devait aller plus loin contre les Européens c'est qu'en fait s'ils mettent un pied quelque part dans l'est de l'Europe qu'ils n'aillent pas très loin et que donc on ne soit pas sur cette question des intérêts vitaux si les Russes occupent quelques dizaines de kilomètres carrés d'Estonie qu'est-ce qui se passe ?
On ne va pas se mettre à envoyer des armes nucléaires dans tous les sens pour des kilomètres carrés de plaine où il n'y a rien et donc là la question c'est comment on fait pour sortir l'envahisseur du terrain où il est et les outils en face de ça ce n'est pas des armes nucléaires les armes nucléaires elles servent à une chose c'est s'assurer que si une puissance arrivait jusque dans plusieurs capitales européennes par exemple on puisse vraiment lui faire comprendre que ça ce n'est pas possible
Et on le sait d'autant Jean-Michel Jacques qu'on la voit la guerre en Ukraine elle est filmée dans tous les sens et on voit parfois qu'elle a des allures de guerre de tranchée je peux comprendre ce que ça peut provoquer chez les gens de se dire est-ce que c'est ça et ça c'est sale c'est moche il y a des jeunes qui meurent c'est ça que ça veut dire la guerre il ne faut jamais oublier ce qu'il y a derrière
Bien sûr mais ça n'a aucun lien avec notre service national de ce soir où les jeunes eux seront sur le territoire français ça a bien été précisé et n'iront en aucun cas sur ce genre de combat ça sera réservé à notre armée de professionnels
Jacques vous nous attendez depuis un moment je m'en excuse et on vous écoute avec plaisir
Merci de prendre mon appel voilà donc moi j'ai 64 ans j'ai fait mon service militaire dans les années 80 je l'ai fait à l'époque en tant qu'aspirant et à ce titre je me suis retrouvé à la fin de mon service militaire comme officier de réserve au bout d'un an j'ai été convoqué pour une période de réserve où on m'a dit ben voilà vous allez aller à tel endroit qui serait l'endroit où vous seriez affecté en cas de conflit donc je rappelle qu'à l'époque dans les années 80 le système de défense était basé uniquement sur une armée de conscription le mur de Berlin n'était pas tombé donc l'ennemi c'était la Russie je suis allé à Bourg-en-Bresse nous étions une dizaine de réservistes on nous a emmené dans des hangars on nous a dit ben voilà le matériel dont vous disposeriez en cas de conflit on s'est tous regardé on a dit mais ce matériel on l'a jamais utilisé ça date de la deuxième guerre mondiale on ne le connait pas on ne l'a pas utilisé on ne saurait rien faire avec là dessus un de mes collègues a posé la question qui était la cerise sur le gâteau il a dit vous pouvez me dire où sont les camions pour transporter tout ce matériel et là le gradé de nous répondre nous n'avons pas de camions on ferait appel à la réquisition c'est-à-dire exactement le schéma de 1939 donc la question que je pose aujourd'hui dans un cadre d'armée de conscription qui était le cas dans les années 80 c'était chronique d'une catastrophe annoncée il faut bien le dire on aurait tenu deux jours aujourd'hui c'est bien beau on dit on va prendre des jeunes on va les former mais si vous avez des jeunes formés que vous n'avez rien derrière ça sert à quoi ?
est-ce qu'on est aujourd'hui en capacité de quasiment d'avoir toute l'infrastructure pour en cas de conflit faire que ces jeunes soient totalement efficaces ça c'est la première question rapidement Jacques s'il vous plaît je suis très surpris parce qu'aujourd'hui on voit ce qui se passe en Ukraine on est quand même sur des guerres hyper technologiques est-ce qu'aujourd'hui la solution ne serait pas plutôt d'essayer de quitter tous les bons ingénieurs qu'on a en France pour leur faire rentrer dans l'industrie de l'armement de façon à être performant de ce côté-là est-ce que ce n'est pas plus utile que des fantassins dont on n'est pas sûr qu'ils aient de quoi se combattre c'est l'objet de ma question
merci beaucoup mais on a bien entendu et c'est très clair merci Jacques Jean-Michel Jacques vous voulez répondre et je vous en prie allez-y pardon il vous reste peu de temps mais allez-y
le témoignage de monsieur illustre bien à quel point il ne fallait surtout pas refaire un service militaire comme on l'a connu et comme monsieur l'a connu parce que c'était effectivement on pouvait se retrouver sur un système qui n'avait pas les moyens finalement de faire correctement les choses
surtout toute ma génération a appris à conduire des camions et la belle affaire non mais très honnêtement
certains ont passé quand même de bons services et enrichissances mais effectivement beaucoup ce n'était pas très intéressant et donc il est important d'avoir une réserve comme évoquait monsieur qui soit bien équipée qui soit complètement intégrée à l'armée de métiers mais aussi en plus de ça ce service national qui permettra à nos jeunes d'être correctement équipés et d'avoir vraiment une belle formation et donc cette cohérence est très importante
dans le sous-texte si je puis dire Romain Mielcarex de la question c'est à quoi elle ressemble notre armée ou est-ce qu'il ne faut pas se dépêcher de la rendre un peu plus première armée d'Europe plus efficace qu'elle ne l'est c'était aussi le sens de la question de Jacques je pense
alors moi je ne partirai pas sur le cocorico je ne serai plus nuancé mais effectivement en fait un outil militaire c'est très complexe et très diversifié et donc un outil militaire c'est à la fois des pilotes de rafale des gens qui vont utiliser des drones des médecins mais c'est aussi des fantassins des conducteurs de camions des mécaniciens et des gens qui portent des caisses il faut un peu de tout ça et ce n'est pas forcément avoir beaucoup beaucoup beaucoup de gens y compris en Ukraine ils n'ont pas mobilisé l'ensemble de la population ils sont assez sélectifs ils essaient surtout d'avoir des gens compétents déterminés qui sont prêts à les remplir des missions qui sont de plus en plus techniques
ce que j'ai entendu aussi très très rapidement s'il vous plaît ce que j'ai entendu aussi dans les questionnements c'est est-ce que nous savons exactement à quoi ressemble notre armée c'est plutôt à vous que je vais poser la question à Dalil Zulfi-Karpazik les jeunes que vous interviewez est-ce que vous avez l'impression qu'ils savent ce que c'est l'armée à quoi ça ressemble où ils mettent les pieds ou est-ce qu'on est dans une espèce d'idée un peu diffuse finalement
je pense que l'idée elle est assez diffuse après on n'a pas posé de questions aussi précises que ça mais quand je vois les challenges auxquels fait face notamment l'armée de terre pour recruter je me réfère à une campagne de communication qui sont faites récemment pour dire l'armée de terre c'est aussi des métiers comme informaticien je pense qu'il y a effectivement peut-être un fantasme en tout cas un hiatus entre la réalité et l'imaginaire projeté par les jeunes allez merci les amis merci à tous les droits merci à tous pour vos nombreuses questions
Emmanuel Macron