Le gouvernement n'assume pas ses erreurs ! - Sébastien Chenu (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse partielle
Sébastien Chenu, bonsoir.
- 0:11OuverteRéponse directe
Quels sont les enjeux de cette soirée ?
- 0:51OuverteRéponse partielle
Quelle est l'esprit de l'intervention de Marine Le Pen ?
- 1:26OuverteRéponse directe
Beaucoup de choses semblent chaotiques, qu'en pensez-vous ?
- 2:15OuverteRéponse directe
Mauvaise manière du gouvernement selon vous ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Quels impôts, pour qui ? Entrons-nous dans une période de matraquage fiscal ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueFait
« Ce soir, la gauche a décidé de déposer une motion de rejet, c'est-à-dire rejeter le débat budgétaire. »
- 0:33Invité politiqueFait
« Nous ne voterons pas, nous, le RN, cette motion de rejet, parce que nous voulons faire la lumière, en particulier sur l'état de nos finances. »
- 0:43Invité politiqueFait
« nos propositions pour des économies et moins d'impôts, c'est-à-dire l'inverse du gouvernement Barnier. »
- 1:08Invité politiqueFait
« Michel Barnier n'est pas sur un budget de rupture, il est sur un budget de continuité du macronisme. »
- 1:13Invité politiqueFait
« très très peu d'économies, rien sur le train de vie de l'État, pas de réforme, la continuité. »
- 2:33Invité politiqueFait
« Cette désinvolture avec laquelle le gouvernement traite la représentation nationale, en envoyant un document de 200 pages à étudier la veille des débats budgétaires. »
- 4:20Invité politiqueFait
« Michel Barnier pourrait choisir de laisser amender le budget, de façon à ce que 70% de prélèvement et 30% de dépenses soient inversés. »
- 5:19Invité politiqueFait
« cette semaine où j'étais, c'est la désindexation des retraites. Le report de l'augmentation des retraites est insupportable, inacceptable. »
- 5:35Invité politiqueFait
« vous ne touchez pas à des tabous, celui de l'immigration, je l'ai cité, mais il y en a d'autres, vous ne pouvez pas demander aux Français de se serrer la ceinture. »
- 5:57Invité politiqueChiffre
« l'OFCE le dit. C'est un organisme, évidemment, indépendant, qui dit que le projet de budget de Michel Barnier va nous faire perdre des points de croissance. »
- 7:32Invité politiqueChiffre
« Ça fait 50 ans qu'on n'a pas voté un budget en équilibre, en France. »
- 8:43Invité politiqueFait
« Nous, on a réussi à faire voter un amendement pour empêcher la hausse des tarifs de l'électricité. »
- 11:32Invité politiqueFait
« Nous, on fait des propositions qui permettent de lutter contre la rente, contre l'argent qui ne bénéficie pas à l'économie. »
- 11:41Invité politiqueChiffre
« Sur les rachats d'actions, c'est près de 9 milliards d'euros à aller chercher. »
- 13:11Invité politiqueFait
« le cessez-le-feu n'a de sens, à mon avis, que si on va dans un projet, si on avance sur un projet de rétablissement d'une autorité démocratique au Liban. »
- 14:04Invité politiqueFait
« Le Hezbollah politique est reconnu comme organisation terroriste par d'autres pays, particulièrement les États-Unis. La branche armée est une organisation terroriste. »
- 14:29Invité politiqueFait
« en tous les cas, je pense qu'on se rapprocherait effectivement de ça. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu67 %
- Présentateur27 %
- Invité3 %
- Invité 23 %
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Sébastien Chenu, bonsoir. Bonsoir, monsieur. Vous êtes le vice-président du RN, député du Nord. Vous allez repartir dans quelques instants pour l'Assemblée nationale. C'est une longue soirée qui commence dans des circonstances de tensions historiques. Cette recherche de milliards de solutions à la situation dramatique de la France. Un mot là-dessus, simplement, sur l'enjeu de la soirée, là, de ces prochaines heures.
L'enjeu, c'est que le débat existe. Ce soir, la gauche a décidé de déposer une motion de rejet, c'est-à-dire rejeter le débat budgétaire. Nous ne voterons pas, nous, le RN, cette motion de rejet, parce que nous voulons faire la lumière, en particulier sur l'état de nos finances, le dérapage, mais aussi sur la capacité à montrer que nous avons d'autres solutions, nos propositions pour des économies et moins d'impôts, c'est-à-dire l'inverse du gouvernement Barnier.
Marine Le Pen va s'exprimer dans quelques instants. L'esprit de ce qu'elle va dire, qu'est-ce que c'est ?
Écoutez, elle ne m'a pas fait de confidence, mais Marine Le Pen a toujours à cœur de défendre l'intérêt des Français, leur pouvoir d'achat, et c'était un slogan de sa campagne, rendre aux Français leur argent. Et là, dans la période qui s'ouvre, je crois que c'est très pertinent, parce que Michel Barnier n'est pas sur un budget de rupture, il est sur un budget de continuité du macronisme, très très peu d'économies, rien sur le train de vie de l'État, pas de réforme, la continuité, et en revanche, il demande aux Français, les ménages et les entreprises, tellement d'efforts que ce budget devient évidemment insupportable.
Beaucoup de choses semblent chaotiques au cours de ces événements et au cours de cette soirée. Écoutez, Yael Broun-Pivet, qui parle de ce qu'est estimé, disons, la désorganisation du fait que les députés ont reçu simplement les documents trop tard.
La date de ce débat est connue depuis deux semaines. Le plan devait nous être communiqué le 15 octobre au plus tard. Il ne l'a pas été. Il a fallu que je m'implique personnellement vendredi pour que ce débat soit maintenu et que les documents nécessaires à sa bonne tenue nous soient transmis. Nous avons finalement reçu hier un projet de plan. Je vous remercie, M. les ministres, pour cette transmission. Il n'en demeure pas moins que la communication aussi tardive, un dimanche, à la veille du débat d'un document provisoire, n'est pas satisfaisante.
M. Lecornu, est-ce qu'il y a eu, selon vous, mauvaise manière du gouvernement ? M. Lecornu vient après moi. Ah oui, M. Chenu, pardon de vous confondre. Je savais que vous alliez vous tromper, je vous l'avais dit. C'est les Sébastiens. Et ce n'est pas en ma faveur. Ah, alors ça, chacun jugera. On lui posera la question tout à l'heure. Alors, Sébastien, je ne sais pas sérieusement. Elle a raison et elle a raison.
Bien sûr qu'elle a raison, la présidente de l'Assemblée nationale. Cette désinvolture avec laquelle le gouvernement traite la représentation nationale, en envoyant un document de 200 pages à étudier la veille des débats budgétaires. Je veux dire, ça participe de la même chose, de la même logique, que le fait de vouloir planquer les causes du dérapage budgétaire. Ce sont des gens qui ont quand même quelque chose d'irresponsable en eux. On nous les avait vendus comme étant des Mozart, des Orfèvres, etc. Et voilà des amateurs, et voilà des gens qui planquent leurs responsabilités. Tout ça n'est pas sérieux.
En bon français, ce n'est pas la première fois que c'est un peu bordélique. Dans ce genre d'opération, vous savez comme moi, dans l'histoire parlementaire, ce n'est pas la première fois.
Avec la Macronie, ça l'est très régulièrement. Mais là, derrière, c'est pire parce qu'on sent bien que ce gouvernement est mal à l'aise. Ils ont raison d'être mal à l'aise. Ils savent qu'ils ont fait déraper les finances publiques. Ils savent qu'ils ont une immense responsabilité dans le mur budgétaire qui est devant nous. Et visiblement, débattre, visiblement informer la représentation nationale, assumer des responsabilités, ça les fait plutôt fuir. J'allais dire, il est beau le Nouveau Monde qu'on nous avait vendu. Il est vraiment pire que l'ancien. Vous avez pu lire les 200 pages ? Non, parce que je ne suis pas à la commission des finances. Donc je n'ai pas été destinataire.
Ça vous désintéresse pas. Mes camarades l'ont fait. Et je dois dire qu'ils ont siégé tous les soirs la semaine dernière jusqu'à minuit. Ils ont travaillé tout le week-end pour aujourd'hui, évidemment, ce soir siéger encore. Nous allons tous siéger. Et pour débattre du budget de la France, sincèrement, notre pays mérite autre chose.
On va parler dans quelques instants du fonds. Quels impôts, pour qui, est-ce qu'on entre dans une période de matraquage fiscal ? Et d'ailleurs, on soulignera bien que ce n'est pas la faute seulement de tel ou tel. C'est une ancienneté dans laquelle beaucoup, on leur part, et tous les gouvernements, et beaucoup de collectivités publiques, etc. Mais un mot encore sur la machinerie parlementaire. Est-ce que le 49-3 est inévitable ? Le 49-3 est évitable, bien sûr.
Michel Barnier pourrait choisir de laisser amender le budget, de façon à ce que 70% de prélèvement et 30% de dépenses soient inversés, qu'il y ait beaucoup plus d'économies sur l'État, sur son train de vie, sur les réformes, sur l'immigration, sur l'Union européenne, là où nous le demandons, et puis qu'on prélève moins sur le dos des Français. Oui, Michel Barnier pourrait inverser cette logique. Et du coup, s'il l'inversait, il n'aurait pas besoin d'avoir recours au 49-3. Mais visiblement, il n'est pas parti pour le faire. Il préfère demander 70% de dépenses supplémentaires et 30% d'économies, ce qui n'est pas acceptable.
Quel sera, pour vous, le critère de la motion de censure, votée ou non ? Celui-ci est déjà un critère. C'est-à-dire qu'à partir du moment où on demande aux Français de se serrer la ceinture, et que l'État n'est pas capable de montrer l'exemple, c'est un premier critère. Je vous donne un exemple, moi, qui m'a beaucoup interpellé dans ma circonscription, cette semaine où j'étais, c'est la désindexation des retraites. Le report de l'augmentation des retraites est insupportable, inacceptable.
Vous ne pouvez pas demander aux Français de se serrer la ceinture, quand, de l'autre côté, vous laissez l'Union européenne, enfin la France augmenter sa contribution à l'Union européenne, plus 8%, lorsque vous ne touchez pas à des tabous, celui de l'immigration, je l'ai cité, mais il y en a d'autres, vous ne pouvez pas demander aux Français de se serrer la ceinture. Ça, la désindexation, le report de l'augmentation des retraites est inacceptable.
Est-ce qu'on est entré dans la drogue de l'impôt ? Est-ce que d'une manière ou d'une autre, en réalité, l'engrenage est lancé ?
Oui, et d'ailleurs, l'OFCE le dit. C'est un organisme, évidemment, indépendant, qui dit que le projet de budget de Michel Barnier va nous faire perdre des points de croissance. C'est-à-dire que ce projet va impacter les ménages, probablement leur consommation, va impacter les PME, les TPE, leur capacité à embaucher, à remplir leur carnet de commandes, et que tout ça va ralentir notre croissance. Nous, nous croyons en la croissance. Jean-Dame Bardella l'a rappelé, d'ailleurs, ce matin, dans une interview intéressante du Figaro. Nous croyons à la croissance.
Il nous faut de la croissance dans ce pays pour créer de l'emploi, pour être dynamique, pour être concurrentiel, pour pouvoir regagner des marchés à l'international, et pour pouvoir réindustrialiser le pays, l'inverse de ce gouvernement, qui laisse partir, évidemment, par exemple, le Doliprane.
Et est-ce qu'il y a eu, pour vous, une dissimulation volontaire de la part de plusieurs ? On verra, on verra tout à l'heure de qui, mais est-ce qu'il y a eu, selon vous, une dissimulation volontaire ?
Il y a deux scénarii, où ils n'ont pas été capables d'avoir des prévisions qui étaient efficientes. Enfin, ils se sont trompés dans leurs prévisions, et donc ce sont des nuls, des gens qui se sont présentés devant les Français en experts, et qui, à la fin, ont besoin d'être guidés, de revoir leur cours d'économie. C'est l'économie pour les nuls. Alors, ou ils ont raté leurs prévisions, ou alors, ils ont sciemment caché aux Français, parce qu'il y avait des enjeux électoraux, politiciens, et peut-être même les deux, finalement.
Peut-être que c'est parce qu'ils sont très mauvais, nuls, qu'ils ont fait déraper nos finances, qu'ils ont voulu cacher, dans une période électorale, aux Français, le résultat. Vous savez, ça fait 50 ans qu'on n'a pas voté un budget en équilibre, en France. Contrairement aux collectivités, parce que c'est facile de balancer ça sur le dos des collectivités. Les mairies, par exemple, sont obligées de voter un budget en équilibre. Ça fait 50 ans qu'on n'a pas voté un budget en équilibre. Donc, il y a des responsabilités anciennes. Mais ça a été l'accélération de la déconstruction des finances publiques sous Emmanuel Macron. Ils ont fait n'importe quoi.
Les conséquences. Le Finiero rapporte les propos, notamment, de M. Bompard, disant « Si j'ai moins de compétitivité, j'investis moins dans les magasins et dans les baisses de prix, et je crée moins d'emplois. » On a l'impression qu'on découvre à quel point le patronat est en train de parler d'un effet domino de bonne ou de mauvaise foi sur l'emploi, sur les prix, sur les prix à la consommation, et simplement aussi sur le fait que les plus fortunés échapperont de fait à l'impôt.
Mais c'est toujours ça, en fait. Finalement, ceux qui vont se retrouver dans la difficulté, ce n'est peut-être pas Carrefour en tant que tel et M. Bompard, qui fera peut-être moins de marge, mais ils ont l'air insolides. Mais c'est les sous-traitants. Ce sont les petites boîtes, les petites PME, celles qui créent de l'emploi. Ce sont elles qui, évidemment, vont être beaucoup plus impactées. Ceux qui vont être impactés, ce sont ceux qui peuvent voir. Nous, on a réussi à faire voter un amendement pour empêcher la hausse des tarifs de l'électricité. Mais ça va revenir en hémicycle. Ça, c'était en commission. Il faut que les Français sachent.
On va d'abord en commission, puis après, le vrai vote, c'est en hémicycle. On a empêché la hausse de l'électricité, mais ça, ça impactera tous les Français, tous les foyers français. Même chose pour le malus de l'automobile. On a réussi à empêcher cela, mais ça va revenir en hémicycle. Si, malheureusement, le vote ne va pas dans le même sens, tous les Français qui ont une voiture seront impactés.
Merci d'être avec nous. L'événement politique est sur LCI. Ce soir, l'examen du projet de loi de finances, dans des circonstances aussi dramatiques pour les finances de la France, diversité des points de vue, on l'a entendu précédemment, avec Coquerel. Ce soir, avec vous, Sébastien Chenu, vice-président du RN, député du Nord. On a évoqué la mécanique parlementaire. Venons-en aux effets de ce qui va se passer hier sur notre antenne. Monsieur Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, dénonçait le fait qu'à la fin, ce sont les classes moyennes qui paieront. Il disait, écoutez-le, tout ça se reportera sur les prix que le consommateur paiera.
C'est évidemment les consommateurs sur lesquels seront répercutés ces impôts. C'est évident. Ce sont un impôt pour un gestionnaire d'entreprise, qu'il bénéficie à l'actionnaire ou qu'il soit pris au niveau de l'entreprise, c'est un coût de production. Je pense qu'aujourd'hui, d'abord, quand les riches payent, les pauvres trinquent. Et moi, je suis persuadé que, vous voyez bien, d'ailleurs, dans toutes les petites mesures qui accompagnent, c'est des grandes mesures pour les consommateurs.
Sébastien Chenu, a-t-il raison ? Bien sûr qu'il a raison. Bien sûr que ce sont les Français qui ne défilent pas, d'ailleurs. Parce qu'évidemment, si les retraités ne voient pas leur pension augmenter, il y a peu de chances qu'ils aillent brûler des voitures et casser. Et donc, c'est un peu une solution de paresse, de facilité, d'aller chercher l'argent dans les poches des retraités, des petits retraités. Moi, quand je suis dans les banquets des retraités, comme j'y étais ce week-end, à Ayrin, ou dans d'autres communes de ma circonscription, les retraités ne roulent pas sur l'or.
Et pourtant, ce sont eux qui ne vont pas pouvoir avoir 30, 40, 50 euros d'augmentation qui leur permettent d'améliorer leur vie et leur quotidien.
Certains diront, les riches font de la résistance. On entend depuis quelques jours les patrons dire, c'est l'emploi qui trinquera. Un certain nombre de très fortunés dire, de toute façon, il y aura l'optimisation fiscale, il y aura l'exil fiscal. Et là, on entend en plus, tout ça se reportera sur le consommateur. Comme si, en réalité, ils ne voulaient pas payer.
Mais la réalité, c'est qu'en fait, ce budget, il est mal construit. Puisqu'il est injuste, il n'y a pas de colonne vertébrale, il n'y a pas de logique, c'est du rabotage.
À ce compte-là, on exclut toute justice fiscale. Parce qu'à un moment donné, si on veut faire payer les plus fortunés, il faut bien passer par là.
Mais bien sûr, et nous, on fait des propositions qui permettent de lutter contre la rente, contre l'argent qui ne bénéficie pas à l'économie, qui ne permet pas de faire circuler, qui ne circule pas dans l'économie réelle. Donc on a fait des propositions, que ce soit notre impôt sur la fortune financière, notre taxation sur les sur-profits, sur les rachats d'actions. Il y a de quoi aller chercher. Sur les rachats d'actions, c'est près de 9 milliards d'euros à aller chercher. Enfin, je veux dire, tout ça est faisable rapidement. Le gouvernement, pour l'instant, ne bouge pas. Sébastien Lecornu, on va parler... Je le faisais toujours.
Décidément, pardon. Il vient, rassurez-vous, il arrive. Il va arriver, il va arriver dans quelques minutes. C'est un bon teasing. On va parler de l'étranger. D'ailleurs, quelques questions à vous aussi. Mais d'abord, une question qui concerne Marion Maréchal. Elle va nous rejoindre sur ce plateau. On ne sait plus très bien quels sont vos liens. Vous, Eren, Marion Maréchal, qui a un lien historique avec vous. Quel message vous lui adressez ? Elle vous répondra dans quelques instants sur notre antenne.
D'abord, peut-être qu'on est content de la voir revenir, j'allais dire, dans cette grande famille qui se prépare à conquérir le pouvoir. Mais ça n'est pas ce qu'elle fait. Elle a créé son propre parti. Oui, mais elle est en relation avec nous. Elle est en lien avec nous. Elle dit, elle, qu'elle est en coalition. Le mot n'est peut-être pas très juste. Mais en tous les cas, c'est avec nous qu'elle a choisi de travailler. Mais moi, la question que je lui poserai, c'est si elle ne regrette pas d'avoir failli faire manquer à Marine Le Pen un second tour face à Emmanuel Macron. Parce que Zemmour aurait fait un point de plus et Marine un point de moins.
C'était Jean-Luc Mélenchon qui se retrouvait face à Emmanuel Macron. Et les conséquences de la division, il faut toujours les mesurer.
La question lui sera transmise. La situation internationale, on va longuement la développer dans quelques instants avec le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, ce qui se passe notamment au Liban. Puisque en ce moment même, les bombardements israéliens se poursuivent d'une très grande intensité. La France demande un cessez-le-feu au Liban. Est-ce aussi votre message ?
Mais le cessez-le-feu n'a de sens, à mon avis, que si on va dans un projet, si on avance sur un projet de rétablissement d'une autorité démocratique au Liban. C'est-à-dire s'il y a un volet politique. Aujourd'hui, un cessez-le-feu tout court vis-à-vis face au Hezbollah, sans avoir imaginé le volet politique, n'a pas de sens. Ça veut dire en l'État, non ? En l'État, ça n'a pas de sens. J'ajoute que... Donc là, votre position est différente de celle de la France. Bien sûr, mais je ne veux pas parasiter, enfin, c'est pas nous, notre but, c'est pas de parasiter le discours de la France.
On donne, vous me posez une question, je vous donne notre opinion, tout comme je pense que la libération des otages doit être l'alpha et l'oméga de toute entreprise qui viserait à arrêter le conflit.
L'opinion se divise aussi ici en France sur la question du Hezbollah. Il faut rappeler la particularité de la France qui ne reconnaît pas le Hezbollah branche politique comme une organisation terroriste. Est-ce que vous partagez ce point de vue ?
Le Hezbollah politique est reconnu comme organisation terroriste par d'autres pays, particulièrement les États-Unis. La branche armée est une organisation terroriste. Et nous, nous considérons qu'effectivement, ce sont des adversaires, des adversaires en premier lieu pour Israël, dont ils veulent l'élimination. C'est le bras armé de l'Iran, en réalité, le Hezbollah. Et par conséquent, ce sont des adversaires politiques. Ça veut dire, pardon, que vous, au pouvoir, le Hezbollah serait classé organisation terroriste ? Écoutez, en tous les cas, je pense qu'on se rapprocherait effectivement de ça. Oui, c'est la perception qu'on a du Hezbollah, c'est celle-ci, effectivement.
Mais moi, ce que je regrette, si vous voulez, c'est que le discours du président de la République ne soit pas clair dans ce domaine-là. Israël est un pays ami. Quand on a un pays ami, on lui témoigne de son soutien en ami et avec des propos amicaux. Certains diront que c'est la grande tradition gaulliste de l'équilibre, de la puissance d'équilibre. Non, non. Ça a été l'ambiguïté diplomatique, à un moment, que revendiquait sur un autre sujet diplomatique Emmanuel Macron avec l'Ukraine. Mais cette ambiguïté diplomatique avec Israël, non seulement n'est pas possible, n'est pas acceptable, mais elle désespère nos amis israéliens.
Sébastien Chenu