L'interview éco. R. Lebrun, directeur général de Fleury Michon : "Avec les grandes surfaces, rien n'a changé"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:16OuverteRéponse partielle
Vous venez de terminer les négociations annuelles avec la grande distribution. Vous avez négocié vos tarifs, est-ce que vos jambons et vos autres produits vont être vendus plus cher ou moins cher ?
- 1:43OuverteRéponse directe
Qu'avez-vous obtenu, Régis Lebrun ?
- 2:17RelanceRéponse directe
Mais vous avez demandé combien et combien avez-vous obtenu ?
- 2:36FerméeRéponse directe
Vous avez vendu et vous vendez vos produits moins chers que l'an dernier ?
- 2:46FerméeRéponse partielle
De quel ordre le brin cette année ?
- 3:06OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça veut dire pour les producteurs qui sont au bout de la chaîne ? Est-ce qu'ils vont être davantage rétribués ou est-ce que finalement, c'est eux qui vont payer ce système ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:45InvitéChiffre
« Les hausses de matières premières, le jambon par exemple, il a augmenté de 22% entre janvier 2016 et janvier 2017. »
- 2:19InvitéChiffre
« La hausse qui a été présentée, elle était de l'ordre de 3 à 4% au moment de la négociation. »
- 2:38InvitéFait
« Ça fait plusieurs années qu'on vend moins cher. Depuis 2009, depuis le début de la guerre des prix, on a accumulé des baisses de prix. »
- 3:29InvitéFait
« On est au bout d'un système. Et que finalement, au bout de 5 ou 6 ans de guerre des prix, les marchés en volume n'ont pas augmenté. »
- 4:54InvitéPromesse
« Fleury-Michon, quand Fleury-Michon prend un engagement, il le tient, quel que soit le sujet. »
- 5:23InvitéFait
« Ce qu'on a fait n'est pas suffisant. Ça, on en est d'accord. On a été les premiers, on a été les seuls. »
- 5:40InvitéPromesse
« Nous, on va aller plus loin parce que les attentes du consommateur, elles sont bien supérieures à ça. »
- 6:45InvitéPromesse
« Quel que soit le système qui serait choisi, nous l'appliquerions immédiatement. »
Temps de parole
- Invité70 %
- Présentateur23 %
- ?6 %
≈ 38,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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L
'invité écho du 17-20, Jean-Lemarie, vous recevez le leader français de la charcuterie industrielle. Bonsoir Régis Lebrun. Bonsoir. Vous êtes directeur général de Fleury-Michon, vous venez de terminer les négociations annuelles avec la grande distribution. Vous avez négocié vos tarifs, est-ce que vos jambons et vos autres produits vont être vendus
plus
cher ou moins cher, Régis Lebrun
? Alors
sur les prix de vente aux consommateurs, je ne le sais pas, puisqu'ils sont librement fixés par chacun des clients.
Ce
que je peux
dire,
c'est que ces négociations ont été compliquées, elles se sont déroulées dans un climat de forte tension,
parce
qu'on est maintenant au bout d'un système, on est dans une consommation qui n'évolue pas, et chacun essaie de préserver ses marges,
et
ça passe par des négociations très difficiles. Est-ce que ça a été plus difficile que ces dernières années
?
Oui, chaque année, chaque année.
Parce que les grandes
surfaces disent qu
'on
est arrivé à un moment où chacun sait que le système ne
peut
pas continuer,
il
faut essayer que chacun soit raisonnable. Ce n
'est
pas le cas ?
Oui, mais
on
est raisonnable.
C
'est-à-dire que nous, en tant qu'industriels, fabricants de produits alimentaires, de jambons, de plats cuisinés, ce que nous demandons en fait, quand nous nous présentons dans les négociations face à nos clients, qui d'ailleurs saluent notre action, notre performance, la qualité de nos produits, nos innovations, ce qu'on demande tout simplement, c'est de pouvoir répercuter les hausses de matières premières. Et rien que ça. Qu'est
-ce
que vous avez demandé cette année ? Qu'est
-ce
que
vous avez obtenu, Régis Lebrun ?
Eh bien, les hausses de matières premières, le jambon par exemple, il a augmenté de 22% entre janvier 2016 et janvier 2017. Ça, c'est le cours du port ? Le cours du jambon. Le cours du port, c'est à peu près la même chose. Mais nous, on achète en fait des jambons, on n'achète pas des ports entiers. Donc, ce qu'on a demandé, c'est la répercussion de ces hausses. Donc,
vous
avez demandé sur le jambon à être payé 22
% de plus
par les grandes surfaces ?
Non, ça, c'est la hausse du coût de la matière. Ensuite, elle est transformée, il y a de la main-d'œuvre qui est ajoutée.
Ce que je comprends,
mais vous avez demandé combien et combien avez-vous obtenu ?
La hausse qui a été présentée, elle était de l'ordre de 3 à 4% au moment de la négociation. Et malheureusement, on n'a pas réussi à passer cette hausse-là parce qu'ils sont dans une bagarre féroce pour les parts de marché et ils demandent des baisses de prix. Et donc, vous avez accordé des baisses de prix ? Vous avez vendu et vous
vendez vos produits moins chers que l'an dernier ?
Ça fait plusieurs années qu'on vend moins cher. Depuis 2009, depuis le début de la guerre des prix, on a accumulé des baisses
de prix.
De
quel ordre
registre le brin cette année
?
Ça dépend des produits. Je ne répondrai pas précisément à ça puisque c'est concurrentiel, mais parce que ça dépend des accords. Et donc, la déflation continue ? La déflation continue, tout à fait.
Qu'est-ce que ça veut dire pour les producteurs qui sont au bout de la chaîne ? On a beaucoup parlé d'eux au moment de la crise du port l'an dernier. Est-ce qu
'ils
vont être davantage rétribués ou est-ce que finalement, c'est eux qui vont payer ce
système ?
Alors,
on
voit que le cours du
port, à l'heure actuelle, a remonté. Depuis l'été 2015, il est aujourd'hui au plus haut. Donc, il a bien remonté. Donc, je dirais, momentanément,
les
producteurs de port sont mieux rémunérés. Mais il faut le regarder dans la durée. Est-ce que ces négociations, l'attention de ces négociations montre bien qu'on est au bout d'un système ? Et que finalement, au bout de 5 ou 6 ans de guerre des prix, les marchés en volume n'ont pas augmenté. Les marges ont baissé. On voit la détresse des producteurs. On connaît leur détresse, ce qui se passe chez les producteurs. On voit une industrie agroalimentaire qui s'affaiblit, mais également la distribution. Ça veut dire qu'on est dans un système aujourd'hui qui est perdant pour tout le monde. Donc, rien n'a changé. C
'est ça que vous nous dites ce soir, Régis Lebrun.
Pour l'instant, rien n'a changé. Alors qu'il y
a
des lueurs d'espoir. Le consommateur veut d'autres produits. Il veut des produits de qualité. Il veut des produits dont on lui... Et des produits plus chers aussi, c'est ça ? Vous en
êtes sûr
? Des produits qui sont...
Quand il est dans les
rayons, ce n
'est
pas
évident.
Oui, mais il faut lui expliquer pourquoi ils sont plus chers. Faire de la qualité, ça coûte plus cher. S'assurer la traçabilité, ça coûte plus cher. Élever, financer la transformation de l'agriculture. Si on veut moins de pesticides, si on veut moins d'antibiotiques, ou si on n
'en
veut plus du tout d'ailleurs. Tout ça, ça coûte plus cher. Mais le consommateur, je pense, on le voit dans l'évolution des volumes, il est rentré dans une forme de sobriété de la consommation. Et certainement que l'avenir, c'est avoir peut-être un peu moins de produits dans le caddie, mais des produits de meilleure qualité et donc un peu plus cher.
Il y a un an, Régis Lebrun. Sur France Info, vous aviez pris un engagement, indiqué l'origine des matières premières et donc des viandes sur tous vos produits.
Je
suis allé regarder,
vous
l'avez fait, mais alors c'est écrit en tout petit,
au
dos des emballages. Est-ce que vous avez honte
de certaines origines ? Non, pas du tout. On a... Enfin, c'est bien que vous soulignez qu'on l'a fait. C'est-à
-dire
que Fleury-Michon, quand Fleury-Michon prend un engagement, il le tient, quel que soit le sujet.
Mais alors,
canard de Hongrie ou poulet d'Espagne, c'est tout petit ?
Non, on l'a fait comme on pouvait le faire à partir de nos lignes industrielles. Ça peut paraître un peu compliqué à comprendre, mais on travaille des lots et il fallait effectivement assurer la traçabilité. La traçabilité amont, on la connaît évidemment, mais il fallait relier ça à chaque produit individuellement. Ce qu'on a fait n'est pas suffisant. Ça, on en est d'accord. On a été les premiers, on a été les seuls. Quelle est la prochaine étape ? Sachant qu'entre
-temps et depuis le 1er janvier, tous les industriels sur les produits doivent indiquer, des produits transformés
doivent
indiquer l'origine de la
viande.
Est-ce que vous irez plus loin ? Qu
'est
-ce que vous
allez faire ?
Nous,
on
va aller plus loin parce que les attentes du consommateur, elles sont bien supérieures à ça. Il veut savoir d'où ça vient. Il veut savoir où ça a été fabriqué, comment ça a été fabriqué. Il veut savoir ce qu'il y
a
dedans. Est-ce qu'il y
a
des additifs ? Tout ça est plus ou moins mis sur les emballages, mais n'est pas toujours mis de façon accessible. Fleury-Michon va rendre cette information lisible, facile et très accessible. Et ce ne sera pas en tout petit au dos
du paquet ?
Sur la face avant. Et d'ailleurs, sur l'étiquetage nutritionnel, sur le test qui est en cours, on s'est engagé à le mettre. Alors
ça,
on en dit un mot, c'est important l'étiquetage nutritionnel, parce que l'État en ce moment mène une série de tests sur ces étiquetages nutritionnels qui doivent nous indiquer à nous, consommateurs, si un produit est plus ou moins gras, plus ou moins sucré, plus ou moins salé. Le lobby alimentaire est vent debout contre un étiquetage très clair, avec par exemple du vert quand c'est sain, et du rouge quand c'est pas sain du tout. Est-ce que vous, Régis Lebrun, Fleury-Michon, vous êtes prêts à appliquer un étiquetage clair ? Oui. Y compris avec ces cinq
couleurs ?
Nous, on a annoncé, on fait partie du test, on est partie prenante du test, et on a annoncé avant même les résultats du test, dès le début du test, que quel que soit le système qui serait choisi, nous l'appliquerions immédiatement. Donc on ne reviendra pas sur cet engagement, et ça fera partie d'un ensemble d'améliorations de l'étiquetage que nous allons mettre en œuvre dans le courant de 2017. Il me reste un instant rapidement pour évoquer la
souffrance animale dans les abattoirs, qu'on a vu récemment dans plusieurs reportages. Est-ce que vous castrez
toujours les cochons
?
Alors nous, on ne les castre pas, puisqu'on n'a pas d'abattoirs. Mais vous
êtes au bout de la chaîne, est-ce que le
jambon que
vous vendez... C'est une pratique qui est très répandue,
on travaille...
Parce
que certains là-dessus sont en train d'y mettre fin, je pense à un de vos concurrents qui le met en avant, en tout cas à Brosséliande, qui dit chez nous,
c
'est presque fini. C'est aussi un de nos fournisseurs, donc ils nous ont fait bénéficier directement, je le suppose. Mais on travaille avec les abattoirs, effectivement, à régler ce problème.
Régis Lebrun, directeur général de Fleury-Michon, invité de l'interview éco, merci à vous.
L
'invité éco du 17-20, c'est sur France Info et franceinfo.fr.
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