En "progression fulgurante", le marché de la cigarette électronique cible les jeunes, s'inquiète le collectif Contre-Feu
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:22PrésentateurFait
« Les jeunes sont clairement ciblés, ciblés, c'est flagrant. »
- 1:30InvitéFait
« On a des influenceurs, même français, qui sont rémunérés pour faire la promotion de ces produits sur les réseaux sociaux auprès des plus jeunes. »
Temps de parole
- Invité79 %
- Présentateur21 %
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Et les 6h21, les Français n'ont jamais aussi peu fumé. 18% de fumeurs quotidiens. Résultat, les industriels mettent le paquet sur la cigarette électronique pour séduire de nouveaux consommateurs. Leur cible numéro 1, les jeunes. Alors comment contrecarrer leur stratégie ? Comment protéger les adolescents ? Bonjour Marion Catelyn. Bonjour. Vous êtes la directrice de Contrefeu. C'est une association qui se bat contre l'industrie du tabac. Vous publiez ce matin un rapport sur ce business florissant qu'est la cigarette électronique. Vous en parlez même comme de la nouvelle machine à cash des industriels. Ça représente quoi aujourd'hui ?
Effectivement, on a constaté qu'il y avait une progression fulgurante du marché de la vape aujourd'hui en France. En 2025, ça représente 1,6 milliard de chiffre d'affaires. C'est absolument considérable.
Et que représente la vape par rapport à la cigarette classique aujourd'hui ?
Alors par rapport à la cigarette classique, si on prend les géants du tabac, la cigarette électronique reste encore plus marginale, mais elle affiche des objectifs ambitieux et de faire en sorte que ces produits représentent à l'avenir plus de la moitié de leurs revenus, voire même l'intégralité à terme.
Et c'est pour ça que les industriels mettent en place des stratégies de marketing particulièrement agressives pour recruter, dites-vous, une nouvelle génération de consommateurs. Et là, les jeunes sont clairement ciblés, ciblés, c'est flagrant.
Ils sont clairement ciblés, que ce soit à travers des campagnes d'influence où on a des influenceurs, même français, qui sont rémunérés pour faire la promotion de ces produits sur les réseaux sociaux auprès des plus jeunes. Et puis surtout, ce qui nous inquiète beaucoup, c'est qu'on constate qu'il y a une dérive complète du marketing autour de ces cigarettes électroniques. On a des packagings qui sont extrêmement colorés, faits pour attirer les plus jeunes avec des détournements des codes des jeux vidéo ou qui proposent des arômes extrêmement sucrés au goût de bonbons.
On a même une marque française qui a passé un contrat de licence avec la boisson sucrée Granita pour vendre des arômes extrêmement sucrés évidemment aux plus jeunes adolescents. Cette marque de boisson sucrée étant très connue auprès des pré-adolescents même. Et donc, c'est là qu'on a véritablement un problème d'autant que dans nos enquêtes, on voit qu'il y a plus de la moitié des jeunes de 13-16 ans qui estiment que ce qui leur donne envie de consommer ces produits ce sont ces goûts sucrés, ce sont ces marketing agressifs. Et là, on a véritablement un problème puisqu'on constate que de plus en plus de jeunes qui sont non-fumeurs, qui n'ont aucune raison de se mettre à vapoter
consomment ce type de produit. Oui, ce sont vraiment des très jeunes, ce sont des adolescents. Vous nous dites les 13-17 ans, mais vendre des cigarettes électroniques aux mineurs, c'est interdit ?
Absolument, vendre des cigarettes électroniques aux mineurs, c'est interdit. Pour autant, on a des associations membres comme le CNCT qui mènent des observatoires et qui ont pu montrer qu'on avait encore aujourd'hui un tiers des buralistes qui vendent des produits du vapotage aux mineurs. C'est la même chose également pour les vapes shops.
Ils ne respectent pas la loi d'interdiction de vente aux mineurs et c'est pour cela qu'aujourd'hui, nous, on demande non seulement, bien sûr, que ces vendeurs de cigarettes électroniques prennent leur responsabilité et jouent le jeu en ne vendant pas ces produits aux mineurs, mais il faut aller plus loin en interdisant ces marketing extrêmement agressifs et ces packagings colorés en proposant un paquet neutre de ces produits des cigarettes électroniques.
Et ça, ça peut marcher ? Il y a eu un effet à la baisse quand les cigarettes classiques ont eu un paquet neutre, sont passées au paquet neutre ?
Absolument. Alors, c'est très difficile d'identifier l'efficacité d'une seule mesure parce que quand on prend des mesures de prévention, elles sont comprises dans un ensemble de mesures. Mais on sait, il y a plein d'études à l'échelle même internationale qui ont été menées pour prouver l'efficacité du paquet neutre et on sait que ça a un impact extrêmement important, notamment sur les plus jeunes. Donc, c'est pour cela que la mise en œuvre de cette mesure est extrêmement importante quand on voit surtout vraiment des produits qui ressemblent à des mini consoles vidéo ou à des mini biberons. Là, c'est de l'ordre du surréalisme, avec des goûts barbe à papa, licorne.
On sait très bien que ce sont les plus jeunes qui sont visés. Pourquoi ? Parce que plus un jeune rentre tôt dans l'addiction à la nicotine, plus il aura des difficultés à en sortir. C'était la stratégie déjà des industriels du tabac à l'époque pour attirer les jeunes dans l'addiction à la nicotine à travers le tabac, la cigarette. Et là, c'est exactement la même stratégie qui est reproduite pour les faire rentrer, ces jeunes, dans l'addiction à la nicotine à travers la cigarette électronique. Et vous réclamez aussi l'interdiction de la vente en ligne ? Absolument. Pourquoi ?
Parce que, alors même qu'effectivement, on sait que les jeunes à 80%, alors même encore une fois que c'est interdit, se procurent ces produits légalement, notamment chez le buraliste, il y a une part non négligeable de ces jeunes qui se fournissent aussi en ligne. Il n'y a aucun contrôle qui est effectué. C'est pour cela que l'interdiction de vente en ligne est très importante, au même titre d'ailleurs que la mise en œuvre de dénominations simplifiées des arômes, c'est-à-dire éviter des goûts qui sont complètement extravagants, ou lemon, dragole, bonzel.
Enfin, je dis un truc un peu random, mais l'idée, c'est celle-là, c'est vraiment de limiter l'attractivité de ces produits auprès des plus jeunes.
Et que faire alors avec ces influenceurs qui font la promotion de la vape ?
Alors, depuis 2023, l'influence sur les réseaux sociaux pour les produits de la nicotine est absolument interdite. Il y a une loi qui est passée.
Mais ils le font de manière déguisée, parfois.
Parfois, ils le font de manière déguisée, non déclarée. Parfois, ils ne s'en cachent pas du tout. Il y a un problème, probablement, on va plaider la bonne foi, en se disant qu'il faut mieux communiquer sur cet interdit de promotion de ces produits sur les réseaux sociaux par les influenceurs. Et puis, on peut envisager aussi des contrôles peut-être plus fréquents, par notamment la DGCC-RF. La répression des fraudes. Voilà, la répression des fraudes, qui est censée contrôler et mettre en œuvre ces interdits.
Merci Marion Catelyn, directrice de l'association Contrefeu. Vous étiez l'invité du 5-7.