Retraites : Élisabeth Borne "convaincue" de l'intérêt d'une réforme même si ce n'est pas "la priorité"
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Bonjour, bonjour et bienvenue. Merci d'être fidèle à Questions politiques, le rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Comment faire redémarrer la machine économique après des mois d'arrêt ou de perturbations profondes ? Quel est l'état social de notre pays aujourd'hui après cette longue pandémie qui n'en finit pas ? Les mécanismes de protection ont-ils permis d'éviter le pire et jusqu'à quand resteront-ils en place ? Comment aider ceux qui auront du mal ou qui ne retrouveront pas le chemin de l'emploi ? Autant de questions que nous poserons à la ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion. Elisabeth Borne est l'invité de Questions politiques.
Elle nous expliquera également le plan inédit mis en place pour permettre aux jeunes de ne pas décrocher du monde professionnel. Ce plan Un jeune, une solution. Et puis jusqu'à quand le télétravail devra rester une obligation ? Et où en est la situation sanitaire et la campagne de vaccination dans les entreprises ? Pour intervenir, le hashtag QuestionPol ou l'application mobile France Inter.
France Inter. Questions politiques. Alibadou.
Bonjour Elisabeth Borne. Bonjour. Et bienvenue pour vous interroger l'équipe de Questions politiques, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie.
Bonjour Alain, bonjour Madame, bonjour à tous.
Solène Noroyer du journal Le Monde. Bonjour Solène. Bonjour à tous. Et Karine Bécard de France Inter. Bonjour Karine. Salut tout le monde. Karine qui a préparé votre portrait Madame la Ministre et nous le découvrirons ensemble tout à l'heure. C'était la première fois cette semaine qu'on pouvait lire dans la presse à la Une du Figaro par exemple et qu'on pouvait voir sur les bandeaux des chaînes d'info continue cette question. Et si la crise du Covid était derrière nous ? Question qui pourrait sembler absurde, qu'on peut poser maintenant, mais je la vous pose. Votre réponse Elisabeth Borne.
Évidemment avec la campagne de vaccination qui se déploie très fortement, on voit le bout du tunnel de cette crise sanitaire. Et c'est important parce que je pense qu'il y a aussi beaucoup de lassitude dans le pays, avec tout ce qu'on a vécu d'un premier confinement, d'un deuxième, de restrictions sanitaires. Je crois que chacun a envie de tourner la page et on espère tous que c'est bien ce qui est en train de se passer.
Mais entre l'envie justement et l'espoir, vous vous diriez que la crise du Covid-19 est enfin derrière nous ?
Alors moi je dis que la vaccination c'est évidemment un atout formidable pour sortir de cette crise sanitaire. Il faut rester très prudent parce que tout le monde n'est pas vacciné aujourd'hui. Et puis il faut rester vigilant aussi sur les variants. Donc les vaccins vont s'adapter aussi pour en tenir compte.
Célène Droyer.
Justement sur les vaccins, l'Académie de médecine redoute un essoufflement de la campagne vaccinale cet été qui nous ferait rater l'immunité collective qui est fixée à 80% de la population. Faut-il rendre le vaccin contre le Covid obligatoire ?
Elisabeth Borne.
Non, ça n'est pas d'actualité. Enfin vous savez, je pense qu'au départ on pensait que les Français étaient réticents.
L'Académie de médecine a préconisé l'obligation de se faire vacciner. Donc c'est un peu d'actualité quand même.
Je pense que les Français aujourd'hui sont en train de se faire vacciner. On avait au départ des sondages qui faisaient état de beaucoup de réticences chez les Français. On voit qu'on a dépassé ces réticences et qu'aujourd'hui les Français ils y vont. Je peux vous assurer que les créneaux de vaccination quand ils ont été ouverts, notamment pour utiliser les doses non consommées dans les centres de vaccination, il y a eu un rush aussi pour utiliser ces doses. Donc je pense que les Français ils ont bien compris l'importance de la vaccination pour sortir de la crise. On atteindra l'immunité collective selon vous ?
C'est bien l'objectif et je pense qu'on peut être confiant sur le fait que les Français ont envie de tourner la page et donc vont se faire vacciner. À 80% ? Alors à plus on espère, à 90% ça serait effectivement ce qui est nécessaire pour atteindre cette immunité collective.
Je veux juste revenir sur la situation sociale. Comment est-ce que vous, en reprenant la question d'Ali, comment est-ce que vous jugez l'état de la France et le climat social ? Est-ce qu'il y a une espèce de joie du déconfinement qui prendrait le dessus sur l'éventuelle réactivation des tensions qui pouvaient y avoir et qu'il y a eu dans les années précédentes, donc dans les mois ou au début du quinquennat ? Comment vous sentez les choses ?
Elisabeth Borne.
Ce que je peux dire c'est qu'on a fait le maximum. On a mis en place des aides massives pour protéger les entreprises, pour protéger les emplois et donc les Français dans la crise. Et je crois qu'on peut dire aujourd'hui que ces aides massives, elles ont porté leurs fruits. Vous savez qu'après la crise de 2008-2009, le chômage avait augmenté de 25%. On est aujourd'hui autour de 9% grâce à tout ce qui a pu être déployé pour protéger les entreprises, pour protéger les emplois.
Et l'évolution, vous la voyez comment ? Dans 6 mois, dans 3 mois, dans 1 an, pour l'instant par rapport au chômage ?
L'évolution, elle va être permise par la reprise de l'économie. Évidemment, moi je souhaite que l'activité reparte. Et c'est bien pour ça aussi qu'on a présenté un plan de relance pour booster notre économie, pour faire repartir la machine et qu'on puisse créer le maximum d'emplois et permettre à chacun de retrouver un travail.
Mais vous êtes dans la perspective. En fait, ce qu'on voudrait comprendre, c'est là aujourd'hui, on est dans quelle situation ? Est-ce qu'on risque de se heurter à une crise économique ? Est-ce que les plans sociaux vont s'enchaîner ? Est-ce que le chômage va s'emballer ? C'est ça les questions que les Français se posent.
Moi, je vous parle aussi d'aujourd'hui. Elisabeth Borne. Je vous parle bien d'aujourd'hui. Je vous dis qu'aujourd'hui, on a mis en place des aides massives qui fonctionnent. L'activité partielle, elle a protégé jusqu'à 9 millions de salariés au plus fort de la crise. Elle vient en protection immédiate quand on met en place des restrictions sanitaires. Par exemple, mes services publieront demain les chiffres de l'activité partielle pour le mois d'avril. On est remonté à 2,7 millions de salariés protégés par l'activité partielle en avril. On était à 2,4 millions au mois de mars.
Donc, ça veut dire que quand on a des restrictions, l'activité partielle a permis de prendre le relais et de protéger les salariés et les emplois.
Pour qu'on comprenne bien, ce sont tous ces dispositifs qui permettent donc d'indemniser l'activité partielle. Ces mécanismes, ils ont été importants. Ils resteront en place encore un mois. Ça, c'est sûr, jusqu'au mois de juin.
Moi, je vais vous dire. Moi, je suis très attentive à ce qu'on ajuste la prise en charge par l'activité partielle de façon progressive. et qu'on ne prenne pas de risque de mettre des entreprises en difficulté alors que depuis des mois, on a protégé des millions de salariés. Et vous savez, c'est aussi très significatif en termes de coût. Ça sera plus de 40 milliards d'euros sur l'année 2020 et 2021 pour protéger les emplois, pour protéger les compétences des entreprises. Donc, on va être très prudent dans l'ajustement de ces aides.
Quand vous dites ajustement, ça veut dire baisse ?
Oui, absolument. Donc, mais tout au long du mois de juin, les secteurs protégés, c'est-à-dire ceux qui sont le plus affectés par la crise sanitaire, on pense par exemple aux hôtels, cafés, restaurants, ils vont continuer à bénéficier d'une prise en charge à 100% de l'activité partielle. Et ensuite, on montera, reste à charge pour l'entreprise de 15% au mois de juillet, de 25% au mois d'août pour atteindre 40%, c'est-à-dire le taux de droit commun au mois de septembre. Et dans le même temps, on a mis en place un nouveau dispositif, l'activité partielle de longue durée, qui permet de protéger les emplois jusqu'à 24 mois.
Les entreprises, les branches professionnelles, les entreprises s'en saisissent. Aujourd'hui, on a plus de 800 000 salariés qui sont protégés par l'activité partielle de longue durée. Donc, ce dispositif, il permet à toutes les entreprises qui anticipent une reprise plus lente de leur activité, qui vont être en dessous du niveau d'avant la crise, d'avoir... Quel secteur en particulier ? C'est par exemple l'aéronautique qui mobilise fortement l'activité partielle de longue durée. Et je pense que ça sera efficace. Vous savez, c'est vraiment un investissement, moi je tiens à le dire, parce qu'après la crise de 2008-2009...
Est-ce que c'est un investissement ou est-ce que c'est une manière de limiter la casse sociale, comme le pensent certains ? Et d'autres vont même jusqu'à dire, on a créé des emplois zombies, des jobs zombies, c'est-à-dire des jobs qui auraient disparu s'il n'y avait pas eu ces aides et ces mécanismes de protection mis en place par l'État.
C'est très clairement un investissement, parce qu'après la crise de 2008-2009, on avait beaucoup d'entreprises en France qui avaient rapidement licencié leurs salariés. Au moment où l'économie est repartie, ces salariés, ils n'étaient plus là, les compétences, elles n'étaient plus là. Vous savez, par exemple, pour former un chaudronnier dans l'aéronautique, il faut 7 ans. Et bien quand on s'est séparé de son salarié, c'est des compétences qui manquent et qui ne vous permettent pas de bénéficier de la reprise économique.
Donc je pense que c'est très important, et on a fait ce choix délibéré dans la crise actuelle, de protéger les salariés et d'éviter des drames humains, mais en même temps de s'assurer que les entreprises peuvent bénéficier pleinement de la reprise économique. Je précise que l'activité partielle, c'est aussi la possibilité de former des salariés. On a mobilisé un milliard d'euros pour permettre aux entreprises de former les salariés pendant qu'ils ne travaillent pas, pour qu'en sortie de crise, les entreprises soient plus fortes avec des salariés mieux formés.
Mais les entreprises zombies, ce n'est pas complètement une chose que les journalistes inventent. Est-ce que vous réussissez à les quantifier ? Est-ce qu'effectivement, là, il faut s'attendre à quelques drames sociaux ?
On sait qu'on a des entreprises qui étaient en difficulté avant la crise, qui ont pu bénéficier de toutes ces aides, et on va être aussi attentifs au moment de la sortie de crise à la fragilité de certaines entreprises. Combien ? Combien sont-elles ? Est-ce que vous arrivez à les chiffres ? Je ne suis pas capable de vous dire aujourd'hui. Je pense qu'on n'a pas ces chiffres-là. On va voir avec la reprise. Vous savez, on est en train de passer d'une aide massive pour toute l'économie. Je pense que Bruno Le Maire l'a bien expliqué.
On va plutôt maintenant d'abord faire évoluer très progressivement ces aides pour ne pas mettre les entreprises en difficulté, et puis mettre en place des dispositifs plus ciblés sur les territoires, sur les secteurs économiques qui peuvent être plus fragiles en sortie de crise. C'est un sujet important dont moi, je parlerai avec les organisations patronales et syndicales le 7 juin. On échange beaucoup sur tous ces dispositifs depuis le début de la crise. Et on parlera le 7 juin précisément des territoires plus fragiles, des entreprises plus fragiles et de la façon de les accompagner au moment de la reprise.
Le début du quinquennat a été marqué par les gilets jaunes, mais aussi un mouvement social très fort contre les retraites. Redoutez-vous un déconfinement des revendications sociales à la rentrée notamment ?
Je pense que les salariés sont très attachés à ce que l'activité puisse reprendre. Ils attendent effectivement que leur entreprise redémarre, que l'activité revienne. En tout cas, moi, c'est ce que je vois dans les discussions que je peux avoir, à la fois dans les entreprises et avec les organisations patronales et syndicales.
Il y a une question malgré tout qui se pose, c'est celle de la réforme de l'assurance chômage, puisqu'on a parlé des dispositifs d'aide. Et parallèlement, il y a cette réforme qui devrait entrer en vigueur, entrera en vigueur le 1er juillet. Est-ce que vous pouvez nous expliquer d'abord les grands principes de cette réforme ? Et si vous ne changerez pas de position, en l'occurrence, si vous resterez, alors je sais que vous n'aimez pas le mot, mais si vous resterez inflexible ?
Moi, je ne peux pas accepter ce mot parce qu'il y a eu six mois de discussion avec les organisations patronales et syndicales pour adapter la réforme au contexte de la crise. Cette réforme, son objectif, c'est à la fois de mettre les entreprises face à leurs responsabilités pour qu'elles proposent des CDI ou des CDD plus longs, parce que vous savez qu'au cours des dernières années, on a eu une explosion des contrats courts, donc des CDD de moins d'un mois, plus de 150% en 15 ans. Donc, il y a dans la réforme de l'assurance chômage un système de bonus-malus pour les entreprises, précisément pour les inciter à proposer des contrats plus longs. Mais ce n'est pas le principe principal ?
C'est un des aspects importants.
C'est quand même de voir les indemnités chômage, les indemnités en cas de licenciement qui vont baisser.
Non, les indemnités ne vont pas baisser. Moi, j'entends dire, enfin, je veux le dire très clairement, un demandeur d'emploi qui peut finir par être inquiet avec toutes les contre-vérités qu'on peut entendre, il n'y a pas un demandeur d'emploi dont l'allocation va baisser, au 1er juillet, la réforme n'est pas rétroactive. Tous ceux qui sont indemnisés aujourd'hui ou qui le seront d'ici au 1er juillet, leur allocation ne changera pas au 1er juillet. Et puis, je pense qu'il y a un point très important aussi.
Et ensuite, il y a une étude de l'UNEDIC qui parle d'une baisse de 17% des allocations pour plus d'un million de salariés.
Alors, c'est une présentation tronquée de ce qui va se passer sur l'allocation chômage. Le montant global de l'allocation chômage ne changera pas, ne baissera pas. Ça veut dire que si votre allocation mensuelle peut baisser, vous serez indemnisé pendant plus longtemps. Et les seuls qui peuvent avoir demain une allocation plus basse qu'aujourd'hui, c'est ceux qui gagnent plus en étant au chômage que ce qu'ils gagnaient dans la période précédente. Et par ailleurs, on a mis en place un plancher, précisément, pour qu'il n'y ait pas des allocations trop basses. Mais vous savez, le système actuel, il est très injuste.
Quand vous travaillez un jour sur deux à temps plein, ou que vous travaillez tous les jours à mi-temps, vous avez travaillé le même nombre d'heures, celui qui travaille tous les jours à mi-temps, il a une allocation qui est près de la moitié de celui qui travaille un jour sur deux. Donc moi, je pense que c'est important d'avoir une réforme.
Pour vous, le système actuel encourage à la précarité, pour le dire très rapidement. Mais il encourage les entreprises à proposer des contrats courts.
Vous savez, ce n'est pas moi qui le dit, 250% d'augmentation des CDD de moins d'un mois en 15 ans. C'est un système qui est à la fois injuste, je viens de le dire sur la différence entre le salarié à mi-temps et celui qui travaille un jour sur deux. C'est un système qui est donc à la fois injuste et qui enferme des centaines de milliers de travailleurs dans la précarité.
Indépendamment de la limitation des contrats courts, ce que vous venez de nous expliquer, quelle est la philosophie de cette réforme par rapport aux salariés ? C'est en gros de favoriser la reprise du travail ? C'est toujours une philosophie derrière une réforme. La philosophie, c'est de sortir de cette diffusion massive des contrats courts dans toute l'économie. Ça j'ai compris, mais par rapport aux salariés, quand on réforme l'assurance chômage, quelquefois, c'est en se disant que finalement, il est plus facile pour certains de toucher leurs prestations que de chercher du travail. Quel est le moteur ?
C'est bien aussi d'encourager les salariés à travailler plus longtemps. Vous savez, il y en a qui ont des CDD facilement. Ceux-là, l'idée, c'est de les encourager à en prendre davantage. Et puis, pour ceux qui, aujourd'hui, ont du mal à trouver du travail, qui ont des CDD courts et des longues périodes où ils ne sont pas indemnisés, ils seront mieux indemnisés demain, ils seront indemnisés plus longtemps.
Une précision, vous garantissez à toute personne, parce qu'il y a un simple nombre de pataugeages dans le calcul, c'est-à-dire avec des gens qui s'interrompaient de travailler, avec des gens qui avaient des parcours heurtés. Est-ce que vous êtes sûr et certain que tout le monde sera à égalité dans l'indemnisation ? On a vu que les choses avaient été un peu flottantes dans les dernières semaines. Non, je ne pense pas que les choses aient été flottantes.
Enfin, c'est ce que vous reprochez sur les partenaires sociaux.
Il y a eu un effet qui a été pointé et qui a été signalé tardivement par les organisations syndicales sur les gens en congé maladie, en congé maternité ou en activité partielle. On a un décret rectificatif qui est en cours d'examen au Conseil d'État. En espérant que ça se passe bien ? Oui, par définition. Quand on présente un décret, on espère que ça se passe bien. La dernière fois, le Conseil d'État a mis des réserves sérieuses sur le précédent décret. Oui, je vous confirme qu'on en a tenu compte. On en a tenu compte, notamment en mettant en place un plancher. Je pense que c'est important.
Et moi, je le dis très clairement, la réforme qui rentre en vigueur au 1er juillet, ce n'est pas celle qui a été prévue en novembre 2019. On a évoqué les modes de calcul de l'allocation chômage. Mais vous savez, sur le nombre de mois qu'il faut avoir travaillé pour bénéficier d'une allocation chômage, on va maintenir au 1er juillet une ouverture des droits quand vous avez travaillé 4 mois. Et on ne passera à 6 mois que quand la situation du marché du travail sera revenue à la normale, sera fortement améliorée.
C'est quoi la normale pour qu'on comprenne ? Quand ça sera revenu à la normale, c'est quoi le... A partir de quand on passera au deuxième régime ?
Eh bien, on passera à ce régime quand on aura une baisse très significative du nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A. Et quand les embauches, qui seront en l'occurrence mesurées sur 4 mois, seront très dynamiques. Et donc, le marché du travail, ça sera... Je peux vous assurer que pour que les deux indicateurs passent au vert, il faudra qu'on soit dans un marché de l'emploi très dynamique. Je ne vais pas... Enfin, moi, je ne sais pas exactement de quoi sera fait la conjoncture économique.
Et malicieuse, mais elle est très juste, répondez Elisabeth Borne.
Moi, je vous dis, on a défini avec un échange avec les partenaires sociaux ces indicateurs. Moi, je verrai, enfin, on verra bien à quel moment ils seront réunis. C'est une baisse de 130 000 demandeurs d'emploi de catégorie A et puis des embauches très dynamiques sur une période de 4 mois.
Une dernière question sur l'assurance chômage plus politique. Vous avez vu que cette semaine, Muriel Pénicaud, merci, votre prédécesseur, ancienne ministre du Travail, elle-même a des doutes, en fait, sur cette réforme et dit que l'agenda n'est probablement pas bon. Faire entrer cette réforme en vigueur au moment où il est possible, malgré tout, qu'il y ait plus de plans sociaux et plus de gens qui se retrouvent au chômage, c'était quand même, effectivement, pas judicieux. Qu'est-ce que vous répondez ?
Alors, ce que dit Muriel Pénicaud, c'est que la réforme qu'elle a portée en 2019 n'est pas adaptée au contexte de la crise. Écoutez, ça tombe bien, puisque moi, j'ai mené 6 mois de négociations pour adapter la réforme au contexte de la crise, notamment avec ces clauses de retour à meilleure fortune qui font que les paramètres ne changeront que quand le marché du travail...
Traduction, clause de retour à meilleure fortune.
Ce que je viens de dire, donc, c'est-à-dire qu'on maintiendra une ouverture des droits à 4 mois, tant qu'on n'aura pas constaté une baisse importante du nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A et une dynamique très forte sur les embauches. Donc, Muriel Pénicaud n'avait pas lu votre dernier... Je peux rassurer Muriel Pénicaud, la réforme qui rentrera en vigueur au 1er juillet, ça n'est pas celle qu'elle avait portée.
Elisabeth Borne, vous êtes ministre du Travail et vous serez peut-être bientôt ministre du Télétravail, en l'occurrence, Nathalie Saint-Cricq.
Comment vous envisagez les choses ? Le retour à la normale ? Quand ? Comment ? Et petite question périphérique, ou pas forcément, les gens qui ont pris goût au télétravail, parce qu'il y en a certains aussi qui ont l'habitude de travailler chez eux et qui n'ont aucune envie de revenir dans leur entreprise, le pourront-ils ? Comment ça se passera ?
Alors, effectivement, à partir du 9 juin, on assouplit les règles qui s'appliquent en entreprise, les règles sanitaires qui s'appliquent en entreprise, notamment sur le télétravail. Donc, jusqu'à présent, et depuis le mois de novembre, la règle, c'était le télétravail systématique pour toutes les activités qui le permettent. Avec l'amélioration de la situation sanitaire, on veut redonner des marges de manœuvre aux entreprises pour leur permettre de définir, au sein de l'entreprise, entre la direction et les représentants des salariés, d'abord un nombre minimum de jours de télétravail. Et donc les entreprises vont décider ?
Ça sera dans la discussion entre la direction et les représentants des salariés, un nombre minimum de jours de télétravail. À titre d'exemple ou de repère, dans la fonction publique, on va passer à trois jours de télétravail. Et puis ensuite, on fera de nouveau évoluer cette règle à partir du mois de juillet.
Qu'est-ce que vous reproche, Laurent Berger ? De laisser la main aux entreprises et de ne pas écouter les salariés ? Et pour un certain nombre d'entre eux, je cite Laurent Berger, qui vivent une situation qui serait dramatique parce qu'ils viennent de traverser une épreuve et les contraindre à revenir physiquement au travail ne serait pas forcément la meilleure idée.
Non, non, mais du coup, on fait bien ce qu'attend Laurent Berger et je pense qu'il l'a bien compris. On demande que ce soit dans le dialogue social, ce n'est pas la direction qui décide toute seule, c'est le dialogue social entre la direction et les représentants des salariés pour définir les bonnes règles en matière de télétravail. Et ça leur permettra notamment de mettre en œuvre l'accord national interprofessionnel qui a été signé entre les organisations patronales et syndicales à la fin de l'année dernière. Il faut que toutes les entreprises s'emparent de cet accord et le déclinent au sein de l'entreprise pour trouver des bons équilibres. Parce que comme vous le disiez...
Vous sentez quoi, vous, sur l'envie des gens ? Est-ce que vous sentez qu'il y a une énorme envie de retourner avec les collègues, voir les gens et tout ?
Je pense que c'est très contrasté. Vous savez, les salariés qui ont été à 100% en télétravail depuis des mois, il y en a beaucoup qui n'en peuvent plus. Et dans les enquêtes qu'on a pu mener, qui nous disent qu'ils ont un sentiment vraiment d'isolement et qu'ils ont envie de retrouver leurs collègues. Et puis vous en avez d'autres pour qui c'est plus facile, le télétravail, ça évite de prendre des transports en commun tous les jours. Pour tous ceux qui font des longs trajets en transport en commun, c'est aussi un soulagement. C'est plus de temps personnel. Donc je pense que c'est pour ça
qu'il faut aussi s'adapter. Ce sont les mieux fortunés, pour le dire rapidement. Ceux qui ont une résidence secondaire, les cadres, les catégories supérieures. Pas nécessairement, vous savez, je pense que... Ou est-ce que justement, on arrive maintenant à vraiment définir de manière assez fine ceux qui ont bénéficié, ont gagné de la liberté avec le télétravail et ceux pour qui ça a été une contrainte ?
Ce qui est très clair, c'est ceux qui vivent dans un petit logement ou qui sont à deux dans un logement, qui ont dû télétravailler face à face. Effectivement, ça a été certainement très éprouvant. Mais ensuite, on a aussi tous les salariés, je vous dis, qui font une heure de trajet dans chaque sens, par exemple, en région parisienne, pour qui c'est un plus de pouvoir télétravailler une partie de la semaine. Donc moi, ces discussions, elles doivent vraiment se mener dans les entreprises pour décliner l'accord qui a été trouvé au plan national, dans chaque entreprise, pour trouver le bon rythme. Je pense qu'on ne reviendra pas à la situation d'avant.
On a montré les possibilités du télétravail. Les salariés ont pu s'en saisir. Les entreprises ont aussi équipé leurs salariés.
La révolution a eu lieu ?
Moi, je suis convaincu qu'on ne reviendra pas à la situation antérieure à la crise et qu'il y aura plus de télétravail demain. Ensuite, c'est important que ça se fasse dans le dialogue social, dans les entreprises.
Solène Doroy et puis Karine.
Un petit mot sur le mal-être au travail, puisque les burn-out au travail explosent ces derniers mois. Est-ce que vous vous attendez à une nouvelle explosion des arrêts maladie dans les prochains mois ? Qu'est-ce que vous observez ?
Je pense surtout qu'il faut être très vigilant et c'est bien ce qu'on recommande aux entreprises. Le retour au travail physiquement va certainement permettre aussi à des salariés de retrouver leurs collègues et de sortir de ces difficultés dans lesquelles ils ont pu être en étant isolés pour certains chez eux. Mais effectivement, il faut être très vigilant, être attentif à ses collègues de travail. Quand on est un manager, être attentif aux salariés qui reviennent de télétravail. Et puis, moi, j'ai mobilisé avec secrétaire d'État à la santé au travail, Laurent Pietraszewski, la médecine du travail, précisément pour qu'elle soit aussi attentif à ses retours au travail. Karine Becker.
Juste pour finir,
le bilan sanitaire finalement du télétravail, parce qu'il y a une étude assez intéressante de la DARES qui montre que 19% des gens qui ont télétravaillé ont finalement été quand même infectés par le coronavirus.
En dehors du travail.
Alors que ceux qui sont allés à leur poste de travail habituel n'ont été infectés qu'à 17%. Donc, du coup, vous en tirez quoi comme conclusion ?
Je pense qu'il y a une étude très claire de l'Institut Pasteur qui montre qu'en télétravaillant à 100%, on réduit de 30% le risque de contamination. Moi, j'en reste à l'étude de l'Institut Pasteur.
Il y a une question qui est importante et même cruciale particulièrement à cette période de l'année. C'est évidemment celle qui est posée aux jeunes dans leur accès à l'emploi. Vous avez présenté un plan Un Jeune, une solution avec un peu de recul. Est-ce que vous pouvez nous en dire les retours d'expérience ? Est-ce que vous pouvez déjà mesurer si ça a fonctionné ?
Alors, effectivement, la jeunesse, c'est la priorité du président de la République et notre objectif, c'est qu'aucun jeune ne reste sur le bord de la route qui ne soit pas, comme c'est le cas dans les crises économiques, les victimes de la crise alors même qu'on leur a demandé beaucoup de sacrifices depuis un an. Et en l'occurrence,
c'était une manière d'inciter les entreprises à embaucher des moins de 26 ans.
Oui, c'est pour ça qu'on a lancé dès le mois de juillet dernier le plan Un Jeune, une solution. C'est des moyens inédits, 9 milliards d'euros. Et puis, c'est des solutions adaptées à la situation de chacun pour aider les jeunes à trouver un emploi, un apprentissage, une formation. ou pour ceux qui sont plus éloignés de l'emploi pour être accompagnés vers l'emploi. Ce plan, il a porté ses fruits. Vous savez qu'on a eu 1,6 million de jeunes de moins de 26 ans qui ont été embauchés en CDD de plus de 3 mois ou en CDI entre août et le mois d'avril. C'est-à-dire quasiment autant qu'avant la crise. On a eu plus de 520 000 contrats d'apprentissage qui ont été signés au cours de l'année 2020.
C'est un record historique dans notre pays.
Mais le taux d'emploi des jeunes n'a pas augmenté.
Le taux d'emploi des jeunes s'est légèrement redressé à la fin de l'an dernier. Et je pense que dans le contexte de crise, je rappelle que dans la crise de 2008-2009, on avait une augmentation du taux de chômage des jeunes de 30%. Donc on a ces chiffres sur l'embauche des jeunes, sur l'apprentissage. Depuis le début de l'année...
800 000 jeunes qui arrivent chaque année en septembre, il y en a combien qui sont restés sur le carreau par exemple en 2020 ?
Je vous dis, on a effectivement eu 1,6 million de jeunes embauchés, 500 000 contrats d'apprentissage. Depuis le début de l'année, 350 000 jeunes qui ont été accompagnés vers l'emploi. Et il en reste combien à aider ? Et alors, on partait d'une situation dans laquelle il y avait dans notre pays beaucoup de jeunes, plus d'un million, 1,4 million de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ou qui sont dans des jobs... On peut dire qu'une situation catastrophique est l'une des tristes
exceptions françaises dans les pays de l'OCDE.
Eh bien, on est à un taux qui est le double, par exemple, de l'Allemagne. Et moi, je ne m'en satisfais pas. Et c'est bien pour ça qu'à la demande du président de la République, moi, je travaille à une garantie jeune universelle pour permettre à chaque jeune qui en a besoin d'avoir un accompagnement vers l'emploi, une formation et une aide financière, une allocation... Alors, justement,
la garantie jeune universelle, on pensait, enfin, beaucoup ont pensé que c'était une aide financière. En vérité, ça passe d'abord par le recrutement de conseillers, de 2 000 conseillers pour accompagner les jeunes vers le chemin de l'emploi.
Certains préconisent un RSA jeunes en voulant faire croire qu'on réglerait la situation des jeunes simplement avec avec une allocation. Moi, je le dis très clairement, ça n'est pas vrai. Et je voyais encore ce matin les deux présidents du groupe socialiste à l'Assemblée nationale et au Sénat qui vous proposent un minimum jeunesse. Écoutez, moi, je veux un maximum jeunesse. D'accord, mais ça, c'est des phrases.
Moi aussi, je préférerais un minimum jeunesse. Eh bien, moi, je dis qu'il ne suffit pas qu'il ne suffit pas Est-ce que ça ne veut pas dire qu'on donne à chaque jeune une allocation qui pourrait s'en sortir et vivre tout en l'aidant à avoir une formation et à trouver un boulot ? Eh bien, c'est précisément ça. Non, mais attendez,
c'est précisément ça. Ça ne suffit pas de donner simplement une aide financière. Il faut proposer à chaque jeune un accompagnement personnalisé vers l'emploi et c'est ce que nous proposons parce que je pense que les jeunes, ils veulent évidemment être aidés financièrement et il faut le faire aujourd'hui, mais ils veulent surtout accéder à un emploi durable qui corresponde à leur projet professionnel. Eh bien, c'est bien ce que moi, je porte. C'est ce qu'on fait avec la garantie jeune. C'est un dispositif qui marche très bien. Donc, on veut étendre ce dispositif. C'est un dispositif qui permet aux jeunes...
Alors, justement, une idée du calendrier, de ce dispositif, justement, on se mise en place. C'est un dispositif
sur lequel on travaille et on fera des annonces prochainement. Le président de la République sans doute fera des annonces prochainement. Mais juillet ou plutôt septembre ? Écoutez, je ne vais pas vous dire maintenant le calendrier exact. Ce que je peux vous dire, c'est qu'on travaille... Non, je vous pose la question
de manière insistante parce que c'est vrai qu'on est à ce moment, et Karine le rappelait, à un moment charnière de l'année pour beaucoup, beaucoup, beaucoup de jeunes, justement.
Écoutez, moi, je peux dire aux jeunes qu'on a doublé le nombre de places en garantie jeune. On passe de 100 000 à 200 000. On va accompagner un million de jeunes vers l'emploi au cours de l'année 2021. On a prolongé les aides pour les entreprises qui signent un contrat d'apprentissage. C'est 5 000 euros quand vous signez un contrat d'apprentissage avec un mineur. C'est 8 000 euros avec un majeur pour avoir une rentrée de l'apprentissage en 2021 qui soit au même niveau qu'en 2020.
Il y a une autre proposition qui émane cette fois de Laurent Berger. Lui, il propose de taxer les ultra-riches pour financer un vaste plan de mobilisation à l'égard de la jeunesse. Est-ce que c'est une bonne idée ? Je pense que ce qui l'intéresse,
c'est qu'on ait un vaste plan à l'égard de la jeunesse. Faut-il taxer les ultra-riches ? On a le plan Un jeune, une solution, 9 milliards d'euros. Donc, je pense que c'est à la hauteur de la situation pour accompagner tous les jeunes et faire qu'ils ne soient pas les victimes de la crise.
Vous n'avez pas répondu à la question, Madame la Ministre ?
Non, mais vous savez bien qu'à priori, ce n'est pas notre philosophie de remettre des impôts et des taxes. Je pense que ce qui est important, c'est qu'on accompagne bien les jeunes.
Faire contribuer les plus grosses fortunes, Joe Biden, par exemple, aux Etats-Unis, l'a proposé.
Oui, vous savez bien qu'on ne peut pas comparer la situation de la France et des Etats-Unis, que les Etats-Unis se remettent à niveau, y compris sur l'accompagnement des personnes en difficulté ou sur la fiscalité, c'est une bonne nouvelle. Je crois que la France, elle a une certaine avance sur la taxation.
Il y a une question qui, là, pour le coup, ne concerne plus la jeunesse, mais la fin de la vie professionnelle c'est la question de la retraite. Les retraites, Elisabeth Borne, mais c'était pour vous laisser le temps de boire un petit peu d'eau et de reprendre votre souffle la réforme des retraites qui avait été un sujet de mobilisation sociale importante avant la pandémie. Est-ce qu'aujourd'hui, cette réforme, vous la reprenez et est-ce qu'elle sera votée, mise en place avant la fin du quinquennat ?
Ce que je peux vous dire, c'est que moi, je continue à être convaincu qu'on a besoin d'une réforme de notre système de retraite. On a aujourd'hui un système avec 42 régimes auquel personne ne comprend rien, qui est par ailleurs injuste. Donc, qu'on ait besoin d'une réforme pour rendre le système plus juste et plus lisible, je n'ai pas de doute. Ensuite, vous avez compris que notre priorité aujourd'hui, c'est la sortie de crise, c'est le rebond de notre économie, c'est que tout le monde puisse en bénéficier. Donc, c'est ça, notre actualité du moment. Je n'ai pas compris. Donc, pas de réforme des retraites, alors ? Pas de réforme des retraites. On verra. Il n'y a pas l'espace.
On verra dans la suite quel est le contexte. De toute façon, c'est une réforme qui doit se faire dans le dialogue avec les organisations patronales et syndicales. Il vous reste 6 mois dont vous dites que ce n'est pas possible.
6 mois, c'est trop court.
Je suis en train de dire...
Pourquoi vous ne dites pas clairement... Pourquoi vous ne dites pas cette réforme inadaptée au contexte ? On l'abandonne.
Non, je ne pense pas du tout que la réforme soit inadaptée au contexte sanitaire et économique et sociale qui en découle. précisément à sortir d'une injustice pour les personnes qui ont des carrières hachées, qui ont effectivement des emplois moins stables que d'autres. Et je pense que la crise, elle a montré à quel point ces personnes sont vulnérables. Donc non, la crise n'a pas du tout invalidé l'intérêt d'une réforme des retraites. Je dis simplement qu'on a aujourd'hui une priorité, c'est de faire repartir notre économie et que la réforme des retraites, elle doit se faire dans le dialogue social. On verra quelle est la situation. On verra. Et l'idée,
l'idée, un, pour donner l'impression de réformer jusqu'au bout, deux, parce que c'est nécessaire, de faire une sorte de coupler une réforme sur la dépendance, enfin une loi sur la dépendance qu'on attend depuis très longtemps et celle d'éventuellement un ajustement peut-être paramétrique des retraites. Je vous confirme
qu'on a des nombreux projets. On a parlé de la garantie jeune universelle. Il y a le sujet de la dépendance.
Il y a le sujet de la dépendance.
Je ne vais pas vous dire aujourd'hui et je pense que ça relève du président de la République la façon dont on va continuer à réformer d'ici la fin du quinquennat. Vous savez, aujourd'hui, tous les pays ont été confrontés à une crise sanitaire. Tous sont en train de préparer le rebond. On ne va pas se croiser les bras en attendant les élections présidentielles. dans le cadre de la renaissance annoncée par... C'est important de continuer à avancer, à réformer et le président de la République aura l'occasion d'exprimer la façon dont il souhaite le faire.
Le quoi qu'il en coûte, il a vocation à avoir un terme. Ça se terminera quand d'après vous ? Elisabeth Borne ?
Vous savez, on est en train de passer à une nouvelle étape où on est en train de baisser les aides progressivement, les aides d'urgence qui avaient été mises en place dans la crise où on cible davantage les aides et effectivement l'économie doit pouvoir fonctionner sans avoir toutes ces aides d'urgence quand la situation sanitaire aura permis de lever toutes les contraintes.
Donc on n'est déjà plus dans le quoi qu'il en coûte ?
On est en train de sortir progressivement des aides d'urgence. On est attentif dans la période actuelle à ne pas débrancher trop vite les aides et à accompagner les secteurs ou les territoires qui resteraient en difficulté mais il faut qu'on revienne effectivement à une situation normale.
Tout cela a coûté 220 milliards je crois que c'est ce que disait cette semaine.
Beaucoup d'argent je vous confirme.
Et donc qui va rembourser ? Vous ne voulez pas ponctionner éventuellement les plus riches ? On abordait cette question-là tout à l'heure donc qui va rembourser ?
Je vais vous faire la même réponse que Bruno Le Maire. Il faut effectivement que l'économie reparte ensuite il y a une dette exceptionnelle qui devra faire l'objet d'un traitement exceptionnel mais il ne s'agit pas aujourd'hui de venir mettre des impôts en plus.
Solène de Royer et on passe au portrait.
Oui je voulais vous demander est-ce que la crise et son quoi qu'il en coûte signe la fin de l'orthodoxie budgétaire et du dogme des 3% ? En d'autres termes est-ce qu'on a changé de monde ou est-ce que vous souhaitez qu'on retourne aux règles anciennes au plus vite ?
Vous avez vu qu'on a su s'affranchir des règles toute l'Europe a pu s'affranchir des règles pour pouvoir protéger les citoyens les entreprises
Est-ce qu'il faut que ce soit durable ?
Ce qu'on fait dans une période telle que celle qu'on a traversée ce n'est évidemment pas ce qu'on peut faire tout le temps vous savez à un moment donné on ne peut pas s'endetter indéfiniment en pensant que les générations futures s'en occuperont donc qu'il faille à un moment donné effectivement revenir à des règles plus classiques quand on est sorti de la crise sanitaire je pense que ça va de soi il n'y a pas d'argent magique
Non mais avouez que c'est absolument c'était inimaginable ce qui s'est produit en tout cas faire exploser toutes ces règles qui étaient présentées comme des dogmes c'était inimaginable il y a encore un an et demi
Mais ce qui s'est produit à l'échelle de la planète d'avoir une pandémie qui touche tous les pays qui a mis l'économie à l'arrêt qui aurait pu mettre des salariés en très grande difficulté c'était inimaginable et je pense que c'est positif que l'Europe ait su réagir et qu'on ait pu le faire en France
Il est midi 40 Elisabeth Borne ministre du travail de l'emploi et de l'insertion est l'invité de questions politiques
France Inter Alibadou
Questions politiques Votre portrait Madame la ministre signée Karine Becker
Vous êtes ministre depuis déjà 4 ans certes vous avez occupé 3 ministères différents mais vous êtes entrée Elisabeth Borne immédiatement dans ce gouvernement présentée comme une personnalité de la société civile ce qui est assez surprenant parce qu'en réalité vous diplômé de l'école polytechnique avez assidûment fréquenté les coulisses de la vie politique vous avez à peine 30 ans quand vous devenez conseillère technique conseillère technique de plusieurs ministres mitterrandistes très rapidement Jean Glavani plus sérieusement Jack Lang et surtout Lionel Jospin Lionel Jospin que vous avez aussi servi à Matignon durant 5 ans sans oublier votre passage à la mairie de Paris urbaniste vous avez été aux côtés cette fois de Bertrand Delanoé ce qui fait au total plus d'une douzaine d'années d'état de service socialiste avant d'être nommé préfète à 52 ans dans la région à l'époque de Ségolène Royal
chaque cas est différent ce que je peux vous dire c'est que dès demain dans chacun des départements les services de l'état vont réunir les agriculteurs pour examiner chaque cas et trouver le bon dispositif
préfète donc première femme préfète de la région Poitou-Charente c'était en 2013 il y a seulement 8 ans et puis de temps en temps enfin assez régulièrement vous avez délaissé Elisabeth Borne la sphère politique pour aller diriger c'est un grand classique quelques-unes des plus grandes entreprises publiques directrice de la stratégie à la SNCF vous aviez 41 ans 13 ans plus tard vous êtes bombardé à la tête de la RATP le métro parisien est-ce que cela fait de vous une représentante de la société civile en tout cas c'est à ce moment-là que vous entrez au gouvernement ministre des transports d'abord ministre du travail aujourd'hui et vous avez été nommé aussi ministre de l'écologie après l'affaire des homards qui a précipitamment poussé vers la sortie François de Rugy
je me jure l'immense honneur qui m'est fait de vous succéder ainsi qu'à Nicolas Hulot à la tête de ce grand ministère je remercie le président de la république et le premier ministre de la confiance qu'ils m'ont toujours témoigné depuis le début du quinquennat et dans la conduite d'importantes réformes
on peut être une bûcheuse Elisabeth Borne une femme sérieuse très sérieuse et se montrer de temps en temps un peu chaleureuse vous depuis 4 ans vous apparaissez comme une ministre méthodique cachée derrière vos dossiers techniques qui jamais sur aucun sujet n'avait souhaité faire de la politique vous avez porté l'une des réformes les plus importantes du quinquennat Macron la réforme du rail qu'on soit pour ou contre c'est une vraie révolution et ce qui est fou Elisabeth Borne c'est qu'on est déjà oublié que c'était vous
je vous remercie de ces images que vous avez ressorties et puis de votre constance dans votre portrait parce que je pense que effectivement vous aviez déjà eu l'occasion de dire que je faisais pas de la politique peut-être ça me donne l'occasion de dire ce que c'est pour moi de faire de la politique vous savez faire de la politique pour moi ça n'est pas vouloir faire parler de moi à tout prix pour moi faire de la politique c'est s'engager pour porter des projets pour porter des politiques au service de mon pays et c'est ce que je fais depuis le début du quinquennat et c'est ce que je vais continuer à faire vous avez lancé d'ailleurs
la première grande réforme du quinquennat puisqu'on parlait de la réforme du rail
oui mais je vous confirme je pense que c'est ma conception c'est pas forcément je vous dis de me pousser sur le devant de la scène ou de vouloir faire parler de moi à tout prix ma conception c'est de porter des dossiers dont je pense qu'on peut partager le fait qu'ils n'ont pas tous été simples et d'essayer de les mener à bien au mieux dans l'intérêt de mon pays la politique c'est aussi le suffrage universel
un certain nombre de vos collègues vont se présenter aux élections régionales vous votre nom avait circulé à plusieurs reprises pour les municipales à Caen pour les régionales en Normandie et finalement vous n'y allez pas pourquoi ?
alors je suis aujourd'hui vous savez ministre du travail de l'emploi et de l'insertion
du travail en général
on va dire et moi je suis en permanence sur le terrain avec les élus avec les missions locales avec Pôle emploi pour accompagner au mieux les français les jeunes dans la crise
ça veut dire qu'en creux vous savez que c'est une critique très dure vis-à-vis de vos collègues du gouvernement qui eux sont candidats
mais peut-être ma façon de faire c'est que là j'ai considéré que je devais me consacrer à 100% à ce que je fais évidemment je m'impliquerai pour soutenir nos candidats dans la campagne mais j'ai pas considéré que c'était compatible avec mes conditions
il n'y a pas de refus d'obstacles parce que les municipales vous avez dit vraiment j'ai envie du combat politique mais je vous confirme
je vous confirme qu'un mandat local ça m'intéresse parce que je vous ai dit ma vision de la politique au niveau national je pense que c'est aussi très important de pouvoir s'engager pour un territoire pour ses habitants il se trouve que les circonstances ne sont pas permises mais ça reste effectivement quelque chose que je veux faire
on a cru comprendre qu'il fallait faire barrage au Rassemblement National en PACA d'où la fusion l'espèce de liste entre LR Renaud Muselier et la REM on a cru comprendre que c'était un peu différent dans les Hauts-de-France et qu'il fallait faire barrage avec Xavier Bertrand si la liste la REM est en position de peser est-ce qu'il faut tout faire pour faire barrage en l'occurrence à Sébastien Chenu et au Rassemblement National dans le Nord enfin dans les Hauts-de-France y compris ce que tirait
je crois que c'est important de revenir sur les enjeux de ces élections parce que ça éclaire aussi la position que la majorité prend dans ces différentes régions les régions ce sont des acteurs extrêmement importants au moment où nous sommes où il s'agit de faire repartir notre économie et de s'assurer que chacun peut monter dans le train de la reprise vous savez que les régions elles sont compétentes sur le développement économique elles sont aussi compétentes dans des sujets qui me concernent de près qui est la formation des jeunes et des demandeurs d'emploi qu'on ait demain des régions qui travaillent la main dans la main avec l'État dans l'intérêt dans l'intérêt du pays c'est extrêmement important alors voilà pour le cours
d'éducation civique alors maintenant le rassemblement c'est important de rappeler les choses
je pense que c'est important de rappeler les enjeux qui se jouent dans ces régionales et qui font qu'en PACA en effet avec un président de région avec lequel on a bien travaillé on a un projet en commun de 5 milliards d'euros de plan de relance en PACA et avec Xavier Bertrand vous avez bien travaillé aussi a priori non ?
attendez Xavier Bertrand enfin il fait partie de ceux qui considèrent que les régionales c'est le marchepied des présidentielles je crois qu'il a dit et il n'est pas le seul vous avez raison de le dire et effectivement il ne souhaite pas il a dit très clairement qu'il ne voulait pas le rassemblement c'est son choix de risquer le cas échéant de faire gagner le rassemblement national
c'est votre choix aussi d'envoyer Eric Dupond-Moretti de muscler la liste l'arrêt je l'ai dit
c'est un enjeu important c'est normal que
certains collègues puissent appliquer que doit faire la liste l'AREM
je pense que vous savez la république en marche elle a toujours été très claire sur le fait de refuser enfin de faire barrage au front national de se rassembler de se rassembler pour faire barrage au front national pour se rassembler pour se rassembler il faut être plusieurs moi j'entends Xavier Bertrand qui dit qu'il ne veut en aucun cas du rassemblement donc on verra au soir du premier tour la situation au cas par cas dans chacune des régions oui donc il n'y a pas de front républicain vous pouvez vous mettre on verra au cas par cas on se rassemble pas tout seul
c'est qu'en l'occurrence vous avez participé donc Karine le rappelait dans votre portrait à la primature sous Lionel Jospin il est matignon et cette aventure politique qui s'est donc terminée un certain 21 avril 2002 est-ce que vous êtes 20 ans après encore traumatisé par l'événement et qu'est-ce qui fait que vous n'avez pas de réponse que vous parlez de cas par cas et non pas d'une règle générale c'est juste pour comprendre
j'ai été très clair je dis qu'on avisera au cas par cas la meilleure façon de faire barrage au Front National je n'ai aucun doute sur le fait qu'il faut faire barrage au Front National moi je pense que le Front National malgré son vernis de respectabilité n'a pas changé et donc qu'il faut continuer à faire barrage à un parti qui veut dresser les français les uns contre les autres qui incite enfin qui surfe sur les peurs voilà je n'ai aucun doute sur le sujet mais ce sont des ennemis je ne vais pas vous dire ça c'est une force politique de notre pays je dis simplement que son projet je dis que leur projet je pense n'est pas le bon pour notre pays ensuite il y a des électeurs qui se tournent vers eux en ne partageant pas je pense l'ADN historique qui n'a pas changé du Front National mais parce qu'ils sont ils peuvent être inquiets ils peuvent se sentir déclassés je pense que c'est très important de parler à ces français qui sont inquiets pour leur dire qu'on a su les protéger dans la crise et je pense que ça a bien été le cas qu'on s'est mobilisé massivement pour les protéger dans la crise qu'on va faire rebondir notre pays et qu'ils y auront évidemment toute leur place
et est-ce que la stratégie que finalement la République En Marche a adoptée en PACA de s'allier dès le premier tour telle qu'elle s'est alliée aux républicains aux partis des républicains à nos museliers est-ce que vous avez le sentiment que c'est la meilleure stratégie pour éviter l'arrivée du Rassemblement National dans cette région ?
Moi je vous ai dit que notre logique c'est de tout faire pour qu'il y ait demain à la tête des régions des exécutifs avec lesquels on peut travailler pour faire repartir notre pays Et moi je vous demande est-ce que la manière dont ça s'est ficelé
est-ce que c'était effectivement la meilleure manière de faire ?
La manière dont ça s'est passé elle était logique avec un président de région avec lequel on travaille depuis tous ces derniers mois avec lequel on a préparé un plan de relance pour la région PACA et donc c'est cette logique là qui a prévalu
Mais au final ça a affaibli ou ça a renforcé le Rassemblement National ce qui s'est passé ?
Ecoutez moi je ne vais pas épiloguer pour savoir si c'est fin
Les élections n'ont pas encore eu lieu et nous ne devons pas trop parler des régionales et des régions en particulier c'est une question plus générale que je vais vous donc vous poser Est-ce que vous êtes encore de gauche et est-ce que vous vous sentez bien dans un gouvernement vous parliez de Bruno Le Maire tout à l'heure aux côtés de ministres qui viennent de la droite et qui s'assument toujours de droite c'était impensable à l'époque où Lionel Jospin par exemple était à Matignon 20 ans après est-ce que ça vous semble normal ?
Ecoutez moi je m'assume de gauche je suis depuis toujours attaché à des valeurs de solidarité d'égalité des chances c'est exactement ce que je porte à la tête de mon ministère vous savez qu'on se mobilise de façon inédite en faveur de la jeunesse on peut aussi rappeler qu'on a accompagné les demandeurs d'emploi depuis le début de la crise que depuis le mois de novembre on a prolongé les droits des demandeurs d'emploi les allocations des demandeurs d'emploi arrivées en fin de droit c'est plus de 800 000 demandeurs d'emploi qu'on a protégé c'est 3 milliards d'euros on a mis en place des aides exceptionnelles pour les travailleurs précaires pour leur assurer un revenu minimum de 900 euros par mois c'est plus de 600 000 travailleurs précaires qui en ont bénéficié
Mais le centre de gravité de la majorité présidentielle s'est déplacé vers la droite c'est la perception je ne vois pas pourquoi
vous dites ça moi ce que je veux vous dire c'est que
c'est une étude de sévipof menée par Ipsos l'institut Jean Jaurès c'est en partenariat avec le journal Le Monde qui indique très clairement que pour les français il y a la perception que la république en marche s'est déplacée vers la droite que son centre de gravité s'est déplacé vers la droite
ça veut sans doute dire qu'il faut qu'on montre mieux ce qu'on fait pour protéger les français pour assurer l'égalité des chances dans notre pays pour permettre à chacun d'être protégé dans la crise tout ça c'est ce qu'on porte depuis le début de la crise justement on a l'impression
que ce qui doit être l'aile gauche de la majorité à savoir territoire de progrès on n'en entend pas énormément parler pourquoi ? première question deuxième question Manuel Valls émet manifestement des vérités de rentrée dans son pays en France qui maintenant est son vrai pays dit-il est-ce que vous lui dites bienvenue Manuel à territoire de progrès tu fais partie d'un élément important pour l'avenir
territoire de progrès est présent dans les élections peut-être que ces élections et ce que vous en évoquiez montrent bien que ça tourne à des histoires de casting et à des préparations présidentielles pour beaucoup mais territoire de progrès est présent dans ces élections régionales quant à Manuel Valls moi je ne sais pas ce qu'il veut faire ce que je peux lui dire c'est que le projet du président de la république il a bien à coeur de permettre le rebond de notre pays d'assurer l'égalité mais vous le connaissez bien
Manuel Valls
je vous confirme que je le connais vous faisiez partie de la bande
on y revient toujours mais vous faisiez partie donc de la bande à Jospin à l'époque on se connait bien
et je pense vous le connaissez bien
vous avez travaillé avec lui c'est la raison pour laquelle il faut répondre
clairement à Nathalie mais je pense qu'il peut tout à fait se retrouver dans la politique que porte le gouvernement donc bienvenue mais pourquoi pas
Solène Doré
les violences qui ciblent la police ne cessent d'augmenter elles ont doublé en 15 ans pensez-vous comme Gérald Darmanin le ministre de l'Intérieur que la France est menacée je le cite d'ensauvagement
Ecoutez je pense que c'est un sujet sensible et qu'évidemment on doit tout faire pour protéger nos policiers on a eu un certain nombre de drames récemment je peux vous dire qu'on est évidemment mobilisés pour protéger les commissariats pour durcir les sanctions à l'égard de ceux qui s'en prennent à nos policiers à nos forces de l'ordre que le garde des Sceaux vient d'adresser une instruction très claire en demandant au procureur d'être intransigeant vis-à-vis de ceux qui s'en prennent aux forces de l'ordre donc il faut évidemment être très vigilant dans un pays où comme sans doute ailleurs dans le monde il y a plus de violence
Mais pour prolonger la question de Solène de Royer est-ce qu'on est dans le bon équilibre en ce moment en France entre la police et la justice ?
C'est un sujet compliqué vous savez moi en tant qu'ancienne préfète comme vous l'avez rappelé je mesure parfaitement le découragement des policiers quand un certain nombre de décisions de justice ne vont pas dans le sens de ce qu'ils attendent mais je pense qu'on est aussi en train de payer des années de sous-investissement dans la justice et c'est bien pour ça que le Premier ministre a tenu à ce qu'on renforce les moyens de la justice comme on ne l'avait jamais fait et qu'ensuite il faut évidemment que la police que les forces de l'ordre et la justice travaillent ensemble au mieux et c'est ce à quoi s'emploient Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti
Le président de la République Emmanuel Macron a donné un grand entretien à la revue Zadig un grand entretien où il expose sa France en l'occurrence Nathalie Saint-Cric vous l'avez lu
Oui je l'ai lu Comment comprenez-vous l'expression qu'il emploie à un moment donné en disant qu'il était un enfant roi est-ce qu'il y a encore des traits de caractère qui se retrouvent aujourd'hui dans sa façon d'exercer le pouvoir et qui seraient justement les traces ou les stigmates de ce côté enfant roi qu'il avait quand il était petit
Elisabeth Borne
Je pense qu'il faut sortir
des caricatures cet entretien il lui permet Ah non c'est lui qui emploie le terme c'est pas moi qui lui permet Oui oui je pense qu'on voit bien le rapprochement que vous pourriez vouloir faire je pense que c'était important qu'il puisse donner sa vision du pays y compris des racines des crises qu'on a pu vivre ces derniers mois et que notre pays a connues puis qu'il redise aussi tous les atouts toute la confiance qu'on peut avoir sur la capacité de rebond de notre pays moi c'est ce que j'en ai retenu
et la Seine-Saint-Denis qui ressemblerait à la Californie sans la mer est-ce que c'est pas osé comme vision quand on voit le rapport qui avait été fait sur les faibles moyens en Seine-Saint-Denis et la difficulté évidemment il faut
accompagner la Seine-Saint-Denis je crois qu'il faut aussi valoriser l'énergie qu'on peut avoir dans un territoire comme la Seine-Saint-Denis vous savez que ça doit être un des territoires dans lequel il y a le plus jeune qui crée et qui crée des entreprises donc je pense qu'il faut aussi sortir de l'image qu'on véhicule trop souvent de la Seine-Saint-Denis c'est un territoire qui a beaucoup d'énergie et beaucoup d'atouts
et il compare aussi la période actuelle au Moyen-Âge à l'aube d'une renaissance est-ce que cette analyse cette analogie présidentielle vous parle vous paraît pertinente ?
je pense qu'on peut se dire qu'on arrive peut-être à la fin d'un cycle où on va pouvoir rebondir et créer autre chose la crise elle nous a fort la crise sanitaire absolument inédite et qui était impensable il y a encore quelques mois elle va forcément nous amener à changer à revoir sans doute à remettre en perspective beaucoup de choses
mais on ne voit pas encore le monde d'après on ne voit pas encore se profiler la renaissance alors il y avait l'imprimerie dont parle le président de la république dans son grand entretien voilà à quel signe est-ce que vous voyez que l'on sort de l'obscurité pour nous acheminer vers la lumière ?
je pense que la crise elle accélère toutes les transitions qui étaient déjà à l'oeuvre la transition écologique par exemple et je crois qu'aujourd'hui c'est vraiment un enjeu absolument majeur donc il va falloir se saisir qu'il va falloir inventer une économie de demain qui sera plus numérique plus écologique qui prendra mieux en compte le vieillissement de la population donc toutes ces transitions qu'on est en train de vivre moi je pense qu'on a beaucoup d'atouts pour le faire ça pose des défis considérables en termes de compétences d'adaptation des compétences des salariés vous savez Boris Cyrulnik disait l'autre jour on fera 5 métiers au cours de sa vie et bien ça veut dire que l'effort qu'on fait depuis le début du quinquennat sur la formation continue des outils comme ceux qu'on a inventés dans la crise transition collective pour permettre aux salariés dont les emplois sont menacés d'aller vers d'autres métiers et bien c'est des outils qui seront fondamentaux dans un monde qui va changer de plus en plus vite
est-ce que vous avez félicité N'Golo Kante
aïe aïe
non
alors non manifestement
vous savez qui c'est quand même il a joué à Chelsea et il a gagné la Champions League hier et c'est effectivement formidable merci en tout cas Elisabeth Borne d'avoir été l'invité de questions politiques on vous souhaite un dimanche chatoyant ensoleillé à l'extérieur il fait beau à l'extérieur de ce studio à l'intérieur aussi bonne fête à toutes les mères merci Solène de nous avoir accompagné tout au long de cette saison merci à Alexandre Gilardi et à l'équipe technique de questions politiques et quant à nous on vous donne rendez-vous dimanche prochain merci à tous
merci à tous merci à tous
Élisabeth Borne