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InterviewFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 6 octobre 2026 40 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Mouvement lycéen : quelles réponses apporter aux revendications ?

Au micro : Guillaume Erner Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 43 %Défensif 27 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:07OuverteRéponse directe

    Les mobilisations lycéennes s'intensifient depuis le début de la semaine dernière. Comment analysez-vous cette colère ?

  • 0:47OuverteRéponse directe

    La France investit environ 2% de son PIB dans l'enseignement secondaire. Est-ce que ce chiffre est satisfaisant ?

  • 1:19OuverteRéponse directe

    Où va l'argent alloué à l'éducation nationale ?

  • 4:43RelanceRéponse partielle

    Il y a deux paramètres : le salaire des profs et la dépense par élève. Comment les concilier ?

  • 6:38OuverteRéponse directe

    Pourquoi les lycéens ne ressentent-ils pas cette dépense supérieure par élève ?

  • 9:28OuverteRéponse directe

    Qu'en est-il des inégalités territoriales dans l'éducation ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:12PrésentateurChiffre
    « 1,2 milliards d'euros sont prévus pour l'éducation nationale ainsi que la suppression de 1250 postes de personnel. »
  • 1:03PrésentateurChiffre
    « La France investit environ 2% de son PIB dans l'enseignement secondaire, ce qui est dans la moyenne de l'OCDE. »
  • 2:45PrésentateurChiffre
    « D'après les chiffres que j'ai, quasiment 17 000 euros par élève, alors que la moyenne est à 13 400 euros par élève et par an. »
  • 2:52InvitéChiffre
    « Les chiffres de l'éducation nationale, c'est 13 000 euros par élève au lycée, en lycée général et technologique. »
  • 2:59InvitéChiffre
    « Et au niveau du lycée professionnel, 15 000. »
  • 3:07InvitéChiffre
    « On est à 18 élèves par classe en lycée professionnel et à 30 élèves par classe au lycée général et technologique. »
  • 4:15InvitéChiffre
    « Le service des enseignants agrégés est de 15 heures par semaine. Il est de 18 heures pour les certifiés et de 24 heures pour les professeurs des écoles. »
  • 4:58PrésentateurChiffre
    « Il est de 50 000 dollars en moyenne en France, alors qu'on est au-dessus de 63 000 dollars à l'échelle de l'OCDE. »
  • 20:50InvitéFait
    « Il faudrait déjà qu'on ne soit pas 35 par classe. »
  • 22:05InvitéFait
    « En été, on est complètement en train de chauffer. Donc déjà, on est nombreux. Ensuite, on doit travailler. Mais il fait très, très chaud. »
  • 22:08InvitéFait
    « En hiver, on congèle. »
  • 30:58InvitéFait
    « C'est lié au manque de moyens pour l'enseignement supérieur qu'il faut résoudre. »
  • 33:57InvitéChiffre
    « il faut avoir, je crois, quasiment 17 à l'écrit de français pour entrer à Sciences Po »
  • 34:02InvitéFait
    « M. Vassi fait de la discrimination sociale, essentiellement. »
  • 34:39InvitéChiffre
    « la moyenne était, il me semble, à 9,80. »
  • 35:50InvitéFait
    « il faut maintenir les postes d'enseignants à minima »
  • 36:30InvitéFait
    « Il faut créer des places dans le supérieur »
  • 36:53InvitéChiffre
    « 12 milliards nécessaires pour l'éducation »

Temps de parole

  • Invité41 %
  • Présentateur22 %
  • Invité 212 %
  • Invité 311 %
  • Invité 410 %
  • ?4 %

≈ 26,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Locuteur

Les

0:02
Présentateur

Matins de France Culture, Guillaume Erner. Les mobilisations lycéennes. Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a annoncé son projet de loi de finances le jeudi 1er octobre. 1,2 milliards d'euros sont prévus pour l'éducation nationale ainsi que la suppression de 1250 postes de personnel. Ce qui n'a pas aidé à calmer la colère des lycéens. Depuis le début de la semaine dernière, les blocus, la violence des mobilisations s'intensifient. Pour comprendre ce qui ne va pas dans ce système, nous sommes en compagnie de l'économiste Élise Huilleri. Bonjour. Bonjour. Vous êtes professeure des universités à l'université Paris-Dauphine et à l'école normale supérieure.

Spécialiste de l'éducation, de la pauvreté, des inégalités sociales. Mais alors, si on prend les chiffres bruts, Élise Huilleri, pour la France, ils ne sont pas si mauvais que ça. Et si on prend donc le pourcentage, mais vous allez nous aider à décrypter ce pourcentage, parce que seul, il ne parle pas en pourcentage du PIB. La France investit environ 2% de son PIB dans l'enseignement secondaire,

1:09
Locuteur

ce

1:09
Présentateur

qui est dans la moyenne de l'OCDE. Pour le collège, on est légèrement sous la moyenne, mais pour le lycée, on est au-dessus de la moyenne. Alors, j'ai envie de vous demander où va l'argent, où est l'argent

1:23
Locuteur

? Alors,

1:24
Invité

pour reprendre d'abord effectivement les constats, on a

1:28
Locuteur

un

1:29
Invité

pourcentage du PIB consacré à l'éducation globalement, qui est proche de la moyenne européenne, qui est proche de la moyenne de l'OCDE. Donc, si on regarde l'effort budgétaire pour l'éducation globalement, il est équivalent. La grande différence de la France par rapport aux autres pays riches, c'est que la dynamique démographique a été beaucoup plus soutenue en France, encore dans les années 2000 et 2010, par rapport à ces autres pays. Donc, consacrer la même part de sa richesse à l'éducation, alors qu'on a plus d'élèves qu'ailleurs, ça veut dire consacrer moins de dépenses par élève qu'ailleurs. Et ça,

2:05
Locuteur

c

2:05
Invité

'est un premier constat qu'il faut bien avoir en tête, c'est que comme la France a plus d'enfants, plus d'élèves, plus d'étudiants, elle devrait consacrer une part du PIB plus élevée que les autres pays pour avoir la même dépense par élève. Et donc, si on regarde la dépense par élève, en fait, elle est inférieure aux autres pays dans le premier degré, donc au primaire. Elle est inférieure au collège. Elle est légèrement supérieure au lycée que les autres pays par élève, encore une fois. Elle est très inférieure pour les étudiants. Alors, je vais revenir justement sur cette anomalie, cette petite exception au lycée. La France dépense plus par élève au lycée que ses voisins européens et que

2:44
Locuteur

les autres secteurs. D'après les chiffres

2:45
Présentateur

que j'ai, quasiment 17 000 euros par élève, alors que la moyenne est à 13 400 euros par élève et par an.

2:52
Invité

Alors, les chiffres de l'éducation nationale, c'est 13 000 euros par élève au lycée, en lycée général et technologique. Ce n

2:58
Locuteur

'est

2:58
Invité

pas 17 000, c'est 13 000. Et au niveau du lycée professionnel, 15 000. La taille des classes en lycée professionnel est très nettement inférieure à la taille des classes en lycée général et technologique. On est à 18 élèves par classe en lycée professionnel et à 30 élèves par classe au lycée général et technologique. Là, je parle de moyenne nationale, ce qui correspond donc à cet effort de 13 000 et 15 000. Dans les autres pays, pour le lycée, on est plutôt autour de 11-12 000 par élève, par rapport à 13 000 en France. Donc, on est au-dessus. On est au-dessus. Alors, qu'est-ce qui fait que les élèves ne le ressentent pas

3:30
Locuteur

?

3:31
Invité

Pourquoi on est au-dessus ? C'est que nos enseignants au lycée sont majoritairement des enseignants agrégés.

3:38
Locuteur

Les

3:38
Invité

enseignants agrégés ont deux spécificités par rapport aux enseignants certifiés ou professeurs des écoles, c'est-à-dire les enseignants qui sont majoritairement au collège pour les certifier, et les professeurs des écoles en primaire. C'est que, d'une part, leur rémunération est nettement plus élevée,

3:53
Locuteur

à

3:53
Invité

peu près 1 200 euros en plus par mois, par rapport à un professeur des écoles, 1 000 euros de plus par mois par rapport à un professeur agrégé. Donc, on a des salaires, et c'est tout à fait souhaitable, qui sont tout à fait corrects pour les enseignants agrégés et nettement supérieurs aux autres enseignants, ce qui, évidemment, a un impact direct sur la dépense par élève. Et d'autre part, le service des enseignants agrégés est de 15 heures par semaine. Il est de 18 heures pour les certifiés et de 24 heures pour les professeurs des écoles. Ce qui veut dire quoi ?

Ce qui veut dire qu'à la fois, il faut plus d'enseignants pour le même volume horaire, et ces enseignants sont rémunérés avec des salaires plus élevés. Ce qui explique que la dépense par élève est plus élevée, alors que les élèves ne le ressentent pas, parce que dans les classes, si on parle du général et technologique, ils sont 30 par classe.

4:43
Présentateur

Mais alors, attendez, parce qu'en fait, il y a deux paramètres. Il

4:45
Locuteur

y

4:45
Présentateur

a évidemment le salaire des profs, il est bas en France. Tout à fait. Il est plus bas en France qu'ailleurs. D

4:52
Locuteur

'après

4:52
Présentateur

les chiffres que j'ai, il est même plus bas de manière conséquente. J'ai des chiffres en dollars. Il est de 50 000 dollars en moyenne en France, alors qu'on est au-dessus de 63 000 dollars à l'échelle de l'OCDE, donc significativement plus bas. Et de même, il travaille plus, les profs en France, que la moyenne. Donc il est doublement plus bas, si

5:19
Invité

j'ose dire. Donc là, vous parlez globalement. Effectivement, globalement, quand on prend les professeurs des écoles, les professeurs certifiés, les professeurs agrégés, on a des salaires moyens qui sont nettement en dessous des autres pays, avec des volumes horaires de travail. Alors là, j'ai parlé des heures statutaires. Évidemment, en moyenne, et ça, il faut quand même que je le dise, les professeurs travaillent plus de 41 heures par semaine, en comptant la préparation, les copies, etc. Donc, on a des enseignants qui sont globalement moins bien payés qu'ailleurs, qui travaillent comme les autres salariés d'ailleurs. 41 heures par semaine, c'est comme des niveaux cadre.

Et c'est important de faire la différence entre les professeurs agrégés, qui ne travaillent pas moins d'heures que les autres, évidemment, mais qui ont un volume statutaire moins important de 15 heures par semaine, parce qu'ils ont plus de correction de copies et plus de préparation de cours. Et c'est pour ça, c'est juste pour expliquer pourquoi les professeurs agrégés, étant plus payés, ayant un volume statutaire moins important, ce qui ne

6:15
Locuteur

veut

6:15
Invité

pas dire qu'ils travaillent moins que les autres, encore une fois, la dépense au lycée est supérieure aux autres niveaux. Ça, c'est important de l'avoir en tête. Et ça ne veut pas dire, et c'est vraiment ça qui est important, ça ne veut pas dire que les élèves ressentent en classe des meilleures conditions d'apprentissage, puisque cet investissement par élève est tendu au salaire et au nombre de professeurs agrégés supérieurs.

6:38
Locuteur

En

6:38
Invité

classe, ils sont 30 élèves par classe.

6:40
Locuteur

Ils

6:41
Invité

sont très nombreux. Et donc, ils ne ressentent pas cette dépense supérieure par

6:45
Locuteur

rapport aux autres niveaux.

6:45
Invité

Alors,

6:46
Locuteur

attendez, 18 de riz, parce que

6:47
Présentateur

c'est ça que je n'arrive pas à comprendre. Donc, les salaires des enseignants en France sont bas. J'ai des chiffres complètement en Allemagne. J'ai le chiffre de 60 000 euros bruts pour un prof en début de carrière. Tout à fait. Alors qu'en France, c'est la moitié. Donc,

7:02
Locuteur

c'est quand même

7:03
Présentateur

significativement plus bas. Donc, on a des salaires plus bas. Plus bas.

7:10
Locuteur

Et

7:10
Présentateur

pour autant, on a une dépense plus haute par élève. Non.

7:14
Locuteur

Là, vous confondez deux choses. Au lycée.

7:16
Invité

Voilà. Je parle de lycée uniquement. Alors, au lycée, si on compare que à l'Allemagne, et l'Allemagne est un peu une exception par rapport à tous les pays européens, le Canada, les Etats-Unis. L'Allemagne a des salaires enseignants qui sont

7:29
Locuteur

très,

7:30
Invité

très élevés. Donc, on va effectivement, si on se compare à l'Allemagne, on aura toujours des salaires extrêmement bas. Par contre, si on compare les salaires des enseignants agrégés, encore une fois, les salaires des enseignants agrégés

7:43
Locuteur

sont

7:44
Invité

dans la moyenne des autres pays. Donc, c'est les autres salaires qu'il faut remonter. Les salaires des enseignants professeurs des écoles, certifiés, sont nettement en dessous des agrégés, nettement en dessous de la moyenne des autres pays. Donc, c'est sur ces salaires-là qu'il faut réellement faire un effort. Pour ce qui est des conditions d'apprentissage, là où il faut faire un effort pour le lycée, c'est la taille des classes. Et, comme je le disais, ce n

8:13
Locuteur

'est

8:13
Invité

pas parce qu'ils ont une dépense par élève plus élevée qu'ils ont des tailles de classe plus faibles. Ce n'est pas le cas. C'est parce que, comme j'ai essayé d'expliquer, on a besoin de beaucoup de profs agrégés et on a besoin de les payer bien. Et donc, en fait, les tailles des classes restent trop élevées à 30 élèves par classe. Donc, l'effort sur les salaires, il doit être porté en priorité sur les professeurs des écoles et les professeurs certifiés.

8:37
Locuteur

Mais,

8:38
Invité

pour ce qui est du lycée, l'effort doit être porté sur la pénurie d'enseignants. La pénurie d'enseignants, elle se traduit par

8:45
Locuteur

des

8:46
Invité

volumes de classes qui sont trop élevés. Elle se traduit aussi par

8:51
Locuteur

des

8:52
Invité

taux de remplacement qui sont trop faibles.

8:54
Locuteur

Elle

8:54
Invité

se traduit également par des enseignants, des proportions de contractuels qui doivent remplacer le manque de profs, d'enseignants titulaires. Donc,

9:04
Locuteur

c

9:04
Invité

'est ça que les lycéens disent. Les lycéens, ils n'ont pas l'idée des salaires de leurs enseignants. Ce n

9:08
Locuteur

'est

9:08
Invité

pas ça dont ils parlent. Donc, on n'a pas... Il faut bien dissocier deux problèmes. Le problème des salaires qui sont plutôt pour le collège et l'école.

9:17
Locuteur

Et

9:17
Invité

le problème des tailles des classes, des remplacements

9:20
Locuteur

et

9:21
Invité

des contractuels, donc du turnover des profs. Et ça, c'est la pénurie d'enseignants qui vaut aussi pour le lycée. Alors, ça,

9:28
Locuteur

c

9:28
Invité

'est compris.

9:29
Présentateur

Il y a, semble-t-il, aussi dans cette colère lycéenne et même parfois aussi un peu des collégiens, il y a le sentiment d'une profonde inégalité territoriale. Élise Huilleri, qu'en est-il lorsque vous observez les choses comme économiste

9:47
Locuteur

? Alors,

9:48
Invité

les inégalités territoriales sont effectivement massives et justement, en rapport avec ce dont je parlais, la pénurie d'enseignants. La pénurie d'enseignants, elle ne se traduit pas du tout de la même manière en fonction des territoires. Prenons un exemple, c'est les candidats aux concours.

10:07
Locuteur

Les

10:08
Invité

candidats aux concours, alors pour les concours de l'agrégation et du CAPES, c'est des concours nationaux. Donc, on ne candidate pas dans une académie. Donc, je vais parler du concours des professeurs des écoles qui est académique.

10:18
Locuteur

Vous

10:19
Invité

avez un nombre de candidats, par exemple dans l'académie de Créteil, qui est de 0,6 candidats pour un poste.

10:28
Locuteur

On

10:28
Invité

a moins de candidats que de postes dans l'académie de Créteil.

10:32
Locuteur

Pour

10:32
Invité

d'autres académies qui sont beaucoup plus attractives, comme l'académie de Rennes, l'académie de Nantes, l'académie de Bordeaux, on est à 3 ou 4 candidats par poste. Donc, ça donne une idée.

10:43
Locuteur

Ça

10:44
Invité

donne une idée de l'attractivité des académies du point de vue des enseignants. Et j'ai pris cet exemple des candidats au concours parce que, du coup, on peut chiffrer l'attractivité grâce à la mesure dont je viens de parler. Mais

10:57
Locuteur

cette

10:58
Invité

attractivité, elle se ressent évidemment au collège et au lycée par les demandes de mobilité des enseignants. Un enseignant qui a des points va demander à changer d'académie et les demandes sont justement de partir des académies qui accueillent les populations les plus défavorisées, comme l'académie de Créteil, pour aller, quand on a suffisamment de points, dans des académies dans lesquelles les élèves sont plus favorisés et les conditions d'enseignement du point de vue des enseignants vont être plus faciles.

Donc, on a effectivement des inégalités territoriales qui vont faire que les enseignants les plus expérimentés, qui ont plus de points que les autres, vont quitter les établissements les plus défavorisés pour aller vers les établissements plus favorisés, ce qui est une inégalité puisqu'un élève défavorisé va avoir une double peine. Non seulement, lui, en tant qu'élève, il a moins de chances que les autres et en plus, il a des enseignants qui sont plus jeunes et moins expérimentés qu'un étudiant favorisé.

12:03
Présentateur

Au niveau du bâti, parce qu'on a beaucoup entendu

12:06
Locuteur

parler

12:07
Présentateur

du bâti, de la question des locaux, est-ce qu'il y a, là aussi, des inégalités territoriales ? Parce qu'on insiste beaucoup sur un système à la française qui est un système national. On a tendance à dire qu'un système national, c'est quelque chose de spécifique à notre pays. Alors, est-ce qu'il y a une péréquation des investissements qui sont équivalents dans les différents établissements ou bien, au contraire, des inégalités ?

12:34
Invité

Alors, pour le bâti scolaire, c'est géré par les collectivités territoriales et pas par le ministère. Le ministère s'occupe des enseignants et les collectivités territoriales s'occupent du bâti scolaire, entre autres choses. Et le bâti scolaire, là, on a du mal à comprendre. Moi, en tant qu'économiste, j'ai du mal à comprendre comment une région

12:55
Locuteur

qui

12:56
Invité

doit financer les réparations, l'entretien ou la construction de nouvelles infrastructures pour les lycées, comment est-ce qu'elle pourrait décider de moins investir pour un lycée à Créteil par rapport à un lycée favorisé, par exemple, parisien ? Vous

13:16
Locuteur

avez du mal à le

13:17
Invité

comprendre, c'est-à-dire ? C'est-à-dire qu'on observe de fait,

13:20
Locuteur

on

13:21
Invité

observe de fait, là, la revendication,

13:22
Locuteur

elle

13:22
Invité

est partie, alors elle est partie en fin août des lycées de Mayotte. Et ensuite, elle est partie d'un lycée de Créteil, en septembre. Et ces lycéens décrivent des situations de sous-investissement dans le bâti scolaire

13:35
Locuteur

qui

13:36
Invité

sont à la fois surprenants et évidemment indignes. Donc, qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce qu'il se passe au niveau de la région d'Île-de-France qui pourrait expliquer, et ça, moi, je ne le sais pas,

13:49
Locuteur

je

13:49
Invité

ne

13:50
Locuteur

sais pas comment les décisions...

13:51
Présentateur

Pardonnez-moi, parce que ça n'est pas au niveau de l'Académie de Créteil, c'est au niveau de l

13:55
Locuteur

'Île-de-France. Au niveau de l'Île-de

13:56
Invité

-France, voilà. Les lycées sont gérés par les régions.

13:58
Locuteur

On ne peut pas

13:58
Présentateur

imaginer que certains lycées aient été oubliés sous deux...

14:02
Invité

Voilà, c'est ça qu'il faut essayer de comprendre. Et là, c'est quelque chose comment

14:10
Locuteur

l

14:10
Invité

'éducation des moyens par rapport aux bâtis scolaires est faite au niveau régional et comment expliquer

14:15
Locuteur

qu

14:16
Invité

'effectivement, ces lycéens à Créteil vivent dans des... Enfin,

14:20
Locuteur

font

14:20
Invité

et étudient dans des lycées qui, manifestement, auraient dû bénéficier d'investissements qu'ils n'ont pas eus.

14:26
Locuteur

Élise

14:27
Présentateur

Huillerie, une question.

14:28
Locuteur

Quand

14:29
Présentateur

dites-vous qui faites des comparaisons internationales, est-ce que l'investissement dans le domaine éducatif est proportionnel ? On a bien compris qu'évidemment, c'était essentiel pour les enseignants qui avaient un certain nombre de critères objectifs, nombre d'élèves par classe, par exemple. Est-ce que l'investissement dans l'enseignement est proportionnel à la qualité de l'enseignement ? Et là aussi, je vous laisse définir ce que peut être la qualité de l'enseignement. Alors, on a des idées, par exemple, en termes de résultats, les scores PISA, par exemple, mais après tout, on peut effectivement essayer de réfléchir à la notion de qualité d'un enseignement. qu'est-ce que ça veut dire

15:10
Invité

? Alors,

15:10
Locuteur

c

15:11
Invité

'est très important comme question.

15:12
Locuteur

On

15:13
Invité

a des preuves empiriques basées sur les travaux de recherche que

15:18
Locuteur

l

15:18
Invité

'investissement dans l'éducation produit des apprentissages qui produisent des niveaux de qualification plus élevés, qui produisent in fine de la productivité, de l'emploi, de l'innovation et des recettes fiscales suffisantes pour rembourser l'investissement dans l'éducation. Donc, on a cette preuve-là. Je vais essayer de vous donner des exemples. Parce que ça, c'est au niveau très global. La dépense d'éducation produit des effets sur les apprentissages

15:46
Locuteur

et qui

15:47
Invité

se traduisent à moyen et long terme par davantage d'emplois et de salaires, de productivité, qui remboursent la dépense d'éducation. Donc, c'est très important de l'avoir en tête. Ça veut dire que l'éducation n'est pas une dépense, c'est un investissement. Et pour préciser pourquoi, par exemple, ce qui a pu être démontré, c'est que réduire la taille des classes, donc c'est un investissement dans l'éducation, réduire la taille des classes, ça veut dire recruter des nouveaux enseignants. Réduire la taille des classes

16:13
Locuteur

a

16:13
Invité

des effets suffisants sur les apprentissages des élèves, positifs,

16:19
Locuteur

de

16:19
Invité

telle manière que c'est une dépense qui se rembourse elle-même dans le moyen et le long terme. Les salaires des enseignants,

16:26
Locuteur

les

16:27
Invité

salaires des enseignants n'ont pas d'effet, et ça, c'est quelque chose que je dois dire, n'ont pas d'effet sur l'effort que fait l'enseignant quand il est enseignant. Les enseignants font un maximum d'efforts, mais ça a des effets très importants sur les candidatures et les sorties, donc les entrées, les sorties. Et

16:43
Locuteur

un

16:44
Invité

travail très récent a montré que les enseignants,

16:48
Locuteur

quand

16:49
Invité

ils ont des salaires plus élevés, les candidats vont être de meilleure qualité, c'est

16:53
Locuteur

-à-dire

16:53
Invité

vont être plus talentueux dans le fait de faire apprendre les élèves, et les gens qui sortent dans le métier vont être également ceux qui vont être les plus talentueux quand les salaires sont trop faibles. Donc les salaires ont un effet sur la qualité du corps des enseignants.

17:06
Locuteur

Ça,

17:07
Présentateur

c'est en quelque sorte les remarques d'une économiste, Élise Huillerie, les remarques théoriques. On va passer aux travaux pratiques dans quelques minutes. Nous serons en compagnie d'une professeure d'histoire-géographie dans un lycée d'Aubervilliers qui viendra en compagnie de deux élèves. En attendant, il est 8h sur France Culture.

17:29
Locuteur

Les

17:29
Présentateur

matins de France Culture, Guillaume Erner. Alors voilà, on a évoqué le sous-investissement relatif dans l'éducation en France, en compagnie d'une économiste, Élise Huillerie. Vous êtes enseignante à l'école normale supérieure, spécialiste de l'éducation. Et puis, nous recevons Hayat Elkawashi. Bonjour. Vous êtes professeur d'histoire-géographie au lycée Henri Vallon à Aubervilliers. Et vous êtes venu avec deux de vos élèves que je salue, Abou et Soa. Bonjour à tous les deux. Peut-être, tout d'abord, Soa, quelques mots sur ce mouvement lycéen, sur votre implication politique.

18:12
Locuteur

Je

18:12
Présentateur

suis obligé de vous demander ça au départ pour savoir si vous avez un engagement partisan, syndical, que sais-je.

18:21
Invité

Bonjour, merci de nous accueillir ici. Alors, sur ce mouvement, il n'y a pas... C'est tout simplement un mouvement lycéen, en fait, qui a commencé à la base car on est tous au courant de l'investissement, le manque d'investissement qu'on a dans nos lycées, notamment en banlieue, là où a commencé le mouvement, en fait. Donc, nous, en tant que lycéen, on cherche à se faire écouter et à faire parvenir nos voix là où prennent les décisions, en fait.

18:50
Locuteur

Donc,

18:51
Invité

notre but est très simple. On n'a aucune

18:53
Locuteur

on

18:54
Invité

ne cautionne aucune violence. Après,

18:56
Locuteur

on

18:57
Invité

est là pour nous faire écouter et à faire parvenir le message très simple

19:02
Locuteur

qui

19:02
Invité

est que en tant que jeunes et lycéens, nous avons des droits et notamment le droit de manifester et de nous montrer

19:09
Locuteur

que

19:10
Invité

nous sommes en colère et en manque

19:12
Locuteur

et

19:13
Invité

que nous avons besoin de moyens, tout simplement,

19:15
Locuteur

et

19:16
Invité

de changer certaines choses.

19:18
Présentateur

sur le plan politique, syndical, est-ce que vous avez, je ne sais pas, des options, des préférences, des engagements

19:24
Invité

? Alors, moi, je n'ai aucune préférence si ce n'est que j'aimerais juste pour nos jeunes et pour notre avenir quelque chose

19:33
Locuteur

qui

19:34
Invité

est très simple à comprendre, d'ailleurs, mais

19:37
Locuteur

tout

19:38
Invité

simplement quelque chose qui ne soit pas dérangeant pour les futurs,

19:43
Locuteur

pour

19:43
Invité

la jeunesse, en fait, donc pas des parties qui soient très extrêmes

19:49
Locuteur

et

19:49
Invité

notamment

19:51
Locuteur

pour

19:52
Invité

la jeunesse et pour le bon fonctionnement

19:54
Locuteur

de

19:55
Invité

leurs études.

19:56
Présentateur

Abou, même question, qu'est-ce qui, aujourd'hui, vous retient dans ces mobilisations lycéennes ? Comment voyez

20:04
Invité

-vous les choses

20:04
Locuteur

?

20:05
Invité

Écoutez, l'une des premières choses qui nous retient dans ces mobilisations lycéennes, c'est avant tout le manque de moyens et le mépris flagrant que le gouvernement nous montre.

20:13
Locuteur

Enfin,

20:14
Invité

là, cette année, le gouvernement vient d'annoncer son nouveau plan de budget. Alors certes, il y a une augmentation d

20:19
Locuteur

'un

20:20
Invité

milliard et des brouettes du budget, mais il y

20:22
Locuteur

a

20:22
Invité

aussi une suppression de postes, il me semble, de 1 500 profs titulaires

20:26
Locuteur

et

20:27
Invité

à peu près un autre millier de profs dans notre statut que j'ai oublié. Enfin, ça pour dire qu'en fait, il y a vraiment un manque de moyens qui est flagrant

20:34
Locuteur

dans

20:34
Invité

l'éducation nationale.

20:36
Locuteur

C

20:36
Invité

'est,

20:36
Locuteur

il

20:36
Invité

y a,

20:37
Locuteur

enfin,

20:38
Invité

on a des conditions qui sont dégradées. En lycée général, par exemple, dans le lycée à nous.

20:41
Locuteur

Alors

20:42
Présentateur

justement, dans votre lycée,

20:43
Locuteur

ça

20:43
Présentateur

se passe comment ? Qu'est-ce qui vous manque au quotidien ? Ou qu'est-ce qui va bien ? J'en sais rien d'ailleurs.

20:49
Locuteur

Il

20:49
Invité

faudrait déjà qu'on ne soit pas 35 par classe, par exemple. Parce que bon, alors je comprends qu'il y

20:54
Locuteur

ait

20:54
Invité

des contraintes budgétaires et ce genre de choses, mais en fait, c'est juste pas possible de pouvoir avoir une éducation de qualité à 35.

21:01
Locuteur

Enfin,

21:02
Invité

comment est-ce que voulez-vous faire un cours de langue que chacun puisse apprendre une langue, participer dans une bonne condition à 35

21:07
Locuteur

? C

21:08
Invité

'est juste pas possible, en fait. Il

21:11
Locuteur

y a eu

21:11
Invité

un incident il y a deux semaines, un vendredi, où en fait, du coup, il y avait eu un élève qui a lancé des bombes lacrymogènes, il

21:19
Locuteur

y

21:19
Invité

a eu un incendie à proximité du lycée. Enfin, il y

21:22
Locuteur

a

21:22
Invité

eu plein de choses comme ça. Un mix d'aléas qui sont produits au même moment. Et ce qui s'est passé, c'est qu'à ce moment-là, on n'avait pas d'infirmière, en fait. Et ça faisait déjà deux ans

21:31
Locuteur

qu

21:31
Invité

'on n

21:31
Locuteur

'est

21:31
Invité

pas d'infirmière. Donc à ce moment-là, il

21:33
Locuteur

y

21:33
Invité

a eu une série de malaises.

21:34
Locuteur

Il

21:34
Invité

y

21:34
Locuteur

a

21:34
Invité

dû avoir une vingtaine de malaises.

21:36
Locuteur

Et

21:36
Invité

en fait, on n'avait pas d'infirmière, donc les élèves, les professeurs étaient débordés, les personnels aussi. Et donc, c'est ça qu'on dénonce. Soa, je vous vois opiner du chef. Oui, c'est exactement ce que mon camarade vient de dire. notamment le fait que les classes sont surchargées. Donc ça permet pas à un élève de travailler dans de bonnes conditions. Aussi, le fait qu'en été, on est complètement en train de chauffer. Donc déjà, on est nombreux. Ensuite, on doit travailler. Mais il fait très, très chaud. Et en hiver, on congèle. À l'inverse. Donc je pense que les conditions doivent être améliorées, notamment au niveau du bâtiment.

Nous, Henri Vallon, c'est une cité scolaire, donc collège et lycée mélangé.

22:17
Locuteur

Et

22:18
Invité

ça fait plus d'une trentaine d'années

22:20
Locuteur

que

22:20
Invité

les choses demandent à être changées, notamment les mêmes, enfin d'autres lycéens il y a 36 ans parlaient de la même chose en fait, des locaux dégradés, de nombre d'élèves, des profs absents. Les mêmes sujets reviennent en boucle et donc nous, on se demande en fait que pourquoi depuis

22:38
Locuteur

toutes

22:38
Invité

ces années, en fait, rien n'a changé. Donc on voit bien que l'éducation nationale n'en a rien à faire en

22:44
Locuteur

fait.

22:45
Présentateur

Ayat El-Kahouchi, vous êtes leur professeur d'histoire-géographie, vous la sentiez venir cette colère ?

22:53
Locuteur

Je

22:53
Présentateur

ne sais pas, peut-être vous l'espériez

22:55
Locuteur

?

22:56
Invité

Non, moi je n'espère pas forcément leur colère, mais je dirais que la colère

23:01
Locuteur

elle

23:01
Invité

est légitime. On ne peut pas en tout cas la balayer d'un revers de la main comme le font beaucoup. Alors moi, je n

23:10
Locuteur

'ai

23:10
Invité

pas SOA et ABOU en classe, mais j'ai des classes de terminale et effectivement, c'est la première fois, moi ça fait 27 ans que je suis dans cet établissement qui est en prévention-violence. Donc on est dans un lycée d'environ 1000 élèves prévention-violence et c'est la première fois, 27 ans, qu'on est en tronc commun à 35. Moi j'ai une classe de terminale à 36 et j'en ai une à 35. On n'a jamais vu ça. pour vous donner un ordre d'idée. Donc on pourrait dire moi en histoire-géo ce n

23:37
Locuteur

'est

23:37
Invité

pas grave,

23:38
Locuteur

ce

23:38
Invité

n

23:39
Locuteur

'est

23:39
Invité

pas une épreuve au bac. Maintenant, l'histoire-géographie, donc c'est en tronc commun, on peut travailler à notre rythme mais ils sont aussi à 35 en philo.

23:47
Locuteur

Ils

23:48
Invité

font un an de philo, ceux qui ne font pas HLP. Ils font un an de philosophie, ils sont à 35 ou 36. Comment vous voulez qu'ils apprennent et comme le disait ABOU, pour les langues,

23:56
Locuteur

c

23:56
Invité

'est pareil, on ne peut pas reprocher aux élèves de ne pas être assez fort en langue dans un contexte. d'hyper-compétition, de mondialisation et en même temps les mettre à 35 pour faire de l'anglais en sachant par ailleurs qu'on sait bien que l'apprentissage des langues est hyper discriminant en Seine-Saint-Denis. Ils ne vont pas autant en voyage que dans d'autres quartiers, nos élèves. Donc effectivement, moi je ne l'ai pas vu venir cette colère et il l'amène de manière assez autonome.

24:27
Présentateur

Ayatel Kaoshi, est-ce que vous avez aussi un sentiment d'injustice puisque vous enseignez en Seine-Saint-Denis, d'autres lycées, d'autres collèges ne sont pas dans la même situation ? Qu'est-ce que vous en pensez ?

24:40
Invité

Alors moi, je n

24:41
Locuteur

'ai

24:41
Invité

pas le recul que vous avez, madame,

24:45
Locuteur

sur les chiffres, etc. qui est économiste avec qui on a évoqué les différents chiffres.

24:49
Invité

Je peux parler de mon échelle après parce que vous parliez notamment de ce que coûte un lycéen et que ça coûte un peu plus dans l'OCDE mais nous au lycée, on a aussi les élèves de prépa par exemple qui coûtent très très cher en France. Et les élèves de prépa,

25:02
Locuteur

c

25:02
Invité

'est d'abord des élèves la plupart du temps de catégories socioprofessionnelles supérieures. En fait, si vous prenez les classes de prépa HEC, les classes d'Hippocagne, Écagne, c'est des milieux plutôt favorisés.

25:16
Locuteur

Un

25:17
Invité

peu moins en maths, par exemple. Donc ça déséquilibre aussi les calculs. Nos élèves reçoivent moins d'argent en Seine-Saint-Denis qu'ailleurs. D'ailleurs, je rappelle qu'il y a eu des plans pour la Seine-Saint-Denis et que tout ça a été raboté.

25:28
Présentateur

Votre lycée, il est en prévention aux violences. Absolument. Ça veut dire quoi concrètement ? Est-ce qu'il y a plus de moyens ? Est-ce que vous vous touchez plus d'argent ? Comment ça se passe ? Alors,

25:39
Invité

nous,

25:40
Locuteur

on

25:40
Invité

est dans une cité scolaire et à Henri Vallon, le collège est en Réplus. Parce que les conditions sont très difficiles. On a des moyennes de CSP qui font qu'on est en Réplus en collège. Au lycée, on est en prévention aux violences. Donc il y a un avantage, comme on dit, d'ancienneté pour les enseignants. C'est-à

26:00
Locuteur

-dire

26:00
Invité

qu'au bout de trois ans, on gagne trois mois et puis après, chaque année, on gagne deux mois d'avancement.

26:07
Locuteur

Donc

26:07
Invité

ça fait un peu d'argent à la fin de la carrière. Mais concrètement, pour les élèves, il n

26:11
Locuteur

'y a

26:11
Invité

aucun avantage. Pour les élèves en classe, il n

26:15
Locuteur

'y

26:15
Invité

a aucun avantage.

26:16
Locuteur

Ils

26:16
Invité

sont en prévention, en violence,

26:18
Locuteur

mais

26:18
Invité

ils sont à 35 en classe.

26:19
Présentateur

Bonsoir. Un commentaire sur ce que vient de dire Ayat El-Kawashi.

26:25
Invité

Moi, je suis complètement d'accord avec notre professeur et je rejoins totalement ce qu'elle dit. Je pense aussi que le nombre d'élèves par classe, c'est aussi dû au bâtiment.

26:37
Locuteur

En

26:37
Invité

fait, le fait qu'on n

26:38
Locuteur

'ait

26:38
Invité

pas assez d'espace

26:38
Locuteur

et

26:39
Invité

de classe tout simplement pour travailler.

26:43
Locuteur

Donc

26:43
Invité

les profs qui galèrent de par-ci par-là pour trouver de la place pour des élèves parce qu'on est trop nombreux

26:50
Locuteur

ou

26:50
Invité

encore...

26:52
Présentateur

Est-ce que Parcoursup, ça vous fait peur

26:53
Locuteur

? Alors,

26:54
Invité

Parcoursup, c'est un grand sujet et nous, tout simplement, on aimerait abroger Parcoursup

26:59
Locuteur

dans

27:00
Invité

des termes très clairs

27:01
Locuteur

parce

27:02
Invité

que le fait

27:03
Locuteur

qu

27:03
Invité

'un algorithme décide après avoir rempli quelques cases de votre avenir et de votre situation alors que tout simplement, il n

27:11
Locuteur

'y

27:11
Invité

connaît rien. Donc je trouve ça très

27:13
Locuteur

bizarre,

27:15
Invité

en fait. Abou

27:16
Locuteur

? Je

27:17
Invité

la rejoins totalement sur la question de Parcoursup. Parcoursup,

27:20
Locuteur

c

27:20
Invité

'est...

27:21
Locuteur

Pour

27:21
Invité

simplifier, c'est juste un système où on rentre nos notes et globalement, si vous avez des bonnes notes, vous êtes pris. Si vous n'avez pas des bonnes notes, débrouillez-vous. En gros, c'est ça. C'est du mépris social, en fait. C'est les élèves parce que oui, pendant les années 80, il y

27:33
Locuteur

a

27:33
Invité

certi des politiques pour faciliter l'accès au bac. Mais d'ailleurs, il y

27:37
Locuteur

avait

27:37
Invité

un livre,

27:38
Locuteur

il

27:39
Invité

me semble que c'était entre Younes Amrani et

27:41
Locuteur

Stéphane

27:42
Invité

Beauch. Non, pas Stéphane Beauch, mais c

27:43
Locuteur

'est

27:43
Invité

un autre sociologue. Oui ? C'était Stéphane Beauch. C'est Stéphane Beauch. Au livre, je pense que ça s'appelait... C'est une correspondance du coup, entre deux. Et Younes Amrani, il parlait du fait qu'il avait lu son livre 80% au bac et après. Et du coup, en fait, ce livre-là, il parle vraiment, en

27:57
Locuteur

fait, de

27:58
Invité

la situation des élèves de banlieue,

28:00
Locuteur

en

28:00
Invité

fait, de ce qu'ils ressentent face à l'abondon de l'État. Fait que, d'accord, on est le bac, mais ensuite, en fait, on n'a rien sur Parcoursup. Au départ, le bac, c'était surtout un diplôme d'accès à

28:08
Locuteur

l

28:08
Invité

'enseignement supérieur. Maintenant, le bac ne garantit même plus l'accès à l'enseignement supérieur.

28:13
Présentateur

Aya Telka Ochi, vous, vous êtes enseignante à Henri Vallon à Aubervilliers. Vous en pensez quoi de Parcoursup ? Est-ce que vous avez vu avant et après ?

28:22
Invité

J'ai vu avant, après. J'ai vu qu'il y avait des choses positives, mais dans le vécu des élèves, c'est plus dur. Alors, aujourd'hui, je ne

28:30
Locuteur

suis

28:30
Invité

pas là pour parler de moi et de ce que je pense fondamentalement de Parcoursup.

28:33
Locuteur

Ce

28:33
Invité

que je peux vous dire, parce que le sujet principal aujourd'hui,

28:38
Locuteur

c

28:38
Invité

'est que, en fait, pour les élèves, on voit bien que ça a donné une espèce de dynamique qui a les gagnants et les perdants.

28:45
Locuteur

Et

28:45
Invité

ils le vivent dès le début

28:46
Locuteur

Mais avant, il y avait des gagnants et

28:48
Présentateur

des perdants aussi.

28:49
Invité

Oui, mais là, c'est vraiment très flagrant, d'autant que c'est un algorithme

28:53
Locuteur

et

28:53
Invité

que beaucoup d'établissements du supérieur, en fait, l'aménagent de manière un peu opaque, en fait. C'est un peu opaque et du coup, effectivement, pour les élèves, c'est une tension permanente.

29:05
Présentateur

Élise Huilleri.

29:06
Locuteur

Donc, c

29:08
Invité

'est important ce sujet parce qu'il y a l'opacité de Parcoursup et je pense qu'effectivement, les élèves doivent avoir beaucoup plus de visibilité sur les matières et comment c'est pondéré pour que ce soit beaucoup plus clair et vécu de manière moins injuste. En revanche, et ce qui est très important et je suis contente d'avoir des lycéens devant moi pour le dire, il ne faut pas confondre deux problèmes. Le problème de Parcoursup qui est un problème d'allocation des élèves dans des places et le manque de place. Et le manque de place, ce n'est pas Parcoursup.

Le manque de place, c'est que le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche n'a pas donné suffisamment de moyens, n'a pas suffisamment de moyens pour ouvrir les places qu'il faut ouvrir dans le supérieur, notamment, notamment, dans les filières qui sont très demandées par les élèves qui sont les BTS, les IUT, qui sont excessivement sélectifs et qui obligent beaucoup de lycéens

29:58
Locuteur

à

29:59
Invité

aller en licence générale alors qu'ils auraient voulu avoir un BTS et un IUT et qu'en licence générale, quand on est un bachelier pro ou un bachelier techno, notamment, on n'a pas les conditions de formation qui permettent de réussir. On a les taux d'échec qui sont très élevés. Donc, je pense que, et ça, ça vaut des milliards, mais il faut le faire, ouvrir des places dans le supérieur de manière à accueillir dans des bonnes conditions cet afflux d'étudiants. Tu parlais de 80% de réussite au bac, c'est un succès. C'est très bien qu'une génération maintenant ait 80% de réussite au bac, mais il faut les accueillir dans le supérieur dans des bonnes conditions.

Donc, il faut investir dans des ouvertures de places, BTS, IUT, et améliorer les conditions de formation en licence. Et si, en fait, aujourd'hui, on est devant une contradiction, c'est que des formations dites non sélectives sont sélectives, de fait, parce qu'il n

30:52
Locuteur

'y

30:52
Invité

a pas assez de place. C'est ça qui est vécu de manière extrêmement injuste et c'est lié au manque de moyens pour l'enseignement supérieur qu'il faut résoudre.

31:01
Présentateur

Mais alors, vous, Abou et Soa, par exemple, qu'est-ce que vous voulez faire ? Comment avez-vous rempli ? Je ne sais pas si c'est déjà fait ou si ça... Non,

31:08
Locuteur

oui,

31:08
Présentateur

pas encore. Comment vous allez remplir Parcoursup ? Je ne sais pas, Abou ?

31:12
Invité

Moi, je pense principalement peut-être à faire Sciences Po Paris, je l'espère. On tentera, mais sinon, moi, ce serait plus dans tout ce qui est les sciences politiques ou du droit pour ensuite monter à terme vers la diplomatie.

31:23
Présentateur

Et vous, Soa

31:24
Locuteur

?

31:24
Invité

Moi, alors, je pensais faire une licence d'anglais, mais pour l'instant, Parcoursup, ce n

31:28
Locuteur

'est

31:28
Invité

pas encore... Il n

31:30
Locuteur

'y

31:30
Invité

a pas encore les phases d'ouverture et tout ça. C'est plus vers janvier, mais oui, une licence d'anglais.

31:36
Locuteur

Est

31:36
Présentateur

-ce que vous avez l'impression, Abou, d'être bien orienté, c'est-à-dire d'avoir les renseignements qu'il faut pour faire vos choix au moment de remplir Parcoursup ? Ou est-ce que vous avez la sensation d'être un peu abandonné ou laissé à vous-même

31:55
Locuteur

?

31:55
Invité

Je répondrai en deux temps. Je répondrai dans un premier temps que, dans mon cas personnel, à moi en tout cas, franchement, j'ai eu un très bon accompagnement. Notre lycée, c'est un lycée qui est classé CEP, donc pour l'admission particulière à Sciences Po Paris, on a un accompagnement des profs qui peuvent beaucoup nous aider et même globalement par rapport à Parcoursup, les profs sont toujours là pour nous, on peut leur poser des questions, ils nous répondent et je les en remercie. Néanmoins, il y a vraiment très peu de psychologues UN, il y a très peu déjà d'élèves qui savent ce qu

32:22
Locuteur

'ils

32:22
Invité

veulent faire. En tout cas, de mon ressenti à moi, je demande à beaucoup d'élèves, la plupart, on est en terminale, Parcoursup, c'est dans trois mois, ils ne savent absolument pas ce qu

32:30
Locuteur

'ils

32:30
Invité

veulent faire. Pour avoir un rendez-vous avec une conseillère d'orientation, au CEO et pour avoir un rendez-vous, maintenant en tout cas, ça prend des semaines et des semaines, donc en fait, si un élève ne prend pas lui-même l'initiative, ce qui du coup n'est pas facile,

32:48
Locuteur

ce

32:48
Invité

n

32:48
Locuteur

'est

32:48
Invité

pas pour tout le monde, du coup,

32:50
Locuteur

en

32:50
Invité

fait,

32:50
Locuteur

il

32:50
Invité

ne sera juste pas comment s'orienter, il arrivera en janvier totalement désorienté sans savoir quoi faire. C'est un problème ça. Soa

32:55
Locuteur

?

32:55
Invité

Moi, je suis complètement d'accord, après, c'est difficile pour un élève et un jeune de se projeter autant

33:01
Locuteur

en

33:02
Invité

sachant qu'il y a des fossés entre les classes et entre ce qu'on dit, donc on sait très bien que c'est seconde, première et terminale, sauf que si en terminale, on doit choisir ce qu'on veut pour notre futur, alors qu'on est mal accompagné dès le début, c'est un peu compliqué pour beaucoup d'élèves.

33:20
Présentateur

Ayatel Kaohashi, justement, par rapport à ses orientations, par rapport à Sciences Po, puisqu'il y

33:25
Locuteur

a

33:25
Présentateur

eu tout un travail de fait en Rivalon à Aubervilliers, comment ça se passe ? Qu'est-ce que vous observez

33:29
Locuteur

?

33:30
Invité

Alors, avec Sciences Po, ça a beaucoup changé parce que pendant très longtemps, le lycée avait un partenariat comme beaucoup de lycées en France, donc les fameuses CEP, et depuis l'arrivée du nouveau directeur de Sciences Po,

33:44
Locuteur

M.

33:45
Invité

Vassi, tout ça a beaucoup changé. En fait, il a un peu changé les règles et il a accentué les barres d'admission, puisque maintenant, il faut avoir, je crois, quasiment 17 à l'écrit de français pour entrer à Sciences Po, et il faut le dire clairement, M. Vassi fait de la discrimination sociale, essentiellement. Bien sûr qu'on a des élèves qui ont 17, mais c'est plus facile d'avoir 17 quand on a grandi dans certains milieux que dans d'autres. C'est un choix qui a été volontaire et de fait, c'est un choix qui, en parallèle, a progressivement donné moins d'importance au CEP.

Voilà, donc ça, il faut le dire, c'est vrai que dans certaines formations du supérieur, au-delà de l'opacité, on a aussi des espèces d'évitements qui ont été mis en place par ces structures pour ne pas accueillir nos élèves. A bout

34:33
Locuteur

? Je

34:34
Invité

suis d'accord avec ça, c'est vrai, j'ai regardé les moyennes de notre lycée aux écrits de français, la moyenne était, il me semble, à 9,80. Je pense que les chiffres parleront d'eux-mêmes, en fait. Globalement, maintenant, pour entrer à Sciences Po, il

34:48
Locuteur

faut

34:48
Invité

avoir une bonne note au bac de français, donc de fait, être d'une CSP privilégiée. Ils excluent, en fait, ils excluent des élèves et des opportunités.

34:57
Locuteur

Élise

34:58
Présentateur

Huilleri, donc ça, ça fait partie des problèmes graves du système éducatif français, la reproduction des inégalités avec,

35:08
Locuteur

bon,

35:09
Présentateur

à la fois une répétition de cette question depuis de nombreuses années, puisque,

35:16
Locuteur

lorsque

35:17
Présentateur

Bourdieu avait posé la question, c'était mai 68, pourquoi la France a-t-elle autant de peine à remédier à cette question ?

35:28
Locuteur

Je

35:28
Invité

vais à la fois parler de budget et à la fois parler d'autres choses que du budget, mais donc pour rassembler, je pense que c'est important qu

35:34
Locuteur

'on

35:34
Invité

parle des solutions et justement de comment est-ce qu'on arrive à à la fois faire réussir tous les élèves, donc à la fois déconstruire cette reproduction sociale qui est très forte, et ça, ça demande et des moyens budgétaires et des réformes non budgétaires. Donc sur le plan budgétaire, on l'a dit, il faut plus, enfin, il faut maintenir les postes d'enseignants à minima, non mais parce que c'est un débat actuel.

35:54
Locuteur

Maintenir les postes d'étudiants, moins d'élèves par

35:56
Présentateur

classe, vous

35:57
Locuteur

avez

35:57
Présentateur

insisté là-dessus.

35:58
Invité

Et c'est vrai que puisque les élèves vont devenir de moins en moins nombreux grâce à la déprise démographique, le débat essentiel,

36:05
Locuteur

c

36:05
Invité

'est maintenir les postes, ne surtout pas supprimer les postes comme c'est fait aujourd'hui, de manière à pouvoir diminuer la taille des classes, ça c'est un premier point. Pour avoir plus d'enseignants qui candidatent et qui restent dans le métier, augmentation des salaires, sachant que, comme je l

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Locuteur

'ai

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Invité

dit tout à l'heure, augmenter les salaires, c'est aussi augmenter la qualité du corps professoral.

36:21
Locuteur

Il

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Invité

faut investir dans le tutorat, le tutorat pour les élèves alors plus petits sûrement, de manière, parce que ça c'est vraiment une mesure qui fait énormément réussir les élèves. Il faut créer des places dans le supérieur de manière à accueillir dans des meilleures conditions les étudiants. Et juste pour finir là-dessus,

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Locuteur

on

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Invité

va sortir demain avec Romane Paris une note publiée par le Public Finance Lab sur le budget nécessaire pour reconstruire l'éducation. On arrive fondé sur la recherche, fondé sur les constats de la recherche à 12 milliards nécessaires pour l'éducation. Donc, ce n

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Locuteur

'est

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Invité

pas des petites broutilles. C'est vraiment, il faut un

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Locuteur

allotement massif

37:01
Présentateur

dans l'éducation. Ayat El-Kawashi, vous êtes positive, on se connaît un peu et donc je sais que vous prenez la question et votre travail au quotidien est du bon côté avec beaucoup d'espérance. Est-ce que vous avez la sensation que les choses s'améliorent ou que les choses empirent

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Locuteur

?

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Invité

Je dirais qu'il y a des choses qui vont mieux mais que les conditions au quotidien sont devenues beaucoup plus difficiles pour les élèves. Il y a eu des réformes qui ont parfois porté leurs fruits, d'autres pas du tout. En tout cas, il est vrai qu'il y a une pénibilité de l'âge adolescent et de l'âge lycéen et là, ils sont très en colère notamment, ils le montrent par différentes manières, il n

37:47
Locuteur

'y a

37:47
Invité

pas que des blocus, ils font des âgés, ils vont rencontrer les mères,

37:51
Locuteur

ils

37:51
Invité

font plein plein de choses et en fait, il ne faut pas minimiser ou dénigrer justement cette pénibilité, cette souffrance-là.

37:57
Présentateur

Soa, vous allez manifester aujourd'hui

37:59
Locuteur

?

37:59
Invité

Oui, je vais participer au blocus cet après-midi après l'âge d'ailleurs qui va se tenir au lycée pendant deux heures donc on va pouvoir discuter et d'ailleurs je tenais à dire après vous avoir entendu aussi les blessés, nos camarades blessés à qui on a arraché des mains, un oeil ou étranglé ou par ailleurs autre, je tenais à dire d'ailleurs que la répression policière elle est complètement disproportionnée face à des lycéens, des jeunes donc des enfants littéralement on ne peut pas envoyer dix camions de CRS ou je ne sais quoi ils ont le droit de manifester on est en France on a un droit de manifester donc je pense qu'il faudrait plutôt laisser d'ailleurs les manifestations à la République et à Paris laisser les jeunes manifester parce que c'est leur droit

38:47
Locuteur

Abou,

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Présentateur

un mot de conclusion vous allez manifester aujourd

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Invité

'hui bien évidemment évidemment je manifesterai mais juste je voudrais aussi appuyer sur le point des manifestations

38:59
Locuteur

c

39:00
Invité

'est enfin

39:01
Locuteur

comment

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Invité

dire ça je trouve ça très grave je trouve ça surtout très très triste

39:06
Locuteur

qu

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Invité

'aujourd'hui on en soit à un point

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Locuteur

où

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Invité

on envoie la BAC contre des lycéens qui manifestent

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Locuteur

et

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Invité

ça franchement je vois ça et

39:13
Locuteur

ça

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Invité

m'attriste et franchement si je pouvais adresser un mot à Nunes à monsieur Nunes qui d'ailleurs

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Locuteur

était

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Invité

en train de passer en ce moment sur France Inter

39:21
Locuteur

je

39:21
Invité

lui dirais monsieur Nunes arrêtez parce que là franchement

39:26
Locuteur

on

39:26
Invité

veut juste pouvoir vivre enfin travailler dans des bonnes conditions l'avenir de la nation c'est l'école donc si on maltraite l'école on maltraite la nation

39:34
Locuteur

merci

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Présentateur

Abou merci Soa merci Hayat Elkawashi professeur d'histoire géographie au lycée Henri Vallon d'Aubervilliers merci Élise Huillerie dans quelques instants le 8h45 le journal d'Anne Lorchouin Lucille Cobot François Saltiel

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Locuteur

le

39:49
Présentateur

journal

39:49
Locuteur

d'Anne Lorchouin