Un fameux bourgogne
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bienvenue au cœur du crime, un podcast issu des archives de rep. Savez-vous que plus d'un tiers des crimes et délits commis en France sont traités par la gendarmerie nationale ? Je m'appelle Yan Kermade, je suis commandant de gendarmerie.
Je dirige une section de recherche dont la mission essentielle est une mission de police judiciaire. [Musique] [Applaudissements] [Musique] L'histoire que je vais vous raconter est une histoire vraie. Tous les faits sont réels et se sont déroulés en France.
Seul les noms des personnes et des lieux ont été changés. [Musique] Harry Murdoc est un homme d'affaires heureux. Il habite une cabane au bord de la décharge municipale et en échange des services qu'il rend en veillant au feu et en écartant les fouineurs d'ordure, la ville lui concède le droit à être le seul à en faire la récupération.
À l'exception de sa nourriture, tout ce dont il a besoin lui est fourni par cette décharge. Tenez. Le pantalon qu'il porte par exemple d'un excellent tissu est pratiquement neuf.
Le fait qu'il soit bleu vif et taillé pour un homme d'un m85 bien charpenté ne gât en rien le plaisir d'Harry. Il a simplement raccourci chaque jambe et épinglé des plis autour de la taille. Comme ça, il trouve même que son maître cante et sa silhouette fluette sont plutôt avantageusement mises en valeur.
La décharge ne lui apporte pas seulement le nécessaire, mais aussi le luxe. C'est ainsi que depuis 6 mois, le sol de sa cabane sorne d'un tapis perçant. D'accord.
Des taes de toutes sortes superposent un second dessin à l'original, mais ça n'en est pas moins un véritable perçant. Même ces boissons lui sont fournies par cette décharge. Et les boissons, c'est très important.
Les bouteilles des barres et des night club de la ville y arrivent en quantité impressionnante et une partie de la journée d'arry se passe à verser les quelques gouttes que contiennent souvent encore ces bouteilles dans une bonbonne de près de 5 L dont l'étiquette colorée sorne de ces mots enchanteurs Bourgogne fleur de lis. Harry ne fait aucune discrimination entre les liquides variés qu'il mélange avec amour. whisky, r, jean, vin, tout lui est bon.
L'extrait de citron aussi et même certaines lotion capillaire à haute teneur en alcool. Et puis il y a cette mixture d'un rouge vif, le super tonic scrip. carry tient en haute estime.
Il lui arrive assez fréquemment de découvrir des flacons pleins, ce qui tendrait peut-être à prouver que les acheteurs se rendaient compte dès la première gorgée que leur malaise était encore plus doux à endurer que ce fortifiant à boire. Harry reconnaît volontiers que prix sec, le fameux super tonic scrip n'a rien de très agréable, mais mélangé à un assortiment d'autres liquides, une grande partie de son amertume disparaît. Et puis, il faut dire aussi qu'il donne une si belle couleur au contenu de la bonbonne.
Marie ne boit pas seul. Il met soigneusement de côté chaque récolte hebdomadaire pour le vendredi soir. Car le vendredi soir, il reçoit la visite de son grand ami Joseph Jefferson.
Joseph lui, vit juste à côté de la morgue. De ce fait, il se considère comme un membre estimé des forces de police, ce qui n'est toutefois pas précisément le cas. La vérité est que la police, l'â de le ramasser sans cesse pour ivresse sur la voie publique ou autre petit délit, a fini par lui procurer ce coin de cave en échange de menu service.
Joseph peut donc aller venir à sa guise à condition de ne pas boire outre mesure. Ce qui, à part ses fiestas du vendredi soir avec Harry, ne lui arrive pas souvent, vu qu'il ne dispose d'aucun revenu. Un lien profond unit les deux hommes.
Joseph apprécie chez Harry sa généreuse hospitalité du vendredi soir. Harry et sa bonne humeur contagieuse. Harry lui, c'est la sagesse de Joseph qu'il apprécie et aussi sa conversation.
Car Joseph résidant sous la prison et à deux pas de la morgue représente une mine intarissable d'histoires plus horribles les unes que les autres. Ce soir-là, Harry attend son ami avec une impatience particulière. Un échantillon d'un demi-vange l'a convaincu que cette semaine, il a réussi un mélange absolument parfait.
La manière dont il lui avait brûlé la gorge et soulevé l'estomac en était une preuve indéniable. De plus, Joseph va, sans aucun doute lui apporter une profusion d'informations détaillées. En effet, durant la semaine, il y a eu un holdup dans une banque de la ville et même un assassinat.
Harry compte donc bien passer une excellente soirée. Joseph arrive ponctuellement à 7 heures tapante. À son habitude, il frappe un seul petit coup sec à la porte.
Sage précaution, car sans cela, la porte ne résisterait pas. Puis, sans attendre de réponse, il passe sa tête dans l'entrebaillement et claironne d'une voix tennante. Y a-t-il quelqu'un ?
Oh, c'est toi ? Fait Harry comme surpris par cette visite. Entre, entre.
Ayant satisfait à cette coutume, les deux amis se serrent cérémonieusement la main et Harry, d'un geste courtois, désigne une chaise près de la table. Joseph s'assi et laisse tomber son vieux chapeau par terre. "Tu accepteras bien un petit verre ?" demande Harry en prenant comme toujours un air détaché.
Il faudrait pas que ça te dérange, répond Joseph en se léchant déjà les babines. Harry sort deux verr qu'il remplit à rabord, puis il regarde attentivement son ami fermer les yeux, verser le breuvage dans sa bouche, l' faire tenir quelques instants avec ravissement puis se pencher en arrière pour le faire descendre dans sa gorge. Tu sais, Harry, fait Joseph.
Je crois que cette fois tu as atteint la perfection. Rayonnant son hôte avale une longue gorgée. Mais évidemment la modestie lui interdit de commenter son chefdœuvre.
Je me suis laissé dire que tu avais été joliment occupé cette semaine, Joseph. Joseph hoche gravement la tête. Oh ça, tu peux pas avoir idée.
Avec le chef me courant après toutes les 5 minutes pour me demander un avis et moi interrogeant les prisonniers jour et nuit. Je te pris de croire que ça pas été de la tarte. Les yeux de Harry brillent d'admiration.
Tu mènes une vie vraiment intéressante, Joseph. Parle-moi un peu de la morgue. Joseph frémit puis vide son verre d'un trait pour se donner du courage.
Un travail du syndicat. La pauvre victime était une véritable passoire. Jamais vu un meurtre aussi bien fait.
Harry Frisson de plaisir. Beaucoup de sang, je suppose. Joseph se coue la tête.
Non, pas une goutte, mon vieux, pas une goutte. Le corps était complètement vidéous qu'on y avait fait. Ces cadavres là, ils sont pire encore que ceux qui saignent.
On dirait des statues de marbre à part les trous. Évidemment. Et pourquoi on a fait ça ?
Demande videment Harry. Un type qui a trop parlé et au syndicat, tu sais, on n'aime pas du tout ça. C'est bien vrai ça, fait gravement Harry en remplissant à nouveau leurs de ver.
Tu te souviens de l'affaire que j'ai résolu il y a 5 ou 6 ans ? Demande Joseph avec un sourire rêveur. Celui-là aussi, il avait été trop baveur.
Lequel ? Le petit à moustache ? demande Harry dont l'esprit commence à se perdre dans une brume cotonneuse.
Joseph se prépare à répondre quand soudain, sans le moindre avertissement, la porte s'ouvre toute grande. Harry et Joseph voi d'abord apparaître deux énormes revolvers, puis deux hommes à l'air pas rassurant du tout. Il semblerait que la soirée de nos deux amis soit bien compromise, mais peut-être pas autant qu'il y paraît à première vue, comme vous le constaterez dans quelques instants. [Musique] Har Murduck, clochard de son état, invite chaque vendredi soir dans sa cabane son vieil ami Joseph clochard lui aussi.
Ensemble, il sirote en bavardant de curieux mélanges que fabrique Harry avec les fonds de bouteille récupéré dans la décharge municipal. Mais ce soir-là, ils sont dérangés par l'irruption de deux hommes armés de revolver et fort menaçant. Non mais tu as vu ça vit fait vit l'un des deux hommes un grand maigre aux cheveux blonds filass et aux yeux bleus délavés.
Deux vieux en train de siffler du pinard. Harry est le premier à se ressaisir. "Mais on vous a rien fait !" s'écrit-il en bondissant sur ses pieds. "Qu'est-ce qu' vous prend d'entrer comme ça dans la maison des gens ?" "Et il appelle ça une maison." glousse le blond en se tournant vers son acolyte qui regarde fixement Harry et Joseph de ses yeux ronds et noirs.
Harry dresse bien droit à son maître 50 pour mieux protester contre cet insulte, mais Joseph, tendant le bras par-dessus la table, l'oblige à se rasseoir. "T'énerve pas, Harry ! Les types du syndicat, entrons plutôt dans leur jeu.
Harry, l'air très sérieux, semble considérer un instant la chose. Tu as raison, Joseph, je vais chercher les cartes. Les deux amis avaient baissé la voix, mais on aurait fort bien pu les entendre à sans pas.
Le grand blond les dévisage avec autant de colère que de perplexité. Vous êtes pas cinglé, non ? Parlez derrière notre dos comme ça devant nous.
Son acol parole pour la première fois. Laisse tomber. Ça sent que des poivre ils sont complètement en sous.
Ouais, fait le blond en s'avançant d'un pas pour examiner l'étiquette de la bonbonne. Bourgogne fleur de liss. Mais ça m'a l'air d'être de la belle marchandise ça.
Il se tourne vers Harry et Joseph et ajoute d'un ton accusateur : "Habiter une tune pareille et boire du fleur de lis, vous devriez avoir honte." Il ouvre alors un placard mural et en sort deux verres qu'il remplit. Il entend un à son compagnon qu'il accepte avec un petit sourire.
Jerry fait le blanc, montrons un peu à ces deux vieux clown comment il faut boire. Allez cuse ! Ce qui suit est vraiment très bizarre.
Les deux hommes laissent tomber leur revolver et leur verre en suffoquant et en échangeant des regards horrifiés. Puis quand la mixture d'Harry atteint leur estomac, il s'écroulle par terre en se tordant dans tous les sens. "Vite vite, un docteur", hurle le blond. "Tu" rectifie l'autre dans une plainte angoissée.
Harry et Joseph les regardent étonnés. "Mais qu'est-ce qu'il leur prend à ces deux-là ?" demande Harry. "Des droingués, remarque Joseph en professionnel.
Ça leur arrive parfois comme ça, sans crier gar. Ce qu'il leur faut c'est de la cam." Ben, j'en ai pas sous la main, fait Harry.
Puis se tournant vers les deux hommes toujours étendus et gémissant à fondre l'âme. Dites donc les gars, pourquoi vous iriez pas vous chercher un petit peu de cam ? Vous vous sentiriez beaucoup mieux après ?
Un docteur ! Un docteur !" gène-t-il en cœur.
Joseph se verse un nouveau verre, le vide sans se presser, puis regarde pensivement les deux hommes. "Tu sais Harry, ces deux types, ils avaient pas le droit d'entrer comme ça chez toi et de nous menacer de leur revolver." Ça c'est bien vrai, Joseph.
Qu'est-ce qu'on leur avait fait ? Hein ? Rien.
On leur avait absolument rien fait. Soudain, leur conversation est interrompue par un hurlement de sirène et un instant plus tard, deux policiers font irruption dans la cabane révolver au point. Et vous n'auriez pas vu deux types commencent le premier d'entre eux.
Puis il aperçoit les deux hommes gisant sur le sol. Bon sang mais les voilà. Ouais, c'est bien eux.
Qu'est-ce qui a bien pu leur arriver ? C'est pas notre faute, monsieur l'agent, fait Harry. Ils sont entrés ici en nous menaçant et puis ils sont tombés malades.
Des vrais gangsters, hein ? Mais en tout cas, à l'heure qu'il est, ils n'en ont plus l'air, remarque l'un des policiers. Nous ferions bien de les emmener à l'hôpital.
Qui meur, ça nous est bien égal. Mais avant, il nous faut leurs aveux au sujet du holdup de la banque. Quant à vous, il faudra venir raconter votre histoire au commissariat.
Une demi-heure plus tard, Harry et Joseph sont assis en face du chef de la police. Allons messieurs les vieux poivre, détendez-vous. Vous n'êtes en aucune façon impliqué.
James Nelson et Jerry White cherchaient à se cacher. Dites-nous ce qui s'est passé et après vous pourrez partir. Voilà comment c'est arrivé, chef. commence Joseph d'une voix pâteuse. "Mieux vous laisser parler Harry !" l'interrompt gentiment le policier. "Il a l'air beaucoup moins imbibé que vous, Joseph.
Je vous écoute, Harry." Harry s'éclaircit la gorge, mais avant qu'il ait eu le temps de dire un mot, un autre policier fait irruption dans la pièce. "Chef, nous avons les aveux complets des Dolascar, non seulement à propos de l'affaire de la banque, mais aussi de trois ou quatre autres holdup." Ils croyaient qu'ils allaient mourir.
Alors, ils ont tout avoué. Le policier tente alors un papier à son supérieur. Tenez, voilà le rapport du médecin.
Ils vivront mais ils auront mal à l'estomac tout le restant de leur vie. Le TBIB n'a aucune idée de ce qu'ils ont pu boire, mais ça devait être sacrément puissant. Le chef de la police s'adresse à Harry.
Dites-moi Harry, qu'est-ce qu'ils ont bu au juste ? Haris tortille nerveusement sur chaise. Et ben voilà monsieur, c'est quelque chose que j'ai trouvé dans la décharge.
Mais c'est dangereux ça. Et qu'est-ce que vous vouliez en faire ? Harry se tourne vers Joseph d'un air gêné et soudain, il voit une mouche se poser sur le nez de son ami.
Les punaises ! Il pris soudain d'une inspiration géniale. C'est pour tuer les punaises he que c'est vrai Joseph.
Ouais ouais fait Joseph en louchant pour voir la mouche sur son nez. Tu te souviens R les cafards ils sont morts dès que j'en ai versé un peu sur eux. Mettez insecticide dit le chef de la police à son sténographe puis se tournant à nouveau vers Harry.
Maintenant Harry dites-moi comment vous avez fait pour qu'il boive ce poison ? Mais ils ont cru que c'était du Bourgogne fleur de l du bourgogne fleurs de lis ? Tiens tiens.
Il réfléchit quelques instants puis hausse les épaules en désespoir de cause. "Notez qu'ils ont confondu l'insecticide avec du vin", dit-il au sténographe. Une fois que tous les papiers sont prêts, Harry et Joseph les signent sans poser aucune question.
Puis Harry demande, dit on peut partir maintenant ? Euh pas encore monsieur, je ne vous l'ai pas dit, mais il y a une récompense de 30000 dollars pour qui fera arrêter les deux gangsters et il est évident que vous avez droit à cette somme. Alors voilà ce que je me suis dit.
Cet argent peut vous permettre d'entrer tous les deux comme pensionnaire dans une maison de retraite. Il y en a une très bien ici en ville, un de maison en Clivy et il s'y plaît énormément. Beaucoup de vieux amis, d'excellents repas, une chambre bien propre et un bain tous les jours.
Un bain tous les jours, répète Harry en ouvrant des yeux tout rond. et même deux si vous le désirez dit le chef de la police en évitant le regard des deux amis. Chef, dit Harry, je ne crois pas que Joseph et moi on ait droit à la récompense, hein.
C'est vrai, Joseph. Oh, pour ça, c'est sûr, chef, fait Joseph avec en face. Nous ne méritons aucune récompense.
Ces deux types allaient nous tomber dessus quand vos hommes sont arrivés à notre secours. Oui, ce sont eux qui ont droit aux 30000 dollars, reprend Henry. Après tout, ils ont fait tout le boulot.
Eux, le chef de la police hoche pensivement la tête. Vous savez, c'est contraire au règlement. Il se passe une main sur le front, l'air de réfléchir intensément. semble hésiter un peu puis dit "En fait, il y a un autre moyen.
Vous pouvez accepter la somme et enseigner l'abandon au profit des œuvres de la police. Cela vous convient-il, messieurs ?" Ça leur convient effectivement fort bien.
Harry et Joseph signent les documents qu'on leur présente avec des signes visibles de soulagement. Le chef de la police appelle une voiture pour les faire reconduire jusqu'à la cabane d'Harry. Puis une fois qu'ils ont quitté son bureau, il se tourne vers son secrétaire.
Benny, je crois que je l'aurais fait une belle peur. Une maison de retraite. Tu te rends compte ?
Ce serait l'enfer pour eux. Il n'y serait pas resté un an, et je préfère ne pas penser à ce qui serait arrivé s'il s'était offert pour mille dollars de torbyau additionné de leur fameux insecticides. De retour dans la cabane d'Harry, le premier geste des deux amis est de se servir une généreuse rasade de Bourgogne fleur de liss.
Quand je pense au gaiqu nous avons failli nous fourer, ça tremble encore. Dit Harry. Tu te rends compte Joseph ?
Un bain tous les jours et il boit un grand coup comme pour effacer cette vision de cauchemar. Et vivre dans une boîte remplie de vieux idiots. Ajoute Joseph.
Mais c'est pas là-bas qu'on aurait la chance de boire quelque chose d'aussi bon. tu peux le dire, fait Harry en caressant tendrement son verre. Mais Joseph, si on parlait de quelque chose de plus gay, de quoi par exemple ?
Ben, tu pourrais me raconter un peu ce qui se passe à la morgue ? [Musique] Vous venez d'écouter Au cœur du crime, un podcast issu des archives d'Europin. Réalisation Julien Tarot.
Production Estelle Lafond. Patrimoine sonore Sylvaine Denis, Latitia Casanova et Antoine Reclu. Promotion Marie Corpet.
Au cœur du crime est disponible sur le site et l'appli européen. Écoutez aussi l'épisode suivant en vous abonnant gratuitement sur votre plateforme d'écoute.
Else Joseph