Face à Philippe de Villiers - 20/06/2026
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Face à Philippe de Villiers, 10h-11h sur Europe 1, Eliott Deval. Bonjour à tous, ravi de vous retrouver pour Face à Philippe de Villiers, votre rendez-vous du samedi matin sur Europe 1. Cher Philippe, bonjour. Bonjour Eliott, bonjour Geoffroy. Geoffroy Lejeune est avec nous, cher Geoffroy, bonjour. Bonjour à tous les deux. Bonjour à tous les trois. Vous auriez dû dire Geoffroy Lejeune parce que c'est une émission exceptionnelle. vous faites venir et on va accueillir dans cette émission votre petit-fils Jacques De Villiers
qui a écrit un chef-d'oeuvre reconnu aujourd'hui par les historiens qui appelle l'affaire Lombard chez Fayard. Et donc il m'a paru judicieux, intéressant et sage de faire venir la relève.
La relève, c'est-à-dire que les prochaines saisons dans quelques décennies bien sûr. Absolument. Face à Philippe de Villiers, ça s'appellera peut-être Face à Jacques de Villiers. Face à Jacques de Villiers. Écoutez, c'est tout ce qu'on lui souhaite bien sûr et c'est tout ce qu'on nous souhaite évidemment et on aura cet échange entre le grand-père et le petit-fils, le dialogue dans cette émission. Restez avec nous jusqu'à 11h. Philippe, revenons à l'élément historique de la semaine puisque cette semaine a eu lieu la cérémonie de signature de l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.
Juste après le déclenchement de la guerre, vous aviez dans une prémonition habile en citant Churchill, vous aviez dit « L'homme d'État qui cède la fièvre guerrière doit savoir qu'une fois le signal donné, il perd le contrôle de sa politique et des actes qui vont se dérouler sur le champ de bataille. » Et nous sommes désormais au jour d'après. On a vu cette scène à Versailles, on peut voir l'image de Donald Trump qui signe cet accord depuis le château de Versailles. Et puis il y a une autre séquence, quelques heures plus tôt, en plein G7, Donald Trump arrive dans la pièce et il va rappeler avec humour peut-être une évidence. Écoutez. Bonjour, je suis le boss.
Comment vous êtes-vous ? Bien, merci.
Je vous prends le jeune.
Cher Philippe, comment voyez-vous ce jour d'après et selon vous, qu'est-ce qui va changer dans les relations internationales ?
Bientôt, il ne pourra plus dire « I am the boss ». C'est ça qui va changer. Et taper sur l'épaule de l'anglais. Pourquoi ? Parce que le monde dans lequel nous entrons n'a plus rien à voir cette fois-ci. Avec l'après-mur de Berlin, Fukuyama, le grand historien, la pep par le doux commerce, multilatéralisme, plus de frontières, plus de douanes, etc. La société internationale sera bientôt méconnaissable pour les raisons suivantes que je voudrais énumérer avec vous. Premièrement, nous allons vivre le crépuscule de la République impériale, pour reprendre le terme de Raymond Aron. La République impériale, c'est-à-dire l'Amérique. Récapitulons. Qu'est-ce qui vient de se passer ?
Depuis le 28 février, l'Amérique n'a atteint aucun de ses objectifs de guerre. Le régime change. Non, il n'y a pas eu de changement de régime. Deuxième objectif, c'était les fameux 440 kilos. Bon, ils se promènent, on ne sait pas où, mais en tout cas, pour l'instant, ils sont intacts. Et le troisième objectif de guerre, c'était d'entendre le peuple iranien, provoquer la révolte du peuple iranien, comme au printemps dernier. Bon, il ne s'est rien passé.
Ensuite, un changement majeur pour les Américains, au Moyen-Orient, c'est qu'en fait, les pétro-monarchies, qui avaient fondé leur sécurité sur une sorte d'échange pétrole contre sécurité avec l'Amérique, sont maintenant traumatisés et vont chercher, dans les semaines, dans les mois qui viennent, une autre posture de sécurité pour se protéger. Troisièmement, le piège d'Hormuz s'est refermé. Et alors, on le voit bien à l'heure qu'il est. Qu'est-ce que ça veut dire, le piège d'Hormuz ? Ça veut dire qu'on croyait que l'Iran voulait une bombe atomique, en fait, ils en ont deux. Celle des 450 kilos d'Iranium enrichi, et ils ont le détroit d'Hormuz.
La preuve, c'est que toute l'économie mondiale est à l'arrêt à cause du détroit d'Hormuz. Enfin et surtout, je dirais, il y a eu l'enlisement vietnamien, il y a l'ensablement iranien. C'est-à-dire qu'en fait, après l'Irak, après l'Afghanistan, c'est l'énième échec de l'Amérique. Donc, en termes de prestige et d'image, l'Amérique est regardée, là, c'est encore tout neuf, mais on va s'en apercevoir dans les semaines qui viennent. Le deuxième point important, c'est le nouveau statut de l'Iran, qui devient une puissance régionale au Moyen-Orient, et peut-être même la première puissance régionale au Moyen-Orient. C'est hallucinant ce que je vous dis, mais c'est la réalité.
En effet, la République islamique d'Iran a vaincu la première puissance militaire du monde et son allié israélien. Quand, dans une guerre asymétrique, le présumé vainqueur ne réussit pas à vaincre, il a perdu. Et quand, dans une guerre asymétrique, le présumé vaincu ne perd pas, il a gagné. On est dans cette situation. Récapitulons. La République islamique d'Iran, elle contrôle les eaux du Golfe. Elle contrôle les voisins, maintenant, qui vont se tourner vers elle, parce qu'il vaut mieux faire un contrat de sécurité avec l'Iran qu'avec Israël, lâché par les Américains. Et enfin, elle contrôle les proxys. Le Hamas, même s'il est très affaibli.
Le Esbollah au Liban, on voit ce dont il s'agit en ce moment. Et enfin, les Woutis, qui sont tranquilles. Troisième élément clé, troisième très saillant, inouï, qui vient de se passer là. C'est l'abandon d'Israël, l'isolement d'Israël. Et l'erreur stratégique de Trump, qui veut donner le Liban à la Syrie. Je peux vous dire que, pour bien connaître le Liban et les Libanais, c'est la panique. Parce que le Liban, moi j'ai connu ça à cette période, le Liban en Syrie, 30 ans. Donc c'est pire que tout. Et enfin et surtout, nous assistons au déplacement de la tectonique des plaques vers le sud global. L'Iran fait partie du sud global, la Russie et la Chine font partie du sud global, etc.
Déplacement vers l'Asie, vers la puissance montante. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire deux choses. Premièrement, pour reprendre l'expression d'Hélène Carradonco, ça m'avait beaucoup frappé cette expression. Elle me dit, j'ai peur que bientôt on dise que le moment de l'Occident est passé. C'est clair. Le décrochage de l'Europe, il est presque irréversible. Dans sa forme actuelle, l'Europe est une colonie américaine et une colonie chinoise. Bientôt on roulera en voiture électrique chinoise. Et enfin, un dernier point qui est très important, que personne ne voit, c'est la dédolarisation du monde qui est devant nous.
J'ajouterais, pour compléter le tableau, quelque chose que personne ne dit, moi que je sens, que je pressens. C'est que la victoire des Mollas et des gardiens de la Révolution est cause d'allégresse dans la rue Arabe, en France, et la rue Saint-Guillaume. Là où se forgent les caractères des futurs gardiens de la Révolution, et là où prospèrent les imaginaires des futurs Mollas de la Nouvelle-France. On ferait bien de regarder la rue Arabe et la rue Saint-Guillaume, c'est-à-dire l'alliance de l'Islamistan et du Bokistan, pour comprendre ce qui risque d'arriver en France, à la suite de ce très grave conflit.
On se retrouve dans quelques instants pour la suite de Face à Philippe de Villiers. On va parler de l'Arcom qui met une nouvelle fois en demeure la chaîne CNews. A tout de suite sur Europe 1. Face à Philippe de Villiers.
10h-11h sur Europe 1. Face à Philippe de Villiers. 10h-11h sur Europe 1.
De retour sur Europe 1 pour la suite de Face à Philippe de Villiers. Avec Philippe de Villiers, bien sûr, et Geoffroy Lejeune. On est ensemble jusqu'à 11h. Philippe, l'Arcom vient de franchir un seuil inédit dans la régulation des chaînes d'information. Par une décision du 12 juin 2026, elle met en demeure CNews au motif que la chaîne ne respecterait pas l'exigence d'expression pluraliste des courants de pensée et d'opinion sur le plateau. L'Arcom s'attaque donc désormais au traitement de l'actualité dans sa globalité, au-delà de l'obligation d'équilibre des temps de parole pour les personnalités politiques ou encore d'une séquence controversée.
qui chauffera le jeûne. Alors, question très simple, Philippe, selon vous, est-ce que c'est une mise en demeure ou est-ce que c'est une mise à mort programmée ? C'est une mise à mort. Et je pèse mes mots.
Et je vais vous expliquer pourquoi. Je pense que la liberté d'expression est en péril en France aujourd'hui. La liberté éditoriale, la liberté de penser, la liberté de conscience. Et demain, peut-être la liberté de se présenter aux élections. Vous avez vu comment le cornu explique les ingénierances étrangères, etc. Vous avez vu comment le Parlement européen a mis sous sanction Xenia Federovra. C'est-à-dire qu'on met sous sanction des gens qui déplaisent au pouvoir en place. C'est le processus Ruhm. On parle d'une annulation des élections plus tard pour l'Allemagne, etc. Tout ça ne sent pas bon.
Et je dis, ce soir, solennellement, pour commencer ma réponse, que les nouveaux héros de notre temps ne sont plus seulement ce que Peggy appelait les pères de famille, si nécessaire, mais aussi les gardiens des hauts lieux de la parole alternative. Et donc CNews est un joyau de la parole alternative. Alors, vous avez fait allusion à mes fonctions de jeune secrétaire d'État. Il se trouve qu'avec François Léotard, Alain Madeleine, Jacques Chirac, à l'époque, nous avons rédigé la fameuse loi du 30 septembre 1986. Et j'ai été co-rédacteur de cette loi et rédacteur de l'article 1. Parce que ça ne me plaisait pas trop qu'on crée un organe de régulation qui s'appelait la CNCL.
Et cet article 1, je le connais par cœur, je vous le récite par cœur. Article 1, écoutez bien la portée symbolique de cet article. La liberté de communication est sans limite, sauf dans la mesure requise par les besoins de la défense nationale. Et il y avait à l'époque un double pluralisme. Il y avait un pluralisme interne au service public, donc respect des équilibres, service public, normal, et un pluralisme externe, c'est-à-dire qu'en fait on laissait à chaque chaîne sa tonalité, originale. C'est là que tout commence. L'évolution a été désastreuse.
Cette CNCL devenue la Haute Autorité puis maintenant l'ARCOM a pris de plus en plus de pouvoir, comme d'habitude les juges et les agences, qui sont des démembrements de l'État, qui se prennent pour l'État. Et ce à quoi nous assistons, c'est en fait à un basculement orwellien vers le ministère de la Vérité. Rien de moins. L'ARCOM, elle suit le Conseil d'État. L'ARCOM, elle était là pour réguler. Elle fait maintenant de la censure. C'était un organe de régulation. L'ARCOM est en train de devenir un organe de censure. J'y viens dans un instant. Quant au Conseil d'État, le Conseil d'État a été inventé pour empêcher les excès de pouvoir. Pour veiller sur les atteintes à la liberté individuelle.
En fait, le Conseil d'État incarne le dialogue avec Créon et avec Antigone. Créon qui fait valoir la raison d'État et Antigone qui fait valoir le principe de la liberté d'entérer son frère. Donc les lois immémoriales. C'était ça le Conseil d'État. Aujourd'hui, ce n'est plus ça du tout le Conseil d'État. C'est un organe de censure au nom d'une idéologie du progressisme diversitaire qui veut la fin des nations. Ensuite, rentrons dans le fond du dossier et du sujet. L'ARCOM, jusqu'à présent, et de manière abusive, veillait à l'équilibre du temps de parole des personnalités politiques, textuellement. Je le dis de manière abusive, pourquoi ?
Parce que, comme on qualifie en droit une personnalité politique, elle a une double caractéristique alternative. Soit elle est membre d'un parti politique, c'est facile à vérifier, soit elle a une fonction d'élu. Est-ce que vous imaginez que moi, après six mois de succès d'audience, l'ARCOM a écrit à Gérald Brice Viré, patron de Canal+, pour lui dire « Non, non, non, ce n'est plus possible, Philippe de Villiers, personnalités politiques ». Elle dit « Mais non, il n'est pas membre d'un parti depuis 15 ans, il n'est plus élu depuis 15 ans ». Ah mais, quand même, parce qu'il participe, donc c'est la jurisprudence, évidemment, de l'impressionnisme juridique de l'ARCOM.
Pendant ce temps-là, Cohn-Bendit, il n'est pas personnalité politique. Roselyne Bachelot, elle n'est pas personnalité politique, donc en fait, c'est de la bidouille. Voilà. Mais allons au fond des choses, vous l'avez dit, dans votre question. Maintenant, il ne s'agit plus de vérifier les équilibres et d'emmerder les chaînes, enfin, la chaîne, parce que les autres, ils sont tranquilles. Les transateurs, ils sont tranquilles, BFM, LCI, ils sont tranquilles. Bon, il n'y a pas de problème d'équilibre chez eux. Aucun problème. Bon, donc c'est un scandale, c'est une injustice caractérisée. Mais ça va plus loin.
C'est que maintenant, ce qu'ils disent à l'ARCOM, dans leur mise en demeure, c'est « Vous parlez trop de l'islamisme, de l'immigration, de l'insécurité et d'une manière univoque, vous parlez trop de la guerre en Ukraine, vous critiquez les magistrats et la cerise sur le gâteau, vous critiquez de manière univoque la France insoumise. » Et là, je me suis dit, qu'est-ce qu'ils veulent, en fait ? Je vais vous dire ce qu'ils veulent. Ils veulent qu'à la rentrée, on invite sur le plateau tous les vendredis, s'il est disponible, pour m'affronter, pour qu'il y ait un équilibre sur le fond de la ligne éditoriale Bakayoko.
À ce moment-là, s'il y a Bakayoko qui dira « Moi, je ne veux plus de la Marseillaise, il faut laisser siffler la Marseillaise », je dirais « Ah, quand même, M. Bakayoko ». Et là, l'ARCOM sera content. Bon, parce qu'on aura disparu, en fait. Pourquoi on aura disparu ? Parce que quand un organe de presse perd sa ligne éditoriale pour faire plaisir aux agences comme l'ARCOM, qui sont des officines de la société de surveillance, c'est fini. Et donc, en fait, il faut savoir, pour tout comprendre, qui a porté plainte ? Qui a saisi l'ARCOM ? C'est Reporters sans frontières.
Hier soir, je regardais France 2, Caroline Roux, et après avoir interviewé dans un four extraordinaire, dans tous les sens du terme, ce qui faisait chaud, Macron, après, sur le plateau, il y avait qui pour commenter ? Pierre Haski. Ça ne vous dit rien, Pierre Haski, mais moi, je connais bien Pierre Haski. C'est un éditorialiste de France Inter, et c'est le président de Reporters sans frontières. Ha ha ! Suivez-moi. Bon. Et Reporters sans frontières, ils sont payés par Soros. Ils sont 675 000 euros à les vérifier. Soros qui veut le contrôle du web. Soros, c'est le mondialiste qui veut la fin des nations, la fin de la famille, la fin de tout ce qui fait la civilisation occidentale. Voilà.
Et l'ARCOM, c'est quoi ? Je connais bien son patron. Je dirais simplement que c'est un militant. Allez voir son curriculum vitae. Il a été collaborateur de Fabius, quand même une référence. Et il a été le directeur de cabinet d'Aurélie Filippetti, qui était quand même un morceau. Bon. Et donc, en fait, il fait son boulot. Voilà. Il fait son boulot. Il est au service d'une officine, au service du pouvoir. J'imagine qu'il s'appelle avec Macron. Voilà. Et j'arrive à la question. Que veut le pouvoir ? Et ma réponse est simple. Fermez ces news. Fermez ces news. Vous m'entendez ? Vous, les téléspectateurs. Vous, les auditeurs d'Europe 1. Moi, je ne suis pas un rigolo de carmès.
Quand je viens ici, c'est pour dire des choses. Ils veulent fermer ces news. Alors, debout. Dressez-vous. Levez-vous. Ils ne pourront pas fermer ces news. Sinon, ça va aller très très mal. Parce que c'est toute la France qui va se lever, au nom de la liberté d'expression.
Allez, restez avec nous. On revient dans un instant pour la suite de Face à Philippe de Villiers. On est ensemble jusqu'à 11h. Face à Philippe de Villiers. 10h-11h sur Europe 1.
Face à Philippe de Villiers. 10h-11h sur Europe 1.
De retour sur Europe 1 pour Face à Philippe de Villiers. Philippe de Villiers, on va parler d'Éric Tegner. Et je vais vous lire les deux premiers paragraphes de la dépêche de l'AFP annonçant la condamnation d'Éric Tegner. Le fondateur et directeur du média identitaire Frontière, Éric Tegner, écrit l'AFP, a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Bobigny à 6 mois de prison avec sursis pour avoir divulgué les données d'avocats spécialisés en droits migratoires.
Éric Tegner est également condamné à 10 000 euros d'amende et doit verser, au titre du préjudice moral, 2 000 euros à chacun pour des 10 avocats plaignants ainsi qu'un euro symbolique aux barreaux et organisations professionnelles d'avocats qui se sont constitués partie civile. Je vous propose d'écouter la réponse d'Éric Tegner.
Je viens d'être condamné à 6 mois de prison avec sursis. 6 mois de prison avec une sursis. C'est une totale dinguerie. Donc en gros, on est dans un pays où il y a des pédocriminels du périscolaire qui prennent moins d'un an de prison avec sursis mais dans lequel il y a des journalistes comme moi qui sont condamnés pour une enquête sur les fondements. Je vais vous raconter sur les fondements de la loi Samuel Paty. C'est une énorme dinguerie à 6 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende. Donc je vous explique. On a fait une grande enquête, vous savez, Frontière, il y a un an sur le business de l'immigration. On a étudié plein de choses, plein de choses.
On n'a pas été attaqué pour diffamation. On n'a pas été condamné pour diffamation. Et notamment dans cette enquête, il y avait la question des avocats en droit des étrangers. Parce qu'à chaque fois que vous êtes en colère, que vous ne comprenez pas pourquoi il y a un clandestin sous OQTF, violeur, multirécidiviste qui n'est pas expulsé dans son pays, vous ne comprenez pas. Nous, on a fait une enquête pour comprendre ce qui se passait. Et un des maillons de la chaîne, un des maillons de la chaîne, pas le principal, pas l'unique, ce sont certains avocats en droit des étrangers. Mais ça, visiblement, il n'y a pas le droit d'en parler.
Pourquoi souhaitiez-vous parler de l'affaire d'Eric Tegner ? C'est stupéfiant.
Alors, je vais essayer de dire les choses en termes simples. Ce que j'ai compris. En fait, Eric Tegner et son magazine Frontières, que je recommande, qui est remarquable, toute l'équipe est allée explorer une situation qui est tout à fait extraordinaire. C'est la situation des clandestins qui veulent se faire régulariser et qui font appel à des avocats, dont c'est devenu la spécialité, qui ne veulent pas être connus du grand public, mais qui font leur beurre. En tout cas, ils touchent des sous pour défendre les clandestins, pour les faire régulariser. Là, qu'est-ce qui s'est passé ?
Donc, Frontières raconte cette manière de faire, de régulariser les clandestins, grâce à une utilisation du droit habile, mais redoutable et contraire à l'intérêt national. Au lieu de renvoyer les clandestins chez eux, l'État donne de l'argent du contribuable, parce que c'est l'argent du contribuable, c'est l'aide juridictionnelle. L'aide juridictionnelle, c'est nous qui payons. Donc, en fait, nous payons des avocats pour qu'ils défendent des clandestins, pour les régulariser. Et ensuite, ils sont régularisés par les juges, évidemment, qui sont du côté des clandestins.
Et là, ce que je veux ajouter, c'est que, en regardant le jugement, je suis tombé de ma chaise, en voyant que Éric Tegner, il n'est pas condamné pour diffamation, il est condamné dans le cadre de la loi Samuel Paty. C'est-à-dire qu'en fait, le juge en question, qui s'appelle Youssef Bader, qui est très bien, très connu, puisque c'est quelqu'un qui est très élancé dans les questions qui touchent à l'immigration, etc. Il a, en fait, utilisé une loi, qui est la loi Samuel Paty, qui est faite contre les terroristes. Et donc, en fait, on a appliqué à Éric Tegner, qu'on vient d'entendre, la loi qu'on utilise contre les terroristes. C'est une honte. C'est une honte pour la justice française.
C'est une honte pour les juges, qui font n'importe quoi. En revanche, ce que je voudrais dire, c'est que, moi, je suis fier d'être à C News, avec des gens comme vous, et avec des gens comme Éric Tegner. Frontière. Quelle belle émission. Éric Tegner, c'est un breton, qui a la tête dure, et qui représente ce que j'ai fait dire un jour à Jacques Mopilier, le courage s'accomplit dans lui, comme la marche ou la respiration. C'est ce que je lui ai dit au téléphone, en disant, Eliott, souhaite qu'on parle de ce sujet, on en parlera, et je te rendrai hommage. Parce que des gens comme Éric Tegner, ce sont des Français structurés, mentalement, intellectuellement, qui aiment le pays plus que tout.
Songez qu'il aime tellement sa Bretagne, qu'il vient de créer une bière bretonne. C'est comme si on créait un cidre alsacien. Après tout, buvons. Allez, je bois, je trinque avec toi, la bière bretonne d'Éric Tegner. Et en appel, tu gagneras, parce que quand même, le bon sens est là.
Allez, on se retrouve dans quelques secondes pour la suite de Face à Philippe Devilliers, avec cet événement inédit dans notre émission, l'échange, le dialogue entre le petit-fils, Jacques Devilliers, et le grand-père, Philippe Devilliers. Restez avec nous sur Europe 1. De retour pour la suite de Face à Philippe Devilliers, toujours avec Philippe, bien sûr, avec Geoffroy Lejeune également, et avec une surprise pour les éditeurs d'Europe 1. Souvent, les auditeurs, les téléspectateurs, nous interpellent en disant cette émission est une émission familiale.
Et on a mis en application, vraiment jusqu'au bout, jusqu'à la lettre, cette idée d'une émission familiale, puisque Philippe, il y a dans le studio d'Europe 1, Jacques Devilliers. Et Jacques Devilliers, et c'est une surprise donc, voici un Face à Face inattendu, passionnant, un grand-père face à son petit-fils de 23 ans, et les deux d'ailleurs sont écrivains, auteurs de best-sellers, et Jacques Devilliers a pris la plume pour un nouveau roman, L'Affaire Lombarde, après le best-seller Le Bâtard du Roussillon, et L'Affaire Lombarde, les deux d'ailleurs aux éditions Fayard. Pourquoi avoir invité Jacques Devilliers aujourd'hui ?
En fait, d'abord, bonsoir Jacques, bonsoir, je suis ému, et je suis ému, heureux, et impressionné, parce qu'il a commis un roman, un deuxième roman, qu'il connaît le même succès que le premier, et j'avais au téléphone ce matin un historien, et non des moindres, qui m'a dit, c'est admirable, un historien, de la Sorbonne, voilà. Alors, en fait, vous le savez, tous les deux, l'émission est très suivie par des jeunes français, contre un noir ce qu'on croit. Beaucoup, beaucoup de jeunes français nous suivent. Et, j'ai reçu une lettre, il n'y a pas longtemps, d'un jeune français, très bien écrite, qui dit, en fait, merci de nous inciter à mettre un peu de temps long dans notre instant.
Et je me suis dit, mais pourquoi on n'ajouterait pas un peu de temps long et un peu de jeunesse ? Et je cherchais, je me suis dit, ben quand même, tout près de moi, il y a un jeune français que je connais bien, et qui porte en lui la charge morale d'un jeune français qui sent bien qu'il appartient à un peuple historique qui pourrait devenir minoritaire dans son propre pays. et en même temps, souvent, quand on est ensemble, on se répète une phrase depuis longtemps qui est de Bernanos et qu'on partage. Les créateurs sont des gens qui ne sont jamais vraiment sortis de l'enfance, mais qui ne font que l'élargir aux dimensions de leur destin.
Jacques de Villiers. Je pense qu'effectivement, tout commence dans l'enfance et que moi, j'ai la chance, c'est vrai, une chance inouïe aujourd'hui d'avoir, dès l'enfance, vécu entre les contes, les légendes, les anecdotes, les grandeurs de l'histoire, les joies, les drames racontés, savamment orchestrés, mis en scène, tant à travers l'écriture et donc la lecture auprès de mon grand-père qu'à travers le spectacle qui se poursuit aujourd'hui encore au Puy du Fou, aux côtés de Nicolas de Villiers, auprès de qui je travaille et sous la houlette de qui j'apprends encore, toujours plus l'amour de l'histoire de France.
Et donc, effectivement, c'est tout naturellement qu'après avoir lu, après avoir été émerveillé en tant qu'enfant avec ma génération, mes frères, mes cousins, j'ai voulu prendre la plume, m'y essayer aussi, après avoir été lecteur et spectateur, pourquoi pas entrer à mon tour dans l'histoire de France comme un petit personnage qui se faufile auprès des grands héros qui l'ont fait, qui l'ont façonné. Et donc, j'ai voulu commencer, c'est vrai, par une période qui nous parle, je pense, à tous les deux et qui m'a appris à aimer le beau XIIIe siècle. Et c'est donc
l'affaire Lombard. Philippe, justement, l'affaire Lombard, moi, j'ai dévoré ce roman historique et je vais te dire pourquoi je l'ai aimé passionnément. Parce qu'en fait, j'ai retrouvé un jeu de correspondance, peut-être involontaire, un jeu de transparence avec notre époque. C'est-à-dire qu'en fait, on n'est pas du tout dépaysé, alors qu'il y a huit siècles de différence. Mais moi, j'ai retrouvé la fragilité de l'État, la soumétude du monarque, l'appétit des grands, la corruption, les conseillers de l'ombre, les visiteurs du soir, l'impôt qui rentre mal et l'accusation des ingérences étrangères, etc. Tout. Donc voilà. Mais tu l'as fait exprès ou pas ?
Je ne l'ai même pas fait exprès. C'est-à-dire que ce qui est fascinant, c'est qu'il n'y a rien de neuf sous le soleil et qu'en me plongeant d'abord dans le bâtard du Roussillon, dans la grande histoire militaire de la France et maintenant dans l'affaire Lombard, dans l'histoire politique de cette fin du XIIIe siècle, je me suis aperçu qu'au fond, il y a peut-être une forme parfois d'arrogance de l'homme du XXIe siècle qui, parce que les progrès technologiques sont fulgurants, pense qu'au fond, tout passé est une forme de vieillerie et que du passé, faisons table rase, car il n'a pas vraiment grand-chose à nous apprendre.
Mais en réalité, au XIIIe siècle, évidemment, l'esthétique est différente mais les problèmes politiques auxquels est confronté le jeune Philippe Lebel sont sensiblement les mêmes que ceux auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui. Alors j'ai voulu dresser ce tableau, mais pour autant, il ne s'agissait pas, pour moi, de vouloir faire un constat déprimant, terrible et triste, morne, qui peut parfois ressembler à la réalité dans laquelle nous vivons.
Au contraire, j'ai voulu montrer que ce jeune souverain de 20 ans, d'à peine 20 ans, eh bien, il a déjà une vision profonde et une vision stratégique, politique, qu'il va mettre en œuvre pour sortir la France, le royaume de France de l'époque, du marasme. Et pourquoi il fait ça ? Eh bien, parce qu'il est animé par un idéal, un idéal, car il est le lieutenant de Dieu sur Terre et donc il veut mener ses sujets, eh bien, à la finalité qui est faire leur salut. Il travaille au bien commun, il n'est pas dans un esprit carriériste, c'est ce qui me fascine chez lui, malgré sa jeunesse.
Et donc cet idéal chevaleresque, c'est au fond ce que j'ai voulu essayer de mettre en scène à la suite de mon grand-père, évidemment, qui a, cet amour aussi du panache, du chevalier chevillé au corps et c'est peut-être tout ce qu'il nous faut retrouver aujourd'hui.
Oui, mais en t'écoutant, je me dis, il y a peut-être des gens qui décrochent, qui disent, mais pourquoi ils nous parlent d'histoire du XIIIe siècle, etc. Très important. Ce que tu as compris, ce qu'il faut faire comprendre aux jeunes Français, c'est qu'en fait, on a besoin du roman national. On a besoin d'aller chercher dans sa propre histoire l'endroit d'où on vient, sinon on devient fou, désespéré, si on ne sait pas qui on est. Et on a besoin de cette sédimentation, de cette richesse qu'on appelait le roman national et qui a été dépeint comme un tissu de noirceur dont on a fait un roman noir.
On en a besoin parce qu'en fait, c'est une mise en allégorie qu'on dépose dans le sillage des jeunes Français en leur proposant nos tendresses enfouies. Et donc, toi, c'est le passage du roman historique au roman national ou plutôt, c'est l'inverse, du roman national au roman historique.
C'est vrai et je pense qu'effectivement, le roman historique, parce qu'il se trame dans le roman national, répond finalement à deux poisons mortels du temps. D'abord, l'individualisme, la solitude, l'homme nomade qui n'a plus de repères et qui se balade dans l'époque et souffre justement de toutes ces noirceurs. Il y répond, le roman historique, parce qu'il nous permet d'avoir, le roman national, d'avoir des héros de substitution, une famille de substitution à laquelle on peut s'identifier, d'où conviennent, quelle que soit notre place dans la société, quelle que soit notre richesse, notre puissance, notre culture.
Peu importe, on peut s'identifier à Jeanne d'Arc, on peut s'identifier à De Gaulle entrant en résistance, vous en parliez tout à l'heure, on peut s'identifier à tout un imaginaire qui au fond constitue une famille. Et puis, le deuxième remède au deuxième poison, c'est que le vivre ensemble creux parfois aujourd'hui dont on meurt et qui meurt d'ailleurs tout seul, est résolu par ce roman national puisqu'il rassemble tous ses membres de cette famille adoptive qui vibrent aux mêmes élancements glorieux, aux mêmes héros qui se lèvent dans les drames.
Donc oui, on s'extirpe des noirceurs d'une histoire scientifique, légiste qui travaille sur des chaires mortes pour vibrer à la célébration et c'est tout ce que j'ai appris à aimer et c'est tout ce que j'essaye aujourd'hui de mettre en scène.
Jacques De Villiers est donc avec nous et je suis le premier téléspectateur de ce dialogue inédit. C'est peut-être une première fois dans l'histoire de la télé qu'on voit le petit fils. Première fois, vous vous taisez. Ça m'arrive souvent dans cette émission quand même, dans les autres un peu moins, entre le petit-fils et le grand-père. Jacques, vous avez 23 ans et souvent notre fil rouge dans cette émission c'est d'adresser et c'est aussi la boussole de Philippe, d'adresser un message à la jeunesse de France qui peut nous regarder. Si vous aviez un message à adresser à cette jeunesse, il nous reste 5 minutes, vous diriez quoi ?
Avec sa sagesse, mon grand-père il répondrait mieux que moi mais je pense que quand je parle à des jeunes de ma génération, ce que je vois c'est qu'ils cherchent dans le divertissement par tous les moyens possibles des figures tutélaires auxquelles ils peuvent se raccrocher, auxquelles on peut s'identifier et vers lesquelles on peut se projeter avec leur destin mais ces figures sont parfois désincarnées. Alors on pourrait se dire cette situation est irréversible, l'histoire n'est plus enseignée, n'est plus apprise car elle n'est plus aimée, au fond tout est perdu et la chute, la dérédiction sera sans appel.
Je pense l'inverse parce qu'il y a un biais par lequel on peut revenir à cette histoire, à cet amour, à cette fierté et la jeunesse est la première à chercher ce biais, c'est le biais du beau. Dostoyevsky disait le beau sauvera le monde et si le beau sauve le monde alors en France nous sommes sauvés puisque le beau affleure à chaque coin de France, derrière chaque colline, sous chaque voûte romane de chaque petite chapelle et donc je pense que je dirais à un jeune de ma génération ouvrons l'œil, ouvrons l'œil parce que le beau est partout. Il nous est offert depuis les plus grands héros jusqu'aux plus grandes architectures, depuis la plus petite chapelle jusqu'à la plus grande cathédrale.
Il est visible partout et pour peu qu'on y prête attention et qu'on fasse le premier pas vers cette beauté, eh bien je pense qu'on peut remonter petit à petit jusqu'au cœur de notre vieux pays qui est peut-être essoufflé mais qui bat toujours et à ce moment-là, eh bien notre génération pourra elle aussi être une génération de bâtisseurs, de bâtisseurs des temps modernes mais ancrés profondément dans le passé, non pas comme une vieillerie mais comme au contraire quelque chose qui vit en nous comme un feu brûlant. Et vous, Philippe de Villiers,
il nous reste deux minutes. Le message que vous souhaiteriez adresser à la jeunesse de Jacques, à cette génération ?
Quand j'écoute Jacques, en fait, qu'est-ce qu'on ressent ? Une espérance française. Et en fait, c'est le filigrane de l'émission. Tu as très bien dit ce que je pourrais dire. Simplement, on peut passer à l'aspect pratique à partir de ce que tu as dit. Tu as parlé de la recherche des beautés françaises. Et en fait, moi, je dirais ceci. Un jeune français, je parle tout au contrôle, voyager, profitez-en, vous êtes jeunes. Mais pas n'importe comment. Voyager, d'abord, au bout de la France pour aller chercher les raretés françaises, le trésor inépuisable de cette tendresse sans fouille dont je parlais il y a un instant.
Ensuite, une fois que vous avez fini ce voyage au bout de la France, allez au bout du monde parce que là-bas, vous y comprendrez pourquoi on a dit qu'il y a un pacte multiséculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde. Ça, c'est le premier voyage qui peut durer toute la vie parce que la France est une source d'étonnement. Ensuite, il y a un deuxième voyage tout aussi important que toi, tu as fait et qui t'avait permis d'écrire. Aller chercher le temps long et donc voyager dans le temps, dans l'espace et dans le temps. Voyage horizontal, voyage vertical dans le temps. Aller voyager dans le temps pour comprendre que les grandes choses se font dans la longue durée.
La sédimentation du temps long. Et pour comprendre aussi que nous ne sommes que les devanciers et les héritiers d'un monde où nous sommes de passage. Comme héritiers, comme devanciers. C'est un monde d'emprunts pour nous. Nous sommes des emprunteurs et des débiteurs. Et puis enfin, il y a une citation que tu connais bien que j'ai souvent citée au plus du fou. Je dirais le troisième voyage c'est le voyage en soi, au fond de soi, dans le fort intime. Aller chercher vos souvenirs. C'est la phrase de Rilke, Heiner, Maria, Rilke. Pour faire le premier mot d'un verre, il faut avoir des souvenirs. Mais il ne faut pas n'avoir que des souvenirs.
Il faut savoir les oublier et attendre qu'ils reviennent. Alors il se peut qu'un soir de grâce, en une heure très rare, un soir, se lève le premier mot d'un verre.
Philippe, un grand merci et à la semaine prochaine.
Merci Elliot, merci Geoffroy
et merci Jacques. Merci d'être venu nous voir.
Merci à vous pour cette invitation.
Je rappelle votre ouvrage et ça va être vraiment l'un des livres de l'été. C'est le roman de l'été. Le roman de l'été, Jacques de Villiers, l'affaire Lombarde, après le best-seller Le bâtard du Roussillon, aux éditions Fayard. Dans un instant, Elliot de Valais-Vous, 01 80 20 39 21 pour réagir en direct. A tout de suite sur Europe.
Philippe de Villiers