FASCISME MONDIAL : LA MÉTHODE DE L'EXTRÊME DROITE POUR DÉTRUIRE LA JUSTICE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Et si l'extrême droite française avait été renforcée par la condamnation de Marine Le Pen ? La question se pose à l'heure où le Rassemblement national est plus organisé et plus vément que jamais. Ce n'est pas une décision de justice, c'est une décision politique.
Depuis le 31 mars, c'est une offensive sans précédent dans l'histoire récente qui a été lancée contre la justice française. Quand l'injustice vient directement de ceux qui sont censés rendre la justice, il est évident que elle est plus insupportable encore que n'importe quelle autre injustice. Mais cette indignation, cette blessure euh il faut s'en servir. est un moteur.
Les discours visant à disqualifier non pas uniquement cette décision de justice, mais la justice française dans son ensemble pleuve sur les plateaux de télévision et les réseaux sociaux jusqu'à donner lieu à la diffusion d'une pétition et une manifestation pour sauver la démocratie contre la tyrannie des juges. Ce moment politique, bien loin de ne concerner que la chef de fil du Rassemblement national, pourrait bien être une étape clé dans le processus de destruction de l'état de droit en France. L'extrême droite internationale a d'ailleurs suivi le mouvement remettant en cause le fait qu'il s'agisse là d'une décision démocratique, appelant même à libérer Marine Le Pen, notamment via le slogan free Marine Le Pen qui serait selon Donald Trump victime d'une simple erreur de comptabilité.
Et ça n'a rien d'étonnant. De plus en plus, les partis d'extrême droite à travers le monde portent ce narratif. C'est nous contre eux.
Le peuple avec les partis d'extrême droite contre les juges. S'ils sont accusés de délits ou de crimes, c'est parce qu'ils dérangent. Ils sont victimes d'une machination pour les bayonner.
Toute procédure judiciaire devient donc forcément un complot du système et il compte bien se battre contre l'état de droit et s'affranchir de la justice. Tout sera fait pour nous empêcher d'arriver au pouvoir. Moi, je leur réponds que rien ne nous empêchera de nous battre pour que nous arrivions au pouvoir.
Je crois encore une fois que c'était euh hier un jour très sombre pour la démocratie française. Peut-être le plus sombre que la démocratie française est connue. L'outrance peut paraître absurde, mais ces discours ont des répercussions dont nous n'avons pas fini de mesurer les conséquences.
Sur le marché, c'est un peu la confusion. Même les habitants qui ne soutiennent pas Marine Le Pen se posent des questions. Je trouve ça injuste.
D'accord. Et pourquoi vous trouvez ça injuste ? parce que la justice devient politique.
La base électorale du Rassemblement national semble ressortir renforcée et radicalisée de cet épisode. Le renversement du discours est à son paroxisme. Le RN prétend se soustraire à l'état de droit pour défendre la démocratie et l'état de droit.
La démocratie française est en train de s'effondrer. Des mots et concepts vidé leur sens ont été martelés en boucle sur les chaînes de télévision et tous les vecteurs d'information possibles pour semer la confusion. Ce renversement sémantique et conceptuel est d'autant plus dangereux qu'il a déjà eu lieu ailleurs.
Ceux qui à travers le monde veulent détruire la justice invoquent sans cesse la démocratie quand elle n'est pas à leur avantage. Aujourd'hui, j'ai pris un coup de poignard avec cette décision. Ce n'est pas jaillir Messias Bolsonaro qui a reçu ce coup de poignard, c'est la démocratie brésilienne.
Vous avez vu ses soutiens ? Mais c'est un scandale. Trump, Urban, Poutine qui lui-même crie au déni.
Non mais on rêve, on rêve. Et nous sommes en train de vivre exactement la même chose en France. On est en train sur les plateaux télé dans une grande partie de la classe politique, pas simplement les amis du Rassemblement national, de considérer que nous vivons un moment antidémocratique parce que des juges ont appliqué la loi.
Les réactions virulentes à l'endroit des juges ou de la justice ont pour objectif de faire oublier la décision ou les faits qui sont reprochés à chacun de ces politiques. Pour le cas du Rassemblement national, c'est, rappelons-le, 4 millions d'euros d'argent public qui ont été détournés et la séquence politique et judiciaire actuelle ressemble fortement à celle qui a eu lieu il y a quelques temps aux États-Unis. [Musique] La justice est l'un des principaux contrepouvoirs et le fait que c'est parti l'attaque avec autant de virulence dit beaucoup du sort qu'il compte réserver à la démocratie.
On sera là. On sera là jusqu'au bout. On sera là jusqu'à la victoire.
Ceux qui prétendent vouloir sauver la démocratie sont en réalité ceux qui la mettent le plus en danger en remettant en cause la séparation des pouvoirs et l'indépendance de la justice. Alors, nous publions cette émission volontairement après la tempête médiatique pour prendre un peu de recul, essayer d'analyser cette séquence. À quoi avons-nous assisté exactement ?
Comment la stratégie du Rassemblement national s'est-elle organisée ? Pourquoi s'inscrit-elle dans un mouvement politique international de destruction de la justice ? À quoi peut-on s'attendre dans les mois qui arrive en ce qui concerne l'extrême droite française ?
Réponse tout de suite dans cette nouvelle émission pour Blast. [Musique] Avant d'aller plus loin, un rapide rappel des s'impose car malheureusement il en est peu question dans les récents débats sur ce procès. L'affaire a été révélée par Mediapart en 2013.
Depuis, 73 articles ont été publiés sur le site. L'affaire a fait l'objet de 9 années de procédure peu suivie du grand public. Si cette procédure a pris tant de temps à aboutir, c'est notamment du fait de l'obstruction du Rassemblement national.
Comme l'explique la journaliste de Médiia Part Marine Turquy. Début 2017, Marine Le Pen avait refusé de se rendre à la convocation des juges en accusant la justice de se précipiter, d'être instrumentalisé en pleine campagne présidentielle. 4 mois plus tard, elle se contente de lire au juges une déclaration qu'elle a écrite dans laquelle elle conteste tout emploi fictif et mais aussi le droit de la justice d'enquêter sur le travail euh politique des députés.
Et puis surtout la défense, elle a fait 45 recours. Alors évidemment, elle en a le droit. Euh mais ça explique aussi que la procédure, elle a traîné en longueur.
Dans sa décision, le tribunal a d'ailleurs parlé d'une volonté, je cite, d'éviter ou de de retarder le débat sur les faits qui leur été reproché. Le 31 mars après une longue procédure judiciaire donc Marine Le Pen a bien été reconnue coupable de détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front National. Pendant 12 ans, un système de financement du parti a été conçu en détournant les enveloppes du Parlement européen dédié aux assistants parlementaires du RN.
En clair, le parti a fait des économies illicites sur le dos du Parlement européen en déclarant certains de ses permanents, dont le chauffeur de Marine Le Pen par exemple comme assistant parlementaire et en les payant souvent grassement. Plus de 5000 € par mois pour un mi-temp pour Louis Alliot par exemple. Le tribunal estime que le système fraudule mise en place a permis aux dirigeants du RN d'avoir un confort de vie et favoriser l'enrichissement du parti.
Le préjudice est estimé à 4,1 million d'euros provenant des contribuables européens. Marine Le Pen a été reconnue coupable de détournement de fonds publics et condamné le 31 mars à 4 ans d'emprisonnement dont deux enfermes aménageables sous surveillance électronique et 100000 € d'amende et 5 ans d'inégibilité avec exécution provisoire et donc une application immédiate même s'il y a appel. Et c'est l'inéligibilité qui fait aujourd'hui le plus débat car le RN veut pas l'accepter.
La chef de fil du parti ne peut pour l'instant pas légalement se présenter à l'élection présidentielle de 2027, sauf si une décision favorable en appel intervient avant cette échéance. Ce qui est possible puisque la justice a annoncé que le procès en appel se tiendrait à l'été 2026, soit avant l'élection. Marine Le Pen a été condamnée pour avoir été au cœur d'un système qui a détourné plus de 4 millions d'euros d'argent public.
Donc des montants exceptionnellement haut dans ce type d'affaires. La présidente du tribunal a insisté sur la gravité des faits, des montants détournés et surtout du risque de récidive objectivement caractérisé. Elle a ajouté 10 ans après, les prévenus n'ont exprimé aucune prise de conscience de leur violation de la loi. 23 personnes ainsi que le parti ont été condamnées.
À toute fin utile, on rappelle que la justice française ne peut pas condamner sans preuve. C'est une des plus grosses affaires de détournement de fonds de ces dernières années et il y a 152 pages de jugement. Le document est public.
La peine est loin du maximum encour d'inéligibilité. Les procès finissent toujours par être celui de la justice, hein. Là, je crois qu'on a vraiment une illustration assez assez nette.
Qui peut croire qu'après 9 ans de procédure d'instruction, après 2 mois de procès dans une décision qui fait plus de 150 pages, les juges auraient pour seule motivation une boussole partisane. Ce dossier, il est passé dans les mains de dizaines de magistrats. Donc si c'était un complot politique, il serait vraiment très très large.
Et puis il y a une dernière chose, il faut rétablir la réalité des faits, c'est que ce n'est pas le parti politique qui est condamné dans l'impossibilité de se présenter à l'élection présidentielle. C'est une de ses anciennes dirigeantes. Comme le soulligne la constitutionnaliste Anne Charline Bezina dans The Conversation, il est fréquent pour la justice de recourir à une peine d'inéligibilité pour les élus dans le cas d'atteinte à la probité.
C'est le terme retenu par le code pénal. Étant donné qu'il s'agit de peines qui ne peuvent pas toujours donner lieu à une réparation par des dommages et intérêts à des victimes, on frappe là où il y a eu infraction. Ici, la capacité à susciter la confiance.
Et rappelons-le, en condamnant Marine Le Pen, les juges ne font qu'appliquer les lois qui ont été votées par les députés. Depuis ce procès, sa famille politique et une partie de la droite ont pris la justice pour cible. Une tendance qui émergeit déjà ces dernières années chez l'extrême droite internationale, un marqueur même de ce mouvement.
À peine quelques minutes après l'annonce de la condamnation, le RN se met en ordre de bataille. Jordan Bardella parle immédiatement sur X de la démocratie française qui serait exécutée. Dans les heures qui suivent, Eric Sioti s'interroge : "La France est-elle encore une démocratie ?" Sur X toujours, le député siiste Géroverni qualifie la condamnation judiciaire de coup d'état.
Toute l'extrême droite française lui apporte son soutien. d'Éric Zémour à Damien Rieu. C'est une véritable avalanche de soutien au RN sur les réseaux sociaux.
Ce tweet de Marine Le Pen fait par exemple près de 150000 j'aimes et plus de 6 millions de vues. Et de manière générale, en plus des posts sur TikTok, Instagram, Facebook ou X, les figures du RN vont toutes aller sur les plateaux de télévision de manière organisée pour imposer ce narratif de persécution. Quand on vous assassine, vous avez de choix, vous ne dites rien ou vous criez.
Et bien nous avons choisi de crier parce que derrière c'est pas uniquement Marine Le Pen, c'est des millions de Français qu'on essaie finalement de gommer, qu'on essae d'effacer tout. Là aujourd'hui, on a une décision avec cette exécution provisoire qui est profondément une décision politique pour nuire à Marine Le Pen. Là lundi nous avons basculé dans la tyrannie des juges.
Aujourd'hui, elle est victime d'une décision qui a une coloration, une couleur politique. C'est le même vocabulaire presque mot pour mot qui est employé partout. Gouvernement des juges, dictature, démocratie menacée, juge politique voire juge rouge.
Seul le député Julien Audoule, lui aussi lourdement condamné dans cette affaire, va perdre son calme sur le plateau de LCI face à l'avocat Patrick Klugman provoquant une sorte de brouis sur le plateau sans que cela n'ait la moindre conséquence politique ou médiatique. La motivation, vous fermezla. Pardon ?
Non, s'il vous plaît. Julien, vous avez le droit de discuter en des termes très vif même et s'il vous plaît pour la simplement la bonne tenue d'un débat démocratique, retirez le ferm. Je le retirez, je ne le retire pas.
À l'Assemblée nationale, c'est exactement la même histoire. Les prises de parole sur d'autres sujets sont utilisées pour commenter la séquence. puis reposter sur les réseaux et les déclarations prennent un ton revanchard voire menaçant.
Le groupe Rassemblement national ne vous laissera pas voler l'élection présidentielle comme vous avez volé des dizaines de sièges lors des dernières législatives. Ça n'est plus de la justice, c'est de la politique. Alors à ceux qui désespèrent comme à ceux qui croient nous abattre, ne soyez certain que d'une seule chose, cette attaque est un moteur supplémentaire dans notre combat pour la France et les Français.
Mais je vous le dis chers collègues, vous qui jouez les idiots utiles de ce système, vous serez les premiers balayés par ce système. Il y a des tyranes qui enferment leurs opposants. Il y a désormais des justes tyran qui exécutent l'état de droit en place publique.
C'est littéralement des dizaines de représentants qui vont se relayer sur tous les plateaux de télévision du pays, sur les réseaux et à l'Assemblée pour donner une vision basé sur des fausses informations, à savoir que la justice ne serait pas fiable, que cette décision n'a rien à voir avec les 4 millions d'euros détournés, mais que Marine Le Pen serait victime d'un complot des juges. Et pendant ce temps-là, quasiment personne ne parle du fond de ce qui lui est reproché, à savoir d'avoir été au cœur d'un système de détournement de fonds d'une ampleur exceptionnelle sur 12 années avec tout un tas de preuves accablantes. Ça, c'est la stratégie du Rassemblement national, mais elle va prendre une ampleur tout autre avec l'aide des médias d'extrême droite, à commencer par ceux de la sphère bolorée.
Ces news, chaîne d'information en continu la plus regardée du pays, va défendre bex et ongles le rassemblement national. Moi-même je je suis sidérée par par je suis sidérée par cette décision. Il y a une forme de dépossession démocratique par la justice.
Je vais vous dire moi à midi, j'ai fait le deuil de cette démocratie. Ça veut dire que j'entends les arguments juridiques mais dans le fond faut pas se tromper, c'est très simple. C'est un procès politique.
Les médias qui ne sont pas historiquement d'extrême droite, voire certains autrefois considérés comme centristes vont aussi s'opposer à cette peine d'inéligibilité, remettre en cause la justice et par la même valider tout ou partie du discours du Rassemblement national. Rajouter à cela des personnalités politiques de tout bord qui vont aussi semer le doute sur la décision de justice de François Bairrou qui se dira troublé à Jean-Luc Mélenchon qui assure que la décision de destituer un élu devrait revenir au peuple en passant par le ministre de l'intérieur Bruno Retaillot qui a lui parlé de juge rouge et s'en est pris directement au syndicat national de la magistrature. Le tour de force est réussi.
Désormais, on ne parle pas du contenu du procès et le débat devient binaire pour ou contre la peine d'inéligibilité. Pendant ce temps-là, le RN prospère dans sa posture victimaire en s'opposant à la soi-disant toute puissance des juges. Quel est ce pays ?
Quelle est cette démocratie où en quelques jours on ferme une chaîne de télévision, la première chaîne de télévision de la TNT où l'on empêche celle qui est la leader de l'opposition et la favorite de l'élection présidentielle de concourir au suffrage des Français ? où l'on requiert de la prison ferme contre un ancien président de la République et où l'on met à mort sur le plan financier le premier parti de France. On notera au passage le soutien à Nicolas Sarkozy qui, on le rappelle, a été mis en cause par la justice dans une dizaine d'affaires et a été condamné à de la prison ferme.
D'ailleurs, on en oublie encore une fois le fond de cette affaire. Selon l'extrême droite, nous serions presque dans une dictature des juges et il s'agirait donc de riposter. Le RN ne se positionne pas seulement en victime d'une persécution.
Il se positionne comme le seul parti capable de faire tomber cette soi-disant dictature et appelle donc à l'action. Sur les réseaux sociaux, des militants et internautes souvent anonymes s'attaquent au juges. On leur met une cible sur le dos.
Leur photo est diffusée partout. Une enquête est ouverte dans la foulée devant l'ampleur des menaces. Une juge en particulier est tellement menacée par l'extrême droite qu'elle doit être mise sous protection policière renforcée à son domicile.
Et un homme est mis en garde à vue pour avoir proféré des menaces à son encontre. Imaginez les conséquences que cela peut avoir sur la position des juges qui vont prononcer la décision en appel. Ils savent désormais que condamner Marine Le Pen, c'est s'exposer à une violence politique et médiatique inouie et potentiellement avoir besoin de protection policière à cause des menaces de mort.
La profession tire la sonnette d'alarme. Fait très rare, le Conseil supérieur de la magistrature a exprimé son inquiétude dans un communiqué. Ainsi, les menaces visant personnellement les magistrats chargés du dossier, tout comme les prises de parole de responsables politiques sur le bien fondé des poursuites ou de la condamnation ne peuvent être acceptés dans une société démocratique.
Idem du côté des avocats, le Conseil national des barreaux en appelle à une réaction collective. Dans un contexte où l'autorité judiciaire est de plus en plus contestée sur les réseaux sociaux et dans le débat public, il est de la responsabilité collective des acteurs institutionnels de faire bloc pour la protéger. Comme le soulligne le journal Le Monde, longtemps protégé par son statut d'autorité, le corps de la magistrature est désormais de plus en plus pris à partie.
Cela avait déjà commencé en novembre 2024 à l'occasion des réquisitions lors du procès des assistants parlementaires du Front National au Parlement européen. Puis le 10 février au tribunal administratif de Melin, la présidente et plusieurs magistrats ont été menacés de mort à la suite de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français de l'influenceur algérien Boem Naman. Un mois plus tôt, c'était autour du magazine d'extrême droite frontière de susciter un flot de menaces et d'injure contre des avocats spécialistes du droit des étrangers après avoir publié un palmarès sélectionnant 60 d'entre eux.
Bref, la justice française est fragilisée sous le feu des menaces et des critiques. Du côté du parti politique, la Poste ne consiste pas à menacer de mort les juges, pratique que le RN condamne publiquement, mais à utiliser tous les autres moyens possibles. Et ça, c'est eux qui le disent.
Que les choses soient très claires, on ne laissera pas les Français se faire voler l'élection présidentielle. Nous allons nous défendre. Nous allons user de tous les moyens qui sont à notre disposition pour euh permettre aux Français de choisir euh leur futur dirigeants et nous allons gagner.
Voilà, parce que la vérité et la justice doivent gagner. Toute cette rhtorique est diffusée par les militants et délégués départementaux complètement galvanisé. Le le message c'est euh ne laissez pas trois juges décider à votre place qui doit être le futur président de la République.
Au-delà des militants, cette condamnation ne semble pas avoir d'effets sur les électeurs du RN. Je pense au contraire que l'objectif ici c'est de montrer que nous sommes encore plus motivés qu'avant, encore plus déterminés dans le Vaclus. Il prépare une partie des 60000 tractes qu'il prévoit de distribuer dans tout le département en seulement quelques jours.
Il sature aussi l'espace public de plusieurs milliers d'affiches spécialement créées en réaction à cette décision judiciaire. Leur soutien semble même renforcé. Chez les électeurs d'extrême droite, Marine Le Pen a gagné 10 points de popularité.
Jeanne Bardella 9. Et le RN revendique 20000 adhésion supplémentaires depuis la condamnation. Le parti fait appel au sentiment de mépris, au dégoût de la classe politique que ressent une bonne partie de leurs électeurs et ça fonctionne.
En croyant que ça allait la rabaisser, j'ai l'impression que ça remontait sa côte. C'est pas plus mal. Je disais même à la limite, il vaudrait mieux un Trump qui vient un peu en France pour le bordel et pour tout mettre carré.
C'est il est spécial hein, il est spécial trempé mais au moins au moins peut-être que ça ça serait mieux. Tous les partis ont fait ce qu'elle a fait quoi. Par contre les autres parti on les a pas touché.
C'est pas un tribunal d'interdire à quelqu'un de se présenter. On n plus dans une démocratie. C'est les juges qui décident qui peut se présenter ou pas.
Aujourd'hui c'est un mouvement de révolte. On est là pour montrer que on va pas cesser ses marchés dessus, qu'on ira au bout tous ensemble et qu'on est totalement derrière marine. Le tout s'est catalysé lors du rassemblement le 6 avril. place vos bancs à Paris lorsque le RN a organisé une manifestation en soutien à Marine Le Pen avec le soutien des extrêmes droites.
Il faut bien avoir en tête que le Rassemblement national n'a que très rarement appelé à manifester cette dernière décennie et la fois où il le fait et bien c'est pour défendre une condamnée par la justice. Ne vous laissez pas intimider, ne vous laissez pas démoraliser. Quand la décision arrive, elle est dure.
Elle est dure parce qu'elle est injuste. Ça fait 30 ans que je me bats pour vous et ça fait 30 ans que je me bats contre l'injustice. Ce pays que nous aimons si profondément, si passionnément, pas sous peu, nous appeler au pouvoir.
Vous êtes plus de 10000 10000 à avoir répondu présent à l'appel de la démocratie. Le parti a affraité des dizaines de bus pour permettre aux militants depuis toute la France de venir soutenir Marine Le [Musique] Pen. Toutes les grandes figures étaient présentes au rassemblement.
Louis Alio, lui aussi condamné, a d'ailleurs fait applaudir Philippe Devilier, Éric Zémour, Marion Maréchal ou encore Nicolas Duponignan. Mais je voudrais citer je voudrais citer aussi évidemment Philippe de [Applaudissements] Villier, Nicolas Dupontan, Éric Zémour et Marian Maréchal. Une manifestation dont l'ampleur reste à nuancer tout de même puisque comme vous pouvez le voir sur ces images, la place était loin d'être rempli. 7000 personnes étaient présentes selon les chiffres de la police.
Le RN essaie de construire l'idée qu'ils ont le peuple derrière eux. Pourtant, les électeurs ne vont pas massivement jusqu'à descendre dans la rue pour les défendre et la pétition qu'ils ont lancé n'a pas autant de succès que ce qu'ils prétendent. Ils ont essayé de créer un effet choc en parlant de 500000 signatures 3 jours après la condamnation.
Sauf que la pétition a la même adresse URL qu'une autre pétition lancée en novembre 2024 au moment des réquisitions du procureur. Ils ont juste changé le texte. Le discours qui consistait à dire que la condamnation était invalide datait déjà de novembre.
Le RN savait que le risque encour de condamnation était très fort et avait déjà commencé à contester publiquement la justice et à la stigmatiser avant même que la moindre décision n'ait été prononcée. Toute cette séquence constitue l'étape ultime de normalisation du Rassemblement national qui se présente comme le dernier rempart pour protéger la démocratie. Moi, j'entends ces remises en question sur la normalisation.
La normalisation c'est apparaître telle que nous sommes. Donc nous ne sommes pas des fachaots, nous ne sommes pas des racistes, nous ne sommes pas des gens d'extrême droite, nous sommes des gens raisonnables, nous sommes des patriotes, nous aimons notre pays et nous voulons nous battre non seulement pour le destin de la France mais pour le quotidien des Français. ce qui est exactement la même stratégie que celle de Donald Trump aux États-Unis.
Pour prendre un peu de hauteur et comprendre ce qui est en train de se jouer plus largement avec le séisme provoqué par la condamnation de Marine Le Pen, il faut prendre une perspective internationale. Et ce qu'on peut commencer par noter, c'est qu'il est très rare qu'une décision de justice en France provoque autant de réactions. Signe que l'international de l'extrême droite est plus que jamais soudé, prête à tout pour opposer le peuple à un soi-disant gouvernement des juges.
Les réactions des personnalités politiques d'extrême droite partout dans le monde racontent le rapport de celle-ci à la justice, systématiquement disqualifié quand elle les dérange. Tous utilisent la même rhtorique à quelques détails près. Elle montre à quel point l'état de droit est remis en question partout.
On pourrait commencer par Elon Musk qui a écrit sur X un message symptomatique de la post-vérité qui l'alimente sans cesse. Lorsque la gauche radicale ne peut pas gagner par le biais d'un vote démocratique, elle abuse du système judiciaire pour emprisonner ses opposants. C'est son mode opératoire à travers le monde.
Il a ajouté plus tard une menace à peine voilée. Il y aura un retour de bâton comme avec les attaques judiciaires menées contre le président Trump. That's a very big deal.
I I know all about it and a lot of people thought she wasn't going to be convicted of anything and I don't know it means conviction but 3 jours plus tard, Donald Trump, tout comme Musk, allait encore plus loin en appelant à la libération de Marine Le Pen qui est par ailleurs parfaitement libre. La chasse aux sorcières contre Marine Le Pen est un exemple de l'utilisation par les gauchistes européens du droit pour faire terire la liberté d'expression et censurer leurs opposants politiques allant cette fois jusqu'à les mettre en prison et il termine en disant libérer Marine Le Pen. Clarifions les choses.
Marine Le Pen n'ira sûrement pas en prison et portera plutôt un bracelet électronique. Tout laisse sa pensé dans ce message que la France n'est pas une démocratie ou que la justice n'y est pas indépendante. Et c'est le but.
Semer la confusion quitte à tordre la réalité sans cesse, sans jamais parler des accusations en elles-mêmes et ça marche. Il faut dire que le parcours du président des États-Unis a tout pour donner de l'espoir aux politiques d'extrême droite qui ont des démêlés avec la justice. Jamais un président américain n'a eu autant d'affaires. 88 chefs d'accusation au total dans quatre procédures pénales différentes.
Sans compter les trois procédures aux civils pour notamment agression sexuelle et fraude financière. plus de 100 chefs d'accusation en tout. On a essayé de vous les résumer de la façon la plus concise possible et ce n'est pas évident.
Pour commencer, il y a les poursuite engagé contre lui suite à l'assaut du Capitol le 6 janvier 2021. Sur ce sujet, voilà ce qu'a affirmé le procureur spécial Jack Smith dans un rapport accablanc sorti 6 jours avant l'investiture de Trump. Le président élu des États-Unis, Donald Trump, aurait été condamné pour sa tentative présumée de renverser le résultat de l'élection en 2020. s'il n'avait pas été réélu 4 ans plus tard, Donald Trump a activement participé à remettre en cause les résultats de la présidentielle de 2020 et à motiver l'assaut du Capital en janvier 2021.
Il a violé plusieurs lois pénales fédérales en demandant à des élus et des responsables d'État d'ignorer le décompte des voix et de changer les résultats dans les États où il avait perdu. Mais les poursuites ont été abandonnées dès lors qu'il a été élu. Dès le premier jour de son mandat, il a d'ailleurs gracié 1500 personnes condamnées pour avoir pris d'assaut le capitol.
Parmi les graciers, Stewart Rots, fondateur d'une milice d'extrême droite, condamné à 18 ans de prison pour sédition, il ne regrette rien de ce 6 janvier 2021. L'histoire retiendra que c'était la journée des patriotes, que nous avons défendu notre pays parce que nous savions que l'élection était volée. Il a aussi été inculpé en août 2023 avec 18 autres personnes pour avoir tenté de renverser le résultat de l'élection présidentielle de 2020 dans l'état clé de Géorgie. [Applaudissements] Trump a également été accusé de rétention de documents classifiés.
En quittant la Maison Blanche en 2021, il a remporté des dizaines de cartons de documents officiels, certains classés secret défense et top secret, qu'il a gardé ensuite dans sa luxueuse villa de Maralago. Il a ainsi enfrein la loi de 1978 qui oblige tout président américain à transmettre l'ensemble de ses courriels, lettres et autres documents de travail aux archives nationales. Mais il a pourtant refusé dans un premier temps de rendre les documents.
Il a donc été accusé de rétention illégale d'informations portant sur la sécurité nationale, mais également d'avoir tenté de détruire des preuves, d'avoir produit de faux témoignages et d'avoir entravé le travail de la justice. Lorsqu'il a été accusé après avoir refusé de rendre les documents, voilà ce qu'il a répondu. Ça ne vous rappelle rien ?
Il risquit jusqu'à 20 ans de prison, mais la juge en charge du dossier Aen Cannon a annulé en juillet 2024 l'ensemble de la procédure en considérant que la nomination du procureur spécial Jack Smith était illégale. Elle faisait tout depuis des mois pour retarder la procédure et empêcher le procès de se tenir avant l'élection présidentielle. Et devinez par qui cette juge a été nommé Donald Trump.
Et si on continue la liste, Donald Trump a été reconnu coupable d'agression sexuelle et de diffamation. Il a été condamné en appel à payer 5 millions de dollars à une ancienne journaliste, Ellisabeth Jean Carol. En janvier 2025, il a été condamné pour 34 chefs d'accusation de falsification dans ses comptes de campagne afin de cacher le paiement de 130000 dollars à la star de film X Stormy Daniels.
This was a disgrace. This was a red trial by conflicted judge was corrupt. This was a disgrace.
Et en dépit de tous ces procès, il est aujourd'hui à nouveau président de la première puissance économique mondiale et totalement libre de s'attaquer à la démocratie et à l'état de droit aux États-Unis. On va y revenir. Mais avant, continuons ce tour du monde des réactions de l'extrême droite à la condamnation de la chef de fil du RM.
Au Brésil, l'ancien président Jair Bolsonaro a expliqué dans une interview cette décision relève clairement de l'activisme judiciaire de gauche. Partout où la droite est présente, la gauche et le système s'efforceront d'écarter leurs adversaires. Il semble que ce mouvement se propage à travers le monde.
La gauche a trouvé un moyen facile de se maintenir au pouvoir en recourant à l'activisme judiciaire. Rappelons que Jair Bolsonaro a été condamné en 2023 à 8 années d'inéligibilité pour ses attaques contre le système de vote électronique. Aujourd'hui, j'ai pris un coup de poignard avec cette décision.
Ce n'est pas jaillir Messias Bolsonaro qui a reçu ce coup de poignard, c'est la démocratie brésilienne. Il sera bientôt jugé pour avoir tenté d'organiser un coup d'état en 2022 lors de la réélection de Loula et risque jusqu'à 43 ans de prison. Le premier ministre israélien d'extrême droite, Benjamin Netaniaou ne s'est pas prononcé sur cette condamnation. revanche, il cherche à s'allier avec le RN.
Il a récemment invité Jordan Bardella, Marion Maréchal et les représentants de plusieurs parties d'extrême droite européen en Israël dans le cadre d'une conférence sur l'antisémitisme organisé à Jérusalem. Il a lui aussi de gros démêlés avec la justice. Il est d'ailleurs accusé par l'opposition d'avoir utilisé la guerre en cours pour reporter son procès.
Il est le premier chef de gouvernement israélien en exercice à être jugé au pénal poursuivi pour corruption, fraude et abus de confiance. Dans la première, il est accusé avec son épouse Sarah d'avoir accepté des cadeaux de plus de 260000 dollars en contrepartie d'un soutien politique. Dans la deuxième, il est poursuivi pour avoir tenté de négocier les faveurs d'un grand journal israélien.
Enfin, le voilà encore soupçonné d'avoir voulu arranger les affaires d'un mania des télécoms en échange d'une couverture médiatique favorable. Les délits qui lui sont reprochés auraient été commis alors qu'il était au poste de premier ministre. Le procès a commencé en mai 2020 et il continue encore.
Depuis, Netaniaahu ne cesse d'affirmer que la justice du pays le persécute à des fins politique et il est en guerre contre tout le système judiciaire. En Israël, Benjamin Netaniaou à nouveau dans le viseur de la justice. En plein procès pour corruption, le Premier ministre est accusé de conflit d'intérêt.
Pour y poster, Netaniaahu a engagé une grande réforme de la justice avec notamment une loi polémique récemment adoptée qui renforce l'influence du pouvoir politique dans la nomination des juges. Ce vote a provoqué les manifestations les plus importantes de l'histoire du pays. Un projet de réforme qui fait grincer des dents la société israélienne depuis plus de 2 ans avec des manifestations hebdomadaires dans des villes comme Telaviv et Jérusalem.
Nous manifestons contre notre gouvernement parce que nous pensons que ce qu'il fait est en train de détruire la démocratie et nous espérons que nous le réveillerons ou que nous le pousserons à organiser des élections. Ces détracteurs estiment que cette loi marque un tournant autoritaire et accuse le premier ministre de s'en servir pour étouffer ses enquêtes de corruption. Au niveau européen, le ton est donné notamment par cette vidéo publiée sur X par les Patriotes, le groupe d'extrême droite au Parlement européen qui est désormais le trè plus grand groupe de l'hémicycle.
Une grande partie de l'extrême droite européenne fait front derrière Marine Le Pen. Allié du rassemblement national au Parlement européen, Victor Orban, le premier ministre d'extrême droite hongrois, n'a même pas attendu le prononcer pour écrire en français sur Xine et dénoncer en même temps une cabale. Et coïncidence ou pas, Orban et son entourage sont suspectés depuis des années de détourner des fonds européens à leur profit, exactement comme Marine Le Pen.
Pour le moment, il n'y a pas eu d'enquête puisque le parquet de justice est dirigé par un proche d'Orbane. Depuis son retour au pouvoir en 2010, Victor Orban et son parti national conservateur n'ont cessé d'attaquer la démocratie hongroise, la liberté de la presse et les voies dissidentes. Dans son rapport annuel, en juillet 2024, la Commission européenne pointait du doigt le pays.
Didier Reinders, commissaire à la justice, déclaré "La Hongrie est un véritable problème systémique pour la commission en matière d'état de droit. Le rapport détaille tous les manquements du pays en terme d'indépendance de la justice, de lutte contre la corruption ou de pluralisme des médias. La liberté d'expression des juges est sous pression.
Le parquet est sous influence politique. La Commission européenne lance une procédure inédite contre la Hongrie. Elle pourrait priver le pays du versement des fonds européens pour non respect de l'état de droit.
Avec la Hongrie, nous avons été très clairs. Le problème, c'est la corruption. Notre principale exigence de réforme porte sur la lutte contre la corruption.
Voilà la vision de la justice et de la démocratie que proposent les alliés du RN. Matthéo Salvini numéro 2 du gouvernement d'extrême droite italien a aussi affiché son soutien à Marine Le Pen sur X avec cette photo et ce tweet écrit en français qui craint le jugement des électeurs souvent se rassure par le jugement des tribunaux à Paris. Ils ont condamné Marine Le Pen et ils voudraient l'exclure de la vie politique.
Un mauvais film que nous voyons aussi dans d'autres pays comme la Roumanie. Ce qui se passe contre Marine Le Pen est une déclaration de guerre de la part de Bruxelles. À un moment où les pulsions béliqueuses de Verle et Macron sont terrifiantes.
Nous ne nous laissons pas intimider. Nous ne nous arrêtons pas. En avant toute mon ami Matthéo Salvini a lui aussi des problèmes avec la justice italienne.
Il a été jugé pour abus de pouvoir et privation de liberté. En 2019, alors qu'il était ministre de l'intérieur, il a bloqué en mer pendant près de 3 semaines 147 migrants secourus par un navire de l'ONG espagnol, Open Arms, en les empêchant de débarquer en Italie. Il risqué 6 ans de prison.
Je suis absolument fier de ce que j'ai fait. Il a été relaxé mais depuis le début de cette affaire, il a usé de la même rhtorique. Les adversaires doivent être battus dans les urnes, pas dans les tribunaux et n'a cessé de s'attaquer à la justice italienne.
Marine Le Pen est d'ailleurs intervenue au meeting de Matthéo Salvini le 6 avril, jour du rassemblement organisé par le RN Place Vaanc à Paris. Bien sûr, comme toi, nous allons nous battre. Nous ne cons jamais à cette violence.
Nous ne cederons jamais à cette violation de la démocratie. Nous allons utiliser tous les moyens de droit possibles pour pouvoir concourir à cette élection présidentiel et mettre en échec cette tentative de mettre fin à au fonctionnement démocratique de la France. Notre combat euh Matthéo euh sera comme le tien, un combat pacifique, un combat démocratique.
Euh disons que nous prendrons exemple sur Martin Luther King euh qui a défendu les droits civiques. Et bien ce sont les droits civiques des Français aujourd'hui qui sont mis en cause. La rhtorique est claire.
Ici, Marine Le Pen sous-entend que la justice veut retirer leurs droits civiques aux citoyens en la privant de présidentiel. alors même que c'est elle et son parti qui sont responsables de cette situation en ayant enfrein la loi. Lors du rassemblement du 6 avril à Paris, le discours était le même et la chef de fil du RN s'est à nouveau comparée au pasteur Martin Lutherking qui s'est battu toute sa vie contre le racisme avant d'être assassiné par un ségrégationniste blanc.
Une comparaison considérée par beaucoup comme indécente pour la représentante d'un parti qui veut supprimer le droit du sol en France et dont plusieurs membres ont été accusés d'injure raciste. Rappelons d'ailleurs que l'ONG Amnestie Internationale alerté au moment des législatives sur les risques de violation de droits humain en cas de victoire du RN. Je veux dire que notre ligne de conduite ne sera jamais celle de la brutalisation chère à d'autres formations politiques, mais celle pacifique du pasteur Martin Luther King pour les droits civiques des citoyens américains à l'époque opprimés et privés de droit.
Nous entendons pour cela inviter tous les Français et pris de liberté à s'engager à nos côtés dans une résistance pacifique et démocratique. Comme pour se départir de Trump, elle évoque une résistance. pacifique.
Pourtant, Donald Trump s'est lui aussi revendiqué de Martin Luther King lors de son investiture avant d'appliquer son programme ouvertement [Musique] discriminatoire. Mais revenons un instant en Italie. Première ministre d'extrême droite, Georgia Meloni, a estimé dans une interview que la condamnation de Marine Le Pen à 5 ans d'inéligibilité privait des millions de citoyens de représentation.
La chef du gouvernement est en guerre contre les juges de son propre pays, tout comme les autres dirigeants d'extrême droite. En janvier 2025, elle a déclaré "Certains juges voudraient décider de la politique de l'environnement, de la politique d'immigration." Bref, ils veulent gouverner.
Mais alors qu'il se présente aux élections, moi je ne céderai pas un pouce de terrain tant que j'aurai une majorité d'Italiens derrière moi. À travers sa réforme de la justice, elle veut réduire l'indépendance du pouvoir judiciaire et les moyens d'investigation. En Italie aussi, les attaques à Dominem contre les magistrats se multiplient.
Leurs noms, leurs adresses sont données sur les réseaux sociaux, les exposant à des menaces de mort. C'est notamment le cas de la juge romaine Sylvia Albano qui s'était opposé à la détention en Albanie de migrants secourus en mer par les autorités italiennes. Du côté de la Russie, le Krémelin a estimé que la condamnation de Le Pen relevait du non respect des normes démocratiques.
Maria Zakarova, la porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, a expliqué que la décision signait l'agonie de la démocratie libérale. C'est en réalité le principe d'égalité devant la loi qui est remis en cause par Marine Le Pen et tous ceux qui la soutiennent, mais aussi de la séparation des pouvoirs. Les trois pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaire sont censés être indépendants et s'équilibrer.
Vous vous souvenez peut-être de cette célèbre formule de Montesque dans l'esprit des lois. Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. De plus en plus et singulièrement aux États-Unis, le pouvoir exécutif tout pour mettre au pas les deux autres pouvoirs et le pouvoir judiciaire est en première ligne.
Il risque de l'être aussi en France si le Rassemblement national venait à gouverner. En France, les discours sur les juges rouges ou gouvernement des juges qui inondent les plateaux télés et articles de presse depuis la fin du procès de Marine Le Pen font dangereusement écho à ce qu'il se passe dans le reste de l'Europe comme nous l'avons vu mais aussi aux États-Unis ces dernières semaines. De l'autre côté de l'Atlantique, les juges apparaissent désormais comme le dernier rempart à même de protéger l'état de droit face aux ambitions autoritaires de Donald Trump qui multiplie les executive orders, sorte de décret, pour appliquer sa politique au plus vite et sans débat.
Les tribunaux ne s'arrochent pas plus de pouvoir qu'il ne le devraient, mais les actes de cette administration sont tellement contraires à la loi qu'ils doivent intervenir, soulligne Nancy Gartner, ex-juge fédéral et professeur à Harvard dans le Nouvels. Face au rouleau compresseur de Trump, Elon Musk et leur gouvernement, la justice semble être le dernier recours pour résister. Durant les trois premières semaines de son mandat, plus de 70 procès ont été intentés dans le pays contre les abus de pouvoir de la Maison Blanche.
La moitié d'entre eux visent les exactions commises par le département de l'efficacité gouvernementale dirigé par Elon Musk. Aujourd'hui, près de 130 recours sont examinés par les tribunaux. Plusieurs juges ont déjà rendu leur décision.
Pour donner quelques exemples, la juge Anna Reis a suspendu l'interdiction des personnes transgenres dans l'armée en invoquant le principe d'égalité et en jugeant que le décret de l'administration Trump était emprint d'hostilité. Un juge fédéral de Seattle a bloqué l'application d'un décret qui vise à mettre un terme aux admissions de réfugiés aux États-Unis en l'estimant illégal et préjudiciable aux intérêts du pays. Un autre juge fédéral dans l'état de Washington a suspendu le décret limitant le droit du sol en le considérant manifestement inconstitutionnel.
Tous ces exemples montrent à quel point la justice est l'un des seuls pouvoirs capables de s'opposer à l'autoritarisme de Trump. Mais la digue tiendra-t-elle encore longtemps ? Le gouvernement a fait appel de la plupart de ses décisions et a parlé de sabotage des juges militants.
Fin mars, le président des États-Unis écrivait sur son réseau social Trues juges veulent endosser les pouvoirs de la présidence sans avoir à atteindre les 80 millions de votes. Ils veulent avoir tous les avantages. Les juges fédéraux qui ont annulé des décrets présidentiels au nom du droit sont pris pour cible.
Une affaire en particulier raconte la guerre menée par Donald Trump contre les juges. C'est celle qui concerne James Bosberg, chef de la Cour fédérale de Washington qui est devenu l'ennemi public numéro 1 du président. Tout commence le 15 mars lorsque Donald Trump invoque une loi d'exception du 18e siècle pour expulser vers le Salvador 200 membres présumé d'un gang vénézuélien traîn des Araguais qualifié de terroriste par la Maison Blanche.
Plusieurs de ces personnes expulsées disent ne pas avoir commis de crimes ou avoir été ciblé parce qu'elles avaient des tatouages. Le juge Bosberg décide dans la soirée de suspendre ses renvois mais aussi toute expulsion de migrants décidé sur le fondement de cette loi d'exception pendant 14 jours. Il leur donne alors aux avions qui transportent les supposés criminels vers le Salvador de revenir aux États-Unis.
Mais l'administration ignore manifestement cet ordre puisque les avions atterrissent et les membres présumés du gang sont incarcérés dans une prison de haute sécurité. of this judge departed US soil US territory before the judge's written order. But what about the verbal order which of course cares the same legal weight as a written order and said for the turn around there weight as aordermined le juge demande alors des explications au gouvernement qu'il n'aura pas vraiment.
À la place, Trump passe un cap en ordonnant sa destitution et le qualifie de gauchistes radical dérangés, fauteur de trouble et agitateur, malheureusement nommé par Barack Hussein Obama. Fait rarissime. La Cour suprême, pourtant majorité ultraconservatrice, rappelle alors Donald Trump à l'ordre en déclarant que le président américain n'est pas habilité à exiger la destitution d'un juge fédéral.
Depuis plus de deux siècles, il est établi que la destitution n'est pas une réponse appropriée à un désaccord à propos d'une décision de justice écrit dans un communiqué John Roberts, le président de la Cour. Rappel ici que les juges fédéraux sont nommés à vie par la présidence américaine et il n'y a que la chambre des représentants qui peut lancer une procédure de destitution. Interrogé par Mediapard, Bob Jarvis, professeur de droit à la Nova Southern University, explique "Les rédacteurs de la Constitution n'avaient pas prévu la possibilité d'une désobéissance de la part de l'exécutif ou du législatif." Encore une fois, Donald Trump s'est arrogé un pouvoir qu'il n'a pas entraînant le pays dans les prémisses d'une crise constitutionnelle selon de nombreux experts.
Voilà ce à quoi peut mener une guerre contre les juges. Nous sommes malheureusement face à un dictateur qui veut prendre tous les pouvoirs et qui ne respecte pas enfin les les limites établies par la Constitution. Et je pense que nous sommes bel et bien dans une crise constitutionnelle comme nous l'avons pas vu depuis la guerre de de de succession.
Le dernier retournement de situation dans l'affaire avec le juge Bowberg risque d'empirer les choses en donnant le sentiment à Donald Trump qu'il peut tout se permettre. Le lundi 7 avril, la Cour suprême a donné raison à Trump sur le fond en autorisant les expulsions de migrants en vertu d'une loi d'exception utilisée jusqu'alors uniquement en temps de guerre. cette même loi que Trump avait invoqué pour justifier les expulsions vers le Salvador.
Le président a alors écrit sur son réseau social cour suprême a confirmer la primauté du droit dans notre pays en permettant à un président quel qu'il soit de sécuriser nos frontières et de protéger nos familles et notre pays. Rappelons tout de même que la Cour suprême a précisé que les étrangers susceptibles d'être expulsés en vertu de cette loi d'exception devaient pouvoir bénéficier d'une forme de procès équitable. Tout ceci devrait donc sonner comme une alerte car n'oublions pas qu'aujourd'hui Trump reste une inspiration pour une grande partie de l'extrême droite.
Sa rhtorique sur l'état profond et la nécessité d'effectuer des coûts budgétaires massives et reprises en Europe et en France. Ces projets de remigration et déportation massive de migrants inspirent l'AFD en Allemagne par exemple. Sa rhtorique et son nationalisme provoque une admiration assumée chez les leaders d'extrême droite français.
J'ai moi j'ai beaucoup de de respect et d'admiration pour le le patriotisme euh de Donald Trump. La réalité euh euh c'est que il est euh et c'est bien dommage d'ailleurs, euh il a été un peu le seul à sembler souhaiter la paix. Aujourd'hui, c'est sa rhtorique hostile au pouvoir judiciaire qui est adoptée par le Rassemblement national, quasiment mot pour mot.
Pour finir, l'histoire a aussi des leçons à nous apprendre. Historiquement, les régimes totres se sont attaqués à la justice dès les premières phases de leur consolidation. Conscient que l'indépendance judiciaire constitue un obstacle central à l'installation d'un pouvoir absolu.
Dans l'Italie fasciste, Mussolini créé dès 1926 un tribunal spécial pour la défense de l'État pour juger les opposants politiques tout en nommant les juges par décret et en supprimant l'autonomie du Conseil supérieur de la magistrature. La justice est alors décrite comme laxiste désarmé face au péril rouge et accusé de protéger les ennemis de la nation. En Allemagne nazie, Adolphe Hitler reprend cette stratégie en 1933 en mettant lui aussi au pas la magistrature puis en créant un système parallèle de juridiction d'exception qui juge les opposants.
La rhtorique est toujours la même. Les juges indépendants sont accusés d'être laxiste, d'entraver la sécurité, d'être des technocrates, détagés du peuple. Dans tous les cas, la cible initiale est la légitimité même de la justice indépendante, soupçonnée de défendre un ordre ancien corrompu contre la prétendue volonté populaire incarnée par leur régime.
Pour comprendre le rapport du régime nazi à la justice, on vous conseille cet excellent documentaire d'arté qui permet de comprendre la création des tribunaux d'Hitler. Et pour imposer leur vision d'une Allemagne nouvelle, ils vont s'attaquer au droit et en pervertir les règles. Le droit est une arme à laquelle les nazis ont recouru pour prendre d'assaut l'Allemagne, sa société.
Une arme de légitime défense de la race. C'est ça le droit pour les nazis. L'homme disparaît comme sujet du droit pour être remplacé par la communauté du peuple.
Rappelons enfin que bien avant le procès de Marine Le Pen, le Rassemblement national entendait affaiblir le pouvoir judiciaire. Pierre Gentiller, avocat de profession et candidat aux législatives anticipé de 2024 sous la bannière du RN évoquait déjà en juin 2024 sur le plateau de TV Liberté la possibilité de mettre au pas le Conseil constitutionnel en modifiant sa composition ou en supprimant. Au nom de cette situation d'urgence, on peut mettre le droit en dessous.
Ça veut dire que à l'occasion de cette crise, le politique est vraiment revenu au-dessus du juridique. Donc pour ça que je suis optimiste. Si demain nous voulons nous affranchir par exemple de certains traités, il y a pas que les traités de l'Union européenne mais d'autres de certaines normes qui nous empoisonnent, et bien à la condition de mettre au pas, c'est vrai, le Conseil constitutionnel, nous pourrons tout faire.
Même traitement pour le reste de la magistrature dont le RN entend modifier les conditions de recrutement. Depuis toujours, le parti critique la justice, les institutions démocratiques et entend les transformer. À travers son programme, le RN remet aussi en question certains des principes inscrits dans la Constitution. le principe d'égalité ou encore le principe de solidarité nationale en faveur des personnes défavorisées.
Et pour celles et ceux qui nous croiraient vaccinés contre le risque autoritaire, rappelons que selon une étude commandée par le groupe écologiste pour le Parlement européen, il faudrait 18 mois en France pour détruire l'état de droit pour un gouvernement autoritaire. On prend la Constitution française, on lui met un choc autoritaire. Qu'est-ce qui se passe ?
Et la conclusion des chercheurs, c'est qu'il faut 18 mois en France pour détruire l'état de droit. Vous l'aurez compris, en France, l'état de droit est aujourd'hui fragilisé par les offensives de l'extrême droite qui vise délibérément à délégitimer les contrepouvoirs. À commencé par la justice.
À travers une rhtorique bien rodée, le Rassemblement national construit un imaginaire dans lequel l'autorité judiciaire devient une menace et non une garantie démocratique. Cette stratégie déjà observée dans de nombreux régimes autoritaires à travers l'histoire repose sur une inversion perverse des rôles. Les institutions qui protègent les libertés sont accusées de les trahir.
En s'attaquant au magistrat, en refusant de reconnaître la légitimité des décisions de justice et en provoquant des menaces à leur rencontre, l'extrême droite française participe à une forme de trumpisation du débat public. Ce processus ne vise pas seulement à défendre un parti ou une candidate. Il cherche à affaiblir la structure même du droit pour potentiellement mieux la remplacer par un pouvoir autoritaire vertical où la justice devient un instrument du pouvoir et non sa limite.
Et c'est cela aujourd'hui qui est en train de se jouer autour de la condamnation de Marine Le Pen. C'est la préparation des esprits. C'est la diffusion dans la société d'une certaine vision de la justice.
Une justice qui serait détachée du peuple. Une justice qui ne ferait pas son travail, une justice qu'il faudrait donc combattre. Salvini, Trump, Netaniaahu, Bolsonaro, Orban, Le Pen, tous ont pour point commun d'être des leaders d'extrême droite, d'être visés par des procédures judiciaires et de remettre fondamentalement en cause l'indépendance des juges.
Une rhtorique inhérente à leur orientation politique puisque pour ces partis, dangereux pour la démocratie, la justice est avant tout un obstacle lorsqu'elle s'applique à eux. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles de nombreux gouvernements d'extrême droite à travers le monde ont engagé des réformes de la justice une fois arrivé au pouvoir. C'est la fin de cette émission.
On espère qu'elle vous aura intéressé. Plus que jamais, la diffusion de l'information est vitale pour que la désinformation ne puisse pas triompher et que la démocratie résiste aux assauts répétés de l'extrême droite. Alors, si cette vidéo vous a plu, vraiment n'hésitez pas à la partager. peut-être aussi à des gens autour de vous qui ne partagent pas votre vision du monde.
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Et nous on vous dit à bientôt. [Musique]
Marine Le Pen