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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 3 août 2024 26 minComplaisantFond programmatiqueÉducation & rechercheÉconomie & entreprises

Médailles françaises, sport dans l'éducation, accompagnement des sportifs... Le "8h30 franceinfo" de Claude Onesta

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'à ce stade, vous êtes satisfait ?

  • 0:29OuverteRéponse directe

    On est au-delà de ce que vous aviez imaginé ?

  • 1:03OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'on ne risque pas d'avoir un petit coup de frein pour les prochains jours ?

  • 3:01OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous épatte le plus chez Léon Marchand ?

  • 4:37OuverteRéponse directe

    Ces pépites-là, ce n'était pas forcément le cœur de votre mission ?

  • 4:55OuverteRéponse directe

    Comment on fait pour réussir les Jeux à la maison ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31Invité politiqueFait
    « On a fait plus en une semaine qu'à Tokyo sur l'ensemble des Jeux. »
  • 1:39Invité politiqueFait
    « Il y a quand même des ratés. Et on les analysera le moment venu. »
  • 2:11Invité politiqueFait
    « Tout notre travail, c'est de limiter ce qu'on appelle le taux de conversion. C'est-à-dire convertir des médailles mondiales en médailles olympiques. »
  • 3:36Invité politiqueFait
    « Léon Marchand, il doit plus à ses parents qu'à ses entraîneurs. »
  • 5:38Invité politiqueFait
    « On me dit « Viens voir, il faut repenser le modèle. » »
  • 7:10Invité politiqueFait
    « Réformer parce que le système qui avait été établi, alors c'est un système qui date du général de Gaulle, des années 60, et qui dit, parce qu'il a honte des résultats du sport français, il pique une colère et il dit bon, il faut organiser tout ça. »
  • 7:47Invité politiqueFait
    « Et tout ça, petit à petit, ça s'étiole. »
  • 10:21Invité politiqueFait
    « Que ce soit clair, nous, nous pilotons le système. Ce sont les fédérations qui ont la charge de ce travail auprès de leur club et de faire émerger petit à petit une élite. »
  • 11:00Invité politiqueChiffre
    « Il y a effectivement, quand on est arrivé, il y a 5 000 sportifs qui sont listés sportifs de haut niveau. »
  • 11:29Invité politiqueChiffre
    « Il y en a aujourd'hui 680 et encore une fois dans le champ olympique et paralympique. »
  • 13:40Invité politiqueFait
    « Quand on nous dit qu'à Rio, c'est donc il y a 8 ans, 40% de la délégation française vit sous le seuil de pauvreté, on trouve ça et anormal et indigne d'un pays comme la France. »
  • 14:18Invité politiqueChiffre
    « Les médaillables ils ont la garantie d'avoir un seuil de ressources à 40 000 euros brut annuel ce qui fait 2500 euros net par mois pour pouvoir se dédier complètement à leur pratique et ne pas mettre en danger leur famille. »

Temps de parole

  • Invité politique75 %
  • Invité10 %
  • Présentateur9 %
  • Invité 27 %

4,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Claude Honnesta. Bonjour. La France compte donc ce matin 36 médailles à ses Jeux de Paris. Deuxième au tableau avec 11 titres olympiques. Vous qui avez été chargé de préparer globalement les sportifs français à ces Jeux. Est-ce qu'à ce stade, vous êtes satisfait ?

0:20
Invité politique

Sur ce point d'étape, oui, forcément. On n'aurait pas osé espérer en être là au bout d'une semaine.

0:29
Invité

On est au-delà de ce que vous aviez imaginé ?

0:31
Invité politique

Écoutez, on a fait plus en une semaine qu'à Tokyo sur l'ensemble des Jeux. Et Tokyo, c'était il y a trois ans. Ce n'était pas au siècle dernier. Donc ça veut dire que oui, on est très content. Mais bon, moi, mon métier, ce n'est pas d'être content. C'est d'aller au bout de la mission et qu'on soit aussi content dans une semaine ou dans dix jours.

0:58
Invité

Je vais vous dire que ce n'est pas si fréquent d'entendre que Donnesta content. Et on savoure quand même.

1:03
Présentateur

D'autant que la suite de la compétition sera peut-être un peu plus difficile. Parce qu'on a vu passer les héros de ces derniers jours. Léon Marchand, Teddy Riner. Est-ce qu'on ne risque pas d'avoir un petit coup de frein pour les prochains jours ?

1:15
Invité politique

Non, franchement. Enfin, non, je ne peux pas vous le dire. Je ne le maîtrise pas. Mais nous, dans notre plan de progression, on avait effectivement cette première semaine avec des échéances précises. Il y a quand même des ratés. Et on les analysera le moment venu. Mais compensés par d'autres confirmations. Là, dans le plan, il nous reste 52 médailles potentielles. Alors quand je dis que ce n'est pas des médailles, c'est des potentiels de médailles. C'est-à-dire des gens qui sont en mesure de...

1:51
Invité

Plus les surprises.

1:52
Invité politique

Plus les surprises qu'on ne peut par nature pas comptabiliser.

1:55
Invité

Donc ça peut aller faire du 90 ?

1:57
Invité politique

Non, non, parce qu'on sait pertinemment que sur les potentiels de médailles, il y a des gens qui vont les réaliser. Puis il y a des gens qui sont blessés ou ne sont pas au meilleur de leur forme. Donc ça veut dire qu'il y aura du déchet. Et nous, tout notre travail, c'est de limiter ce qu'on appelle le taux de conversion. C'est-à-dire convertir des médailles mondiales en médailles olympiques. Et on sait que... Mais c'est vrai que c'est multifactoriel. On voit aussi que la passion du public, cette passion populaire, est un soutien qui participe à cette réussite. Donc ce n'est pas que le travail réalisé avant, mais c'est aussi beaucoup le travail qu'on a réalisé dans le cadre de la mission.

2:40
Invité

Il y a une émulation qui peut servir aux athlètes de la semaine prochaine. Une journée comme hier, la journée Riner, Manodou, Marchand.

2:49
Invité politique

N'oubliez pas les trois du BMI.

2:51
Invité

Je ne peux pas faire les trois du BMI. Il y en a eu neuf.

2:54
Invité politique

C'est tellement exceptionnel de ce qu'ils ont réalisé que je pense qu'il ne faut pas qu'ils soient écrasés par les légendes.

3:01
Invité

Si on prend l'exemple de Lyon Marchand, par exemple, quatrième titre, quatrième record olympique, qu'est-ce qui vous épatte le plus chez ce garçon ?

3:12
Invité politique

Alors, chez le garçon, des pépites, des petits joyaux comme ça, il y en a pas beaucoup, pas toujours dans chaque discipline, mais on en voit passer. Il y a Antoine Dupont, il y a eu des Karabatic. Donc tout ça, ça existe et ces gens-là arrivent. Qu'est-ce qu'on en fait ? Alors, au départ, Léon Marchand, il doit plus à ses parents qu'à ses entraîneurs. Par contre, l'environnement de la famille, de justement les entraîneurs, la continuité qu'il y a entre son entraîneur initial, Nico Castel à Toulouse, et l'entraîneur Beaumont aux Etats-Unis.

Le fait que ces deux personnes soient en relation permanente et que Léon, quand il revient en France et qu'il se réentraîne à Toulouse pendant 15 jours, c'est dans la continuité du travail. Tout ça, toute cette cohérence-là participe à la concrétisation du talent de Léon. Léon, il a un talent exceptionnel au départ.

4:14
Présentateur

Mais il y a un accompagnement autour.

4:15
Invité politique

Mais il a besoin de tout ça autour, de cet équilibre, de cette cohérence pour exprimer en totalité. Il serait dans un environnement dégradé, avec une famille déstructurée, autour des gens qui s'affrontent pour tirer profit de son image. Peut-être qu'il ne serait pas dans les mêmes conditions de réussite aujourd'hui, malgré le talent qu'il peut avoir.

4:37
Invité

Ces pépites-là, ce n'était pas forcément le cœur de votre mission. On va expliquer un peu ce que vous étiez. Vous étiez dans la boucle de Paris 2024 depuis le début, disons clairement, et c'est en 2017, Laurent Flessel, ministre des Sports, qui vient vous voir et qui vous dit « Quelle mission allez-vous fixe, en fait ? » Comment on fait pour réussir les Jeux à la maison, c'est ça ? Non. Pour booster la performance.

4:58
Invité politique

Je pense qu'il y a eu une grosse candidature sur l'obtention des Jeux. Et quand on les obtient, c'est septembre 2017, il y a immédiatement la réalité de savoir les organiser. C'est ce qui est confié à Tony Estanguet et à son équipe. Mais très vite, on se dit aussi, mais des Jeux réussis, c'est bien sûr des Jeux bien organisés, mais c'est aussi des Jeux où les Français sont au rendez-vous de l'événement. Donc la peur, c'est d'avoir des Jeux bien organisés et une équipe de France médiocre. Donc immédiatement, comme j'étais libre à ce moment-là depuis quelques mois, j'avais quitté l'équipe de France de handball, on me dit « Viens voir, il faut repenser le modèle.

» Ce n'est pas uniquement faire des médailles à Paris, c'est comment repenser le modèle du sport de haut niveau en France, comment le reconstruire, comment le transformer, et bien évidemment, avec une échéance, qui sera les Jeux de Paris, et je tiens à dire que c'est autant dans le champ olympique que dans le champ paralympique, et qu'on construise cette nouvelle structure qui nous amènera à performer dans la durée. Donc ça veut dire que... Et là, je n'avais pas pris la mesure de la mission. Et bien ? Ce n'est pas un scoop que de dire que la transformation en France, c'est une complexité.

Je pense que j'ai retrouvé en face de moi tous les acteurs de l'écosystème sportif, parce que certains se voyaient dépossédés de ce qui était jusque-là, je dirais, leur prérogative. L'administration...

6:45
Invité

Votre arrivée n'a pas forcément été très bien perçue par tous. C'est ça que vous essayez de venir ? Ça a été vécu.

6:49
Invité politique

Alors bon, je pense que tous respectaient mon parcours précédent et pensaient que je pouvais être légitime. mais j'étais un peu celui qui allait bousculer le système. Donc tout ça, il a fallu construire malgré ses oppositions, malgré...

7:06
Présentateur

Bousculer quoi ? Qu'est-ce qui posait problème en fait ? Pourquoi réformer ?

7:10
Invité politique

Réformer parce que le système qui avait été établi, alors c'est un système qui date du général de Gaulle, des années 60, et qui dit, parce qu'il a honte des résultats du sport français, il pique une colère et il dit bon, il faut organiser tout ça.

7:26
Invité

Après les Jeux de Rome, cinq médailles, aucun titre.

7:29
Invité politique

Et là, effectivement, on crée à cette époque-là ce que seront les sports-études, on crée les cadres techniques, c'est-à-dire on structure l'encadrement des fédérations pour qu'elles se développent, pour qu'elles développent de manière spécifique le sport de haut niveau. Et tout ça, ça ne marche plus ? Et tout ça, petit à petit, ça s'étiole. Non pas parce que ce n'est pas fonctionnel, mais parce qu'autour de nous, les autres ont changé. Le sport de haut niveau à l'échelle mondiale est devenu beaucoup plus complexe, beaucoup plus varié. Et si vous restez sur un modèle, et le modèle qu'il fallait bouger, c'est ce que je pourrais appeler un modèle global.

Parce que l'administration et le ministère, quand ça gère un projet, ça le gère de manière globale. C'est-à-dire qu'on trouve une solution et on essaie de rentrer tout le monde dedans. Le sport de haut niveau, c'est l'inverse. Le sport de haut niveau, c'est... Il y a un système, au départ, qui va faire grandir les gamins pour les amener vers le haut niveau, mais la réalisation du très haut niveau, c'est un modèle qui doit s'individualiser. Et donc, on passe du prêt-à-porter à la haute couture. Et je pense que c'est ce qu'on a fait. On est allé voir chaque athlète, chaque discipline, et on les a traitées de manière spécifique.

8:49
Présentateur

Justement, on va rentrer dans le détail de cette réforme que vous avez souhaitée appliquer. Dans un instant, d'abord, un détour par le fil info à 8h41 avec Claire Checaglini pour l'Essentiel ce matin.

9:00
Invité

Des orpailleurs pour l'Histoire, Teddy Riner et Léon Marchand. Trois médailles d'or en individuel pour le colosse guadeloupéen. Désormais, j'ai eu de cas le plus titré de tous les temps. Et quatre Marseillaises entonnées pour le surdoué de la natation en moins d'une semaine, époustouflant et inédit pour un athlète français toutes disciplines confondues. Quel athlète sacré pour l'épreuve reine des Jeux finales du 100 mètres femmes à 21h20 au Stade de France. Favorite du sprint, l'américaine Chaka Kiri Richardson. Échauffouré lors du quart de finale de foot France-Argentine et carton rouge pour Enzo Mio.

La qualification des Bleus s'est terminée hier soir par une bagarre entre joueurs sur la pelouse de Bordeaux. L'Hérault, le Gard, les Bouches-du-Rhône, le Var, la Haute-Corse et la Corse du Sud toujours en vigilance orange canicule aujourd'hui. En Seine-et-Marne, ce sont les crues qui sont à craindre. Département qui est aussi en vigilance orange. France Info. Le 8.30 France Info, Bérogère Bonde, Agathe Mahouel. Avec le Donesta, manager général de la haute performance à l'Agence Nationale du Sport qui veut donc passer du prêt-à-porter à la haute couture. Concrètement, on ne peut pas accompagner tout le monde. Vous ne pouviez pas accompagner tout le monde.

Vous êtes allé voir dans tous les petits clubs et disons-le, vous avez assumé de faire des listes de médaillables dans le plus possible de disciplines.

10:21
Invité politique

Que ce soit clair, nous, nous pilotons le système. Ce sont les fédérations qui ont la charge de ce travail auprès de leur club et de faire émerger petit à petit une élite. Et là, on a l'impression qu'effectivement, à la fin, on nous dit vous faites de l'élitisme. Mais la nature même du sport de haut niveau, c'est de l'élitisme. Tout le monde n'est pas invité et à la fin, il n'en reste que quelques-uns.

10:51
Présentateur

Donc, il a fallu en laisser quelques-uns sur le bord de la route ?

10:53
Invité politique

Eh bien non, justement. Et ça, ça a été un des premiers engagements que l'on a pris. C'est-à-dire qu'il y a effectivement, quand on est arrivé, il y a 5 000 sportifs qui sont listés sportifs de haut niveau. Et ça, c'est le ministère à qui les liste selon des critères très précis. Ces 5 000 sportifs, ils sont effectivement des sportifs qui relèvent d'un niveau supérieur à l'échelle de l'État. Pour autant, ça n'en fait pas tous des gens susceptibles d'être médaillés dans les plus grandes compétitions mondiales. Donc, nous, ce qu'on a fait, c'est qu'on a été identifiés à l'intérieur de ces 5 000. Il y en a aujourd'hui 680 et encore une fois dans le champ olympique et paralympique.

Et ceux-là, ils sont effectivement à proximité de ces médailles mondiales.

11:40
Invité

pour être un peu précis, le trio du BMX, par exemple, qui fait or, argent, bronze hier, ça, c'est typiquement et des disciplines et des individus qui doivent un petit peu à ce programme leur médaille mondiale. Oui, oui,

11:54
Invité politique

enfin, ils doivent même d'abord à leur fédération qui les fait travailler. C'est sur ce genre

12:00
Invité

de profil que vous êtes plus que sur des tédrinaires.

12:02
Invité politique

Ce que je voudrais dire quand même avant, c'est à la fin de notre action, on constate que 73%, je crois, des moyens vont à destination de ces gens qui ne sont pas les cibles prioritaires. Ça veut dire qu'on n'a pas enlevé aux 4300 qu'on n'a pas identifiés comme médaillables. On ne leur a rien enlevé. On est allé chercher des moyens supplémentaires pour traiter les 680 qu'on devait sur lesquels on devait travailler pour faire des médailles. Donc, ce n'est pas une élite qui vit au dépens des autres. Les autres continuent à être accompagnés dans de l'insertion professionnelle au niveau des moyens, au niveau des moyens de fonctionnement.

Mais par contre, tous ceux qui rentrent dans la cible des médaillables sont accompagnés et c'est là que je dis effectivement, vous me dites Teddy Riner. Teddy Riner, il n'a pas besoin de l'argent de l'État. Pour autant, il a besoin avec nous de construire le modèle qui lui va le mieux, qui correspond à son besoin, à son âge et on a participé avec la fédération à cette construction pour le doter de quelque chose qui est tout à fait à son échelle.

13:19
Présentateur

L'un des objectifs aussi pour l'ensemble des athlètes c'est de faire en sorte qu'aucun d'entre eux, aucun des Français qualifiés pour les JO n'ait eu à se préparer pour la séquence olympique en vivant sous le seuil de pauvreté. Est-ce que ça c'est un objectif atteint ?

13:34
Invité politique

Oui, je le dis et c'est peut-être celui dont je suis le plus fier parce que quand on nous dit qu'à Rio, c'est donc il y a 8 ans, 40% de la délégation française vit sous le seuil de pauvreté, on trouve ça et anormal et indigne d'un pays comme la France, donc on se dit il ne faut pas qu'il y en ait à Paris et c'est compliqué parce que alors ce n'est pas nous qui garantissons le salaire mais on fait l'analyse de leurs ressources à tous les niveaux, c'est du déclaratif, on travaille avec eux, on regarde, on croise les données et on a fait en sorte que les médaillables ils ont la garantie d'avoir un seuil de ressources à 40 000 euros brut annuel ce qui fait 2500 euros net par mois pour pouvoir se dédier complètement à leur pratique et ne pas mettre en danger leur famille donc ça on l'a fait on a construit petit à petit avec des moyens avec les entreprises trouver des entreprises support qui vont les prendre en insertion ça a été un très gros travail et je pense que ça participe à stabiliser l'athlète et à le mettre dans des conditions où il va pouvoir beaucoup plus investir sur sa pratique et ensuite il y a une deuxième partie de la délégation qui était aussi liée au fait qu'on était pays haute c'est à dire on a beaucoup plus d'athlètes qualifiés par le fait que c'est la France qui reçoit donc ceux-là sont pour beaucoup des athlètes qui ne joueront pas les premiers rôles dans les compétitions mais qui y sont présents et ceux-là on leur a garanti d'être effectivement au-dessus du seuil de pauvreté alors ça laisse ça

15:16
Invité

en assumant pardon je vous interromps mais bon le choix que vous avez très bien expliqué tout à l'heure de certains médaillables parce qu'on a aussi entendu et on entend toujours des athlètes dans des petites disciplines c'est pas péjoratif mais et qui font des kiss kiss bang bang

15:31
Invité politique

mais je vais être très clair avec ça je vais être très clair avec ça si l'athlète est identifié par sa fédération comme un athlète qui effectivement est un athlète cible pour les jeux olympiques susceptible de se qualifier encore une fois c'est la fédération qui fait d'abord l'analyse des potentiels nous on n'est pas spécialiste de toutes les disciplines donc quand la fédération nous dit nous on mise sur cela cela cela et c'est effectivement pas uniquement ceux qui feront des médailles c'est ceux qui seront au jeu je peux vous assurer qu'aucun ne va faire de cagnotes par contre vous pouvez pas empêcher celui qui est trentième français de dire moi je veux me qualifier pour les jeux olympiques vous pouvez pas l'empêcher s'il fait les temps requis il le sera mais quand t'es trentième français que ta fédération mise pas sur toi et que tu veux quand même y aller moi je peux vous assurer que quand on regarde les gens certains des athlètes qui font des cagnotes ils sont légitimes pour essayer d'aller plus haut mais il y en a qui savent dont on sait pertinemment qui ne se qualifieront jamais pour les jeux olympiques il y a l'impression que les cagnotes c'est un peu endormir les gens qui vont vous soutenir donc je peux vous assurer que personne de ceux qui sont ici n'ont eu besoin de faire des cagnotes si ce n'est pour avoir je dirais un soutien plus conséquent

16:57
Présentateur

Claude Onesta invité ce matin de France Info vous restez avec nous on continue d'évoquer ensemble dans un instant vos missions donc pour la haute performance des athlètes on parlera aussi des bleus du handball quand même évidemment avec votre casquette à vous d'abord le fil Info de 8h50 avec Claire Checaglini

17:12
Invité

11 médailles d'or 12 d'argent et 13 de bronze moissons hors normes pour la France et des records en pagaille hier Léon Marchand accroché au sommet de l'Olympe avec ses 4 titres en une semaine seulement exploit aussi à Uri Sankinedi pour un athlète français le triplé tricolore au BMX et puis en judo une légende en or massif le meilleur judoka de tous les temps Teddy Riner monté 3 fois désormais en individuel sur la plus haute marche du podium il y a tout ce qu'il faut au village olympique se défend la directrice générale monde de Sodexo la société en charge des repas et des athlètes est la cible de critiques depuis le début des jeux des embouteillages monstres dans le sens des départs avec une carte tout en noir dans le sens des retours ce sera drapeau rouge en Ile-de-France et autour de la Méditerranée orange ailleurs

18:01
Présentateur

France Info

18:05
Invité

le 830 France Info Bérangère Bonde Agathe Mahuet

18:09
Présentateur

et toujours avec Claude Onesta manager général haute performance à l'agence nationale du sport on a entendu des athlètes comme Teddy Riner Florent Manodou ces derniers mois critiquer le fait que en France le sport n'est pas tout à fait une priorité à l'école vous qui avez été prof de PS il y a un petit moment dans l'éducation nationale quel héritage pour ces Jeux Olympiques dans les écoles de France

18:34
Invité politique

c'est un sujet complexe et qui est effectivement on ne peut pas dire qu'on ne soit pas une nation sportive on voit bien l'enthousiasme que peuvent générer ces grands événements donc les jeunes sont sensibles au sport ensuite quelle est la place du sport dans l'organisation de la vie d'un adolescent d'un jeune adulte c'est vrai qu'on a la conscience que faire du sport de haut niveau en France est un handicap dans la construction de son parcours personnel et de son insertion professionnelle

19:18
Présentateur

alors comment faire pour faire tomber ces obstacles là

19:20
Invité politique

je pense qu'effectivement pour moi le sport de haut niveau n'a pas de valeur intrinsèque c'est pas s'il s'agissait que d'aller chercher des médailles ça ne mériterait pas qu'on passe 40 ans de sa vie à ne pas dormir si c'était juste pour compter les médailles

19:36
Invité

c'est quoi de plus ?

19:38
Invité politique

le plus c'est que

19:39
Invité

c'est une société

19:39
Invité politique

écoutez ce que les gens sont en train de vivre aujourd'hui c'est une passion totale pour le sport alors le sport de haut niveau effectivement mais ce que ça va engendrer c'est l'envie de la nouvelle génération des plus jeunes de vouloir dans un premier temps ressembler à ses champions et donc aller taper à la porte des clubs pour dire je veux en être et à l'intérieur d'un club qu'est-ce qu'on va faire ?

avec la pépite on va essayer de faire un champion et avec tous les autres on va faire des hommes mieux construits plus adaptés à la réalité d'un monde où on vit en communauté où on partage on est dans des périodes où l'inclusion presque devient un gros mot et on a tendance toujours à vouloir se séparer les uns des autres ou mettre les autres à distance le sport c'est l'inverse c'est la capacité à vivre ensemble

20:31
Invité

vous parlez beaucoup des clubs et c'est la culture française contrairement aux britanniques par exemple où ça fait beaucoup à l'école en France est-ce que ça passe quand même par l'école quand Emmanuel Macron instaure une demi-heure de sport

20:41
Invité politique

par jour tout participe à ça

20:43
Invité

ça suffit ?

20:45
Invité politique

non ça suffit pas et vous comprendrez bien que ça va mettre des années mais effectivement la place du sport dans l'éducation est aujourd'hui insuffisante ça veut dire qu'il faut être capable de vivre le sport non pas comme quelque chose qui coûte ou qui pose des problèmes mais comme un investissement pour avoir une société mieux construite des gens qui acceptent de respecter un certain nombre de règles qui vivent ensemble et qui collaborent tout ça et encore une fois la vitrine ne sert qu'à donner envie d'aller vers ça mais le reste c'est la réalité du plus grand nombre qui va profiter de cet environnement sportif et c'est vrai qu'à l'école aujourd'hui quand vous êtes un sportif de haut niveau souvent vous posez problème parce que vous n'êtes pas toujours là parce que vous avez des absences parce qu'il faut aménager une partie de votre scolarité et que le monde de l'éducation alors il y a des gens magnifiques qui sont capables de le faire avec génie et il y en a qui traînent les pieds et qui ont toujours l'impression que c'est pas une nécessité donc c'est tout ça qu'il faut faire avancer petit à petit et faire un peu plus de sport à l'école primaire c'est forcément quelque chose qui accompagne ce mouvement mais je crois qu'il suffit pas de dire en France c'est pas moi ils m'agacent les sportifs et je le leur ai dit à l'un et à l'autre quand ils disent ouais yaka yaka tu fais comme moi ça fait 40 ans

22:14
Invité

que j'aime bien

22:16
Invité politique

avec qui j'ai des relations donc je peux me permettre de leur dire mais je pense que le dire ne suffit pas si c'est juste pour faire rire les journalistes qui sont autour ça n'a pas de sens

22:27
Invité

et en même temps les jeux ne suffisent pas l'euphorie des jeux ne suffit pas personne ne peut croire je sais pas ce que vous en pensez que ça va changer

22:35
Invité politique

je suis trop vieux pour savoir que le soufflet retombe mais ce cadre c'est la transformation et c'est exactement ce que j'ai été amené à faire depuis 7 ans à l'échelle je dirais du périmètre sportif de haut niveau mais je pense que ce champ là il doit partir quand même d'une prise de conscience et je pense que les jeux sont ce type de révélateur la passion est là les gens peuvent faire du sport mais le sport c'est aussi le sport santé c'est pas uniquement chercher à faire des médailles c'est faire du sport pour se sentir mieux pour mettre plus en lien avec les autres et je pense que petit à petit on va y arriver alors c'est un vieux prof qui vous dit ça qui a quitté l'enseignement parce que justement c'était pas les élèves qui me

23:24
Présentateur

c'était l'éducation nationale

23:25
Invité politique

oui et la salle des profs ça me

23:28
Présentateur

ah oui c'était pas

23:29
Invité politique

ben oui mais quand vous voyez un élève dont vous vous dites celui-là c'est un type génial c'est un type qui est capable de rameter les autres c'est un type qui est capable de jouer à la limite donc qui a du génique et que vous allez devant le conseil de classe et qu'on vous dit il a pas de bonne note en maths il a pas de bonne note en anglais c'est un cancre on en fera rien et vous dites bon on vit pas dans le même monde on voit pas les mêmes gens et on aspire pas aux mêmes choses

23:56
Invité

ça c'est le vieux prof de sport que dit le vieux sélectionneur pardon pour vieux mais vous comprenez l'ancien entière de hand au bleu vous êtes inquiet ils jouent leur qualification pour les quarts de main contre la Hongrie

24:08
Invité politique

d'abord je leur dis rien parce qu'il y a des gens à même aujourd'hui de leur parler et je veux pas interférer avec eux mais je sais que c'est une équipe qui est pas bien plus mauvaise qu'elle ne l'était il y a 3 mois or il y a 3 mois ou 4 ils étaient champions d'Europe

24:27
Présentateur

alors vous êtes surpris de la situation ?

24:29
Invité politique

c'est toute la logique de la performance c'est un construit fragile et dès que vous commencez un peu à le perdre de vue on se rend compte que ce qui paraissait solide et établi peut devenir fragile donc moi je le dis depuis le début ils ont raté leur départ c'est comme ça et ils reviendront pas dessus par contre il faut ne pas s'affoler et il faut reconstruire de manière méthodique pour retrouver de la confiance et petit à petit réagréger tous les morceaux et une équipe qui est capable de faire ça est souvent une équipe terriblement mobilisée pour aller au bout des choses c'est à dire quelqu'un qui a souffert et qui a réussi à dépasser sa difficulté va être quelqu'un de déterminer au point que les autres ont intérêt à faire attention mais par contre s'ils n'arrivent pas à réagréger

25:25
Invité

il faut passer ce dernier

25:27
Invité politique

il faut passer là et puis derrière toutes les équipes qu'ils auront rencontré sont des équipes qui au départ auront plus peur d'eux que l'inverse donc à eux dans les 3-4 jours qui restent d'arriver à retrouver cette dynamique collective à planir des fois des petites querelles qui naissent de ces périodes délicates et se dire on est venu ici on n'a pas besoin d'être amis pour gagner mais quand on gagne on est plus facilement amis

25:55
Présentateur

et bien ça va jouer dès demain effectivement cette qualification ce sera contre la Hongrie dans un premier temps merci Claude Onesta merci à vous ancien entraîneur de l'équipe de France de handball donc désormais manager général haute performance à l'agence nationale du sport merci d'avoir été l'invité de France au foot