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interviewRMC· 22 avril 2024 20 min

🔴 DIRECT - L'intégrale de l'interview de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, sur RMC

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Fabien Roussel

à Viry Chatillon ou à Philippe à Grande-Sainte, j'en parlais. Fabien Roussel, le Premier ministre, met sur la table une des solutions qui est de prendre en charge plus vite les jeunes à la dérive. Il arrive dans une heure à Nice, dans un lycée qui expérimente notamment les internats éducatifs, en gros accueillir les jeunes pendant leurs vacances, les jeunes en décrochage scolaire pour les remettre à niveau avec aussi des cours d'éducation civique. Avant de vous entendre sur les solutions, Fabien Roussel, est-ce que vous dites, comme Gabriel Attal, comme la droite, comme toute une partie de spectre politique, oui, il y a un problème de rapport à l'autorité chez les jeunes ?

0:35
Présentateur

Alors d'abord, je voudrais dire oui, nous sommes effondrés par ces drames que nous découvrons tous les jours dans l'actualité, qui ne sont pas des faits divers. Ça devient un véritable fait de société, une violence plus forte, plus dure, provoquée par des jeunes de plus en plus jeunes. Ce qui se passe chez moi dans le Nord, à Grande-Synthe, est effroyable. Et quand on découvre ça dans la voie du Nord, on est effondrés, interloqués.

1:03
Fabien Roussel

Avec des répliques depuis un climat de psychose qui s'installe dans la ville.

1:05
Présentateur

Il y a besoin de réponses fortes. Et on doit pouvoir utiliser tous les leviers que nous avons en main. Bien sûr, la sécurité, la justice doivent fonctionner. Et le Premier ministre a saisi ces questions, en a profité pour dire qu'il faut restaurer l'autorité, et notamment à l'école, et en proposant que les enfants aillent à l'école. Les collégiens de 8h à 18h. De 8h à 18h.

1:35
Fabien Roussel

En commençant par les quartiers prioritaires, dit-il.

1:37
Présentateur

En commençant par les quartiers. Quand j'ai entendu ça, j'ai eu deux réactions. J'ai dit d'abord, il voit l'école comme un instrument de punition. C'est une punition, vous allez aller à l'école de 8h à 18h, et dans les quartiers prioritaires, et c'est comme ça que... Ou de réarmement civique, pour reprendre les mots d'Emmanuel Macron. Or, ça m'a choqué, parce que pendant ma campagne des élections présidentielles, j'ai été le seul, celui qui disait qu'il fallait que nos enfants puissent faire les devoirs à l'école, et plus à la maison. Et en contrepartie, il fallait passer plus de temps à l'école. Je suis, nous sommes, nous disons, nous, à gauche, qu'il faut passer plus de temps à l'école.

Donc sur le principe, vous êtes pour. Sur le principe, je suis pour. Que nos enfants aillent à l'école, de 8h à 18h, je suis pour. Mais ça ne doit pas être une punition. Ça ne doit pas être une mesure de justice infligée aux quartiers, par exemple, aux jeunes des quartiers. Au contraire, l'école publique que nous voulons doit être la même pour toutes et pour tous. Ça doit être une école dans laquelle nous faisons plus de sport, plus de culture, plus d'apprentissage, plus de sorties. Mais comment on fait Fabien Roussel ?

2:47
Fabien Roussel

Sachant qu'aujourd'hui, on peine même à mettre un professeur devant chaque salle de classe.

2:51
Présentateur

Mais c'est justement ça, la question. C'est justement ça. C'est qu'il faut y mettre d'immenses moyens. Or, quoi de plus beau pour un pays, pour la France, que d'investir dans nos enfants, dans l'école publique ? C'est le pacte que nous proposons dans les jours heureux que je défends. C'est d'investir, faire de nos enfants une priorité et donc d'investir énormément. Et j'avais calculé, à l'époque, pendant les présidentielles, qu'il y avait besoin de former, de recruter 90 000 enseignants pour pouvoir allonger le temps scolaire, faire en sorte que nos enfants restent plus de temps à l'école, sans demander aux professeurs de travailler plus.

Il faut donc investir massivement dans l'école publique. Or, ce que fait le gouvernement, là, avec ces mesures d'austérité ? C'est de couper des crédits précisément à l'éducation nationale. 691 millions d'euros en moins pour l'éducation nationale, alors que déjà aujourd'hui, il manque des professeurs devant nos enfants, nos écoles. Et donc, la mesure que propose Gabriel Attal, telle qu'il le fait, est injuste, mais en plus, il n'y met pas les moyens. Il n'a aucune ambition pour nos enfants.

3:56
Fabien Roussel

Fabien Roussel, vous n'avez pas répondu à ma première question. Est-ce qu'il y a un problème d'autorité, pour autant, chez les jeunes ? Le respect de l'autorité ?

4:01
Présentateur

Il y a une perte de repères. Perte de repères, perte des valeurs, refus de reconnaître l'autorité, bien sûr, avec des parents qui se désengagent et qui sont déresponsabilisés.

4:15
Fabien Roussel

Il faut les responsabiliser, ces parents, Fabien Roussel ?

4:17
Présentateur

Si je comprends ce que vous me dites, vous me dites oui. Bien sûr, bien sûr, bien sûr. Et c'est pour ça qu'il faut investir beaucoup dans l'école, dans les services publics, dans ces quartiers. Mon collègue Philippe Rio, maire de Grigny, qui a lancé l'appel de Grigny pour toutes ces grandes villes de banlieue, qui souffrent, souffrent parce que les services publics reculent. Il y a besoin d'investissements massifs. Or, c'est tout l'inverse de ce que nous entendons aujourd'hui. Nous entendons un gouvernement qui parle de politique d'austérité, de coupe claire dans les dépenses publiques, de demander aux communes de faire des efforts de réduction de budget dans l'école, dans la recherche.

4:56
Fabien Roussel

Fabien Roussel, pour bien comprendre, pour responsabiliser les parents, votre option, c'est celle d'un Gabriel Attal qui dit qu'il faut notamment sanctionner plus durement les parents défaillants, ou c'est celle de cours de parentalité que notamment mettent en avant un certain nombre d'élus locaux. Je n'ai pas très bien compris quand vous dites. Bien sûr, il y a des parents défaillants qu'il faut responsabiliser.

5:16
Présentateur

Bien sûr, il y a des parents défaillants. Mais il y a beaucoup de parents. Qu'est-ce que cela donne comme solution à la fin ? D'abord, dans ces quartiers, il faut voir tous ces parents qui, d'ailleurs parfois au sein d'associations, s'engagent, sont exemplaires dans l'éducation de leurs enfants, essayent de s'en sortir dans des quartiers où pourtant, beaucoup, où l'État s'est tellement désengagé. Ça, c'est les parents dépassés. Et donc, nous disons-nous qu'il faut restaurer l'autorité de l'État en faisant en sorte que l'État revienne dans ces quartiers fortement. Pas seulement avec le bâton, la police et du bleu. Ce n'est pas ça.

Derrière, ce que nous demandent les associations, les élus, c'est qu'il y ait des éducateurs, qu'il y ait plus d'accès à la culture, au sport, des moyens de transport, des services publics locaux. Tout ça est parti. Ce sont des quartiers qui sont pourris par les trafics. Pourris par les trafics de drogue, les trafics d'armes. Et ce n'est pas seulement des opérations XXL qui arrivent une fois tous les six mois.

6:23
Fabien Roussel

Et la droite dit, avec parfois la complicité de parents, qu'ils vivent aussi des subsides de ces trafics.

6:26
Présentateur

Et qui, tout à fait. Et donc, c'est tous les jours qu'il doit y avoir une opération XXL. Elles sont efficaces quand elles ont lieu. Mais c'est tous les jours. Ça ne peut pas être des opérations de com'. Bref, ça nécessite un engagement important. Bien sûr, restauration de l'autorité, des sanctions, mais derrière un accompagnement pour mettre du bleu dans les yeux, pour ne pas seulement dans la rue, mais faire rêver, croire à l'ambition collective.

6:52
Fabien Roussel

Fabien Roussel, j'ai lu avec beaucoup d'attention la tribune que vous avez publiée dans Libération il y a quelques jours. Étonnamment passé inaperçu. Puisque faisant le lien entre Shamseddin, donc cet adolescent passé à tabac à Virichatillon, par les frères d'une fille avec laquelle il parlait de sexualité. Vous faites le lien entre Shamseddin, donc, et le martyr de Shaina, une jeune fille poignardée, puis brûlée par son petit ami à Creil, son petit ami à qui elle venait d'annoncer qu'elle était enceinte. Je vous lis Fabien Roussel. « Ces drames ne sont pas des faits divers. Ils reflètent un recul de notre société, sur les rapports sexuels amoureux entre adolescents notamment.

Ils doivent nous conduire, écrivez-vous, à résister contre un puritanisme, un conservatisme, un extrémisme religieux, autant qu'à un repli sur soi, une coercition sexiste qui ne répand que tristesse, violence et désolation. Plus loin, c'est le sens du combat, dites-vous, que nous menons pour que toute la société se mobilise afin de défendre nos libertés contre toutes les formes d'intégrisme. À quel puritanisme, conservatisme, intégrisme, extrémisme religieux, je vous cite, à quel intégrisme religieux faites-vous référence, Fabien Roussel ?

7:57
Présentateur

Mais c'est un climat qui se développe, et on le voit à travers ces drames odieux, que ce soit celui de Shamseddin ou de cette jeune fille, Shaina, qui avait été brûlée par son petit ami parce qu'elle avait une sale réputation, parce qu'elle avait des relations avec des garçons, tout comme Shamseddin qui voulait avoir une relation avec une jeune fille, et ce sont les frères de cette jeune fille qui l'ont tué, quoi, violemment. Il faudra que la justice fasse tout son travail pour bien connaître la nature de ses actes. Toujours est-il que ce que je ressens, c'est un recul de notre société sur...

8:39
Fabien Roussel

Vous utilisez même le terme de décivilisation.

8:41
Présentateur

Oui, parce que nous sommes dans une époque où nous avons vécu MeToo, où les atteintes contre les femmes, les violences sexuelles et sexistes sont dénoncées, pointées du doigt et ils reculent dans l'ensemble. Et pour autant, on voit des pratiques datant d'il y a d'un siècle où, au nom de la réputation d'une femme, eh bien, il faut la punir ou punir les hommes. Mais certains vous diraient que vous restez au milieu du guet.

9:08
Fabien Roussel

Vous évoquez le conservatisme, l'intégrisme ou l'extrémisme religieux. Moi, j'ai entendu Gabriel Attal sur ce même plateau jeudi soir parler de groupes qui cherchent à faire entrer un entrisme islamiste qui prône, dit-il, les préceptes de la charia et il reprenait les mots de Bruno Rotaillot sur la charia. C'est à cela que vous faites référence ?

9:24
Présentateur

Mais je sais qu'eux, à chaque fois, vont aller, vont profiter de ça pour stigmatiser nos concitoyens musulmans et en mettant une focale dessus. Moi, ce n'est pas ce que je dis. Ce que je dis, c'est qu'il y a un climat. L'intégrisme religieux, il vient de toutes les religions. Et il y a dans toute religion des versions dures, intégristes, obscurantistes qui font reculer notre société. Dans toutes les religions, ça existe. Religions chrétiennes, juives, musulmanes. Ces courants existent et ils sont toxiques. On l'a vu d'ailleurs, les courants catholiques très durs dans des écoles privées hors contrat, la manière aussi dont nos enfants sont traités.

Et donc, c'est contre toutes ces formes d'intégrisme que je souhaite me battre. Et il faut que toute la société s'y engage, que l'on soutienne les associations féministes qui dénoncent justement ces comportements et que l'on accompagne mieux nos enfants dans leur éducation sexuelle. La France, justement, a une originalité de ce côté-là. On est le pays de 68 quand même.

10:31
Fabien Roussel

Fabien Roussel, vous ne reprenez pas le terme de chariat de Gabriel Attal et de Bruno Retailleau. Est-ce que vous reprenez le terme de République bananière utilisé par Jean-Luc Mélenchon pour décrire la France, terme qu'il a utilisé après l'annulation de deux conférences qu'il devait tenir à Lille ? Est-ce que la France est encore une démocratie ? Si je devais paraphraser ce qui a été écrit et dit par les Insoumis ce week-end.

10:52
Présentateur

En tout cas, il y a de quoi discuter parce que je n'accepte pas justement la décision du préfet qui a décidé d'interdire une manifestation ce week-end.

11:03
Fabien Roussel

Vous dites qu'il y a matière à discuter, ça veut dire qu'on peut discuter du fait que la France soit ou non une démocratie aujourd'hui ?

11:07
Présentateur

Oui, il y a matière à discuter, oui.

11:08
Fabien Roussel

Qu'est-ce qui vous fait dire cela ? Au-delà de l'annulation de deux conférences ?

11:12
Présentateur

Parce que la répression syndicale n'a jamais été aussi dure. Le nombre de militants syndicaux, y compris de la CGT, j'en connais, d'EDF, de GDF, qui sont mis au tribunal aujourd'hui, menacés dans leur emploi parce qu'ils ont été les robins des bois, ils ont passé en heure creuse des habitants des quartiers pendant la lutte contre la réforme des retraites, que ce soit des candidats aux élections comme ceux de la France insoumise.

11:37
Fabien Roussel

Vous faites référence à Rima Hassan, candidate aux européennes, pour l'expliquer à nos auditeurs, candidate aux européennes sur la liste de la France insoumise, militante par ailleurs pour la cause palestinienne, qui est convoquée par la police à 50 jours du scrutin pour, je cite, « apologie du terrorisme ». C'est à cela que vous faites référence ?

11:54
Présentateur

Je fais référence à tout ça, effectivement, parce que le débat doit avoir lieu, et moi qui suis en désaccord avec des propos et des positions prises par la France insoumise, notamment sur le conflit israélo-palestinien, pour autant, pour autant… Ça vous choque qu'elle soit convoquée Rima Hassan ? Ce désaccord ne doit pas interdire le débat, et je n'ai pas vu d'apologie du terrorisme dans les propos qu'ils ont pu tenir, et c'est une manière de museler le débat, de l'interdire. Il faut que nous ayons ce débat devant nos concitoyens et qu'on puisse l'avoir en toute sérénité, et bien sûr, dans les règles de notre République, sans antisémitisme, sans racisme, sans apologie du terrorisme.

12:37
Fabien Roussel

Mais de ce que je comprends, vous êtes choquée par la convocation de Rima Hassan par la police.

12:40
Présentateur

– Bien sûr, et je lui apporte mon soutien, oui.

12:43
Fabien Roussel

– Et puis, il y a ce parallèle dressé par Jean-Luc Mélenchon entre Adolf Eichmann, le logisticien de la solution finale pendant la Seconde Guerre mondiale, j'explique pour ceux qui nous écoutent, et le président de l'université de Lille-3, qui avait annulé la première conférence. Fabien Roussel, est-ce que vous avez été convaincu ? Je ne vais pas vous demander de condamner les propos de Jean-Luc Mélenchon, mais il s'est expliqué. Il a dit qu'il faisait référence à Hannah Arendt, à la banalité du mal, aux mécanismes qui conduisent certains à aller à l'odieux. Est-ce que ces explications vous ont convaincu ?

13:10
Présentateur

– Mais c'est bien la raison pour laquelle je ne me retrouve plus du tout dans Jean-Luc Mélenchon, puisque ses propos excessifs discréditent tout le reste. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Il compare un professeur d'université à un nazi, il m'a moi-même comparé à un nazi, alors il est discrédité, je ne peux rien dire. C'est indéfendable ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon, indéfendable.

13:31
Fabien Roussel

– Bon, c'est clair. Fabien Roussel, j'en viens à l'actualité sociale, vous serez d'ailleurs tout à l'heure dans le Loiret, à la Chapelle-Saint-Messmain, j'espère que je le prononce bien. Et si tout le monde ne connaît pas cette commune, qui est juste à côté d'Orléans en fait, tout le monde connaît les verres du Ralex qu'elle produit, parce que tout simplement on s'est tous amusés à la cantine, à retourner ses verres, à regarder le chiffre et voir quel âge on a, même s'il paraît que ces chiffres ne révélaient pas exactement l'âge de l'utilisateur. Qu'est-ce que vous allez dire aux salariés du Ralex ?

13:57
Présentateur

– Les écouter d'abord, d'abord les écouter, et ensuite les salariés de Duralex souffrent, sont menacés, car l'usine n'est pas fermée et nous allons, nous voulons tout faire pour que cette entreprise, cette activité Duralex puisse continuer de vivre et j'interpellerai le ministre de l'Économie sur ce sujet. – Pour lui demander de voler au secours de l'entreprise ? – Le problème posé par les salariés, mais je vais les voir, je vais les écouter cet après-midi, c'est d'abord le coût de l'énergie qui a explosé, et pas seulement pour Duralex.

14:28
Fabien Roussel

– Et l'État était déjà venu au secours de l'entreprise il y a quelques années.

14:32
Présentateur

– Pour un grand nombre d'entreprises, la question de l'énergie pèse aujourd'hui comme une charge, une vraie charge insupportable à payer. Le coût de l'énergie a été multiplié par deux voies, par trois, pour de nombreuses industries. – Et qu'allez-vous demander au ministre de l'Économie, Fabien ? – Je vais demander au ministre de l'Économie et des Finances de tout mettre en œuvre avec l'actionnaire pour faire en sorte que l'activité puisse se poursuivre en France. Et bien sûr, je vais continuer de demander à ce que les prix de l'énergie soient divisés par deux ou par trois. Je veux dire un mot sur l'industrie, parce qu'elle est menacée dans notre pays, il n'y a pas que Duralex.

15:06
Fabien Roussel

– J'ai des chiffres. D'après le cabinet Altares, le niveau de défaillance d'entreprise est au plus haut depuis 9 ans au premier trimestre. Quelques 17 000 procédures ouvertes entre janvier et mars dernier.

15:14
Présentateur

– Tout à fait, Sanofi, 330 postes supprimés, alors qu'ils ont réalisé un bénéfice exceptionnel. Exxon, au Havre, chez mon ami Jean-Paul Lecoq, 647 postes supprimés, Ascométal, Metex dans la Somme, et à Peugeot aussi. J'en viens sur Peugeot quand même, Stellantis. Il y a une usine chez moi, à Ordain, plus de 1 000 salariés qui produit des véhicules utilitaires. Nous apprenons là, par des sous-traitants, que les moules, les pièces qui servent à ces utilitaires, normalement à Ordain, sont envoyées en Turquie où la même usine a été construite. – Vous craignez la fermeture de l'usine ? – Et donc, nous craignons la délocalisation.

Donc, j'interpelle directement le président Carlos Tavares en lui demandant des garanties pour que cette usine voit bien son avenir et les salariés, ici, chez moi, dans le Nord, à Cévenger.

16:03
Fabien Roussel

– Puisque vous évoquez Carlos Tavares, son salaire a fait couler beaucoup d'encre, 36,5 millions d'euros l'an dernier. – Mais qu'est-ce que vous pouvez faire, Fabien Roussel ? L'entreprise, son siège social est aux Pays-Bas, il n'est pas en France.

16:15
Présentateur

– Mais vous vous rendez compte qu'un homme, un homme, un être humain, comme vous, comme moi, qui est malade, il vit, il travaille beaucoup, mais comme les salariés qui travaillent chez lui, en 3-8, la nuit, le matin, etc. 36,5 millions d'euros. Vous savez ce que ça me veut dire ? Dans une société humaine, ça, ce n'est pas normal et c'est un recul de civilisation. Ça, c'est un recul de civilisation. 36,5 millions d'euros pour un homme, parce qu'il est PDG, ça, c'est de la décivilisation.

16:46
Fabien Roussel

– On pourrait vraiment dire que Stellantis, c'est 15 entreprises, c'est pas juste Peugeot, c'est un groupe mondial.

16:50
Présentateur

– Une cariste, une cariste qui travaille, justement, à Ordin, chez moi, une cariste ou à la semaine, elle gagne 1650 euros net par mois après 20 ans d'activité. 1650 euros net après 20 ans d'ancienneté, quand lui, il en gagne 100 000, 100 000 par jour. En une semaine, le PDG de Peugeot gagne autant que cette femme en une vie. Et c'est normal, ça. Mais c'est indécent. Donc, ce que doit faire la loi, le gouvernement ?

17:24
Fabien Roussel

– C'est ça, que fait le politique là-dessus ? – Un, nous devons légiférer.

17:28
Présentateur

Et nous proposons, nous, la gauche, et toutes les forces de gauche, et c'est la différence avec la droite et l'extrême droite, c'est que les écarts de salaire dans les entreprises ne doivent pas excéder de 1 à 20.

17:37
Fabien Roussel

– Sauf que leur entreprise est aux Pays-Bas.

17:38
Présentateur

– Et bien voilà. Et donc, j'allais venir à ça. Deuxième chose, c'est que sur ces groupes internationaux, mais français, avec des actionnaires français, dont la famille Peugeot, ces groupes doivent avoir leur siège dans notre pays. Ils sont allés s'installer aux Pays-Bas pour faire de l'optimisation fiscale. – Et c'est en Union européenne. – C'est du vol.

17:57
Fabien Roussel

– À l'approche des élections européennes, c'est dans l'Union européenne.

17:59
Présentateur

– Et c'est bien la campagne que nous menons avec Léon Desfontaines, notre tête de lice, courageux, valeureux, 28 ans, et c'est le combat que nous voulons porter au Parlement européen, cette lutte contre la fraude et l'évasion fiscale, le respect du monde du travail, faire en sorte que les hommes et les femmes qui travaillent dur soient respectés dans leur dignité et qu'il n'y ait plus ces écarts de salaire, qu'il n'y ait plus cette fraude et cette optimisation fiscale, qu'il n'y ait plus ces délocalisations dans des pays tiers, que ce soit dans l'Union européenne ou extérieure à l'Union européenne, comme la Turquie, qui font tant de mal à notre industrie comme à notre agréation.

18:33
Fabien Roussel

– D'un mot, Fabien Roussel, est-ce que vous avez reçu votre carton d'invitation pour jeudi, la Sorbonne, le discours d'Emmanuel Macron sur l'Europe ? – Jordan Bardella dit l'avoir reçu ?

18:41
Présentateur

– Pas vu, pas pris, mais peut-être que je n'ai pas vu mes mails, en tout cas pas reçu pour l'instant.

18:46
Fabien Roussel

– C'est une bonne nouvelle que le président entre en campagne ?

18:49
Présentateur

– J'espère que ce sera décompté du temps de parole, d'abord, des candidats de la liste de la majorité. Et puis, j'ai tellement entendu de choses de la part du président de la République, je ne crois plus dans ce qu'il dit. Je ne crois plus dans l'Europe qu'il défend. Son Europe, à lui, est une Europe très libérale, qui défend justement l'optimisation fiscale, la concurrence libre et non faussée entre les travailleurs. Ce n'est pas du tout l'Europe que nous, nous défendons, une Europe du progrès social, de la justice sociale et de la paix.

Et c'est pour cela qu'il est important d'aller voter le 9 juin prochain, et notamment pour la liste Léon Desfontaines, que je soutiens et avec qui je serai.

19:29
Fabien Roussel

– Le 9 juin prochain, le scrutin des européennes, il n'y a qu'un seul tour, je le rappelle. – Un seul tour à la proportionnelle,

19:34
Présentateur

c'est pour ça que les gens peuvent voter en toute liberté, il n'y a pas de vote utile.

19:38
Fabien Roussel

– Merci Fabien Roussel, il est bientôt 8h53 sur RMC BFM TV. Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, notre invité ce matin.