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interviewLe Crayon· 26 octobre 2021 30 min

Macron se ridiculise avec deux vieux jeunes selon Nicolas Dupont-Aignan - Interview Politique

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Nicolas Dupont-Aignan

La France, elle est toujours au bord du précipice, puis à un moment, ça repart. Et donc, je pense qu'on est dans cette situation, et je pense... En tout cas, ça ne m'intéresse pas la petite vie politique médiocre.

0:09
Locuteur non identifié

Donc vous voulez être le sauveur qui rattrape la France ?

0:10
Nicolas Dupont-Aignan

Non, je ne veux pas être le sauveur. Je ne veux pas être le sauveur. Je suis le sauveur, c'est-à-dire c'est différent.

0:17
Présentateur

Attends, pause. C'est quoi le Créomédia ? On est une équipe qui vous propose du contenu vidéo respectant trois piliers. Le débat, l'ouverture d'esprit et la pluralité des opinions. Notre but, faire réfléchir et permettre la libre circulation des idées. Bonne vidéo.

0:27
Invité

Yo, c'est Jules pour le Créomédiaire. On se retrouve aujourd'hui pour une nouvelle interview politique. Nous sommes avec Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour.

0:33
Présentateur

Bonjour.

0:33
Invité

Merci d'avoir accepté l'invitation du Créomédiaire pour cette interview politique. Nicolas Dupont-Aignan, vous êtes député de l'Essonne depuis 1997. Vous êtes président du parti Debout la France. Et pour commencer, j'aimerais parler un petit peu de sécurité. Pour faire le lien avec notre dernier épisode, avec Yann Brossat, qui nous disait que les premières victimes de l'insécurité sont les classes populaires.

0:51
Locuteur non identifié

Ceux qui souffrent le plus de l'insécurité, ceux qui souffrent le plus de la délinquance, ce sont les catégories populaires, ce sont les habitants des quartiers populaires.

0:58
Nicolas Dupont-Aignan

Que pensez-vous de ce constat ? C'est vrai. C'est vrai. C'est évident. D'ailleurs, je parle d'insécurité depuis longtemps, parfois dans le désert, parce que le petit milieu politico-médiatique qui vit dans des beaux quartiers n'avait pas conscience de ce qui se passait dans nos banlieues. Je suis un élu de l'Essonne, je connais bien depuis un certain nombre d'années. Et il faut vraiment réaliser ce que vivent nos concitoyens, et notamment les classes populaires qui vivent dans les quartiers difficiles. Simplement, comme maintenant ça sort des quartiers difficiles, et que c'est partout, on commence à en parler.

Mais en fait, ce qu'on vit aujourd'hui dans les médias, ce qu'on voit dans les médias plus exactement, c'était vécu depuis 10-15 ans dans des quartiers difficiles. Comme ça concerne maintenant tout le monde, on en parlait le jour où ça concernera vraiment les beaux quartiers, alors là, peut-être, y aura-t-il un changement.

1:47
Invité

Alors, vous êtes d'accord avec plutôt Gérald Darmanin qui utilise le terme « en sauvagement » ou avec Éric Dupond-Moretti qui considère que c'est un mot qui crée un sentiment d'insécurité et qui le favorise ?

1:59
Nicolas Dupont-Aignan

Non, mais le problème, ce ne sont pas les mots entre nous. Darmanin pose le bon constat, mais n'a pas les bonnes réponses. Et Dupond-Moretti est complètement décalé, enfermé dans un système de pensée qui s'apparente au déni de réalité. Donc, je dirais que vous avez un peu l'éventail. L'enjeu, ce n'est plus ça. L'enjeu, c'est quelles mesures précises on met en œuvre rapidement dans le cadre républicain pour rétablir l'ordre. C'est tout. Et contrairement à ce qu'on nous fait croire, c'est possible. S'il y a un domaine où on peut agir, c'est celui-là. Mais ça veut dire une palette de solutions. Il n'y a pas une solution miracle. Une palette de solutions pour éteindre l'incendie.

Ça ne veut pas dire non plus qu'on aura traité l'incendie qui couvre. Parce qu'il y a des questions sociales, il y a des questions migratoires, il y a des questions qui expliquent l'incendie. Mais déjà, il faut éteindre l'incendie. C'est-à-dire qu'il faut mettre de l'eau dans les lances. Et comment on fait ? Concrètement, c'est rétablir la chaîne pénale qui va, j'allais dire, du délit à la peine. 4 millions de crimes et délits par an. 4 millions. 550 000 condamnations. 130 000 peines de prison. 2% des 130 000, c'est-à-dire 2 600, qui sont exécutées jusqu'à son terme. Ça veut dire... Non, mais c'est complètement dément. Il y a 4 millions de crimes et délits en France.

Et il y a 2 600 peines de prison qui seront appliquées. C'est complètement fou. Ce qui veut dire que pendant des années, des délinquants savent que vous pouvez voler, piller, agresser et que grosso modo, vous n'aurez pas grand-chose. Et donc, c'est une prime aux délinquants et c'est une insulte aux victimes. Il faut tout renverser. Il faut d'abord changer les valeurs, c'est-à-dire dire, on s'occupe des victimes, mais on n'est pas là pour plaindre le délinquant.

4:02
Invité

Mais là, vous vilipendez la justice et vous l'avez fait dans cette vidéo. Pas la justice seulement. Non, mais le système pénal et la justice. Vous l'avez fait effectivement dans une vidéo sur votre chaîne YouTube où vous reprenez ces termes d'Eric Ciotti sur les 4 millions jusqu'à quelques pourcents seulement de peines de prison appliquées. Oui, mais la justice, elle ne fonctionne pas avec un délit, une peine. La justice, c'est plein de procédures qui ne donnent pas lieu à des condamnations, faute de preuves pour les cas de viol, par exemple. Attendez, attendez, attendez. Il y a, premièrement, deuxièmement, il y a également plein de peines. Qui ne sont pas des peines de prison.

Des rappels à la loi, des travaux d'intérêt général, des bracelets électroniques, des aménagements de peines pour les peines inférieures à 2 ans, du sursis. Mais c'est bien le problème. Le ministère de la Justice, en 2014, reconnaissait lui-même que les récidives sont bien plus importantes et bien plus fréquentes lorsque une peine de prison ferme a été prononcée. C'est faux. C'est le sursis de la justice en 2014. 61% des récidives dans les 5 ans contre 32% lorsque une peine a été aménagée.

5:02
Nicolas Dupont-Aignan

C'est la propagande. Non mais attendez, c'est une propagande idéologique, idéologique, qui sert à légitimer la suppression des peines de prison pour les petits, pas les petits délits, pour les petites condamnations. Parce qu'en France... Non, ça, on vous dit que ça ne marche pas. Mais ce n'est pas la réalité.

5:23
Invité

Vous savez mieux que le ministère de la Justice, du coup ?

5:25
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, parce que le ministère de la Justice a une vision idéologique, qui est que la peine de prison ne sert à rien et il l'applique depuis 20 ans. Donc, un, il y a très peu de peine de condamnation par rapport aux autres pays. Deux, quand il y a une condamnation, moins d'un an, vous la faites à 99% sous brassée électronique. Cela veut dire qu'il n'y a pas de dissuasion de la peine. Et l'invention idéologique du ministère de la Justice, c'est que la peine de prison est mauvaise et tout. Tout dépend de la prison. Il n'y a pas de règle.

Les Pays-Bas, et c'est très important, si on met dans des prisons insalubres des délinquants récents et des vieux chevronnés, des islamistes, des trafiquants de drogue, il est sûr que ça fait bouillon de culture. Mais c'est la surpopulation qui crée justement ces conditions. Bien évidemment. Mais cette surpopulation, c'est le ministère de la Justice qui l'a créé. Donc, il crée un système qui ne marche pas, qui ne construit pas les places, il n'assure pas l'ordre en prison, il mélange les détenus, et après ils disent, vous voyez, la prison c'est catastrophique, ça ne marche pas. Bien évidemment. Qu'est-ce qu'ont fait les Pays-Bas ? Qu'est-ce que font l'Angleterre ?

C'est très intéressant, j'y ai été voir. Aux Pays-Bas, ils ont repris l'esprit du code pénal. À chaque délit, une peine certaine, immédiate et proportionnée. Parce que dans leur esprit, au premier délit, ça tombe. Ce qui fait que le jeune délinquant qui vole un portable en Angleterre, qui vole un portable, va faire huit jours de prison. Mais il va faire, j'ai visité les prisons, il ne va pas faire huit jours de prison à Fleury-Mérogis. Il va faire huit jours de prison dans une prison moderne, adaptée, avec examen psychiatrique, examen psychologique, orientation scolaire, travail. Et le jeune qui commet son premier délit ressent la peine. En France, 50 rappellent à la loi.

Ce qui fait que le jeune n'a aucune limite, monte en puissance dans ses agressions. Et quand il passe la barre des 18 ans, hop, ça tombe d'un coup. Et il se retrouve pour six mois avec un bracelet électronique, sans comprendre ce qui lui arrive, puisqu'il a fait 50 fois un délit. Il a commis 50 fois un délit, il n'a jamais eu de peine. 50 ? Mais vous avez des gens à 40, 45 fois ? Ça, c'est le premier point. Donc, il faut rétablir ce qu'est un code pénal. À chaque délit, une peine proportionnée, certaine, immédiate.

7:51
Invité

Pour Éric Zemmour aussi, alors, quand il est délinquant, parce que les délinquants, ce n'est pas que des personnes qui veulent des téléphones portables.

7:55
Nicolas Dupont-Aignan

Mais, en attendant, les délinquants, en attendant, c'est les violences qu'il faut déjà taper. Premier point. Ça, c'est le premier point. Deuxième point, le récidiviste. Nous sommes le seul pays au monde, le seul pays au monde, qui n'estime pas qu'un récidiviste fait quelque chose de plus grave qu'un premier délit. Le type... Les peines sont alourdies, quand on est récidive. Non, très peu, très peu, pas du tout. Violence conjugale, là, le type d'Andordogne. Quatre violences conjugales gravissimes. Et on le met sous bracelet électronique. Oui, je suis d'accord. Je propose la suppression de toute peine alternative pour le premier cadre récidive.

C'est-à-dire que dès que vous avez un cadre récidive, vous sprayz votre peine jusqu'au bout. Là, je peux vous dire, ça va faire réfléchir. Aux États-Unis, c'est la règle des « three strikes », trois peines, trois trucs, 25 ans de prison. Il ne s'agit pas d'être tout répressif, mais il s'agit d'éviter la situation actuelle. Car l'ensauvagement de notre société a une cause.

8:52
Invité

Ah, donc les mots sont importants. J'aimerais changer de sujet.

8:55
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, mais je suis désolé d'avoir été long, mais parce qu'on raconte n'importe quoi là-dessus. Et on fait croire aux gens qu'il n'y a pas de solution. Il y a des solutions, ça existe dans beaucoup de pays.

9:03
Invité

Un mot sur le cannabis. Est-ce que vous êtes plutôt pour la dépénalisation ou au contraire, vous pensez, comme Gérald Darmanin, que la drogue, c'est de la merde ?

9:10
Nicolas Dupont-Aignan

On ne luttera contre la toxicomanie et contre toutes les drogues. L'alcoolisme, parce que l'alcoolisme est une forme, surtout, il y a des problèmes de l'alcoolisme très forts. Que par la forme, par l'éducation. Et je pense que vraiment, il faut une action intelligente vis-à-vis de la jeunesse au collège pour les prévenir des dangers. Parce qu'ils tombent souvent dans des pièges des trafiquants. Et il faut taper les gros trafiquants, il faut taper les dealers et il faut former. Car si on n'éduque pas, on n'y arrivera pas.

Si on n'alerte pas sur les dangers de la toxicomanie et du cannabis, il y a une différence entre un joint de temps en temps et l'accoutumance qui pose des problèmes au cerveau absolument colossaux. Vous avez fumé ? Non, malheureusement, je n'ai pas essayé. Heureusement, parce qu'une fois qu'on essaye, après... Mais je devrais dire, oui, j'ai fumé un petit joint, ça aurait fait bien. Vous voyez, j'aurais dû faire un truc comme Macron, dire putain tous les mots et ça fait jeune. Il y avait sans doute un peu de substance en même temps. Du jus d'orange, du jus de... Le mot substance va me servir pour la suite.

D'ailleurs, c'est une insulte aux jeunes parce que vous, vous êtes des vrais jeunes, mais les deux vieux jeunes qui ont interviewé Macron, c'est des vieux jeunes, ce ne sont pas des jeunes. C'est des vieux qui jouent aux jeunes. Et c'est méprisant, non mais je reviens là-dessus parce que c'est méprisant pour les jeunes. On peut faire toutes les émissions de la Terre, moi je fais tout. Mais moi je fais tout pour parler de choses sérieuses. Mais faire une émission pour faire le clown, pour avoir l'air, pour dire aux jeunes, vous voyez, je vous comprends, je suis comme vous, c'est tellement pathétique.

Enfin moi je trouve que c'est une insulte aux jeunes, voilà, maintenant, en vrai, vos auditeurs jugeons.

10:53
Invité

Est-ce qu'il y a des tabous en France, des sujets tabous en France, Nicolas Desconte-Vignon ?

10:57
Nicolas Dupont-Aignan

C'est une question intéressante. Ce qui est tabou peut-être encore dans notre société, c'est la corruption. Je trouve que c'est assez tabou. Et en fait, on a un rapport à l'argent qui n'est pas sain en France. Et l'argent des politiques aussi, de la politique. C'est marrant parce que souvent, les gens croient que la politique, comment on fait de la politique ? Moi souvent, je crie misère parce qu'on a un parti qui a peu d'argent, mais on a toujours eu des comptes équilibrés. Par exemple, là, on n'a pas pu faire de liste en Ile-de-France qu'on n'avait pas l'argent. Et personne ne comprend. Comment on finance ? Et moi, je mets un point d'honneur, et c'est ma force, je crois.

C'est que je suis libre parce que je n'ai jamais dépendu de personne, de l'argent de personne.

11:39
Invité

Est-ce que la mort est un sujet tabou ?

11:41
Nicolas Dupont-Aignan

Alors oui, vous avez raison. Oui et non. Oui, peut-être, vous avez raison. La mort a été exclue de notre société. D'ailleurs, l'affaire du Covid, c'est intéressant. Parce que c'est une sorte de panique face à une mort nouvelle, une épidémie. Donc c'est ça, en fait, l'affaire du Covid. C'est que tout d'un coup, une société technicienne, hyper rationnelle, qui prétend éviter tout à tout le monde, découvre un virus qui tue. Et on est pris de panique. Et la société est prise de panique. Et comme elle est prise de panique, la peur n'est jamais bonne conseillère. Elle fait n'importe quoi. Et l'épisode Covid est très intéressant pour ça.

12:18
Invité

Alors, justement, vous ne vous êtes pas fait vacciner. Vous défendez la liberté vaccinale, la liberté du choix de son traitement. Notamment, vous défendez par exemple l'ivermectine. Tout à fait. Je ne vous ressasserai pas les faits baisses de cet argumentaire que l'Institut national de la santé et de la recherche médicale a déjà démontré. Tous les mecs qui sont...

12:40
Nicolas Dupont-Aignan

Vous reprenez le site IVN-META sur l'ivermectine, qui montre qu'il y a 54 études positives. Qui est simplement... Non, mais je vous réponds là-dessus. C'est très intéressant.

12:49
Invité

Je ne vous ferai pas ce procès. J'ai envie de vous poser une question.

12:51
Nicolas Dupont-Aignan

Je ne vous ferai pas ce procès de dire que toutes les études disent que ça ne marche pas. C'est l'Inserm. Mais bon. Oui, mais l'Inserm, on connaît l'Inserm. Mais il détestait Raoul, par exemple, l'Inserm.

13:01
Locuteur

Bon.

13:02
Nicolas Dupont-Aignan

Voilà. Parce qu'un homme indépendant, ça les gêne.

13:03
Invité

Je ne vous ferai pas ce procès... Non, mais vous pouvez le faire. Parce que... Mais je peux vous répondre. Je pense qu'il est intéressant pour des hommes politiques de porter une autre voix lorsqu'elle vient de leurs convictions. Mais j'en appelle à vos convictions, parce que je pense que les convictions, on doit les porter jusqu'au bout, lorsqu'on est en charge de responsabilité politique. Il y a des Français qui considèrent que le vaccin est peut-être moins naturel que ce virus qui tue. Il y a des Français qui estiment peut-être même que la mort fait partie de la vie. Et que consentir à la mort pourrait permettre de sauvegarder nos droits et libertés. Consentir à certaines morts.

C'est ce qu'on dit sur le tabou, justement, au sujet de la mort. Ma question est la suivante, et j'en appelle à vos convictions. Au fond, est-ce que la perte de la vie de certains n'est pas un moindre mal que la perte des libertés de tous ?

13:58
Nicolas Dupont-Aignan

Ah, c'est une belle copie de philo. Je trouve, dans le débat public, il y a eu deux catégories d'excès. Il y a eu ceux qui ont voulu priver tout le monde de liberté au nom de la survie et de la lutte contre la mort. Et qui ont été dans l'excès d'enfermement. Et il y a ceux, à l'inverse, qui ont nié même la maladie, le virus, pas une maladie, le virus, qui l'ont nié, en disant, circuler, il n'y a rien à voir, on doit tous être libres, on n'en a rien à foutre, et c'est normal qu'il y ait des gens qui meurent. Non. Entre les deux, il y a une voie d'équilibre. Et je revendique, et si vous reprenez toutes mes vidéos, je revendique une prudence conciliable avec les libertés.

Ça a été ça, ma différence. Et je me suis fait taper dessus par les deux côtés. Qu'est-ce que je veux dire par là ? J'ai été le premier à dire, il faut bloquer les vols de Chine. On m'a rionné. J'ai été le premier à dire, il faut porter un masque dans les lieux fermés. Fermés. On m'a rionné. Maintenant, je dis aussi, il ne faut pas porter un masque à l'extérieur quand il n'y a personne. Donc, est-ce qu'on peut sortir de la caricature ? J'ai été le premier à dire, le couvre-feu ne sert à rien. Et le deuxième confinement n'a aucun sens. Le premier, oui, parce qu'on n'avait rien. Le deuxième et le troisième, aucun sens.

Et je suis le premier à dire, et je me prends plein la gueule des deux côtés, que j'ai un cas de conscience sur le vaccin, que j'estime qu'on doit l'apprécier au bénéfice-risque. Quand on est âgé ou avec des comorbidités, je comprends qu'on n'ait pas envie de finir en réanimation et de mourir du Covid, et que je pense qu'à ce moment-là, le vaccin est un moindre mal. En revanche, j'ai le sentiment, et chacun doit faire son examen de conscience-bénéfice-risque, j'ai le sentiment que quand on est jeune, quand on a 25 ans, se faire vacciner est une aberration.

Ce qui me choque dans ce que je vis, parce que je le vis, vous m'avez posé la question au début, on me fait chier matin, midi et soir sur les plateaux, est-ce que vous êtes vacciné, monsieur Dubois-Aignan ? On ne pose pas ça aux autres. Je ne peux pas poser la question. Oui, oui, non, mais je sais, mais je ne vous en veux pas, ce n'est pas le problème. Mais je veux dire, pourquoi me poser cette question à moi ? Jamais aux autres. Parce que vous êtes responsable politique.

Non, parce que je suis un des seuls responsables politiques qui a osé dire devant tous les Français, prudence quand même sur ces vaccins, si vous avez un risque, il faut peut-être le prendre, et je ne vous dirai jamais de ne pas le prendre, mais en revanche, arrêtez cette espèce d'hystérie vaccinale où je vois des gamins de 18 ans qu'on va vacciner alors qu'on n'a aucun recul sur ce vaccin. Quand à 75 ans vous faites vacciner, s'il y a des dégâts dans 10 ans, bon, c'est la vie. Mais quand vous avez 18 ans, il faut être complètement dingo.

Voilà, et comme je dis ça, on me tape dessus de partout, il y a tous les chiens de garde là, mais j'ai bien aimé ce qu'a dit Raoul, parce que je trouve qu'il l'a dit avec beaucoup de bon sens, l'affolement ne crée pas la prudence.

16:39
Invité

Probablement que lui a créé pas mal d'affolement l'année dernière, en 2020, avec ses positions.

16:43
Nicolas Dupont-Aignan

Non, il n'a pas créé d'affolement, il a dit, il a été le premier à dire, je teste, je veux utiliser les tests alors que le gouvernement ne voulait pas, et j'essaye une thérapie qui est mieux que le doliprane. Mais il a toujours dit, attention, précoce. Oui, il a peut-être vanté trop, il y a sans doute des excès, mais dans la vie, quand on cherche, on trouve. Quand on cherche jamais, on ne trouve pas. Et ce qui me choque dans cette crise Covid, c'est que soit c'est le doliprane chez soi, ce qui est une aberration, et on a tué quand même beaucoup de gens à cause de ça, je suis désolé, soit c'est le vaccin.

Entre le doliprane et le vaccin, il y a peut-être quand même quelques pistes à explorer, voilà, c'est tout con. Et ça, on n'a pas le droit, mais c'est dément ce qui se passe. C'est la folie collective. C'est la folie collective. Hystérie.

17:33
Invité

Changeons de sujet. Vous êtes petit-fils d'un aviateur de la Première Guerre mondiale, si je ne l'enuse, et fils d'un chasseur alpin qui a participé à la seconde.

17:39
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, je n'en ai aucune, enfin, j'ai de la fierté pour eux, mais ça ne me donne aucune légitimité supplémentaire. D'accord. Non, mais ce que je veux dire, je n'aime pas les gens qui s'approprient. D'accord. Ils ont été très courageux, j'en suis fier, mais ce n'est pas pour autant que je suis... Voilà.

17:52
Invité

Vous n'avez pas embrassé la carrière militaire, à moins que vous ne deveniez chef de la République et dans ce cas, vous deviendrez le chef des armées.

18:00
Nicolas Dupont-Aignan

Voilà, ça sera toujours mieux que celui qui est là. Ce ne sera pas pire.

18:04
Invité

Est-ce que cette hérédité, elle vous a inspiré, votre amour pour le gaullisme ? Et quelle est votre vision pour la France ?

18:11
Nicolas Dupont-Aignan

Alors, c'est très intéressant comme question. Est-ce que ça m'a inspiré ? Je ne sais pas. Ça m'a baigné, peut-être, mais je vais être franc, je n'étais pas d'une famille politique. C'est ça le paradoxe. C'est que j'avais un grand-père, un héros, vraiment un héros, un des premiers aviateurs, un type incroyable, il ne s'est jamais vanté. Il n'a jamais dit à un repas, il faut être patriote, le drapeau, jamais. Jamais. C'est intéressant. Ça vous vient d'où, alors ? Je ne sais pas. C'est comme Obélix, tomber dans la marmite, à 10-11 ans, j'étais passionné de politique, je regardais les émissions, je lisais Le Canard Enchaîné dès l'âge de 12 ans. Je ne peux pas vous dire d'où ça vient.

C'est très paradoxal. Je crois qu'à l'âge de 11 ans, j'étais en Angleterre avec un copain, et dans le train pour aller en Angleterre, ça c'est une révélation, on examinait le programme commun de la gauche, et on faisait des fiches. Vous voyez, les gamins un peu bizarres, à 12 ans. C'était passionné de politique. C'est nul, nul, nul. Non, ça dépendait, c'était marrant. Non, mais ce que je veux dire, c'est qu'à 13 ans, je prenais ma mobilette pour aller au QG de campagne de Chaband-Elmas. 13 ans. Et on me donnait une affiche, et je l'avais mise sur toutes les fenêtres de ma maison pour que les gens le voient de l'extérieur.

J'ai séché tous les cours de 4e pour la campagne présidentielle de Chaband-Elmas. Donc, comment c'est venue la politique ? Je crois à beaucoup d'histoires. Alors, c'est vrai que le milieu familial a pu jouer, parce qu'on a beaucoup raconté d'histoires. Mon grand-père a raconté à table comment il a été abattu par les Allemands, il était debout sur l'aile de l'avion, il s'est écrasé, il a survécu, enfin, des trucs incroyables. Donc, ça fascine. La résistance. Ma mère a fait beaucoup de résistance, elle n'en a jamais parlé, elle n'a jamais eu de décoration, elle n'a jamais rien eu. Il cachait des aviateurs anglais, faisait du vélo pendant la guerre, voilà, des trucs comme ça.

Peut-être que ça baigne, après beaucoup de lectures, et puis après, quand même, l'état du pays. Voir notre pays, la France, j'avais une idée de la France assez grande, et puis voir mon pays, j'aurais été quand même, j'aurais fait ma vie politique dans le déclin du pays. C'est-à-dire, j'ai commencé il y a maintenant un certain temps, et je vois que ça va de mal en pire. À un moment, on a envie de se secouer, on a envie de bouger les choses, on a envie de dire aux gens, mais réveillez-vous, Français, arrêtez d'être endormis. Et puis, on a des nuls qui nous gouvernent. Quand vous avez des nuls qui vous gouvernent, vous avez envie de faire

20:33
Invité

quelque chose. Est-ce qu'il n'y a pas aussi une ambition d'être un grand homme, de se positionner dans cette lignée du général de Gaulle ? Et je reprendrai là l'analyse d'un youtubeur politique que j'aime beaucoup, qui s'appelle Zizimit, qui parle du bonapartisme.

20:46
Locuteur non identifié

Le parti de Dupont-Aignan, c'est debout la France. Comme tous les bonapartistes en France, il admire beaucoup de Gaulle. Comme tous les bonapartistes, il adore la Ve République, mais

20:55
Invité

pas trop l'Europe. C'est-à-dire cette descendance psychologique, enfin psychologique, pardon, cette descendance idéologique de Napoléon Bonaparte qui se positionne comme le sauveur, le héros, face aux armées ennemies, ou alors aujourd'hui face à l'immigration, face au Covid, face à Big Pharma, face aux élites décadentes, les nuls qui nous gouvernent. Est-ce que vous avez...

21:19
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, sans doute. Ça, c'est très vrai.

21:22
Invité

Et alors, est-ce que vous n'avez pas l'impression d'être un peu l'unique phare, l'unique lumière, notamment de Debout la France, qui, au final, peut-être l'unique raison d'être aussi ?

21:31
Nicolas Dupont-Aignan

Peut-être. Ce n'est pas totalement ça seulement. C'est que je pense que la France fonctionne toujours comme un moteur à explosion. Je ne sais plus quel historien disait ça. Si vous regardez l'histoire de France, très intéressant, nous ne sommes pas un pays de réforme. nous sommes un pays de moteur à explosion. C'est-à-dire que vous avez des explosions régulières et des phases de décadence. Il y a de très belles phrases de De Gaulle là-dessus. Je ne sais plus laquelle, mais vous retrouverez. C'est-à-dire que c'est un pays qui a tellement d'atouts, qui a tellement d'intelligence collective, parce qu'il y a du génie français quand même, mais il y a aussi le génie de la destruction.

Donc c'est un pays très paradoxal et qui a toujours été sauvé par des êtres d'exception. Alors ce n'est pas obligatoirement moi, mais qui a toujours été sauvé par, au bord de la catastrophe. C'est-à-dire que la France, elle est toujours au bord du précipice, puis à un moment, ça repart. Et donc je pense qu'on est dans cette situation et je pense, en tout cas, ça ne m'intéresse pas à la petite vie politique médiocre.

22:30
Locuteur non identifié

Donc vous voulez être le sauveur qui rattrape la France.

22:32
Nicolas Dupont-Aignan

Je ne veux pas être le sauveur. Je ne veux pas être le sauveur. Je suis le sauveur. C'est-à-dire que c'est différent. C'est encore mieux. C'est beaucoup mieux. Non, ce que je veux dire, c'est que je vois mon pays depuis des années sombrer. Et je crois avoir dit les choses quand même depuis des années. On peut tout dire de moi, on peut dire que je suis un chieur, on peut dire que ceci, que cela. Je l'ai dit. On ne peut pas dire que je n'ai pas pris mes responsabilités. Quand tous voulaient être ministre, moi, j'ai dit basta. Basta, je soutiens Marine Le Pen, par exemple. Oui, j'ai dit basta, surtout avant. J'étais jeune député, ami de Philippe Séguin, qui m'aimait beaucoup.

J'aimais beaucoup Philippe Séguin. Ici, le traité d'Amsterdam, qui supprime nos frontières, un petit d'immigration. Je lui ai dit, mais Philippe, vous ne pouvez pas faire ça. C'est de la folie. Ah oui, mais Chirac veut, machin, etc. Il dit, moi, je signère ça. J'ai refusé de voter. J'ai été viré. Ensuite, il y a eu le traité constitutionnel européen. J'ai fait campagne contre. Si j'avais eu de l'intérêt politicien, tous mes copains, députés, disaient surtout, ne dis rien. J'ai quand même fait campagne pour le non. On a gagné. Et quand Sarkozy allait gagner la présidentielle, il ne faut pas oublier, j'aurais pu m'écraser. J'ai dit, je quitte l'UMP.

Je ne peux pas accepter que le Parlement revote ce que le peuple a refusé. Donc, on peut tout dire de moi. Mais au moins, je peux me regarder dans une glace. Et j'ai sacrifié ma carrière politicienne pour mes convictions. Ça, on ne peut pas le nier.

24:03
Invité

Vous ne vous sentez pas un peu isolé, notamment après le départ de 64 de la France en décembre ?

24:08
Nicolas Dupont-Aignan

Pas du tout isolé. Je n'ai jamais eu autant de gens qui m'ont suivi. On est dans tous les sondages entre 4 et 8.

24:13
Invité

Est-ce que les sondages n'ont pas trop d'influence sur la présidentielle ? Oui, beaucoup trop. Bien évidemment. Vous voulez l'utiliser même pour convaincre du bien-fondé de votre projet et de son succès.

24:22
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, parce que j'entends, je suis isolé. Mais moi, je ne me sens pas isolé quand il y a 2 millions de Français qui disent vouloir voter pour moi alors même qu'on leur dit qu'on représente toute petite chose. Donc, je ne me sens pas isolé. Je ne me sens pas seul du tout. On a des gens formidables avec nous. En revanche, c'est dur, c'est vrai. On est un peu au milieu du guet. Vous savez, au milieu du guet, c'est là où il y a le courant le plus fort. C'est-à-dire quand on était à 0% et quand j'ai pris date en disant moi, je suis désolé, je ne veux pas voir mon pays tomber. Je prends date. Quand au deuxième tour, j'ai fait ce choix difficile parce que je ne me voyais pas soutenir Macron.

C'était impensable. J'avais dit l'inverse pendant toute la campagne. Et il fallait être honnête. Le programme de Le Pen était plus proche du mien que celui de Macron. Donc, je n'ai rien fait d'extraordinaire. J'ai fait ce que 10 millions de Français ont fait. Ils ont voté au second tour sans être Le Pen pour 4 millions d'entre eux. Puisque j'ai fait quelque chose d'un sacrilège. J'ai fait ce que je devais faire.

25:18
Invité

D'ailleurs, vous êtes candidat à la présidentielle en 2022. Très clairement. En septembre.

25:21
Nicolas Dupont-Aignan

Très clairement.

25:22
Invité

Et pour Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen également, on prend les mêmes et on recommence. Est-ce que ce n'est pas une même rengaine qui lasse les Français ?

25:28
Nicolas Dupont-Aignan

Peut-être. C'est vrai. Mais en attendant, les Français me connaissaient moins que les deux autres. Et donc, je pense qu'il faut qu'ils s'habituent. Et surtout, j'ai eu beaucoup moins d'impact médiatique à l'époque. Puisque j'avais été exclu des débats au premier tour. Ce qui aurait tout changé si j'avais été dans les débats du premier tour. Ça a été vraiment très dur pour nous. Parce qu'à la fin, j'ai fait quasiment le score d'amont. Donc, on a été complètement... J'ai été complètement exclu de la campagne de 2017. Ce qui fait que j'ai envie de faire une vraie campagne. On va être sur la table de... La ligne de départ au même rang que les autres au départ. Et là, je peux l'être. Voilà.

Après, moi, je souhaite qu'il y ait des nouveaux candidats. Il faut qu'il y ait de la liberté. Le problème de la France aujourd'hui, c'est quoi ? Parce qu'il faut reprendre un peu de recul. C'est le précipice sur le plan de l'immigration, de la sécurité, de l'économie, de la démographie maintenant. C'est quand même vraiment inquiétant. J'aime mon pays. J'ai des solutions. Alors, je disais, pour rigoler, je suis le sauveur. J'estime que je peux apporter quelque chose. Le deuxième problème de la France qui, en fait, est préalable.

Et c'est ça qui est nouveau chez moi parce que j'ai essayé de mûrir, de comprendre qu'est-ce qui ne va pas, pourquoi ça ne va pas, pourquoi la vie politique ne va pas, pourquoi même moi, je n'ai pas obligatoirement les soutiens que j'aimerais avoir. C'est l'intérêt de ces émissions. On se confie. On réfléchit. Et j'ai réfléchi qu'aujourd'hui, le préalable, ce n'est pas même le déclin, ce n'est pas les délocalisations, ce n'est pas l'immigration, ce n'est pas etc. C'est quoi ? C'est que les Français se désintéressent de l'avenir même de leur pays. Pourquoi ? Parce qu'ils ne croient plus à la politique. Pourquoi ? Parce que la démocratie ne fonctionne plus.

Et tout mon enjeu de cette campagne présidentielle, et ce que je voudrais essayer de faire passer comme message, parce que ce qui m'intéresse dans la politique, c'est de faire passer un message. Les idées. C'est quand même plus intéressant que les petites histoires. Comment on peut réconcilier les Français avec la démocratie ? Et ça, pour moi, c'est la question clé. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, il y a la menace d'une désertion démocratique. Donc quel est notre enjeu ? C'est de dire aux Français, vous avez tout entre les mains. A vous de choisir. Voilà.

27:41
Invité

Très rapidement, pour terminer cette interview, je vais vous poser deux questions qu'on pose à tous nos invités. D'abord, qui est-ce que vous nous suggéreriez d'inviter à votre place dans l'interview politique ?

27:51
Nicolas Dupont-Aignan

Ah, c'est intéressant. Un chef d'entreprise qui a relocalisé une usine. Un grand scientifique. Par exemple, je pense à deux personnes que je connais. Un grand scientifique que je vois régulièrement parce que j'ai voulu... Je veux absolument qu'on parle de l'avenir dans cette campagne. Comment la France peut retrouver l'esprit de conquête scientifique à 50 ans ? Quelle est la vision à 50 ans ? Qu'est-ce qu'on veut faire de la France dans 50 ans ? Alors peut-être pas 50, elle est 30 ans.

28:21
Invité

Et qui sont ces deux personnes, du coup ?

28:22
Nicolas Dupont-Aignan

Par exemple, là, c'est un grand scientifique, donc je ne peux pas dire le nom, mais qui me conseille, qui me montre comment... Pourquoi l'innovation, pourquoi les plus grands chercheurs vont en Allemagne, aux Etats-Unis, français ? Pourquoi les meilleurs vont à l'étranger ? Et pourquoi notre population s'appauvrit ?

28:37
Invité

Dernière question de cette interview. Que signifie pour vous la phrase « Trace tes contours » qui est le slogan de notre média ? Trace, trace tes contours.

28:46
Nicolas Dupont-Aignan

Trace et contours. Trace tes contours. Ah, tes contours. Trace tes contours. Pourquoi vous avez pris ça ? Tiens, si je peux poser une question.

28:54
Invité

Parce qu'on est le crayon.

28:56
Nicolas Dupont-Aignan

Le crayon. Trace tes contours. Alors, vous voyez, le danger de trace tes contours, c'est que vous enfermez. Alors que tracer, j'ai plutôt tendance à faire une grande ligne qui part vers l'avenir, qui ouvre. Mais la trace, c'est bien. Traçons, traçons, traçons. Le tout de savoir en quelle direction.

29:14
Invité

Merci, monsieur Dupont-Aignan.

29:15
Nicolas Dupont-Aignan

Merci à vous de vos bonnes questions.

29:17
Invité

J'espère que cette interview vous aura plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à vous abonner, à commenter cette vidéo pour nous dire ce que vous en avez pensé. Très bien.

29:23
Nicolas Dupont-Aignan

Merci, monsieur Dupont-Aignan. A mardi prochain.