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interviewyoutube.com· 25 mai 2026 23 min

David Lisnard était l’invité du Grand entretien sur France Inter - mercredi 14 avril 2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h22, France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le maire Les Républicains de la ville de Cannes. Il est également vice-président et porte-parole de l'Association des maires de France. Il publie et co-signe « La culture sauvera la France » aux éditions L'Observatoire. Vos questions 01-45-24-7000, passées autrement par les réseaux sociaux ou l'application mobile de France Inter. David Lysnard, bonjour.

0:33
David Lisnard

Bonjour.

0:34
Présentateur

Et merci d'être à notre micro ce matin. Vous êtes le maire, le mieux élu de France, élu dès le premier tour avec 88,12% des voix, ce qui a derrière la virgule est crucial. Et depuis quelques mois, votre voix se fait de plus en plus entendre à droite. Mais vous êtes ici ce matin parce que vous publiez donc ce livre « La culture nous sauvera » co-signé avec Christophe Tardieu qui est l'administrateur général du domaine de Chantilly. C'est un plaidoyer pour la culture, pour sa capacité à faire nation, mais aussi pour l'économie qu'elle génère. La culture pèse 2,3% du PIB, c'est plus que l'industrie automobile.

Au début du livre, vous écrivez qu'aujourd'hui, que des statues déboulonnées à l'écriture inclusive des censures universitaires émanent des woke ou des décolonialistes et montrent que le passé historique, la langue française et la transmission du savoir sont l'objet d'attaques sectaires appelées « cancel culture » aux Etats-Unis. Est-ce à dire que vous avez, pour commencer, une vision défensive de la culture ?

1:46
David Lisnard

La culture est indispensable à l'homme. L'homme est un animal culturel. C'est ce qui nous distingue des autres espèces. Quand la culture va mal, l'homme va mal, la société va mal. La culture, elle est porteuse de richesses, vous l'avez rappelé, 45 milliards de revenus. Elle est porteuse d'épanouissement individuel, d'élévation des individus, et c'est fondamental. Elle est porteuse de liens sociaux.

Lorsque l'on s'attaque à ce qui relie les hommes entre eux, c'est-à-dire la culture, ce qu'Ernest Renan, qui est à la base du modèle républicain, qui définissait la nation comme non seulement la conscience du présent, des devoirs au présent, un destin et un dessein commun, donc il faut se projeter dans le futur, mais aussi la mise en commun des gloires passées, disait-il. Donc tout ce qui est cancel culture, qui s'appelle par définition annulation de la culture, se fait au détriment de l'unité nationale. Donc pour la prospérité économique, pour l'émancipation individuelle, pour l'unité nationale, il faut effectivement développer une culture offensive.

Développer une culture offensive, c'est-à-dire qui permette à chacun de rencontrer les grandes œuvres de l'esprit, celles qui relient et celles qui élèvent.

2:54
Présentateur

Vous dites qu'il faut glorifier notre passé, vous militez pour la création d'un musée de l'histoire de France. Avant vous, il y a Nicolas Sarkozy qui avait eu cette idée-là, il avait dû l'abandonner, elle avait été abandonnée d'ailleurs, au vu des polémiques suscitées. Vous voulez ressusciter cette idée de Nicolas Sarkozy ?

3:10
David Lisnard

Alors, avec Christophe Tardieu, le livre porte essentiellement sur l'éducation artistique et culturelle. On va y venir, on va y venir, mais sur l'idée du musée. Et effectivement, sur le fait, il ne s'agit pas de falsifier le passé. C'est-à-dire que le passé, l'histoire, puisqu'on parle de ce thème-là, doit être vécue avec scientificité, mais sans destruction de ce qui constitue notre patrimoine commun. Oui, mais un musée, ça fige l'histoire.

Et donc, nous, nous pensons, de même qu'il y a un musée de l'immigration à la Porte Dorée, de même qu'on doit avoir un musée de l'histoire nationale, dans lequel, non pas le roman national, parce que ce n'est pas un roman, mais le récit avec de la scientificité soit abordé. L'Allemagne, qui a une histoire difficile, comme toutes les grandes nations, compliquée. L'Allemagne a un grand musée de l'histoire à Berlin, magnifique Berlin, magnifique musée. L'Union Européenne a eu l'ambition de faire un grand musée de l'Europe à Bruxelles. Comment nous renoncerions-nous à transmettre ce qui fait le lien, c'est-à-dire le patrimoine historique ?

4:12
Présentateur

Parce que, David Lysnard, c'est peut-être très compliqué. Ok, prenons un exemple tout récent à ce micro, à votre micro, là où vous êtes assis. Pierre Nora, il y a quelques semaines, disait qu'il fallait célébrer le bicentenaire de la mort de Napoléon. Ça, oui, mais pas les 150 ans de la Commune de Paris. Ça, non. Il y en a d'autres qui pensent l'inverse. Jean-Luc Mélenchon dit que la Commune est cruciale. Cruciale, pardon. Anne Hidalgo aussi. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il y a des débats qui sont sains, qui se déroulent dans l'espace public. Pourquoi les figer dans un musée ? Est-ce que ça n'est pas la fausse bonne idée absolue ?

4:45
David Lisnard

Alors, d'une part, il ne faut pas laisser le récit national à la politique politicienne. La Commune de Paris, comme Napoléon, font partie du grand récit national. Évidemment. Avec des apports et aussi des fausses à analyser en se méfiant de l'anachronisme. Le deuxième élément, le musée, on peut mettre un autre terme si vous voulez, mais le musée, ce n'est pas forcément une chose de figé. Ça ne fossilise pas. Est-ce qu'on fossilise l'art ? C'est un grand débat, d'ailleurs. C'est tout le débat des déconstructionnistes. C'est ce qui flingue le pays depuis 40 ans.

C'est-à-dire, c'est l'héritage de Foucault, de Derrida, du mauvais Sartre, ce qui lui est arrivé assez souvent, et donc qui consistait déjà à vouloir déboulonner les musées. Mais enfin, aujourd'hui, l'émotion suscitée par la rencontre avec une grande œuvre de l'esprit, l'apprentissage et la connaissance de cette œuvre est fondamentale. Notre société a des forces centrifuges inouïes. Le rôle du politique, c'est de protéger le groupe face à ce qu'il menace et de le projeter de façon positive, constructive.

Donc un musée qui renforcerait la connaissance de l'histoire de France, qui renforcerait et qui ferait de chacun d'entre nous, quelle que soit notre origine, un dépositaire de cette histoire, qui permettrait d'avoir une analyse critique, sans se méfier de l'anachronisme sur ce qui a fait la gloire d'une grande nation qu'est la France, et ce qui pose problème aussi dans notre histoire. A mon avis, c'est important.

6:11
Présentateur

Vous avez des pages longues et passionnées sur l'éducation artistique et culturelle à l'école, c'est votre obsession même, vous le dites, vous le reconnaissez. Vous regrettez que le ministère de l'Éducation y soit trop peu sensible. Vous dites que la rue de Grenelle se tient devant l'éducation artistique et culturelle comme la poule devant un couteau. Qu'est-ce que vous reprochez au ministère de l'Éducation ? La poule devant un couteau.

6:29
David Lisnard

C'est une réalité qui dépasse l'actualité. C'est-à-dire que ça fait très longtemps qu'il en est ainsi, que la poule est stupéfaite face au couteau. Malgré quelques directeurs, j'ai eu la chance, j'en ai un actuellement formidable dans l'académie, j'en ai eu un avant qui est Emmanuel Etis, qui est un grand combattant de l'éducation artistique et culturelle, qui porte ce combat. Mais on voit bien qu'en disant que, finalement, en rappelant ce qu'est la loi, c'est ce que nous rappelons avec Christophe Tardieu dans le livre, on rappelle que la loi rend obligatoire l'éducation artistique et culturelle. Or, en fait, cette loi n'est pas appliquée, comme souvent, il y a des grands effets d'annonce.

7:03
Présentateur

Alors, pourquoi tout le monde s'en fiche, alors ?

7:05
David Lisnard

Parce que ça dérange. Parce qu'il y a des citadelles et qu'il y a du conformisme et que le conformisme est une maladie de l'administration, dans tous les domaines, d'ailleurs. Or, le fait de pouvoir proposer aux enfants ce que nous faisons à Cannes, et on était la première ville 100% éducation artistique et culturelle, c'est-à-dire que c'est 17 000 enfants ou adolescents, de la maternelle jusqu'au supérieur, qui reçoivent chaque année, dans le temps scolaire, pas le périscolaire, dans le temps scolaire, grâce à un bon travail avec le rectorat, en l'occurrence avec l'éducation nationale, mais assumé financièrement, essentiellement, par la ville de Cannes, à 85%.

Donc, non seulement un apprentissage vertical, académique, classique, d'une discipline, on pratique un instrument, on apprend l'histoire de l'art, donc on s'élève grâce à un professeur adulte, que l'on respecte comme professeur et adulte. Ça, c'est le premier tiers. Le deuxième tiers, c'est la rencontre avec des artistes vivants. C'est toujours formidable de rencontrer des artistes vivants, et pour les artistes, c'est mieux d'ailleurs que quand les rencontres possibles sont vivants, et pour les artistes, inversement, c'est bien de voir de la jeunesse.

Et le troisième élément, c'est le partage d'une émotion, parce que la culture, c'est vertical, c'est de la compétence, c'est de l'apprentissage, c'est de l'effort, mais c'est aussi et avant tout un plaisir, une émotion, une vibration.

8:18
Présentateur

Donc, il faudrait même beaucoup plus d'argent, c'est ce que vous dites, beaucoup plus de priorité à l'école ?

8:22
David Lisnard

C'est que nos enfants puissent bénéficier à la fois de cet apprentissage vertical exigeant, mais aussi de ce que les Anglais appellent les soft skills, les compétences douces, cette capacité à partager une œuvre, mais il ne suffit pas d'amener, et on le dit aussi dans le livre, il ne suffit pas de mettre de l'art dans la rue, ou d'amener quelqu'un voir un spectacle. C'est une vraie technique. Ça nécessite de la formation des enseignants, parce que si vous n'apprenez pas à aborder la culture, vous pouvez amplifier la fracture culturelle.

8:54
Présentateur

Pour dépasser le clivage et aller dans le sens que vous venez de décrire, est-ce qu'il faudrait fusionner les ministères de la culture et de l'éducation pour en faire un seul grand ministère, ayant vocation précisément à établir les passerelles ?

9:10
David Lisnard

C'est une des propositions que l'on formule. Elle peut être débattue, tout ce que l'on dit à vocation. Nous, ce que l'on veut, c'est créer le débat sur la culture et quel bonheur d'être dans une grande matinale, la première de France, et de pouvoir parler de culture.

9:22
Présentateur

C'est-à-dire que vous voulez que la culture soit un des enjeux ? C'est souvent l'oublier de la campagne présidentielle, vous voulez qu'elle soit au milieu de la table ?

9:28
David Lisnard

Aujourd'hui, on a eu 11 ministres de la culture en 20 ans. La culture, on le sait bien, ne peut faire l'objet d'une politique publique ambitieuse que si elle est portée par le président de la République. On estime, Christophe Tardieu, que c'est un élément fondamental de l'égalité des chances, de la méritocratie et de la cohésion nationale. Donc, ça la passe, ça la commence par nos enfants. Moi, ce qui me motive, c'est que mes enfants, et j'espère futurs petits-enfants, vivent dans un pays apaisé, fier avec lui-même, mais sans être arrogant. Donc, oui, il faut revoir le périmètre du ministère de la culture.

Faire un grand ministère culture, éducation, culture, et que les beaux-arts bénéficient d'une direction spécifique, comme c'était le cas d'ailleurs il y a quelques années.

10:04
Présentateur

Mais est-ce que vous dites, ce discours que vous portez ce matin, c'est un discours qui a vraiment été porté par Emmanuel Macron au moment de la campagne ? Sur la culture doit être au cœur.

10:12
David Lisnard

Je ne l'ai pas retrouvé chez Emmanuel Macron, pour une raison toute simple, c'est qu'il a nié même l'existence d'une culture française. Emmanuel Macron a dit, il n'y a pas de culture française, il y a une culture en France. Ce qui est pour moi l'archétype, d'abord du malentendu, et du relativisme. Ce qui fait beaucoup de mal, depuis 40 ans, mais dans tous les domaines. C'est cette espèce de... Alors, il faut un peu de relativisme dans la vie pour apprendre à comprendre les autres, etc. Mais la relativité, quand elle devient relativisme, à force de dire que tout se vaut, rien ne vaut. Et on tombe sur du nihilisme.

Donc, évidemment, il y a une culture française qui est enracinée, qui est nourrie de plein d'apports, et qui est universelle. Chaque culture est à la fois enracinée et universelle. C'est ce qui est grand et beau dans la culture.

10:53
Présentateur

Aujourd'hui, la culture souffre énormément. Depuis un an, il n'y a plus de théâtre, plus de cinéma, plus de musée. Est-ce que vous avez compris cette décision au nom de la crise sanitaire ? Est-ce que vous demandez aujourd'hui que ce soit la priorité, la réouverture de ces lieux culturels ?

11:05
David Lisnard

Dans un premier temps, il y a un an, on connaissait peu le virus, on connaissait peu ses conditions de transmission. Donc, il fallait être maximaliste, évidemment. C'était un nouveau risque. Maintenant, ce risque, on sait l'appréhender. Et on rentre dans un grand débat. Mais sur l'incohérence de la politique sanitaire actuelle, mais évidemment, la culture... D'ailleurs, c'est très significatif de voir que les technocrates qui nous dirigent considèrent que... D'abord, nous disent ce qui est essentiel ou pas. Moi, je trouve ça assez inouïe. Par principe, et de nous dire que la culture, qui, pour moi, est le propre de l'homme, enfin, pour nous tous.

Je le répète, c'est ce qui nous distingue des autres espèces animales. L'être humain, il ne fait pas que chasser le soucromagnon, il peint les grottes de Lascaux aussi.

11:43
Présentateur

C'est pas réservé à des classes privilégiées ? Mais justement,

11:46
David Lisnard

c'est-à-dire que le problème, quand on ferme la culture, les classes privilégiées, elles, elles ont toujours accès à la culture. Elles ont toujours les moyens d'accéder à la culture. Moi, je sais d'où je viens, et je crois à la France qui date de Clovis, et je crois à l'idéal républicain aussi, qui est une étape supplémentaire de l'universalité. Et pour revenir à votre question liminaire, les cancel cultures, le WOC, toutes ces choses assez insupportables à mes yeux, s'attaquent au bel idéal d'universalité de la culture.

Donc, aujourd'hui, oui, aller au musée avec un numerus clausus, avec des protections, avec des règles sanitaires est beaucoup moins dangereux que prendre le métro comme je l'ai fait hier soir, ou d'aller au supermarché du coin sur le plan sanitaire. Beaucoup de questions

12:29
Présentateur

sur la culture au standard. Une dernière, après avoir été annulée l'an dernier, précisément à cause du Covid, le festival de Cannes est repoussé cette année au 6 juillet. Êtes-vous certain qu'il pourra se tenir ? Jean-François Delfraissy dit que nous n'en aurons fini avec l'épidémie, qu'en 2022,

12:46
David Lisnard

est-ce un risque maîtrisable ? D'abord, personne n'est certain de rien, puisque ça ne dépend pas de moi. Ça dépend d'une décision de l'exécutif sur la capacité d'accueillir des événements ou pas. Mais du côté du festival de Cannes, Pierre Lescure, Thierry Frémaux et de la ville de Cannes, on est prêts à accueillir le festival. Et moi, je pense qu'il aura lieu, il doit avoir lieu. Venir au palais des festivals et des congrès pour un événement professionnel, d'ailleurs, au-delà de la culture, c'est toute la filière événementielle qui est sinistrée, aujourd'hui, est tout à fait, d'un point de vue sécurité sanitaire, est tout à fait raisonnable. Tout à fait raisonnable. On est au standard,

13:22
Présentateur

donc, avec Samia. Bonjour, Samia. Bienvenue.

13:26
Auditeur

Bonjour. On vous écoute. Bonjour, France Inter. Oui, alors, je dois vous avouer que moi, j'étais assez choquée de la première intervention de votre invitée sur la définition, entre guillemets, de la culture et le fait d'estimer qu'elle est mémacée par les minorités, enfin, entre guillemets, toutes les personnes qui revendiquent l'écrivain inclusif, le dévoulonnement, par exemple, de certains statuts, etc. Tout ça, sous une espèce de couvert d'universalisme, tel qu'il le dit lui-même. Et donc, David Lissner vous a choquée.

14:06
Présentateur

Alors, que dites-vous ?

14:07
Auditeur

Oui, pourquoi ? Parce que je pense qu'aujourd'hui, en fait, est-ce qu'on ne peut pas envisager ça plutôt de manière positive comme une manière, effectivement, de s'inclure, d'essayer de trouver sa place dans la culture, de faire évoluer la culture, de, comment vous dire, d'avancer et d'interroger l'histoire ? Oui, je terminerai juste par un point qui me semble assez important parce qu'on parle quand même de minorités, mais c'est des minorités politiques et non des minorités au sens numérique. Et donc, en tant que femme, par exemple, ça me choque que depuis des années, on écrive 50 femmes et un homme, il.

Enfin, je veux dire, et que monsieur trouve ça choquant, qu'on revendique un petit peu notre place. Je trouve ça... Bien compris,

14:57
Présentateur

bien compris, Samia. On donne la parole, on rend la parole à David Lissnard qui vous répond écriture inclusive, décolonialisme, déboulonner les statuts, c'est la marche de la culture aussi, nous dit Samia. Qu'en pensez-vous ?

15:10
David Lisnard

Bonjour, madame. Nous ne sommes pas d'accord. C'est-à-dire que je suis, moi, pour l'inclusion et je suis pour l'inclusion dans le modèle républicain. C'est-à-dire que chacun a sa part d'individualité et d'identité propre et elle doit être respectée, elle doit vivre de façon pleinement épanouie. Mais moi, ce qui m'intéresse, c'est de construire un bien commun et ce bien commun ne peut se faire que dans le partage positif de ce qui constitue la nation et qui s'inscrit dans le temps et dans la transmission avec des débats, évidemment. Mais regardez l'histoire de Napoléon.

Dire qu'on ne célébrerait pas Napoléon parce qu'il aurait rétabli l'esclavage, ce serait oublier ce qui singularise Napoléon dans son époque. Ce n'est pas qu'il ait rétabli l'esclavage qui avait lieu partout, c'est qu'il a inventé le code civil, c'est qu'il a créé finalement les grandes fondations des libertés individuelles par le code civil, par la reconnaissance de la suprématie du droit, par les préfets, etc. Sur l'écriture inclusive, c'est une écriture, pour moi, qui est exclusive. L'écriture inclusive, l'écriture française et la langue française, et notamment le masculin sur le pluriel, etc., vient de la transformation du latin en français. Non, non, mais c'est des choses importantes.

Et que je me sens féministe dans plein de domaines, mais je pense que l'écriture inclusive qui alourdit l'écriture, qui la rend inesthétique, qui la rend laide, au contraire, elle exclut de la langue française et qu'on doit enseigner avec exigence la langue française. Moi, je souhaite que chacun, quelle que soit son origine, sa croyance, sa religion ou pas, ce n'est pas mon problème, se sente bien dans son identité individuelle, mais ne pas essentialiser les gens et que chacun puisse aller vers le haut par une belle culture française et une belle langue française.

16:44
Présentateur

Dominique Ostandard a une question, je dirais, culture et politique. Bonjour, bienvenue.

16:50
Auditeur

Bonjour Nicolas, bonjour Léa, bonjour à tous. Bonjour Monsieur David. Lissinard.

16:55
David Lisnard

C'est bien ça, madame. Bonjour madame.

16:57
Présentateur

Allez-y, Dominique.

16:59
Auditeur

Expliquez-nous pourquoi en France, aujourd'hui, les Français riches de leur culture et de leur démocratie vont être réduits à voter par défaut à la prochaine présidentielle. Comment s'y projeter avec goût et espoir ?

17:16
Présentateur

Merci Dominique pour cette question. Voilà, qui relit je crois, madame Dominique

17:21
David Lisnard

que vous avez fait une transition qu'attendait Léa Salamé. On aurait pu la faire seule,

17:25
Présentateur

mais Dominique la fait encore mieux.

17:27
David Lisnard

En revanche, je crains de ne pas avoir la réponse. C'est-à-dire que, en ce qui me concerne, je quitte le livre que j'ai écrit Christophe Tardieu et je viens dans ma subjectivité de citoyens engagés, je crois qu'il est dans l'intérêt du pays de ne pas laisser continuer cette dialectique mortifère entre le pouvoir en place et le Rassemblement National. Voilà, chacun est légitime dans le champ de l'expression, mais il me semble que d'autres voies, d'autres solutions doivent être et peuvent être apportées.

17:59
Présentateur

Vous comparez la fin de mandat d'Emmanuel Macron aujourd'hui à la fin de règne de Louis-Philippe. Pourquoi cette comparaison ?

18:05
David Lisnard

Parce que je trouve qu'il y a d'ailleurs pas mal de points communs et avec en plus un problème civilisationnel d'unité de la nation. On l'a bien vu d'ailleurs dans le débat tout à l'heure qui est compliqué sur la cancel culture, etc.

18:17
Présentateur

Ça, c'est pas la faute d'Emmanuel Macron ? Non, ça le dépasse.

18:19
David Lisnard

Non, ça le dépasse, bien sûr. Mais Emmanuel Macron, il ne s'agit pas d'être manichéen et...

18:23
Présentateur

Oui, mais alors pourquoi Louis-Philippe ?

18:24
David Lisnard

Et Pavlovien...

18:25
Présentateur

C'est la fin de règne de Louis-Philippe, c'est très mal terminé.

18:28
David Lisnard

Je pense qu'il y a des forces violentes et des forces centrifuges. On va vers une dramatique en sortie de crise Covid. On aura une France à deux vitesses très très visible. Une France qui rebondit en pleine croissance et une France qui sera face au mur des remboursements avec beaucoup de travailleurs non salariés, d'indépendants. Moi qui est un univers, je viens de cet univers-là, certains seront en grande difficulté. Donc il y aura du ressentiment. Et le ressentiment, on le sait grâce à Nietzsche, c'est ce qui alimente la révolte. Et c'est l'injustice, quoi. Et ça, c'est Camus.

Mais donc, il y a effectivement aussi toute cette culture de la victimisation qui est liée à la cancel culture, qui fait que les êtres humains seraient attachés à une identité uniquement par leur naissance ou leur couleur de peau. Je trouve ça extrêmement grave. Et seraient victimes. Quand on est victime, on ne peut pas être responsable dans la vie. Moi, je crois à la société de la responsabilité, de la liberté. Je peux vous en parler long.

19:22
Présentateur

Oui, vous êtes inspiré sur la question. Xavier Bertrand, pour parler de lui, puisqu'on revient à la droite, vous êtes un homme de droite, vous l'assumez. On a un an de la présidentielle. Xavier Bertrand a annoncé sa candidature en court-circuitant, en se séance sur les primaires. Il semble mieux placé dans plusieurs sondages pour être soit attenté le troisième homme et en tout cas pour battre Marine Le Pen. C'est celui qui la battrait le plus clairement et le plus fortement. Est-ce que vous avez trouvé votre candidat ?

19:46
David Lisnard

Vraiment, je le dis sincèrement, a beaucoup de qualités. Il en veut. Comme d'autres, Bruno Rotaillot, quelqu'un qui réfléchit, qui est quelqu'un de sérieux de travailleur. Michel Barnier a vécu une expérience intéressante. Il y a des talents. Aujourd'hui, il ne faut pas être aveuglé par les sondages parce que parler de deuxième tour, si on ne franchit pas le premier tour, ça n'a aucun sens. Pour l'instant, aucun candidat ne franchit le premier tour. Ce qu'il faut construire, c'est une offre programmatique crédible sur le comment. Parce que tout se joue là. Ça sera sur le comment. Le fait que des citoyens se disent, tiens, j'y crois, ils savent faire, ils peuvent faire.

Et donc, il faut travailler très sérieusement sur un agenda programmatique comme la Suède avait su le faire, comme Schroeder avait su le faire, comme Thatcher avait su le faire. oui, je prends de tous côtés. Et ensuite, la question de la cristallisation autour d'un leader, elle se fera très tard en réalité.

20:42
Présentateur

Oui. Et pourquoi pas vous ? Parce qu'on a vu fleurir l'ISNAR 2022 depuis... En fait, vous faites parler de vous depuis une tribune que vous avez publiée dans le Figaro en novembre dernier sur la folie bureaucratique qui s'est emparée de la France au moment de la gestion du Covid. On voit fleurir du l'ISNAR 2022. Pourquoi pas vous ?

20:58
David Lisnard

Alors, moi, je ne suis pas né avec cette tribune. C'est-à-dire que ça fait des années que j'écris, que je prends des positions. Mais là, il y a eu... Alors, 95% des Français ne savent pas qui je suis. Et je pense que beaucoup de vos auditeurs ne savent pas qui je suis. Mais il y a eu une sorte de petit emballement médiatique après cette tribune. Et donc, que j'utilise pour faire valoir mes convictions autour d'une société de la liberté. Il faut retrouver le sens de la liberté. On peut en parler longuement. Et de l'ordre.

21:26
Présentateur

Donc, vous ne me dites pas non, vous ?

21:28
David Lisnard

Mais... Ces réponses-là, j'ai des convictions que je n'entendais plus dans le champ politique. Aujourd'hui, on m'invite, y compris vous, une grande matinale, parce que ces convictions, on ne les entendait plus. Donc, je continue de les faire entendre. Deux, ça me permet de faire venir autour de moi des personnes formidables, très motivées. Donc, j'ai lancé des groupes de travail pour recréer une espérance française. Un idéal de comment rendons-nous la fonction publique plus efficace, moins consommatrice d'argent des contribuables et plus productive et que les fonctionnaires et ceux qui servent le service public soient plus heureux.

Aujourd'hui, on a un service public qui consomme le plus de prélèvements au monde, impôts et charges, avec des agents qui sont souvent malheureux, qui ont souvent des mauvais matériels. Donc, il faut enfin qu'on s'attaque à la matrice de la fonction publique. Comment arriver à unifier la nation ? Donc, je fais entendre cette voix-là. tant qu'on m'invite, je le fais, j'essaie de la structurer, de la préciser. Je travaille sur les retraites par capitalisation, je travaille avec des gens formidables, sur des propositions très concrètes que je mettrai dans le débat après l'été. Très clairement de droite,

22:31
Présentateur

ouvertement de droite. Ça veut dire quelque chose encore aujourd'hui ? On entend la retraite par capitalisation, la réforme de la fonction.

22:39
David Lisnard

L'éducation artistique et culturelle pour les enfants. Certains pensent que c'est de gauche, d'autres me disent que c'est de droite. Moi, j'assume qui je suis. Je suis membre des Républicains et je crois aux valeurs de la liberté et de l'autorité de l'État recentré et l'unité de la nation. Voilà, c'est mon triptyque. Donc, je fais valoir ces convictions-là et je n'ai pas d'agenda personnel ce serait bien prétentieux, ce serait bien décalé mais en revanche, je continue de les faire valoir.

23:04
Présentateur

Et voilà, les auditeurs de France Inter vous connaissent mieux au terme de ce grand entretien. Vous vous ont découvert. Merci David Lissard. Merci beaucoup. La culture nous sauvera aux éditions L'Observatoire, livre que vous co-signez avec Christophe Tardieu. Merci encore. La revue de presse à suivre.

David Lisnard était l’invité du Grand entretien sur France Inter - mercredi 14 avril 2021 — David Lisnard · Pourquijevote