Alain Milon : « La France a diminué de moitié ses investissements dans les médicaments innovants »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour, merci beaucoup d'être notre invité. Vous êtes sénateur à l'air du Vaucluse, président par intérim de la Commission des Affaires Sociales du Sénat. On va évidemment très longuement revenir sur le budget de la Sécurité Sociale et le rejet de la suspension de la réforme des retraites. Mais d'abord, on va regarder comme tous les jours les unes de la presse régionale. On en a sélectionné trois. D'abord la une de la dépêche. Pourquoi le service militaire va revenir ? Dans un contexte de tensions internationales et de guerre en Ukraine, Emmanuel Macron s'apprête à relancer un service militaire basé sur le volontariat.
La deuxième une, c'est celle du populaire du centre. La France au diesel, alors que la fin des ventes de voitures thermiques neuves est prévue pour 2035, il existe encore une France qui ne jure que par le diesel. Et puis la dernière une, c'est celle du progrès. Scandales, Chine, BHV, Frédéric Merlin assume. Une centaine de marques ont quitté le BHV, invoquant notamment l'arrivée de Chine. Frédéric Merlin, le patron du BHV, réfute tout bécotte. Il assume le partenariat avec le géant chinois. La justice, on la dit, se prononce aujourd'hui sur une suspension en ligne de Chine. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
Peut-être bien la Chine.
La Chine ?
Oui.
Et la déferlante, c'est aussi un débat qu'il y a dans…
Non mais, alors, justement, la Chine, ça me rappelle tout ce qui se passe dans la pharmacie, dans le médicament. Donc je voudrais vraiment parler de ça, puisque j'en ai parlé d'ailleurs dans la description générale. La Chine produit actuellement 31% des médicaments innovants, ce qui est absolument considérable, puisque la France produisait, il y a encore 10 à 15 ans en arrière, 20% de ses médicaments innovants. Elle est largement dépassée maintenant et c'est quelque chose qui est important, puisque désormais, les investissements en industrie pharmaceutique pour les médicaments innovants, pour traiter l'ensemble des malades sur le territoire national, ont baissé en France.
Les promesses d'investissement ont baissé de moitié par rapport à l'année passée. Et dans le même temps, les promesses d'investissement sont passées à 550 milliards de dollars aux États-Unis. Et les investissements en Chine sont, de ces dix dernières années, de 330 milliards. Donc on prend vraiment du retard au niveau de la pharmacie, et ça risque de poser un problème à jour dans l'approvisionnement des médicaments pour le français.
Avec un risque à nouveau, puisqu'on y est déjà un peu de pénurie de médicaments du coup ?
Avec un risque majeur de pénurie de médicaments, d'autant que si c'est la Chine ou les États-Unis qui produisent ces médicaments innovants, ils seront d'autant plus chers.
C'est un débat aussi qu'on avait eu pendant le Covid, et qu'Emmanuel Macron avait un peu pris à bras-le-corps pendant le Covid de ramener sur le sol français et européen la production de médicaments. Ça a un peu marché quand même ou pas ?
Oui, pour certains types de produits, ça a en effet marché. Mais ce n'est pas le sujet. Le sujet, ce qui marche, c'est bien, mais ce sont quand même des produits matures, l'essentiel. Ce qu'il faut maintenant, c'est favoriser l'installation des grosses firmes, évidemment. Celles qui ont les moyens pour qu'elles puissent produire sur le territoire national des médicaments innovants. Les luttes contre le cancer, les luttes contre certaines maladies neurodégénératives, etc. C'est ça le sujet essentiel. L'installation d'entreprises qui fabriquent du paracétamol, pour ne pas le citer, c'est fait. Mais maintenant, il faut aller au-delà.
Et pour aller au-delà, il ne faut pas dire en permanence du mal de laboratoires pharmaceutiques, qui n'ont certainement pas toutes les qualités, c'est évident. Mais il faut aussi faire en sorte qu'ils puissent investir chez nous. Parce que nous, la France, toute seule, elle n'aura pas les moyens seuls d'investir.
– On va parler du budget de la Sécurité sociale avant de revenir sur la séance d'hier sur la suspension de la réforme des retraites. Ce soir, d'abord cet après-midi, les sénateurs vont voter sur ce budget de la Sécurité sociale. Et ce soir, vous allez vous réunir avec les députés pour tenter de trouver un accord sur ce budget de la Sécurité sociale. Il est possible le compromis ou pas ?
– On peut toujours discuter. Après, compromis, il y a des lignes rouges qui sont fixées par l'Assemblée nationale. Il y a des lignes rouges qui sont fixées par le Sénat. Et je ne pense pas que nous puissions nous retrouver sur ces lignes rouges. Donc non, je pense que la CMP devrait ne pas être conclusive. Moi, ce que je veux dire, c'est que par exemple, nous, ici au Sénat, il y a évidemment le refus de la suspension des retraites. On pourra en parler après. Et puis il y a aussi d'autres lignes rouges qui ont été mises en place. – Lesquelles ? – Pas de taxes, pas d'impôts nouveaux.
Et puis une ligne rouge que j'ai demandé, que l'on fixe, c'est le respect de la politique conventionnelle entre la Sécurité sociale et les professionnels de santé. Ce respect-là, quand on signe une convention, au mois de juin dernier, et que trois mois après, on ne la respecte pas, et il y a vraiment un problème majeur.
– Donc, peu de chances que ce soit conclusif ce soir.
– Très peu.
– Il y aura du coup une nouvelle navette. Est-ce qu'au bout, vous pensez qu'on aura un budget de la Sécurité sociale ? Est-ce que ça, c'est possible ?
– La Vème République permet beaucoup de choses. Donc je pense que oui, il y aura un budget de la Sécurité sociale.
– C'est bien entendu, c'est prévu de certains outils prévus par la Vème République.
– Oui, mais il en faut un, puisque ce n'est pas une loi de finances. Donc s'il n'y a pas de budget à la fin de l'année, il n'y aura pas de budget pour 2026. Et là, c'est véritablement la catastrophe. Donc il y aura obligatoirement un budget. Lequel, ce ne sera pas le budget du Sénat, c'est une évidence. Ce ne sera sûrement pas complètement le budget de l'Assemblée nationale non plus. Il faudrait bien que le Premier ministre trouve une solution. Alors il a renoncé au 49-3, donc il lui reste les ordonnances. Et puis il n'y a pas de loi spéciale. Il lui reste que les ordonnances.
– Mais est-ce qu'en deuxième lecture, le Sénat sera plus enclin au compromis ? Ou est-ce que vous resterez sur les mêmes lignes que jusqu'à maintenant, que jusqu'à aujourd'hui ?
– Mais pourquoi ce serait au Sénat de céder ? Pourquoi l'Assemblée nationale ne ferait pas non plus quelques pas vers nous ? Je pense que nous n'avons pas de tort sur beaucoup de sujets. Je ne sais pas si on rediscute après ou pas des retraites. Mais j'ai dit hier des choses intéressantes, en particulier sur tout ce qui avait été mis en place par Marisol Touraine, voté par les socialistes, sur lesquels on pourrait revenir. Donc ça, on verra après.
– On va en parler tout de suite de cette suspension de la réforme des retraites, puisque le Sénat poursuit jusqu'à aujourd'hui l'examen du budget, vote aujourd'hui. Mais hier, Steve, c'était le gros morceau politique, en tout cas, de ce texte, la suspension de la réforme des retraites.
– Oui, c'était, Auriane, le moment le plus attendu, peut-être, depuis le début de l'examen du budget de la Sécu la semaine dernière, pas parce qu'il y avait du suspense, je n'en avais pas, pour dire la vérité, Auriane, mais parce qu'il s'agit d'un point de vue de divergence politique cruciale entre la droite et la Macronie. Pendant les débats, l'ancien ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a ciblé le gouvernement Lecornu. Écoutez.
– L'abrogation, enfin la suspension de la réforme des retraites, c'est le tribut payé par le gouvernement à la gauche pour durer. Nous allons nous y opposer, nous allons nous y opposer parce que nous pensons que cette suspension est contraire aux intérêts des Français.
– Et les débats ont été très animés. – Oui, on rappelle l'équation. En échange d'une non-censure des socialistes, Sébastien Lecornu s'était engagé à suspendre la réforme des retraites d'Elisabeth Borne. En première lecture, les députés ont voté pour une mise en pause jusqu'au 1er janvier 2028. Hier, la majorité sénatoriale a dit non. Écoutez.
– Est-ce que raisonnablement, quand la gauche décide de mettre la retraite à 60 ans, l'espérance de vie était à 72 ans. Il fallait servir 12 ans de retraite. Aujourd'hui, l'espérance de vie à 60 ans est de 82 ans, bientôt 83. Est-ce qu'on peut raisonnablement servir plus de 20 ans de retraite ? Ça n'est pas sérieux pour les générations à venir.
– Pendant que l'Europe repousse l'âge de départ à la retraite, comme en Italie et en Espagne à 67 ans et au Danemark à 70 ans, la France ferait marche arrière, comme d'ailleurs dans beaucoup de domaines, pour revenir à 62 ans et demi.
– Dans le détail, le Sénat a donc supprimé la suspension de la réforme des retraites. En gros, il a rétabli la réforme borne. Résultat du scrutin, 190 voix pour, 108 voix contre. Tout au long du débat, la gauche a tiré à boulet rouge sur la droite. Écoutez.
– Cette réforme des retraites, la façon dont elle a été menée, personne n'en est satisfait. Et même vous, qui la portiez, vous ne pouvez pas être satisfait de la façon dont ça s'est passé.
– Vous assumez donc pleinement de voler des années de vie à 3,5 millions de Français. Car c'est de cela qu'il s'agit. Des années de repos méritées après une vie de travail, c'est injuste, c'est inacceptable.
– En votant pour le retour de la réforme des retraites, Alain Mélon, vous prenez des années de vie aux Français. Qu'est-ce que vous répondez à ça ? Qu'est-ce que vous répondez à Patrick Cannaire ?
– Je lui ai répondu en séance. Je trouve qu'il est allé un peu loin quand même. J'ai un peu de temps, parce qu'en fait, ce qu'a dit M. Henault, en 1983, lorsque la retraite a été mise à 60 ans, il y avait 4 actifs pour un retraité, et l'espérance de vie était vraiment à 73 ans. Et en plus, à l'époque, quand même, les métiers étaient autrement plus compliqués à exercer qu'actuellement. Aujourd'hui, il y a 1,7 actif pour un retraité, et l'espérance de vie est à 83 ans, quand on a atteint l'âge de 60 ans, comme d'ailleurs en 1983. Ça, c'est le premier point qui me semble important. Donc, 20 ans de retraite, ça fait quand même beaucoup, financé surtout par 1,7 actif pour un retraité.
C'est le premier point.
– Ça fait beaucoup pour le système par répartition. – Oui, bien sûr. – Pour sauvegarder un système par répartition viable.
– Non, si le système marchait, s'il y avait de quoi, c'est sûr que c'est à prendre. Mais bon, ça ne peut pas être le cas, et on va aller très vite vers des déficits considérables du système, et probablement, on va dans le mur. On va droit dans le mur si c'est comme ça. Mais moi, je voulais ajouter une chose. J'ai trouvé, d'abord, M. Caner a eu un langage un peu dur avec des métiers qui, dans les années 80 existaient, se sont nettement améliorés au point de vue de la pratique maintenant.
Mais il est allé loin aussi, parce que dire qu'on vole des années de vie à nos concitoyens, je pense, moi, que les années de vie, elles sont d'autant plus intéressantes que l'on peut travailler des métiers intéressants. Évidemment, il y a certains métiers pénibles pour lesquels il faut arrêter plus tôt. On avait aussi, au Sénat, ça a été retoqué par le Conseil constitutionnel, parce que c'était une loi de finances, mais on avait aussi remis tous les critères de pénibilité de la loi Elm Khomri, c'est-à-dire une loi qui avait été votée par les socialistes du temps de M. Hollande.
On avait remis la pénibilité, on avait remis les femmes, on avait remis les carrières longues, tout ça a été retoqué parce que c'était une loi de finances. Mais nous, on avait fait ça.
Non, mais parce qu'on connaît les divergences entre la droite et la gauche sur la réforme des retraites, sur le fond. Mais là, et c'est ce que vous dit d'ailleurs Yannick Jadot, il dit qu'on aurait pu suspendre cette réforme des retraites, il dit ça au Sénateur de droite, et ensuite voir pour la présidentielle 2027, vous, 65 ans, 67 ans, on connaît un peu les positions de la droite.
L'addition pour 2025, c'est 300-400 millions d'euros, l'addition pour 2026, c'est 1,7 milliard, etc. Et il faut sauver le régime.
Est-ce que l'addition d'une absence de budget n'est pas encore plus élevée que l'addition de la suspension de la réforme des retraites ?
Il n'y aura pas d'absence de budget, il y aura un budget de toute façon. Moi, je voudrais revenir sur l'âge limite, 63-64 ans. Actuellement, avec la réforme de Marisol Touraine, votée par M. Cannaire alors qu'il était ministre dans le même gouvernement que Mme Touraine, le nombre d'annuités, c'est 43 ans. 43 ans, ça fait que pratiquement l'ensemble de nos concitoyens partaient à la retraite à 63 ans et 8 mois. Donc, 63 ans et 8 mois. On ne rajoute que 4 mois par rapport à 63 ans et 8 mois. Ça, les gens ne le savent pas. Alors, évidemment, M. Cannaire a dit à un moment donné que la retraite était à 62 ans.
C'est vrai qu'elle était à 62 ans, mais quand vous partiez à 62 ans à la retraite sans avoir fait vos 43 ans d'annuités, vous partiez avec une décote considérable. Et donc, la plupart de nos concitoyens ne partaient pas à 62 ans, faisaient leurs 43 ans d'annuités et partaient à 63 ans et 8 mois. Donc, il n'y a que 4 mois de différence.
Mais est-ce qu'il ne faut pas revoir le système et, par exemple, ne plus faire de l'âge un critère et ne tenir compte que des annuités ? Est-ce que ça, ce ne serait pas une solution ?
Ça a été envisagé. Ça peut être une solution. Il faut regarder ce que ça donne financièrement parlant. Mais tout à fait. D'ailleurs, on l'a fait pour la pénibilité, on l'a fait pour la carrière longue, au Sénat, tout au moins. Mais je pense aussi qu'il va falloir mettre en place une réflexion plus importante sur le système par répartition. C'est évident que quand on n'a plus que 1,7 actif pour un retraité, le système par répartition n'est plus viable très longtemps. Alors, il y a d'autres systèmes. Le président de la République, dans sa première mandature, avait proposé un euro cotisé, etc., pour tout le monde.
Un système par point ? Que Gabriel Attal veut remettre sur la table ?
Que Gabriel Attal remet, mais que d'autres probablement remettront sur la table. C'est un autre sujet. C'est le sujet des présidentielles.
Y compris les LR ? Pardon ? Y compris les LR ?
Pourquoi pas ? Ça, je ne sais pas. Moi, je participerai sûrement à l'élaboration du programme. Donc, j'essaie de réduire mon influence.
Mais vous, vous dites qu'il faut passer à un système par point ? C'est quelque chose que vous allez défendre ?
Il faut passer à un autre système que le système de répartition. J'avais proposé, aussi pendant le débat sur les retraites, d'autoriser les caisses de retraite complémentaires à utiliser le système par capitalisation. Les fonds de pension, moi, je suis au regret de vous dire, on a actuellement, dans le domaine de la santé, c'est le seul que je connaisse bien, des groupes financiers par fonds de pension étrangers, essentiellement australiens et suédois, qui, actuellement, s'investissent dans les cliniques privées, s'investissent dans les centres de santé.
Et j'avais, moi, rencontré, il y a quelques temps en arrière, le président du MEDEF suédois, à qui on expliquait la sécurité sociale française, et qui, en partant, me dit, je dois vous remercier, monsieur le président, à l'époque, j'étais président de la commission, parce que l'assurance maladie française, finance les retraites des Suédois.
Alors, pourquoi ne pas mettre en place un système de capitalisation pour les fonds de pension, pour les caisses de retraite complémentaires, fonds de pension qui seraient garantis par l'État, avec obligation pour ces fonds de pension d'investir, essentiellement, dans la santé, dans l'armée, dans l'armement, puisque, actuellement, on a quand même un gros problème de ce côté-là. Et, je termine, certains fonds de pension ont quand même des réserves considérables, 30 milliards, par exemple, pour un certain type de fonds de pension dans le terrain de la Russie.
Pourquoi ne pas les mettre sur la table et permettre, finalement, comme on a des déficits un peu partout, de réduire ces déficits, et, enfin, que les Français puissent aller dans un système purement français.
– Un dernier mot, juste, sur cette réforme des retraites. On a très bien compris vos positions hier, les positions de la droite sénatoriale, vous les avez réaffirmées. Est-ce que, dans la suite du processus, vous pourriez un peu les assouplir pour trouver un compromis ? Ou, sur la réforme des retraites, vous ne bougerez pas une virgule de ce que vous avez affirmé ?
– Il y a deux lignes rouges. Celle-là, et puis, ce que je vous ai dit tout à l'heure… – Donc, là-dessus, vous ne toucherez à rien. – Non. Et puis, la long dame, aussi.
– Et on va en parler. Mais, Justivière, il était également aussi question du gel des pensions.
– Oui, le gel qui consiste à ne pas augmenter les pensions et les prestations sociales l'année prochaine, même si l'inflation progresse. Ça se traduit, ça se traduit par une baisse du pouvoir d'achat pour ceux qui bénéficient de ces prestations. La majorité sénatoriale a donc voté pour ce gel, sauf pour les retraites inférieures à 1 400 euros bruts et pour les adultes handicapés. Là encore, la gauche est montée au créneau. Écoutez.
– Est-ce que vous considérez que 10 millions de pauvres, ça ne suffit pas ? Est-ce que vous, quand vous vous baladez dans vos départements, vous ne constatez pas, vous aussi, que les fils de l'aide alimentaire sont de plus en plus longues et qu'on a de plus en plus de gens qui tombent dans la pauvreté du fait des décisions qui ont été prises depuis maintenant des années ?
– Monsieur le sénateur, vous vous attaquez aux plus fragiles ? C'est ce que dit la gauche qui vous a attaqué beaucoup là-dessus.
– La gauche, encore une fois, ne joue pas le jeu. De 2014 à 2016, il n'y a eu aucune indexation des retraites et ce n'était pas la droite qui était au pouvoir. C'était M. Cannaire et ses amis politiques. Donc, qu'il y ait un moment une stabilité des pensions, c'est raisonnable pour, encore une fois, l'ensemble du régime. En 2024, les pensions ont été augmentées de 5 %, 5,5 %. L'addition de cette augmentation, c'est 14 milliards. En 2026, les pensions ont été augmentées de 2 %, ça a entraîné une augmentation des pensions de près de 7 milliards. On ne peut pas continuer comme ça sauf à mettre, encore une fois, le régime en danger.
Alors, évidemment, ce que vous avez dit n'est pas tout à fait exact. On a voté une stabilité des pensions au-dessus de 1 400 euros et puis la hache n'est pas dans le lot. Mais s'il y a une inflation considérable, il y a évidemment un système de surveillance de tout cela qui permettrait de réajuster au cas où. Si on a une inflation qui est inférieure ou égale à 1 %, honnêtement, ça ne se verra pas beaucoup sauf pour les petites pensions, bien sûr, et qu'on ne fasse pas dire ce que je n'ai pas dit. Mais on a besoin pour l'instant de stabiliser le système, en particulier dans le système de répartition. Il est en danger où on l'arrête.
Donc tout le monde doit faire des efforts, c'est ce que vous dites.
Tout le monde. Et ça, je dis bien tout le monde parce que aussi la gauche ne dit qu'on ne demande des efforts qu'aux pauvres et pas aux riches. C'est faux.
On va parler de la situation de l'hôpital. C'est l'actualité dans votre département. Et pour ça, on va retrouver Léo Pturguet. Et pas que. On va retrouver Léo Pturguet, président et directeur éditorial de la Marseillaise. Bonjour Léo. Merci beaucoup d'être avec nous. Bonjour. Vous vouliez revenir avec Alain Bidon sur la situation de l'hôpital public dans le département du Vaucluse.
Oui, bien sûr. Effectivement, il n'y a pas qu'en Vaucluse que l'hôpital public est en souffrance. Mais en Vaucluse, il l'est tout particulièrement. On pense aux urgences de Carpentras, on pense à la fermeture d'un bloc chirurgical à l'hôpital d'Apte. Et tout ça pose à nouveau la question des moyens. Monsieur Milon, vous venez de dire que vous demandez des contributions aux riches. Est-ce que la question pour le financement de la santé ne serait pas de mettre à contribution les revenus financiers ?
La situation des hôpitaux en général, il n'y a pas que Carpentras et Apte qui sont en difficulté. En plus, à Carpentras, ça n'est que la fermeture des urgences allongées et sur une période de la nuit en période de nuit profonde, pas autrement. Et les urgences debout, elles sont toujours prises même en période de nuit profonde. Ça, c'est quand même... Il faut rétablir la chose. Pour Apte, c'est un autre sujet. En ce qui concerne Apte, il y a actuellement des procès qui sont en cours. La justice a été saisie, donc je n'interviendrai pas sur le sujet.
Pour ce qui est de la situation des hôpitaux, évidemment qu'il faut augmenter l'ondame hospitalier pour permettre aux hôpitaux, un, d'avoir le personnel nécessaire, deux, de pouvoir investir dans les matériels récents, IRM et autres.
Que veut le gouvernement qui prévoit plus de moyens pour l'hôpital ?
Le gouvernement a mis 850 millions de plus. Les déficits des hôpitaux, c'est 3 milliards. Donc il y a quand même beaucoup encore à faire avant d'arriver à ce qu'on ait une situation acceptable. La difficulté, c'est évidemment le financement, et là vous avez raison, mais la difficulté aussi, c'est le manque de personnel formé, compétent. Dans les infirmières, ça va à peu près, mais au niveau médical, pendant des années, on a eu quand même, et tout le monde le sait, un numerus clausus qui bloquait les étudiants, qui bloquait la formation des docteurs en médecine. On était arrivé, il y a une dizaine d'années derrière, à 7500 médecins formés pour 10 à 12 000 médecins qui partaient en retraite.
Et donc, avec Mme Buzyn, à l'époque, il a été décidé la suppression de ce numerus clausus. Donc maintenant, on est à 13 500 médecins en formation qui n'arriveront sur le terrain que 10 ans après. C'était en 2022. Donc ils arriveront sur le terrain en 2032. Et puis, il y a eu d'autres réformes, en particulier la réforme de Philippe Bouillet et puis des amendements qui ont été mis en place, en particulier sur la quatrième année de médecine à faire dans les cabinets médicaux libéraux. Et cette quatrième année de médecine et ces médecins-là vont sortir en novembre 2026.
Alors pour l'instant, la situation est compliquée et il y a une concurrence terrible entre l'hôpital public et les cliniques privées, les fameux fonds de pension. Et évidemment, les cliniques privées payant beaucoup mieux le personnel médical que l'hôpital, pour l'instant, que l'hôpital public, les médecins, les professionnels de santé partent plus facilement dans le privé que dans le public. Donc tout ça, c'est en train de se résoudre progressivement et j'entends bien ce que vous dites. D'ailleurs, on en avait discuté ensemble à Sorgue à une certaine époque. Il n'y a pas si longtemps, il y a deux ou trois mois en arrière.
Absolument.
Où on avait fait une réunion avec le Parti communiste et moi en présent. Donc ce n'était pas si évident que ça, surtout à Sorgue. C'était un vrai débat. C'était un vrai débat et on avait trouvé pas mal de terrains communs d'ailleurs à l'époque. Donc la situation, c'est celle-là. Il n'y a pas de solution miracle tout le temps qu'on n'aura pas formé le personnel suffisant. Ce qui est dommage, c'est que pendant des années, on n'a pas formé suffisamment de médecins. Maintenant, je ne vais pas être méchant avec la mandature précédente, mais je me souviens d'une ministre qui disait qu'il n'y a jamais eu autant de médecins sur les territoires français qu'en ce moment.
– Merci, merci Léo. Merci d'avoir été avec nous, Léo, à la une de la Marseilla. C'est un autre sujet, c'est Jean Provenceau qui refuse de faire la guerre. C'est à la une de votre journal. Un dernier mot, Alain Milon, parce qu'à l'issue des débats, on devrait avoir un déficit de la sécurité sociale entre 15 et 20 milliards, selon ce qui sort du texte, et d'un éventuel compromis. Est-ce qu'il faut revoir notre modèle social ?
– Oui. – De quelle manière, du coup ? – Oui. Tout ce qui est branche famille, branche ATMP, branche retraite ou branche autonomie, ça doit rester dans le domaine des cotisations. Mais est-ce qu'il est normal que 30% des Françaises et Français, dont vous faites partie, cotisent actuellement pour permettre le soin le mieux possible, le meilleur possible à 100% des Français ? Donc là, il y a un vrai problème au niveau de la santé, puisqu'on a des déficits considérables. L'essentiel des déficits de la sécurité sociale, c'est le déficit de santé, en plus.
Donc, il faut revoir le système de financement, non pas de la sécurité sociale, mais le système de financement de la branche maladie de la sécurité sociale.
– De quelle manière, du coup ?
– C'est une réflexion à mettre en place aussi, parce que, bien évidemment, les cotisations, ça rapporte pas mal d'argent, mais il y a les taxations, il y a les impôts, il y a peut-être d'autres systèmes de financement. Si on rentre là-dedans, on va me dire que je suis en train de mettre en place un programme présidentiel, alors que pour l'instant, je ne suis pas autorisé à le faire.
– Merci Alain Milon, on attendra du coup que vous écriviez le programme présidentiel DLR. Merci beaucoup d'avoir été notre invité.
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Alain Milon