Nucléaire en Arctique : le 3e champ de bataille ?|LCI
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Même si Poutine, c'est ce que dit le ministre de la défense norvégienne d'ailleurs, même s'il subit de fortes pertes sur le front, sa flotte du nord de cet extrême nord serait intacte et même voir en cours de développement. Dans les chiffres qu'on a pu là compulser, on voit que cette flotte, elle compte au moins 16 sous-marins à propulsion nucléaire, un type de missile hypersonique qui appelé le le circon. C'est ça, qui peut voyager à h fois la vitesse du son.
Oui, cette flotte du nord, c'est ce qu'il nous faut redouter aujourd'hui. Alors oui, bien évidemment pour très simple en fait la la flotte du nord donne à la Russie la capacité de la frappe en second très concrètement d'accepter une frappe nucléaire quelle qu'elle soit américaine par exemple et de répliquer il y a que les sous-marins nucléaires. Tout ce qui est à terre en fait peut être détruit instantanément grâce à la vision que qu'ont les Américains potentielles de de de tous les sites de lancement.
Donc en fait la capacité des Russes à avoir de nombreux sous-marins nucléaires, quel que soi avec le les missiles qu'ils ont, ils en ont toute une série, ils ont toute la panoplie, ça c'est pas le problème. Mais le fait qu'ils puissent se retirer une deuxième fois, qu'ils aient en grand nombre leur permet encore une fois de de ne pas craindre éventuellement une première attaque. Mais encore une fois, ce que je veux dire, c'est que l'armement nucléaire, c'est pas une arme d'emploi.
Là, on raisonne comme si c'était une arme normale et cetera mais pas du tout. C'est une arme strictement politique. C'est qu'en fait Poutine envoie un message politique.
C'est la réponse en fait à à C'est la réponse à Trump. Trump, c'est l'histoire du dô d'or et cetera. Tout ça perturbe.
Donc aujourd'hui, on est dans une espèce de on montre ses muscles et vous allez voir que dans les semaines qui viennent, dans les mois qui viennent, ça permet à Poutine quoi ? Ça permet à Poutine de rétablir une espèce de relation bilatérale de chef à chef entre grandes nations et à partir de là ils vont renégocier vrai en 2026 les accords futurs. J'entends j'entends vraiment et je veux pas être dans la dramatisation mais je pose toutes les questions.
Mais le ministre de la défense norvégienne il dit dans ses mêmes propos que il craint en gros que l'article devienne un nouveau champ de bataille un troisème champ de bataille Russie-Ukraine et l'article. On a notre chef d'état-major, c'est ça des armées, qui dit il y a quelques jours, l'armée française doit être prête à un choc dans 3 4 ans. Donc c'est ces déclaration là nous donne l'impression que quelque chose qu'on n'est pas dans le déclaratoire ou dans le déclaratif ou dans seulement dans la dissuasion mais quelque chose de concret qui nous attendrait.
Alors c'est pas seulement l'article. L'article c'est les distances parce qu'en fait la distance qu'il y a entre la Russie Cola par exemple et les États-Unis, l'Alaska, le Canada et cetera en gros 10000 km, je rentre pas dans les détails. Donc toute toute la misscillerie je dirais stratégique aujourd'hui russe est capable d'utiliser sur les États-Unis à partir de de l'argent de Cola.
Ça c'est le premier point. Le deuxième point encore une fois, moi je crois qu'il faut pas partir si vous voulez, faut pas aller aller trop vite. Encore une fois, on découvre que les Russes ont comment dire ont développé ont développé de façon extrêmement intensive.
Ils ont investi énormément si vous voulez dans la partie missile. Ils sont ils sont extrêmement qualifiés alors qu'aujourd'hui les Américains sont moins bons. Qu'est-ce qui reste aux Américains ? il reste minutman qui est un missile qui date de centre d'années.
Donc il y a un décalage et ce décalage est perturbant et ça c'est une carte maîtresse de Poutine. Poutine va jouer cette carte maîtresse et dans les discussions dans les tensions qu'il y a autour de la guerre en Ukraine aujourd'hui on voit bien que Poutine il dit "Écoutez ne bougez pas un cile parce que moi je laissez-moi faire sur l'Ukraine et à partir de là si vous bougez un Sile je peux éventuellement vous vous menacer." Les Américains ne sont pas capables aujourd'hui encore une fois de résister à une attaque à une attaque russe bien évidemment mais je reviens sur les mots.
L'article nouveau champ de bataille potentiel. En tout cas, il faut tout faire pour s'en pour s'en prémunir. Ça devient concret.
Oui, c'est normal. une part de logique, c'est un discours, une déclaration préventives et elles sont elles sont légitimes en soi. Euh mais en même temps effectivement, je pense que la portée euh pour le coup à la fois des mouvements que vous avez évoqué et de la communication des Russes autour du super missile, la portée est d'abord et avant tout politique.
Il s'agit à la fois d'affirmer le statut exceptionnel de la Russie comme première grande puissance nucléaire au monde. si on prend en considération le les stock de missile nucléaire à sa disposition et de l'autre sa capacité alors pas forcément dans la pratique mais en tout cas à neutraliser les velléités occidentales d'interventionnisme dans le conflit ukrainien. Et là, pour le coup, on retrouve un schéma communicationnel qui qui est présent depuis le début de la guerre en Ukraine.
Vous auriez vous aurez remarquer comment rapidement Vladimir Poutine a mobilisé le champ lexical autour du nucléaire, qu'il soit civil d'ailleurs ou militaire. Rappelez-vous les batailles autour pratiquement à l'intérieur de certaines centrales nucléaires ukrainiennes prises par les forces russes ou défendu par des forces ukrainiennes. Il y a eu un moment de tension tout à fait légitime là aussi.
Mais euh pour le coup, les Russes savaient ce qu'ils faisaient. C une manière peut-être que le ministre de la défense, il est aussi dans un jeu de communication et et politique de de réveil des consciences. Mais au-delà des mots, lui dit que tout ça peut devenir très concret.
Clairecambier par exemple, le ministre de la défense norvégienne, il dit que là on est sur une zone de ravitaillement militaire très concrète et il dit que Poutine veut priver concrètement ses alliés de ravitaillement, d'aide, de soutien dans la zone transatlantique, contrôler la zone pas seulement pour le pouvoir mais parce que dans les faits, il veut pouvoir stopper nos nos capacités, nos ressources. Il alerte he contre une potentielle rivalité avec l'OTAN. Mais comme vous l'indiquiez, je pense que ce qui est intéressant aussi avec cette zone, c'est qu'on est au bord de l'article et l'article, il faut se préparer avoir des des affrontements dans cette zone parce qu'avec le réchauffement climatique, il va y avoir des routes marchandes qui vont s'ouvrir et il n'y a pas que la Russie qui se positionne très très sérieusement sur cette zone.
Il y a aussi les États-Unis avec vous vous souvenez de de Trump qui voulait annexer le Groenland, le Groenland où il y a par exemple 10 % des ressources en eau de la planète. Ce n'est pas rien. Il y a aussi des hydrocarbures, il y a aussi des minerais en Artique.
Et il y a évidemment les Chinois qui se positionnent actuellement sur cette zone avec les fameuses routes de la soie polaire qu'ils veulent mettre en place. Donc que ce soit une zone d'arriévalité, ça je l'entends complètement. qu'il y ait ici la rivalité avec l'OTAN.
Je pense que là le ministre de de la défense norvégien euh demande évidemment à se préparer à ce que les différents États européens puissent être à niveau parce que pour le moment au niveau défense l'Europe n'y est pas. Bruno Combi, je viens vers vous dans un tout petit instant. Je voulais juste rester sur cette question avec le le colonel.
La fonte des calotes glacières va aggraver la situation. Bien évidemment, vous les bateaux comment dire peuvent quasiment transiter quasiment 6 mois de l'année maintenant c'est incroyable. Maintenant il y a un point qui est très important pourquoi il y mon en pression dans Vercola et la mer de Barens parce que c'est l'effet miroir par rapport à la mer Baltique.
La mer Baltique c'est une mer otanienne. On voit bien que c'est le c'est le contrepoids immédiat que Poutine met en place pour contrebalancer ses forces. Je dire c'est logique, c'est la stratégie.
Donc c'est logique, il va pas se laisser coincer et dans le nord et dans le sud. Donc là il prend un temps d'avance. Aujourd'hui, ces Américains les occidentaux, les Norvégiens qui disent "Bah très concrètement, on a un problème parce que aujourd'hui les Russes montent en puissance dans le nord." Alors, Bonocombi, je reviens vers vous.
Quand on met en bas de l'écran nucléaire en article 3e champ de bataille, on est dans la dans un excès de dramatisation. D'abord, c'est pas complètement nouveau. Artique a toujours eu un fort enjeu stratégique pendant la guerre froide en particulier.
Il y avait déjà de nombreux missiles. Il y avait déjà les bases de sous-marin nucléaires lanceur d'engin puis les bases de sous-marin nucléaire d'attaque. Donc c'est pas nouveau et ça fait plusieurs décennies que les Russes y exploitent des brises glaces pour pouvoir faire avoir une route commerciale qui part qui passe au nord.
Mais euh c'est vrai que avec euh les enjeux euh stratégiques internationaux dont on voit qu'il y a de plus en plus d'enjeux tendus avec des tensions des zones de conflit et bien cette zone devient aussi de plus en plus conflictuelle et de plus en plus stratégique. Et pour le commerce de la Chine, la route du nord est aussi importante. Par exemple, c'est plus court pour beaucoup de destinations que de passer de faire le tour par le sud de l'Afrique.
Et donc cette zone est en train de se développer à la fois sur le plan des ressources qu'elle peut euh apporter, sur le plan euh comme route commerciale stratégique et puis il y a l'aspect militaire bien sûr avec cet armement. cet armement qui augmente. On a eu une période d'augmentation avec la guerre froide du nombre de têtes nucléaires, du nombre de lanceur puis une période de réduction parce que la guerre froide était un peu moins pregnante.
Et donc on a aujourd'hui une sorte de réveil des tensions qui fait que de nouveau cette zone devient d'autant plus tendue et stratégique. Mais sommes-nous sommes-nous inertes ? Est-ce qu'on est-ce qu'on est est-ce qu'on est passif ?
Est-ce qu'on se est-ce qu'on se laisse faire ? J'ai vu qu'il y avait eu un lancement des sénévales allemands et de torpill de missile dans dans la région par exemple. On se remue un peu en concrètement parlant, on montre qu'on qu'on est là, qu'on a conscience de la situation.
Moi, je je perçois dans les notamment dans les prises de position euh des pays scandinaves qui sont quand même au premier sur le front, si j'ose dire. Euh une manière aussi de mobiliser euh des États-Unis présidés par un Donald Trump qui est quand même dans une relation pour le moins équivoque vis-à-vis de l'OTAN. Il y a aussi cette donnée qui est très importante que l'OTAN concrètement dépend de la puissance États-unienne.
Donc si Donald Trump n'est pas conscient notamment de de ce type de discours et de ce type de menace, le temps restera impuissant. Donc il faut mobiliser non pas les Européens d'abord et avant tout, mais je pense d'abord et avant tout la Maison Blanche. Et là il y a un vrai enjeu politique et de communication.
Et c'est en cela aussi que je trouve ces prises de position importantes. C'est une manière de rappeler les États-Unis à leur responsabilité de leadership au sein de l'OTAN. Mais colonel, est-ce que concrètement on se protège ces derniers temps ?
Est-ce qu'on protège bien suffisamment cette cette zone là ? On parle effectivement beaucoup nous de la Baltique. Cette zone là c'est un peu un angle mort pardon dans nos débats.
Est-ce qu'on est-ce qu'on est très présent ? Le même ministre norvégien assure que c'est potentiellement même la surveillance la plus importante de l'OTAN qui est en réalité concentrée sur ces D. Alors c'est normal, le Norvégien il est concerné colas c'est sa frontière donc il est quasiment à côté.
Donc là pour le coup il sonne il sonne la saline de la R. Oui mais il raconte des craqus pardon quand il dit que c'est la surveillance de l'OTAN potentiellement la plus importante aujourd'hui britannique et américain. Lorsqu'on a une vision du monde par le nord qu'est-ce qu'on voit ?
On voit le Groenland, on voit au sud le Canada, l'Alaska et puis évidemment enfin les États-Unis et le Groenland. Et de l'autre côté qu'est-ce qu'on voit ? les États-Unis et les la Russie et la Chine.
Donc Benaville, c'est une zone de confrontation d'autant que le Grenland fondant, c'est une zone de transfert, une zone de transit. Donc bien évidemment, ça va se développer. Maintenant, je rejoins totalement.
Aujourd'hui, les Européens, ils jouent leur leur rôle, leur jeu dans leur dans leur dans leur dans leur mer d'approche. L'Atlantique, la Méditerranée, accessoirement le l'inopacifique comme on dit. Il y a que les Américains aujourd'hui qui sont très concrètement présents.
Maintenant, qu'est-ce qu' qu'est-ce qui est très intéressant ? La géographie commande, on voit très bien que Poutine, il joue une carte maîtresse là. C'est quoi ?
C'est la relation qu'il a avec la Chine. Parce que dès lors qu'il a une relation qui il bétonne, comment dire, il va bétonner le flanc est de la Chine. On voit bien quand vous regardez une carte.
Donc bien évidemment pour les pour les Américains, c'est très compliqué à gérer parce que vous avez deux superpuissances nucléaires face à eux. Alors encore une fois, ils vont C'est pour ça que rappelez-vous le premier discours de Trump en janvier 2020 2025, c'était quoi ? Il a parlé du Canada le premier parce que le Canada l'intéresse directement.
Alors bien sûr, il a une vision qui est tellement particulière, mais n'empêche que le Canada c'est sa frontière qu'il a avec le Groenland et avec la Russie. Donc très concrètement là, il y a une carte qui va se jouer et Poutine la joue. Il la joue politiquement avec les Chinois, il la joue stratégiquement avec son normement nucléaire et sa marine.
Bon combiis, selon vous comment on doit réagir dans cette zone là ? Ben disons que l'Europe s'était peut-être un petit peu endormi depuis quelques décennies sur ce sujet. On avait beaucoup de pacifistes en Allemagne, la Norvège, la Suède, la Finlande.
La Finlande qui a beaucoup souffert pendant la deuxème guerre mondiale avec l'invasion des Russes et donc ils ont ce souvenir encore cuisant. Ça allait mieux avec la détente, la fin de la guerre froide et maintenant voilà que les tensions reviennent. Donc on comprend bien que nos amis Suédois, finlandais, des Pays-Baltes et les Norvégiens sont inquiets parce que ce sont eux qui sont au première loge dans ce cas et il voi se développer à leur porte un arsenal à la fois classique et nucléaire, à la fois maritime et terrestre et des rampes de missiles qui sont juste de l'autre côté de la frontière qui les menace directement.
Donc c'est normal qu'il soit inquiet et l'Europe dans ce cadre doit se ressaisir de manière à se réarmer après avoir été peut-être un petit peu plus naïf ou en tout cas relâché pendant un certain temps. Merci beaucoup pour nos conv d'avoir été avec
Jean-Pierre Bataille