Gouvernement Lecornu : la motion de censure déposée par LFI "sera signée largement par toute la gauche", prédit l'eurodéputée Manon Aubry
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Bonjour Manon Aubry, on va évoquer dans quelques minutes l'espoir peut-être que les otages détenus par le Hamas à Gaza soient libérés, l'espoir aussi que les combats cessent, on va entendre votre regard. Avant cela, l'actualité en France, c'est le gouvernement qui tarde toujours à être formé. On rappelle que Sébastien Lecornu doit faire sa déclaration de politique générale mardi. Est-ce que d'ores et déjà vous attendez quelque chose de cette nouvelle équipe ?
Qu'est-ce qu'il y a à attendre sérieusement ? On sait tous qu'il va y avoir un petit jeu de chaise musicale en gardant les principaux protagonistes que sont Gérald Darmanin, Bruno Rotaillot et je ne sais qui d'autre. Le cap est donné par Sébastien Lecornu lui-même. Il a dit que pour rentrer au gouvernement, ça suppose d'être en accord avec la perspective politique du socle commun. Dit autrement, la poursuite de la politique macroniste dont on voit les contours se dresser notamment autour du budget.
et j'ai envie de dire, ça commence à faire beaucoup de fois qu'on nous fait le coup en mode « cette fois-ci, on a compris la leçon, ça va changer, on nous a fait le coup avec Barnier, on nous a fait le coup avec Bayrou ».
Le changement de méthode, vous, vous n'y croyez pas ?
Mais le changement de méthode, on peut prendre un exemple, l'annonce de la fin du 49.3. On peut se dire sur le papier « chouette, un article avec lequel il passe en force régulièrement ». Sauf que la constitution de la Vème République offre de multiples opportunités au gouvernement pour passer en force, sans aller dans les détails à l'Assemblée nationale. Vous avez ce qu'on appelle des votes bloqués, des secondes délibérations, mais surtout sur la question du budget, si on s'arrête là. Pour moi, il y a deux hypothèses sur la non-utilisation du 49.3.
Soit les macronistes ont passé un deal avec le Rassemblement national en échange de deux vice-présidences à l'Assemblée nationale pour le Rassemblement national et en échange potentiellement d'un soutien au projet de loi CIOTI qui prévoit la fin de la mise en œuvre de peines d'exécution provisoires pour Marine Le Pen.
Ça, c'est un peu du complotisme.
Non, c'est une hypothèse. C'est une hypothèse, on le dit quand même. Vous avez entendu comme moi que la présidente de l'Assemblée nationale, il y a une robe privée, s'est dit pas fermée à l'idée de ce projet de loi CIOTI qui permettrait à Marine Le Pen concrètement de se représenter à l'élection présidentielle. Et puis, la deuxième hypothèse, et là, c'est en regardant la Constitution de près qu'on le voit, s'il n'y a pas d'accord sur le budget au bout de 70 jours de discussion budgétaire, le gouvernement peut procéder par ordonnance. C'est une forme de méga 49.3, c'est dans l'article 47 de la Constitution.
Et où est le problème, après tout, si les députés n'arrivent pas à se mettre d'accord ?
Ça ne vous pose pas un problème que le budget dans notre pays ne soit pas voté à l'Assemblée nationale ? C'est-à-dire nos représentants directs depuis maintenant trois ans, je crois.
En l'espèce, la possibilité serait donnée aux parlementaires de le voter, c'est s'il n'y arrive pas que le gouvernement reprend la main.
Il y a énormément de moyens de faire traîner les débats parlementaires, vous le savez comme moi. Le gouvernement en est spécialiste. Et décider d'un budget par ordonnance, ça veut dire que concrètement, vous n'avez pas plus de deux personnes, probablement Sébastien Lecornu avec Emmanuel Macron lui-même, qui vont décider de continuer de faire la poche aux Françaises et aux Français, parce que ce dont on parle concrètement, qui reste dans le budget. Je termine juste là-dessus, parce que ce n'est pas théorique. On nous a dit qu'il n'y a plus des deux jours fermés, mais tout le reste, il y est.
Il faut qu'on puisse vous poser des questions aussi, Manon Aubry.
Sur le budget, vous allez vous-même continuer de déposer beaucoup d'amendements, parce que justement, si vous déposez beaucoup d'amendements, si vous faites obstruction parlementaire, il y a un risque que ce budget soit adopté de manière autoritaire, sans débat, sans compromis à l'Assemblée nationale. On va continuer à défendre nos opinions.
Défendre ses opinions et faire de l'obstruction, ce n'est pas exactement la même chose. Je ne crois pas qu'on ait fait d'obstruction sur les derniers projets de loi parlementaire. La preuve est, l'an dernier, lors de l'exercice budgétaire, on a fait adopter un certain nombre de mesures progressistes. Je pense à la taxe Zuckmann. Et d'ailleurs, nous avions voté en première lecture le budget. Et c'est uniquement parce que le gouvernement n'était pas satisfait de ce budget qu'il est ensuite passé en force par 49.3. Donc, je ne vous donne pas de scoop. Oui, à l'Assemblée nationale, avec des amendements. Nous allons demander la suppression de l'année blanche.
Nous allons demander la suppression du doublement des franchises médicales qui fait que les médicaments vous coûtaient plus cher quand vous allez les acheter. Nous allons demander la suppression de l'ALD pour les personnes qui sont en arrêt maladie de longue durée.
L'affection longue durée. Il n'y a pas de suppression desALD. C'est une moins bonne prise en charge d'un certain nombre de soins qui ne sont pas liés à l'ALD.
Tout à fait. Il y a une moins bonne prise en charge. Donc, par un amendement, nous allons supprimer tous ces mauvais projets du gouvernement.
Et nous allons proposer d'aller chercher l'argent là où il est véritablement. Manon Aubry, on ne connaît pas tout de ce projet, de ce budget, mais on connaît certaines pistes. Quand Sébastien Lecornu évoque une baisse de l'impôt sur le revenu pour les personnes autour du SMIC, une mesure d'imposition sur les holdings, une possible hausse de la flat tax sur les placements, c'est très loin d'être ce que vous défendez. Mais quand même, ce n'est pas un tout petit premier geste ? Prenons, on l'est dans l'ordre.
Vous parlez suppression, baisse de l'impôt sur le revenu pour les couples qui sont au SMIC. Au-dessus du SMIC ? Juste au-dessus ? Dans un premier temps, ils ont appelé et ils ont corrigé depuis. Au niveau du SMIC, c'est bien la preuve qu'ils ne savent même pas comment fonctionne l'impôt sur le revenu puisque un couple au SMIC ne paye pas d'impôt sur le revenu en France. Vous avez d'ailleurs 50% de la population française qui ne paye pas d'impôt sur le revenu. Mais parlons de ce qui est précisément, de ce qui est au programme. C'est un rendement progressif. Donc vous voyez que ce sera très marginal. Pour le reste, la taxe sur les holdings, on n'a à ce jour absolument pas les contours.
Je pense que c'est une manière...
1,5 milliard d'euros en termes d'euros.
C'est ce que dit le parti socialiste.
On est très loin du rendement attendu de la taxe Zuckman qui est autour de 20 milliards d'euros.
Chiffre qui fait débat, on le rappelle.
Oui, enfin qui...
Certains évoquent 5, certains économistes évoquent 5.
Oui, et certains anticipent probablement des stratégies d'évasion fiscale sauf que ce dispositif vient avec un dispositif de lutte contre l'évasion fiscale qui s'appelle l'exit tax. Mais pour revenir à cette taxe sur les holdings, le principal problème, c'est qu'elle exonère les biens professionnels, ce qui videra l'assiette fiscale, donc le gâteau à taxer, de 90%.
Pour ne pas casser l'outil de production, pour ne pas nuire...
Je vais vous donner un seul exemple d'une entreprise qui s'appelle la Sonata Yachting Limited qui possède le yacht de Bernard Arnault qui s'appelle Symfony. Cette holding est située à Malte et ne paye donc pas d'impôt et la valeur de ce yacht est de 130 millions d'euros, donc rentrerait dans le cas de la taxe Zuckmann. Est-ce que vous pensez sérieusement que ce yacht est un outil et un bien professionnel de la part de Bernard Arnault ? Vous voyez, tout ça n'est qu'une manière de dévoyer l'impôt sur le revenu et l'impôt sur la fortune et on ne peut pas faire de justice fiscale en exonérant une partie...
Pardon, ce type de sujet sur cette taxe sur les holdings, peut-être justement que les insoumis pourraient, dans le débat, dire, regardez, en prenant l'exemple qui est le vôtre, dire, faisons un amendement pour que ça concerne aussi des biens qui sont visiblement aussi utilisés à titre privé, qui font partie de ces holdings.
Je vous confirme que s'il y a une taxe sur les holdings qui sera proposée à l'Assemblée Nationale, nous l'amenderons pour supprimer les trous dans la raquette.
Mais vous ne pouvez pas dire qu'une entreprise, la valeur d'une entreprise qui est possédée par quelqu'un doit être taxée simplement sur le fait de la valeur de cette entreprise ?
Écoutez, la valeur d'une entreprise, c'est ce qui vous permet derrière de dégager des rémunérations. Et vous le savez comme moi, le cœur du problème, c'est que les très riches...
Non, c'est la production d'une entreprise qui permet de dégager des rémunérations.
Les très riches, mais aussi la valeur d'une entreprise. Vous savez comme moi que les très riches, aujourd'hui, ne payent pas leur juste part d'impôt. Quand vous avez un taux moyen d'imposition pour les 0,1% les plus riches, qui est de 25%, et qu'il est de 50% pour le reste de la population française, c'est que les plus riches se servent de ces dispositifs autour de la valeur de leurs entreprises, qu'ils versent des dividendes à ces holdings, qui leur permettent d'échapper à l'impôt. C'est précisément ce qu'on est en train d'essayer de rétablir, c'est-à-dire de la justice fiscale.
Et j'observe quand même qu'il y a beaucoup de larmes de crocodiles qui sont versées sur ces pauvres 1 800 foyers fiscaux que l'on voudrait mettre à contribution. Mais quand il s'agit de faire une réforme de l'assurance chômage, une réforme des retraites, tout d'un coup, on n'entend pas les premiers qui sont concernés à longueur d'antenne. Alors oui, et pardon pour ces 1 800 foyers fiscaux qui seront un peu davantage mis à contribution. Quand il y a des réformes des retraites,
on entend à longueur d'antenne ce qui sont contre aussi. Mais vous le voyez comme moi,
il y a un peu une démesure. Le rendement de leur patrimoine à ces gens dont on parle, c'est entre 6 à 8% par an. Si l'on leur prend 2%, ils continueront à s'enrichir largement. Et quand bien même ils ne s'enrichisseraient pas, au bout d'un siècle, avec un 2% de taxation, on reviendrait à leur patrimoine de 2010.
Manon Brie, avant de rentrer dans le détail du budget, et pour ce faire, il faut que Sébastien Lecornu survive à la journée de mardi prochain, à sa déclaration de politique générale. La survie de son gouvernement passera en partie par la non-censure des socialistes. Vous qui les connaissez plutôt bien, vos amis socialistes, vous pensez qu'ils vont réussir à trouver un compromis ?
Vous savez, je pense que nos amis socialistes ont été assez naïfs de croire qu'il y avait quelque chose à tirer de ce gouvernement. J'espère qu'ils ont appris la leçon du gouvernement précédent.
Vous dites naïf, Jean-Luc Mélenchon parle des nigos de la gauche avec un accent circonflexe modéré.
C'est salé. Moi, je vous parle de naïveté confondante. Je crois que le fond du sujet, c'est le même. C'est le fait que le Parti Socialiste a donné sa chance au gouvernement Bayrou. C'est fait complètement enfumer avec le fameux conclave sur les retraites qui n'a donné absolument rien et en tout cas pas de remise en cause de la réforme des retraites et de la retraite à 64 ans. Et concrètement, le Parti Socialiste a refusé de censurer à six reprises et puis finalement, ils se sont dit, bon, c'est vrai qu'on se fait avoir, finalement, on censure le gouvernement Bayrou.
J'espère que cette fois-ci, ils ne vont pas être aussi naïfs et qu'ils vont censurer dès le début ce gouvernement qui n'a rien de démocratique, ce gouvernement qui va faire la poche des Françaises et des Français et ce gouvernement qui ne reprend aucune des propositions venues de la gauche.
Vous avez échangé avec eux à ce sujet. Olivier Faure dit dans Le Parisien ce matin qu'il se prépare, qu'on va tout droit vers la censure.
J'espère qu'ils vont censurer. Moi, je ne peux pas parler à leur place, mais je pense que la motion de censure qui sera déposée pour ce mardi, elle sera signée largement par toute la gauche et que la question qui sera posée est de savoir si le Rassemblement National sera de nouveau la vexine de Macron.
Qu'est-ce qui se passe ? Si ce n'est pas le cas, c'est la rupture. Vous allez mettre un candidat LFI contre Olivier Faure en Seine-et-Marne, un autre contre Boris Vallaud dans les Landes.
Écoutez, pour le moment, les élections législatives partielles qui y a eu lieu, nous avons pour notre part respecté systématiquement l'accord du Nouveau Front Populaire. J'observe en revanche que le Parti Socialiste et Place Publique ont déposé systématiquement des candidatures dissidentes. Je pense notamment à la législative partielle qui a lieu pour la circonscription des Français de l'étranger en Espagne et au Portugal. C'est la candidate insoumise qui est arrivée au second tour. Et j'observe que... La gauche très divisée, c'est la gauche qui perd.
Je le regrette puisque dans les autres circonscriptions, là où c'était des candidats socialistes, en ce qui nous concerne, nous n'avons pas proposé de candidatures dissidentes. Et j'observe même que le candidat de Place Publique et Place Publique, le parti de Raphaël Glucksmann, n'appelle pas à voter au second tour pour la candidate qui représente le Nouveau Front Populaire et fait un nini entre le candidat macroniste et le Nouveau Front Populaire. Oui, cela est un acte de rupture en ce qui nous concerne. On continuera à défendre ce projet du Nouveau Front Populaire qui, je crois, a créé beaucoup d'espoir dans le pays.
Mais est-ce que vous pouvez comprendre que votre posture d'opposition, d'intransigeance, elle nourrisse aussi en partie le rejet contre vous ? Il y a un sondage qui m'a interpellé cette semaine. Une majorité de Français, 58%, adhèrent à l'idée d'une union contre les candidats insoumis en cas de nouvelle dissolution. C'est 12 points de plus que pour le Rassemblement National. C'est la dernière enquête au Doxa pour le Figaro. Est-ce que vous prenez au sérieux ce risque de diabolisation, Manon Brie ?
Moi aussi, j'ai regardé de près ce sondage qui dit que c'est la fin du barrage républicain et notamment s'il y a un candidat insoumis. Sauf que dans la méthodologie de ce questionnaire, ils prennent en compte les électeurs du Rassemblement National. Donc tu m'étonnes si tu demandes aux électeurs du Rassemblement National est-ce que vous voulez un barrage républicain ?
Vous avez la certitude que les électeurs de gauche et peut-être de centre-gauche iront vers vous en cas de nécessité de barrage face à la droite ?
Vous avez raison que de plus en plus les lignes se brouillent entre la droite et l'extrême droite et on le voit au quotidien à l'Assemblée nationale. Je parle du centre-gauche et du centre-droite. Pour le reste, je pense que la gauche devra prendre ses responsabilités. Et nous, nous resterons fidèles à ce programme du Nouveau Front Populaire. Pourquoi ce programme leur poserait problème dans un an alors qu'il ne leur a pas posé problème ? Et pire, ou mieux peut-être, leur a permis d'être élu il y a un an.
Le 8.30 France Info, Adrien Beck, Camille Vigon-Lecouat.
Manon Aubry, euro-députée, la France Insoumise, vous êtes toujours sur France Info. On va parler du conflit, de la guerre entre Israël et Palestine. Les négociations sur l'accord de paix, sur la remise des otages israéliens continuent. Des négociateurs sont arrivés au Caire pour continuer à parler des détails du plan Trump. Est-ce que vous y croyez ?
J'aimerais y croire. Évidemment, on souhaite tous la paix dans la bande de Gaza. Pas plus tard que cette nuit, il y a encore eu plusieurs dizaines de civils qui ont été lâchement assassinés par le gouvernement de Benjamin Netanyahou.
Et la libération des otages ?
Bien sûr, et on espère la libération des otages le plus rapidement possible. Mais je vais vous dire, le fond de ma pensée, j'ai du mal à y croire. Peut-être qu'il y aura un cessez-le-feu de courte durée qui permettra, je l'espère, la libération des otages et de prisonniers palestiniens. mais je crains que ce soit un répit de courte durée. Parce que si vous regardez dans le détail les modalités de cet accord de paix, c'est plutôt un accord de capitulation designé dans les intérêts de Benjamin Netanyahou lui-même. Il n'y a pas de calendrier, par exemple, précis de départ de l'armée de l'occupation de la bande de Gaza. Il n'est d'ailleurs même pas question de la Cisjordanie.
La tutelle militaire... Il y a quand même
un calendrier, du moins, un arrêt de l'occupation progressive qui est évoqué...
Avec une zone tampon et une occupation qui sera en quelque sorte rendue permanente. Et à l'occupation militaire, vous ajoutez une forme d'occupation politique avec un pouvoir de tutelle qui n'est pas rendu aux Palestiniens dans une vision que je trouve assez néocoloniale d'un espèce de comité dirigé par Tony Blair.
En même temps...
À quel moment on va se poser la question que les Palestiniens décident de leur propre sort ?
Ce qui bloque aussi, c'est le fait que le Hamas, dans cet accord, est censé rendre les armes ou partir. En tout cas, les membres du Hamas. Semble-t-il, pour l'instant, ça n'est pas évoqué et ils n'ont pas dit s'ils souhaitaient le faire ou pas. Est-ce qu'il vous semble normal que le Hamas soit désormais désarmé ?
La question est de savoir comment vous créez un État palestinien. Et pour créer un État palestinien, il faut qu'ils puissent avoir un cadre démocratique. Donc, les Palestiniens choisissent leurs représentants. Ce n'est pas moi qui vais choisir pour eux. Et il faut qu'ils aient les capacités de se défendre. Parce que vous avez Israël, qui est un des États les plus militarisés au monde. Et vous refuserez à un État d'avoir un pouvoir de dissuasion.
Le pouvoir de dissuasion doit être donc détenu par le Hamas aujourd'hui ?
Il doit être détenu par le gouvernement légitime, qui sera élu dans la bande de Gaza. Jusqu'à preuve du contraire, il n'y a pas eu d'élection depuis des années. Les conditions de l'élection ne vont pas être élues immédiatement.
Vous n'avez pas répondu à ma question. Est-ce que le Hamas doit accepter d'être désarmé ?
Le Hamas doit tout faire pour essayer de trouver un accord de paix. Mais un accord de paix, ça veut d'abord dire que les combats s'arrêtent. Je vais vous dire, la dernière fois qu'il y a eu un cessez-le-feu, le gouvernement de Benjamin Netanyahou a arrêté de le respecter après quelques jours. Les massacres ont continué. Je veux dire, les puissants... Mais vous n'hésite pas si le Hamas doit être désarmé ou pas. Mais ce n'est pas à moi de le dire. Ce n'est pas à moi de le dire. Vous pouvez partir des conditions à 10 ans. De la même manière, vous ne pouvez pas demander à un État comme l'Ukraine d'être désarmé. Parce que... Mais pardonnez-moi,
le Hamas et le gouvernement ukrainien, ce n'est pas exactement la même chose.
La question est de savoir comment vous créez un État palestinien. Créer un État palestinien, c'est faire en sorte que les Palestiniens puissent décider pour eux-mêmes. Les massacrés. Vous voyez, le plan de Donald Trump, on en parle assez peu, prévoit même un plan de développement économique.
Donc il est légitime que le Hamas soit réticent à être désarmé.
Il est légitime que le gouvernement palestinien, et ce n'est pas à moi de dire qui doit figurer dans le gouvernement palestinien, c'est aux Palestiniens de décider. Comment on est arrivé dans une situation où on a un peuple de 2 millions d'habitants dans la bande de Gaza qui se font massacrer, qui se font déplacer, qui sont soumis à la famine et à qui on ne peut plus dire vous décidez pour votre propre avenir sans compter l'état de destruction. Quand bien même il y aurait un cessez-le-feu demain dans la bande de Gaza, ce que tout le monde souhaite. Vous savez que plus de 90% des infrastructures sont détruites.
Vous savez qu'il n'y a plus de réseaux d'eau, d'assainissement, qu'une grande partie des infrastructures sont méga polluées. C'est des générations entières qu'on est en train de sacrifier avec la complicité totale des États européens parce qu'on n'en parle pas suffisamment de l'Union européenne, de la France qui détruit le plan On va y venir Manon Oubry.
Plusieurs élus de votre parti sont actuellement retenus en Israël. Je donne leur nom. Rima Hassan, Emma Fourreau, François Picmal, Marie Messmer. Ils ont été arrêtés alors qu'ils tentaient de briser le blocus israélien en naviguant vers la bande de Gaza. Est-ce que vous avez de leurs nouvelles ?
Non, nous n'avons pas de leurs nouvelles. Ils ont été arrêtés il y a maintenant plus de trois jours. On a pu avoir quelques brèves échanges avec leurs avocats et avec le consul de France qui a pu rendre visite pour certains d'entre eux. On sait que leurs conditions de détention sont difficiles. À plus de 10 par une cellule, ils ont entamé une grève de la faim. On sait que les conditions d'accès à l'eau sont aussi difficiles. Je veux ajouter qu'il n'y a pas qu'eux qui sont détenus puisqu'il y a plus de 30 ressortissants français.
Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères, a dit qu'il mettait tout en œuvre pour les faire revenir. Il a aussi rappelé qu'il avait formellement déconseillé à tous les ressortissants français de se rendre dans la zone.
La pratique et les faits parlent pour eux-mêmes. Les ressortissants italiens ont déjà été rapatriés. Un avion a été affrété par le gouvernement turc pour rapatrier plusieurs dizaines de ressortissants de différentes nationalités. Et où est la France ? Que fait la France ? J'observe que le gouvernement de la Colombie, par exemple, a expulsé l'ambassadeur israélien. Et donc, il s'agirait pour la France d'enfin ingir, d'expulser une ambassade génocidaire et de prendre des sanctions.
Merci Manon Aubry, on rappelle que le terme génocide est évidemment contesté. Merci Manon Aubry, eurodéputée, la France insoumise, présidente de la gauche au Parlement européen. Merci Camille Vigon, le quad journaliste aux Nouvelles Ops d'avoir été avec nous une nouvelle fois ce matin. Sous-titrage ST' 501
Manon Aubry