"The Social Reckoning" fait-il aussi bien que « The Social Network » ?
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16 ans après The Social Network de David Fincher, c'est l'heure des comptes,
c
'est l'heure du bilan, c'est l'heure de The Social Reckoning d'Aaron Sorkin. Pourquoi l'heure des comptes ? Parce qu
'il
s'est passé beaucoup de choses, évidemment, en 16 ans. On sait l'importance qu'a prise Facebook, aujourd'hui méta, donc avec Instagram. On sait le monstre qui est devenu Mark Zuckerberg, monstre en termes de tout, de fortune, de taille, de puissance. Et donc Aaron Sorkin, cette fois-ci, il s'y colle tout seul, à la fois au scénario et à la réalisation. Et il s'inspire d'une enquête journalistique parue en 2021 dans The Wall Street Journal, qui était une enquête menée par un journaliste qui s'appelle Jeff Horvitz,
avec
l'aide d'une lanceuse d'alerte qui travaillait chez Facebook et qui s'appelle Francis Hogan.
The Social Reckoning est vraiment très différent de The Social Network et c'est pour ça que le film me plaît beaucoup. J'adore The Social Network, notamment parce que c'est un grand film de mise en scène. David Fincher est vraiment un des plus grands metteurs en scène américains d'aujourd'hui. Et Aaron Sorkin, lui, il sait qu'il ne peut pas rivaliser à ce niveau-là avec Fincher. Il n
'a
pas le même talent de metteur en scène. Par contre, Sorkin, c'est un remarquable scénariste, c'est un formidable dialoguiste. Et donc, comme dans tous ces scénarios, pour les autres ou pour les scénarios de ses propres films, il y a vraiment un vrai régal d'entendre les dialogues, une espèce de ping-pong verbal en permanence, d'une part entre Jeff Horvitz et Francis Hogan, et d'autre part, au sein de Meta, où on voit Mark Zuckerberg et ses adjoints qui se renvoient la balle en permanence. Donc ça,
c'est
vraiment le premier plaisir. Et donc, Sorkin, il ne fait pas son malin. Donc c'est une mise en scène assez basique, mais ultra efficace pour mettre en valeur ses dialogues et pour mettre en valeur ses comédiens, qui sont tous formidables. Dans le rôle de Jeff Horvitz, c'est une espèce de journaliste à l'ancienne qu'incarne Jeremy Allen White. Il est vraiment très bien. Face à lui, il y a Francis Hogan, c'est Mikey Madison. Donc Mikey Madison, c'était la révélation d'Anora. Dans Anora, elle avait crevé l'écran, elle était formidable. Elle avait eu un Oscar. Moi, je lui prédis un deuxième Oscar pour sa performance dans The Social Reconning. Elle est vraiment géniale.
À côté, il y a quand même le troisième membre du film, c'est Mark Zuckerberg lui-même. C'est Jeremy Strong, alors qu'on connaissait dans la série Succession notamment. Là, c'est vraiment une espèce de monstre froid qui ne pense qu'au profit, qui ne pense qu'à son pouvoir. Voilà,
et
donc ce troisième membre du trio fait quelque chose de vraiment très, très fort. Et puis,
il
y a une autre dimension du film qui, moi, m'a beaucoup plu. C'est un film qui est un double baroud d'honneur. Alors, je m'explique. Le premier baroud d'honneur, c'est un petit peu la presse écrite qui est en train d'agoniser, qui, sur ce coup-là,
en
gros, montre qu'elle en a encore sous la pédale et qui parvient à faire une enquête qui peut faire bouger les choses. Et le deuxième baroud d'honneur, c'est le vieil Hollywood face au nouvel Hollywood symbolisé par toutes les plateformes de streaming, Netflix, Facebook étant l'incarnation de tout ça, même s'il ne faut pas encore de plateforme. C'est un film de studio à l'ancienne, dans un style
de
scénario à l'ancienne. Il y a un côté un peu Franck Capra dans le film, vraiment clairement. Et donc, ça prouve que le vieil Hollywood aussi résiste encore, pour combien de temps, à l'appétit grandissant des plateformes de streaming.
Ça
me l'a raison, parce que Capra est même cité dans le film, si ma mémoire est bonne, et qu'on retrouve là le côté idéaliste et défenseur des institutions d'Aaron Sorkin, qui est donc l'auteur de la série à la Maison Blanche, mais aussi d'une série que j'aimais beaucoup, qui s'appelait The Newsroom, et qui racontait comme ça le boulot des journalistes. J'ai un faible pour les enquêtes journalistiques au cinéma. Je trouve que ça fait souvent des films assez palpitants. Celle-ci, elle a le charme d'une comédie à l'ancienne, c'est-à-dire qu'il y a beaucoup d'éléments vraiment assez drôles, assez drôlatiques. Il y
a
une manière de caractériser les personnages, elle, par ses vêtements, par sa bizarrerie, sa sublime intelligence, mais qui s'accompagne d'une espèce de maladresse sociale, pas si différente de celle de Zuckerberg. Mais voilà, Franz Hogan, ce serait en gros un esprit supérieur, mais qui n'aurait pas perdu sa boussole morale. Et puis, lui, effectivement, journaliste à l'ancienne, et c'est raconté de manière assez drôle.
C
'est-à
-dire
qu'il ne sait pas se servir d'un GPS, et puis chez lui, il est tout le temps en
train
de regarder des vieux films, des comédies musicales, etc. Et que donc,
c
'est vraiment l'ancien monde contre le nouveau.
On
voit bien que le nouveau va gagner, on voit bien qu'avec lui, il va perdre la démocratie aussi. Et le film raconte des choses assez graves, et puis des choses un peu rébarbatives aussi, parce qu'évidemment, quand on vous sort des piles et des piles de documents pour vous raconter pourquoi les algorithmes de méta sont absolument diaboliques et sans foi ni loi, bon, ça peut vite faire un peu étouffe chrétien, ce n
'est
pas très réjouissant comme programme de cinéma. Or, tout l'intérêt du film, c'est d'en faire justement un film assez allègre, qui dure 1h50, qui n
'est
pas du tout un film dossier qui va vous étouffer sous des masses d'informations. Vraiment, tout est dit avec une sorte de légèreté,
c
'est-à-dire que la gravité du propos, tout ça s'est enveloppé dans une sorte de pur plaisir hollywoodien. Les acteurs sont merveilleux, les dialogues fusent, et il y a comme ça une sorte de plaisir premier du spectateur qui n'est jamais oublié dans The Social Reckoning.
The Social Reckoning, c'est l'heure des comptes, et c'est très bien.
The Social Reckoning, le bilan, est très bon.
Connecting people, it's a virtuous mission. Because some people are awkward, they get to be their best self when they're alone at their keyboard.
So
what's the problem? Something changed. Compteur being asshole because I'm white. I wanted to find out who radicalized my friend. And?
We
did. Facebook wants you to stay on the site for as long as possible. And two years ago, the algorithm was changed. Wait, Mark, we're trying to address hate speech and we're going to amplify and turbocharge it.
The
debate is over.
Why
haven't you printed it? Because
you
didn't
give me a...