Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC — Face à Face· 13 novembre 2023 20 min

Face à Face : Sébastien Chenu - 13/11

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face, Apolline de Malherbe. 8h32 sur RMC et BFM TV. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions ce matin. Vous êtes député Rassemblement National du Nord, vous êtes vice-président de l'Assemblée Nationale. Vous étiez à la manifestation hier dans le cortège du Rassemblement National, plutôt en queue de manif, avec Marine Le Pen, avec Jordan Bardella et entouré de nombreux élus du Rassemblement National. Alors il y a eu les politiques qui, tout au long de la semaine, ont débattu de votre présence, mais il y avait aussi des manifestants.

Et vous avez été vu, notamment à la fin de la manifestation, alors que vous quittiez le cortège, alpagué par des manifestants. L'un d'eux vous a dit qu'il n'était pas satisfait de votre présence. Il a dit « Mon grand-père est un rescapé, un rescapé des camps. Je ne voulais pas de vous dans cette manifestation. » Ça, ce n'est pas un politique, c'est un manifestant. Comment vous avez vécu ce moment, cet échange ?

1:04
Sébastien Chenu

C'était, pour être très honnête, assez anecdotique, parce qu'au-delà de la...

1:07
Présentateur

C'est anecdotique pour vous ?

1:08
Sébastien Chenu

Non, mais c'était assez anecdotique le fait qu'on vienne nous remettre en cause notre présence. D'abord, la manifestation en tant que telle était une grande et belle manifestation digne. Zéro incident, zéro... Non, mais on va y revenir. Il n'y a pas de problème. Je vous interroge sur cet échange. Mais il y aura toujours des gens...

1:24
Présentateur

Un homme qui vous dit « Mon grand-père était un rescapé des camps. Je ne veux pas de vous ici. »

1:29
Sébastien Chenu

Deux choses. Il y aura toujours des gens qui refuseront de voir qu'un mouvement politique, que ses dirigeants, que son histoire peut évoluer. Il y a beaucoup de mouvements politiques qui ont évolué dans notre pays. Aujourd'hui, on ne fait pas le procès lorsqu'on reçoit Fabien Roussel de ses incointances passées. Mais je ne vous parle pas de politique, là.

1:46
Présentateur

Je vous parle d'une personne qui a marché hier et qui vous a dit ça avec l'émotion d'un petit fils de rescapé.

1:53
Sébastien Chenu

Oui, aussi l'émotion d'un militant politique qu'il était. C'est pour ça que je vous dis que c'était assez anecdotique par rapport à l'excellent accueil que nous avons eu. Parce que moi, ce qui m'a sauté aux yeux, c'est l'excellent accueil que nous avons eu de nos compatriotes, dont je ne sais pas qui, chez les uns et chez les autres, était de confession juive ou pas. Nous avons donc une immense majorité des gens qui étaient là, qui étaient satisfaits de notre présence. Et certains, effectivement, peuvent exprimer un désaccord. Mais c'est encore à nous, peut-être, de montrer la sincérité de notre engagement.

Parce que nous, on est venus avec beaucoup de sincérité et, je vais vous dire, avec beaucoup d'humilité. C'est aussi ça qui, peut-être, nous différencie des autres, tous les autres, quand je les voyais au premier rang, qui ont tant à se reprocher, qui ont tant raté, qui n'ont pas écouté pendant tant d'années les signaux que nous leur envoyons et qui considèrent qu'ils sont encore un magistère moral.

2:43
Présentateur

De tous les représentants politiques, des anciens présidents, qui étaient au premier rang de la manifestation ?

2:48
Sébastien Chenu

Oui, le problème, c'est que, non seulement, ils ont manqué le combat contre l'hydre islamiste, ils n'ont pas su, voulu, pu protéger les Français toutes les fois où ils ont eu les leviers en main, mais ils se considèrent encore comme un magistère moral. Et pire, ils en sont persuadés. Ils pensent sincèrement qu'ils détiennent la vérité, la capacité à juger les uns et les autres. Vous savez, moi, je me réfère à ce qu'a dit Serge Karsfeld, qui, pour moi, est probablement l'autorité morale et intellectuelle sur ce sujet-là, la moins contestable dans notre pays. Il y a eu d'autres personnes.

Je pense, par exemple, Pierre Moscovici, qui a été un adversaire politique très déterminé du Rassemblement national.

3:26
Présentateur

En série socialiste, aujourd'hui président de la Cour des comptes.

3:28
Sébastien Chenu

Voilà, et qui a fermé la porte de ces débats un peu stériles et, je crois, désormais dépassés sur le fait que, oui, le Rassemblement national, non seulement à sa place, mais n'est pas antisémite, ni ses dirigeants d'ailleurs.

3:40
Présentateur

Je ne sais pas s'il a été jusque-là. Mais Edouard Philippe, par exemple, pour ne citer que lui, ancien Premier ministre, qui, dans ce même studio hier soir face à Benjamin Duhamel, disait, « Moi, contre l'antisémitisme, je prends tout le monde, y compris les élus du Rassemblement national. » La question peut-être, mais ensuite on va venir sur la question du succès ou non de cette manifestation et de la suite, surtout à un moment donné, mais vous avez dit le mot « sincérité ». Peut-être que c'est là-dessus qu'on peut s'arrêter à l'instant. Vous avez dit que nous étions là en toute sincérité et nous devons peut-être, y compris devant cet homme qui vous a alpagué hier, montrer notre sincérité.

Est-ce que ce n'est pas là que vous avez failli ? Quand Jordan Bardella, la semaine dernière, de manière tout à fait spontanée, dit qu'il ne pense pas que Jean-Marie Le Pen était antisémite. Alors, il est revenu sur ses propos, mais il a mis une semaine à revenir sur ses propos en plaisant la maladresse. Le cri du cœur pour lui, c'est que Jean-Marie Le Pen n'était pas antisémite. Est-ce que ça, justement, ça ne pose pas la question de votre sincérité ? Au fond, est-ce que, sur le fond, vous avez vraiment tourné la page ?

4:36
Sébastien Chenu

Je vais vous dire le fond de ma pensée, c'est que c'est qu'elle ou cette question sur notre sincérité, elle pose débat dans les rédactions journalistiques parisiennes, elle ne pose pas débat chez les Français, chez le peuple de France, et nous on manifestait. Mais elle n'aurait pas posé question s'il avait spontanément répondu

4:51
Présentateur

« Oui, il était antisémite, mais on a tourné la page ».

4:53
Sébastien Chenu

Je vais vous dire, le fait politique le plus important, c'est que Marine Le Pen, il y a près de 15 ans maintenant, est rompue avec Jean-Marie Le Pen sur cette cause-là, qu'elle est rompue avec le fondateur, qui était aussi son père, et qu'elle est rompue sur cette raison-là. Et donc, tout le parcours ensuite du Rassemblement National, ce parti politique, mais aussi de Marine Le Pen et de ses élus, a été sans aucune anicroche, sans aucun problème. Et je crois qu'aujourd'hui, parce que c'est avec le temps qu'on juge les choses, les gens nous donnent quittus de cette sincérité.

5:22
Présentateur

Sébastien Chenu, 200 000 personnes dans toute la France, 105 000 à Paris, est-ce que vous estimez que c'est un succès ?

5:27
Sébastien Chenu

Oui, c'est un succès. C'est un succès parce qu'il faut le comparer, j'allais dire, aux grandes manifestations d'envergure qui ont pu avoir lieu sur ces sujets-là ou sur d'autres dernièrement. Et quand on commence, quand c'est la première manifestation d'importance sur un sujet comme celui-ci, qui rassemble plus de 100 000 personnes à Paris et près de 200 000 personnes dans le pays, oui, c'est un succès. Et je le disais tout à l'heure, il y avait une dignité dans cette manifestation. Il y avait, j'allais presque dire, une élégance. Il n'y avait aucun heure, aucune polémique stérile, zéro incident, zéro poubelle brûlée, zéro abribus abîmé.

On peut donc manifester dans notre pays aussi, sans qu'il y ait de heure avec la police. Aucun policier interpellé, mis en cause, caillassé, ça existe. Alors vous me direz, ça existe peut-être parce qu'il n'y avait pas LFI, et peut-être que c'est un des éléments déterminants, mais ça montre, je crois, que les Français...

6:16
Présentateur

Vous pensez que c'est parce qu'il n'y avait pas les militants LFI et les élus LFI ?

6:20
Sébastien Chenu

Oui, les LFI qui crachent sur la police, qui crachent sur les institutions, qui caillassent tout le monde, on les voit dans chaque manifestation.

6:26
Présentateur

Certains d'entre eux, l'un de leurs députés par exemple, a dit que c'était une manifestation dans laquelle il y a eu de la violence et des propos homophobes. Vous en avez entendu ? Vous en avez vu ?

6:34
Sébastien Chenu

Non, je n'ai jamais entendu ça, mais il aurait fallu qu'ils viennent. Parce que vous savez, dans ce genre de manifestation, ce qui est important à la fin, c'est de voir qui est venu et qui n'est pas venu. Parce que si on ne se lève pas pour aller marcher contre l'antisémitisme, on se lève pour quoi en fait ? À quel moment dans sa vie on se dit, je vais aller défiler, si même pour ça, on n'arrive pas à le faire ?

6:49
Présentateur

Emmanuel Macron n'y était pas, ça vous a manqué ?

6:51
Sébastien Chenu

Moi ça m'a manqué, à titre personnel, ce serait un peu aller au-delà, mais la place du président de la République, c'était là. C'est une occasion manquée, c'est un acte manqué, c'est un rendez-vous manqué avec les Français, qui je crois a deux explications. D'abord, combien de revirements Emmanuel Macron ne voit pas clair sur ce sujet-là ? Il nous dit à un moment qu'il faut une coalition, après il nous dit qu'il faut un cessez-le-feu, puis il change de casac à un autre. Là vous voyez la situation là-bas ?

7:16
Présentateur

Mais sur l'antisémitisme, il a manqué de carté ?

7:18
Sébastien Chenu

Non, sur l'antisémitisme, je veux bien lui donner ce crédit, mais on est obligé de mettre en parallèle sa prise de parole internationale et ses actes à cette manifestation. Qui n'est pas clair pour vous, clairement. C'est pas clair, et je vais vous dire malheureusement... Pardon, clairement, pas clairement, mais... Oui, c'est pas clair, et malheureusement, en cas de gros temps, quand ça tanque dure, on a besoin d'hommes et de femmes politiques qui ont une vision. Vous savez, défendre les Français, c'est leur dire la vérité. Et ça, Marine Le Pen l'a toujours fait. C'est leur dire la vérité, même sous les crachats, même sous les injures, même lorsqu'elle est déplaisante.

Emmanuel Macron ne voit pas clair au niveau international.

7:50
Présentateur

Vous avez dit qu'il y avait une deuxième raison pour laquelle vous envisagez ?

7:54
Sébastien Chenu

J'espère, et je vous le dis avec, là aussi, beaucoup de sincérité, qu'il n'est pas venu pour de bonnes raisons. C'est-à-dire parce que, j'en sais rien, il est en train de négocier des libérations d'otages et que ceux-ci auraient pu, on ne sait pas, venir entamer un processus. De bonnes raisons de fond. Pas parce qu'il a peur, pas parce qu'il se dit, attention, je crains que ça ne dérange des gens qui soient eux-mêmes dérangés par cette manifestation. Parce que, moi, ce qui m'a heurté, voyez-vous...

8:19
Présentateur

Ça veut dire quoi ? Ils soupçonnerent quoi ?

8:22
Sébastien Chenu

Quand je vois les tweets du président de la République, qui considèrent, et c'est un peu le cas aujourd'hui lorsqu'ils reçoivent les religieux, ils considèrent que c'est en fait des communautés contre les autres qui s'affrontent. Il avait dit dans un de ses tweets, il ne faut pas fractionner la France en différentes communautés. Il n'y a qu'une communauté nationale, et il n'y avait pas besoin d'être juif pour défiler. Voilà, il n'y avait pas besoin d'avoir une quelconque croyance pour défiler.

Et si le président de la République considère que, en fait, c'est l'affrontement de deux communautés, une communauté musulmane et la communauté juive, et qu'il aurait peur que ceci déséquilibre un frais d'équilibre national, je pense qu'il ne comprend pas l'enjeu. L'enjeu, c'est lutter contre l'islamisme. L'enjeu, c'est lutter contre l'islam radical. Ce n'est pas lutter contre la communauté musulmane au profit d'une autre communauté religieuse. Je crois que ce n'est pas une guerre de religion. On est face à une idéologie. L'islamisme est une idéologie qu'il nous faut combattre. Et je pense qu'Emmanuel Macron se trompe, qu'il n'y voit pas clair.

Et sincèrement, ce n'est pas rassurant pour les Français.

9:23
Présentateur

Mais attendez, si je vais jusqu'au bout de ce que vous êtes en train de dire, vous laissez entendre qu'Emmanuel Macron fait un amalgame, au fond, entre islamisme et musulman ?

9:31
Sébastien Chenu

Non, mais c'est lui qui parle de communauté. C'est lui qui parle de communauté en disant qu'il ne faut pas fractionner en communauté, sous-entendu la communauté musulmane, la communauté juive. Donc c'est lui qui immisce du religieux, alors que notre combat doit être tout entier tourné vers la lutte contre l'islamisme. L'islamisme, c'est une idéologie. Moi, je ne confonds pas un musulman et un islamiste. Je ne confonds pas du tout.

9:54
Présentateur

Sébastien Chenu, vous le mentionniez à l'instant. Emmanuel Macron a convoqué aujourd'hui, ce matin, enfin matinée, à l'Élysée, les représentants des différents cultes. Ils y seront tous, y compris les représentants du culte musulman, qui n'étaient pas présents, eux, à la marche hier. Qu'est-ce que vous attendez, qu'est-ce qu'on peut attendre de cette réunion tout à l'heure ?

10:13
Sébastien Chenu

Mais vous savez, qu'est-ce qu'on peut attendre finalement de cette manifestation d'hier ? C'est un peu la suite logique. Si c'est une prise de conscience nationale, avec des gestes et des actes forts ensuite, alors cette manifestation aura servi à quelque chose. Si c'est simplement pour se donner bonne conscience, pour que quelques-uns se donnent bonne conscience, quelques dirigeants se donnent bonne conscience, parce qu'ils ont failli pendant tant d'années, alors on sera à côté. Moi j'attends des actes forts, c'est-à-dire que le président annonce la fermeture de mosquées salafistes, annonce l'interduction des frères musulmans sur notre territoire.

Vous savez que les frères musulmans sont structurés sur notre territoire. Nous disons qu'ils ont même en main certaines structures, comme le lycée Averroès dans le Nord, que continue à subventionner à son corps défendant aujourd'hui la région, mais pendant longtemps, ils l'ont fait, Xavier Bertrand l'a fait, en étant tout à fait convaincu. Aujourd'hui, Xavier Bertrand ne veut plus financer, mais c'est la justice qui lui oblige. Il ne veut plus, mais, madame, nous l'avons pendant, dès 2015, avec Marine Le Pen à la région, nous siégeons dans son opposition, nous lui avions dit arrêtez de subventionner ça. Mais vous vous rendez dans la même situation ?

Vous auriez aussi la justice qui lui oblige à le faire. Déjà, on n'aurait pas perdu dix ans, y compris l'argent des habitants de la région du Nord-Pas-de-Calais. Mais après ça, il y a des structures aussi, des associations.

11:25
Présentateur

Et d'ailleurs, pour quelle raison est-ce qu'il faudrait cesser de subventionner ces écoles, qui pour certaines sont des écoles musulmanes, mais sous contrat avec l'État ?

11:32
Sébastien Chenu

Mais parce qu'elles sont tenues, ça a été eu à un livre de Georges Malbruneau, je crois, par les frères musulmans, c'est un fait, c'est une réalité, et nous nous considérons qu'il faut interdire les frères musulmans, qui sont l'organisation qui est celle probablement la plus à la pointe pour représenter l'idéologie islamiste dans le pays.

11:49
Présentateur

Mais puisque vous en venez à cette question, je vous pose la question à vous aussi. Vous seriez aujourd'hui au pouvoir, vous seriez aujourd'hui à la tête de la région Nord, ou vous seriez au pouvoir plus globalement de manière nationale. Les juges et les instances administratives, vous imposerez à vous, comme à Xavier Bertrand, de continuer à financer ces lycées ?

12:07
Sébastien Chenu

Il y a plusieurs choses. D'abord, nous n'aurions pas perdu dix ans, c'est ce que je viens de vous dire. Mais il y a plusieurs choses. Quelqu'est-ce que vous l'avez ? Il y a des mesures immédiates. Je viens de vous en citer, par exemple, de fermeture des mosquées salifistes, dissolution des frères musulmans. Et puis, il y a les mesures, les grandes mesures, j'allais dire, nationales, sur lesquelles Marine Le Pen a fait des propositions, qui commencent par un référendum sur cette question migratoire. Parce que, nous le disons depuis longtemps, la question migratoire fait le jeu du communautarisme. Et c'est au sein du communautarisme que naît et qu'est relayé l'islamisme.

Donc, si on ne traite pas la question migratoire dans notre pays, alors, on a très peu de chances de traiter la question islamiste.

12:43
Présentateur

En attendant, il y a 1200 actes antisémites qui ont été commis, qui sont recensés, qui, pour nombre d'entre eux, donnent lieu à des plaintes, à des comparitions, certaines immédiates. Xavier Bertrand, hier, qui était à mon micro dans la marche contre l'antisémitisme, disait, je m'interroge sur les décisions pénales, sur les suites pénales. Est-ce que, au fond, ce que vous dites à l'instant, d'ailleurs, sur les juges qui l'obligent à continuer à financer certains lycées, est-ce que vous estimez qu'aujourd'hui, les juges, les décisions in fine, les peines sont à la hauteur ?

13:13
Sébastien Chenu

Oui, on a probablement une difficulté vis-à-vis des peines et de leur application. Évidemment, probablement, sur ce sujet-là et sur bien d'autres dans notre pays, c'est la justice et son laxisme bien connu, bien reconnu aujourd'hui des Français.

13:26
Présentateur

Il y a un laxisme, l'imam de Boker, par exemple, qui a quelques mois avec sursis, ça ne suffit pas ?

13:33
Sébastien Chenu

D'accord, non, ça ne suffit pas. Quand on fait l'apologie du terrorisme, lorsqu'on a des propos aussi épouvantables que ceux de l'imam de Boker, des propos avec sursis, c'est-à-dire, en réalité, juste une menace au-dessus de sa tête aujourd'hui, s'il recommence, il pourrait avoir de la prison ferme, non, ça ne suffit pas. Non, je considère que lorsqu'on fait l'apologie du terrorisme et l'apologie de l'islamisme dans notre pays, on doit être sanctionné. Mais c'est là aussi où il y a la nécessité de bien savoir face à quoi on se bat, c'est-à-dire définir ce qu'est l'islamisme, définir ce qu'est cette idéologie.

Pour mieux la combattre, en combattre son expression, en combattre son financement, en combattre ses relais, en combattre ses complaisances dans notre pays et en combattre aussi ce qui, évidemment, chaque jour, pollue le débat politique.

14:17
Présentateur

Vous avez dit, à propos de l'absence d'Emmanuel Macron, qu'il aurait dû être là parce que le combat, c'est le combat contre l'islamisme. Ça veut dire que pour vous, l'antisémitisme aujourd'hui n'est plus qu'un antisémitisme islamiste.

14:30
Sébastien Chenu

Il puise évidemment 99% sa source dans l'islamisme. Quand le président donne ce sentiment d'abandon en n'étant pas présent à ce grand rendez-vous, quelque part, il refuse de se mettre face à une réalité. Je disais tout à l'heure, défendre les Français, c'est leur dire la vérité. C'est d'ailleurs le pari qu'a toujours pris Marine Le Pen en traitant les Français comme des adultes et en leur disant, ici, il y a de l'antisémitisme qui puise sa source quelque part et ce quelque part, c'est dans l'islamisme. C'est une réalité. Il peut y avoir un antisémitisme qui existe dans une vieille extrême droite française qui dit Rivarol, avec lequel je suis moi-même en procès.

15:10
Présentateur

Vous êtes en procès avec Rivarol qui aujourd'hui écrit sur Jean-Luc Mélenchon.

15:12
Sébastien Chenu

Oui, qui soutient Jean-Luc Mélenchon, qui écrit bien sur Jean-Luc Mélenchon, c'est ce qu'il faut dire, qui écrit des choses positives sur Jean-Luc Mélenchon. Donc quelque part, la boucle est bouclée. Oui, je crois que, et ce n'est pas je crois, c'est qu'aujourd'hui, la place d'un jeune juif, il risque plus sa peau dans un environnement islamiste, par exemple en Seine-Saint-Denis, que dans une manif du Rassemblement National. Ça, c'est sûr.

15:34
Présentateur

Et vous estimez donc que l'absence d'Emmanuel Macron hier est une faute ?

15:38
Sébastien Chenu

Je considère qu'au minimum, c'est un signe d'abandon et un rendez-vous manqué avec les Français et avec les valeurs que nous défendons.

15:45
Présentateur

Il n'était pas à la marche parisienne, David Racheline ?

15:48
Sébastien Chenu

Je n'ai pas regardé. On avait beaucoup d'élus du Rassemblement National, mais pourquoi n'y serait-il pas d'ailleurs ?

15:53
Présentateur

Ça vous a arrangé peut-être qu'il ne soit pas sur la photo ? Ce n'est pas le moment qu'il s'affichait avec David Racheline ?

15:57
Sébastien Chenu

Pourquoi David Racheline n'est pas en procédure, n'est pas convoqué devant aucun tribunal au moment où nous nous parlons ? Donc, David Racheline est un maire de Fréjus, fort bien réélu, mis en cause par une journaliste politisée, adversaire du Rassemblement National, mais qui, aujourd'hui, n'est pas devant un tribunal.

16:12
Présentateur

Pour ceux qui nous écoutent, qu'on donne tous les éléments, une journaliste, comme vous dites, Camille Vigogne, qui est journaliste au Journal Love. Je ne sais pas si elle est hostile ou pas. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'elle a mené une enquête, et une enquête rigoureuse, un an et demi d'enquête, avec de nombreux enregistrements, des documents, des témoignages. Et elle en a fait un livre, ça s'appelle « Les rapaces », c'est publié aux éditions Les Arènes. Et dedans, elle raconte une forme de fonctionnement mafieux autour de David Racheline à Fréjus.

Elle parle d'une forme de corruption, avec des liens particuliers, avec un homme d'affaires de Fréjus qui s'appelle Alexandre Barbero, qui financerait, y compris parfois, des vacances de Jordan Bardella, qui choisit d'aller dans ses hôtels. Qu'est-ce que vous dites à cela ? Il va falloir mettre tout ça

16:54
Sébastien Chenu

vraiment au conditionnel. Il faudrait, puisque David Racheline conteste tout ça, et qu'il y a une procédure judiciaire qui, je crois, va être entamée. Il faut vraiment mettre tout ça très au conditionnel. Moi, ce que je crois, c'est qu'il y a encore des adversaires politiques. La journaliste que vous citez est une adversaire politique. Elle a le droit d'avoir des options politiques. Elle nous est très hostile depuis toujours.

17:12
Présentateur

Pour vous, le travail qu'elle a mené n'est un travail que politique ?

17:15
Sébastien Chenu

Oui, oui, oui.

17:15
Présentateur

Le fait d'avoir enquêté sur Fréjus ? Non, non.

17:17
Sébastien Chenu

Elle reprend l'intégralité des éléments de langage de l'opposition politique de David Racheline. Donc, oui, c'est un travail à charge, un travail politique, probablement fait pour salir un élu du Rassemblement national. Et sincèrement...

17:29
Présentateur

J'imagine que vous avez demandé à David Racheline si, par exemple, il était vrai qu'il avait acheté en liquide au nom, au départ, de son conducteur une montre à 15 000 euros. Non, mais sincèrement,

17:44
Sébastien Chenu

la seule question que j'ai posée et la seule question qu'on peut poser, c'était aux habitants de Fréjus. Que pensez-vous de votre maire, de son image, de sa gestion, de sa capacité à gérer la ville ? Ils l'ont réélu au premier tour. Donc, si vous voulez, moi, je veux bien tout entendre, colporter des ragots, des choses qu'on doit mettre au conditionnel, que conteste David Racheline.

Ce que je vois derrière, c'est qu'il y a, pour certains, la nécessité d'essayer de rediaboliser, de rendre à nouveau le Rassemblement national comme un diable par des arguments et des argusties qui sont fort contestables parce qu'aujourd'hui, ça permet de planquer la gauche qui hier s'est fait huer, ça permet de planquer Mélenchon et que si, ce serait dommage, si le Rassemblement national n'était pas le parti politique parfait qu'on ne pense pas être parfait mais en tous les cas qui aujourd'hui rassure le plus les Français, ce serait bien dommage donc il faut essayer de le salir.

Moi, je considère qu'aujourd'hui, il y a des gens qui n'ont plus d'arguments, à ce point, plus d'arguments pour nous combattre, qu'ils en sont à ce type de procès politique. Mais Sébastien Chenu, on sait bien que

18:41
Présentateur

on laissera la justice, bien sûr, puisque une plainte a été déposée.

Mais Sébastien Chenu, il y a aussi, vous dites, des ondis, mais il y a aussi des vidéos, il y a ces propos de David Rachin qui dit d'ailleurs, lui, que c'est bien par Jean-Marie Le Pen qu'il est rentré au Rassemblement national, enfin au Front national à l'époque, ce qu'aujourd'hui, la nouvelle génération en quelque sorte du Rassemblement national dit absolument pas et c'est nombre d'entre vous qui dit nous ne serions pas rentrés au Rassemblement national du temps de Jean-Marie Le Pen, ce n'est pas du tout le cas de David Rachin qui revendique d'y être rentré par Jean-Marie Le Pen et puis il y a cette vidéo où on l'entend imiter le fureur comme il dit rentrant dans une voiture Mercedes avec une blague en disant c'est la voiture du fureur.

Ça ne vous met pas mal à l'aise ? Ça ne vous met pas mal à l'aise

19:21
Sébastien Chenu

dans le moment actuel ? Il y a deux choses. On vient de parler d'une immense manifestation qui je crois est un tournant dans notre ville et on atterrit dans des petites poubelles d'une journaliste qui règle des comptes. Est-ce qu'on peut juste garder un peu de hauteur, de dignité ? Se dire que tout ça va être traité au niveau auquel ça doit être traité et que les électeurs eux-mêmes ont déjà tranché. Pour le reste, on a des enjeux dans notre pays qui dépassent excusez-moi les plaisanteries éventuelles des uns ou des autres.

19:49
Présentateur

Mais s'il est avéré par exemple que Jordan Bardella en effet a systématiquement choisi un hôtel à Fréjus lorsqu'il est dans la région y compris en devant rouler parfois une heure parce que les unités sont payées

20:00
Sébastien Chenu

est-ce que ça se pose un problème ? Madame de Malherbe, on est à un niveau excusez-moi, nous descendons à un niveau qui n'est pas celui du début de notre entretien et de ce que les Français traversent et de ce que les Français vivent. Mais pour moi, il faut pouvoir questionner sur tout et je vais questionner sur la marche mais également sur ce livre. Mais la justice tranchera tout ça s'il y a quelque chose à trancher. Or aujourd'hui, il n'y a rien à trancher. Et donc aujourd'hui,

20:19
Présentateur

vous apportez votre soutien

20:20
Sébastien Chenu

à David Rachin. Bien sûr.

20:22
Présentateur

Sébastien Chenu, vice-président de l'Assemblée nationale, député Rassemblement national du Nord. Merci d'être venu répondre à mes questions ce matin.