Elections européennes, Nicolas Sarkozy, Rafah... Nadine Morano est l'invitée du 30 mai 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute.
On continue avec la politique et les 4V. Dans Télé Matin, Jean-Baptiste, vous recevez ce matin Nadine Morano, candidate sur la liste LR aux élections européennes.
Bonjour Nadine Morano. Bonjour. Soyez la bienvenue dans Les 4V sur France 2. Nous sommes à 10 jours maintenant du choix pour les Français dans ces élections européennes. Et les semaines s'enchaînent de campagne sans que les sondages ne bougent vraiment. On a toujours le RN très très loin devant. La majorité LPS au coude à coude et votre liste, celle des Républicains, qui plafonne autour de 7%. Comment vous expliquez pour l'instant ce score assez maigre, il faut le dire, à l'heure actuelle ?
Ce score, voyez-vous, c'est que le président Macron a choisi en 2017 de changer le mode de scrutin. Avant, pour les élections européennes, c'était un scrutin régionalisé. Moi, j'ai été tête de liste en 2014 sur la zone Est, où j'avais fait 22% des voix à ce moment-là. Et le président de la République, avec son parti politique En Marche, qui était un parti politique 2.0, c'est-à-dire qu'il n'avait aucune implantation territoriale, ni maire, ni député, ni... Enfin, député si un peu, conseillers régionaux...
Vous pensez que de changer le mode de scrutin, ça vous a pénalisé ?
Vous savez, quand vous changez un mode de scrutin qui ne permet plus d'avoir une accroche, rapprocher les députés européens des territoires, et que vous décidez d'en faire un enjeu national, eh bien, il se passe ce qu'il est en train de se passer. C'est-à-dire que M. Macron a décidé de refaire un face-à-face avec le parti de Mme Le Pen. C'est devenu une forme d'élection, comme un référendum contre ou pour Emmanuel Macron, donc, en l'occurrence, contre, parce qu'on voit bien ce mécontentement. Aujourd'hui, quand on voit dans les sondages qu'il y a plus de 32% pour M. Bardella, c'est d'abord un vote de colère, essentiellement.
On sait très bien qu'avoir des députés Rassemblement National au Parlement européen qui représentent la France, eh bien, ça ne fait pas bouger du tout une ligne pour les intérêts de la France.
Mais donc, les mécontents, ils auraient pu voter pour vous ? Non, ils votent Rassemblement National. Pourquoi les LR sont condamnés à la seconde division ?
Eh bien, justement, moi, je crois qu'il est important de leur expliquer qu'un vote sanction envers Emmanuel Macron, puisque tel est l'enjeu qu'on essaye de nous faire croire. Un vote sanction, mais efficace, au sein du Parlement européen, c'est vraiment de voter pour des députés qui vont servir à quelque chose dans cet hémicycle-là. Et avoir des députés français de la délégation avec François-Xavier Bellamy plus importants que 7, 8, 10... Moi, à l'époque, j'ai connu où la France était représentée par 20 députés.
On pèse beaucoup plus parce que nous appartenons à un groupe qui est un groupe politique qui représente la droite et le centre de l'ensemble des 27 pays d'Union, le Parti populaire européen, dans lequel nous pèsons plus. Monsieur Bardella a gagné déjà les élections en 2019. Dans son groupe ID, Identité et Démocratie, ils étaient 58. À quoi servent-ils ? À rien. Admettons que les Français choisissent d'en amener 30 au Parlement européen, alors que le Rassemblement national a annoncé qu'ils ne siègeraient plus avec les Allemands du groupe AFD, de l'extrême droite AFD, puisque...
Une recomposition, effectivement, à l'extrême droite de l'Europe.
La tête de liste allemande a expliqué que les SS n'étaient pas tous des criminels. Donc Marine Le Pen a annoncé qu'elle ne siègerait plus avec ces Allemands-là. Ils vont se retrouver à combien ? 25 ? 27 ? Donc, pour défendre les intérêts des Français, je le dis à tous ceux qui nous regardent et qui nous écoutent, pour défendre efficacement les intérêts des Français et représenter la France dans cet hémicycle, qui est l'hémicycle d'une assemblée multinationale unique au monde, élu au suffrage universel...
Vous dites qu'il faut voter LR, effectivement.
Il faut voter pour la liste de François-Xavier Bellamy, qui est un président de délégation extrêmement sérieux, extrêmement précis sur tous les dossiers, et qui permettront de faire avancer nos intérêts au niveau de la France.
Mais regardez, Nadine Marano, même votre président de cœur, Nicolas Sarkozy, il refuse de dire publiquement pour qui il va voter. Il parle même de divergence avec François-Xavier Bellamy. Vous auriez préféré qu'il vous soutienne ?
Non, non, il n'a pas dit ça.
Dans le Figaro, il y a, mais c'est très dur.
Non, écoutez, je l'ai lu bien avant que vous receviez cette interview, sans doute, et je l'ai vu il y a quelques jours. Non, non, ce n'est pas ce qu'il dit. Il dit qu'il est sorti de la politique partisane. C'est vrai. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy n'est plus dans la politique partisane, donc il ne se considère plus comme étant adhérent d'un parti.
Il a dit qu'il irait voter, et c'est très bien, et j'espère que tous ceux qui nous écoutent, qui sont de la droite, du centre, et qui veulent changer cette Europe, et apporter vraiment une réponse en donnant leur mécontentement vis-à-vis de la politique d'Emmanuel Macron, aillent voter et choisissent notre liste qui, je pense, est beaucoup plus efficace. Ce qu'il dit, c'est qu'en fait, il a des amis sur cette liste, qu'il a beaucoup de sympathie d'ailleurs pour François-Xavier Bellamy. Il me l'a répété d'ailleurs. Il m'a dit que c'était quelqu'un d'extrêmement performant. Mais il refuse de choisir. Non, ce n'est pas qu'il refuse de choisir. Il ne dit pas quel sera son vote.
Mais je vois que les journalistes tentent de faire croire qu'il pourrait voter pour quelqu'un d'autre que sa famille politique. Il ne dit pas pour qui il vote. Il dit juste que je refuse de choisir. Mais il ne dit pas non plus dans cette interview qu'il voterait pour quelqu'un d'autre. Donc on essaye de lui faire croire qu'il ne voterait pas pour sa famille politique. Eh bien moi, je peux vous dire, je suis persuadée que Nicolas Sarkozy votera pour ses amis et votera pour nous.
La question maintenant d'Eline Morano, ça va aussi être l'après.
Mais qu'il y ait des divergences après dans le fonctionnement de sa famille politique, il a le droit de les exprimer.
Il y aura effectivement un après 9 juin. Et la question qui se pose de plus en plus maintenant, c'est est-ce qu'il faut élargir la majorité ? Et surtout, est-ce qu'il faut qu'il y ait un Premier ministre qui soit nommé issu de votre camp, la droite ? On parle beaucoup de Gérard Larcher. On parle aussi de François Baroin. Il ne démonte pas vraiment pour l'instant. Qu'est-ce que vous diriez ? Vous croyez une coalition LR Renaissance ?
Non, je n'y crois pas tout simplement parce que le président de la République n'a jamais été dans cette perspective. J'en avais parlé avec lui, avec Emmanuel Macron, en 2017, le 1er juillet 2017. Vous voyez, c'est au Parlement européen à l'occasion de... Enfin, à l'issue de la cérémonie des obsèques d'Elmoud Kohl. Et je lui avais dit qu'avec le résultat de cette élection en 2017 face à Marine Le Pen, il fallait réparer la France. Reconstruire la France qui est extrêmement fracturée après un mandat de François Hollande catastrophique. Et il n'a pas choisi, il n'a pas fait ce choix. Il a choisi du débauchage individuel. Il a aujourd'hui une majorité relative.
Le pays est en train de sombrer dans le chaos. Tous nos indicateurs sont au rouge en matière de dettes, en matière d'immigration, en matière de résultats scolaires. Enfin, tout en ce moment est en matière d'insécurité. Vous vous rendez compte que...
Mais regarde, la réforme de l'assurance chômage, par exemple, vous auriez pu la voter. Vous en avez même peut-être rêvé, ce Nicolas Sarkozy.
Lorsque nous étions au pouvoir avec Nicolas Sarkozy, d'abord, on avait une politique familiale très puissante. Et le taux de natalité était de deux enfants par femme. Nous assurions le renouvellement des générations. L'insécurité avait reculé entre 2002 et 2012 de près de 17%. Aujourd'hui, les coûts et blessures ont augmenté depuis 2017 de 63%. C'est une catastrophe ce qui se passe dans ce pays en matière d'insécurité, en matière de politique familiale. Et les Français le voient bien parce qu'Emmanuel Macron se réjouissait d'avoir des amateurs. Nous, nous étions au moins des vrais professionnels engagés au service français.
Je vous dis toujours qu'on est un parti de gouvernement. Ça fait 12 ans que vous n'avez pas été au pouvoir. Est-ce qu'il ne faut pas mieux être dans une coalition avec Emmanuel Macron plutôt que dans l'opposition ?
Mais une coalition, ça veut dire un contrat. Vous savez, il faut être deux. Parce que moi, je ne comprends pas comment on peut rentrer dans un gouvernement sans défendre des convictions et des idées et changer ce pays. Et on en a bien besoin. Rappelez-vous, notamment sur la lutte contre l'islamisme. Nous, nous avions interdit le port du voile intégral dans ce pays. Et c'est nous qui avons voté ça. Nous avons mis fin aux prières de rue. C'est nous qui avons mis ça en place.
Et Gabriel Attal a fait la baïa à l'école.
Non, il n'a pas fait la baïa. C'est-à-dire qu'il a appliqué la loi que nous avons fait adopter sur l'interdiction des ports de signes religieux à l'école en 2004 avec Jacques Chirac.
Il nous reste deux minutes pour parler de la situation internationale. Le président de la République évoque la reconnaissance d'un État palestinien, mais pas tout de suite, en temps utile, pas sous le coup de l'émotion, dit Emmanuel Macron. Est-ce que vous partagez ce point de vue ?
La position de la France a toujours été pour la reconnaissance d'un État palestinien, c'est-à-dire d'avoir deux États. Et moi, je ne prends pas cette expression sous le coup de l'émotion. Je dirais plutôt sous le coup du terrorisme. Parce que là, il ne s'agit pas d'émotion. On est face, en Palestine, à un groupe terroriste qui a attaqué Israël et qui détient encore des otages, dont des enfants, des bébés, des femmes, dans les tunnels de Gaza. Donc, pour que ça s'arrête, il faut que le Hamas rende les armes, libère les otages, libère les enfants. Et qu'ensuite, parce que j'entends, LFI et la nouvelle liste Free Palestine, qui veulent absolument rayer Israël de la carte.
LFI ne veut pas rayer Israël de la carte, même s'ils sont très critiques.
Si, si, si, ils ne veulent pas reconnaître, ils voudraient tout faire pour qu'Israël n'existe plus. Regardez à quelle manifestation ils participent. Donc, quand vous avez LFI d'un côté, plus la nouvelle liste Free Palestine, qui veut un embargo sur Israël, sur les produits israéliens, qui ne veut plus qu'on travaille avec Israël, ces deux listes-là ont été déposées pour être candidates aux élections européennes. En fait, tout ça est extrêmement grave. Si ces gens-là voulaient vraiment défendre, comme nous le voulons, les intérêts de la population palestinienne, eh bien d'abord, il faudrait plutôt prévoir des élections.
Vous savez qu'il n'y a eu aucune élection depuis 2006 en Palestine, que le Parlement palestinien ne s'est pas réuni depuis 2007. Et donc, aujourd'hui, ce territoire est gouverné par des terroristes qui assassinent les gens. Je ne vois pas comment on peut arriver à un État palestinien et à la paix entre ces deux États, tant qu'il n'y aura pas la reconnaissance de l'existence du territoire d'Israël.
Merci Nadine Morano, candidate LR aux Européennes, était l'invité des quatre revêt ce matin. Bonne journée.
Merci à tous les deux. Merci également à Vivien Fonvieille pour la traduction en langue des signes.
C'était Les 4 V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv.
Nadine Morano