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interviewFrançois Ruffin· 26 mars 2026 3 min

Made in Marseille !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Vous venez du côté obscur de la force si je peux dire. Vous venez du monde du prête à porortter et vous avez vu les usines partir à l'autre bout de l'Asie. 25 ans à travailler pour bah les pays délocalisés.

En 2012, j'ai dit stop, on va arrêter, on va essayer de valoriser le territoire français. Là, on est dans l'usine fil rouge à Marseille et tu vois ça c'est des découpeuses pour fabriquer des t-shirts parce qu'il y a des t-shirts qui sont fabriqués en France qui sont made in Marseille. Donc ça prouve que c'est possible.

Alors le surcoup, il est de 30 à 40 % par rapport à un t-shirt produit en Chine. Donc c'est pas le double, le triple, c'est évidemment un peu plus cher, mais c'est pas non plus insurmontable. Et dans la discussion qu'on a eu là avec notamment Annie, c'est intéressant son parcours d'Annie parce que finalement c'est une transfuge, elle vient du côté obscur de la force, elle était dans le prête à porortter, elle a vu et presque, elle a aidé les entreprises à délocaliser à l'autre bout de l'Asie.

Puis à un moment, elle a dit "Bon, j'en ai marre, il faut qu'on produise un nouveau ici." Elle a refondé cet atelier là. Là, j'ai l'un de vos t-shirts.

Alors là, ça se voit. Là, ça se voit très fort que c'est fabriqué en France puisque c'est marqué dessus en grand made in France. Mais en fait, il y a plein de vos t-shirts sur lequels il y a rien de marqué.

On va dans les magasins et y a il y a à peine un petit drapeau tricolur minuscule sur un coin et surtout nos t-shirts sont vendus par d'autres marques parce que nous notre métier c'est la partie industrielle et on fabrique pour des marques. Mais je pense qu'il y a une force aujourd'hui que l'on a perdu, c'est ce savoir-faire et qu'il faut vraiment remettre donc au cœur de l'activité. On a tellement perdu le saloirfaire que vous me racontiez que quand on est une machine compliquée, il faut faire venir des techniciens tunisiens ici pour qu'ils expliquent comment ça marche.

Quand on a des machines à réparer, il faut aller faire former nos techniciens en Tunisie. On est dans un monde où toute l'économie parle de souveraineté économique. On est là, on dit bien c'est bien, il faut faire et on va pas faire produire en France.

L'objectif est pas de faire demain toutes les vestes en cuir, toutes les chemises, tous les caleçons, tous les chaussettes euh en France, mais c'est d'avoir une base minimum là-dedans pour que au moins en cas de crise, par exemple la crise Covid, d'un seul coup, on n'y a plus d'avion, les transports maritimes sont coupés, et bien on puisse quand même continuer à produire des blouses, des surblouses, des masques. Et alors, on a un souci pour maintenir cette base minimale industrielle, c'est la commande publique. parce que les hôpitaux, les écoles, l'armée ne fait pas appel à fil rouge.

C'est du privé parce que le cahier des charges demande juste le prix, le prix, le prix et demande pas où est-ce que c'est produit, à quelles conditions, qu'est-ce qu'il y a en matière d'écologie. Non, c'est juste le prix, le prix, le prix, le prix. Donc là, le By French Act est une urgence et c'est pas compliqué à faire.

Donc on va le faire. Nous président, on fera le By French Act qui assurera des marchés au moins pour faire renaître des parts d'industrie dans tous les secteurs et qu'on fasse repasser très vite la part de l'industrie au-dessus des 10 % du PIB dans notre pays. Yeah.