Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 27 mai 2026 21 min

Jean-Philippe Tanguy : « Avec les résultats aux municipales, on espère avoir un groupe au Sénat »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. De la présidentielle, le Rassemblement National fait toujours largement la course en tête dans les sondages. Mais est-ce vraiment un atout, surtout en l'absence de candidats officiels qui ne pourraient être désignés qu'après la décision judiciaire concernant Marine Le Pen le 7 juillet ? Pour en parler, nous recevons Jean-Philippe Tanguy. Bonjour. Bonjour. Merci d'être notre invité, député de la SON, président du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. L'on le disait, le RN. Président délégué, c'est Marine Le Pen. Président délégué, pardon, du groupe, c'est moi.

Le RN qui fait toujours largement la course en tête dans les intentions de vote. On l'a vu encore hier dans notre baromètre Odoxa. Est-ce que du coup, il va être quand même temps, Jean-Philippe Tanguy, de clarifier la ligne et le projet ?

0:51
Jean-Philippe Tanguy

Nous, on pense que tout est très clair. Donc, je constate effectivement une certaine émulation à Paris pour essayer de créer des divisions au sein du Rassemblement National qui n'existent pas. Mais vous savez, c'est toujours difficile de commenter.

1:04
Présentateur

Il y a des lignes divergentes, on va en parler.

1:05
Jean-Philippe Tanguy

Sincèrement, non, on peut en parler. Je répondrai volontiers à vos questions, évidemment. Mais nous, de notre point de vue, tout ça est très artificiel. Et nous, on voudrait se concentrer sur nos solutions, évidemment, à présenter aux Françaises et aux Français. Je pense que notre ligne, elle est claire, que notre programme, il est clair. Et c'est d'ailleurs pour ça, vous l'avez dit vous-même, qu'on est en avance dans les sondages. Il faut les prendre avec beaucoup d'humilité. Mais effectivement, si les Françaises et les Français n'identifiaient pas un programme dans la situation critique de notre pays et des candidatures claires, je ne pense pas qu'on aurait ces niveaux de satisfaction.

1:36
Présentateur

Mais est-ce qu'un an de l'élection, c'est forcément un atout d'être autant en tête dans les sondages ?

1:42
Jean-Philippe Tanguy

Écoutez, je pense qu'il faut mieux faire envie que pitié. Mais après, c'est une responsabilité, effectivement.

1:48
Présentateur

Le plus dur, c'est d'y rester. C'est-à-dire que ce n'est pas tout d'être en tête à un an de l'élection.

1:52
Jean-Philippe Tanguy

Absolument. Vous avez absolument raison. Il ne faut absolument pas s'endormir sur ces bons sondages. Ça ne fait pas une élection loin de là. Ce n'est pas la mentalité du Rassemblement national de considérer que l'élection est déjà gagnée. Bien au contraire, nous, on est un parti militant. On est sur les propositions. On est à relever un certain nombre de défis très importants pour le pays. On est en dynamique, on l'espère. C'est sûr qu'on ne s'endort pas sur nos lauriers.

2:15
Présentateur

D'autant que les déclarations de candidature se multiplient. Et vous, vous ne pouvez toujours pas officialiser votre candidat. Vous êtes bloqué jusqu'au 7 juillet ?

2:21
Jean-Philippe Tanguy

Non, je ne crois pas sincèrement. Je pense que nos compatriotes, je le vois dans la Somme, et les autres députés ont le même sentiment, la même impression, que nos électeurs ou ceux qui voudraient voter pour nous ont très bien compris que c'était Marine Le Pen la candidat qui, si elle devait être empêchée, et si son innocence, malheureusement, n'était pas reconnue, ce serait Jérardin Bardella. Donc, pour moi, les choses sont claires.

2:41
Présentateur

Mais c'est la même campagne.

2:43
Jean-Philippe Tanguy

Non, ce n'est pas la même campagne. Ce ne sont pas des clones, ils n'ont pas le même parcours, la même expérience, le même caractère, évidemment. Après, pour répondre à ce que vous disiez sur les lignes divergentes, Jérardin Bardella s'est engagé au Rassemblement National pour Marine Le Pen, sur la ligne de Marine Le Pen. Donc, il y aura des nuances, évidemment. Heureusement, d'ailleurs, parce que si on était tous des clones, ce serait un peu effrayant sur ce parti politique. On n'est pas une secte comme d'autres.

3:09
Présentateur

Mais vous dites, nos électeurs, ils savent que c'est Marine Le Pen, sauf si elle est empêchée. On a un peu l'impression, pardon, là aussi, quand on regarde les enquêtes d'opinion, que vos électeurs, ils se sont quand même bien faits à la candidature de Jordan Bardella.

3:19
Jean-Philippe Tanguy

– Oui, écoutez, je pense que c'est plutôt un atout. Moi, je pense que la force de Marine Le Pen, c'est quand même, à ma connaissance, la seule femme avec un grand F, ou homme avec un grand H, politique, à avoir, alors qu'elle était très influente, prévu quelqu'un capable de la remplacer s'il devait y avoir un problème. Sincèrement, je n'en ai pas d'autre exemple de personnalité politique qui n'a pas peur de talents concurrents, qui n'a pas peur d'une personnalité qui, effectivement, dans certains sondages, peut avoir des médias, meilleurs scores que Marine Le Pen, mais pourquoi aussi ?

C'est-à-dire, moi, j'inverse un peu votre question, en tout cas, je le perçois très différemment, c'est que je pense qu'au contraire, Marine Le Pen reste très forte dans les sondages, alors, reconnaissez-lui, qu'une grande part du personnel politique et certains éditorialistes l'ont déjà enterrée, l'ont déjà condamnée. Je rappelle qu'elle est présumée innocente, que moi, mon intime conviction, c'est qu'elle est évidemment innocente, et que donc la justice va l'innocenter. Donc, être à ce niveau-là, quand tout Paris dit que, comment dire, vous êtes déjà condamnée, moi, je trouve que c'est plutôt une performance de Marine Le Pen.

4:23
Présentateur

– Allez, on va rentrer dans le détail sur plusieurs points. D'abord, l'actualité, ce sont ces annonces d'Emmanuel Macron hier, qui a accéléré sur l'électrification en mobilisant le secteur privé. Il veut passer de 27 à 38% d'électricité en 2035, multiplication des bornes de recharge, investissement d'un milliard de Stellantis sur les voitures électriques. Bonne mesure, bonne méthode ?

4:41
Jean-Philippe Tanguy

– Écoutez, tout ce qui permet d'accélérer sur la souveraineté énergétique, nous, on est pour, évidemment. On n'est pas du tout dans la caricature d'être contre l'électrification. Bien au contraire, Marine Le Pen avait présenté en 2022 un plan qu'on avait appelé Marie Curie, bien nommé, qui était l'électrification et sortir et décarboner totalement l'économie française le plus tôt possible, avec un réalisme technologique. J'ai écouté votre sujet sur l'allié avant d'entrer sur le plateau. Tout ça est très sympathique, si vous voulez. Mais le biogaz, pour 3-5% de la consommation française, on est à plus d'un milliard de subventions.

Les panneaux photovoltaïques, on a 4 milliards de subventions par an pour 2% de la production.

5:18
Présentateur

– Et d'où la mobilisation du secteur privé de la part d'Emmanuel Macron, il a raison.

5:21
Jean-Philippe Tanguy

– Oui, mais ça dépend de ce qu'on veut faire. Parce que si on électrifie des usines et que l'électrification les rend non compétitives par rapport à la concurrence européenne ou pire, à la concurrence chinoise, en fait, on va mourir. On va mourir en étant vert. Alors bon, si c'est pour être remplacé par des usines qui tournent au charbon… – C'est-à-dire que l'électrification,

5:41
Présentateur

elle n'est pas forcément gage de souveraineté ?

5:43
Jean-Philippe Tanguy

– Souveraineté, si, parfaitement. Mais par contre, compétitivité, pas forcément. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il faut être sûr que les processus soient rentables et qu'on puisse les exploiter avant de foncer tête baissée. Pourquoi une fois de plus ? Ce n'est pas que je suis contre. C'est que si vous forcez ou si une usine fait un investissement qui fait que les machines deviennent non rentables par rapport à la concurrence, vous allez être écrasé tout simplement. Donc ce n'est pas qu'on ne veut pas faire l'électrification, c'est qu'il faut avoir des technologies qui sont opérationnelles. Regardez la voiture électrique.

Moi, évidemment, que je préfère, si c'est possible, une voiture électrique qui fonctionne avec de l'électricité nucléaire ou les barrages français plutôt qu'une voiture qui fonctionne avec du pétrole d'Arabie Saoudite ou de Russie, évidemment. Bon, sauf que si la voiture ne fonctionne pas, et si vous êtes en ruralité et que l'autonomie de la batterie n'est pas suffisante pour votre quotidien ou si c'est trop cher, vous vous retrouvez gros gens comme devant. Donc, si vous voulez, il faut ce qu'on avait appelé la neutralité technologique. Qu'est-ce que ça veut dire, ce mot un peu bizarre ?

Ça veut dire qu'il faut être sûr, certain, que la technologie que vous choisissez rende le service économique équivalent au thermique, sinon ça ne peut pas fonctionner et que vous mettez beaucoup d'argent dans des choses qui sont décevantes. Et s'il y a un manque de confiance entre les consommateurs et la technologie, ça ne marche pas. Et après, il y a des faux amis. Regarde Stellantis, bon, tant mieux si ils investissent. Un faux ami Stellantis ? Non, non, non, mais vous voyez bien que les partenariats qu'ils font avec la Chine, moi, m'inquiètent. Je suis désolé.

Le fait qu'ils ouvrent nos chaînes de production, nos talents, nos territoires et notre marché des productions chinoises qui, aujourd'hui, avec les informations dont on dispose, peut-être que c'est de l'intox. Attention, parce qu'il faut aussi faire attention, la Chine, ce n'est pas une démocratie et il y a beaucoup d'intimidation et beaucoup de désinformation. Mais un milliard à 1000 loups,

7:24
Présentateur

ce n'est pas un petit investissement pour notre territoire ?

7:26
Jean-Philippe Tanguy

Non, ce n'est pas un petit investissement. Non, mais moi, je suis content qu'il y ait ces investissements. Mais je veux dire, si ces investissements qui, à la fin, profitent aux Chinois parce qu'on a mis le loup dans la bergerie ou le renard dans le poulailler, c'est très proche. Il faut que ça reste au niveau européen ? Oui, et même au niveau français. Parce que pareil, au niveau européen, vous pouvez avoir des faux amis. Vous avez un certain nombre d'États au sein du marché européen qui peuvent être, comment dire, influencés par les capitaux chinois ou l'influence chinoise.

Une fois plus, quand on voit les technologies, en tout cas, les promesses technologiques des constructeurs automobiles chinois, nous avons beaucoup de retard. Alors ça, c'est compliqué parce que moi, je me souviens, quand j'ai fait mes études, malheureusement, ça commence à dater, on nous expliquait d'octement, des gens très intelligents, que les Chinois étaient voués à imiter, c'était pareil pour le Japon, imiter l'Europe et les États-Unis et qu'ils ne seraient pas capables d'innovation. C'est une conception complètement débile.

Aujourd'hui, la Chine, visiblement, a de l'avance technologique sur nous et là, on est un peu désemparé parce que, si vous voulez, ça fait 150 ans qu'on a une certaine avance technologique en Occident et là, j'ai l'impression qu'un certain nombre de gens sont restés dans des vieux schémas. Il faut rattraper.

8:30
Présentateur

Il y a une centaine de parlementaires LR qui appellent à baisser les taxes sur l'électricité pour la rendre plus compétitive face aux énergies fossiles. Ça va encore plus loin que vous qui appellez à baisser la TVA. Vous les rejoignez dans cette demande ?

8:41
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais enfin, je vous rappelle qu'il y a deux ans, ils ont augmenté de 4 milliards LR en premier et au Sénat, les taxes sur l'électricité. Donc, moi, je veux bien, mais le seul groupe qui avait voté contre, c'était le Rassemble national. Donc, on peut augmenter les taxes, les baisser, les augmenter, les baisser. Bon, moi, je suis toujours pour la baisse de taxes. Enfin, permettez-moi de rappeler que la dernière fois qu'ils ont eu à voter dessus, ils ont augmenté de 4 milliards.

9:03
Présentateur

Donc, c'est quoi ? C'est quoi ? De la démagogie, de la politique à l'approche de la présidentielle ?

9:07
Jean-Philippe Tanguy

Les LR sont en train d'essayer de sauver ce qu'il leur reste, à savoir leur siège au Sénat. Donc, ils vont raconter n'importe quoi. C'est pour ça qu'ils font cette question pour vous ? Ah oui, je pense qu'ils vont raconter n'importe quoi pendant deux mois. On les connaît. Là,

9:17
Présentateur

demander à baisser les taxes sur l'électricité, ce n'est pas n'importe quoi. Vous le demandez aussi ?

9:20
Jean-Philippe Tanguy

C'est n'importe quoi par rapport à leur comportement et ce qu'ils ont encore voté au dernier budget. Voilà, écoutez, moi, vous savez, je suis toujours ouvert à des bonnes propositions. Moi, je suis pour baisser effectivement les taxes sur l'électricité. C'est vrai qu'aujourd'hui, les taxes sur l'électricité sont supérieures à celles sur le gaz. Donc, tout ça est effectivement absurde. Enfin, les taxes sur l'électricité ont commencé en 2001 en dehors de la TVA avec la libéralisation du marché européen de l'électricité et c'était Jacques Chirac à l'époque et c'était l'UMP, donc LR. Voilà, bon.

9:48
Présentateur

Sur le pouvoir d'achat, parce que ça, ça va être, c'est une préoccupation majeure des Français et c'est un thème qui sera au cœur de la campagne. D'abord, vous soutenez les annonces de Sébastien Lecornu jeudi pour aider les Français face à la hausse des prix du carburant ?

9:58
Jean-Philippe Tanguy

C'est de toutes petites annonces. Bon, il augmente...

10:01
Présentateur

Qu'est-ce que vous attendiez de plus ?

10:02
Jean-Philippe Tanguy

Ah ben nous, vous l'avez dit, on attendrait la baisse de la TVA de 20 à 5,5 qui permettrait avec nos autres mesures en tout de baisser de 40 centimes au moins le prix par litre. Là, ça ne va pas aider nos compatriotes qui ont besoin de leur voiture, loin de l'oie. On augmente de 300 à 600 euros la prime annuelle des entreprises pour aider le carburant. Tant mieux, mais enfin, c'est les entreprises qui vont payer et le reste, ce sont des aides essentiellement pour empêcher des filières économiques de s'effondrer totalement. Donc évidemment, on n'est pas pour que ça s'effondre. Enfin, franchement, c'était une conférence de presse très très longue.

Comme l'a dit Marine Le Pen, un communiqué de presse aurait suffi et puis en plus, ça aurait été moins prétentieux parce qu'une heure et demie pour enfoncer des portes ouvertes...

10:39
Présentateur

Est-ce qu'il a été prétentieux, vous trouvez ?

10:40
Jean-Philippe Tanguy

J'ai trouvé que le niveau de la conférence de presse de M. Le Cornu et des ministres dont les Français connaissent à peine le nom pour nous expliquer pourquoi ils avaient eu tort hier et qu'ils auraient peut-être raison dans deux semaines était vraiment... On aurait dit Emmanuel Macron mais en version pure à garde.

10:57
Présentateur

Sur cette question, justement, puisqu'on parlait des lignes du RN, est-ce que dans le programme du RN pour la présidentielle, il y aura des suppressions d'impôts ? Est-ce qu'il y aura des augmentations de salaires nets pour les Français et de quelle manière ?

11:08
Jean-Philippe Tanguy

Des suppressions d'impôts ou des baisses d'impôts très importantes. La TVA, nos baisses de TVA, on nous critique assez pour ça, c'est entre 12 et 16 milliards d'euros de rendus aux Français. Il y a d'autres baisses d'impôts qui permettent d'arriver à 25 milliards de baisses d'impôts pour les Français et 20 à 25 pour les entreprises. Donc oui, il y a des baisses d'impôts importantes sur les impôts de production, sur un certain nombre de taxes, sur la consommation qui pèsent très lourd sur les salariés. C'était ce que Marine Le Pen avait appelé la baisse des dépenses contraintes.

C'est qu'aujourd'hui, vous avez votre salaire et vous êtes étouffé par à peine avez-vous touché votre salaire que tous vos prélèvements vous retirent beaucoup d'argent et de pouvoir d'achat. Après, effectivement, nous travaillons avec Marine Le Pen et Jordan Bardella sur des mesures pour augmenter le pouvoir d'achat des salariés.

11:54
Présentateur

Mais lesquelles ? Parce que vous me dites, il n'y a pas de ligne. Là, on a quand même un peu l'impression que Jordan Bardella, lui, il est plus pour une réduction des cotisations salariales, là où Marine Le Pen est plus pour l'exonération des cotisations patronales.

12:03
Jean-Philippe Tanguy

Non, alors vous voyez, c'est intéressant votre question parce que souvent on dit que c'est plutôt Marine Le Pen qui est pour le pouvoir d'achat des salariés, entre guillemets, et Jordan Bardella pour les entreprises. Vous voyez, les choses sont plus compliquées. Non, c'est juste là, on travaille sur des mesures qui sont annoncées. Non, ce n'est pas que c'est flou, c'est qu'il faut que…

12:22
Présentateur

La cotisation salariale ou la cotisation patronale ?

12:24
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais c'est-à-dire qu'on a un calendrier de campagne, si vous voulez, et on annoncera les mesures quand la campagne aura pleinement commencé. Donc là-dessus, par exemple,

12:32
Présentateur

ce n'est pas tranché ?

12:32
Jean-Philippe Tanguy

Non, ce n'est pas tranché, mais en tout cas, c'est prêt. C'est prêt, mais vous ne savez pas quelle ligne sera adoptée ? C'est la candidate qui choisiront les mesures qu'il faut, mais ce n'est pas lié, si vous voulez, au fait que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella qui soit candidat, c'est bien un équilibre général parce qu'il y a des mesures, effectivement, pour au bénéfice du pouvoir d'achat des Françaises et des Français, mais on doit aussi finaliser le plan de rétablissement des comptes publics.

C'est quand même 120 milliards d'euros net, donc effectivement, ça demande encore du travail et des arbitrages pour que le projet soit sérieux parce que, vous comprenez bien, madame, qu'à partir du moment où on va faire des annonces, les marchés financiers et nos prêteurs vont nous juger et qu'aujourd'hui, malheureusement, l'état de la dette est tel que le jugement de nos prêteurs internationaux pèse lourd sur les Françaises et les Français puisque s'ils ne sont pas contents, le taux d'intérêt augmente. Si le taux d'intérêt augmente, la charge de la dette augmente et c'est les Français qui payent. Nous, on ne veut pas que les Français payent.

13:23
Présentateur

Sur la réforme des retraites qui, là, sera aussi, à n'en pas douter, un thème de la campagne, est-ce que vous reviendrez sur la réforme Macron qui place l'âge de départ à 64 ans ?

13:32
Jean-Philippe Tanguy

Tout à fait. Nous reviendrons sur cette réforme. Mais pour faire quoi ? La réforme qui a été présentée par Marine Le Pen et Gérardin Bardala encore à la dernière élection législative, si on revient à 62 ans avec 42 annuités et donc si vous avez commencé à travailler avant 20 ans, vous partez à 60 ans avec les annuités et puis après, entre 40 et 42 ans, vous partez selon votre date d'entrée, votre âge d'entrée dans la réforme. Mais juste qu'on comprenne bien, Jean-Philippe Tanguy, parce que... Si vous avez commencé à travailler tard, vous devrez... Mais c'est ça,

14:00
Présentateur

parce que les gens, ils ont quand même envie de savoir quand ils vont partir. Donc vous dites qu'on va revenir sur les 64 ans d'Emmanuel Macron mais il faut 42 annuités. L'âge moyen d'entrée sur le marché du travail, c'est 22 ans. Donc ça veut dire qu'avec vous aussi, les Français partiront à 64 ans.

14:13
Jean-Philippe Tanguy

Ils pourront partir à 62 ans mais avec une décote.

14:16
Présentateur

Mais s'il faut 62 ans, s'il faut 42 annuités.

14:19
Jean-Philippe Tanguy

Mais à 42 annuités, pour avoir la retraite...

14:20
Présentateur

Pour avoir sa retraite à taux plein, il faut attendre 64 ans.

14:23
Jean-Philippe Tanguy

Vous avez raison, mais ça c'est déjà le cas actuellement. Aujourd'hui, si vous partez même à 63 ans, là c'est 62 ans et 9 mois, et que vous n'avez pas vos annuités, vous avez déjà une décote. Donc notre réforme ne change rien à cela. Notre réforme par contre est remélagé à 62 ans.

14:37
Présentateur

Mais est-ce que ce n'est pas un peu démago de faire croire aux Français qu'avec vous, ils n'iront pas jusqu'à 64 ans ? Ils iront aussi jusqu'à 64 ans ? Ah non, ce n'est pas démago.

14:43
Jean-Philippe Tanguy

On a toujours dit qui n'irait pas jusqu'à 64 ans ? On a toujours dit que c'était pour favoriser ceux qui avaient commencé à travailler tôt et qui avaient donc des métiers...

14:50
Présentateur

Mais comme c'est prévu dans la réforme actuelle ?

14:52
Jean-Philippe Tanguy

Non, aujourd'hui... Dans la réforme actuelle,

14:53
Présentateur

ceux qui commencent à travailler tôt

14:55
Jean-Philippe Tanguy

avant 20 ans, oui, mais on a une zone grise dans la réforme actuelle qui d'ailleurs a été reconnue par Mme Borne. C'est les gens qui ont commencé à travailler tôt mais qui ne sont pas dans le dispositif carrière longue. Alors souvent, on explique effectivement que les gens qui ont des métiers très difficiles qui ont commencé par exemple à 18 ans, c'est vrai qu'aujourd'hui, ils ont des dispositifs. Par contre, vous êtes une infirmière, vous avez fait 3 ans d'études, vous avez commencé à travailler à 21 ans, aujourd'hui malheureusement, vous devez travailler jusqu'à 63 ans. Avec notre réforme, cette infirmière elle pourra partir beaucoup plus tôt, enfin beaucoup plus tôt, un an plus tôt.

15:28
Présentateur

Mais est-ce que vous allez continuer à maintenir un âge de départ ? Ou est-ce que là aussi vous réfléchissez à ne plus tenir compte d'un âge de départ et à ne tenir compte que des annuités ?

15:37
Jean-Philippe Tanguy

Je vous remercie pour cette question parce qu'effectivement Gabriel Attal a fait des annonces qui me paraissent un peu prématurées par rapport aux mesures techniques qu'il a présentées. On voudrait tous, enfin je pense qu'il y a un consensus à l'Assemblée nationale pour supprimer l'âge de départ et que ce soit beaucoup plus simple à savoir vous avez cotisé le droit à telle retraite et vous pouvez partir. Mais ce n'est pas aussi simple que ça pour le moment. Alors on essaie de trouver une solution.

15:59
Présentateur

Mais vous aussi, vous aussi vous travaillez sur l'économie de départ ?

16:01
Jean-Philippe Tanguy

Oui, on a toujours essayé Jordan Bardella l'a annoncé, on essaie de trouver une solution mais force est de constater...

16:06
Présentateur

Est-ce que vous reconnaissez aussi que le système actuel il n'est pas viable ?

16:09
Jean-Philippe Tanguy

Ce n'est pas qu'il n'est pas viable, c'est qu'il est injuste. C'est-à-dire que ce critère d'âge peut créer des injustices une fois plus pour les femmes notamment les femmes qui ont été charges de famille. Essentiellement la charge de famille aujourd'hui, c'est les femmes qui s'en occupent. Ça ne sert à rien de se cacher derrière son petit doigt. Ça crée des injustices. Donc on essaie toujours de s'améliorer mais ce n'est pas si facile. Et si, comment dire, depuis la libération, il y a à la fois une durée de cotisation et un âge légal, nos prédécesseurs avaient de bonnes raisons malheureusement.

Vous savez, j'aime bien critiquer mais pas pour critiquer parce qu'il y a des choses à critiquer mais force est de constater que nos prédécesseurs parfois avaient de bonnes raisons. Mais on travaille et on a bon espoir de trouver une solution.

16:48
Présentateur

Autre sujet, pour là aussi bien comprendre votre ligne, Jean-Philippe Tanguy, il y a un mot nouveau qui est apparu notamment dans la bouche de Marine Le Pen, c'est le mot assistana. Est-ce que là, on est dans un changement de ligne de la part du RN et est-ce que ce n'est pas un peu méprisant pour votre électorat populaire qui est notamment de vôtre, celui de l'électorat des Hauts-de-France ?

17:06
Jean-Philippe Tanguy

Non, non, mais je ne crois pas. Le mot assistana, il était déjà dans les livres de Marine Le Pen à Contreflot, un livre qui avait été écrit il y a 15 ans, je crois, donc ce n'est pas que c'est nouveau, si vous voulez, c'est que nous, on fait bien la différence entre des gens...

17:18
Présentateur

C'est un peu nouveau, c'est un mot qu'elle n'employait pas. C'est un peu le mot de Laurent Wauquiez, le mot assistana, ce n'est pas le mot de Marine Le Pen.

17:23
Jean-Philippe Tanguy

Il n'y a pas que Laurent Wauquiez qui a le droit à ce mot, mais effectivement, j'allais citer M. Wauquiez parce qu'il utilise un très mauvais essai. M. Wauquiez, il fait croire aux Françaises et aux Français qu'il y a un emploi pour les 6 millions de chômeurs et que donc tous ceux à trouver preneurs. Il y a 6 millions de chômeurs ou de personnes sous-employées. Donc, il n'y a pas besoin d'être un génie, mais c'est peut-être le problème de M. Wauquiez pour comprendre que ce n'est pas de la faute des chômeurs. Donc là, utiliser le terme d'assistanat, c'est dévoyer. Par contre, est-ce qu'il y a des fraudeurs ? Est-ce qu'il y a des gens qui abusent de la générosité de notre système ?

Oui, mais il faut bien faire la différence. Souvenez-vous, à l'époque où Marine Le Pen et votre serviteur et le groupe Assemblée nationale n'avaient pas voulu utiliser le terme d'assister comme l'avait fait M. Wauquiez, c'est qu'ils avaient promis 15 heures de travail pour le RSA. Obligez les gens qu'ont le RSA à 15 heures de travail. Ils ont toujours dit que la mesure a été votée. Il y avait un excellent article dans Le Monde, un dossier dans Le Monde de ce week-end, je crois, qui prouvait que tout ça n'existait pas.

18:24
Présentateur

Mais on le voit, Jean-Philippe Tanguy, vous penchez plus particulièrement sur les questions économiques dans votre parti. Il y a une multiplication des gestes en faveur des milieux économiques. Il y a ce fameux déjeuner avec le bureau exécutif du MEDES, une lettre au chef d'entreprise. Est-ce que vous avez besoin de convaincre de votre crédibilité économique aujourd'hui ?

18:41
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais il faut convaincre tout le monde. Il ne faut pas convaincre que le MEDES...

18:43
Présentateur

Mais plus particulièrement les milieux économiques ?

18:45
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais c'est-à-dire avant, ils ne voulaient pas nous recevoir.

18:46
Présentateur

Est-ce que c'est un angle mort, ça, pour le RSA ?

18:48
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais c'était eux l'angle mort. C'est-à-dire qu'avant, ils ne voulaient pas nous recevoir. On a même problème aujourd'hui avec les syndicats, les patrons de syndicats de salariés qui refusent de nous recevoir alors qu'on travaille très bien avec la base sur tout le territoire. Moi, je vois des syndiqués, des salariés syndiqués toutes les semaines dans les Hauts-de-France. Il y a un blocage au niveau de Mme Binet, de Mme Léon qui ne veulent pas nous recevoir avec des arguments fallacieux. C'est dommage. Bon, c'était longtemps le cas aussi du MEDEF. Je constate que ça s'est débloqué tant mieux.

Mais enfin, vous pouvez constater que dans les comptes rendus, notamment du déjeuner avec Marine Le Pen, Marine Le Pen leur a dit effectivement ce qui est dit sur les plateaux. D'ailleurs, il y a quelques patrons qui n'étaient pas contents comme Mme McGregor de Engie. Donc, vous voyez bien qu'on ne s'est pas soumis ou qu'on n'a pas menti. Mais c'est normal d'échanger avec les acteurs économiques. Il faut échanger avec tout le monde. Et pourquoi ? Parce que, si vous voulez, Emmanuel Macron, c'était j'ai raison sur tout, circuler, il n'y a rien à voir. Nous, on n'est pas du tout dans cette démarche. On a des propositions, on a des analyses. Il faut toujours les améliorer.

On peut toujours les améliorer. Votre interlocuteur, quand il est de bonne foi, a toujours une part de vérité.

19:50
Présentateur

Très rapidement, Jean-Philippe Tanguy, on arrive au bout de cette interview. Avant la présidentielle, il y a les sénatoriales. Vous y voyez plus clair sur le nombre de sénateurs ? C'est quoi votre objectif aujourd'hui ?

19:58
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais ce serait un peu absurde de donner des…

20:00
Présentateur

Là, on imagine que vous avez fait les comptes. Vous avez le nombre de maires… Notre compte,

20:03
Jean-Philippe Tanguy

c'est qu'on espère avoir un groupe. On espère avoir un groupe par rapport à nos résultats au municipal. Mais je vais vous dire, la dernière fois, c'est qu'on a eu beaucoup plus de votes que prévu dans un certain nombre de départements. Donc là, on va faire des campagnes actives, sans doute aux dernières sénatoriales à ce nombre de départements qu'on avait sous-estimés. Donc là, on estime qu'effectivement, on peut gagner des sénateurs pas partout, dans le sens où on va gagner partout, mais qu'en tout cas, si on fait campagne, on peut faire des résultats partout.

Les sénatoriales, vous le savez bien, dans cette maison, c'est une élection un peu particulière avec des comportements de vote différents. Là, effectivement, les maires, les conseillers municipaux, les grands électeurs, visiblement, font confiance au rassemblement sénateur.

20:39
Présentateur

On espère,

20:41
Jean-Philippe Tanguy

on n'est pas là à bomber le torse et à être prétentieux. Ce n'est pas le genre. En tout cas, on pense qu'on peut convaincre des gens. Je le voyais en Gironde, vous parliez avec Mme Delattes, sénatrice de la Gironde, Edwige Diaz, que ma collègue députée a annoncé sa candidature. Et je pense que, par exemple, l'énergie et ce qu'Edwige Diaz a montré à l'Assemblée nationale permettra de convaincre les grands électeurs de Gironde, alors que sur le papier, on n'a pas forcément... Elle vise aussi

21:06
Présentateur

la présidence du groupe, Edwige Diaz, si elle est élue...

21:08
Jean-Philippe Tanguy

On vise déjà qu'elle soit élue sénatrice. Vous savez, dans la vie, chaque jour suffit sa peine.

21:15
Présentateur

Merci Jean-Philippe Tanguy. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. On regarde ce qui s'est la ligne dans nos régions. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.