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interviewBFM TV (sur YouTube)· 15 avril 2026 3 min

Des associations veulent rendre imprescriptibles les violences sexuelles contre les mineurs

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Isabelle, mon père a abusé de moi quand j'étais enfant et jusqu'à l'adolescence. [musique] J'avais peur de lui et il m'avait répété de ne rien dire. J'ai décidé de porter plainte et là [musique] on m'a expliqué qu'il y avait prescription.

J'avais alors 32 ans. Nous sommes quand même allés au bout de la démarche, [musique] même si pour moi c'était trop tard. Alors oui, je suis pour l'imprescriptibilité.

Aujourd'hui, un mineur victime de violence sexuelle a entre 20 et 30 [musique] ans a compté de sa majorité pour porter plainte. Ce délai, il est souvent jugé insuffisant par les victimes. Aujourd'hui, j'ai 50 ans.

Il m'a fallu 40 ans avant d'oser porter plainte. J'ai essayé de faire comme si [musique] je me suis épuisée en me dissociant, en luttant contre des symptômes d'un corps torturé par la violence du silence que j'ai cherché à lui imposer. C'est notamment le cas de Coline Berry.

Elle avait porté plainte pour viol et agression sexuelle à l'encontre de son père pour des faits remontant à 1984 [musique] et 1986. L'enquête a été classée sans suite pour prescription. Moi, d'un point de vue personnel, si cette loi avait existé, ça aurait changé beaucoup de choses.

Que l'émotion traverse de de la colère, de la de la du chagrin euh et en même temps euh l'envie de de continuer à se battre parce que si j'ai posé déposé plainte, c'est pour que peut-être aussi cette plainte existe et que si la l'imprescébilité passe, on puisse en faire quelque chose. C'est pour mes enfants aussi. Je l'ai fait pour que pour que ce silence et ce ce déni se se brise et qui arrête de se répéter de de génération en génération.

Eux, ce sont les députés Arnaud Bonet et Alexandra Martin. Ils ont travaillé sur un rapport qui a été présenté à l'Assemblée nationale [musique] ce 15 avril et qui vise à supprimer la prescription en cas de violence sexuelle commis sur mineur. [musique] Une proposition de loi a également été déposée.

Nous parlons quand même quand sur ces violences sexuelles de bébés. Nous parlons d'enfants de moins de 6 ans. Ce sont parfois des enfants qui subissent ses faits pendant 20 ans.

Et pour ça que cette proposition loi est un petit peu plus élargie, un petit peu différente. Nous avons rajouté dedans l'ensemble des crimes faites aux enfants. Cette proposition est soutenue par plusieurs associations.

En France, près de 160000 [musique] enfants par an victimes de violence sexuelle. Pour beaucoup d'entre eux, il faudra des années pour en parler. Plusieurs raisons l'expliquent. sortir de son schéma familial, sortir du silence, sortir du tabou, ça demande du temps.

Ça demande du temps pour se réapproprier son histoire et ça demande du temps pour avoir le courage de s'opposer à tous ces carcans familiaux. On a des témoignages tous les jours de victimes qui auraient voulu déposer plainte et on leur dit bah non, c'est trop tard, c'est pas admissible. À la civise, parmi les 30000 témoignages qui ont été reçus, 75 % des témoignages sont pour des victimes pour lesquelles les faits sont prescrits.

C'est pas juste dans notre société en 2026. On ne peut plus avoir ça et on ne peut plus dire aux victimes c'est trop tard. Non, il faut qu'on puisse euh accueillir leurs paroles.

Il faut qu'on puisse leur laisser la possibilité de déposer plainte quand elles sont prêtes et pas quand la justice le décrète. Mais rendre les violences sexuelles sur mineurs imprescriptibles suscitent de nombreux débats. En France, seuls les crimes contre l'humanité sont concernés.

Le Conseil national des barreaux craint de son côté un engorgement des tribunaux et le risque de classement sans suite au vu du temps écoulé et d'une possible disparition des preuves. En 2025, le Parlement européen avait néanmoins voté favorablement à la suppression des délais de prescription sur les violences sexuelles [musique] concernant des mineurs.