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interviewRMC· 5 juillet 2023 22 min

L'interview politique intégrale de Bruno Le Maire sur RMC

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Bruno Le Maire

Merci d'être dans ce studio ce matin. Vous êtes le ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et économique. Et je vais vous dire, on va parler de tout ça. On va parler de l'économie, on va parler des finances et on va parler aussi de l'industrie et du renouvellement industriel de la France. Mais d'abord, combien ça va coûter tout ça et à qui ? Qui va finir par payer les dégâts, les pillages, les violences ? Est-ce que c'est les habitants eux-mêmes ? Est-ce que c'est les assureurs ? Est-ce que c'est l'État ? Est-ce que c'est les parents ? Qui doit payer ?

0:29
Invité

C'est d'abord les assureurs qui vont payer. Les commerces sont assurés, les assurances doivent jouer et elles joueront. Je les remercie d'ailleurs d'avoir accepté de simplifier les procédures, d'allonger le délai de dépôt de plainte. Et j'appelle tous les commerçants qui nous écoutent à déposer leur plainte le plus vite possible, même si le délai a été étendu à notre demande de 5 jours à 30 jours. Et les assureurs ont accepté, ce qui était une demande forte du gouvernement, de réduire les franchises pour les commerçants indépendants qui sont les plus touchés. Parce qu'il faut bien mesurer que c'est plus de 1000 commerces qui ont été touchés. C'est près de 500 débits de tabac.

C'est près de 400 agences bancaires. C'est des centres commerciaux. C'est des magasins de sport. Tout ça pour rien. Absolument pour rien. C'est détruire pour détruire. Abîmer le pays pour abîmer le pays. C'est totalement inqualifiable, inexcusable et injustifiable. Et donc je voudrais avoir un mot de soutien, pas simplement un mot de soutien financier. J'étais hier à Arpajon avec la ministre des PME, Olivier Grégoire, et j'ai vu le désarroi complet des commerçants. Leur colère parfois, mais surtout leur tristesse profonde, leur abattement.

Quand vous avez 2 ans, 5 ans, 20 ans de travail qui partent en fumée du jour au lendemain, quand on voit, j'ai vu un fromager à Arpajon, sa vitrine a été saccagée et l'intérieur saccagé aussi. Mais pourquoi ? Pour voler des fromages ? J'ai vu un cinéma à Arpajon. Le cinéma a été lui aussi pillé, la vitrine cassée. Le cinéma avait été refait à 9 pour les jeunes des quartiers, avec des séances à 4 euros la séance, spécialement pour les jeunes des quartiers. Ils ont détruit la vitrine et ils ont volé quoi ? Des chips et des canettes de coca. Tout ça est absurde et révoltant. Donc je veux dire vraiment avec beaucoup de cœur, mon soutien à tous les commerçants de France.

Je pense à vous et nous ferons le nécessaire avec les assureurs et évidemment sur les charges sociales et fiscales pour être à vos côtés dans les mois qui viennent.

2:28
Bruno Le Maire

Quand vous dites sur les charges fiscales et sociales, est-ce que vous allez juste les reporter ou est-ce que vous allez leur offrir, dire attendez on fait un vrai geste ? Parce que pour l'instant c'est surtout des reports ce que vous faites, des reports de charges, des reports de PGE. Oui, ce sera principalement des reports, mais je le dis là aussi, certains ont besoin de plus.

2:44
Invité

Lorsque tout votre débit de tabac a été brûlé, lorsque votre commerce ne peut pas redémarrer, nous annulerons les charges sociales et les charges fiscales. Annulé ? Annulé, oui. Quand vous ne pouvez pas redémarrer, il y en a, il y a juste la vitrine qui a été cassée. C'est très violent, c'est très dur à vivre. Mais on met des plaques en bois, on reconstruit la vitrine et on peut redémarrer dans quelques jours. Il y en a d'autres, tout a été détruit. Ça a été incendié, une fois encore, pour rien, dans un acte d'une violence et d'une bêtise absolument incommensurable. Ces commerçants-là, nous annulerons les charges sociales et fiscales.

3:19
Bruno Le Maire

Et que ferez-vous pour la perte d'exploitation ? C'est-à-dire pour tous ces jours où ils ne pourront plus faire de schiste ? Il n'y a plus rien qui rentre.

3:24
Invité

C'est là que l'annulation des charges sociales et fiscales pourra jouer. Mais vous avez la moitié des commerçants qui sont couverts pour perte d'exploitation. Donc ceux-là pourront faire jouer leurs assurances. Et pour les autres, on regardera une fois encore au cas par cas. Et j'ai rétabli dans chaque préfecture un conseiller à la sortie de crise. C'est-à-dire une personne physique. Je tiens beaucoup à ce qu'il y a un contact physique. Parce que les commerçants que j'ai vus, très souvent en larmes, ils n'ont pas besoin d'un ordinateur. Ils ont besoin d'un regard en face d'eux.

Et d'une personne qui leur parle et qui leur explique voilà ce que l'on va faire, voilà comment on peut vous accompagner. Donc je les invite tous à consulter le site impôts.gouv.fr. Ils trouveront le 06 du conseiller à la sortie de crise dans la préfecture. Et ils peuvent y aller, il y a des équipes à leur disposition.

4:04
Bruno Le Maire

Mais je voudrais bien comprendre les choses Bruno Le Maire. Vous nous dites ce matin que pour ceux qui sont le plus durement touchés, vous êtes prêts à annuler purement et simplement les charges. Tout à fait. Et à prendre en charge une partie de la perte d'exploitation.

4:14
Invité

Et nous verrons, on le fera encore, au cas par cas, dans le cadre des conseillers à la sortie de crise, ce qui doit être fait. L'annulation des charges sociales et fiscales, c'est déjà un geste très puissant. Ça va aider beaucoup la trésorerie des commerçants les plus touchés. S'il y a besoin d'aide spécifique, complémentaire, sur un commerçant ici ou un commerçant là, nous serons.

4:33
Bruno Le Maire

Vous ne vous interdisez rien ?

4:34
Invité

Je ne m'interdis rien parce que je pense qu'il faut bien mesurer l'état de choc dans lequel sont les commerçants qui ont été agressés. Et au-delà des commerçants, tous nos compatriotes. La violence que nous avons vue depuis cinq jours a bouleversé nos compatriotes.

4:50
Bruno Le Maire

Est-ce que les parents doivent aussi payer pour leurs enfants ? Cette question, elle revient notamment du côté de la droite depuis quelques jours. Est-ce qu'il faut supprimer les aides ? Est-ce qu'il faut supprimer les allocations ? Est-ce qu'il faut aussi supprimer les ados de logement pour des parents dont les enfants seraient jugés, condamnés pour ces émeutes ?

5:06
Invité

Qu'il y ait la responsabilité des parents, bien sûr. L'un des faits saillants de ces émeutes, c'est qu'il y a eu beaucoup de jeunes mineurs. Des enfants de 13, 14, 15 ans qui étaient dans la rue, qui ont saccagé, qui ont pillé. Quand vous avez des enfants, vous en êtes responsable. Ce n'est pas facile quand c'est des adolescents, je le sais bien. Mais vous en êtes responsable. C'est vous qui vous occupez de les soigner, de les éduquer, de les élever. C'est votre responsabilité. Et je pense qu'il est important, dans ces moments troublés, de rappeler des choses simples. La responsabilité des parents est d'éduquer et d'élever leurs enfants. Et de veiller sur eux.

5:42
Bruno Le Maire

Il faut qu'il y ait des conséquences pour les parents.

5:48
Invité

Lorsqu'ils ne respectent pas ce qui est la règle, qui est d'élever et d'éduquer leurs enfants, ça doit avoir des conséquences pour les parents. Lesquelles ? Il va y avoir beaucoup de propositions. Moi, je ne vais pas trancher ce matin. Chaque fois, il y a des sujets juridiques, il y a des sujets légaux. Il peut y avoir aussi des sujets moraux. Est-ce qu'il faut exclure du logement social ? Est-ce qu'il faut revenir sur les allocations familiales ? Tout ça doit être considéré avec beaucoup d'attention.

6:10
Bruno Le Maire

C'est des questions, mais vous n'avez pas de réponse.

6:12
Invité

Non, parce qu'il faut avoir un débat. Rien n'est si simple que cela. En tout cas, vous n'êtes pas opposé à l'idée que les parents... Je ne veux surtout pas que dans la précipitation, nous prenions des mesures dont les faits seraient contraires à ce qui est recherché. Prenez les allocations familiales. Vous avez une femme seule. Elle a quatre enfants. L'aîné a 16 ans. Il a pillé. Les trois derniers sont exemplaires à l'école. Vous avez deux filles, un garçon. Ils sont exemplaires à l'école. Ils travaillent bien. Ils se donnent du mal. Ils font leur devoir le soir dans des conditions pas toujours évidentes.

Est-ce que c'est une bonne idée de lui supprimer les allocations familiales parce que celui de 16 ans s'est mal comporté ? Je ne sais pas. Il y a peut-être des solutions qui sont plus efficaces. En tout cas, je veux qu'il n'y ait aucune ambiguïté. Oui, il faut engager la responsabilité des parents. Mais faisons-le de manière efficace et juste.

6:50
Bruno Le Maire

On a parlé des sous pour rembourser les commerçants. Qu'en est-il pour rembourser le service public ? Pour reconstruire des services publics qui n'étaient déjà quand même pas flambants et qui se retrouvent carrément, quasiment à l'arrêt. Je recevais ce matin le maire d'Aulnay-sur-Sous-Bois, Bruno Béchisa, qui nous disait qu'il n'a plus de cuisine centrale. Il ne peut plus faire de plat chaud pour les écoles. Il n'est même pas sûr de pouvoir le faire à la rentrée. Il a 50 voitures de la pénis municipale qui ont cramé. 50 véhicules qui ont cramé. Il a besoin de ça tout de suite. Il dit « c'est sympa, on m'a reçu à l'Elysée hier, mais c'est de la chale de l'inothérapie.

Moi, je veux des sous, je veux du saumage trébuchant. »

7:27
Invité

Ce que vous dites, c'est de tout de suite. Tout de suite, c'est quoi ? C'est d'abord modifier les règles pour que nous puissions reconstruire les mairies qui ont été saccagées, les écoles, les bibliothèques qui ont été brûlées le plus rapidement possible. Et pour ça qu'on puisse s'affranchir des règles ordinaires qui ralentissent les travaux avec des autorisations qui prennent des plombes, il faut que ça aille vite, le plus vite possible.

Donc nous allons dès ce matin, au Conseil des ministres, examiner à la demande du président de la République les mesures soit réglementaires, soit législatives, qui permettent de reconstruire vite, d'être aux côtés des maires, d'être aux côtés de nos concitoyens, et qu'on puisse effacer le plus vite possible la trace de ces événements pour avoir des bâtiments publics qui soient reconstruits. Ensuite, combien ça coûtera ? Quelles sont les aides qui seront nécessaires ? Ma porte est ouverte pour en discuter avec... C'est le retour du poids qui l'en coûte ? Non, certainement pas. J'ai vu des chiffres qui circulaient sur les commerçants.

Aujourd'hui, le seul chiffre officiel disponible, c'est celui de la Fédération française des assurances, 280 millions d'euros pour les dégâts qui ont déjà été déclarés. Alors, tous les sinistres ne l'ont pas été. Mais je pense qu'il est important de ne pas donner le sentiment...

8:30
Bruno Le Maire

Mais au final, ce ne sera pas un milliard pour vous ? Je ne sais pas combien ce sera,

8:33
Invité

mais soyons prudents sur les chiffres.

8:34
Bruno Le Maire

Farfelus du médecin.

8:35
Invité

Soyons prudents sur les chiffres. Il n'est pas question de revenir à quoi qu'il en coûte. Il est question de soutenir chaque commerce qui a été touché, chaque maire dont les bâtiments publics ont été abîmés.

8:45
Bruno Le Maire

Le chômage partiel, est-ce qu'il sera aussi pris en compte ? Il y a une partie de ceux qui travaillaient, soit dans ces bâtiments, dans ces banches, dans ces magasins ?

8:55
Invité

Le chômage partiel sera utilisé, mais c'est le chômage partiel dans sa version classique, pas dans sa version exceptionnelle du Covid, avec un reste à charge pour les entreprises.

9:03
Bruno Le Maire

Nous sommes le 5 juillet, Bruno Le Maire, et c'est donc le mois de juillet. Je voudrais que vous écoutiez ce que vous disiez à ce même micro le 9 juin dernier.

9:11
Invité

Je dis aux Français que dès le mois de juillet, sur un certain nombre de références et de produits, les prix baisseront en juillet. Et nous le vérifierons, et nous sanctionnerons ceux qui ne jouent pas le jeu.

9:24
Bruno Le Maire

Vous la constatez, vous, la baisse de prix ?

9:25
Invité

Comme quoi je ne dis pas que des bêtises, parce que c'est exact. Vous avez un certain nombre de prix qui ont commencé à baisser au début du mois de juillet, et ça devrait s'accélérer dans le courant du mois de juillet. Je m'étais engagé à ce que l'inflation ralentisse et diminue au tournant de l'été. C'est le cas. J'ai toujours dit que pour les prix alimentaires, ce serait plus lent, et que ce serait aussi le cas. C'est le cas. Aujourd'hui, tout le monde commence à jouer le jeu. Ça a été un bras de fer difficile, mais tout le monde a commencé à jouer le jeu.

Les distributeurs, qui ont fait œuvre utile dès le départ avec le trimestre anti-inflation, et ensuite les industriels, qui ont été un peu plus difficiles à convaincre, mais ils s'y sont mis. Donc vous allez avoir, dans le courant du mois de juillet, ça a déjà commencé, un certain nombre de produits. Je pense à la volaille, je pense aux céréales, je pense aux pâtes, je pense aux huiles, dont les prix vont commencer à baisser. Je sais bien quand vous faites vos courses...

10:12
Bruno Le Maire

Pour l'instant, c'est du 0,1%. C'est rien.

10:14
Invité

Ça augmentait de 1, 2, 3% chaque mois, avec des hausses qui étaient de 13, 14, 15% par mois, par rapport au mois de référence de 2022. Là, la baisse commence. Et il faut qu'elle s'accélère, avec l'objectif que d'ici l'automne, nous ayons cassé cette spirale inflationniste sur les prix.

10:33
Bruno Le Maire

Vous considérez que ça y est, l'inflation est quand même... Le gros de l'inflation est derrière nous ?

10:36
Invité

Non, je ne dis pas que le gros de l'inflation est derrière nous. Je dis qu'elle devait commencer à baisser à l'été, que c'était mon engagement, que cet engagement est tenu, qu'un certain nombre de prix de produits alimentaires devaient baisser, cet engagement est aussi tenu, et qu'il faut accélérer pour que ce soit visible dans le panier des consommateurs. Ça, ce sera à l'automne, où vraiment, je pense, que la baisse sera plus visible.

10:55
Bruno Le Maire

Vous n'aurez donc pas besoin de sortir le bâton ? Vous aviez menacé... Il reste... De faire du Neyman Schem, comme on dit, c'est-à-dire de pointer du doigt les industriels qui ne joueraient pas le jeu ?

11:04
Invité

Il reste 4 ou 5 grands industriels, grandes multinationales, qui ne jouent pas le jeu. Lesquels ? Je suis en discussion avec elles, et soit on arrive à trouver... Vous ne diriez pas lesquels ?

11:12
Bruno Le Maire

Vous dites toujours que vous allez le faire, puis vous ne le faites pas.

11:14
Invité

Parce que je constate que la menace, c'est parfois efficace, et que ce qui compte pour moi, ce n'est pas de me faire plaisir en citant des noms et en les clouant aux pilories, c'est que les prix baissent pour le consommateur. Donc je préfère jouer de ce levier. Ils sont dans une situation économique très difficile, ce que je peux comprendre. Un ou deux sans aucune raison valable à cela. Soit ils obtent en paire et ils jouent le jeu d'ici la semaine prochaine, soit nous donnerons leur nom, et puis les consommateurs seront libres de choisir s'ils continuent à acheter leurs produits ou non.

11:44
Bruno Le Maire

C'est dans l'alimentaire ?

11:45
Invité

C'est des multinationales qui ne se font pas que de l'alimentaire, c'est aussi hygiène, produits de beauté et autres produits.

11:51
Bruno Le Maire

Unilever, Mars...

11:53
Invité

Je ne donne pas de nom ce matin. Mais je vous le dis, si jamais ces deux ou trois multinationales qui ont les moyens de baisser les prix et ne le font pas, il faut que le consommateur le sache.

12:01
Bruno Le Maire

D'ici la semaine prochaine, on a bien compris, il y a aussi cette menace de taxer. Vous aviez dit, s'il le faut, j'utiliserai l'outil fiscal. Et pourquoi vous ne le faites pas ? C'est-à-dire, quand on regarde le FMI, le FMI nous dit aujourd'hui que 45% de la marge, de la marge, c'est-à-dire de ce qu'est, de cette inflation, de cette part qui a augmenté, 45% pour toute l'Union européenne, 45% c'est dû à une augmentation du chiffre d'affaires des entreprises.

12:25
Invité

Nous avons récupéré les marges excessives qui ont été faites par les producteurs d'énergie. Ça nous a rapporté plusieurs milliards d'euros qui ont financé le bouclier contre l'augmentation du prix du gaz et de l'électricité. Donc on l'a fait.

12:36
Bruno Le Maire

Et pourquoi vous ne voyez pas

12:36
Invité

une taxe exceptionnelle là ? Parce que je préfère que l'argent aille dans la poche du consommateur. La taxe, ça va dans ma poche. Alors je suis très content comme mise des finances, ça remplit les caisses de l'État. Mais ça ne remplit pas les poches des Français. Donc il est plus difficile, plus exigeant, mais dans le fond, plus juste et plus efficace pour le consommateur d'obtenir des baisses de prix. J'ai obtenu des baisses de prix. Et ces baisses de prix, elles vont dans la poche du consommateur. Et moi, mon obsession, c'est le citoyen. C'est le consommateur. Ce n'est pas de remplir les caisses de l'État avec une taxe. C'est facile de faire voter une taxe. Tout le monde est pour.

Donc vous arrivez au Parlement, vous proposez une taxe, vous pointez du doigt les industriels, tout le monde est content. Et à nouveau, la France se singularise avec des niveaux de taxes trop élevés. Et le consommateur qui n'a rien vu. Je pense d'abord et avant tout au consommateur.

13:18
Bruno Le Maire

Une question sur le livret A. Le livret A, Bruno Le Maire, le taux du livret A est aujourd'hui de 3%. Et certains économistes disent qu'il pourrait atteindre 4,1%. Atteindre 4,1%. Est-ce que vous confirmez ? Est-ce que c'est une perspective à laquelle vous êtes attaché ?

13:33
Invité

Je confirme rien du tout. Je confirme juste que le gouverneur de la Banque de France me fera ses propositions en fin de semaine prochaine. Donc j'examinerai les propositions du gouverneur sur le livret A comme sur le livret des pannes populaires. Et puis je prendrai ma décision après les recommandations

13:47
Bruno Le Maire

Mais vous confirmez que le livret A restera intéressant, plus intéressant que l'inflation.

13:51
Invité

Le livret A, il est intéressant. Aujourd'hui, ce qui est le plus intéressant, c'est le livret des pannes populaires. Et je redis, nous avons réussi à faire augmenter de 20% le nombre de titulaires d'un livret des pannes populaires. Mais il reste encore plusieurs millions de nos compatriotes qui pourraient avoir accès à ce livret des pannes populaires avec un revenu garanti de plus de 6%. C'est-à-dire maintenant très au-dessus de l'inflation. Donc je dis à ces millions de nos compatriotes qui ont droit au livret des pannes populaires, ouvrez un livret des pannes populaires. Il n'y a pas de meilleure protection de votre épargne.

Et quant au taux, une fois encore, j'attendrai la proposition du gouverneur.

14:21
Bruno Le Maire

Il y a Carlos Tavares, le patron de Renault, qui s'exprime aujourd'hui dans le journal Le Figaro et qui a l'air de vous renvoyer dans vos buts. Vous aviez dit qu'il fallait que notamment Renault relocalise la production de la voiture électrique. Vous avez parlé de la vallée de l'électricité désormais. Et c'est vraiment là-dessus que vous misez beaucoup pour le renouvellement industriel de la France. Sauf que lui, il dit « Ben non, en fait, l'Europe a déroulé le tapis rouge aux constructeurs chinois et je veux surtout que le ministère me laisse tranquille sur ma stratégie industrielle et décider si je veux relocaliser ou pas. » Il a l'air de dire d'ailleurs qu'il ne va pas le faire.

14:57
Invité

Nous verrons. Bien content par ailleurs, M. Tavares, comme d'autres industriels, de bénéficier des aides françaises, des bonus sur les véhicules électriques, du soutien à l'industrie française. Moi, j'ai un seul point réel de désaccord avec Carlos Tavares. Quand on voit l'accélération du changement climatique, quand on voit ce qu'on a connu au mois de juin, je pense qu'il faut accélérer la bascule vers le véhicule électrique et que la bonne stratégie économique, c'est de s'engager totalement vers le véhicule électrique. Ensuite, je sais que Carlos Tavares est un homme de défi et qu'il les a relevés brillamment dans sa carrière industrielle.

Il va continuer à construire des véhicules en France. Il construira des véhicules électriques.

15:36
Bruno Le Maire

Vous continuez, oui, mais c'est ce dont vous espériez qu'il allait revenir comme la E208 ?

15:40
Invité

Il suffit très clairement à produire des véhicules électriques haut de gamme en France. Oui, mais vous voyez aussi

15:45
Bruno Le Maire

la petite voiture.

15:46
Invité

Eh bien, je lui demande de relever ce défi. Je souhaite qu'il relève ce défi de construire des petits véhicules électriques comme la E208 en France. Peut-être pas intégralement la production de l'E208, mais pourquoi pas une partie ? Ce que je constate, c'est que Luca De Meo, chez Renault, construit un petit véhicule, la R5 électrique. Et pourquoi Célentis

16:05
Bruno Le Maire

le ferait pas ?

16:06
Invité

Eh bien, c'est justement la question que je pose et je sais une fois encore que Klaus Tavares est un grand industriel, que c'est un homme de défi, qu'il a fait un travail exceptionnel à la tête de PSA et maintenant à la tête de Célentis.

16:16
Bruno Le Maire

Là, c'est la partie où vous dites qu'il est gentil. Mais la vérité, c'est qu'il vous provoque un peu. Mais c'est pas une question de gentil ou de méchant. Il vous provoque un peu là quand même.

16:21
Invité

C'est juste une question de défi industriel. Le défi industriel pour la France, c'est de construire non seulement des véhicules haut de gamme, mais aussi des petits véhicules électriques comme la E208 sur notre territoire. Moi, je souhaite que Klaus Tavares relève le gant et relève ce défi.

16:37
Bruno Le Maire

Vous le souhaitez, mais il ne le fait pas.

16:39
Invité

Mais nous verrons, on va continuer les discussions.

16:40
Bruno Le Maire

Enfin, il le dit ce matin, il dit qu'il ne le fait pas.

16:41
Invité

Mais il ne dit pas les choses aussi clairement que cela. Il dit qu'il peut faire des véhicules électriques haut de gamme en France, que c'est plus difficile pour les véhicules électriques de taille plus réduite comme la E208. Je dis, voilà, il y a un défi, mais relevons-le ensemble. Nous, nous apportons des aides. Nous, nous aidons l'industrie. Nous, nous essayons de favoriser l'achat de véhicules électriques sur notre territoire. Je souhaite que les industriels fassent preuve aussi, tout simplement, d'un peu de patriotisme économique. L'économie, c'est effectivement des comptes de résultats. C'est des marges qu'il faut réaliser, mais c'est aussi un peu de patriotisme.

17:14
Bruno Le Maire

Enfin, là, lui, il dit que l'Europe s'est trompée, qu'elle a tout fait à l'envers, qu'elle a déroulé le tapis rouge aux constructeurs chinois et qu'il ne faut donc pas s'étonner aujourd'hui qu'il n'ait pas les moyens, lui, de faire revenir la production de la Peugeot de 100 euros.

17:27
Invité

Mais l'Europe a pris, mais je partage le constat sur le fait que l'Europe a pris 5 à 10 ans de retard sur le véhicule électrique par rapport à la Chine. Mais regardez sur les batteries. Toutes les batteries électriques étaient produites en Chine. On a réussi à rattraper notre retard grâce à l'action du président de la République et du gouvernement. On va ouvrir 4 gigas factory produisant des batteries électriques sur le sol français. Donc le défi peut être relevé. Et on me disait il y a 5 ou 6 ans, mais abandonner les batteries électriques, ça ne marchera jamais. Nous y sommes arrivés. Nous créons des emplois à Dunkerque, à Douvrain et ailleurs.

Je souhaite qu'on fasse la même chose sur le véhicule, sur les véhicules électriques haut de gamme, mais aussi sur les petits véhicules électriques.

18:01
Bruno Le Maire

Et puisqu'on parle de voitures, il y a toutes ces voitures qui ont brûlé, de nombreux propriétaires de voitures brûlées dans les émeutes qui n'étaient pas assurés pour l'incendie, pour le risque d'incendie et qui se retrouvent sans voiture pour aller travailler, sans voiture pour emmener les enfants à l'école. Qu'est-ce que vous allez faire pour eux ?

18:18
Invité

Je redis à quel point c'est révoltant et à quel point la première leçon attirée de ces jours et ces nuits d'émeutes et de ces jours que nous venons de vivre, c'est le respect de l'autorité. Le problème fondamental de notre nation, c'est le respect de l'autorité. L'autorité des policiers, l'autorité de l'école, l'autorité du médecin, l'autorité des institutions, l'autorité du maire. Il faut rétablir le respect de l'autorité entre pays. Non, ce n'est pas du tout l'expression que je reprendrai. Comme l'a dit le président. Justement, l'autorité n'a pas besoin de claques. L'autorité, elle est naturelle. Elle n'a pas besoin de claques. Et c'est ça.

18:59
Bruno Le Maire

Elle n'a pas l'air d'être naturelle. Est-ce qu'il faut trouver d'autres solutions ?

19:02
Invité

L'autorité doit être naturelle. Quand j'étais à l'école, l'enseignant que j'avais en face de moi, j'avais du respect pour lui. C'est l'autorité. Quand je rencontrais des personnalités, j'avais du respect pour ses personnalités.

19:13
Bruno Le Maire

Mais ça, c'est un très joli tableau. Quand vous avez le maire de l'Aïdérose qui vous dit quand un enfant tape une enseignante qu'on le renvoie, on a le père qui vient

19:21
Invité

et qui crache à la figure de la directrice. Je rejoins entièrement ce que dit Vincent Jean-Brun, qui est un ami, quelqu'un qui j'adresse une nouvelle fois tout mon soutien à lui et à sa famille. Le respect de l'autorité ne peut pas être négociable. Parce qu'il n'y a pas de nation sans règles communes et sans valeurs communes.

19:39
Bruno Le Maire

Moi, j'ai l'impression que ça est très théorique.

19:40
Invité

Non, ça n'est pas théorique.

19:41
Bruno Le Maire

Tout le monde est d'accord, en théorie.

19:43
Invité

Mais c'est ce vers quoi il faut s'engager avec les sanctions appropriées, le moyen de faire respecter ces règles. Sinon, il n'y a plus de nation possible. Il y a des communautés. S'il y a d'un côté les gens qui respectent les règles et les autres qui ne les respectent pas, vous n'avez plus une nation. Vous avez des communautés qui sont face à face.

19:56
Bruno Le Maire

Mais vous dites si, mais c'est déjà le cas.

19:57
Invité

C'est déjà le cas dans un certain nombre de lieux du territoire. Mais ça doit être notre défi collectif, le respect de l'autorité. Je vous repose la question des voitures. Je reviens aux voitures. Ces voitures ne sont pas assurées. Tous risques ont uniquement une garantie au tiers. Nous allons rétablir et utiliser le fonds de garantie aux victimes avec le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, qui permettra d'indemniser les personnes les plus modestes, ceux qui ont un revenu, pour être tout à fait exact, inférieur à 26 000 euros par an. Elles pourront avoir une indemnisation jusqu'à 4 600 euros pour leur véhicule.

20:31
Bruno Le Maire

Mais c'est toujours pareil. C'est très bien de mettre un montant. Mais il y a ceux qui bossent, qui gagnent leur vie, mais pas suffisamment pour s'en sortir. Et juste au-dessus de ce plafond, qui n'ont plus de voitures pour aller travailler,

20:41
Invité

il se trouve que c'est les personnes les plus modestes qui ont été touchées, que le fonds de garantie des victimes est réservé aux personnes qui ont les revenus les plus modestes. Moi, je pense tout simplement à la personne qui doit aller travailler le matin pour faire le ménage chez Carrefour ou ailleurs, qui doit prendre sa voiture, sa voiture a brûlé, elle se retrouve au chômage technique uniquement parce qu'elle a été l'objet d'une agression qui est inqualifiable et qui est absolument révoltante. Je souhaite qu'elle puisse s'analyser le plus vite possible pour se racheter un véhicule et vous débloquerez donc ce fonds

21:10
Bruno Le Maire

en priorité pour Bruno Le Maire, ministre de l'Économie. Merci d'avoir répondu à mes questions. Il est 8h54 sur RMC BFM TV.

21:15
Présentateur

Merci à Pauline de Malheur dans quelques instants de live sur BFM TV. Bien sûr, nous reviendrons sur l'affaire de la cagnotte du policier qui a été clôturée avec ce chiffre. 1 636 000 euros. La famille de Naël porte plainte. L'extrême droite est accusée de récupération. Et puis le maire de Reims va annoncer sur BFM TV dans quelques instants qu'il veut sanctionner les familles de délinquants et les expulser des logements sociaux. A tout de suite.

21:40
Invité

Il était une fois un majestien maîtrisant le froid et la glace.

21:51
Présentateur

Le froid, je ne sais pas. Mais les sorbets, oui. Merci papy. Oh, elles sont polies. Bon, il était une fois la sorbetière à 19,99 euros. Satisfait ou remboursé pendant 2 mois. Dès maintenant, chez Aldi. Aldi, place aux nouveaux consommateurs.

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