« La bataille budgétaire n’en est qu’au début. Les masques vont tomber » - Olivier Faure
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Thomas Auto RTL matin, il est le premier secrétaire du PS. Ses ennemis sur sa gauche l'accusent aussi d'être la béquille du macronisme finissant. Olivier Fort est l'invité d' RTL Matin.
Bonjour et bienvenue sur RTL Olivier Fort. Bonjour Thomas Roto. Tout à l'heure Nicolas Sarkozi va prendre la direction de la prison de la santé à Paris pour y être incarcéré.
L'ancien chef de l'État qui a été reçu par l'actuel Emmanuel Macron vendredi dernier à la lisée. Quel sens donnez-vous Olivier Fort à cette invitation présidentielle ? C'est une anomalie, c'est une pression. sur la justice.
Pour l'instant, l'exfat a enfin a demandé à faire appel. Ses avocat vont demander sa remise en liberté après qu'il ait été incarcéré. Et donc le voir aujourd'hui reçu par le chef de l'État, voir le ministre de la justice annoncer qu'il ira le visiter en prison, c'est évidemment une pression faite sur la magistrature absolument pas normal.
Oui, c'est une pression sur la justice. C'est donner le sentiment qu'il existe des prévenus qui sont de nature différente. On peut avoir de l'amitié pour Nicolas Sarkozi et je le comprends parfaitement.
On peut considérer que la décision prise n'est pas euh juste et ça ça fait partie du débat. mais simplement des gens et en l'occurrence le chef de l'État et le ministre de la justice sont gars de l'indépendance de la justice et quoi qu'ils en pensent, cette décision est prise par des magistrats qui sont indépendants. Imaginez que n'importe quel autre prévenu soit reçu par le chef de l'État et que le ministre de la justice annonce qu'il va entrer à leur contact en prison, chacun serait choqué légitimement.
Et donc ça n'est pas une décision, enfin ce ne sont pas des prises de position qui correspondent au respect de nos institutions. Donc pour vous c'est une attaque contre l'indépendance de la justice hein. C'est ce que vous dites.
Oui, c'est une pression sur la justice. Ils ont voulu me faire disparaître et et ça me fait renaître confie Nicolas Sarkozi au Figaro précisant que sa vie est un roman. Nicolas Sarkozy qui s'est aussi comparé au capitaine Drefus, on rappelle condamné à tort pour espionnage à la fin du 19e siècle.
Qu'est-ce que ça vous inspire ça ? Qu'est-ce que vous avez envie de lui dire vous à Nicolas Sarkozy ce matin ? Mais il a en fait tous les instruments pour faire éclater la vérité.
Si il enfin il est condamné en instance, il va faire appel et toutes les voies de droit lui sont ouvertes et donc il est injusticiable comme les autres. Et c'est ce que demandent les Françaises et les Français. Il ne peut pas y avoir deux justices.
Une justice pour les puissants et une justice pour tous les autres. Et donc il n'est pas anormal aujourd'hui qu'on ait un ancien chef de l'État qui soit condamné pour des faits qui je le rappelle sont extrêmement graves puisqu'il s'agit là de collusion avec la dictature libyenne pour le financement d'une campagne. Donc moi je ne suis pas juge.
Je n'ai pas à à donner un avis sur la décision qui est prise. Je respecte simplement la justice de mon pays et je considère que quand une décision est prise, nous avons toutes et tous élu le devoir de respecter la séparation des pouvoirs et donc de considérer qu'il y a là pas matière à commentaire et encore moins à pression. Mais le lien Sarkozy Drefus, ça vous parle ou pas ?
Euh je vois mal le rapport entre l'un et l'autre. Dans un cas, on a une affaire d'antisémitisme qui euh a été ensuite révélée avec un capitaine qui a été dégradé, humilié alors même qu' éit innocent et dans un dans la dans un complot qui s'est qui a été grudi contre lui. Je ne suis pas sûr qu'on puisse faire cette comparaison avec l'affaire SarkoZi Nicolas Sarkozi qui a déjà été condamné dans d'autres affaires et qui est encore devant la justice pour d'autres affaires à venir. que euh bon fumée sans feu, mais je n'aimerais enfin je je trouve que la comparaison est absurde.
Bon, on en vient au budget qui est en discussion à l'Assemblée nationale. Olivier Fortien, l'attaque Zucman a été rejetée hier soir par la commission des finances. Vous prenez acte, on passe à autre chose ou le débat va revenir ?
Non, enfin comme peut-être que tout le monde ne le l'entend pas, ne le comprend pas comme ça, mais le débat en commission, c'est le premier round et ensuite un second round qui commence vendredi prochain dans l'hémicycle et qui sera le moment de vérité pour toutes les formations politiques. Mais justement ce débat, il va avoir une valeur pédagogique. Le RN passe pour un parti qui défend la veuve et l'orphelin.
On voit des quantités de femmes mais d'hommes qui considèrent qu'il est un appui potentiel, qu'il est un parti qui va permettre aux classes populaires et aux classes moyennes de souffler. Mais la réalité c'est que dans les votes qui sont intervenus en commission, on peut déjà se rendre compte que le RN n'est jamais que la prolongation du macronisme. On n'est pas tellement étonné que les macronistes votent contre moi.
Je vous je vais vous parler de vous et des socialistes Olivier Fort parce que aujourd'hui en je veux bien mais c'est un c'est un moment de vérité, c'est un moment où les masques tombent et c'est un moment important pour cela. Hm. Euh aujourd'hui, en choisissant de ne pas censurer le gouvernement de Sébastien Lecornu, euh vous êtes un peu le le faiseur de roi, mais est-ce que vous ne redoutez pas de finir comme le dindon de la farce, de vous faire avoir ?
Mais non, je suis un démocrate et donc je considère que dans un moment où on a cette espèce de tripartition, on a trois blocs à l'assemblée et donc personne n'a une majorité absolue. Comment est-ce qu'on fait ? Est-ce que on s'en semaines ?
Est-ce qu'on dissou tous les ans ? Est-ce que non, la réalité c'est qu'à un moment il faut bien avancer et pour avancer il faut faire tout simplement le choix de la démocratie parlementaire. On a un parlement qui est parfaitement légitime puisque il a été élu l'an passé avec un taux de participation inégalé depuis 40 ans.
Et donc maintenant et bien les débats doivent avoir lieu et nous allons pouvoir vérifier vote après vote qui est où, qui vote quoi, qui préfère les milliardaires aux gens ordinaires et là nous aurons un moment qui sera un moment très pédagogique. Ça veut dire qu'au nom de la démocratie, vous accepterez le budget qui sortira de là, quel qu'il soit et quoi qu'on y trouve. Ça veut dire que pour l'instant, je veux qu'on puisse avoir le débat et à l'issue du débat, nous jugerons de ça de notre capacité ou non à laisser passer un budget.
Mais ce que je dis aussi, c'est que il faut prendre la mesure de ce qui est en train de se passer. Pour la première fois depuis 1958, vous avez un parlement libre. Euh, habituellement euh le Parlement délibère, mais enfin tout le monde sait qu'à la fin le gouvernement corrige la copie avec le 493 et au fond tout le monde est assez libre de faire n'importe quoi.
Malheureusement, là cette fois-ci chaque vote va compter et donc nous allons regarder et nous nous prendrons à témoin l'opinion publique sur chaque vote en demandant enfin vous rendez compte des horreurs qui traînent encore dans ce PLF et dans ce PLFSS. Donc vous avez là en fait la possibilité soit de faire en sorte que ce soit ceux qui ont de l'argent. Je prends un exemple concret au-delà de la taxe Zukman.
Vous avez l'an passé les entreprises du CAC 40 qui étaient taxé à hauteur de 8 milliards d'euros. Dans le projet de budget actuel, c'est 4 milliards. Les Macronistes va même ramener tout ça à zéro.
Et vous avez là la possibilité, si vous revenez à 8 milliards et non pas 4 milliards, vous pouvez effacer l'ardoise pour les retraités dont on gène les pensions, les pensionnés qui ont euh leurs prestations qui sont gelées, euh l'abattement de 10 % qui va être supprimé pour les retraités. Vous avez toute une série de mesures qui sont en réalité des mesures très coûteuses pour les compater les protéger. Ce sont des cas de censure pour vous ou pas ?
Oui ou non ? Est-ce qu'à la fin si ça figure dans le budget, vous appuyerez sur le bouton ? Ah ben effectivement c'est pas moi seul qui décide.
Je suis le président en le patron d'un groupe en d'un d'un parti. Il y a un groupe parlementaire aussi donc nous déciderons ensemble. Mais euh c'est une évidence que si la copie n'était pas corrigée, tout simplement pour protéger les Français euh de ce qui est en train de se produire, c'est-à-dire le choix euh des milliardaires contre les gens ordinaires, et bien euh nous serions amenés effectivement à avoir un jugement extrêmement sévère sur la copie finale.
Et donc ce que j'espère, c'est que dans le débat, il y aura là des corrections. Je n'imagine pas que les républicains qui se sont toujours faits jusqu'ici les chentres de la défense des retraités et bien accepte que les pensions de retraite soient toutes gelées. Je n'imagine pas que le RN qui prétend être aujourd'hui celui qui défend les classes populaires accepte que les allocations familiales, que laallocation adulte handicapée, que toutes ces allocations soient gelées elles aussi.
Je n'imagine pas que les centristes qui eux ont toujours vous dessinez beaucoup de lignes oranges, elles sont pas encore tout à fait rouges mais vous n'êtes pas clair sur un point. Vous dites "Vous n'imaginez pas mais si vous imaginez mal et que tout ça ça y figure", est-ce que vous Olivier Fortron du Parti socialiste, vous direz "Moi, je veux qu'on censure et qu'on fasse tomber ce gouvernement". Ça c'est clair.
À ce stade, je vous dis que nous n'avons pas renoncé à la censure et que elle est possible à tout moment mais que ce que j'espère du débat parce que nous avons là un parlement qui va être pour la première fois, je le répète, libre de ces décisions, et bien j'espère que les parlementaires vont prendre conscience du fait que ils ne peuvent pas faire toujours le même choix qui est un choix de privilégier les entreprises du CAC 40, les milliardaires et de le faire au détriment de tous les autres. Et donc j'espère bien que le débat va permettre d'avancer et je ne veux pas préjuger de ce que sera le débat. J'ai une dernière question.
On est encore tous soufflés par l'audace et la facilité avec laquelle des braqueurs s'en sont pris au Louvre dimanche matin. On se dit que même si le Louvre est cambriolé, alors il y a plus rien qui est en sécurité dans notre pays, disait ici même le vice-président du Rassemblement national, Sébastien Chenu, hier matin. Vous êtes d'accord avec ça ? qui s'est passé au Louvre, c'est l'illustration de ce qui se passe dans le pays.
Bah, c'est l'illustration malheureusement du fait que le monde de la culture est insuffisamment accompagné. Alors là, on parle du de l'ouvre, on parlait on pourrait parler du spectacle vivant, on pourrait parler de tout ce qui fait la grandeur, le rayonnement de la France, non seulement dans notre pays, mais à l'étranger. Et évidemment ce holdup est un est un vrai coup de enfin un coup de semence qui doit nous amener à réfléchir à la sécurité de biens qui sont des biens inestimables parce qu'ils sont non seulement un bien patrimonial mais ils sont aussi notre histoire, ils sont aussi une part de notre attractivité donc ce n'est pas normal que le Louvre ne soit pas équipé.
Merci beaucoup Olivier Fort d'avoir été en ligne avec nous ce matin.
Olivier Faure