François Ruffin : "Ce que fait Emmanuel Macron à ceux et celles qui ont tenu pendant le Covid, c'est brutal"
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Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le député LFI NUP de la Somme. Question, réaction au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. François Ruffin, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter, beaucoup de questions évidemment sur la réforme des retraites présentée hier en Conseil des ministres. Le Président de la République l'a redit, cette réforme doit se faire, même si elle peut être enrichie dans le cadre du travail parlementaire. On va y venir longuement. Malgré cela, une nouvelle journée de mobilisation intersyndicale aura lieu mardi prochain. Qu'en espérez-vous François Ruffin ? Quel en est selon vous l'objectif ?
Mettre à nouveau plus d'un million de personnes dans la rue ?
Qu'est-ce qui s'est proçu jeudi dernier déjà ? Il s'est produit un dégel des cœurs, une sortie de la torpeur. Moi qui craignais que la résignation l'emporte dans le pays. Quand je vais à 6h du matin sur le rond-point et que je vois qu'il y a une aide soignante qui n'a jamais fait grève en 33 ans et qui est là parce qu'elle a la polyarthrite et qu'elle se demande comment elle va faire ses deux ans de plus, qu'il y a son mari qui travaille chez Valeo 39 ans de nuit et qui se demande comment il va faire ses deux ans de plus.
Quand je vois des gens qui sont dans les cimetières militaires, qui travaillent dans le froid, qui travaillent sous la pluie et qui viennent parce que là ils utilisent des engins vibreurs et qu'ils se disent on va prendre deux ans de plus et qu'eux sont là, qu'est-ce qui se passe ? Il se passe une sortie de l'hibernation, une sortie de la résignation. Et c'est essentiel. Qu'est-ce que j'attends de mardi prochain ?
Est-ce que ça va durer ? C'est ça la question puisque vous le savez, ça coûte cher de faire grève.
Je suis inquiet moi-même pour beaucoup de choses. Mon sentiment aujourd'hui, c'est que mardi prochain, les gens vont aller chercher leurs copains, leurs cousins, leurs collègues. Pourquoi ? Pour aller se bagarrer pour une réforme des retraites qui soit juste et pas ça. Surtout pour aller se bagarrer pour le partage, aller se bagarrer contre une obscénité. Qu'est-ce que c'est que cette obscénité ? C'est qu'on a traversé la crise Covid. On a dit à tous ces gens que je cite là, il faudra se rappeler que notre pays tout entier repose aujourd'hui sur ses femmes et ses hommes que nos économies reconnaissent les rémunércimales, c'était le Président de la République.
Il leur a dit, il leur a répété ça. Quelle a été leur récompense ? Rien. Au contraire, c'est leurs salaires qui sont rognés par l'inflation. Et à l'arrivée, on leur dit deux ans de plus. Deux ans de plus pendant que qui reçoit le Président de la République à l'Elysée ? Il ne reçoit pas une aide soignante, il ne reçoit pas un ouvrier de chez Valeo, où il ne reçoit pas les gars de l'entretien.
Il a reçu les boulangers.
Non, et qui il reçoit ? Il reçoit les patrons du CAC 40, et il les reçoit pour leur dire quoi ? Eux qui se sont augmentés de 52% les dernières. Eux dont les dividendes battent des records cette année. On va y venir. Non, non, on va y venir. J'y viens tout de suite, Madame Salamé. Oui, j'y viens tout de suite. Pourquoi ? Parce qu'il les reçoit à l'Elysée en disant, je vous garantis qu'il n'y aura pas de taxes sur les super dividendes. Je vous garantis qu'il n'y aura pas d'impôts sur les super profits. C'est un gros souci. C'est un gros souci économique, parce qu'il y a évidemment des milliards, des dizaines de milliards qui sont à récupérer là.
Et c'est un gros souci sur le sentiment d'injustice qui est en train d'aujourd'hui de renier le cœur des gens. Et je pense que voilà contre quoi les gens vont sortir le 31.
Contre les riches ? Contre le CAC 40, c'est ça ?
Contre la justice. Ils vont sortir pour la justice. Ils vont sortir pour le partage. Pour qu'il y ait de l'équité dans ce pays. Pour qu'on n'ait pas des politiques qui doivent être servis de la démocratie dans démocratie, il y a démos.
Vous dites comme Marine Tondelier, on ne veut plus de milliardaires en France et des vampires et des égoïstes. Vous parlez pareil ?
Moi, je ne dis pas qu'on ne veut plus de milliardaires en France. Je pense qu'il faut remettre de la décence dans tout ça. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ceux qui sont très hauts aujourd'hui, qui se sont enrichis de 200 milliards d'euros pendant la crise Covid et pendant la guerre en Ukraine, ceux-là, on doit leur faire remettre les pieds sur terre sur les pieds sur terre fiscalement, les pieds sur terre socialement. Et je dis que le plancher, c'est-à-dire tous les gens qui travaillent, qui soignent, qui éduquent, qui font tourner les usines. Ceux-là, on doit relever le plancher, ils doivent pouvoir vivre de leur travail.
Moi, je suis pour une France où les gens vivent de leur travail présent, c'est le salaire. De leur travail passé, c'est la retraite. De leur travail à venir, c'est la formation.
François Ruffin, il y a eu une deuxième journée de mobilisation la semaine dernière, celle de jeudi, donc, qui a rassemblé massivement et celle soutenue par la France Insoumise qui a regroupé 14 000 personnes selon le cabinet à l'occurrence, 150 000 selon les organisateurs. Ce n'est pas beaucoup ? Est-ce une erreur ? Est-ce qu'il faut coller aux syndicats et les laisser, aujourd'hui, organiser la mobilisation ?
Samedi, il y avait de l'énergie, de l'envie, il y avait un peu de monde.
Il n'y avait pas beaucoup de monde.
Ce n'est pas le souci. Les rues de Paris étaient pleines. Vous savez, il n'y a pas tant de manifs que ça où ça déborde comme ça dans les rues de Paris. Qu'importe. Ce n'est pas le souci. Je l'ai dit pour moi, le point d'ancrage, c'est le 19 et ce qu'on vise maintenant, c'est le 31. Et le 31, il y a du boulot à faire pour vos éditeurs. Vos éditeurs qui, je pense, pour beaucoup, sont révoltés par le monde dans lequel on vit. Dans le monde dans lequel, voilà, on a un hôpital qui craque. On a des trains qui n'arrivent pas à l'heure. On a de l'électricité où on se demande s'il va y avoir des coupures. Je veux dire, on a une France à reconstruire.
Je pense que les Français sont très conscients que pour ça, il faut du travail. Mais il faut de la justice dans ce pays.
On a un taux de chômage qui est bas, François Ruffin, qui est au plus bas depuis des années. On a un pays qui a tenu grâce au quoi qu'il en coûte, grâce au chômage partiel. Ce n'est pas que dépressif, non, la France ? Je ne sais pas, je pose la question. Parce que c'est vrai, en vous écoutant, on a l'impression qu'on est la dernière roue du carrosse des pays les pires qui souffrent le plus du monde.
Je pense qu'il y a un besoin de justice dans ce pays. Il y a un besoin de justice quand le partage est aussi inéquitable. Vous savez, il n'y a plus de question sur le partage, de faire grossir le gâteau. Ce n'est plus nécessaire. On a un gâteau qui est immense dans ce pays. La question, c'est comment on le répartit. Ce n'est pas un problème qui est spécifiquement français. Même si on le voit dans les stats, on peut être très très fier. Vous dites, on a des motifs de fierté dans ce pays. Peut-être,
il faut les rappeler aussi.
Oui, les motifs de fierté, c'est que jamais on n'a eu autant de milliardaires dans ce pays et on est le pays en tête là-dessus. Or, un prix Nobel comme Joseph Tigli, si aujourd'hui, là, il y a une réserve, il faut aller taxer là-dedans. Gabriel Zucman dit, on a quand même un problème. Les milliardaires sont taxés à hauteur de 2%, ce qui n'est pas votre cas, Mme Salamé, ce qui n'est pas mon cas non plus. Non, non, je vous rassure. Donc, il doit y avoir simplement une exigence de justice. Vous savez, comment ça se fait qu'on a en même temps dans notre pays les piliers de la nation qui sont en train de craquer ? C'est-à-dire l'hôpital qui va mal. C'est le pilier de l'État social.
L'école, pilier de la République. L'électricité, si on n'en a plus, qu'est-ce qu'on fait ? Tout ça craque en même temps. Pourquoi ? Parce qu'on a 40 ans où on a dit qu'il fallait réduire les déficits. On a 40 ans où on a laissé faire une élite qui nous mène dans le mur.
On ne les a pas réduits les déficits depuis 40 ans.
Non, au contraire. Vous savez que cette année, ce qui va être le déficit commercial, c'est 120 milliards d'euros. Quand il y a un échec comme ça, dans la durée, parce que c'est dans la durée que c'est installé le déficit commercial, ça pose une question sur l'élite qui nous gouverne. L'élite qui nous gouverne qui a laissé fermer les usines de mon coin pendant des décennies.
Vous voyez ? L'élite qui nous gouverne, l'élite dont vous faites partie.
Franchement, en tant que picard, je m'en sens rattaché peut-être, mais de très très loin. Vous y êtes ?
Vous êtes élu de la République ? Vous êtes à l'Assemblée Nationale ? Vous faites partie de l'élite ?
Je n'ai fait partie d'aucun gouvernement et apparemment, ça ne va pas être mon tour dans les années à venir. Je pense que me rattacher à l'élite, ça peut être un jeu rhétorique, mais les gens ne me perçoivent pas du tout comme ça. Il n'y avait pas beaucoup de gens de l'élite, j'ai vu sur les ronds-points d'Amiens et d'Aville la semaine dernière. Monsieur Dussopt, il est resté dans son ministère avec ses amis imaginaires qui sont plutôt des milliardaires. Donc, bon, je pense que de ce côté-là, c'est clair.
Venons-en au syndicat de l'énergie qui serait prêt à bloquer la France pour stopper la réforme des retraites. François Ruffin, vous leur dites quoi ? Allez-y les gars.
Oui, je dis que maintenant, je suis convaincu que les Français veulent travailler, reconstruire l'hôpital, reconstruire l'école, reconstruire l'énergie, reconstruire le pays après la crise Covid et après 40 ans de dégâts produits par cette élite. Les Français veulent ça. Maintenant, ils veulent de l'agir. Ils veulent ça,
ils ont élu Emmanuel Macron. Oui,
ils ont élu Emmanuel Macron.
Vous balayez ça, c'était il y a 6 mois.
Je dis, je ne vais pas refaire mon numéro, sur la légitimité d'Emmanuel Macron à être à l'Elysée mais pas à imposer son projet. Il n'a pas imposé son projet aujourd'hui contre 7 Français sur 10 qui ne veulent pas de ça.
Qui est arrivé en tête du premier tour ? Qui est arrivé en tête ? C'est Jean-Luc Mélenchon qui est arrivé en tête du premier tour ?
Ce n'est pas une raison. Vous savez, on doit prendre soin de notre pays. On doit prendre soin de notre pays aujourd'hui. Notre pays, après 3 années de crise, de crise Covid, de guerre en Ukraine, il réclame de la sagesse et ce que fait Emmanuel Macron, ça n'est pas sage et il réclame de la tendresse. Et ce qu'il fait, aujourd'hui, à l'égard des femmes et des hommes qui ont tenu pendant le cœur de la crise Covid, ça n'est pas tendre à leur égard. C'est violent, c'est brutal et ça, les gens le ressentent.
Et dites-moi, c'est de la tendresse quand Jean-Luc Mélenchon dit « Soyez maudits » à l'attention d'Emmanuel Macron, « Soyez maudits » « Soyez maudits » de vouloir transformer toute notre existence en marchandise, tout salir, tout gâcher, tout réduire, tout quantifier, c'est de la tendresse ? »
En tout cas, il pose le bon problème et le problème, c'est est-ce qu'on doit être des hamsters enfermés dans une cage, dans le cage de la production et de la consommation ? Vous savez, c'est le même Emmanuel Macron qui a remis le travail du dimanche. C'est-à-dire qu'au fond, on a Emmanuel Macron et les siens qui veulent que toute notre vie soit enfermée dans les marchés et les supermarchés. Or, je suis convaincu, moi, qu'il nous faut sortir des pans de nos existences. La retraite est un pan de ça, mais il nous faut sortir des pans de nos existences des marchés, des supermarchés. Il nous faut sortir... Vous qui dites
qu'il faut revaloriser le travail, est-ce que vous n'êtes pas contradictoire ? Vous êtes venu il y a six mois à ce micro, nous expliquer que la gauche avait tort, que vous êtes devenu le parti des assistés qui a réclamé des aides en permanence, vous l'avez dit, d'ailleurs vous êtes pris à une bronca de votre parti et là vous nous dites
qu'il faut réhabiliter
le travail ou pas ?
Vous êtes formidables madame Salamé parce que vous confondez assistés et retraités. Ah non, non, non. On ne voit pas les deux. Ce que vous dites là, la retraite...
On reprend vos termes.
Non, mais la retraite, c'est quoi ? C'est des gens qui ont travaillé pendant 40 ans, qui ont travaillé dans des usines, qui ont travaillé dans des hôpitaux, qui ont travaillé dans des écoles pendant 40 années, dans un travail qui est devenu de plus en plus dur parce qu'il faut mesurer ça. Alors, je peux le raconter avec mes histoires de gens qui ont du mal travail. En 1984, il y avait 12% des salariés qui subissaient trois contraintes physiques, c'est-à-dire se baisser régulièrement, porter des charges lourdes, être dans des postures pénibles. On se dit, bon, après 40 ans de robotique, d'informatique, de numérique, avec la Startup Nation, tout ça doit s'être formidablement allégé.
Eh bien, au contraire, on est passé de 12% à 34% des salariés qui subissent trois contraintes physiques aujourd'hui. Et il en est de même pour les contraintes psychiques. Il y a, en 1984, il y a 40 ans, c'était 6% des salariés qui avaient des contraintes psychiques fortes, c'est-à-dire devoir faire leur travail dans l'heure et ainsi de suite. Et on est passé à 35%. Si on ne comprend pas ça, si on ne comprend pas l'intensification du travail, on ne comprend pas le désir profond qu'ont les gens d'en sortir. Mais voilà, il faut lier les deux. Et évidemment, être pour la valeur travail, ce n'est pas dire qu'on doit travailler tout le temps.
Si je suis pour la valeur travail, je vais devoir vouloir le retour du travail des enfants ? Eh bien non ! Et je vais devoir vouloir le travail du retour des personnes âgées ? Eh bien non ! La valeur travail, c'est justement pour donner une valeur au travail, il faut que les travailleurs soient considérés, soient considérés dans leur revenu. Les Français doivent pouvoir vivre de leur travail, on doit l'indexer sur l'inflation, ce qui est toujours refusé par le gouvernement et on doit avoir des temps libres, des temps hors travail, des temps de respiration.
Permettez-moi, François Ruffin, de revenir, ou d'arriver en l'occurrence au Parlement. C'est finalement par un projet de loi rectificatif du financement de la sécurité sociale que l'exécutif compte mener cette réforme grâce à un article de la Constitution, le 47.1, le processus parlementaire pourra être nettement accéléré, le Parlement a 50 jours pour examiner la réforme, 20 jours à l'Assemblée nationale. Quand la France Insoumise menace de déposer 1000 amendements par député, c'est-à-dire 75 000 amendements, n'est-ce pas normal que le gouvernement s'organise pour ne pas bloquer les institutions et aller vite ? Bon, écoutez,
moi je vais vous dire, la mécanique parlementaire, je pense qu'elle n'est pas très intéressante et que les Français ne se passionnent pas pour la réalité de ce qu'ils vont vivre dans le travail, dans leur vie, dans leur corps. Non mais là, il va y avoir un travail parlementaire. Oui, il va y avoir un travail parlementaire qui va donc être accéléré puisqu'on va avoir 15 jours d'hémicycle et je l'ai déjà dit mais nous ne déposerons pas 1000 amendements par député.
Alors vous avez changé d'avis, c'est ça ?
Non, on n'a pas changé d'avis. Si, vous avez changé de stratégie. Mathilde Panot l'avait dit. Non, non, non,
vous connaissez les choses. Mathilde Panot a dit on va déposer 1000 amendements par député. C'était au moment 75 000.
Ça allait être examiné dans le budget, ce n'est plus le cas aujourd'hui. La procédure parlementaire a changé. On s'adapte. La guérilla parlementaire est un art et donc il faut s'adapter aux situations. Donc on veut que le texte soit examiné pour montrer la nuité sur tous les points. Donc on va évidemment batailler. On va être une opposition très ferme à ce texte et à la mesure centrale de ce texte parce que là, le gouvernement il est en train de nous broder des trucs autour. Il est en train de nous aménager, il est en train de nous faire du maquillage autour.
Sur ce que vous appelez broder les trucs autour, ça peut être quand même...
Les gens ont compris le cœur de la réforme et le cœur de la réforme c'est deux ans de plus.
Vous avez raison, c'est la mesure forte de cette réforme mais il y en a d'autres. Alors vous pouvez dire qu'ils brodent mais tout de même, par exemple, les 1 200 euros minimum pour tout le monde brut, vous allez le voter ou pas ça ?
D'abord, il faudrait que ça soit net quand même. 1 200 euros net, ça serait quand même beaucoup plus juste et que ça ne concerne pas qu'une minorité de personnes dans le pays parce qu'aujourd'hui on a un problème, c'est que les gens qui ont été pendant un bout de leur carrière au-dessus du SMIC ils ne pourront pas toucher ces 1 200 euros. Donc il y a une étude qui a été menée qui montre que sur 2,5 millions de salariés ça serait 48 personnes qui seraient concernées. On est dans des trucs qui sont dérisoires. Et donc là, en plus, vous me mettez sur ce qui s'appelle le non-contributif. Vous savez, ça ce n'est pas financé par les cotisations sociales et les cotisations patronales.
Il faut les augmenter les cotisations ? Oui,
François Bérou le dit lui-même. François Bérou dit qu'une option c'est d'augmenter les cotisations patronales. Le Conseil d'analyse économique il dit qu'il y a une autre option c'est de se dire que les exonérations sur les hauts salaires ils sont aujourd'hui inutiles ça ne produit rien en termes de chômage il faut en finir avec ces exonérations. Et on peut dire qu'il faudrait faire surcotiser les hauts salaires. Il y a des tas de pistes comme ça qui existent.
Mais pour comprendre bien les mesures qui vont dans le bon sens à vos yeux vous les voterez les mesures sociales ou pas ? C'est juste pour savoir vous voterez non à tout.
Il y a plein de trucs là-dedans les 1200 euros c'est un point intéressant mais je vous le redis pour l'instant ça ne concerne qu'une infime minorité 48 personnes sur 2,5 millions de salariés. Alors quand je vois là que le gouvernement se flatte que ça va permettre d'augmenter les petites retraites et ainsi de suite bon ce qui sort c'est quand même qu'avec 2 ans de plus ça fera 3,5% d'augmentation sur les petites retraites. Excusez-moi 3,5% d'augmentation sur les petites retraites c'est pas énorme quand les patrons se prennent 52% on n'en fait pas tout un plat il faudrait même ne pas en parler.
On passe au standard d'Inter Alain nous appelle du VAR bonjour Alain bienvenue
Oui bonjour alors vous êtes en train d'enfumer tout le monde aussi bien vous journaliste que le député qui est en train de s'y discuter. Hier il y a eu une très bonne émission sur France Culture sur laquelle d'ailleurs il n'y a aucune publicité Alors allez-y Oui alors je vais je vais obéter il y a trois moyens soit on augmente la durée de cotisation soit on augmente les les prélèvements les prélèvements les cotisations voilà et soit on
on joue sur les pensions
voilà donc il n'y a pas 36 solutions et ça c'était clairement exprimé hier entre 14 et 15 heures à France Culture qu'est-ce que vous politisez le débat et alors en France on fait une réformette regardez le modèle scandinave il est égalitaire et personne ne le critique donc les députés ont des régimes entre autres trop favorables il y a un tas de régimes spéciaux il faut supprimer ça arrêter avec cette réformette c'est tout
merci Alain pour cette question on va essayer de dissiper la fumée qu'il y a sur ce plateau François Ruffin sur le régime scandinave qui est le coeur tout de même de la question d'Alain ce qui est intéressant et on salue nos amis de France Culture au passage
le ministre suédois qui a mis en place la réforme il dit que c'était une catastrophe qui s'était passé en Suède de rallonger de faire un reportage là-bas et il a invité interpeller Emmanuel Macron pour qu'il ne mette pas en place cette réforme en France donc la question c'est est-ce qu'on veut passer d'une retraite méritée à une allocation de pauvreté pour des tas de personnes qui n'arriveront pas à travailler jusqu'à 64 ans mais de manière plus générale il y a quand même des questions qui doivent se poser ça fait 40 ans qu'on a de la robotique qu'on a de le numérique qu'on a de l'informatique dans le pays où passent les gains de productivité IBE a besoin de moins de salariés pour produire beaucoup plus où passent les gains de productivité c'est une vraie question qui pour moi doit être posée de manière récurrente au patron de la CGPME aux députés de la République en marche aux ministres où passent ces gains de productivité il y a une première réponse c'est que dans les années 80 on travaillait une semaine par an pour les actionnaires on travaille aujourd'hui 4 semaines par an pour les actionnaires donc là il est évident vous savez je vous le répète mais c'est gros pour moi comme une vache au milieu du couloir et c'est cette question du partage c'est le partage des richesses dans la société ça devrait être la question qui devrait être éternellement débattue et aujourd'hui ça passe presque à la trappe mais même dans le cadre d'une réforme comme celle des retraites ça doit être débattu de manière centrale
on est au standard maintenant avec Edouard bonjour et bienvenue Edouard
oui bonjour merci de prendre ma question moi c'est simplement que je voudrais savoir pourquoi le gouvernement s'arc-boute sur le report de l'âge légal de la retraite ce qui pénalise ceux qui commencent à travailler tôt et qui implique généralement le plus souvent des emplois du bas de l'échelle alors qu'il me paraît tellement plus simple et plus juste de tenir compte que du nombre d'années de cotisation en baissant l'âge de départ à la retraite en laissant l'âge de départ à la retraite au choix des intéressés plus on cotise longtemps plus la retraite est importante cela me paraît en plus d'adapter le nombre d'années ou de trimestres de cotisation minimum
oui c'est ça trimestres de cotisation et départ à la carte merci Edouard pour cette intervention François Ruffin
c'est à dire qu'il y a une double injustice puisque à la fois les personnes qui travaillent tôt qui ont souvent des métiers durs vont devoir cotiser plus longtemps et en plus ils vont bénéficier moins longtemps de leur retraite en tout cas moins longtemps en bonne santé je rappelle que l'espérance de vie sans invalidité d'un ouvrier c'est 59 ans pour un cadre c'est 69 ans je ne veux pas distinguer et ensuite il faut bien voir que là on est en train de discuter budgétaire mais ce n'est pas ça qui est en jeu on est sur un problème qui est infiniment politique et Emmanuel Macron l'a posé comme ça quand il dit ce qui est en jeu c'est l'autorité de votre serviteur on est sur un choix qui est un marquage de l'autorité plus qu'une nécessité budgétaire on nous dit
ce qui est en jeu c'est la menace sur la réforme sur notre système par répartition c'est ce qu'il a dit vous retenez une partie la phrase vous êtes dans votre jeu non non
écoutez quand on nous dit qu'il y a un problème de financement et qu'on va en débattre pendant un mois deux mois que ça va peut-être contribuer à bloquer le pays alors que les français ils souhaitent travailler simplement mais être reconnus dans leur travail comment ça se fait quand la veille le dimanche le président de la république il trouve 25 milliards d'euros supplémentaires pour les armées peut-être que c'est nécessaire mais là on les sort du chapeau c'est pas nécessaire d'augmenter le budget des armées
mais quel est votre avis sur cette question parce que les questions régaliennes vous intéressent non mais
je vais vous donner mon avis en tout cas je pense qu'il devrait y avoir un sérieux débat quand Emmanuel Macron dit pour faire face aux périls de notre temps il faut qu'il nous définisse les périls de notre temps il y a une guerre en Europe non il y a une guerre en Europe est-ce que on a aujourd'hui évidemment monsieur Poutine se comporte de manière très agressive à l'égard de l'Ukraine il a du mal à gagner la guerre en Ukraine est-ce qu'on doit investir des centaines de milliards d'euros supplémentaires par crainte qu'il arrive à Strasbourg ou à Paris
je ne sais pas si on est attaqué si jamais on est attaqué demain dans trois ans
je pose la question et je veux qu'elle soit débattue
les militaires disent on n'a pas suffisamment les moyens pour faire face à une attaque armée d'ampleur
d'accord une attaque armée d'ampleur quelle est-elle qui sont ceux qui vont mener cette attaque armée d'ampleur je veux qu'on le définisse aujourd'hui ce qu'on voit par exemple se passer en Afrique c'est quoi ?
c'est une perte de l'influence française est-ce que la perte de l'influence française on va la combler par des moyens militaires supplémentaires je suis pour qu'on ait une défense je suis pour qu'on ait une défense sérieuse dans le pays maintenant avant de sortir 25 milliards d'euros par an comme ça du chapeau je pense que ça réclame un débat et on va voir quand c'est pour les gens quand c'est pour les travailleurs il faut que ça débatte pendant des mois et qu'on leur explique que c'est sur eux que va peser cette mesure injuste et voilà c'est comme ça que ça va se passer et quand il s'agit d'aller sortir 8 milliards d'euros parce que vous savez ça va être la CVAE contribution sur la valeur ajoutée des entreprises on fait un cadeau supplémentaire il n'y a même pas de débat
Vous avez surpris dimanche François Ruffin en déclarant au sujet de la chaîne russe RT France qui ferme ses portes que les journalistes de RT ont fait un vrai travail d'information de contre-information dans le respect du pluralisme français RT vous le redites ce matin a fait un travail d'information parce que beaucoup estiment que cette chaîne a surtout relayé la propagande russe de Poutine
D'abord quand il y a des salariés qui sont mis à la porte quelles que soient les circonstances je suis aux côtés des salariés et quand je vais dans l'industrie automobile je suis aux côtés des joueurs répondez sur le fond on sait votre position
mais vous savez que cette phrase a fait réagir donc quel est votre avis
vous font un travail
d'information
je termine je vais vous répondre madame Salamé quand je vois un micro de BFM je ne me dis pas que c'est le bras de Patrick Drail quand je vois des journalistes de RT non je ne pense pas que c'est le bras armé de Poutine qui est là
vous pensez que RT c'est comme France Inter ou BFM
que en temps de guerre on choisisse et ça me paraît normal de fermer une chaîne où M. Poutine a dit qu'il était en guerre avec l'Occident ça me va que les salariés en pâtissent ça me va pas et ensuite moi j'en reviens au propos du Conseil National de la Résistance qui dit souhaiter la liberté de la presse son honneur et son indépendance à l'égard de l'Etat des puissances d'argent et des influences étrangères
c'est pas la question
non mais si c'est la question évidemment je ne souhaite pas qu'il y ait d'immixion des puissances étrangères à l'intérieur des médias français mais les médias français ont aussi d'autres problèmes à régler
On a une question d'Anne sur l'application d'Inter pourquoi vous ne vous présentez pas à la présidentielle en dehors de LFI de la France Insoumise ?
Excusez-moi mais entre aujourd'hui et la présidentielle il reste 4 ans quand même donc je ne pense pas que l'urgence pour les français aujourd'hui pour les boulangers avec qui j'étais hier dans la rue ça soit de se demander qui va être candidat à la présidentielle en 2027 Une question de curiosité visiblement Je vois qu'il y a beaucoup de curiosité là-dessus mais il me semble
Alors Jean-Luc Mélenchon vous a choisi vous avez lu le monde
Non je ne crois pas du tout je m'attendais à votre réponse
Jean-Luc Mélenchon il vous trouve un peu injuste sur vos critiques sur sa campagne présidentielle qui serait trop urbaine mais il avoue avoir un faible pour vous
Bah écoutez c'est une histoire d'amour à la je t'aime moi non plus des fois donc que ça soit on soit dans une phase où il considère que Adrien Quatennin c'est plutôt bien bon ben voilà très bien moi je veux dire j'ai un faible pour Jean-Luc Mélenchon sinon je ne l'aurais pas rejoint et je ne l'aurais pas soutenu dans cette dernière campagne et je pense qu'il y a un héritage de Jean-Luc Mélenchon qu'il va falloir faire grandir faire mieux comme il dit voilà aujourd'hui il doit se demander comment être majoritaire dans le pays et comment gagner en 2027 quoi François Ruffin Merci François Ruffin
d'avoir été à notre micro ce matin
François Ruffin