PRIMAIRE POPULAIRE : LE BAL DES HYPOCRITES
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Aujourd’hui sur Blast je vous parle des suites des petites manœuvres et des grosses ficelles autour de l’unité de la gauche. Ce samedi avaient lieu plusieurs rassemblements pour la Primaire populaire. A Paris, place de la République, quelques centaines de personnes se sont rassemblées pour appeler à une candidature unique à gauche.
Mais qu’est-ce que c’est la Primaire populaire ? C’est une initiative lancée en mars 2021 par des citoyens et des militants. Leur but, réunir tous les candidats de la gauche derrière une candidature unique à la présidentielle.
Ils se disent forts de 270 000 personnes qui ont déjà signé leur appel. Même s'ils étaient clairement moins nombreux ce week-end, ces partisans avaient l’air d’y croire. Est-ce que vous êtes toujours concentrés sur l’objectif final ?
J’ai entendu dire que Jean-Luc et Yannick ont pleuré de joie en vous entendant, c’est bon signe ! La semaine dernière, Arnaud Montebourg s’est prononcé pour une primaire à gauche. Bonjour Jean-Luc, c’est Arnaud Montebourg.
Bonjour Yannick, c’est Arnaud Montebourg. Bonjour Anne, c’est Arnaud. Et le revirement inattendu d’Anne Hidalgo sur la question a donné encore plus de visibilité encore à leur initiative.
On a gagné une bataille, on n’a pas gagné la guerre ! La nouveauté, c’est qu’il y a le parti socialiste, le parti de Jean Jaurès qui dit : “Oui, j’ai envie de participer à cette primaire populaire.” Donc nous maintenant la priorité, c’est de foutre la pression à Yannick Jadot et à Jean-Luc Mélenchon pour leur dire : “Vous aussi soyez au rendez-vous de l’histoire, prenez vos responsabilités, on sait que vous êtes capables de le faire.” Ce n’est pas gagné mais on sait que Hidalgo le matin où elle a dit “non”, elle a dit “oui” le soir.
Donc, on pense qu’en une journée ils vont comprendre le sens moral, le sens des responsabilités, le sens de l’histoire, et que la pression va payer. C’est le but aujourd’hui, on est convaincus qu’ils sont capables de changer d’avis et qu’un jour ils vont comprendre que c’est “l’access pass”, qu’il faut un front populaire écologique parce que la menace fasciste et le menace climatique sont énormes aujourd’hui. Maintenant que l’attention des médias est sur eux, les membres de la primaire veulent maintenir la pression sur Mélenchon, Jadot et Roussel.
Quitte à faire le siège de leurs partis. Jeudi dernier, notamment, on était en sit-in devant le QG de Yannick Jadot pour l’encourager à venir rejoindre notre projet de la Primaire populaire, donc. Au moment où on avait des sit-in devant chez Yannick Jadot, on avait aussi une autre équipe qui était en sit-in devant chez Mélenchon.
La semaine dernière, on avait aussi des équipes en sit-in devant Hidalgo, du coup maintenant elle nous a rejoints, donc bravo à elle et on continuera devant les autres jusqu'à ce qu’ils acceptent de nous rejoindre. Mais l’espace médiatique occupé par la Primaire irrite de plus en plus les soutiens des candidats les mieux placés à gauche. En dehors des partis, jeunes, agiles numériquement, très start-up, beaucoup leur trouvent des airs de macronistes.
Des esprits chagrins sont d’ailleurs allés déterrer de vieux tweets plutôt favorables à Emmanuel Macron de Samuel Grzybowski le porte-parole de la Primaire. D’autres dénoncent un prix qu’il a reçu du Département d’état américain pour le travail de son association Coexister. Autre point décrié par les détracteurs, se rassembler oui, mais sur quel programme ?
Le “socle commun” de la primaire ne tranche pas les sujets clivants à gauche. Pour Pierre Larrouturou, eurodéputé et seul candidat ayant accepté l’investiture de la primaire, il n’y a pas de problème : Aujourd’hui, il y en a aucun qui dépasse les 8% ou 9%. Est-ce que c’est être le leader de l’opposition, le leader du cimetière ou est-ce qu’on fait une équipe ?
Je suis désolé mais Manuel Valls qui raconte qu’il y a deux gauches irréconciliables, c’était vrai quand le patron du PS était un proche de Manuel Valls. Mais aujourd’hui, on n’est pas irréconciliables. Donc bien sûr qu’on a des divergences, mais elles sont minimes par rapport à il y a cinq ans ou il y a dix ans.
Si on a des divergences, on en débattra à l’Assemblée nationale, on pourra faire des référendums. Pas sur que des thèmes comme l’Europe puissent être mis sous le tapis entre Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot. Donc vous envisagez, monsieur Wittenberg, que j'aille à une élection de je ne sais quoi dans un corps électoral que je ne connais pas, et puis que je vienne à être battu.
Je dirais aux gens que j’ai engagés avec moi, depuis un an, à tous ceux qui sont d’accord avec moi, et qui disent : “Il a raison, il faut la 6e République dont ne veulent ni madame Hidalgo, ni monsieur Jadot. Il a raison, il faut la planification écologique dont aucun de ces personnages ne veut. Il faut le partage des richesses et la retraite à 60 ans, dont pas un d’entre eux ne veut.” J’ai fait une primaire, on a fait une primaire sur le fond.
Vous avez entendu parler du fond là ? Il suffit juste… Le sujet c’est : Comment offrir une porte de sortie à Anne Hidalgo. Il n’y a qu’Anne Hidalgo, par opportunisme, qui trouve un intérêt à une primaire à gauche.
Mais sa proposition a quand même réussi à faire l’unité, contre elle. La suite de la politique sur Blast, ce sera avec Serge Faubert jeudi pour le Bourbon Sinon Rien et lundi avec la dernière Guerre du trône de l’année. J’espère que cette vidéo vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner à notre chaîne.
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Et moi je vous dis à bientôt.
Anne Hidalgo