Iris Mittenaere : "Il faut un peu emmerder les gens" (Interview)
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Il faut un peu emmerder les gens, tu les emmerdes. Une demi-heure d'échange aujourd'hui avec Iris Mitenard. Bonsoir.
Bonsoir. C'est un plaisir de te retrouver ici. Moi aussi, ça me fait trop plaisir.
C'est trop cool. Tu es la deuxième invitée de ce format d'interview mashup. Un format d'interview, tu as dû peut-être le voir, où on revient avec une personnalité sur ses points de bascule.
Donc tous les moments que tu as pu avoir dans ta vie jusqu'ici, qui ont fait que ta vie est passée d'un stade à un autre. Et ça peut être parfois des éléments positifs, des succès par exemple, mais aussi parfois des éléments plus négatifs, des erreurs, des échecs, des doutes ou autres, ou des rencontres. Donc c'est trop cool de t'avoir pour ce format-là.
Merci, ça me fait plaisir. Merci d'avoir pensé à moi déjà. On a une petite ambiance cosy, avec bougie, avec tout ça.
On essaie de se mettre. C'est un sacré décor, j'ai vu derrière. Il y a un peu de tout.
Alors ceux qui écoutent en audio, peut-être ne le verront pas, mais effectivement, on a un peu de tout. Le camion ne sait pas sortir, j'aime bien. Des petites références qui sont présentes dessus.
C'est trop cool. Je pense qu'on va le changer au fil des semaines. Peut-être selon les invités, on changera les choses aussi.
Il te manque une petite couronne dans un coin. Exactement. Tu peux amener la tienne si tu veux.
Je te ramènerai un petit truc. Alors concrètement, pour te présenter, peut-être pour ceux qui ne te connaissent pas, même si je pense que la plupart des personnes te connaissent, on te connaît parce que tu as été Miss France en 2016, Miss Universe depuis 2017. Oui, exactement.
C'est Miss France 2016, mais tu as été élue en 2017. En 2017, oui. Il ne faut pas chercher à comprendre.
Il y a une année qui s'est perdue. On ne sait pas trop comment, mais oui. Dans tous les cas, Miss Universe, c'est quelque chose d'assez dingue.
On va pouvoir en parler parce qu'on va comprendre que du coup, tu n'étais pas forcément prédestinée à faire ça. Et c'est d'ailleurs le premier, je pense, point de bascule qui est important. C'est que ça a commencé avec une sorte de hasard au départ de faire Miss France.
Oui, complètement. Moi, j'étais en train de faire mes études. Tu vois, j'étais étudiante en chirurgie dentaire et j'étais ultra focus parce que c'était vraiment mon rêve, en fait, de devenir dentiste.
Et on m'a contactée via Facebook à l'époque. OK. À l'époque.
À l'époque. À l'ancienne. Oui, c'est ça.
Il n'y avait pas trop Insta. Et on m'a proposé de participer à une élection. Et c'est vrai que sur le coup, je ne savais pas trop quoi dire parce que j'étais à fond dans les études.
Mais c'était les organisateurs ou c'était qui tu avais ? Oui, c'était l'organisatrice du concours Miss Flandre à l'époque. D'où tu es originaire ?
Oui, d'où je suis originaire. C'était à Bayeul, l'élection. Et j'ai demandé à mes copines d'abord ce qu'elles en pensaient.
Tu connais le crew de filles. Et elles m'ont dit, mais vas-y, on va se marrer. On va toutes venir.
On va t'encourager. Fais-le, s'il te plaît, fais-le. Et du coup, je l'ai fait.
Et toi, à ce moment-là, tu étais direct, tu t'es dit, vas-y, j'y vais ? Ou il y a une forme d'hésitation ? Il y a une forme d'hésitation.
Parce que c'est hyper difficile de se faire juger, en fait. De dire, ok, je vais aller me mettre sur scène devant des centaines de personnes et je vais leur laisser le droit de me juger. La démarche, elle est difficile psychologiquement.
Je me suis dit, si je ne fais rien du tout, est-ce que ça va me briser ? Je n'avais pas énormément confiance en moi à l'époque. Donc, je me suis dit, ça passe ou ça casse, en fait.
Si je ne fais rien, peut-être que je vais sortir de là effondré. Et oui, ça me faisait quand même assez peur. Et quand tu fais ça, tu t'imagines quoi ?
C'est-à-dire qu'un youtubeur, par exemple, quand il se lance, il se dit peut-être que la chaîne va décoller. Et toi, quand tu fais ça, tu te dis, je fais ça, pas pour la blague, mais je fais ça comme ça pour l'expérience et j'arrête. Ou est-ce que tu t'imagines que peut-être que ça peut aller aussi loin ?
Non, je me dis, je le fais pour la blague. C'est cool, si je repars avec une écharpe, je vais me marrer. Ça va être une super anecdote.
Quand j'aurai des enfants, je ressortirai l'écharpe et ça les fera marrer. Je n'y vais pas en me disant, je vais être Miss France. Au final, c'est une anecdote, mais que tu racontes devant plus de monde.
Parce que du coup, ça a mené Miss Flandre d'abord. Ça, c'était en 2015, c'est ça ? Oui, en mai 2015.
Miss France après, l'année suivante. Miss Nord-Pas-de-Calais. Pardon, j'ai oublié l'étape.
Attends, du coup, j'ai accumulé les écharpes. J'en ai plein à montrer à mes enfants. Incroyable.
Mais oui, Miss Nord-Pas-de-Calais en 2015. Oui, tu as raison. En décembre après Miss France.
Et après Miss Univers. Oui. Et donc, à chaque étape, il y a peut-être eu la même chose de « est-ce qu'on continue ? » Ou est-ce qu'une fois que tu as fait Miss France, tu te dis « non, mais là, j'enchaîne, je dois continuer ? » En fait, j'avais envie d'être Miss Nord-Pas-de-Calais.
Ok. Pour une raison simple. Pour une raison simple, c'est que j'avais envie de partir à Tahiti.
Ok. Tu vois, c'était le voyage Miss France. Quand tu es Miss régionale, tu pars faire un voyage avec toutes les Miss et c'était à Tahiti.
Là, il y a une photo à un moment qui est faite, c'est ça ? Oui, la traditionnelle photo en maillot de bain avec toutes les filles, etc. Et c'était à Tahiti, mon année.
Donc, évidemment, je me suis dit que je ne pourrais peut-être jamais partir à Tahiti de ma vie. Moi, je n'étais jamais sortie de l'Europe. En fait, je n'avais même pas de passeport.
Et je me suis dit que j'avais envie d'être Miss Nord-Pas-de-Calais pour pouvoir faire ce voyage extraordinaire. Et en fait, j'ai tout donné pour être Miss Nord-Pas-de-Calais. Là, vraiment, je le voulais, ce titre.
On comprend. Raison valable, franchement. C'est une bonne motivation quand même.
Je comprends totalement. Alors que les autres, il y avait des prix ou c'était entre guillemets juste l'écharpe ? Oui, non, c'est juste l'écharpe.
Oui, oui. À Miss France, tu gagnes pas mal de choses. Tu as plein de cadeaux.
Miss Univers, tu as quelques cadeaux aussi. Mais Miss Nord-Pas-de-Calais-tu ? Et donc là, on a fait les différentes étapes.
Il en manque une, c'est Miss Univers. Et à ce moment-là, ce qui est fou, c'est qu'en préparant cette interview, tu me disais que tu as eu une sorte de blackout en termes de souvenirs de Miss Univers, de comment ça s'est passé. C'était sur Miss France d'ailleurs, il me semble qu'il y a eu un blackout.
Comment est-ce que tu expliques ce blackout et que tu as oublié un peu comment ça s'est passé, cette élection à Miss France ? En fait, quand tu ne te prépares pas à quelque chose, c'est presque un peu un choc. C'est vraiment un choc.
C'est vraiment très étrange parce que quand tu es avec une fille comme ça, d'un seul coup, on t'appelle, on dit que tu as gagné. Tu ne comprends pas du tout ce qui est en train de se passer. Moi, je m'étais dit que je rentre chez moi après l'élection à Lille.
J'avais prévu d'aller manger un kebab. J'avais tout prévu. J'avais prévu ma soirée.
La vie normale. Normal. Et d'un coup, tu te dis, mais non, en fait, je n'ai pas anticipé ce qui se passe.
Je ne comprends pas. Et en fait, c'est un vrai choc. Donc, je n'ai plus trop de souvenirs de ce moment-là et tout est flou.
Je ne sais pas où je suis. Je me rappelle que je marche et que je ne comprends rien, en fait. C'est ouf.
Je ne comprends rien, oui. Parce que l'élément est tellement particulier. D'ailleurs, tu sais, c'est quelque chose que d'autres Miss ont connue aussi.
Comment est-ce qu'en général, une Miss vit ce moment-là ? Il y a des filles qui le vivent pleinement, qui sont hyper heureuses et qui arrivent à le vivre dans leur intensité. Il y a d'autres personnes comme moi qui le vivent un peu comme un choc.
On est très heureuses. Attention, c'est incroyable comme nouvelle. Mais c'est juste que moi, je n'avais pas la prétention de dire, je vais gagner, je vais avoir la couronne.
Pas du tout. Du coup, je n'anticipais pas. Et du coup, c'est peut-être accentué aussi par peut-être le plateau, les lumières, etc., qui donne un effet quasiment irréel à la chose et qui doivent faire assez bizarre.
Non, mais c'est exactement ça parce que tu as les spots dans les yeux, tu avances dans une lumière blanche. Tu vois personne en face, tu dis OK. Tu ne vois personne, tu avances avec un bouquet, une couronne, tout le monde hurle.
En plus, tu n'entends plus rien. Donc, ça fait un bruit sourd dans tes oreilles. Surtout que moi, j'ai eu la chance d'être élue à Lille.
Je suis née à Lille, c'était vraiment ma ville. Donc, ça hurlait, hurlait. Il y avait un bourdonnement.
Et moi, j'avançais comme ça. Mais tu le vois sur mes photos, je souris, mais mes yeux sont comme ça. Je pense que c'est les pires photos de moi.
Mais tu étais quand même Miss France à ce moment-là et ça a été du coup un élément important. Un autre point de bascule majeur, évidemment, c'est ce passage de Miss France à Miss Univers. Et c'est quelque chose de léger, logiquement.
Ça se passe du coup quelques mois après, c'est ça, ce passage en général à l'élection ? Alors, en fait, ça dépend. Moi, en l'occurrence, c'était presque un an.
C'était un an après. J'ai remis ma couronne à Alicia. Et ensuite, je suis partie à Miss Univers.
Du coup, c'est ça qui était un peu bizarre pour moi parce que je suis revenue entre guillemets à la vie normale pendant un mois pour me préparer à Miss Univers. Et j'ai dû penser à… Déjà, j'ai dû me dire, est-ce que je reprends mes études tout de suite après ou je pars à Miss Univers ? Ça a été un choix un peu difficile ?
On va revenir là-dessus parce que ça fait partie de ces décisions, j'imagine, que se posent pas mal de personnes qui se retrouvent propulsées dans cet univers-là. C'est un choix. Qui n'est pas évident.
Et ces concours de Miss Univers notamment, il y a eu pas mal d'échos qui ont été faits sur le caractère assez dur d'un concours comme celui-là. C'est quelque chose que tu as ressenti, la dureté, la difficulté de ce genre de concours ? Et concrètement, comment ça se traduit ?
Oui, c'est pas évident Miss Univers parce que pour nous en France, c'est super, c'est une belle couronne, c'est un super titre. Mais pour plein d'autres pays, c'est un changement de vie radical. Donc les filles donnent absolument tout pour pouvoir partir aux États-Unis, avoir un visa, travailler là-bas, avoir un compte en banque aux États-Unis.
Est-ce que tu gagnes quoi justement quand tu es Miss Univers ? Qu'est-ce que tu gagnes ? Au-delà de la visibilité, tu pars à New York, vivre à New York pendant un an.
Tu travailles donc à New York et tu obtiens un visa de travail, etc. Donc pour nous, Français, c'est super, c'est une chance, c'est incroyable. Mais pour Miss Venezuela, c'est le Graal en fait.
Et c'est vrai que tu as pas mal de pays pour lesquels Miss Univers, c'est ultra important. Les filles ont des écoles de Miss, elles y sont depuis qu'elles ont 10 ans. On peut espérer un jour être Miss Univers.
Donc c'est un vrai truc. Nous, on arrive là-bas avec nos deux petites valises en se disant « ouais, c'est cool ». Et elles, elles arrivent avec 20 valises et c'est difficile, il y a beaucoup de coups bas.
Et du coup, comment ça se traduit ces coups bas ou cette compétition ? Comment elles se traduisaient lors du concours ? Moi, on m'a mis du chewing-gum sur ma robe, juste avant de m'asseoir.
Tu as des filles qui vont dans les salles communes découper les robes de soirée d'autres. Ça arrivait pendant mon année. Ouais.
Ouais. Ce n'est pas des petits… Non, ce n'est pas des petits trucs. Ouais, c'est une ambiance simple.
Parce que pour eux, c'est tellement important en termes d'ascension sociale et de… C'est tellement important pour elles, pour leur famille, qu'elles sont prêtes à tout pour y arriver. D'ailleurs, la différence que tu vois entre Miss France et Miss Univers, pour ceux… Moi, je ne vais pas vous dire les choses. Je connais très peu ça.
J'ai eu l'occasion de voir le concours Miss France. Encore, ça fait longtemps que je n'ai pas regardé. Miss Univers, je n'ai jamais regardé.
Il y a des différences entre Miss France et Miss Univers, même, c'est bête, mais en termes de représentation, parce que ça pose forcément une question de quelle est du coup la représentation d'une Miss Univers. Est-ce qu'il y a des critères, des choses, un formatage d'une façon ou d'une autre ? Il n'y a aucun critère à Miss Univers, parce qu'on prend juste les mises des différents pays.
Donc, ça varie en fonction des pays. En France, on a pas mal de critères. Mais si tu vas en Espagne, t'en as pas, etc.
Donc, en fait, ils prennent juste les filles comme elles sont dans leur pays. Donc, t'as zéro critère à Miss Univers et je trouve ça plutôt cool. Ok.
Donc, il n'y a pas de… Est-ce qu'on pourrait penser qu'il y a une forme de formatage ou une forme de conditionnement d'un point de vue physique ? Non, pas du tout. Et ça, c'est hyper agréable parce que t'as vraiment plein de femmes, de manière générale, qui sont représentées.
Et justement, ça fait beaucoup de bien. Et je pense que de ne pas avoir de critères, ça permet justement ça. Et chaque année, on a une Miss Univers qui est un peu différente.
Et je dis un peu différente parce que elles sont quand même très souvent brunes. Ok. C'est une sorte de chose qui revient au fil des années.
Ouais, elles sont très souvent brunes. Tu dis ça, je dis rien. Non, mais t'as quand même énormément de représentations de femmes à Miss Univers.
Et notamment les transgenres, etc. Donc, c'est chouette. Parce que moi, je disais aussi des craintes parfois d'avoir une… avec pas mal de représentations de personnes qui ont fait de la chirurgie esthétique ou autre.
Toi, c'est quelque chose que tu n'as jamais fait. Ça a été un choix. Pourquoi ce choix ?
Et c'était pour toi une volonté de se dire, non, je ne vais pas faire de la chirurgie esthétique tout en participant à ces concours ? Oui. Alors, en France, la chirurgie esthétique est interdite.
À Miss Univers, elle est autorisée. Parce que justement, ils autorisent les transgenres. Donc, la chirurgie, donc la chirurgie pour tous.
Donc, la chirurgie esthétique. Moi, en l'occurrence, j'avais envie de prouver qu'on pouvait gagner sans faire de chirurgie esthétique. Parce qu'on me disait tout le temps, la France, on ne gagnera jamais parce qu'on n'a pas le droit à la chirurgie esthétique.
Et ça m'agace un peu. Oui, on n'a pas le temps de faire une chirurgie entre Miss France et… Enfin, ça serait étonnant. Oui, mais même en fait, la femme belle n'a pas besoin de passer par la case chirurgie esthétique en fait.
Pour moi, c'est n'importe quoi. Donc, j'avais envie de prouver aux gens qu'ils avaient tort et qu'on peut être belle sans faire de chirurgie, qu'on n'a pas besoin de ressembler à sa voisine. Bien sûr.
Chaque personne est belle différemment sans passer par la case chirurgie. Et sur ce point de bascule qui a été Miss Univers, toi, pour ton quotidien, logiquement, il faut quand même dire les choses clairement. On parle d'aller vivre du coup aux Etats-Unis alors que ce n'est pas le quotidien que tu avais avant.
Tu étais étudiante. C'est une vie qui est quand même particulière. Tu t'éloignes de ta famille, tu t'éloignes de tout ça.
Tu le vis comment ? Tu le vis bien ou au contraire, tu es face à des difficultés là-dessus ? Au début, c'est un peu bizarre parce qu'en fait, moi, j'étais élue aux Philippines et en fait, tu pars direct à New York.
Tu ne repasses pas chez toi. Tu ne dis pas au revoir à tes parents. Tu prends un avion, tu arrives à New York, tu as tes petites valises là.
Et c'est un peu un choc quand même. Je ne vais pas te mentir. Tu ne comprends pas trop ce qui t'arrive.
Mais j'ai adoré New York. New York, c'est incroyable. J'ai adoré vivre là-bas.
C'est une expérience de dingue. La manière de vivre, c'est une autre culture. Ça t'enrichit forcément.
En préparant cette discussion aujourd'hui, tu me disais qu'il y a une forme de revanche à ce moment-là aussi que toi, tu revanches sur la vie et sur les difficultés que tu as pu avoir avant, y compris sur des critiques qu'on a pu te faire. Comment ça se traduisait tout ça ? En fait, moi, quand j'étais petite, j'ai été pas mal harcelée à l'école parce que j'étais extrêmement maigre.
Et du coup, j'avais zéro confiance en moi. C'est pour ça qu'au départ, j'avais peur d'être brisée parce que c'est vrai que quand je me regardais en miroir, je me voyais toujours comme cette petite fille maigre qu'on insultait tous les jours. Et du coup, ça a été difficile de me lancer là-dedans.
Mais quand je me suis lancée, quand j'ai commencé à gagner, etc., c'était clairement une revanche sur ces années difficiles. Je me disais, aujourd'hui, j'ai eu l'approbation des autres alors qu'autrefois, il ne me la donnait pas justement.
Du coup, tu es face à cette visibilité importante d'un coup, que tu es Miss Univer, c'est quand même pas rien. Ce regard que toi, tu portes sur ton corps, il change ou est-ce que malgré tout, il reste, tu peux avoir des complexes encore ? Comment est-ce que tu vois ça ?
En fait, c'est difficile. On a beau dire que tu es belle tous les jours, quand tu as un traumatisme d'enfance, je pense que tu n'arrives pas à le surmonter totalement. Aujourd'hui, j'ai beaucoup plus confiance en moi.
J'essaie en tout cas. Je me bats tous les jours pour avoir confiance en moi et me dire que je suis suffisante. Mais ce n'est pas évident.
C'est une blessure qui reste à vie. On ne se rend pas compte, mais des années plus tard, on le ressent toujours. Mais je pense que j'ai pris ma revanche.
Donc aujourd'hui, cette blessure, elle est en train de se penser. Et quel conseil ? Parce qu'il y a beaucoup de gens là, notamment sur le chat.
Il y a une pluie de cœur d'ailleurs dans le chat, là sur Twitch, qui est réaliste là-dessus. Est-ce que tu aurais un conseil à donner à toutes les personnes, d'ailleurs, femmes ou hommes, qui peuvent parfois se sentir mal dans leur corps ? Comment est-ce que toi, tu vois cette question et comment est-ce qu'on peut réussir ?
Alors, question pas facile. Pas facile ? Non, c'est une question qui n'est pas facile, mais je pense que… Je n'ai pas envie de dire ce mot-là, mais c'est un peu le mot du moment, mais il faut un peu emmerder les gens, quoi.
Tu les emmerdes ! C'est dans l'actualité. C'est ça, en fait.
Il faut arrêter de vivre pour le regard des autres. C'est étonnant en venant de ma part, parce que moi, j'ai essayé de me prouver que le regard des autres pouvait changer ce que je pensais de moi. Et en fait, malgré cette couronne sur la tête, je me suis rendue compte que ça ne changeait pas comme ça.
C'est une vraie volonté de ta part. Il faut se dire, mais en fait, je m'en fous. Si tu me trouves moche, si tu ne m'aimes pas, si physiquement je ne te plais pas, je m'en fous, parce que je suis suffisante, je m'aime, ma famille m'aime, mes amis m'aiment.
C'est vraiment ce qu'il faut se dire. Ce n'est pas évident, mais vous allez voir qu'un jour, vous allez faire une rencontre et ça va vous changer votre vie. Vous allez avoir un ami ou alors un amoureux qui va vous regarder et vous allez vous dire, mais en fait, je suis incroyable, j'ai plein de qualités.
Et puis finalement, il n'y a pas que la beauté. Je suis quelqu'un d'exceptionnel, je suis une amie merveilleuse, je suis une fille merveilleuse. Donc, il faut se rendre compte soi-même de sa valeur.
Et emmerder les gens jusqu'au bout, mais en s'assumant. Et ça, c'est une bonne façon d'approcher les choses. Donc, tu vois, j'adore la pluie de corps dans le chat.
En fait, c'est très, très beau. Tu parlais de rencontres à l'instant, des rencontres marquantes. Tu en as forcément beaucoup, mais je voulais revenir notamment sur une rencontre pour toi qui a été un point de bascule important de ton côté.
Ça a été la rencontre avec Jean-Paul Gauthier. Déjà, comment ça s'est fait au départ, concrètement, cette rencontre avec un styliste et grand couturier français qui est Jean-Paul Gauthier ? En fait, c'était un peu au même moment que Miss France, finalement, parce qu'il était président du jury quand j'étais Miss France.
Donc, on s'est rencontrés à ce moment-là. Il m'a habillée pendant toute mon année. Et c'est vrai qu'on a eu un gros coup de cœur l'un pour l'autre.
Et Jean-Paul, il m'a énormément soutenue dans absolument tous mes projets. Quand j'étais Miss Universe, il m'a fait défiler pour lui. Après, pendant Danse avec les Stars, il m'a énormément encouragée.
Il m'a beaucoup soutenue de manière publique. Et après, il m'a proposé de participer au Fashion Freak Show, juste après Danse avec les Stars. Donc, j'ai dansé dans son show, dans son cabaret.
Et c'était magique. J'ai encore défilé pour lui pendant son dernier défilé. Et oui, ça a été une rencontre incroyable.
C'est quelqu'un que j'admire énormément. C'est quelqu'un de rebelle, d'hyper créatif. Et j'aime beaucoup son état d'esprit.
Quand tu te mets à travailler avec une personnalité pareille, alors qu'il y a encore peut-être un an et demi, deux ans, enfin, je n'ai pas fait toute ta chronologie, mais tu étais étudiante. Voilà. Comment est-ce que ça se… Enfin, concrètement, au début, tu arrives à t'imposer, mais il y a à avoir une sorte d'aisance face à des personnalités comme ça ?
Ou au début, c'est un peu… Au début, tu es toute petite face à eux. Moi, en plus, ma grand-mère était couturière, pas à l'échelle de Jean-Paul Gauthier, mais ma grand-mère était une petite couturière. Donc, on a toujours eu énormément d'amour pour les couturiers, les créateurs.
Et de rencontrer Jean-Paul Gauthier, moi, j'étais toute petite, quoi. Je ne savais pas vraiment où mettre. Et en fait, c'est quelqu'un qui est tellement simple et qui est tellement accueillant que ça se fait très vite avec lui.
On le voyait avec RoboDeter la semaine dernière. Donc, autre domaine, on parle de tout, il faut parler de tout ça. Mais lui, il me disait, c'est cool parce que j'ai pu rentrer dans mon métier.
Donc, lui, c'est en l'occurrence, c'est Amine qui est un autre streamer. C'est quelqu'un à qui, à la fois, je travaille, mais aussi quelqu'un avec qui je peux parler de plein de choses. Et toi, tu as aussi des gens comme ça qui ont un double profil de à la fois le perso et à la fois le pro.
Énormément. Jean-Paul en fait partie. C'est quelqu'un à qui tu peux raconter tout ce que tu veux.
C'est quelqu'un qui est toujours de bons conseils en plus. C'est quelqu'un qui est hyper positif. Il y a eu plein d'autres rencontres.
Kamel Wally aussi, qui est quelqu'un que j'aime énormément. Oui, je pense que c'est ça le plus beau. C'est quand tu peux travailler avec des gens, mais qui deviennent également tes amis.
Et quand tu travailles avec tes amis, finalement, c'est magique. D'ailleurs, Kamel Wally, rapidement, pareil, comment est-ce que ça s'est fait, cette rencontre au départ ? Et aujourd'hui, parce que vous bossez, enfin, vous avez l'occasion de bosser sur beaucoup de choses ensemble.
Tu étais fan déjà quand tu étais petite, il me semble. C'est ça. Je ne sais pas si tu as connu la Starac, toi.
Je n'ai franchement pas connu la Starac. C'est vrai qu'il s'est fait connaître la Starac. Je voulais d'ailleurs le présenter, expliquer un peu ce qu'il fait.
Je connais la Starac, mais j'avoue que je n'ai pas...
Tu n'as jamais regardé la Starac ? Je n'ai jamais regardé. Il faut que tu regardes la Starac.
Je ne sais pas, est-ce que j'étais trop jeune ? Je ne sais pas. Ce n'est pas grave.
C'est comme ça. Ce n'est pas grave, c'était incroyable. Elle loupait quelque chose.
Oui, tu as loupé quelque chose. Franchement, tu as loupé. Mais la Starac, en fait, Kamel était chorégraphe à la Starac et il faisait des chorés de dingue pour les primes.
C'était magique. Et moi, je regardais la Starac, j'étais complètement fan et j'étais fan de Kamel Wally. À l'époque, je prenais des cours de danse dans mon village et je disais à ma mère, mon rêve absolu, c'est d'être danseuse pour Kamel Wally.
Ils faisaient des chorégraphies de dingue, les danseuses étaient incroyables. Ils disaient, moi, mon rêve, c'est de faire ça. Et en l'occurrence, l'univers m'a entendue parce que des années plus tard, il m'a appelée le lendemain de mon anniversaire pour me proposer d'être meneuse de revue dans son cabaret.
Donc là, alignement des planètes, tu...
Là, je n'ai pas réfléchi. Je me suis dit, c'est un cadeau d'anniversaire. Il me dit, il faut chanter, il faut danser.
Je sais à peu près danser, je ne sais pas chanter, je ne sais pas comment je vais faire. Mais je veux le faire. Kamel Wally, Jean-Paul Gauthier, ça fait partie de ces rencontres importantes qui ont été pour toi.
Et plus largement, d'ailleurs, en termes de rencontres, quand tu deviens Miss France, puis Miss Univers, que par ailleurs, tu ne fais pas que ça, parce qu'on va pouvoir en parler dans la dernière partie de cet échange. Tu as pas mal d'engagement et de choses. Tu te mets aussi à rencontrer des personnalités que tu n'aurais pas forcément rencontrées au départ.
Et il y a eu notamment, ça a pu être François Hollande, ça a pu être Vincent Bolloré, des grandes personnalités comme ça, de la politique, de l'économie. En général, c'est des rencontres qui se font dans quel cadre ? Et comment tu te sens face à des personnalités comme ça et qui tu te mets à rencontrer ?
Alors en fait, au début de ton année, tu te...
Ouais, tu es toute petite. Quand tu es Miss France. Ouais, quand tu es Miss France.
Et en fait, au fur et à mesure, tu t'abordes tout le monde de la même manière. Bon, un président, quand même, tu fais un peu attention. Mais tu connais.
Mais c'est vrai qu'en fait, tu te rends compte qu'on est tous les mêmes. Et en fait, on se marre tous. On a tous envie de parler de nos familles, de ce qu'on va faire demain, de nos passions, etc.
Donc non, j'ai vraiment appris à parler à tout le monde de la même manière. Et j'ai rencontré de belles personnes aussi et de personnes très marrantes aussi. tu ne t'attends pas forcément à voir François Hollande qui te fait plein de blagues.
Et si, finalement...
Il est connu pour faire des blagues. J'ai interviewé il y a quelques semaines, c'était pareil. Il fait de très bonnes blagues.
Et c'est vrai qu'au début, tu arrives à l'Élysée, tu ne comprends pas trop ce qui se passe. Et au bout de 10 minutes, tu te marres avec le président et tu te dis, mais c'est quoi ce qui est en train de se passer ? C'est dingue.
Et dans certains cas, parfois, est-ce que tu n'as pas ressenti une forme de...
Justement, tu as la vision, par exemple, de l'Élysée. Tu arrives à l'Élysée. Et tu as l'impression qu'entre ce à quoi tu t'attendais et ce que tu as vu et ce que tu as connu, il y a une forme de décalage.
Comme tu le dis, c'était dans certains cas plus léger que ce que tu pouvais penser ou autre. C'est quelque chose que tu as ressenti, ce décalage entre la vision que tu avais de quelque chose et la vision que tu avais derrière ? Oui, énormément.
C'est vrai qu'en l'occurrence, l'Élysée, oui, ça me faisait assez peur. Et finalement, j'ai trouvé que l'ambiance était hyper bienveillante. Et j'ai ressenti ça dans plein de cas.
Quand j'étais à l'âme phare, j'ai rencontré tout le monde. Il y avait Will Smith, Leonardo DiCaprio. Et en fait, tu te dis, mais ça va être une ambiance très guindée.
On ne va pas savoir comment se tenir. Et en fait, tout le monde est hyper cool. Et les gens sont juste cools.
Ils ont envie de s'amuser. Ils ont envie d'être normaux. Et ça, ça fait du bien.
Là, on est monté très haut dans ton parcours, dans tout ça. Mais justement, un des points de bascule qui a fait que tu as été là où tu es aujourd'hui, ça a été un choix. Et ce choix-là, ça a été le choix de continuer les études ou alors de continuer cette voie que tu avais engagée.
Comment ça se prend une décision pareille ? Au final, tu te dis, là, je vais devoir arrêter les études. Les études dentaires, on le rappelle, les études importantes, tu étais déjà bien engagée dedans.
Pour t'engager sur cet autre parcours. Ça a été hyper difficile parce que moi, je voulais être dentiste quand j'étais petite. C'était vraiment une volonté de ma part.
J'ai fait beaucoup de sacrifices aussi pendant mes études. La première année de médecine, c'est une année qui est difficile à obtenir. Donc, j'ai sacrifié toutes mes soirées et tout mon temps finalement pour y arriver.
Et à un moment, quand tu ne t'attends pas à gagner, mais que tu gagnes, tu repousses tes études. Après, tu te dis, bon, je pars à Miss Univers. Je reprends mes études tout de suite.
Ah, j'attends un petit peu, je pars à Miss Univers. Tu es Miss Univers, on te propose des trucs derrière. Et à un moment, tu ne peux plus, en fait, tu ne peux plus, tu es obligé de prendre une décision.
La décision, elle est ultra difficile à prendre. Mais voilà, je me suis dit que je voulais vivre pleinement ce que j'avais la chance de vivre. parce que c'est assez extraordinaire, on ne va pas se le mentir.
Et en fait, je ne suis pas à l'abri de les reprendre un jour. Je ne sais pas, tu vois, peut-être que dans 5 ans, dans 10 ans, je vais me dire, allez, je reprends mes études. Mais c'était difficile parce que c'était une vraie passion.
Et c'était surtout que j'ai fait tellement de sacrifices pour y arriver. Très engagé, oui, parce qu'encore une fois, 5, 6 ans, 5e année, tu disais que tu étais ? J'étais en 5e année, oui. 5e année, en médecine.
Enfin, c'est tellement, en termes de charge de taf, c'est dur. Et ce n'est pas évident de se dire, tant pis, je… Oui, ce n'est vraiment pas évident. Mais je savais que je ne pouvais pas cumuler les deux.
Je ne pouvais pas être Miss Univers à New York et faire mes études en même temps et reprendre juste après n'était pas possible non plus. J'avais trop de tournage, trop de travail. J'étais obligée de prendre une décision.
Ça a été dur. Franchement, ça a été dur. Surtout qu'il y a des inconvénients, il faut le dire, quand même, à être Miss.
C'est-à-dire que tu perds, non mais c'est vrai, il faut le dire, tu perds peut-être certaines choses en termes de liberté, de tout ça. Est-ce que dans ta prise de décision à l'époque, tu étais consciente de ce que tu perdais aussi ou pas ? J'étais consciente de ce que je perdais, mais étonnamment, c'était aussi un frein de l'autre côté parce que j'avais peur de retourner à la fac.
J'étais retournée à la fac une fois, j'avais été invitée. On était venus, j'avais ma couronne, mon écharpe et j'ai vu le regard des gens sur moi qui étaient différents, qui n'étaient pas le même que celui que je connaissais en tant qu'étudiante. Et ça m'a fait peur.
Je me suis rendue compte que je ne serais plus jamais la petite étudiante Iris et que soit on allait être très durs avec moi, soit au contraire me traiter différemment. Et donc ça, ça a limite aussi été un frein. Je ne me voyais pas reprendre mes études dans ces conditions-là.
C'est difficile. C'est difficile parce que tu dis que je ne serais plus jamais anonyme finalement. C'est ce que ça te dit dans le chat, effectivement.
Tu perds l'anonymat et peut-être qu'on ne mesure pas forcément à quel point ça change notre quotidien. Beaucoup d'ailleurs, je pense, aspirent à perdre cet anonymat. Il y a toujours une envie, souvent une envie de visibilité, de tout ça.
Mais ça vient aussi avec des contraintes que tu as dû voir. Oui, bien sûr. Je pense que la contrainte la plus difficile, c'est les paparadis, notamment.
On ne va pas se le mentir. Ça a été hyper dur. Pour moi, j'ai appris ça d'un seul coup.
Ça a été au moment de Miss France, Miss Universe ? Encore aujourd'hui ? Surtout Miss Universe, oui.
Et aujourd'hui, oui. Moi, j'ai été suivie. Moi, je sortais de chez moi.
J'avais des scooters, des motos de paparadis en bas de chez moi qui m'attendaient tous les jours. Tu prenais un taxi, il y allait à l'adresse pour voir où tu allais, chez qui. Et tous les jours, tu te faisais prendre en photo.
Et c'était fatigant, en fait. C'était fatigant, c'était lourd. C'était surtout pour savoir à qui était mon mec.
La question, il fallait avoir la preuve, la preuve du moment. Et franchement, c'était dur. Et tu deviens parano dans ce genre de moment ?
Totalement. À base de...
Tu es dans un endroit où les rideaux sont fermés. Tu es trop parano. Mais c'est un truc bête, c'est que quand tu es au resto et que tu parles, tu as l'impression que les gens écoutent.
Ils écoutent peut-être, mais quoi qu'ils. Tu as l'impression que tu ne peux jamais être pleinement toi-même, en fait. Je ne peux pas dire une connerie à ma copine, lui faire une blague un peu débile, parce qu'on va entendre, on va dire « Ah, elle a dit ça ».
Et du coup, c'est vrai que je devenais...
La sincérité aussi des gens, même au quotidien, de qui tu peux faire confiance, en qui tu...
Oui, parce que tu as énormément de personnes qui deviennent tes amis ou qui, du moins, essaient de devenir tes amis. Beaucoup de personnes de ta famille, que tu ne connaissais pas, qui se révèlent. Mais après, on parle des aspects négatifs.
Mais c'est vrai qu'il y a énormément d'aspects positifs et franchement, je les prends, les aspects négatifs. Et du coup, non, mais c'est important aussi, je pense, de parler de tous les aspects, évidemment, les aspects positifs qui sont là, mais aussi les aspects plus négatifs, en tout cas, dont il faut être conscient aussi pour comprendre la réalité derrière cette ascension et ton quotidien aujourd'hui. Et du coup, si on ouvre un peu, c'est moins un point de bascule qu'une suite, toi, tes projets du moment et ce que tu fais après, ton quotidien déjà, aujourd'hui, concrètement, c'est quoi en général ?
Mon quotidien, je n'ai pas trop de quotidien parce que je n'ai pas de routine, en tout cas. Les journées ne se ressemblent pas forcément parce que je fais énormément d'interviews, je crée énormément de choses aussi. Donc, j'ai pas mal de séances de travail, que ce soit pour mes collections de vêtements, de bijoux, etc.
Je fais pas mal de vidéos, de montage, etc. Donc, ça, tu connais aussi. Je connais un peu.
Sur l'ordi pendant des heures. Et après, j'ai de la radio. Je fais à la radio tous les jours, de midi à 13h.
Et aussi le matin, avec une question sur Sherry FM. Donc, ça, c'est super parce que je prépare mes émissions. Je les écris complètement, donc je parle de ce que je veux.
Donc, j'ai ça, j'ai des shootings photos, évidemment, pour des magazines, pour des marques que j'adore. J'ai énormément de chance. Donc, non, franchement, je m'éclate parce que je fais plein de choses qui me plaisent énormément.
Je suis à la télé aussi, j'ai beaucoup de tournages. En fait, j'ai décidé de faire plein de métiers différents. Et du coup, franchement, je m'éclate.
Je suis contente de ne pas avoir un seul métier. Que tu aurais pu avoir, d'ailleurs, avec les études et les phares. Oui, complètement.
De côté, en final, je suis connu, il faut le dire. J'ai une audience. Et donc, ça peut me permettre aussi de développer toutes sortes de projets.
C'est peut-être un point commun, d'ailleurs, avec les YouTubeurs et les streamers. Complètement. Je pense que tu as des passions et de pouvoir… Moi, je suis hyper créative.
J'adore les vêtements, j'adore la mode, etc. Et de vivre de sa passion, je pense que toi, c'est aussi un peu la même chose. C'est dingue.
J'ai beaucoup de chance. Mais c'est vrai que je trouve que ce n'est pas facile. Quand tu es jeune, on te demande de choisir un métier.
Et moi, quand j'étais petite, je me disais, mais c'est horrible, en fait. Moi, j'ai envie d'être dentiste quelques années. Et puis après, j'ai envie de tenter, je ne sais pas, un autre métier.
Boulangère, avocate. Et c'est super dur de se dire, je ne choisis qu'un métier. Et finalement, j'ai beaucoup de chance parce que je ne l'ai pas vraiment choisi.
J'en ai plein. C'est venu, on le disait du coup, au début de notre échange, par une sorte de hasard, un message sur Facebook qui s'est transformé. Et qui, au fur et à mesure, a fait que tu es devenue Miss Univers.
Oui, mais c'est pour ça qu'il faut tenter. Et moi, j'ai eu peur, j'ai failli ne pas le faire. Et je me suis dit, en fait, si je ne le fais pas, je vais peut-être avoir des regrets.
Du coup, il faut tenter, il faut le faire. Et je pense que si vous avez une opportunité dans la vie, il faut la saisir. Il ne faut pas se poser de questions parce que si vous la ratez, ce n'est pas grave.
Vous retournez à votre vie d'avant. Mais imaginez que ça allait être l'opportunité de votre vie. Sous-titrage Société Radio-Canada
Thierry Mariani