Le Pen-Bardella : sont-ils sur la même longueur d'onde ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
On est ensemble en direct jusqu'à 21h. Très heureuse de vous retrouver avec toute l'équipe. Bonsoir à tous les 5.
Mohamed, votre Story? - M.Bouhafsi: Des rafales à plus de 140 km/h, des grêlons de 6 cm de diamètre, des pluies torrentielles.
Une large partie des Français ont vécu une soirée difficile. - E.Tran Nguyen: 2 personnes sont mortes, dont un enfant de 12 ans.
Il y a aussi plusieurs blessés, dont certains en urgence absolue. - A.-E.Lemoine: On en parle avec le colonel A.Jouassard et S.Thomas, journaliste et présentateur du journal météo climat sur France Télévisions.
Patrick, votre Edito? - P.Cohen: Sur les retraites, F.Bayrou ne s'avoue pas vaincu.
Il reprend les points d'accord trouvés entre partenaires sociaux pour les soumettre au Parlement à l'automne. - A.-E.Lemoine: C'est l'un des sujets qu'on soumet à S.Chenu, vice-président du RN, ce soir.
Merci d'avoir accepté notre invitation. Lorrain? - L.Sénéchal: Le mariage du 2e homme le plus riche du monde commence à Venise jusqu'à la fin du week-end.
J.Bezos a dû un peu changer ses plans, accusé de privatiser Venise. - A.-E.Lemoine: Pierre, votre OEil? - P.Lescure: Aujourd'hui sort un film centenaire en salle, "La ruée vers l'or".
On en profitera pour évoquer "La Soif du mal", un génial polar d'O.Welles. - A.-E.Lemoine: Nos invités après 20h, B.-H.Lévy, qui consacre un 4e film à la guerre en Ukraine.
Il documente ce conflit depuis le début. Ca s'appelle "Notre guerre" et ce sera diffusé dimanche sur France 5. On accueille L.Besson, qui revisite un mythe de la littérature et du cinéma, "Dracula".
Il en fait un dandy fou amoureux plutôt qu'un monstre assoiffé de sang. Il sera notre invité du dîner, présenté ce soir par D.Gallienne.
Il est aux côtés de B.Chameroy. - B.Chameroy: Bonsoir.
Au menu de ce soir, du sang. Pas du tout, ce sera du poisson. - D.Gallienne: Exactement, maquereau de Trouville fraîchement pêché, dans l'esprit d'un maquereau au vin blanc, mais ce sera du poiré, du cidre de poire. - B.Chameroy: Qui va lever les filets à 20h? - D.Gallienne: Emilie? - B.Chameroy: C'est parti. - A.-E.Lemoine: Elle a une tête à lever les filets.
Merci à tous les 2 et à tout à l'heure. Tout de suite, L'Edito de P.Cohen.
F.Bayrou va soumettre au Parlement les avancées du conclave sur les retraites. - P.Cohen: C'est la principale annonce de la conférence de presse de cet après-midi.
Je disais avant-hier que le Premier ministre ne se résout pas à un constat de désaccord. Il se refuse absolument à parler d'échec. - F.Bayrou: Je suis impressionné par les progrès qui ont été faits depuis 4 mois.
Oser parler d'échec quand on a un tel nombre d'accords essentiels sur le régime des retraites, ça ne me semble pas réaliste. - P.Cohen: Ces progrès, F.Bayrou les a longuement détaillés.
Ce sont les points d'accord qui ont été trouvés entre les 2 organisations patronales et les 3 organisations syndicales qui sont restées autour de la table. L'abaissement de l'âge du taux plein sans décote de 67 ans à 66,5 ans. Le calcul de la pension des mères de familles basé sur les 24 meilleures années au lieu de 25 pour un enfant, sur les 23 meilleures pour 2 enfants.
Les mères gagneraient 2 trimestres par enfant, en contrepartie, a confirmé le Premier ministre. Les syndicats acceptent les conditions d'âge fixées dans la loi de 2023, c'est-à-dire le recul de l'ouverture des droits à 64 ans. - A.-E.Lemoine: Tout ça fera donc l'objet d'une loi. - P.Cohen: A l'automne, dans le cadre du PLFSS, ainsi que les derniers points d'achoppement qui ont empêché la conclusion d'un accord global et sur lesquels F.Bayrou veut donner une dernière chance à la négociation. - F.Bayrou: Les experts et les négociateurs des organisations vont se remettre au travail pour rapprocher les points de vue.
J'ai écrit dans mon texte "donnons-leur 3 semaines". Le compromis est à porter. C'est ce que je souhaite.
Si les partenaires ne parvenaient pas à se mettre d'accord, le gouvernement prendrait ses responsabilités. - P.Cohen: Discussion qui portera notamment sur la prise en compte de la pénibilité.
On en parlait avant-hier. Les 3 critères: le port des charges lourdes, l'exposition à des produits et les postures pénibles. Les syndicats réclament que ces contraintes donnent droit à des départs anticipés.
Le patronat refuse. Le Premier ministre s'engage à dépasser ce blocage pour proposer une réforme, quoi qu'il arrive, d'après ce qu'on a entendu. Une prise en compte élargie de la pénibilité, même si le désaccord persiste.
La CFDT salue les décisions du Premier ministre, qui a acté des revendications CFDT, selon le premier syndicat de France. Les socialistes restent de marbre, après leur motion de censure. "Le Premier ministre ne contredit en rien notre souhait de censurer,"déclare Arthur Delaporte, en dénonçant une tentative d'enfumage.
F.Bayrou avait déclaré ne pas imaginer que le parti de J.Delors et M.Rocard puisse considérer que les compromis trouvés par les partenaires sociaux soient un objet de censure.
Réactions négatives également de tous ceux qui pensent que rien ne pourra être résolu sur ce dossier si on ne revient pas aux 62 ans pour l'âge légal. C'est le cas des insoumis et sans doute celui du RN. On va le savoir dans quelques secondes. - A.-E.Lemoine: Dans une seconde, même. - S.Chenu: Absolument.
On voit un F.Bayrou qui essaie de faire un exercice de replâtrage. Tout ça, c'est un peu du bricolage, avec des mesures sur la pénibilité qui pourraient...
On ne sait pas trop à quel niveau elles seraient applicables. Tout ça ne semble pas très sérieux. De toute façon, les partenaires, pour ceux qui sont restés, car la majorité des partenaires sociaux... - A.-E.Lemoine: Ceux qui sont restés représentent la majorité des salariés... - P.Cohen: La moitié. - S.Chenu: La moitié sont partis et la moitié sont restés.
Eux étaient déjà d'accord sur le départ en retraite à partir de 64 ans, de l'ouverture des droits. - P.Cohen: Non. - S.Chenu: M.Léon l'avait indiqué avant.
Madame Léon avait dit dès le début que c'était ça, la base de départ, alors, elle acceptera... - P.Cohen: Ils étaient au premier rang des manifestations contre la loi en 2023. - S.Chenu: Quand le conclave s'est ouvert, la CFDT a dit: "Nous accepterions cette ouverture des droits à 64 ans en échange d'un accord sur la pénibilité." A la fin, c'est exactement ce qui se passe. - P.Cohen: Il y a eu 4 mois... - S.Chenu: Ils sont d'accord avec ça.
Le dialogue était un peu biaisé. A la fin, on est sur du bricolage. F.Bayrou cherche à gagner du temps.
C'est devenu le spécialiste, d'ailleurs avec un certain talent. Il amène tout ça, mais le rendez-vous, c'est le budget, pour nous. - P.Cohen: Vous dénoncez l'enfumage, le flou...
Je vous ai entendu l'autre matin sur France Inter. Je n'ai pas compris de quel côté vous étiez sur la pénibilité. Côté syndicats ou patronat? - S.Chenu: Quand vous travaillez très dur et que vous travaillez plus tôt, vous devez partir plus tôt. - P.Cohen: Donc vous êtes plutôt du côté des syndicats pour la prise en compte? - S.Chenu: On l'a toujours dit.
En étant député de circonscription populaire, on rencontre beaucoup de gens dans les Ehpad et l'industrie...
Nous avons toujours considéré que plus vous commencez tôt, plus vous faites des professions difficiles et plus vous devez pouvoir partir plus tôt. C'est notre logique. Ce n'est pas la logique de la proposition d'accord de F.Bayrou.
On ne pourra pas avoir de départ anticipé. - A.-E.Lemoine: Il n'y a pas d'accord là-dessus entre les partenaires sociaux pour l'instant. - S.Chenu: On n'est pas d'accord avec ce modèle. - P.Cohen: F.Bayrou a ouvert la voie à ce qu'il puisse y avoir des départs anticipés comme le réclament les syndicats. - S.Chenu: En tous les cas, on a ce désaccord très fort.
On pense qu'on doit pouvoir partir plus tôt. - P.Cohen: Avec le patronat. - S.Chenu: Oui, bien sûr.
Notre logique, c'est que, si on commence à travailler avant 20 ans, avec 40 annuités, on peut partir, ensuite, de façon glissante, jusqu'à 62 ans, avec 40 annuités. Ca fait gagner des années pour les travailleurs... - A.-E.Lemoine: Et la prise en compte de la pénibilité... - S.Chenu: 9 milliards par an...
Si on parle du financement...
Bien sûr, c'est un modèle de société différent. Si on parle du financement, on a des modèles de financements différents qui reposent sur la nécessité de faire travailler les jeunes, de les faire rentrer sur le marché du travail beaucoup plus tôt, de réindustrialiser le pays, d'avoir une politique de natalité...
Tous ces leviers n'ont pas du tout été activés. On ne propose pas le même modèle de société. C'est une évidence. - A.-E.Lemoine: Si j'ai bien compris le Premier ministre, il propose une réforme qui élargit la prise en compte de la pénibilité.
C'est cette réforme qu'il souhaite soumettre au Parlement à la rentrée. - P.Cohen: Oui...
Ce n'est pas tranché, encore. - S.Chenu: Ce sont des aménagements sur la pénibilité... - P.Cohen: Pour les mères de famille, ce n'est pas anecdotique. - S.Chenu: J'ai entendu ça.
Mais ce n'est pas un changement d'orientation. Comme d'autres, comme une majorité de Français...
Une majorité de Français, et notamment parmi les actifs, n'est pas d'accord avec cette réforme des retraites. Nous restons sur un modèle de société fondamentalement différent. Je crois que c'est plus juste et probablement moins coûteux.
La réforme Macron, pour l'instant, a coûté très cher. - A.-E.Lemoine: Vous accusez F.Bayrou de tenter de gagner du temps.
Vous pourriez résoudre cette solution en le censurant dès maintenant, en joignant vos votes à ceux du PS. - S.Chenu: On a toujours dit que le rendez-vous, c'était le budget.
Au moment du budget, on peut faire bouger le Premier ministre sur des choses. Quand on a censuré M.Barnier, on a obtenu la fin de la désindexation des retraites, la fin de la hausse du coût de l'énergie, la fin de la hausse du tarif du gazole non routier.
On a obtenu tout ça parce qu'on a censuré M.Barnier. - A.-E.Lemoine: Qu'allez-vous demander? - S.Chenu: Nos lignes rouges, ce seront toujours des lignes qui visent à préserver le pouvoir d'achat des Français.
La France qui a travaillé, les retraités, la France qui travaille ou la France qui voudrait travailler ne doivent pas être le curseur que fait bouger le gouvernement en matière d'économie. Il y a des économies à faire sur le train de vie d'Etat ou l'organisation de l'Etat. Ca va des agences aux collectivités.
Il y a un autre modèle à imaginer. Il y a le coût de l'immigration. C'est le tabou suprême.
On ne peut jamais demander d'efforts à ceux qui arrivent dans notre pays. A partir du moment où on ose Demander des efforts aux Français, on peut aussi se pencher sur les efforts qu'on pourrait demander à ceux qui arrivent dans notre pays. - A.-E.Lemoine: Un sondage nous signale que 62 % des électeurs du RN souhaitent une censure du gouvernement à l'issue de ce conclave. 10 points de plus que dans l'ensemble des Français, qui sont 52 à le demander.
Vous leur dites quoi? - S.Chenu: Comme je l'ai dit à F.Bayrou, "votre tour viendra".
Si vous persistez dans votre logique...
On attend les orientations budgétaires du Premier ministre, le 15 juillet. Si cette logique est la même que tous les prédécesseurs, c'est-à-dire d'aller chercher l'argent dans la poche des Français, sauf sur les sujets que je vous ai cités, alors nous censurerons. On l'a déjà fait.
Ce n'est pas une fin en soi, la censure. La censure, c'est intéressant quand on obtient des choses pour les Français. Avec M.Barnier, on a préservé les retraités et les agriculteurs.
Là, on cherchera à préserver le pouvoir d'achat des Français. - A.-E.Lemoine: E.Ciotti voulait une journée réservée à ses textes pour faire adopter une proposition de loi interdisant l'exécution immédiate des peines d'inéligibilité.
M.Le Pen a été condamnée à une peine immédiate d'inéligibilité de 5 ans et a fait appel. E.Ciotti a fini par retirer son texte. - E.Ciotti: Privée celle qui, aujourd'hui, est donnée favorite dans tous les sondages pour devenir présidente de la République sur un simple principe de forme, c'est une question démocratique fondamentale, essentielle.
C'est dans les régimes où la liberté n'est plus en place qu'on élimine les opposants. Puisque nous prenons acte de ces dérives et de ces propos antidémocratiques, je retire ce texte. - A.-E.Lemoine: "On ne change pas des règles de loi pendant le procès", a expliqué G.Darmanin, ministre de la Justice.
C'est un peu ce que voulait faire E.Ciotti? - S.Chenu: Le texte que porte E.Ciotti met le doigt sur quelque chose de très ténu dans notre justice, c'est-à-dire la présomption d'innocence et ses effets.
Quand vous avez un juge de première instance qui peut empêcher, sous un prétexte politique...
La décision est très politique. Ce n'est pas un prétexte juridique. C'est le trouble à l'ordre public démocratique.
Ca n'existe pas dans les codes de nos juridictions. On considère qu'un juge de première instance ne peut pas empêcher un homme ou une femme politique de se présenter devant les électeurs pour ces raisons. On doit pouvoir avoir le 2e degré, c'est-à-dire l'appel, sans avoir l'exécution provisoire. - P.Cohen: Comme ça existe depuis 30 ans.
Vous avez attendu que ça tombe sur M.Le Pen pour vous en soucier. - S.Chenu: Peu de gens ont subi ça. - P.Cohen: Il y en a. - S.Chenu: Oui, mais en 2e juridiction, en appel, ils ont été remis, non pas dans leurs droits, mais dans leurs fonctions. - P.Cohen: Ca n'a pas été le cas d'H.Falco. - S.Chenu: Non, mais de Brigitte Barèges.
Il y a une hypocrisie totale là-dessus. Les LR n'étaient pas là. On entend toujours L.Wauquiez et B.Retailleau rouler des mécaniques, mais ils ne viennent jamais rien voter.
De l'autre côté, la gauche. C'est la gauche qui juge, qui admoneste, qui donne des leçons, qui explique que M.Le Pen est une vilaine, qu'elle a volé...
Il y a une présomption d'innocence. Elle ne vaut jamais pour les adversaires. On considère que la présomption d'innocence doit valoir.
Et ce, pour tout le monde. On est dans un bal de faux-cul. C'est une atteinte à la présomption d'innocence, qui est quand même un pilier de notre droit. - A.-E.Lemoine: M.Le Pen dit avoir intégré l'hypothèse de ne pas pouvoir être candidate en 2027.
Elle a demandé à J.Bardella de se préparer à cette éventualité. Ce discours semble nouveau chez M.Le Pen, d'intégrer cette hypothèse. - S.Chenu: Bah...
Il faut intégrer toutes les choses. Il y a un mercato au mois de juin. Il faut intégrer le fait que vous puissiez aller voir ailleurs. - P.Cohen: Ca n'a pas l'importance d'une élection présidentielle, vous le reconnaissez. - A.-E.Lemoine: Jusque-là, M.Le Pen disait qu'il fallait qu'elle passe sous un camion pour que J.Bardella soit candidat. - S.Chenu: Nous, on veut arriver au pouvoir, exercer ce pouvoir et mettre en place une autre politique.
On veut que ce soit avec M.Le Pen. Ca ne dépend pas totalement de nous, aujourd'hui, puisqu'il y a cette décision de justice...
Si on veut que nos idées soient portées, si M.Le Pen ne peut pas les porter, en responsabilité, comme disait souvent les macronistes, c'est J.Bardella qui prendra la relève.
Il faut se préparer. On est pragmatiques. On veut que nos idées soient au pouvoir.
M.Le Pen et J.Bardella ne sont pas interchangeables, mais ils ont les mêmes idées. - E.Tran Nguyen: J.Bardella a pris la parole mardi soir lors d'une réunion baptisée "le sommet des libertés".
Ca avait pour but de réunir des intellectuels et des politiques de droite libérale. J.Bardella a présenté son programme et a parlé d'économie. - J.Bardella: Nous souhaitons guérir la France de cette maladie bureaucratique.
C'est à ce prix qu'on pourra demain générer de l'argent, des impôts, des cotisations qui nous permettront de réduire la voilure. Il n'y a pas de raison que tous les pays autour de nous, sauf la 7e puissance économique mondiale. - E.Tran Nguyen: J.Bardella a un discours très libéral.
Il y a 15 jours, M.Le Pen dénonçait une UE ultralibérale et marchande. Ont-ils la même vision du programme économique? - S.Chenu: Oui.
C'est toujours pareil. Quand J.Bardella dit qu'il faut lutter contre la bureaucratie, c'est ce qu'on entend à tous les étages de la société.
Chez les chefs d'entreprise en premier, mais dans les services publics, dans les hôpitaux, la police, la justice aussi. "On n'en peut plus de la bureaucratie." C'est un discours pragmatique.
Il dit "générer des impôts", aussi. Ca veut dire prélever une taxe, un impôt sur ceux qui produisent, qui s'enrichissent, et qui créent de la richesse pour le répartir. Je suis d'accord avec ce modèle.
Le problème de notre pays, c'est qu'on prélève beaucoup, on répartit mal. Tous les services publics sont exsangues. On ouvre des guichets, un coup pour payer l'essence, un coup une mesure réparatrice...
Ca ne fait pas une politique économique. Nous, on est pragmatiques. On n'est pas des marxistes, évidemment, ni des ultralibéraux.
L'UE a ce côté ultralibéral. On le voit dans les politiques menées. Je crois qu'on est à la rencontre de ces 2 écoles de pensée.
C'est-à-dire le pragmatisme....
On veut de la solidarité de la part de ceux qui réussissent sans être de l'autre côté, où ils s'en vont et on ne les a plus comme contribuables. On l'avait fait sur les superprofits pendant le covid. Il y avait des entreprises, en particulier les centres commerciaux, qui avaient fait des profits qui n'étaient pas liés à leur modèle économique.
C'était parce que les autres avaient fermé que tout le monde allait chercher de quoi se sustenter dans la grande distribution. On leur dit "on va vous demander un effort". Mais ça va durer sur peut-être des exercices.
Si on le demande beaucoup plus longtemps, ils vont s'en aller. Il faut être pragmatiques, trouver les moyens de faire participer ceux qui réussissent à la solidarité pour permettre au secteur public de fonctionner, mais il ne s'agit pas d'étouffer. - P.Cohen: A propos des idées du RN, je voudrais que vous nous éclairiez sur celle de votre collègue députée C.Parmentier... - S.Chenu: Je m'y attendais.
Vous êtes sans surprise, monsieur Cohen! - A.-E.Lemoine: Je peux vous poser la question, si vous préférez. - S.Chenu: J'attendais cette question.
Cette petite question. - P.Cohen: Ce n'est pas une petite question.
Quand on écrit pendant 30 ans dans un quotidien qui s'appelait "Présent", qui était ouvertement réactionnaire, antisémite, homophobe...
Ce n'est pas un petit dossier. Vous avez dit dans une première réaction "c'est des propos très anciens". Non.
Elle a rejoint le RN début 2019. Ce n'est pas si ancien. Ensuite, vous avez dit à France Inter "elle a changé et on doit être fier du fait qu'elle ait changé." Quand a-t-elle abjuré toutes ses idées? - S.Chenu: Quand elle nous a rejoints.
Elle a rompu avec une forme de pensée politique qui nous combattait et que nous combattons. - P.Cohen: Pas sur tout.
Quand elle s'opposait au mariage homosexuel, c'était la ligne du RN. - S.Chenu: Je viens de l'UMP.
J'ai fait toutes les manifs pour le mariage. Des gens qui s'opposaient au mariage pour tous, il y en avait un paquet, à l'époque. - P.Cohen: Vous vous souvenez de ce qu'a écrit C.Parmentier lors de votre arrivée au RN.
Elle vous a accusé "d'homosexualisme" et vous a qualifié d'ennemi des valeurs. - S.Chenu: Pourtant, je suis arrivé au RN avant elle.
Des propos inacceptables, beaucoup de gens en tiennent. Aujourd'hui, Emmanuel Duplessy a attaqué la maman tétraplégique d'E.Ciotti.
Un propos qu'on n'avait jamais vu à l'Assemblée nationale. Aller chercher dans la vie privée d'un député pour en faire un argument politique...
On ne fait jamais ça. Des propos ignobles, il y en a beaucoup. Les propos de C.Parmentier étaient inacceptables, mais elle n'était pas avec nous.
Elle combattait M.Le Pen. Je viens de gagner un procès contre "Rivarol", ce journal pourri d'extrême droite...
On sait très bien qui nous combattons. "Présent", "Rivarol", tous ces journaux qui n'ont jamais accepté la mue de M.Le Pen. - P.Cohen: Donc on peut blanchir, d'un coup...
Demain, si A.Soral ou Dieudonné toque à la porte du RN, vous dites "on vous accueille"? - S.Chenu: Il y a aussi un degré de sincérité.
Je crois à la sincérité de C.Parmentier. Regardez ce qu'elle produit comme travail en tant que députée.
Son travail est irréprochable. Des gens qui tiennent des propos inacceptables, il y en a eu tout au long de notre histoire politique, et pas que dans les rangs de la droite ou du RN...
A gauche, il y a des choses inacceptables qui ont été écrites par les hommes et les femmes politiques de notre histoire. C'est notre boulot de faire revenir les gens dans le champ républicain. LFI accepte des propos inadmissibles aujourd'hui d'un certain nombre de ses membres, notamment sur l'antisémitisme et les conserve.
On considère que notre boulot, c'est de faire revenir les gens dans le champ républicain. - P.Lescure: Vous avez vu que la CEDH a condamné la France pour un contrôle d'identité qualifié de discriminatoire.
C'est la 1re fois que la France est qualifiée dans un dossier de profilage racial. La Défenseure des droits, C.Hédon, propose la traçabilité des contrôles d'identité pour permettre aux personnes contrôlées d'exercer un recours.
Ca vous semble une bonne proposition? - S.Chenu: C'est de la suradministration. - P.Lescure: Elle est dans son rôle. - S.Chenu: Oui, bah... - P.Lescure: On peut ne pas être d'accord avec elle, mais elle est dans son rôle. - S.Chenu: Je pense que notre police est républicaine.
Est-ce que, dedans, il n'y a pas des moutons noirs...
Ca existe dans tous les boulots. - P.Lescure: D'où l'intérêt d'un contrôle pour la traçabilité. - A.-E.Lemoine: Un droit supplémentaire. - S.Chenu: Ca fait porter une suspicion sur la police.
Les policiers ont plutôt besoin d'être soutenus, encouragés, mieux rémunérés, mieux considérés. Quand on voit les images, sincèrement, je suis derrière la police de notre pays. J'ai confiance dans cette institution et dans la justice de mon pays.
Parfois, je suis en grave désaccord, comme je l'ai dit tout à l'heure, avec certaines décisions, mais j'ai confiance dans nos institutions. Je pense que tout ce qui vient la contrôler, la suspecter, vient la déstabiliser derrière. - A.-E.Lemoine: Vous restez avec nous.
D'autres sujets d'actualité à vous soumettre, avec la Story de M.Bouhafsi. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'un épisode orageux qu'on attendait après la canicule de ce week-end, mais auquel on ne s'était pas pour autant préparés.
Hier soir, pendant plusieurs heures, des rafales de vent ont dépassé les 140 km/h par endroits en France. - Putain! L'arbre du voisin est tombé! - Oh là là là là! - Je suis trempé! - M.Bouhafsi: Au total, 39 000 éclairs ont été détectés dans le ciel hier. 40 départements ont été placés en alerte orange pour les orages.
Des phénomènes accompagnés de fortes pluies qui ont réussi à faire disparaître la tour Eiffel. Dans les Landes, un orage supercellulaire a provoqué la naissance de grêlons atteignant les 6 cm de diamètre. - Cette branche d'arbre est tombée sur les 2 balcons. - Les branches volaient.
Les feuilles se décrochaient comme un ouragan. - Si quelqu'un passait à ce moment-là, il est mort. - M.Bouhafsi: Les pluies ont bloqué plusieurs routes, avec des conducteurs pris au dépourvu. - On a entendu un bruit.
C'est tombé derrière nous. On était dans la voiture. Ma femme a beaucoup pleuré après.
Elle est très traumatisée. - M.Bouhafsi: La capitale n'a pas été épargnée.
Plusieurs lignes de métro ont été fermées. Près de 1000 arbres ont été endommagés ou déracinés. Musique d'accordéon. - C'est la fin du monde et ils sont en train de déguster dans le plus grand des calmes. - M.Bouhafsi: Hier, les appels aux services de secours ont explosé.
Les pompiers sont intervenus plus d'une cinquantaine de fois à Paris. Des gardés à vue ont dû être déplacés de certains commissariats. La police n'a pas perdu son sens de l'humour.
Thème de "Titanic". Même les plus beaux bâtiments de la République ont été affectés. Hier, alors que les députés siégeaient dans l'Hémicycle, le ciel a fini par leur tomber sur la tête. - F.Bayrou: Est-ce que vous vous êtes aperçu qu'il pleuvait? - Je viens de le voir, monsieur le Premier ministre.
On m'avait dit que l'Hémicycle était étanche, mais visiblement...
Je vais suspendre la séance pour 5 minutes. - M.Bouhafsi: Les dégâts sont nombreux sur tout le territoire.
A midi, 75 000 foyers n'avaient toujours pas d'électricité. Des toitures se sont effondrées. - Le toit est tombé sur l'étage.
Ca a détruit les 2 escaliers. C'est inhabitable. - M.Bouhafsi: Les vieilles pierres n'ont pas été épargnées.
Plusieurs églises ont été touchées. Des clochers se sont effondrés. - On l'a retrouvé dans cet état.
C'est difficile. - Ca a duré 5 ou 7 minutes. Tout est par terre. - M.Bouhafsi: Des inondations ont eu lieu dans plusieurs départements, notamment dans le Pas-de-Calais ou en Ille-et-Vilaine.
Ces épisodes orageux laisseront des traces. Certains équipements associatifs ont vu leur toit s'envoler. - Vous voyez la violence du phénomène.
On voit ça dans l'Ouest américain, pas ici. - M.Bouhafsi: Avec ces pluies torrentielles, ces vents violents et ces arbres tombés sur les voies, hier, il fallait redoubler de vigilance.
D'autres ont été pris au piège. Ce matin, les commerçants constataient les dégâts. - 3 arbres se sont écroulés sur notre façade.
On a pu déblayer. - Je n'ai plus d'électricité ou d'Internet. - Si ça ne revient pas très vite, je ferme le magasin. - M.Bouhafsi: 17 blessés en France et 2 morts, un conducteur de quad en Mayenne et un adolescent de 12 ans. - On a passé la soirée les pieds dans l'eau, comme beaucoup ici, bien que ce soit interdit.
Malheureusement, il a voulu esquiver un arbre. Le second, malheureusement, lui a été fatal. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, S.Thomas.
Vous présentez le journal météo climat sur France Télévisions. A vos côtés, le colonel A.Jouassard, porte-parole de la Sécurité civile.
Plus de 2500 interventions dans la nuit. Il a fallu faire face à des situations très variées? - Col A.Jouassard: Oui, et un épisode très particulier. 57 départements simultanés, ça faisait très longtemps qu'on n'avait pas vécu pareil épisode.
En plus, en 2 vagues. Une 1re partie de l'Ouest est rapidement montée sur l'Ile-de-France puis le Nord-Pas-de-Calais. Une 2e, un peu plus au Sud, est passée par la Corrèze, la Dordogne, et est repartie dans les Vosges.
On a eu 2 épisodes à coordonner dans les centres opérationnels. Les remontées d'informations en temps réel nous ont montré un épisode très intense. - A.-E.Lemoine: Une activité qui a permis de limiter les dégâts, malgré un lourd bilan. 2 décès et 16 blessés, dont un en urgence absolue.
Ca aurait pu être plus grave, plus lourd? - Col A.Jouassard: Malheureusement, on regrette ces 2 décès.
Je profite de cet instant pour adresser nos condoléances à la famille et aux proches. Sur le reste, par rapport à l'intensité de l'événement d'hier, ce bilan est plutôt positif. Une partie de la population a bien écouté les vigilances orange et un comportement de résilience se met en place dans notre pays.
C'est positif, d'autant plus qu'on est au début de la saison estivale. Avec ce qui arrive cet été, on sait qu'on aura d'autres épisodes caniculaires, d'autres périodes d'orages ou avec un risque de feux de forêt. C'est le bon moment d'adresser des messages de vigilance et de prévention. - A.-E.Lemoine: Le plus grand danger, c'était les chutes d'arbres, qui ont causé les 2 décès.
Elles étaient provoquées par la violence des vents. S.Thomas, des rafales accompagnées de grêle.
Ca fait penser à une tempête, mais on a bien assisté à un orage d'été? - S.Thomas: J'ai un jardin, j'avais l'impression d'être dans un cyclone.
En 10-15 minutes, vous prenez une rafale et vous ne voyez plus à 1 cm...
En gros, il faisait très chaud, 10 à 15 degrés de plus que la normale. De l'air plus frais arrive, poussé par les vents. L'air froid se glisse très vite sous l'air chaud.
Imaginez la rafale descendante...
Ca peut descendre à 140 km/h et provoquer des grêlons. Ces grêlons ont été ballottés. Ils ont tendance à rester en altitude, donc il grossit et quand ça précipite, on a des grêlons de plus de 10 cm.
On ne rigole pas, c'est un risque mortel pour le bétail, les enfants...
C'était costaud. - A.-E.Lemoine: Orage additionné à un autre phénomène.
Sur une diagonale de l'Occitanie à la Lorraine, le Derecho avant qui s'abat en ligne droite. - S.Thomas: C'est une suite de cellules orageuses un peu organisées.
Il y a des rafales à plus de 90 km/h, Voire 100. Cette ligne droite a été observée au XIXe siècle dans les grandes plaines américaines. - A.-E.Lemoine: Ca a fait de gros dégâts aussi en Corse et en Italie. - S.Thomas: C'est sur une très grande échelle.
Des rafales très puissantes et localisées. Ca peut faire beaucoup de dégâts. Ca peut coucher des grands édifices, c'était impressionnant. - A.-E.Lemoine: 75 000 éclairs hier soir, c'est un record depuis ce début d'année, avec des conséquences concrètes? - Col A.Jouassard: Oui, et un appui indispensable pour nous sur la partie sécurité civile de Météo-France.
On a développé une convention avec un expert Météo-France dès l'après-midi pour anticiper les zones d'impact. La foudre, à quelques kilomètres, vous avez zéro impact et à côté, une ville qui vit difficilement un épisode jusqu'à 20 minutes où vous pouvez avoir des dangers pour la vie humaine et pour les habitations. D'où les messages de prévention de bien couper les supports électriques, se mettre à l'abri...
Des personnes ont évité les zones boisées. C'était important. Il y avait de nombreux impacts de foudre en forêt. - A.-E.Lemoine: Où en sont les opérations de déblayage, de reconnexion au réseau électrique des foyers privés d'électricité? - Col A.Jouassard: Cette phase 2 a commencé dans la nuit, dès la fin de l'épisode.
Enedis a fait son travail. On est passé de 140 000 foyers impactés hier à 50 000 ou 60 000 actuellement. Ils ont fait un travail colossal.
Sur la Sécurité civile, les sapeurs-pompiers sont sortis rapidement. D'abord pour voir s'il y avait des zones isolées avec des victimes et un 2e travail qui a été l'objectif du jour, remettre les axes de circulation en route, regarder sur quelles zones il pouvait encore y avoir des risques. Sur les 48 heures à venir, soyons vigilants.
Le risque est partout. Les arbres ont été impactés. Des branchages peuvent encore menacer de tomber.
On voit rarement le risque d'en haut. Il faut regarder au-dessus de soi. Il y a des arbres quasiment déracinés aussi.
Dernier point: la chaussée. Sur certaines départementales, il y a des nids-de-poule ou des creux et il peut y avoir des risques de circulation. Soyons bien vigilants. - A.-E.Lemoine: Un nouvel épisode de la même intensité pourrait se reproduire dans les jours qui viennent avec le retour d'un dôme de chaleur partout en France? - S.Thomas: Les ingrédients vont être réunis.
On aura des températures encore plus chaudes que ce qu'on a connu. Air chaud, si on peut avoir de l'air froid ou une goutte froide qui arrive, on aura les mêmes ingrédients. Les orages sont difficiles à prévoir. 57 départements sont en alerte orange orages.
On indique plutôt des zones potentielles. En Gironde, hier, il ne s'est rien passé alors qu'ils étaient en alerte orange. - A.-E.Lemoine: C'est lié au réchauffement climatique, ces phénomènes violents qui pourraient devenir plus récurrents? - S.Thomas: Ils ne vont pas forcément devenir plus récurrents.
Ils vont devenir plus intenses. On est qu'à 1,3 degré de réchauffement mondial. On a la bande-annonce de la signature thermique du réchauffement climatique.
Il fait de plus en plus chaud donc le phénomène va s'intensifier. - E.Tran Nguyen: Il faut parler des logements dans ce contexte.
On parle beaucoup de passoires thermiques mais on oublie les boulevards thermiques, qui deviennent des fournaises en cas de canicule. Un tiers du parc seraient concerné, selon la Fondation pour le logement des défavorisés. Explications du président. - Une bouilloire thermique est un logement qui devient invivable du fait de la chaleur dans le logement.
Ce sont des logements qu'on n'arrive pas à refroidir. On a des témoignages de personnes qui vont dormir chez un copain ou une copine, autoentrepreneurs qui travaillent chez eux et vont à la médiathèque. En 2024, un peu plus de 40 % de la population avait souffert de la chaleur dans leur logement.
En 2022, été encore plus caniculaire, c'était près de 60 % de la population. Le phénomène est assez répandu et inégalitaire. - E.Tran Nguyen: La chaleur tue en 2023, 300 personnes sont mortes à Paris, principalement dans des logements situés sous les toits.
Le phénomène est de plus en plus fréquent, notamment dans ces appartements exposés? - Col A.Jouassard: Oui.
Le cycle est certes quasi identique, mais on n'est que sur des records. On a vécu un épisode record à Mayotte avec les ouragans. On connaît des étés records.
Déjà le record aussi. On a du travail en termes de prévention et d'interventions. Il n'est pas rare que des gens aient des coups de chaleur qui peuvent sembler anodins et peuvent conduire à la mort. - A.-E.Lemoine: Jeudi dernier, à l'Assemblée nationale, le RN et votre allié, l'UDR, ont voté un moratoire sur les installations d'éoliennes et de panneaux solaires.
Un vote qualifié d'irresponsable par le gouvernement. Pourquoi ne pas voter l'augmentation du parc d'énergies renouvelables dans un contexte de dérèglement climatique dont on constate chaque jour les conséquences? - S.Chenu: D'abord parce que c'est la promesse de la ruine de notre pays.
Ce sont des installations intermittentes qui coûtent cher et produisent peu. D'un autre côté, on a des filières à bâtir, comme l'hydrogène. Les éoliennes défigurent les Hauts-de-France.
La région est défigurée par les éoliennes et ce n'est pas la seule. Elles durent peu de temps, produisent peu d'énergie, coûtent très cher et détruisent les paysages, en mer comme sur terre. Nous considérons qu'il y a d'autres choix à faire... - P.Cohen: Les rapports sérieux disent qu'il faut les deux. - S.Chenu: Ca ne vous a pas échappé, on a des difficultés économiques importantes dans le pays.
On est un pays surendetté. Allons là où on a déjà des forces plutôt que vers le nucléaire, ou le photovoltaïque chinois importé. Allons là où on a des forces, vers le nucléaire, vers l'hydrogène, qui méritent d'être encouragés, plutôt que d'importer des éoliennes et du photovoltaïque d'Asie. - P.Cohen: On fabrique des éoliennes françaises en mer. - S.Chenu: C'est rare. - A.-E.Lemoine: S.Thomas, on suit votre journal météo climat sur France Télévisions.
Merci, colonel A.Jouassard, d'être venu. Le 5/5.
Après l'entrée en vigueur de la trêve en Iran, tous crient "victoire". - L.Sénéchal: Un programme nucléaire iranien frappé par Israël et surtout par les Etats-Unis, même si le bilan est incertain.
D'après les déclarations officielles, tout le monde a gagné. ... - L.Sénéchal: Le Pentagone a fait le service après-vente, donné le détail de ce qui est présenté comme la plus grande opération militaire de l'histoire.
Les images que vous voyez ont été diffusées par le Pentagone. Ce sont les fameuses bombes qui ont touché le site de Fordo. Elles s'enfoncent dans le sol avant d'exploser. ... - L.Sénéchal: Le bilan est toujours incertain.
On ne sait pas si le site de Fordo a réellement été touché en profondeur. Le camp Trump martèle que oui, sans en apporter des preuves tangibles et assure que les 400 kg d'uranium enrichi à 60 % ont été détruits. Pas sûr, selon le patron de l'AIEA. - L'agence a perdu la visibilité de ce matériel à partir du moment où les hostilités ont commencé. - Je ne voudrais pas donner l'impression que c'est perdu ou caché.
L'Iran a toujours une obligation de montrer aux inspecteurs de l'agence où se trouve le matériel. - L.Sénéchal: Cette guerre a aussi donné lieu à un affrontement assez inédit en ligne, à coups de fausses images, soit issues de jeux vidéo et présentées comme vraies, soit, surtout, générées par l'IA.
Il y en a eu énormément, produites par les 2 camps. Une chaîne iranienne a même diffusé un film de propagande basé sur l'univers Lego avec une mise en scène victorieuse. C'est destiné aux plus jeunes.
Une image a fait le tour du monde. La porte de la prison d'Evin frappée par une frappe israélienne. Ca a fait le tour des plateaux, jusqu'à la BBC, qui, après avoir authentifié les images, a fini par s'interroger.
Et si l'image avait été générée par IA? L'alerte a d'abord été lancée par un chercheur israélien qui a retrouvé une vieille image de 2023 de la prison d'Evin. d'un des plus gros couacs médiatiques liés à l'IA.
Démonstration du journaliste. - Quand on superpose l'image d'archives avec la première image de la vidéo, on voit que les 2 sont très proches. Tout porte à croire que cette vidéo a été générée par l'IA à partir de cette image d'archives.
Au moment de l'explosion, les buissons ne bougent pas beaucoup. Ca, c'est des images de la télévision au même endroit. Le bâtiment est détruit.
L'hypothèse est que cette vidéo aurait pu être générée par l'IA pour amoindrir le sens de la frappe israélienne sur la prison. - P.Cohen: Un ministre israélien a expliqué: "Si on a la précision pour détruire un appartement avec des responsables, on a la précision pour atteindre la porte de la prison sans faire de dégâts autour." C'est le porte-parole en France qui l'a dit. - L.Sénéchal: En revanche ce qui est réel, c'est que 2 Français, C.Kohler et J.Paris, sont toujours emprisonnés en Iran.
Ils étaient dans la prison d'Evin au moment de la frappe. Ils sont indemnes, d'après le Quai d'Orsay, mais N.Kohler, la soeur de Cécile, dit être toujours sans signe de vie et convoque une conférence de presse demain. - A.-E.Lemoine: Des inondations en Chine. - L.Sénéchal: Elles ont déjà fait 6 morts. 80 000 personnes évacuées.
L'ampleur du phénomène est exceptionnelle. C'est le mot employé par les autorités. Le plus grand centre commercial de la région a été transformé en un gigantesque torrent bouillonnant.
Il y a eu des coupures d'électricité et des dégâts considérables. Image la plus impressionnante: ce glissement de terrain qui a emporté tout un viaduc au moment où un camion s'apprêtait à s'y engager. Miraculeusement, le conducteur est retrouvé indemne à l'intérieur de la cabine, suspendue dans le vide.
Il a fallu le déploiement des pompiers à l'aide de cordes pour aller le chercher et le ramener sur la terre ferme. Le sud de la Chine est inondé et la capitale au nord, Pékin, était en alerte canicule avec une des journées les plus chaudes de l'année cette semaine. Le bouleversement climatique est déjà une réalité cruelle pour les habitants d'un petit pays du Pacifique, les Tuvalu, dont un ministre avait alerté pendant la COP26. ... - L.Sénéchal: L'Australie avait décidé l'an dernier de créer un visa de réfugié climatique pour ces habitants Tuvalu.
Une première mondiale. Visa demandé aujourd'hui par un tiers du total de la population des Tuvalu. 3000 des 10 000 habitants de ce pays ont demandé un visa pour l'Australie.
Seuls 280 sont livrés chaque année. Il y aura un tirage au sort. Les jours de cet archipel sont comptés.
Dans 80 ans, aucun des îlots de cet archipel ne sera habitable. 2 des 9 atolls ont déjà largement disparu sous les eaux. - S.Thomas: Ca fait penser à Miquelon.
Des Français sont les premiers réfugiés climatiques à Saint-Pierre-et-Miquelon. - A.-E.Lemoine: Le gouvernement veut pérenniser l'usage des tickets resto pour faire ses courses, même le dimanche. - L.Sénéchal: C'est provisoire depuis 2022 et prolongé chaque année.
Le gouvernement voudrait pérenniser le système après 2027. Il est accueilli de manière opposée par les supermarchés et les restaurateurs. - On attendait beaucoup de cette loi.
On n'a pas grand-chose, même rien du tout. On a tout perdu. On dirait qu'on flèche l'économie vers la grande distribution et qu'on oublie les artisans et les commerçants. - Je suis heureux d'avoir une ministre du Commerce qui, dans un contexte où personne ne connaît l'art du compromis, a trouvé une solution pour tout le monde.
C'est du pouvoir d'achat pour les salariés. - L.Sénéchal: La grande distribution est contente mais pas les restaurateurs. 6 Français sur 10 apportent un repas fait maison sur leur lieu de travail.
Ils ont pris l'habitude de payer avec leurs tickets resto. Ca concerne 5 millions de salariés. Il est né dans les années 60. - Le chèque restaurant est un moyen de paiement mis à la disposition du salarié par le chef d'entreprise.
Il a une valeur de 5 francs. Pour 5 francs, il a souvent un hors-d'oeuvre, un plat de viande garni, un fromage ou un flan. Les restaurateurs donnent même le fromage et le flan. - L.Sénéchal: 5 francs de l'époque, c'est 8 euros d'aujourd'hui.
Le plafond restera inchangé, 25 euros. On pourra utiliser le ticket-restaurant même le dimanche en 2027, mais pas les jours fériés. - S.Chenu: Je ne suis pas défavorable.
Peut-être avec la limite d'un plafonnement pour que ça n'aille pas qu'en grandes surfaces. Il y a quelque chose à trouver. Mais ça dit quelque chose de notre société.
Il y a beaucoup de travailleurs qui se sont appauvris, qui gagnent mal leur vie, qui font leur repas chez eux le midi et l'amènent au bureau. Le nombre de travailleurs pauvres n'a cessé d'augmenter dans notre pays, en particulier sous E.Macron.
Là aussi, ça fait partie des conséquences de la politique menée par ces gouvernements depuis plusieurs années qui ont appauvri les travailleurs. - A.-E.Lemoine: J.Bezos a moins de problème de ce genre.
Il réalise ses plans de mariage à Venise. - L.Sénéchal: Dernière trouvaille des opposants de ce mariage, une poupée Bezos mise à la dérive sur son colis Amazon dans le grand canal.
Ils protestent contre le mariage. Les festivités ont commencé aujourd'hui et dureront jusqu'au bout de la nuit de samedi à dimanche. Des stars sont présentes: L.DiCaprio, M.Jagger, K.Kardashian, la fille de D.Trump...
Cela provoquerait un bouchon de jets. 95 ont demandé la permission d'atterrir à l'aéroport de Venise. L'île face à la place Saint-Marc aurait été louée en totalité, privatisée pour toutes les festivités, sans compter les hôtels de luxe.
L'empreinte carbone de l'événement fait bondir les associations comme Greenpeace, qui ont multiplié les opérations. Les manifestations ont lieu aujourd'hui encore. Les opposants veulent gâcher la fête à J.Bezos.
Les manifestants ont d'ailleurs été évacués manu militari, mais ils ont été en partie entendus. J.Bezos renonce à certains plans.
Il ne privatise plus la Misericordia, où les préparatifs ont été discrètement démontés. Il a aussi fait des dons à des associations,
Marine Le Pen