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interviewBLAST (sur YouTube)· 3 décembre 2025 18 min

HÔPITAL : LA MACRONIE CHOISIT ENCORE LES ÉCONOMIES AVANT LES VIES

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ces patients sont parmi les derniers à bénéficier du service de chirurgie de l'hôpital. Couper est tombé. Euh personne n'a compris pourquoi on voulait fermer ce service alors que l'acte chirurgical, la prise en charge est bien faite et c'est là-dessus aussi où là on on rond et on crée vraiment une fracture sociale.

Avons-nous la même chance de guérison sur tout le territoire que l'on habite en ville ou à la campagne que l'on soit riche ou pauvre ? On nous prend pour des billes. Nous sommes des gu on existe plus si pays d'Apte.

À proximité de la salle de réveil déserte, cette infirmière a du mal à digérer ce qui arrive. Ma grosse crainte, c'est qu'il ait une vie possiblement euh gâchée, voire un décès à la clé. C'est l'humain qui est impacté.

Sans parler des femmes enceintes ou des problèmes que les enfants peuvent avoir dès la naissance. Les médecins se sont opposés, ils n'ont pas été entendus. Chaque fois que j'ai fait la consultation, il y a mes patients qui me demandent qu'est-ce qu'on va faire.

J'ai pas de réponse et je vois l'angoisse. La population se mobilise et n'est pas entendue. Pourquoi ils ont laissé cet hôpital périquité à ce point-là et maintenant nous dire voilà on peut plus subvenir à cet hôpital, on va fermer la chirurgie.

Et bienvenue dans un nouvel épisode de Casse sociale. Cette fois-ci, on sera à Apte, environ 1 heure d'Avignon parce que la casse sociale, ça concerne aussi le milieu de la santé et malheureusement le service de chirurgie dont on va vous parler aujourd'hui à l'hôpital d'AP. Allez, suivez-nous.

AP, c'est une petite bourgade perdue dans le VLU. On n'est pas vraiment dans les zones défavorisées, mais n'empêche que ici aussi certaines décisions de l'État peuvent créer des inégalités. C'est pour en parler avec les concernés qu'on s'est rendu sur place.

Alors, l'hôpital pour la région, il faut savoir que nous sommes sur apte. pays d'AP, c'est le le bassin de vie d'un bassin de population de plus de 30000 habitants que tu multiplies par à peu près deux ou trois en plein été puisque le Luberon est une région extrêmement touristique. Donc l'hôpital d'APte et la ville d'APte, c'est un centre de vie par rapport à cette population qui est éloignée de tout.

Je suis chirouan à l'hôpital de HT, practicien recruté par l'hôpital de Avignon et mis à disposition de services de chirurgie de ATT depuis 2021. Nous on est chirurouin d'Avignon, on était mis à disposition des pour pouvoir euh proposer de façon décentralisé les soins à l'hôpital de Apt. APT n'était pas autorisé directement à faire de la chirurgie.

C'était Avignon qui avait l'autorisation et et qui nous mettait à disposition des praticiens. L'hôpital d'APT fait de la chirurgie, je dirais commune d'urgence ou non. la prise en charge des appendicites de l'hern étranglé des pathologies qui sont très fréquents.

Je sens que vraiment rendre en service la population du vacant des aptes très importantes. On accueille des personnes qui ont des altérations d'état général qui ont des anémies qui ont des cancers enfin il y a beaucoup beaucoup c'est c'est un un panaché très très étendu. L'hôpital d'APTE je l'ai vu évoluer de façon dynamique jusqu'à présent. des organisations qui étaient innovantes.

Voilà, une une belle dynamique, je dirais. En juin, on nous a annoncé la fermeture du service de chirurgie et du bloc opératoire pour le 31 décembre 2025, donc soit à peine 6 mois après. L'autorisation de chirurgie de l'hôpital d'APTE, elle elle est arrêtée d'une part par le directeur général de l'ARS qui transforme l'autorisation et qui supprime l'autorisation.

D'autre part par Pierre Pinzelli euh directeur de l'hôpital d'Avignon et de Cavaillon. L'hôpital d'Avignon avait un partenariat si tu veux avec l'hôpital de ATT, ça s'appelle un GCS, un groupement de coopération sanitaire qui dit, je te le fais rapide, les chirurgiens d'Avignon vont venir aider pour certains actes l'hôpital de ça c'est ça fait des décennies que ça existe. Ce GCS a été cassé unilatéralement par la direction de l'hôpital d'Avignon. hein, il a pris acte que il ne voulait plus être en partenariat avec l'hôpital de la contrainte par un gouvernement qui dit faites des économies, on va dire retravaille le schéma régional de santé en disant euh bah pour faire des économies, on va fermer deux sites en voclus, une décision unilatérale d'une direction qui dit "Moi, je me retire" et euh un arrêté qui porte révision du EPRS, c'est le 27 le 27 juin, on apprend que le le projet régional de santé est complètement révisé, modifié et qui prend acte de la fermeture de ce service de chirurgie.

Un truc de fou. J'étais surpris parce que on attendait pas du tout euh décider la fermeture comme ça. Ça s'est fait très rapidement si tu veux.

Et donc euh le couper est tombé. Euh personne n'a compris pourquoi on voulait fermer ce service alors que l'acte chirurgical, la prise en charge est bien faite, surtout qu'on a jamais eu des moments de concertation, ne nous a sont pas demandé notre avis et on a senti aussi qu'on n'a pas eu non plus la possibilité de développer des projets alternatives à la fermeture. Alors au début c'était un problème budgétaire et puis après c'était un problème d'acte chirurgical alors que non c'est pas vrai parce que les chiffres sont parlants.

On manque pas enfin l'activité chirurgicale en quelques années augmenté de 23 % sur apte. Donc c'est bien le bien fondé de ce service de chirurgie qui sont encore présents et et sur l'hôpital de par ailleurs, les blocs opératoires qui ont été refait dans la fin des années euh 2010 quoi hein euh sont quasi tous neufs et on a aussi une grosse activité de dépistage du du cancer colorectal via l'endoscopie qui représente à peu près 1000 à 1200 actes par an aujourd'hui. et qui permet effectivement de de prévenir tout ce qui est cancer.

Donc il y a un rôle majeur dans dans la dans la politique de prévention et si on ferme le bloc et la chirurgie apte, on arrête aussi cette activité d'endoscopie qui risque d'avoir des conséquences catastrophiques pour la population. On nous l'a justifié comme étant une mesure décidée par l'ARS euh parce que l'hôpital enfin ces services là n'étaient pas assez productifs et donc on était au-dessous des seuils et qu'il fallait euh de ce fait les fermer. Quand tu fais un parallèle avec le centre hospitalier de Cavaillon, le centre hospitalier de Cavaillon en endoscopie fait la moitié moins d'actes d'endoscopie que l'hôpital de ATTE.

Donc tu vois bien que le service est quand même voilà, il y a de l'activité chirurgicale et même les chirurgiens te le diront. Notre service de chirurgie, c'est un service par exemple qui en 2024 a été excédentaire, pas les coupables direct des problèmes économiques de notre centre hospitalier. La directrice nous a dit que les patients seront pris en charge à Cavaillon.

Ils reviendront après bloc. Bon, ça paraît curieux parce qu'il faut quand même une surveillance par les chirurgiens justement où comme il y aura plus de chirurgie, ça risque d'être d'être compromis. Le crime profite sûrement à la direction de de l'hôpital de de Cavaillon qui a racheté pour ceux qui ne le savent pas les murs de la clinique Synergia qui est à 2 km de l'hôpital avec une enveloppe de la RS Paka et qui euh veut agrandir ses blocs mais sans activité.

On voit bien que c'est pas viable. Si on gère un peu l'offre de soins comme un tableau Excel, ça peut sembler logique de réduire sur un seul site l'activité de deux établissements, mais sur une dimension humaine, ça aura des répercussions. On est dans un bassin dans un territoire très enclavé à une distance assez conséquente d'Avignon alors que Cavaillon eux sont tout près d'Avignon.

Donc on pourrait imaginer que la répartition géographique n'est n'est pas logique puisque effectivement même si notre bassin de population ne fait que 30000 habitants, ce sont quand même 30000 habitants qui qui doivent avoir un accès au soins garanti euh comme c'est d'ailleurs dans la loi. La PACA justifie la fermeture par une activité chirurgicale prétendument très faible, moins de 700 interventions par an. L'hôpital d'APT affirme avoir comptabilisé en 2024 926 séjours d'hospitalisation en chirurgie et 1057 actes d'endoscopie digestive, soit près de 1300 actes chirurgicaux de plus que les chiffres avancés par l'ARS.

Selon le rapport d'activité du GCS apt Avignon réalisé en 2024, le service de chirurgie de l'hôpital d'APT est excédentaire de près de 40000 €. Autre argument de l'ARS, 85 % des patients du territoire se font opérer dans d'autres établissements du VOClus. C'est ce qu'on appelle le taux de fuite.

Mais là encore, des documents officiels prouvent que ces chiffres seraient éronés. Face à ces incohérences, nos interlocuteurs alertent sur les conséquences d'une telle décision. Un jeune médecin qui s'installe aujourd'hui, s'installe pas s'il a pas d'infrastructure adéquate à côté.

Il a besoin de se sécuriser un médecin. Il a besoin d'avoir un laboratoire, de la radiologie, des collègues pour pouvoir discuter d'un cas un peu compliqué. Et si effectivement ce bloc ferme, nous n'aurons plus à moyen terme d'urgentistes en nombre pour venir travailler à apte et nous n'aurons plus de jeunes généralistes qui viendront s'installer.

Donc là, on avait un service un pays d'APT qui était autonome et qui ne qui qui connaissait une crise de la démographie médicale. Mais là, on va accentuer la désertification dans tout dans toute notre bassin de population et sur le plateau d'Albion. un centre hospitalier qui est éloigné des autres hôpitaux les plus importantes de la région avec une population que nous on la connaît très bien, c'est une population âgée, précaire pour les personnes âgées, c'est hyper anxiogène.

Il y aura beaucoup de plus de route. Les examens seront beaucoup moins accessibles. La même qualité de prise en charge dev aller la chercher d'ici à 1 heure de route pour ces patients, ça peut être vraiment impossible.

Je pense qu'il y a pas mal de pas mal de monde qui va décaler la prise en charge le maximum possible. Or, on sait que dans la prise en charge du cancer, il y a un gros ennemi, c'est le temps. Quand vous êtes atteint d'un cancer, vous avez pas le temps de vous retourner.

Il faut agir vite et là je crains que les patients aient des retards de prise en charge. C'est tout un territoire qui va avoir son droit à la santé en tout cas en matière de chirurgie et d'endoscopie nettement diminué voir très qui va devenir très très compliqué avec dans certains cas d'urgence possiblement des mises en danger. Ma grosse crainte c'est qu'il y ait une fracture ouverte qui soit pas prise en charge à temps et qui finisse amputer. une une appendicite qui se termine en péritonite et qui avec une une vie possiblement gâchée, voir un décès à la clé.

Ma crainte, c'est ça. On assiste à un désert médical complet. Déjà, il est difficile d'avoir un médecin généraliste.

Il faut faire beaucoup de kilomètres. Quand vous avez les moyens, on va taper à la porte du privé mais tout le monde n'a pas les moyens de se payer 200 300 400 € de dépassement d'honoraire sur une intervention chirurgicale. Et c'est là-dessus aussi où là on on rond euh et on crée vraiment une fracture sociale.

Chaque fois que je fais la consultation, il y a mes patients qui me demandent qu'est-ce qu'on va faire et je vois l'angoisse présent entre mes collèg aussi de la population même et c'est une question que que j'ai pas de réponse. Il y a beaucoup de d'accidents de la vie de tous les jours, des fractures, c'est ça peut être très très compliqué. Euh, ils peuvent vraiment perdre énormément de sens si on doit les transforer ailleurs et je je risque enfin ça risque de de jouer sur leur pronostic vital.

Voilà, on a eu des témoignages, 15 gros témoignages qui s'il n'y avait pas eu ce service de chirurgie serait pas là aujourd'hui pour en discuter quoi. Là, on va à Gargas, environ 5 km de HT. On va aller rencontrer Marine.

Il y a quelques années, elle a reçu un violent coup de sabot au niveau du ventre et elle va nous expliquer à quel point ça a été important que ce bloc de chirurgie soit là justement suite à cet accident. En 2018, je suis allée aux écuries où était mon cheval et en fait, il était un peu excité avec le vent, tout ça, puis il sortait pas trop du parc parce que c'était en décembre, il avait beaucoup plu et j'ai voulu le faire marcher un petit peu et en fait il a eu peur de quelque chose et je le tenais en longe et je me suis retrouvée derrière lui et là il a envoyé les deux postérieurs donc un dans mon ventre et un dans l'épaule. J'ai pas trop senti ventre.

Euh, je voulais rentrer chez moi et en fait à l'époque ma belle-mère m'avait dit "Je t'emmène quand même à l'hôpital pour faire un petit checkup, on sait jamais quoi." Et euh de là l'hôpital m'ont m'ont fait des examens, tout ça, ils m'ont fait un scanner et ils sont rendus compte que je faisais une hémorragie interne, que je perdais beaucoup de sang et tout est allé très vite. Ils ont pas pu me transporter.

Donc, j'ai été opérée d'urgence. Euh et je suis tombée sur un chirurgien d'orange qui était là. C'était un médecin de garde qui était là.

Il m'a clairement sauvé la vie. Heureusement qu'il était là. Et voilà.

Heureusement que que l'hôpital ont fait le nécessaire quoi. Ils me l'ont dit clairement hein. Si je serais pas allée à apte comme tout est allé très vite et que je perdais beaucoup de sens, si j'étais si je pouvais pas être transportée, c'est que voilà, je clairement je serais morte en fait.

Donc ils m'ont vraiment sauvé la vie. Je pense qu'il faut écouter les médecins et on est en train de dire que pour nous c'est une décision qui va avoir des conséquences catastrophique et je pense que c'est possible de travailler une alternative. Ma solution ce serait de conserver cette offre de soins.

Effectivement, il faut pouvoir mutualiser si la situation est financière est nettement compliquée. Il faut qu'on arrive à mutualiser pourquoi pas avec Cavaillon. certainement avec Cavaillon d'ailleurs puisque il faut absolument réussir à à maintenir une activité, la diversifier, répondre vraiment aux besoins de la population.

Moi, si j'avais les personnes responsables de cette fermeture en face de moi, j'aimerais leur dire, j'aimerais qu'il pensent à leurs enfants ou à leur entourage et qu'il se pose la question si jamais il y avait une urgence comme moi, est-ce qu'il serait content que de faire je sais pas combien de kilomètres, voilà, alors qu'on n'est pas transportable et de risquer la vie de de personnes en fait. Comment il le prendrait quoi ? Je sais pas ça leur ferait pas peur, je sais pas.

Je pense que qu'il se rendent pas compte quoi. Il faut pas baisser les bras parce que si on baisse les bras, c'est trop facile. En face, ils ont gagné.

Donc on essaie de mobiliser comme on peut et on essaie d'y croire jusqu'au bout. Moi, on est le 4 novembre. J'ai toujours espoir que ces services et je suis pas la seule hein, que ce service de chirurgie ne ferme pas, que ce bloc opératoire ne ferme pas.

Mais il faut toujours, il le combat, tu sais, il continue jusqu'au 31 décembre. On se battra avec la presse avec des manifestations, avec des préavis de grève pour les camarades sur l'hôpital de mais il faut que ça continue quoi. Là on est à Avignon, on est juste en face des bureaux de la RS.

Il y a une manifestation qui est organisée aujourd'hui par différents collectifs d'habitants, de soignants qui vont essayer d'aller obtenir des réponses auprès de la RS et surtout surtout surtout faire part de leur mécontentement. Je suis présent pour qu'on puisse conserver le bloc opératoire à l'hôpital d'APT et pour la population du bassin d'APT. Tout t tous les personnels vont perdre leur poste à l'hôpital, au sein de l'hôpital et on va devoir aller travailler dans des hôpitaux qu'on a pas choisi forcément d'aller travailler.

Personnellement, je viens d'être formée en tant qu'infirme anesthésiste. J'ai un an de diplôme d'état. Je voulais continuer dans cet hôpital et aujourd'hui ben c'est l'ARS qui va faire en sorte que je dois partir de cet hôpital que j'aime au profondément avec la population du bassin qui a besoin aussi de soins au même titre que les autres personnes.

Les médecins se sont opposés, ils n'ont pas été entendus. La population se mobilise, elle n'est pas entendue. La mère s'est mobilisée, s'est manifestée en disant que l'hôpital d'Avignon n'avait pas les capacités d'assurer cette cette activité supplémentaire.

Elle a pas été attendue. L'ordre numéro 5 s'est mobilisé, il n'a pas été attendu. On se sent complètement délaissé.

On sent que ce sont des décisions qui sont totalement arbitraires, qui sont fondées sur des chiffres qui sont peut-être faux, on ne sait pas, puisqu'on est au courant de rien finalement. On est désemparé. Cette décision est brutale, rapide et nous laisse anéanti tous.

Je crois encore à la fonction publique hospitalière. Euh j'aime mon métier et j'espère que ça va continuer. Oke.

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